Francisation «obligatoire» des immigrants: Legault souffle le chaud et le froid

More ambiguity than in the case of Malala not being able to teach in Quebec:

Les immigrants qui débarquent au Québec seront-ils bientôt forcés d’apprendre le français ? Les paris sont ouverts.

Posée au premier ministre François Legault lundi, cette question demeure sans réponse claire.

En mêlée de presse, M. Legault a soufflé le chaud et le froid, paraissant dire une chose et son contraire.

Chose certaine, forcés ou non, les nouveaux arrivants auront intérêt à maîtriser le français s’ils veulent obtenir leurs papiers pour demeurer au Québec.

Le premier ministre réagissait lundi à une entrevue de La Presse canadienne, diffusée la veille, avec la députée caquiste Claire Samson, qui rappelait que le programme de la CAQ prévoyait la francisation « obligatoire » des immigrants ne maîtrisant pas le français à leur arrivée au Québec.

Elle disait que le gouvernement devrait aller en ce sens, pour s’assurer que le Québec de demain demeure un État où la langue française domine.

Or, le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a annoncé vendredi des mesures visant à étendre l’accès aux cours de francisation, mais sur une base volontaire.

Lundi, le premier ministre a convenu que le caractère obligatoire des cours de francisation pour les immigrants figurait parmi les engagements de son parti, mais qu’il voulait procéder « graduellement ». Il semble donc vouloir procéder par étapes.

« Cela fait partie de nos propositions », a reconnu M. Legault, rappelant qu’il avait un mandat de quatre ans et qu’il comptait « y aller graduellement ».

Une « priorité nationale »

En 2016, dans un rapport visant à définir la position de son parti sur cette question, la députée Claire Samson avait préconisé la francisation obligatoire des immigrants.

Lundi, le premier ministre a réitéré qu’il était « d’accord avec ce rapport-là ».

Il a ajouté que, de toute façon, les immigrants seront forcés de passer un test de français et un test de valeurs pour obtenir le certificat de résident permanent au pays.

Et il a ajouté que la réussite de ces tests sera elle aussi « obligatoire » pour rester au Québec.

Pour l’instant, « ce qu’on s’engage à faire, c’est de rendre les cours de français obligatoires… pas obligatoires, à rendre les cours de français disponibles », a dit le premier ministre.

« Les cours vont être disponibles, les tests de français vont être obligatoires. Je vois pas pourquoi les nouveaux arrivants ne suivraient pas les cours de français », a-t-il ajouté.

Avant d’aller de l’avant, le Québec devra cependant négocier avec le gouvernement fédéral les conditions qu’il souhaite imposer aux nouveaux arrivants pour obtenir le statut de résident permanent, une compétence fédérale.

M. Legault s’est engagé lundi à « convaincre le gouvernement fédéral » de lui accorder les pouvoirs réclamés, qui figurent dans la nouvelle loi 9 adoptée en juin.

Dans son rapport de 2016, assorti de nombreuses recommandations, Mme Samson proposait notamment qu’un gouvernement de la CAQ fasse de la francisation des immigrants une « véritable priorité nationale ».

D’où l’importance d’obliger les immigrants à suivre des cours de français, grâce à une formation d’une durée variant de 30 à 72 semaines, à temps complet.

Cette formation, rémunérée, serait nécessaire pour obtenir un certificat de sélection du Québec.

Tous les nouveaux arrivants ne maîtrisant pas le français devraient s’y soumettre, qu’ils soient immigrants économiques, réfugiés ou faisant partie d’un regroupement familial.

Ce programme devrait également être suivi le plus tôt possible suivant l’arrivée au Québec.

On prévoyait inclure un volet d’initiation aux réalités du Québec, sa culture, ses institutions sociales et politiques, ses valeurs, etc.

Un soutien financier devait être prévu pour les parents de jeunes enfants, en vue d’assumer les frais de garde.

Mme Samson proposait également dans son rapport de créer un guichet unique pour la francisation des immigrants adultes.

