La parité en emploi n’est pas encore acquise pour les immigrants

Good critique and discussion regarding Jean-François Lisée column arguing that parity has been achieved and Lisée’s response:

Dans sa chronique du 1er mai, M. Jean-François Lisée soutient qu’au Québec, les immigrants et personnes des minorités racisées ont atteint la parité avec les personnes nées au Canada concernant leur situation sur le marché du travail. En s’appuyant sur le dernier rapport sur l’état du marché du travail de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ 2021), il conclut que, bien que des progrès soient encore nécessaires, les immigrants et membres des minorités visibles sont des « Québécois à part entière » pour ce qui concerne leur intégration professionnelle.

Bien que nous souhaiterions qu’il en fût ainsi, des recherches sur le sujet et un examen des données contreviennent à de telles interprétations.

En premier lieu, relativement à la participation au marché du travail, M. Lisée soutient que la présence en emploi des personnes immigrantes dépasse celle des natifs. Qu’en est-il exactement ? Les économistes retiennent habituellement deux indicateurs pour mesurer la participation au marché du travail : le taux d’emploi (proportion de personnes en âge de travailler ayant un emploi) et le taux de chômage (proportion de personnes en âge de travailler à la recherche d’un emploi). Pour ce qui concerne le taux d’emploi, en 2020, bien qu’il soit effectivement supérieur pour les immigrants, il chute de façon très importante chez les immigrants ayant une période de résidence au pays de 5 à 10 ans en comparaison à celui des personnes nées au Canada (-5,8 % contre -3,7 %). Ces données illustrent un phénomène amplement démontré : en période de crise, les personnes immigrantes perdent davantage leur emploi que les personnes nées au Canada. Cela signifie que les gains en termes d’égalité mentionnés par M. Lisée restent fragiles lorsque le contexte économique change. Peut-on alors parler de réelle égalité sur le marché du travail ?

Concernant le taux de chômage, le portrait est plus nuancé encore : en 2020, si le taux de chômage de l’ensemble des immigrants est effectivement supérieur de 2,5 % à celui des natifs, il est en revanche supérieur de 8 % chez les immigrants très récents (16,6 % contre 8,3 %) et près d’une fois et demie supérieur chez les immigrants récents (11,5 % contre 8,3 %). Ces chiffres restent malheureusement conformes aux tendances déjà décrites il y a 30 ans par le sociologue Jean Renaud : à terme, les immigrants « sont d’ici » (pour reprendre le titre de son article paru dans les années 1990), mais cela leur prend 10 ans ! Peut-on, là encore, parler de pleine égalité sur le marché du travail ?

En second lieu, M. Lisée soutient que la discrimination salariale envers les immigrants a presque disparu. Or, les chiffres montrent là encore qu’il faut 10 ans aux personnes immigrantes pour rejoindre la rémunération horaire des personnes nées au Canada. Les immigrants arrivés depuis 5 ans ou moins gagnent 88 % du salaire horaire des personnes nées au Canada. Or, ce chiffre masque une réalité plus troublante encore : les personnes immigrantes admises au Québec sont nettement plus diplômées que les personnes nées au Canada et elles sont sélectionnées sur le critère de l’expérience professionnelle dans leur pays ! Cette rémunération plus faible signifie donc que leurs qualifications et expériences acquises à l’étranger ne sont pas reconnues. C’est la démonstration la plus évidente de l’existence d’une réelle discrimination envers les immigrants sur le marché du travail.

Enfin, M. Lisée examine la situation des personnes issues des minorités visibles et conclut, là encore, à l’égalité. Or, les données de l’ISQ révèlent que la participation des minorités visibles sur le marché du travail est beaucoup plus sensible à la conjoncture économique que celles des personnes qui n’appartiennent pas à ces groupes. Leur taux de chômage s’élève à 18 % en juillet 2020 (contre 7,5 % pour les personnes non autochtones ou pour les minorités visibles), c’est-à-dire au plus fort de la crise, et diminue à 10,5 % (contre 6,6 %) au moment de la reprise économique en mars 2021. Les personnes des minorités visibles ont donc (comme les immigrants) une situation économique bien plus dépendante de la conjoncture économique — et donc précaire — que les personnes qui n’appartiennent pas à une minorité racisée.

