Et si le discours de la CAQ nuisait à l’intégration des immigrants?

Obviously:

Le discours de la Coalition avenir Québec (CAQ) sur les immigrants fait usage d’un vocabulaire alarmiste et de propos faux, qui le rendent défavorable à l’intégration des nouveaux arrivants au Québec. En effet, son discours attribue à la population immigrante des stigmates répulsifs au processus qui fait de l’étranger une partie intégrante de la société d’accueil. D’abord, disséquons le discours pour ensuite présenter le défi auquel fait face le Québec en matière d’intégration des immigrants.

Le chef de la CAQ, François Legault, a affirmé au cours de l’été dernier que l’immigration serait un facteur de la « louisianisation » du Québec. Or l’histoire ne permet pas de faire une telle hypothèse. En effet, la Louisiane française, vaste territoire d’Amérique du Nord, faisait partie de la Nouvelle-France entre les XVIIe et XVIIIe siècles. Sa « louisianisation » s’est faite non pas par des immigrants, mais de l’intérieur, par des échanges de territoires entre colonisateurs français, espagnols et anglais. Ruinée par la guerre de Sept Ans (1756-1763), la monarchie française céda une grande partie de la Louisiane aux Espagnols, puis, au début des années 1800, le premier consul Napoléon Bonaparte céda définitivement aux États-Unis la partie restée française.

Selon d’autres propos tenus par le chef de la CAQ, l’immigration conduirait la « société québécoise au suicide ». Or l’histoire du peuple canadien-français, puis québécois, est faite de lutte, de résistance, de résilience, de solidarité et de sa capacité à rester lui-même par l’assimilation de nombreuses influences venues de l’intérieur et de l’extérieur. Ce qui fait la vitalité du Québec, écrit Fernand Dumont dans Raisons communes, « tient à une plus étroite proximité avec l’existence réelle des gens d’ici en même temps qu’à une plus grande ouverture aux quêtes extérieures ».

Ailleurs, M. Legault fait un lien entre immigration et violence. Cette affirmation doit être relativisée si l’on considère les données sur la criminalité au Québec de l’Institut de la statistique du Québec (2021) et celles de l’Enquête sociale générale sur la sécurité de Statistique Canada (2014). Lorsqu’on considère les types de violence (agression sexuelle, vol qualifié, voies de fait, etc.) commis ou subis par la population immigrante et la population non immigrante, les taux d’incidence sont tantôt similaires tantôt différents. On ne saurait donc faire un lien direct entre immigration et violence.

Quant à Jean Boulet, ministre sortant de l’Immigration, il a déclaré pendant la récente campagne électorale que « 80 % des immigrants s’en vont à Montréal, ne travaillent pas, ne parlent pas français ou n’adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise ». Une telle affirmation ne concorde pas avec la réalité, comme l’a démontré Le Devoir. Elle relève sans doute du sens commun ou de préjugé.

Au total, le discours de la CAQ n’est que la stigmatisation des immigrants. Celle-ci peut produire au sein de la population une représentation sociale négative de l’immigrant puis finalement compromettre l’altérité. Or dans une société pluriethnique, la relation humaine est fondamentalement basée sur l’altérité, c’est-à-dire sur le rapport à l’étranger. Lorsque les discours politiques au sein de cette société tendent à encourager la recherche des similitudes avec l’étranger, celui-ci est inclus dans la société, et son intégration est effective. Réciproquement, lorsque les discours recherchent surtout des différences, l’étranger risque d’être exclu de la société d’accueil. C’est la posture que la CAQ a adoptée durant la campagne électorale.

Le Québec est une terre d’accueil d’immigrants qui viennent de partout dans le monde. Pays d’expression française dans un océan anglophone, le Québec a un grand défi : être une société qui garde son identité nationale (par sa langue et sa culture) tout en étant une société qui devient de plus en plus pluriculturelle. Je crois que le Québec est capable d’élaborer et de construire un modèle d’intégration dans la perspective de ce qu’il est, de son projet de société particulière, en y incluant des étrangers qui arrivent et qui deviennent aussi de nouveaux citoyens. Dans les discours ambiants sur l’immigration ailleurs dans le monde, la spécificité du Québec est d’être une société plutôt réceptive au discours inclusif.

Source: Et si le discours de la CAQ nuisait à l’intégration des immigrants?

Rioux: Quel «dérapage»? [on Premier Legault’s comments on social cohesion]

Le Devoir’s European correspondent Christian Rioux comparing EU social cohesion concerns with those of Premier Legault.

While recognizing the differences between Canada’s (and Quebec’s) immigration selection systems and integration programs and those of EU countries, he nevertheless reverts to the same social cohesion concerns without examining the effects of Quebec political discourse and legislation that have contributed to social exclusion, not social cohesion:

« Couvrez ce sein que je ne saurais voir », disait le Tartuffe. Convenons que ses héritiers modernes ont des formules moins élégantes que celles de Molière. Ces temps-ci, ils préfèrent parler de « dérapage ». Mais l’effet est le même. Il consiste à écarter du débat tout propos un peu dérangeant dès lors qu’il aborde une question litigieuse. L’étiquette vaut à elle seule condamnation.

Ainsi en va-t-il des récents propos de François Legault sur l’immigration. Pourtant, qu’y a-t-il de plus banal que d’affirmer comme l’a fait le premier ministre la semaine dernière qu’une forte immigration peut nuire à la « cohésion nationale » ?

On comprend que dans un pays « post-national » comme le Canada, où l’immigration a été sacralisée, ces propos créent la polémique. Mais, vu d’Europe, où le débat est ancien et plus nourri, il est évident que l’immigration massive pose partout et toujours un défi à la cohésion nationale.

Cela se vérifie à des degrés divers dans la plupart des pays européens. En France, sous l’effet d’une immigration incontrôlée et très largement issue du monde arabo-musulman, on a assisté depuis de nombreuses années à un véritable morcellement du pays. Dans toutes les grandes villes sont apparues des banlieues islamisées autrement appelées ghettos. Pas besoin de s’appeler Marine Le Pen pour le constater. Interrogé par des collègues du Monde en 2014, le président François Hollande lui-même n’avait pas hésité à le reconnaître. « Je pense qu’il y a trop d’arrivées, d’immigration qui ne devrait pas être là », disait-il. Et celui-ci de conclure : « Comment peut-on éviter la partition ? Car c’est quand même ça qui est en train de se produire : la partition. » (Un président ne devrait pas dire ça…, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Stock).

Certains diront évidemment qu’en France, ce n’est pas pareil. Soit. Tournons donc nos yeux vers un pays plus à notre échelle.

Avec ses 10 millions d’habitants, son économie de pointe, son climat boréal, son amour du consensus et son parti pris en faveur de l’égalité hommes-femmes, la Suède partage plusieurs points communs avec le Québec.