Tous les programmes de francisation — actuellement éparpillés entre le ministère de l’Éducation et celui de l’Immigration — seraient rapatriés à l’intérieur d’un nouveau ministère : le ministère de l’Immigration et de la Francisation.

Source: Francisation «obligatoire» des immigrants: Legault souffle le chaud et le froid

Le débat sur l’islamophobie au Québec fait des flammèches

Walking back his earlier remarks which nevertheless revealed his lack of understanding and awareness:

Y a-t-il ou non des manifestations d’islamophobie au Québec ? Oui, a concédé le premier ministre Legault vendredi, au lendemain d’une déclaration controversée qui lui a valu de vives critiques — mais aussi le soutien inattendu d’une élue municipale. Mais de là à reconnaître qu’il y a un « courant islamophobe » dans la province, il y a un pas que François Legault refuse de faire.

Jeudi, le chef caquiste était catégorique : « Il n’y a pas d’islamophobie au Québec. »

Il mettait ainsi un terme à la discussion autour de la création possible d’une Journée contre l’islamophobie.

Vendredi, le cabinet du premier ministre a précisé que « M. Legault voulait dire qu’il n’y a pas de courant islamophobe au Québec. Il existe de l’islamophobie, de la xénophobie, du racisme, de la haine, mais pas de courant islamophobe. Le Québec n’est pas islamophobe ou raciste. »

Cette décision de ne pas faire du 29 janvier (date anniversaire de la tuerie de la mosquée de Québec) une journée dédiée à la lutte contre l’islamophobie a été saluée vendredi par la mairesse suppléante de Gatineau, Nathalie Lemieux.

Dans une entrevue au quotidien Le Droit, l’élue a soutenu que « ce mot n’existe même pas. Justin Trudeau pense que l’islamophobie existe, mais c’est lui qui invente ce problème. Il tente de provoquer des problèmes où il n’y en a pas. Les Québécois ne sont pas aussi racistes que certains voudraient le faire croire. Quand un peuple veut s’intégrer, il s’intègre. [Mais] ce peuple ne s’intègre pas. »

Mme Lemieux a aussi ajouté que « ces gens-là font beaucoup de choses mal, avec leurs camions et toutes ces choses-là, et c’est normal d’en avoir peur ».

Ses propos ont été immédiatement dénoncés par le maire de la ville, Maxime Pedneaud-Jobin. « Je me dissocie complètement et je dénonce les propos tenus par la conseillère Nathalie Lemieux à l’égard de la communauté musulmane. Je lui ai immédiatement demandé de se rétracter et de s’excuser », a indiqué M. Pedneaud-Jobin sur Twitter. Le député libéral André Fortin, élu dans la région, a pour sa part écrit que la mairesse suppléante « représente bien mal notre Gatineau, notre Outaouais, notre Québec ».

Des propos peçus comme une «trahison»

Même avec la précision de vendredi, les propos de François Legault ont été perçus comme une « trahison » par Boufeldja Benabdallah, le président du Centre culturel islamique de Québec. Un « coup de massue », même.

Dans une lettre envoyée aux médias, il a écrit vendredi que la sortie du premier ministre a représenté une « insulte à notre intelligence, nous qui luttons sans cesse pour abolir l’attitude de certains contre les citoyens musulmans afin que notre société soit la meilleure et la plus juste qui soit ».

« Avec tout le respect que j’ai pour vous, indique M. Benabdallah à l’intention du premier ministre, je me permets de vous dire que vous n’avez pas mesuré la gravité de cette phrase, 48 heures à peine après la deuxième édition de la Commémoration de la tuerie de la Grande Mosquée. »

En entretien avec Le Devoir, M. Benabdallah a « salué le fait que M. Legault se soit rectifié ». Mais sur le fond, ses critiques demeurent.