La pleine participation économique des immigrants et membres des minorités visibles n’est malheureusement, au Québec, ni réalisée ni acquise, loin de là. Une lecture attentive des données démontre que le marché du travail reste hautement discriminatoire envers ces personnes. Comme M. Lisée le souligne, « la lutte pour l’égalité entre tous les Québécois est un fait essentiel de notre vie contemporaine ». Reste qu’il est trop tôt pour célébrer la victoire : sur le marché du travail, le défi de l’égalité de tous et toutes est encore à relever.

***

Réponse du chroniqueur :

Merci pour cette contribution utile. Cependant, l’ensemble des débats publics récents sur l’immigration laissaient l’impression que les écarts entre les immigrés et les autres Québécois étaient scandaleux. Ce n’est plus le cas. Ma chronique a mis en lumière cette information généralement inconnue qu’en moyenne, pour la participation à l’emploi et pour la rémunération, l’égalité est enfin atteinte chez nous et que la situation est supérieure à ce qui prévaut en Ontario, et encore davantage pour les femmes immigrées.

Vous avez raison, lorsqu’on s’éloigne de la moyenne et que l’on procède à des découpes plus fines, on peut retrouver des écarts qui, lorsqu’ils seront comblés, donnent des raisons supplémentaires de réjouissance. Permettez-moi en retour de chipoter sur votre utilisation du taux de chômage pour 2000, puisque l’an dernier, la proportion d’immigrants de moins de 5 ans en emploi était supérieure (102 %) à la proportion de natifs. Le fait que davantage de ces immigrants soient, en plus, en recherche d’emploi signifie simplement qu’ils sont encore davantage intéressés par le travail que les autres Québécois. C’est tout à leur honneur, mais ce n’est pas une indication que les portes de l’emploi leur sont fermées.

Bien cordialement,

– Jean-François Lisée

Source: La parité en emploi n’est pas encore acquise pour les immigrants

Lisée – Et maintenant: l’endoctrinement [on federal antiracism training guide]

Jean-François Lisée picks up on Brian Lilley’s critique (LILLEY: Feds’ anti-racism training deals with political agendas, nothing else), albeit in a more sophisticated mannner:

Les fonctionnaires fédéraux ont-ils droit à la liberté de conscience ? Pour peu qu’ils soient respectueux des normes et des lois et de leurs collègues de travail, ont-ils droit à leurs propres opinions sur l’histoire de leur pays et sur l’état des relations raciales ? La réponse est désormais non. Il existe une doctrine d’État que les fonctionnaires doivent apprendre et internaliser, quelles que soient leurs expériences de vie ou leurs visions du monde. Un document fédéral officiel obtenu par le Toronto Sun grâce à la Loi sur l’accès à l’information est à la fois fascinant et scandaleux. Il s’agit du Parcours d’apprentissage dans le cadre de la lutte contre le racisme. La chose irait de soi si l’apprentissage en question portait sur les pratiques discriminatoires à éviter, les bienfaits des politiques d’accès à l’égalité, les normes, les recours et les sanctions. Mais le document s’attaque aux opinions qu’on peut avoir — et qu’on ne doit pas avoir — sur les causes, l’histoire et la définition du racisme. Les participants sont appelés à « apprendre, [à] désapprendre et [à] réapprendre ».

Par exemple, peut-être avez-vous la conviction que le Canada fut fondé sur une volonté de créer un pays distinct de l’expérience états-unienne, mettant en équilibre les intérêts de plusieurs anciennes colonies, dont le Québec francophone, et voulant maintenir un lien fort avec la couronne britannique ? Peut-être pensiez-vous que, parmi les graves imperfections du pays, il y eut la mauvaise part faite aux Autochtones et des pratiques répréhensibles envers des minorités de couleur ?