Il n’y a pas longtemps, dans ce petit paradis nordique, celui qui s’inquiétait de l’immigration massive était accusé de « déraper », quand il n’était pas traité de raciste. Les Suédois regardaient de haut des pays comme la France et le Danemark, soupçonnés de xénophobie. Jusqu’à ce que la réalité les rattrape. La flambée des émeutes ethniques, comme en France, et l’irruption de la violence dans les banlieues ont vite fait de les ramener sur terre. Aujourd’hui, de la social-démocratie à la droite populiste, les trois grands partis estiment qu’il en va justement de la « cohésion nationale ». C’est pourquoi ce pays, qui a toujours été particulièrement généreux à l’égard des réfugiés, a radicalement resserré ses critères d’admission et a multiplié les mesures d’intégration. L’élection sur le fil d’une majorité de droite, finalement confirmée mercredi, ne fera que conforter cette orientation.

Les belles âmes ont beau détourner le regard, en Suède comme en France, il est devenu évident qu’un lien existe (même s’il n’explique pas tout) entre l’immigration incontrôlée et la croissance d’une certaine criminalité. Les événements récents du printemps au Stade de France, où des centaines de supporters britanniques se sont fait détrousser à la pointe du couteau par des dizaines de délinquants, ont forcé le ministre de l’Intérieur à reconnaître ce dont les habitants de la Seine-Saint-Denis se doutaient depuis belle lurette.

La Suède aussi a connu une explosion de la petite criminalité et des règlements de compte entre gangs. Elle a notamment enregistré une croissance des morts par balle parmi les plus fortes en Europe. Aujourd’hui, même la gauche sociale-démocrate l’admet. Et elle s’est résolue à augmenter les effectifs policiers. Contrairement à la France, cette prise de conscience fait aujourd’hui un certain consensus dans la classe politique.

Cela n’a rien à voir avec la peur de l’Autre. Comme nombre de Français, les Suédois ont dû se rendre à l’évidence et cesser d’envisager l’immigration comme une simple question morale. Les peuples ont le droit de réglementer l’immigration sans se faire traiter à chaque fois de raciste par une gauche morale et une droite libérale qui en ont fait leur Saint-Graal.

Bien sûr, l’immigration n’est pas la même en France, en Suède et au Québec. À cause de son histoire et de sa position en Europe, la France connaît une forte immigration illégale et de regroupement familial. Naïvement et par générosité, la Suède a ouvert toutes grandes ses portes aux réfugiés et elle n’a jamais contrôlé son immigration économique. Le Québec, où l’équilibre linguistique est plus que précaire, subit des quotas d’immigration parmi les plus élevés au monde et une immigration temporaire hors de contrôle.

Il n’empêche que, malgré ces différences réelles, les mêmes causes produisent partout les mêmes effets. Ce n’est souvent qu’une question de temps.

Lentement, depuis une décennie, tous les tabous de la mondialisation se sont effrités. Ceux qui ont vécu les années 1980 se souviennent de l’enthousiasme et de la naïveté qui accompagnaient cette nouvelle phase d’expansion du capital. Nous n’en sommes plus là. L’immigration de masse demeure le dernier mythe encore vivace de cette époque.

Source: Quel «dérapage»?

Non-Francophone immigration a threat to ‘tightly woven’ Quebec cohesion: Legault

Not a dog-whistle, a megaphone, but unlikely to change the results:

Non-Francophone immigration is a threat to cohesion in Quebec, incumbent premier François Legault said Sunday.

The leader of the Coalition Avenir Québec (CAQ) party had just delivered a speech to a few hundred supporters at the Le Dauphin hotel in Drummondville.

He addressed the importance of protecting the cohesion of the “tightly woven” Quebec nation, at the heart of which “there is our language, French.”

“Sometimes, this cohesion is shaken,” he said.

“The premier of Quebec, the only head of state in North America who represents a majority of Francophones, has a duty to stop the decline of French in Quebec,” he continued.

Asked in a press scrum who represented a threat to national cohesion, Legault pointed to the parties “who want to welcome 70,000, 80,000 newcomers a year.”

“It’s like math. If we want to stop the decline, for a certain period of time, we have to better integrate newcomers into French.”

François Legault’s CAQ has a goal of welcoming 50,000 immigrants annually, 80 per cent of whom would speak French upon arrival.

The Parti Québécois (PQ) would lower those thresholds to 35,000, while the Quebec Liberal Party would keep them at 70,000 and Quebec solidaire (QS) would raise them to 80,000.

Last Wednesday, Legault created a controversy when he spoke of Quebec values such as pacifism and respect, and equated immigration with violence and extremism.

He later said he was sorry if his remarks were confusing.

‘CLUMSY AND HURTFUL’

Quebec solidaire spokesperson Gabriel Nadeau-Dubois called Legault’s words on immigration “clumsy” and “hurtful” on Sunday.

“I’m tired of François Legault always talking about immigration as a problem, as a threat, as something that weakens us as a nation,” he said.

His remarks were also criticized by Liberal leader Dominique Anglade.

“The Ukrainians who flee the bombs, the Italians, the Greeks, the Mexicans, the Portuguese, the Vietnamese, (…) is it a threat to our nation?” she questioned.

“It is your speech François Legault that threatens social cohesion,” she said.

PQ leader Paul St-Pierre Plamondon also criticized Legault for making “divisive statements” that were “not very responsible.”

“When we talk about threats, fear, we will play in an emotional register to try to make people forget that the CAQ is complicit and largely responsible for the decline of French,” he accused.

“The record of François Legault is that he will have welcomed 120,000 immigrants who do not speak French in his mandate,” St-Pierre Plamondon added.

RELIGIOUS SYMBOLS

On Sunday, Legault disagreed with the incumbent MNA for Sherbrooke, Christine Labrie, who said that banning the veil was a form of oppression.

QS promises to end the ban on religious symbols for government employees in positions of authority, such as teachers.

“We should, if we talk about teachers, think about children,” replied François Legault. “I think that a six-year-old girl who has a teacher with a religious sign has the right to a certain neutrality.”

“If you look at it from the point of view of the person who gives the service, well, it is a constraint, but if you look at it from the point of view of the person who receives the service, I think that in Quebec, we are a secular society,” he continued.

“I find it unfortunate that QS wants to question this, like the Liberal party.”

Source: Non-Francophone immigration a threat to ‘tightly woven’ Quebec cohesion: Legault

Legault prêt à marchander avec Ottawa au sujet de l’immigration

Possibility of discussion compared to some of his earlier positions:

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, est prêt à renoncer à sa demande de posséder les « pleins pouvoirs en immigration » si le gouvernement fédéral s’engage à sélectionner davantage de personnes maîtrisant la langue française.

M. Legault donne désormais le choix à Ottawa « soit de nous donner les pouvoirs [de sélection des immigrants économiques qui lui restent], c’est ce qu’on préfère, soit d’être plus exigeant sur la connaissance du français ».