« Je me suis senti trahi parce que le 29 janvier, M. Legault a eu la grande amabilité de venir aux commémorations, il était compatissant et a eu des mots extraordinaires. Mais quand il dit qu’il n’y a pas de courant islamophobe tout en reconnaissant qu’il y a des gestes graves d’islamophobie, je lui demande : d’où viennent ces gestes ? Ils viennent de l’islamophobie. »

M. Benabdallah fait valoir que reconnaître l’existence de l’islamophobie au Québec ne revient pas à dire que le Québec est islamophobe. Il dit craindre que les propos de M. Legault « ne redonnent vie à l’amalgame que les islamophobes adorent, à l’effet que nous traitons toutes les Québécois d’islamophobes ».

Le « courant est soutenu par une minorité », estime le président du centre islamique. « Mais il existe et il faut en prendre conscience, ne pas cacher une évidence. Il y a eu six morts et des blessés ici. Il y a eu plusieurs gestes haineux [pamphlets, croix gammées sur les murs de la mosquée, tête de porc tranchée, etc.]. Doit-on nier tout cela pour dire qu’il n’y a pas d’islamophobie au Québec ? »

M. Benabdallah précise autrement qu’il n’a pas « d’objection au refus de la proposition d’une Journée contre l’islamophobie. Je ne me sens ni frustré ni trop malheureux, quoique déçu. »

Barrette nuance

Plus tôt dans la journée, le député libéral Gaétan Barrette avait lui aussi fait valoir que « l’islamophobie existe [au Québec] comme partout ailleurs. Je ne dis pas que c’est systémique, je ne dis pas que la société est islamophobe. Je dis qu’il y a des gens, sans aucun doute, qui le sont. De faire une affirmation aussi catégorique que celle de François Legault, ça m’apparaît être une assez courte vue d’esprit », a-t-il indiqué.

Son chef, Pierre Arcand, a bien accueilli la précision faite par M. Legault vendredi. « Il reconnaît qu’il s’est trompé […], c’est pas mal une excuse, il a corrigé le tir et moi je suis satisfait. »

Le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) avait quant à lui dénoncé des commentaires jugés offensants et inexacts.

Selon Statistique Canada, le nombre de crimes motivés par la haine déclarés à la police a fortement augmenté en 2017 au pays. Les incidents ciblant les Noirs, les juifs et les musulmans ont été à l’origine de la majeure partie de cette hausse.

Source: Le débat sur l’islamophobie au Québec fait des flammèches

In the Globe:

Quebec Premier François Legault has clarified his controversial comments about Islamophobia, now saying such discrimination exists but that it is not widespread.

In a statement Friday, the premier’s office said Legault meant to say that there isn’t an “undercurrent” of Islamophobia in Quebec.

“Quebecers are open and tolerant and will continue to be,” the statement said.

“Unfortunately, too many racist acts still occur today in our society, and everything must be done to denounce and combat hatred and intolerance. We will continue to honour the memory of the six victims of the tragedy of the Quebec mosque on Jan. 29.”

Friday’s statement comes after the premier told reporters Thursday that there’s no need for a day devoted to action against Islamophobia because it’s not a problem in the province. Legault was responding to calls for the anniversary of the Quebec mosque shooting to be established as an anti-Islamaphobia day.

“I don’t think there is Islamophobia in Quebec, so I don’t see why there would be a day dedicated to Islamophobia,” he said Thursday.

Those comments prompted an outpouring of criticism from Muslim groups. They want the province to take a stronger stance against anti-Muslim actions and rhetoric.

‘Out of touch’

Ihsaan Gardee, executive director of the National Council of Canadian Muslims, said Legault’s initial comments were “clearly out of touch with the realities of Islamophobia on the ground in Quebec.”

​Karim Elabed, an imam at a mosque in Lévis, a small city across the river from Quebec City, said the premier’s comments were irresponsible.

“The general opinion is that there is no problem in Quebec. But the problem is real,” he said.

The province should be striving toward educating the future generations and teaching youth to accept cultural differences, said Elabed.

Liberal MP Gaétan Barrette also said Legault’s comments were out of touch with reality, though he too cautioned the problem isn’t “systemic” in Quebec.