Si vous jugiez que, contrairement à l’impact structurel de l’esclavage dans l’histoire états-unienne, ces événements malheureux ne constituaient pas l’essence même de l’existence du Canada, l’État canadien vous rabroue officiellement. Vous êtes porteurs d’un « mythe » et de « déformation des faits historiques » qu’il faut désapprendre. La réalité, présentée comme un « fait » qui n’est pas ouvert au débat, est que le racisme est au cœur de l’expérience canadienne, un de ses fondements. L’existence même du Canada est une agression.

Trudeauiste bon teint, peut-être oserez-vous faire valoir que le multiculturalisme est une politique officielle depuis un demi-siècle et que le Canada est en passe de s’affranchir de son passé honteux ? Vous avez tort. Je cite : « Chaque institution était et est toujours utilisée pour prouver que la race existe et pour promouvoir l’idée que la race blanche est au sommet de la hiérarchie des races et que toutes les autres lui sont inférieures. » Chaque institution était et est toujours, en 2021, raciste. Et si vous tiquiez devant le concept de racisme systémique, cramponnez-vous, car la doctrine officielle a franchi un nouveau cap. Le document décrit ainsi la situation actuelle du racisme canadien : « Un groupe a le pouvoir de pratiquer une discrimination systématique au moyen des politiques et pratiques institutionnelles. » Oui, on est passés de systémique à systématique.

La doctrine vous rabroue doublement si vous osez procéder à des comparaisons avec les États-Unis sur le nombre des victimes ou sur l’intensité du dommage causé. Le document est explicite : « Le racisme est tout aussi grave au Canada. » Fin de la discussion. C’est un dogme.

Il y est aussi question d’esclavage, et le document prend bien soin d’indiquer que ce fléau fut répandu au Canada, y compris en Nouvelle-France, ce qui est vrai. Les fonctionnaires qui l’ignoraient peut-être sont aussi informés que les Autochtones furent victimes de l’esclavage. Mais le document omet de signaler que les nations autochtones pratiquaient l’esclavage entre elles avant l’arrivée des Européens, et après, et qu’elles ont participé à la traite des Noirs sur le continent. Je souhaite bonne chance au fonctionnaire qui oserait soulever ce fait historique lors d’une formation.

Puisque le racisme est défini étroitement, comme l’oppression d’une race par une autre, et jamais d’une ethnie par une autre, il n’est nulle part question du fait que les Britanniques, des Blancs, ont voulu déporter d’autres Blancs, des Acadiens, ou que les Canadiens français furent pendant deux siècles victimes de discrimination. Le colonialisme est un élément fondateur du pays (c’est incontestable), mais pas la Conquête (c’est loufoque). Notons que l’antisémitisme est aussi passé sous silence, un angle mort problématique dans la culture woke.

On y parle évidemment du privilège blanc, qui peut être personnel, institutionnel ou structurel, intentionnel ou non. Tous les fonctionnaires blancs doivent donc apprendre qu’ils sont, par défaut, coupables de racisme. C’est dans leur nature. Le caractère univoque et culpabilisateur de la formation est à couper le souffle.

Prenons un instant pour réfléchir à l’existence même de ce document officiel.

Nous avions entendu Justin Trudeau déclarer à plusieurs reprises qu’il avait, lui, la conviction que toutes les institutions canadiennes étaient coupables de racisme systémique. Il est rare que le premier ministre d’un pays accable ainsi la totalité des institutions qu’il a pour charge de diriger, de représenter et, au besoin, de réformer.

Mais bon, c’était son avis personnel. Que ces notions soient débattues dans les universités, dans les panels, à la radio ou dans les journaux est une chose. Mais il ne s’agit plus désormais d’opinions discutables parmi d’autres. Les fonctionnaires fédéraux sont désormais contraints de participer à des formations où on leur dit que cette vision du monde est la bonne, que c’est la ligne juste, et que s’ils pensent autrement, ils doivent désapprendre, pour mieux apprendre. Il s’agit ni plus ni moins que d’endoctrinement.