En effet, il pourrait se satisfaire d’un engagement de la part du gouvernement fédéral à retenir une plus grande proportion de candidats à l’immigration québécoise qui connaissent le français parmi ceux qui sont inscrits à son programme de regroupement familial ou encore à son programme de travailleurs étrangers temporaires.

La CAQ propose d’accueillir un maximum de 50 000 immigrants par année, dont un maximum de 10 000 immigrants non francophones, à défaut de quoi le Québec se heurterait à des difficultés d’intégration. « 80 % [de francophones], c’est un bel objectif », a fait remarquer M. Legault lors d’un nouvel arrêt de son autobus de campagne à Drummondville, dimanche.

Cohésion nationale

Autrement, la « cohésion nationale » pourrait s’effilocher, selon lui. « On a un devoir de protéger cette cohésion nationale. Puis, au coeur de cette cohésion, de cette nation, il y a notre langue, le français. Puis, le premier ministre du Québec, qui est le seul chef d’État en Amérique du Nord qui représente une majorité de francophones, a un devoir : arrêter ce déclin du français au Québec », a soutenu le chef caquiste devant des dizaines de sympathisants rassemblés à Drummondville dimanche après-midi.

Plus tard, M. Legault a laissé entendre que les cibles d’immigration préconisées par Québec solidaire (entre 60 000 et 80 000 immigrants par année) et le Parti libéral du Québec (70 000 immigrants par année) mineraient la « cohésion » de la nation québécoise si elles étaient suivies. « C’est sûr que les partis qui veulent aller à 70 000 ou 80 000, par année, de nouveaux arrivants, c’est comme mathématique… Si on veut arrêter le déclin pendant un certain temps, il faut mieux intégrer les nouveaux arrivants au français », a-t-il affirmé dans une mêlée de presse. « C’est important pour garder cette cohésion nationale de défendre le français », a-t-il aussi dit, parlant même d’« urgence ». « Il y a des clans, il y a des camps, il y a des factions, pas juste au Québec. On voit ça aux États-Unis. On voit ça en France. Et, il faut toujours être prudent de garder cette cohésion de notre nation. »

Dans sa plateforme électorale, la CAQ dit vouloir poursuivre la « grande relance linguistique » amorcée par l’adoption de la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français (PL 96) au printemps dernier.

Pour y arriver, le parti politique de François Legault réclame les « pleins pouvoirs en immigration », ce à quoi le premier ministre fédéral, Justin Trudeau, a opposé une fin de non-recevoir.

Il compte aussi « entreprendre une révision en profondeur de l’ensemble des programmes d’enseignement du français » aux jeunes et aux Québécois d’expression anglaise, en plus de favoriser la création de « séries stimulantes, 100 % en français, bien ancrées dans la réalité québécoise, et ce, dans un environnement sécuritaire, sans publicité ».

Aux commandes de l’État québécois depuis près de quatre ans, François Legault dit avoir « le goût de continuer de servir le Québec, au meilleur de [ses] capacités ». « Je ne suis pas parfait, on commence à le savoir ! Je fais des erreurs. Parfois, je réponds à des questions auxquelles je ne devrais pas répondre », a-t-il mentionné, dans un clin d’oeil aux propos qu’il a tenus la semaine dernière sur les risques posés par une immigration soutenue sur les valeurs québécoises de « laïcité » et de « pacifisme ». « Quand je fais des erreurs, je les corrige », a-t-il poursuivi.

Source: Legault prêt à marchander avec Ottawa au sujet de l’immigration

Lien entre immigration et valeurs: Legault admet avoir manqué de prudence

Of note. An innocent gaffe or one that reveals his thinking?

Le chef caquiste, François Legault, a reconnu jeudi qu’il a manqué de prudence en faisant le lien entre l’immigration et les valeurs québécoises, au lendemain d’une déclaration qui a semé la controverse.

Lors d’un point de presse, M. Legault est revenu sur ses propos de la veille, qui ont plongé sa campagne dans l’embarras.

« Je ne suis pas parfait, a-t-il concédé. Tous les États dans le monde ont un défi d’intégration aux valeurs du pays ou de l’État qui reçoit. Maintenant, il ne faut pas nommer quelles valeurs parce que ça pourrait créer un amalgame. Effectivement, je n’aurais pas dû nommer de valeurs. »

Mercredi, François Legault avait justifié la décision de son parti de maintenir le nombre d’immigrants reçus à 50 000 personnes en faisant valoir que les défis posés par l’intégration pourraient compromettre certaines valeurs québécoises.

Il avait notamment mentionné le pacifisme et la laïcité, ajoutant que les Québécois n’aiment pas la violence ni l’extrémisme. Ces paroles ont été dénoncées par ses adversaires, qui y ont vu un dérapage et un amalgame dangereux.

Sujet délicat

Jeudi, M. Legault a affirmé qu’il aurait dû limiter son propos aux défis que pose l’intégration des immigrants en ce qui concerne la langue française.

« J’ai répondu aux questions sur les valeurs alors que c’est un sujet délicat que je devrais éviter, a-t-il dit. Mais quand on parle de langue, je pense que c’est une question fondamentale pour l’avenir de la nation québécoise. »

Dès le début de son point de presse, M. Legault a abordé la controverse soulevée par ses propos, qui l’ont forcé à se rétracter en fin de journée mercredi.

« Je n’ai jamais voulu associer l’immigration et la violence, a-t-il dit. Maintenant, ce que j’ai voulu dire, c’est que tous les États dans le monde ont un défi d’intégrer les nouveaux arrivants à leurs valeurs et à leur langue. Mais au Québec, c’est un défi particulier à cause de la situation de la langue en Amérique du Nord. C’est tout ce que j’ai voulu dire. »

Anglade rejette les excuses

La cheffe libérale, Dominique Anglade, a rejeté jeudi les excuses de M. Legault, qu’elle a accusé de perpétuer des préjugés. Elle a fait référence aux propos du chef caquiste au printemps, quand il a réclamé de nouveaux pouvoirs en immigration pour éviter au Québec d’être la prochaine « Louisiane ».

« Je ne le crois pas parce que c’est lui-même qui nous a entretenus de la question de la Louisiane et des enjeux de l’immigration, que c’était un problème, qu’il faut faire attention, a-t-elle dit. C’est lui qui entretient ça, et là, ce qu’on voit, c’est la véritable face de François Legault. »

Mettant en avant les valeurs d’inclusion et d’ouverture du Parti libéral du Québec, Mme Anglade a maintenu que M. Legault avait fait le lien entre l’immigration et la violence.

« François Legault a livré le fond de sa pensée, a-t-elle soutenu. L’autre, celui qui n’est pas comme nous, il peut être dangereux. Ça, ça continue à alimenter les préjugés. On n’a pas besoin de ça au Québec. »

Après avoir fait de l’économie l’enjeu principal de ces élections, Mme Anglade a affirmé que le scrutin se jouera aussi sur les questions de division ou d’inclusion.