“I’m not saying that society is Islamophobic. I say there are people, no doubt, who are,” he said.

At the federal level, the Commons heritage committee recommended last year that Jan. 29 be declared a “national day of remembrance and action on Islamophobia and other forms of religious discrimination.”

Toronto Mayor John Tory announced this week that the city was proclaiming Jan. 29 a day of remembrance and action on Islamophobia.

Like the ruling Coalition Avenir Québec, Quebec’s previous Liberal government also rejected the idea of setting aside a day against Islamophobia.

Former premier Philippe Couillard said last year he preferred to make a commitment against racism and discrimination, rather than single out a particular group or religion.

The latest controversy comes amid a renewed focus on the province’s longstanding debate over the accommodation of religious minorities.

Legault has promised legislation early this year blocking public servants in positions of authority, including police officers, judges, prosecutors, prison guards and teachers, from wearing religious symbols at work.

Source: As controversy swirls, François Legault concedes Islamophobia exists in Quebec

Il n’y a pas d’islamophobie au Québec, affirme François Legault

One thing not to support a commemorative day, another to deny that there is no Islamophobia or anti-Muslim attitudes in Quebec (especially when planned legislation is targeted at Muslims):

Après deux jours de réflexion, Québec ferme finalement catégoriquement la porte à ce que le 29 janvier – journée de commémoration de la tuerie à la mosquée de Québec, en 2017 – soit déclaré journée nationale contre l’islamophobie.

«Je ne pense pas qu’il y ait de l’islamophobie au Québec, je ne vois donc pas pourquoi il y aura une journée [qui y soit] consacrée», a tranché d’un ton sans appel le premier ministre François Legault, jeudi.

«Geneviève [Guilbault] a été prudente en disant qu’on allait regarder ça. On l’a regardé, y’en aura pas. C’est clair», a-t-il aussi affirmé.

Mardi, lors d’une réunion du conseil des ministres à Gatineau, la ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, avait pourtant ouvert la porte à l’instauration d’une telle journée.

«C’est une discussion qu’on peut avoir», avait-elle brièvement dit, avant d’ajouter qu’elle était récemment présente à «un événement organisé par Louis Garneau pour avoir une journée nationale contre les textos au volant. Je trouve que c’est dans le même esprit d’essayer d’instituer cette pensée-là, cette mémoire-là.»

Le maire de Toronto a pour sa part déclaré cette semaine que le 29 janvier sera désormais désigné dans sa ville comme un «Jour de mémoire et d’action contre l’islamophobie» pour souligner la tuerie qui a frappé la mosquée de Québec en 2017.

Source: Il n’y a pas d’islamophobie au Québec, affirme François Legault

François Legault veut davantage d’immigrants français

I wonder whether he realizes that some of these may well be of other ethnicities than French (e.g., from Magreb, where issues around laicité could emerge):

Alors qu’il amorçait sa première visite officielle en France, le premier ministre du Québec a déclaré que, même s’il avait l’intention de réduire les quotas d’immigration, il souhaitait attirer encore plus d’immigrants français au Québec. François Legault a fait cette déclaration au Devoir au premier jour de sa visite en France à l’occasion de laquelle il rencontrera lundi le président, Emmanuel Macron, et le premier ministre, Édouard Philippe.

Pour le premier ministre, il est clair que la réduction des quotas d’immigration ne doit pas nuire à l’immigration en provenance de la France. Au contraire, dit-il. « Actuellement, il y a beaucoup trop d’immigrants au Québec qui ne sont pas qualifiés ou qui ne parlent pas français, dit le premier ministre. Donc, des Français, on en prendrait plus. De même que des Européens. »

François Legault rappelle son « inquiétude » de constater que, l’an dernier, 53 % des immigrants accueillis au Québec ne parlaient pas français. Avec l’immigration française, dit-il, il n’y a généralement ni problème de qualification ni problème de langue. C’est aussi pour recruter du personnel qualifié que l’Union des municipalités du Québec participait la semaine dernière au grand Salon du travail et de la mobilité professionnelle à la grande halle de La Villette à Paris.