On voudrait savoir qui a décidé que la théorie critique de la race était devenue doctrine d’État ? À quel moment et dans quel forum ? Qui a acquiescé à cela ? Et surtout, comment infirmer cette décision absurde qui est une atteinte frontale à la liberté de conscience ?

Source: Et maintenant: l’endoctrinement

Lisée: Éloge de la pénurie de main-d’oeuvre

A contrarian view to what appears to be the general consensus in English Canada in favour of increased immigration:

On l’entend déjà, la musique de la pénurie de main-d’œuvre, avant même que la pandémie nous tourne le dos. On l’entend dans les questions posées par la cheffe libérale. Dans les déclarations patronales, chez quelques économistes et chroniqueurs. Il manque tellement de main-d’œuvre dans tellement de secteurs, va le refrain, qu’il faut de suite doubler, tripler, quadrupler l’immigration.

Si seulement on faisait venir 30 000 infirmières, on réglerait notre problème ! Mais 30 000, réparties sur le territoire, c’est l’équivalent de la population de Chambly. Les enfants de ces infirmières vont exacerber la pénurie d’enseignants, non ? Qu’à cela ne tienne. Faisons venir 30 000 enseignants. Mais ne devra-t-on pas bâtir des maisons pour loger ces 60 000 nouveaux Québécois ? Ce qui va accroître la pénurie dans la construction. D’accord pour ajouter 30 000 ouvriers (ne pas oublier les soudeurs). Mais on a maintenant dépassé la population totale de Repentigny. On vient d’aggraver la pénurie dans le secteur manufacturier, dans les technologies de l’information, dans les transports. Bon, je pense que vous saisissez. Une méta-étude (Longhi et coll.) montre qu’il faut 49 salariés pour répondre aux besoins générés par 50 nouveaux citoyens. Il en reste un, un seul, pour pourvoir un emploi jusque-là vacant. Ma calculatrice est formelle : en suivant cette équation, pour pourvoir par l’immigration les 150 000 postes vacants au Québec, il faudrait 7,5 millions d’immigrants.

Qu’on me permette de citer un de nos plus brillants économistes, Carlos Leitão : « Pour la pénurie de main-d’œuvre, la solution numéro un reste la formation de la main-d’œuvre. On peut toujours aller chercher des immigrants dans des domaines spécialisés, mais l’immigration ne réglera pas la pénurie de main-d’œuvre de façon générale. » Je note qu’il n’a pas répété cette vérité scientifique depuis qu’il a rejoint le Parti libéral du Québec.

L’immigration est un excellent moyen pour faire grossir l’économie en soi (mais pas pour enrichir les citoyens en moyenne), pour tirer légèrement les salaires vers le bas (un grand objectif patronal), pour montrer de la solidarité internationale. Dans une société dont la langue est en déclin rapide, une immigration de langue étrangère est un accélérateur, plutôt qu’un frein, de la chute.

Ce dont on parle trop peu, par contre, ce sont les avantages de la pénurie de main-d’œuvre.

Les salaires montent. Lorsque le chômage était à 8 %, en 2010, l’augmentation réelle des salaires ne fut que d’un demi pour cent. Dix ans plus tard, avec un chômage à 5 %, les salaires réels ont crû de 5 %, un record. La pénurie de main-d’œuvre renverse le rapport de force patrons-salariés en faveur des salariés. Une bonne chose.

N’avez-vous pas été frappés par le fait que plus de 10 000 Québécois ont répondu présents à une offre d’aller changer des couches d’aînés lorsqu’on leur a promis 26 $ l’heure ?

La pauvreté recule. En 2010 il y avait 365 000 adultes prestataires de l’aide sociale. Dix ans plus tard, ils ne sont plus que 130 000, une réduction sensationnelle des deux tiers, et dont seulement 83 000 ne présentant aucune contrainte à l’emploi. Du jamais vu. Et une preuve que lorsque les emplois sont disponibles et que les salaires montent, les assistés sociaux ne demandent pas mieux que d’aller au boulot. Cela a des conséquences sur la sortie de la pauvreté. Le nombre de Québécois à faible revenu (mesure du panier de consommation) est passé de 975 000 en 2006 à 705 000 en 2016, une réduction de près de 30 %.