« Nous, on a des valeurs d’inclusion, on a des valeurs de véritable développement économique moderne », a-t-elle dit.

Excuses publiques

Même si François Legault a corrigé le tir mercredi sur le réseau social Twitter en disant ne pas avoir « voulu associer l’immigration à la violence », le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois estime qu’il doit « s’excuser publiquement ». Le chef caquiste doit « répondre aux questions », a-t-il ajouté.

Ce sont « des déclarations qui alimentent les préjugés et détériorent le climat social », a-t-il souligné, en marge d’une annonce en habitation. M. Nadeau-Dubois a appelé le chef de la Coalition avenir Québec à considérer les immigrants comme des « êtres humains en chair et en os » et non comme des chiffres et des statistiques.

De son côté, le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, a voulu se placer au-dessus de la mêlée.

« Dans l’ensemble, c’étaient vraisemblablement des propos inappropriés, a-t-il dit. Mais il s’est excusé. Donc, j’en prends acte. J’invite tout le monde à mener une campagne axée sur l’avenir, mais qui a le potentiel de rassembler. »

Source: Lien entre immigration et valeurs: Legault admet avoir manqué de prudence

Legault veut que le Québec reste petit

A more substantive debate over immigration than in the rest of Canada where a consensus for “more” exists across federal and provincial governments along with business and other stakeholders.

Refreshing to have a “small is better” voice, not just the questionable “big is better”. Questioning immigration levels and the impact on infrastructure and services is not necessarily xenophobic.

But the disconnect between a relative decline in Quebec’s population compared to the rest of Canada will prompt legitimate calls for a reduced percentage of federal Quebec ridings and in the medium-term, greater political reluctance to remain at the current level of 78 seats:

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a fait l’apologie de petits pays comme la Suisse et les États scandinaves, lundi, pour justifier sa décision de ne pas hausser les seuils d’immigration.

M. Legault a donné ces exemples, alors que ses adversaires ont pris des positions diamétralement opposées, à la suite d’une annonce du Parti québécois (PQ) favorable à la réduction du nombre de nouveaux arrivants à 35 000 par année.

Lors d’un point de presse en Outaouais, le chef caquiste a expliqué pourquoi il veut maintenir ce seuil à 50 000 personnes, malgré les appels à le hausser pour répondre à la pénurie de main-d’oeuvre.

Il ne s’est pas inquiété de la perspective que le poids démographique du Québec diminue au sein de la fédération canadienne, à défaut d’augmenter le nombre d’immigrants.

« La Suisse, c’est un petit pays extraordinairement riche, extraordinairement dynamique, a-t-il déclaré. Prenez les pays scandinaves : petits pays extrêmement riches, extrêmement dynamiques. Être gros, ça peut être beau, mais ce qui est important, c’est d’avoir une qualité de vie pour les personnes qui habitent au Québec. »

Pragmatisme

M. Legault a répété qu’au nombre actuel, le Québec reçoit déjà, toutes proportions gardées, plus d’immigrants que les États-Unis ou la France.

« On est 8,6 millions d’habitants, je pense que c’est une taille qui permet quand même d’offrir des services de qualité », a-t-il dit.

Le chef caquiste s’est félicité une nouvelle fois du fait qu’avec la pénurie de main-d’oeuvre, les travailleurs aient « le gros bout du bâton » pour exiger de meilleures conditions et de meilleurs salaires.

M. Legault a vanté le pragmatisme de sa position sur l’immigration, qu’il justifie également par l’importance de mieux favoriser l’intégration des immigrants, pour la protection du français.

Il a critiqué le PLQ, qui veut hausser le seuil à 70 000 et le PQ qui veut le baisser.

« Il y a un parti pour qui c’est pas important, la défense du français, et un parti pour qui c’est pas important, la croissance économique, a-t-il dit. Nous, on est équilibrés entre les deux. On n’est pas à 70 000, on n’est pas à 35 000, on est à 50 000. »

Réduction

Lundi, le PQ a proposé de réduire le seuil d’immigration à 35 000 personnes par année pour tenir compte de la capacité d’accueil du Québec et protéger la langue et la culture québécoises.

À Lévis, le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, a affirmé que, contrairement aux discours véhiculés par certains de ses adversaires, l’immigration ne règle pas la pénurie de main-d’oeuvre. Selon le chef péquiste, l’immigration a même le potentiel de l’accroître.

Les nouveaux arrivants ont besoin de services, ce qui exerce une pression sur la société d’accueil, affirme M. St-Pierre Plamondon.

« Le travail d’une personne à 40 heures par semaine, lorsqu’on le compare à sa consommation et au travail ce que ça nécessite, ça s’équivaut pas mal, a-t-il dit. Lorsqu’on regarde les analyses macroéconomiques, c’est faux de dire que des seuils d’immigration élevés vont combler la pénurie de main-d’oeuvre. »

Cette réalité est d’autant plus contraignante avec des pénuries d’enseignants et de personnel dans le réseau de la santé, a souligné le chef péquiste.

« On est dans une crise du logement, on a des pénuries d’enseignants et de médecins, donc notre capacité d’accueil, elle est moindre, elle est changée. »

Le PQ ciblera aussi la régionalisation de 50 % des nouveaux arrivants, avec une « voie rapide » pour celles et ceux qui s’engagent à s’installer en région et des incitatifs financiers pour qu’ils s’y installent.

Le pouvoir aux régions

La cheffe libérale, Dominique Anglade, qui a fait de la pénurie de main-d’oeuvre son cheval de bataille, a déclaré lundi que la régionalisation de l’immigration est la meilleure façon de franciser de manière plus rapide les nouveaux Québécois.

« Dans les régions, on a moins d’enjeux en matière d’intégration par rapport à la langue française, a-t-elle dit. S’ils vont dans les régions, il y a une accélération qui se fait. »

Comme cela a été annoncé dans son programme électoral, le Parti libéral du Québec (PLQ) veut donner aux régions le pouvoir de déterminer leurs besoins en immigration.

« On part avec 70 000 personnes, après ce sera déterminé par les régions. Il se peut que ce soit plus, il se peut que ce soit moins. Chacune des régions sera capable de nous dire la capacité d’accueil. »

Statu quo

De passage à Québec, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a affirmé que le seuil de 50 000 immigrants par année est « acceptable ».

Selon M. Duhaime, l’immigration fait partie de la solution pour contrer la pénurie de main-d’oeuvre, mais ce n’est pas suffisant. Un nouvel arrivant qui aura besoin d’une garderie pour ses enfants ou un nouveau logement « va générer un besoin de travailleurs », a fait valoir le chef conservateur.

« Pour nous, le vrai débat est davantage : est-ce que ces gens-là vont travailler et est-ce que ces gens-là vont parler français », a-t-il dit, en marge d’un point de presse.

M. Duhaime a expliqué qu’il faut choisir les nouveaux arrivants en s’assurant qu’ils sont en accord avec les « valeurs du Québec ».