On l’aura compris, c’est une visite surtout économique qu’entend mener le premier ministre québécois en France, durant laquelle il doit d’ailleurs rencontrer une douzaine de dirigeants de grandes entreprises françaises afin de les convaincre d’accroître leurs investissements au Québec. Le premier ministre est d’ailleurs accompagné du ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, ainsi que de la ministre des Relations internationales Nadine Girault.

« Ma priorité est économique, dit-il. Je ne veux rien soustraire [dans la relation France-Québec]. Mais je pense qu’on peut en faire plus en économie en augmentant les exportations. […] Je veux aussi augmenter les investissements des entreprises françaises au Québec, même si je comprends que M. Macron veut le contraire. »

François Legault n’hésite pas à qualifier de « ridicule » le chiffre des exportations québécoises en France, qui ne représente que « trois jours sur une année » comparativement aux exportations en direction des États-Unis. Il dit vouloir « doubler » les échanges économiques. « Il est plus que temps que l’on diversifie nos exportations, dit-il. Nos entreprises n’ont pas le réflexe d’exporter en Europe. Il va falloir changer ça. » Le premier ministre entend notamment augmenter le nombre d’agents commerciaux de la Délégation générale du Québec à Paris. Il compte aussi, en réorganisant Investissement Québec, mieux arrimer le travail de cette agence à celui de la Caisse de dépôt et des délégations à l’étranger.

Entre Matignon et l’Élysée, François Legault se rendra au siège de L’Oréal rencontrer son p.-d.g., Jean-Paul Agon. La multinationale des produits de beauté compte déjà 1474 employés au Québec et une usine à Saint-Laurent. Immédiatement après, il s’entretiendra avec le p.-d.g. du groupe agroalimentaire Fleury Michon, Régis Lebrun, qui emploie 350 personnes à Rigaud. Lundi soir, il mangera avec une demi-douzaine de dirigeants d’entreprises inscrites à la Bourse de Paris, dont David Layani, fondateur du groupe Onepoint, spécialiste de la transformation numérique des entreprises, et Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de la grande banque BNP-Paribas.

Le volet politique de cette première visite à l’étranger sera pour sa part plus classique. Lundi midi, François Legault aura un repas privé avec le président Emmanuel Macron. Pour le reste, il rencontrera le premier ministre, Édouard Philippe, et les présidents du Sénat, Gérard Larcher, et de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand. Il n’y aura ni conférence de presse commune avec le premier ministre français, ni signature d’ententes, ni non plus de rencontre avec les leaders des partis politiques, comme avaient l’habitude de le faire certains de ses prédécesseurs. « C’est déjà beau que, dans le contexte des gilets jaunes, on nous accorde tout ce temps », dit-on dans l’entourage du premier ministre.

Trudeau offers to work with Legault on a temporary reduction in immigration levels

My sympathy for additional funding for asylum seekers is tempered by the fact that the current Canada-Quebec agreement means a further increase despite the drop:

Prime Minister Justin Trudeau demonstrated a new willingness to help Quebec Premier François Legault temporarily reduce immigration to the province by more than 20 per cent, even as Ottawa promotes higher immigration as the key to a stronger economy.

Mr. Trudeau and Mr. Legault discussed immigration issues Thursday during a private meeting in Sherbrooke, Que., where the federal Liberal cabinet is meeting for a three-day retreat.

Ottawa’s readiness to work with Quebec on its lower targets marks a change in tone for Mr. Trudeau, who had criticized the idea last month.

The two governments agreed that senior ministers will meet later this month in Gatineau to work out a plan. The discussions will also aim to reach a deal on compensating Quebec for its costs related to settling refugee claimants who have crossed into the province from the United States between official points of entry.

More than 90 per cent of the thousands of people who have crossed into Canada between official points of entry over the past two years have done so at Roxham Road in southwestern Quebec near Champlain, N.Y.

The Quebec government is seeking $300-million in compensation from Ottawa, but Mr. Legault said Ottawa is only offering to cover $140-million.