La pénurie contribue à un cercle vertueux : moins de pauvreté signifie moins de problèmes de santé générés par cette pauvreté, moins de coûts sociaux, plus d’activité économique, plus de rentrées fiscales pour l’État, donc pour les dépenses publiques.

La discrimination à l’embauche recule. Il y a une décennie, le taux de chômage des immigrants arrivés chez nous depuis 5 à 10 ans était près du double (15 %) de celui des natifs québécois (8 %). Désormais à 6,1 %, ce taux s’approche de celui des natifs, à 4,5 %. C’est facile à comprendre : lorsqu’il y a des Mohammed et des Jean-Jacques dans les CV examinés, c’est Jean-Jacques qui gagne. Mais s’il n’y a plus que des Mohammed, le plus obtus des employeurs devra finir par l’appeler. Merci qui ? Merci la pénurie !

Elle fait aussi en sorte que les employeurs se tournent plus volontiers vers des salariés en situation de handicap, vers les programmes d’insertion de décrocheurs. Aucune politique d’insertion sociale n’est plus efficace que la pénurie. Aucune.

La productivité augmente. La clé de notre richesse collective repose sur notre capacité à augmenter la productivité par heure travaillée. Depuis des décennies, Québec cherche avec un succès mitigé à pousser nos PME à innover, à améliorer l’outil de travail, à hausser le niveau de formation des salariés. Longtemps, l’existence d’une main-d’œuvre abondante et à bon marché a nourri chez ces employeurs une désolante paresse. Mais s’il manque désormais d’employés pour répondre aux commandes, que font-ils ? Ils doivent se résoudre à automatiser, à robotiser, à former les salariés pour opérer ces technologies. Et puisque ces nouveaux procédés sont plus verts, ils contribuent à notre combat contre le réchauffement climatique. Aucune politique publique d’innovation n’est aussi efficace que la pénurie de main-d’œuvre.

On rattrape l’Ontario. C’est l’obsession de François Legault. Faire en sorte que le salaire moyen québécois brut rejoigne l’ontarien. (Je dis « brut », car, ajusté au coût de la vie, notre salaire moyen net a rattrapé l’ontarien depuis un bon bout de temps.) Ses amis patrons l’implorent d’ouvrir les vannes de l’immigration. car il leur manque un ingénieur ici, un soudeur là, des informaticiens un peu partout. Il doit leur résister. C’est la pénurie qui pousse tous les salaires vers le haut. On ne s’attend pas à ce que le premier ministre l’admette. Seulement à ce qu’il le sache et qu’il agisse en conséquence. Pour l’enrichissement, contre la pauvreté et la discrimination, la pénurie est son meilleur allié.

Source: Éloge de la pénurie de main-d’oeuvre

Yakabuski: Four years after the Quebec mosque tragedy, the Bloc Québécois Leader has learned nothing

Indeed:

Four years ago this week, a disturbed young man walked into a Quebec City mosque and opened fire, killing six people, wounding another eight and forever shattering the blissful innocence of an otherwise peaceful and tolerant community, province and country.

In the immediate aftermath of the slaughter at the Centre Culturel Islamique de Québec, then-premier Philippe Couillard called on the political class to proceed cautiously in the debate over secularism that many felt had unfairly targeted Quebec’s growing Muslim community.

“Words spoken, words written as well, are not trivial,” Mr. Couillard said. “It is up to us to choose them.”

After all, there is a fine line between defending the secularism of the state – the purported objective of the previous Parti Québécois government’s ill-fated Charter of Quebec Values – and stigmatizing members of a religious minority to win the votes of a nationalist Québécois for whom the protection of their province’s cultural distinctness has been a lifelong preoccupation.

No matter how legitimate the desire of some Quebec politicians to keep religion out of the public sphere – a desire informed by the province’s long struggle to break the stranglehold of the Catholic Church on state institutions – too many of them had succumbed to the temptation of raising the bogeyman of Islamization to win votes among pure laine Quebeckers.