Québec solidaire, qui veut augmenter le seuil à 80 000 immigrants par année, a insisté lundi sur la pénurie de main-d’oeuvre et sur la possibilité de franciser les nouveaux arrivants dans les milieux de travail.

« Dire à quelqu’un qui a une ou deux jobs d’aller prendre un cours de français le mercredi soir, ça ne marchera pas », a dit le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

Source: Legault veut que le Québec reste petit

Jolin-Barrette tend la main à la France pour défendre la langue française

The usual wilful or unwilful mischaracterization of multiculturalism as not being about integration in Canada:

Il y avait longtemps qu’un ministre du Québec n’avait pas prononcé un tel discours en France. À l’heure où les relations entre la France et le Québec se déclinent le plus souvent au rythme des échanges économiques, le ministre de la Justice et de la Langue française avait choisi de donner à sa communication un contenu nettement politique.

Pour Simon Jolin-Barrette, il est temps que la France et le Québec unissent leurs forces pour défendre le français non seulement dans leur pays respectif, mais partout dans le monde.

« Le Québec vous tend la main, a-t-il déclaré. Il vous convie à une union des forces entre nos deux nations, basée sur la certitude que le français n’est pas une cause du passé, mais un ferment d’avenir. Un moteur de résistance et de renaissance. »

Dans la grande salle des séances de l’Académie française, le ministre qui n’était pas venu à Paris depuis l’âge de ses 18 ans s’est adressé à une centaine de personnes, dont une douzaine d’académiciens. Visiblement ému de se retrouver en ce lieu fondé par Richelieu à l’époque où naissait la Nouvelle-France, il s’est présenté comme le « descendant de Jean Jolin, un modeste meunier ». C’est la gorge nouée qu’il a déclaré : « Je n’ai ni votre plume ni votre épée. Mais c’est inspiré par toute la fougue du peuple québécois que je prends la parole, en ces murs. »

Le « rouleau compresseur anglo-américain »

Comparant la loi 101 à l’ordonnance Villers-Cotterêt qui, en 1539, établit la primauté du français dans tous les actes publics du Royaume de France, il a brossé un tableau d’ensemble de l’histoire et de l’évolution du français au Québec. Sans oublier d’expliquer en détail les raisons de la nouvelle loi 96, destinée, a-t-il dit, à combattre les « nouveaux périls [qui] guettent la langue française ».

Devant une salle conquise, le ministre en a surtout appelé à « notre devoir de vigilance à l’égard de la langue française » ne manquant pas d’écorcher au détour « le multiculturalisme canadien […] qui combat, dit-il, les prétentions du Québec à se constituer en nation distincte ». Il n’a pas oublié non plus « la révolution numérique des GAFAM », ce « rouleau compresseur anglo-américain, qui bouscule l’écosystème de notre langue et de notre culture ».

Évoquant « des articles diffamatoires contre le Québec […] publiés […] dans des journaux américains et canadiens anglais », le ministre a rappelé avec aplomb que « la langue française n’a jamais été un fait ethnique. Elle a toujours été un fait de culture et de civilisation. »

Avec des mots qu’on n’avait pas entendus depuis longtemps à Paris, le ministre n’a pas hésité d’en appeler directement à la France. « Rien ne serait plus naturel, dit-il, que la France, dans ce monde nouveau, se fasse le porte-parole de la diversité des cultures et de la dignité des nations. Il ne s’agit pas, vous m’avez bien compris, de s’opposer à la révolution de notre temps, mais d’y participer pleinement en y faisant respecter ce que nous sommes. »

Cette invitation de l’Académie française s’inscrit dans le sursaut qui a récemment secoué les Immortels dans la défense de la langue française, nous a expliqué l’académicien et poète Michael Edwards. Depuis un an, l’Académie et son secrétaire perpétuel, Hélène Carrère d’Encausse, n’ont pas hésité à intervenir publiquement pour critiquer le bilinguisme qui a envahi certains milieux en France. Ils ont notamment demandé au gouvernement la suppression de la nouvelle carte d’identité entièrement bilingue (anglais-français). L’Académie a aussi publié un important rapport sur l’influence de l’anglais dans la communication institutionnelle. Elle y dénonce l’anglomanie qui s’est particulièrement répandue depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

Une invitation « historique »

« Nous faisons cause commune. […] Merci de nous insuffler un peu de votre détermination », a déclaré le chancelier de l’Institut de France, Xavier Darcos. Présent à la séance, l’écrivain haïtien et québécois Dany Laferrière n’a pas hésité à qualifier d’« historique » cette invitation, puisque peu de représentants politiques québécois ont eu l’honneur de s’adresser ainsi directement aux Immortels.

« Je suis particulièrement sensible à la façon dont, au Québec comme en France, le français peut servir à cimenter l’adhésion des nouveaux arrivants », nous a déclaré l’académicien, romancier, diplomate et médecin Jean-Christophe Rufin. « Il n’y a pas d’opposition entre la tradition et l’ouverture. »

Jeudi, Simon Jolin-Barrette a aussi rencontré la toute nouvelle ministre française de la Culture, Rima Abdul Malak, à qui il a aussi fait valoir l’importance que le Québec et la France défendent leur langue en commun. Dans ses interventions, le ministre évoque aussi la solidarité qui unit la France et le Québec sur la question de la laïcité.

« J’ai reçu un accueil très positif de la part du gouvernement français et on m’a indiqué que le président Macron était très sensible à la question de la langue française, dit-il. […] pour nous il s’agit d’une main tendue afin de construire ensemble des alliances qui vont permettre d’être sensibilisé à la défense de la langue française. Si l’État français se mobilise aussi fort que le fait l’État québécois présentement, c’est une lutte qu’on va pouvoir mener ensemble. »

En ce 24 juin, Simon Jolin-Barrette participera aux célébrations de la Fête nationale à la Délégation générale du Québec à Paris. En terminant, le ministre a promis de ne pas attendre aussi longtemps que la dernière fois avant de revenir en France.

Source: Jolin-Barrette tend la main à la France pour défendre la langue française

Article in English, with Premier Legault comments:

In a rare speech before France’s Academie Française — the body charged with protecting the French language in its home country — one of Quebec’s top ministers said that Canadian multiculturalism is a thorn in Quebec’s side.

People are failing to see that Quebec’s controversial recent laws, both language law Bill 96 and even securalism law Bill 21, are themselves about protecting a fragile culture, said Minister Simon Jolin-Barrette.

We’re in a time when the “diversity of cultures is becoming just as threatened as the diversity of fauna and flora,” he said in the Thursday speech — referring to Quebec’s French-speaking culture.

Jolin-Barrette is Quebec’s minister of justice and also its minister for the French language, making him deeply involved in both pieces of legislation.In the lengthy speech, he went over the history of Quebec, from its founding as a French colony to the Quiet Revolution and beyond.

But one thing is a particular problem, he said: ensuring that newcomers to Quebec learn to live in French.