Federal Intergovernmental Affairs Minister Dominic LeBlanc, who was in Thursday’s meeting with Mr. Legault, told reporters that reducing immigration at a time when many Quebec businesses are facing severe labour shortages will be a challenge.

“Squaring that circle isn’t going to be easy,” he said. “We recognize that the Quebec government made a commitment in their election to temporarily reduce immigration levels in Quebec. Immigration in Quebec is a shared jurisdiction. It’s not like in my province of New Brunswick. There is a long-standing agreement that we want to respect between Canada and Quebec.”

Under the terms of a 1991 Canada-Quebec deal on immigration, federal funding to help Quebec integrate immigrants will rise even as the province’s total intake of immigrants declines.

The federal government announced in November that it will gradually raise Canada’s national targets for annual immigration to 350,000 in 2021, from 310,000 this year. It is not clear how Quebec’s reductions will affect Ottawa’s national targets.

Mr. Trudeau did not speak with reporters after meeting with Mr. Legault, but the Premier confirmed that further discussions on immigration will take place soon in Gatineau.

“He didn’t say no,” Mr. Legault said following his meeting with the Prime Minister, in reference to his list of demands related to immigration. “He said he was thinking about it. What we want is before bringing the targets back up in the next few years, that we put in place a French test and a values test.”

Federal Liberals are in Quebec this week to build support ahead of the October federal election. Polls suggest the Liberal Party could pick up seats in the province, which could help offset potential losses in other parts of the country.

Several ministers, including Mr. LeBlanc and Infrastructure Minister François-Philippe Champagne, recently toured parts of Quebec to meet with business leaders ahead of the cabinet retreat. They said the clear message is that skills shortages are a major problem.

“Businesses in Drummondville earlier this week told me they’re literally refusing contracts and not accepting sales because they do not have enough employees to properly complete the contract,” said Mr. LeBlanc. “So you can imagine the multiplier effect of that over time, on the economic growth in Quebec, which frankly is something that’s very important for the whole country.”

Mr. Legault said the temporary reduction in immigration – which would apply equally to three categories: economic immigrants, family reunification and refugees – will give Quebec time to ensure that it is bringing in people with the right skills. He also said Quebec wants to ensure its immigrants can speak French and support Quebec values.

Quebec announced in December that it will reduce the number of newcomers to 40,000 in 2019, a 24-per-cent reduction from 2018 levels.

Advocates for immigrants and refugees have called Quebec’s plan cruel. Mr. LeBlanc said last month that Ottawa was “disappointed” by Quebec’s new targets.

Source: Trudeau offers to work with Legault on a temporary reduction in immigration levels

Seuils d’immigration: le Québec aura moins de poids, prévient Ottawa

While I don’t advocate for more immigration for immigration’s sake, the overall demographic and eventual political impact of the Legault government’s reduced immigration levels is clear:

Le gouvernement Legault risque d’accélérer la chute du poids démographique du Québec au sein de la fédération canadienne – et, par ricochet, son poids politique – en voulant réduire le nombre d’immigrants qui s’installent au Québec.

Telle est la mise en garde qu’a poliment lancée le gouvernement Trudeau à de proches collaborateurs du nouveau premier ministre du Québec, François Legault, au cours des derniers jours, alors que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) a officiellement pris les commandes de l’État jeudi.

Selon des informations obtenues par La Presse, le gouvernement Trudeau a entrepris de sensibiliser le gouvernement caquiste aux répercussions possibles de son intention de réduire le nombre d’immigrants qui élisent domicile au Québec sur le poids démographique de la province au sein de la fédération. Au lendemain des élections québécoises, qui ont vu la CAQ remporter 74 des 125 sièges à l’Assemblée nationale, François Legault a réitéré la promesse électorale de son parti de faire passer le nombre d’immigrants de quelque 50 000 à 40 000 dès 2019.