In his infinite smugness, Bloc Québécois Leader Yves-François Blanchet continues to demonstrate that he has learned nothing about the dangers of resorting to the kind of demagoguery that Mr. Couillard warned against in the wake of 2017′s fatal events. His refusal this week, of all weeks, to apologize for his smearing of Liberal Transport Minister Omar Alghabra is too serious an infringement of the basic rules of Canadian and Quebec politics to ignore.

Mr. Blanchet embarked on this slippery slope two weeks ago by dredging up old innuendo about Mr. Alghabra’s “proximity” to Islamic extremists in a press release following the Mississauga-Centre MP’s appointment to the federal cabinet. Saying he refused “to accuse anyone,” Mr. Blanchet nevertheless went on to point to “questions” about Mr. Alghabra’s association with “the Islamic political movement, of which he was a leader for several years.”

If there were any doubts about Mr. Alghabra’s alleged coddling of extremists, they were dispelled years ago. Before going into politics, he briefly led a mainstream organization, the Canadian Arab Federation, that, under a subsequent president, veered in a radical direction. Any attempt by Mr. Blanchet to associate Mr. Alghabra with positions taken by the CAF after his stint as president amounts to engaging in guilt by association and, frankly, sleazy politics.

Former PQ leader Jean-François Lisée nevertheless leapt to Mr. Blanchet’s defence, arguing, in a column in Le Devoir, that Mr. Alghabra had demonstrated a “leniency toward [Hamas] that warrants clarification.” Mr. Lisée provided no evidence of said leniency. But then again, what do you expect from a former politician who, in 2016, argued for a ban on burkas in public because terrorists in Africa had “been proven” to hide AK-47s under such clothing.

Mr. Blanchet was given an opportunity this week to withdraw his previous comments and apologize to Mr. Alghabra. He chose to dig himself into an even deeper hole. “The question I raised in an absolutely polite and courteous manner was based on articles in Le Journal de Montréal, Le Journal de Québec and the very torontois and not very indépendantiste Globe and Mail,” he told reporters. “Quebeckers have concerns on questions of secularism and security.”

The newspaper columns and article Mr. Blanchet referenced only served to prove the baselessness of the “questions” about Mr. Alghabra he sought to raise. Unfortunately, besides a few curious journalists, he knows most people will not bother to check. And in the online echo chamber, where baseless innuendo is the bitcoin of political debate, Mr. Blanchet’s “questions” about an upstanding MP and Liberal cabinet minister take on a life of their own.

It is no mystery why the Bloc Leader resorted to smearing Mr. Alghabra as his party prepares to defend a slew of narrowly-won ridings in a federal election expected later this year. The Bloc, which remains nominally supportive of Quebec independence, portrays Prime Minister Justin Trudeau’s Liberals and their devotion to multiculturalism as a threat to Quebec’s cultural survival. Raising doubts about Mr. Alghabra’s political views serves to plant the seeds of fear and intolerance among a subset of Quebec voters for whom the details do not matter much.

While it is quite legitimate to bemoan the excesses of Liberal multiculturalism – epitomized by Mr. Trudeau’s 2015 inanity about Canada having no core identity – it is quite another to seek to scapegoat religious minorities for political purposes. Mr. Blanchet crossed the line. That he did so on the eve of such a painful anniversary for Quebec’s Muslims says quite a lot about him.

Source: https://www.theglobeandmail.com/opinion/article-four-years-after-the-quebec-mosque-tragedy-the-bloc-quebecois-leader/

Jean-François Lisée: The inconvenient truth about Quebec’s secularism law Trudeau doesn’t want to face: it’s popular

Two main points regarding other inconvenient truths:

  • Popular opinion was against the death penalty, LGBTQ rights, same sex marriage and earlier on, gender equality. So would Lisée support rolling back some of these changes on the basis of “popularity?”
  • Europe as a model? Europe has one of the weakest record on integration of its immigrants compared to Canada, Australia, New Zealand and even the USA as the OECD reports on integration with their extensive analysis of economic and social outcomes.
  • Substantively, there is little difference between multiculturalism and interculturalism as both are policies that aim at civic integration. The major difference is that interculturalism makes a reference to Quebec francophone society versus multiculturalism speaks of integration in terms on linguistic integration into English or French.