“One of our greatest challenges is to involve immigrants in our national project,” he said.

“We are the neighbours of a great power, the United States, and we operate within a federation with an anglophone majority. The continental and global linguistic dynamic favors English in every way.”

He heaped criticism on Canadian federal law that protects individual rights, calling this emphasis on the individual “nearly absolute,” to the detriment of Quebec’s collective rights.

“Although our project is thwarted by Canadian multiculturalism, which finds an equivalent in what you call communitarianism and which combats the claims of Quebec to constitute itself as a distinct nation,” Jolin-Barrette continued, “the French language must really become the language of use of all Quebecers.”

Despite earlier laws forcing all children of immigrants to attend school in French, he said it hasn’t been enough, leading the current government to clamp down on English in post-secondary colleges by stemming their growth with enrollment caps.

“Upon graduating from high school… an alarming proportion of students, especially those whose first language is neither English nor French, rush into the anglophone network to pursue their studies,” he said.

He also explicitly linked Bill 21 with the same struggle. Arguably the current government’s most controversial bill of their four years in power, it banned certain public servants, including teachers and police, from wearing religious symbols at work.

In practice, it affected female Muslim teachers most heavily, preventing school boards from hiring or promoting any hijab-wearing teachers. Challenges to it are still before the courts and are expected to end up at Canada’s Supreme Court.

“Law 96 on the French language does not come alone,” said Jolin-Barrette.

“It was adopted after Law 21 on secularism, which I also had the honor of piloting, always with the same idea of strengthening the autonomy and personality of the State of Quebec.”

LEGAULT SAYS ALL CULTURES NOT ‘ON THE SAME LEVEL’

When asked about Minister Jolin-Barrette’s comments in Paris today, Premier François Legault said he is opposed to putting “all cultures on the same level” and stressed the importance of having a “culture of integration” above all else.

“So that’s why we oppose multiculturalism. We prefer to concentrate on what we call ‘inter-culturalism’ where you have one culture, the Quebec culture, where we try to integrate the newcomers, but we want to add to this culture,” the premier said.

“I think new people coming to Quebec — they add to our culture. But it’s important to have a culture where we integrate, especially to our language.”

Legault also argued this is in direct opposition to the Canadian model of multiculturalism.

“I see that Mr. Trudeau is pushing for multiculturalism, so he doesn’t want us to have a culture and a language where we integrate newcomers,” the premier said.

MEDIA CRITIQUES OF BILL 96 ARE ‘LAZY,’ JOLIN-BARRETTE SAYS

In his speech, Jolin-Barrette addressed criticism that embracing English and bilingualism is a way of being open to the world, whether you see it as the language of Shakespeare or “Silicon Valley.”

But that’s a misplaced idea, the minister argued.

“What is presented as an openness to the world too often masks acculturation, which comes with a significant loss of memory and identity,” he said.

He said gone are the times when people can request to be served in English or French in Quebec, as in a “self-service business.”

And Jolin-Barrette made a special point of attacking English Canadian media’s coverage of Bill 96.

“Recently, defamatory articles against Quebec have been published with too much complacency in American and English Canadian newspapers,” he said.

“Lazy authors depict our fight from the most denigrating and insulting angle, trying to pass it off as a rearguard fight, a form of authoritarianism.”

“Our fight for the French language is just, it is a universal fight, that of a nation which has peacefully resisted the will to power of the strongest.”

For a large portion of the speech, Jolin-Barrette spoke of the time before the Quiet Revolution, when, he said, French itself was being lost in Quebec.

“A vulnerable proletariat was born, whose contaminated language quickly switched to Franglais,” he said.

“The English-speaking oligarchy, heir to British power, imposed its language and its imagination….in the 1950s, French-Canadians lived in towns where commercial signage was often in English.”

At another point, he called French the greatest of the Western languages, with the biggest literary influence.

In those decades, however, “French Canada was one of the very few places in the world where the French language was a sign of social inferiority,” he said.

Source: Quebec is ‘thwarted’ by Canadian multiculturalism, minister says in France speech

Dutrisac: Survivance et résignation [on the CAQ electoral strategy and immigration]

Of interest, particularly the contrast between the earlier inclusive vision of the first PQ government and how it has evolved to the defensive approach of the CAQ:

Il a été beaucoup question de fierté lors du congrès national de la Coalition avenir Québec (CAQ). François Legault a parlé des deux pôles de son gouvernement, la prospérité et la fierté. Le ministre André Lamontagne a aussi beaucoup parlé de fierté dans l’allocution finement rédigée qu’il a livrée samedi après-midi.

Ce type d’événements partisans baigne dans un enthousiasme parfois factice — il ne l’était aucunement cette fin de semaine —, qui se manifeste par les autocongratulations et le cheerleading, le simplisme des lignes de communication et un comportement moutonnier particulièrement exacerbé dans un parti composé de militants disciplinés, ou dociles, plutôt que chicaniers. À cet égard, la CAQ surpasse le Parti libéral du Québec.

Cet enthousiasme se percevait sur le plancher du centre des congrès de Drummondville : jamais depuis les libéraux de Robert Bourassa en 1985 un parti politique québécois n’a été en si bonne posture à l’orée d’élections générales, ce que la faiblesse de ses adversaires ne fait que souligner.

En campagne électorale il y a quatre ans, François Legault avait aussi parlé de fierté, en contraste avec un Philippe Couillard distant, qui semblait parfois douter du peuple québécois.

Après un premier mandat, les Québécois sont-ils plus fiers qu’en 2018, sont-ils plus prospères ? a lancé le chef caquiste, tout en donnant évidemment une réponse affirmative aux deux questions.

Sur le plan de la prospérité, son bilan est positif, surtout si on le compare à celui du gouvernement précédent, de l’austérité duquel nous nous souvenons amèrement. Malgré la pandémie, les finances publiques sont en ordre, la forte croissance économique a dépassé celle de nos voisins, le taux de chômage est au plus bas, la productivité est en hausse, l’écart de richesse avec l’Ontario s’est réduit, les salaires ont augmenté, bien que la poussée d’inflation, qu’on espère de courte durée, soit venue brouiller les cartes, et avec ça, le gouvernement caquiste a remis « de l’argent dans les poches des Québécois ».

Plus prospères et plus fiers, les Québécois devraient afficher une assurance à toute épreuve. Pas si vite : c’est compter sans le spectre de la « louisianisation » du Québec, brandi par François Legault, en lien avec une immigration qui s’intégrerait mal à notre société de langue française. Il y va de la « survie » de la nation québécoise, a fait valoir le chef caquiste.

Dès le début du prochain mandat, le gouvernement caquiste entend organiser un vaste sommet sur les perspectives démographiques du Québec et l’apport de l’immigration. L’événement permettrait d’informer la population sur cet enjeu crucial dans le but de bâtir un rapport de force face à Ottawa. Dimanche, François Legault a réitéré une demande à laquelle Justin Trudeau avait déjà répondu par un non catégorique, celle de rapatrier la responsabilité de la réunification familiale, qui compte pour près du quart des immigrants reçus, et il a ajouté la gestion des programmes visant les travailleurs temporaires et les étudiants étrangers.