Le nouveau ministre de l’Immigration du gouvernement caquiste, Simon Jolin-Barrette, a obtenu le mandat de réaliser cette promesse qui a suscité de vifs débats durant la campagne électorale, d’autant plus que le gouvernement fédéral a son mot à dire en matière d’immigration et que les entreprises doivent composer avec une pénurie de main-d’oeuvre au Québec.

Rappelons que le gouvernement fédéral, quant à lui, s’est donné pour objectif d’accueillir 310 000 immigrants en 2018, 330 000 en 2019 et 340 000 en 2020.

Durant les trois premiers mois de 2018, l’Ontario a accueilli presque autant d’immigrants que la cible annuelle que propose François Legault dès l’an prochain, soit 35 222 personnes, selon des données du ministère des Finances de l’Ontario obtenues par La Presse. L’Ontario comptait 14 374 084 habitants au 1er avril 2018 (contre 8,4 millions au Québec) et avait aussi accueilli 44,1 % de tous les nouveaux arrivants au Canada durant le premier trimestre de l’année. En 2017, pas moins de 121 915 immigrants ont installé leurs pénates dans la province la plus populeuse.

Les nouveaux sièges en fonction du poids

Dans les coulisses, on a tenu à rappeler que c’est à partir du poids démographique d’une province que l’on distribue de nouveaux sièges à la Chambre des communes – de plus en plus dominée par l’Ontario, qui détient 121 des 338 sièges. À titre de comparaison, le Québec détient 78 sièges, alors que la Colombie-Britannique (42) et l’Alberta (34), mis ensemble, en ont presque autant (76) depuis la réforme de la carte électorale de 2011.

« Quand on décide de réduire le nombre d’immigrants qui s’installent au Québec, cela va avoir un impact sur le poids démographique du Québec par rapport au reste du pays. Et cela pourrait aussi avoir un impact sur son poids politique à long terme », a-t-on fait valoir dans les rangs libéraux à Ottawa.

Au cours du dernier siècle et plus, le poids démographique du Québec est passé de 30,7 % de la population canadienne en 1901 à 22,6 % en 2018.

Le poids démographique de l’Ontario, lui, s’établit à 38,7 % aujourd’hui. Le gouvernement ontarien prévoit qu’il atteindra 39,8 % en 2026 et qu’il franchira le cap des 40,3 % en 2031 si la tendance actuelle se maintient.

Au cours des dernières années, la population de l’Ontario a donc crû fortement, ce qui lui a permis d’obtenir davantage de sièges à la Chambre des communes et d’augmenter du même coup son influence sur les décisions qui sont prises dans la capitale fédérale.

Des inquiétudes

Dans les coulisses, des députés libéraux fédéraux du Québec ont aussi exprimé leurs inquiétudes quant aux répercussions de la politique du gouvernement caquiste en matière d’immigration. « Je suis un député du Québec et je ne veux pas que le Québec en vienne à perdre de son influence politique à Ottawa au profit de l’Ontario », a résumé un député libéral, qui a requis l’anonymat pour s’exprimer plus candidement sur cette question qui pourrait devenir une pomme de discorde entre les deux capitales.

En 2011, l’ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper avait annoncé l’attribution de nouveaux sièges à l’Ontario, à l’Alberta et à la Colombie-Britannique afin de tenir compte de la forte croissance démographique dans ces trois provinces. La Chambre des communes est passée, aux élections de 2015, de 308 à 338 sièges. L’Ontario a obtenu 15 de ces 30 nouveaux sièges, tandis que l’Alberta et la Colombie-Britannique se sont vu donner six nouveaux sièges chacun. Le gouvernement du Québec et le Bloc québécois sont montés au créneau pour décrier la baisse du poids politique du Québec à la Chambre des communes. De proches collaborateurs québécois de Stephen Harper l’ont alors convaincu d’accorder trois nouveaux sièges au Québec, même si la croissance de sa population ne justifiait pas une telle mesure.

Le Québec détient aujourd’hui l’équivalent de 23 % des sièges à la Chambre des communes, soit une proportion plus élevée que son poids démographique (22,6 %).