Comme l’éventualité que le premier ministre du Canada acquiesce à cette revendication semble lointaine, voire utopique, un prochain gouvernement Legault devra s’atteler à reprendre concrètement la maîtrise de la situation avec les leviers dont il dispose, mais qu’il n’a pas pleinement utilisés.

Ce retour de la survivance, une posture qui fut l’apanage des Canadiens français après 1840, laisse perplexe. C’est une stratégie empreinte de résignation, un aveu d’impuissance politique. Et puis le mouvement nationaliste d’émancipation des années 1960 et suivantes, celui de René Lévesque, progressiste et tourné vers l’avenir, avait mis la hache dans cette survivance passéiste.

Il faudrait que François Legault nous dise si son nationalisme est essentiellement conservateur, essentialiste et défensif, ou s’il s’agit d’un nationalisme progressiste — existentialiste, pourrait-on dire —, qui parle d’avenir et s’appuie sur le pluralisme et le métissage qui caractérisent déjà la nation québécoise. Quand François Legault répète « c’est comme ça qu’on vit au Québec », une formule pour le moins maladroite, et qu’il en rajoute avec « c’est comme ça qu’on parle au Québec », on peut se demander où il s’en va avec ses skis. Le français est la langue commune certes, mais il se parle des centaines de langues au Québec, y compris des langues autochtones.

Le gouvernement Legault a déjà amélioré les choses en matière d’immigration, que ce soit en francisation et en soutien à l’intégration, et le chantier n’est pas terminé. Mais il devrait revenir à l’esprit de Gérald Godin : les immigrants pour la plupart veulent s’intégrer à la nation québécoise et contribuer à sa culture vivante et originale, dont nous pouvons nous enorgueillir. C’est ça aussi, être fier.

Source: Survivance et résignation

La maîtrise de l’immigration, «une question de survie», dit Legault

Quebec/federal relations continue to be challenged. Will see how this plays out after the Quebec election and the degree to which federal parties accommodate or set limits:

À quatre mois des élections générales, François Legault fait de l’obtention de nouveaux pouvoirs en matière d’immigration une condition sine qua non à la survie de la nation québécoise.

Le chef de la Coalition avenir Québec propose de hisser le thème de l’immigration parmi les principaux sujets de discussion de la campagne électorale — qui battra son plein à la fin de l’été — afin que « les Québécois comprennent bien l’urgence de rapatrier les pouvoirs » de sélection de quelque 11 000 immigrants inscrits au programme de regroupement familial, qui lui échappent à l’heure actuelle.

Si la « moitié » des participants du programme de regroupement familial continuent de bouder le français comme ils le font présentement, « ça peut devenir une question de temps avant qu’on devienne une Louisiane », a soutenu M. Legault dimanche, tout en évoquant des études gouvernementales sur le sujet.

« Je demande, aux prochaines élections, un mandat fort pour aller négocier ça avec le gouvernement fédéral », a-t-il fait valoir lors du discours de clôture du congrès national de la CAQ, à Drummondville.

François Legault s’est par la suite abstenu de préciser, devant les journalistes, les contours du « mandat fort » qu’il sollicite auprès de l’électorat québécois le 3 octobre prochain. « À partir du moment où on a l’appui d’une majorité de Québécois, c’est dur pour les partis politiques fédéraux de refuser cette demande-là [et] de gagner au fédéral sans appui au Québec », s’est-il contenté de dire.

« Avec tout ce qui se passe chez les conservateurs », un nouveau parti politique plus sensible aux revendications québécoises pourrait apparaître sur la scène politique fédérale d’ici le prochain scrutin fédéral, a-t-il dit.

Référendum sectoriel

Le chef du gouvernement québécois a rejeté l’idée avancée par des membres de la CAQ au cours du week-end de tenir un « référendum sectoriel » en immigration afin d’établir un rapport de force plus favorable. « Ce n’est pas dans les plans », a-t-il mentionné. « Ça suffit le niaisage ! […] La première initiative de la prochaine législature devra être l’organisation d’un référendum sur l’immigration », avait fait valoir le militant de Terrebonne Kevin Serafini samedi. « Bravo ! » avait spontanément crié une sympathisante caquiste. Les membres se sont toutefois bien gardés de l’ajouter dans le cahier de 23 propositions qu’ils ont remis au gouvernement de François Legault.

En revanche, ils se sont par exemple dits favorables à l’idée d’ajouter un cours obligatoire d’histoire et de culture du Québec au programme collégial, de concevoir un « catalogue de grandes œuvres artistiques québécoises » pour les enseignants et de mettre sur pied un musée de l’Histoire nationale du Québec. Le président régional Saguenay–Lac-Saint-Jean de la Commission Relève de la CAQ, Samuel Massicotte, y voit notamment une occasion de donner tort à Lord Durham, selon qui les descendants des Français formaient un « peuple sans histoire et sans littérature ». « On survit encore, malgré certaines tentatives d’un autre ordre de gouvernement de nier notre langue, de nier nos droits. On continue de s’accrocher », a souligné l’enseignant en histoire.

Turbulences économiques ?

À l’approche du rendez-vous électoral, François Legault a exhorté les électeurs québécois à rejeter les propositions des oppositions de gauche, convaincue que « l’argent pousse dans les arbres », et de droite, muette face aux changements climatiques. « Quand les temps sont pleins d’incertitudes, de turbulences et de dangers économiques, ce n’est pas le temps de se lancer dans des aventures avec des idéologues de gauche ou de droite. En fait, quand la mer est houleuse, c’est le temps de confier la barre à une équipe compétente, expérimentée, solide ! » a-t-il déclaré sur la scène du Centrexpo Cogeco, entouré de la plupart des personnes qui brigueront les suffrages sous la bannière de la CAQ. La présidente-directrice générale du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Sonia Bélanger, était dans le lot.

Le premier ministre a plus tard expliqué son changement de ton sur les perspectives économiques québécoises en parlant de projections d’économistes évoquant « 40 % de chances » de récession mondiale. D’ailleurs, la hausse graduelle du taux directeur de la Banque du Canada « n’est rien pour aider l’économie », a-t-il fait remarquer aux médias.

Dans un deuxième mandat, un gouvernement caquiste pratiquera une « gestion rigoureuse des finances publiques », ce qui ne l’empêchera pas de donner un coup de pouce aux Québécois pour « passer au travers » de la hausse du coût de la vie, a indiqué M. Legault devant des centaines de militants gonflés à bloc. Ceux-ci avaient reçu pour consigne de frapper leurs bâtons gonflables, un bleu, un blanc, à l’appel du mot « fierté ». « Sans la prospérité, la fierté manque de moyens. Puis sans la fierté, la prospérité manque de sens. Ça prend les deux », a insisté le chef caquiste en précampagne électorale.

Source: La maîtrise de l’immigration, «une question de survie», dit Legault

And a comparable article in English:

Premier François Legault gave a glimpse into what his provincial election campaign will look like Sunday, with a speech outlining his plan to demand Ottawa hand over more immigration powers to Quebec.

Coalition Avenir Québec (CAQ), Legault’s party, held its caucus in Drummondville, Que., this weekend, a city in the Eastern Townships southeast of Montreal.

Legault told the crowd of about 1,000 people there he wants to ask Quebecers for a “strong mandate” in the Oct. 3 election to be a powerful negotiator with Ottawa on matters of immigration.

The speech Legault gave, which he dubbed “Pride,” was heavily nationalist, calling for the preservation of the French language, Quebec culture and listing the passing of Bills 21 (on secularism) and 96 (the overhaul of the Charter of the French language) as wins for his government.

“We changed Quebec,” he said.

Bill 21 outlaws civil servants in positions of authority, including teachers, lawyers, police officers and judges, from wearing religious garb or symbols. In practice, the law has for the most part affected female Muslim teachers who wear head scarves.

While Quebec manages economic immigration to the province — a power other provinces and territories in Canada do not have — the federal government is responsible for family reunification and the admission of refugees, representing close to half of newcomers to the province every year.

Legault said he wants Quebec to be able to choose much of that remaining half, except for refugees, so that it can prioritize French-speaking foreigners. He said that family reunification cases represent about 11,000 of the 50,000 people who immigrate to the province every year.

Prime Minister Justin Trudeau has so far rejected Legault’s calls for Quebec to have complete control over immigration into the province but has pointed to Bill C-13 tabled by the federal Liberals, which in part aims to increase immigration from French-speaking countries.

Legault said it was a question of the survival of the French language in the province, pointing to the state of Louisiana as an example of a place that used to be predominantly French-speaking but no longer is, surrounded by a nearly monolingual English-speaking country.

“It’s important for Quebecers to understand that it’s a question of survival,” for a French-speaking Quebec, he said.

But when asked by a reporter if there were government studies on the impacts of family reunification and the use of French, Legault’s answer wasn’t clear.

“Is it too much to ask them to learn before moving to Quebec? Is it too much? I don’t think so,” he said.

A heavily criticized clause in Bill 96, which was voted into law last week, calls on refugees to learn French within six months of arriving to Quebec, after which they can no longer access most public services in another language.

Critics say six months is not enough to become fluent in French, and that the clause will make it difficult for immigrants to access basic services.

Tuesday, after the law passed, Legault gave reporters a heads up that he wanted to turn to pressuring the federal government to handing over its immigration levers.

“That’s where the focus should be,” in protecting French, he said.

Critics say policies go beyond language

But some critics see Legault’s focus on legislation targeting minorities as a way to appeal to his voter base, largely composed of older portions of the Quebec population and those living outside of major cities.

Some groups helping immigrants, migrant workers and refugees in Montreal believe Quebec is creating a two-tiered immigration system, making it harder for non-French-speaking people to access permanent residency, while relying more heavily on a vulnerable temporary foreign workforce to fill serious labour shortages.

“I doubt it’s solely a question of the French language,” said Mostafa Henaway, an advocate at the Immigrant Workers’ Centre, in an interview last week.

Indigenous leaders across the province have also denounced Legault’s government for failing to listen to their calls to be exempt from Bill 96, saying their sovereignty and language revitalization efforts are at stake.

On Sunday, Legault made no mention of the labour shortage or of problems with access to health care — such as emergency room capacities, surgery wait lists and a shortage of family doctors. He said he would unveil a health care plan at some point in the campaign.

Statistics Canada reported in the fall that there were 279,000 job vacancies in Quebec in 2021.

Four months away from the October election, the CAQ has already recruited candidates in more than 100 electoral districts, and so far half of those candidates are women. The party still has 29 out of 125 candidates to name.

Source: Legault pledges to demand more control from Ottawa over immigration to Quebec

How the Grinch stole Chanukah: secularism is not a veil for systemic racism

Legitimate observation on timing, whether this was intentional or blindness:

In the same week that an elementary school teacher was removed from her classroom in Quebec for wearing a hijab, the Legault government announced it will loosen the rules for indoor gatherings right in time for Christmas.

I hate to be a Grinch, but in this multi-faith household as we put away the menorah and bring out the Christmas lights, I question when Quebec will stop pretending to be a secular society.

What a coincidence that at this time last year, the CAQ also considered allowing larger gatherings for Christmas, right when holidays from other faiths, such as Chanukah and Diwali, had ended. 

The Legault government preaches about separation between church and state, puts into law Bill 21 preventing public servants (teachers, police, judges, etc.) from wearing religious symbols, and insists that systemic racism is not an issue in Quebec; yet we are expected to believe that loosening of public health measures on Dec. 23 is linked to the state and not the church.

Quebec is not a religiously neutral society; it is a Catholic-based society. Its institutions close for Christmas and Easter; countless streets, towns, hospital, and schools are named after saints; and the crucifix that hung prominently in the national assembly for decades was only recently removed, following much debate and push back. 

Even Bill 21, an act respecting the laicity of state, accommodates those who practice the Catholic faith, since donning a cross around the neck can be concealed, unlike a hijab, turban, or kippah worn on the head.

As this questionable bill impede the lives of marginalized Quebecers, the CAQ government dares, once more, to tempt pandemic fate in the name of Christmas.

Linking new rules for private gatherings to one specific holiday will, of course, never be publicly stated. Instead, it is conveniently suggested that the timing is due to a stabilization in the number of hospitalizations, the fact that the Omicron variant is not circulating widely in the province, that children over five are now being vaccinated. 

This pandemic has brought many issues to light, including the value of critical thinking. Much information is believable when taken at face value, but even evidence-based facts, like statistics, can be misleading when twisted the right way. 

There is no denying that Quebec has done well in its vaccination and public health efforts, but as the world grapples with mutations of a virus that aims to outsmart us, are we to naively believe that this province will be spared because it is Christmas?

Making progress in halting a global pandemic is hardly an excuse for loosening rules, which miraculously coincide with the birth of Jesus. 

If we really want to understand secularism, pay attention to COVID-19, which makes no distinction for any faith in its path of destruction. Christians, Jews, Muslims, Hindus … one multicultural society battling this virus together.

As the candles go out on Chanukah and the Christmas trees light up, let’s be reminded that a secular society caters not to any one faith. Secularism, Mr. Legault, is not a vail for systemic racism.

Susan Mintzberg is a PhD candidate in social work at McGill University. Her research focuses on the role of family caregivers in mental health care.

Source: https://www.thestar.com/opinion/contributors/2021/12/13/how-the-grinch-stole-chanukah-secularism-is-not-a-vail-for-systemic-racism.html