It is valid to ask all federal leaders their plans re Bill 21 but none of them is likely to state their plans during an election campaign.

“Unthinkable.” That’s how Prime Minister Justin Trudeau reacted when Quebec tabled a law that would ban religious symbols and clothing for its teachers, judges, police officers and other public sector workers.

He pledged to “defend the rights of Canadians” against the proposed ban. His minister of justice repeatedly called the bill “unacceptable” and alluded to “next steps” once it became law.

One should not doubt Trudeau’s inherent repulsion for the Quebec law and everything it embodies. This is the man who heralded a woman’s right to wear a niqab — the starkest symbol of oppression of women — to a citizenship ceremony at which she would pledge to adhere to a Constitution that specifically defends gender equality.

Trudeau the father only paid lip service to multiculturalism and the veneration of differences. Trudeau the son embodies it in his bones. It is certain that, if re-elected, he will act. How? More on this later.

But the bill became law in late June, and no action has been taken since. On the contrary, the Liberal government has evaded and procrastinated on the issue. Why?

There is an inconvenient bump on the road to squashing the Quebec law: public opinion. Quebec public opinion, certainly, but Canadian public opinion also. It can — and will — no doubt be disregarded the morning after the election, but not the mornings before.

Ban has support outside Quebec

In April, Léger Marketing carried out a country-wide online poll asking if voters would support the ban of religious symbols for teachers, police officers and judges in their province. The poll also asked respondents who they would vote for in the federal election.

Outside Quebec, fully 40 per cent of Canadians approved of such a ban in their own province. Except in Alberta, 50 per cent or more of Conservative voters were in favour.

Case closed.

Problem is, a sizable chunk of Liberal voters also embraced the ban. Here are the numbers: Atlantic Canada, 28 per cent; Alberta, 31 per cent; Ontario, 32 per cent; B.C., 34 per cent; Prairies (Manitoba and Saskatchewan), 62 per cent. (Would you believe that the numbers are even higher for NDP voters!)

Liberal pollsters have seen these or similar numbers. And they know that 50 per cent of their Quebec voters support the ban, according to the Léger poll. Were they to make this one of the pivotal issues of the campaign, they would have to turn their backs on a third of their base — and give up any chance of forming a majority.

Tough luck.

An election is precisely the moment when truths must be told.

If Trudeau really thinks the ban is “unthinkable,” and I’m sure he does, he must tell voters exactly what he plans to do about it if re-elected.

Trudeau should reveal what he plans to do about the ban

Three options are available to him. The most extreme, let’s call it the nuclear option, is to use the old disallowance clause of the Constitution to simply squash the legislation. This option, promoted by pundits such as columnist Andrew Coyne, was last used in 1943 against an Alberta law that restricted the property rights of Hutterite colonies.

There is a deadline on that option: it can only be used within 12 months of the law being sanctioned by the governor general, thus, no later than late June 2020.

The mid-range option is to refer the question of whether or not the law is constitutional directly to the Supreme Court. Constitutional scholars meeting in Toronto last April concluded that recent jurisprudence would lead the court to declare the law invalid — on its merits and despite the use of the notwithstanding clause. They said the court could also severely curtail the use of the notwithstanding clause itself and declare that Quebec really had no right to use it pre-emptively.

The milder option would be for Ottawa to join the ongoing legal challenge of the ban by the Canadian Civil Liberties Association and National Council of Canadian Muslims and help bring it before the Supreme Court.

Are any of these options off the table for Trudeau? The election campaign should not end without a clear answer to that question.

Look to Europe, not Ottawa

Those who think Canadian multiculturalism is the only possible answer to the challenges of diverse societies will keep pushing hard against the ban. As did CBC’s Robyn Urback, who wrote recently that the Quebec law was a “national disgrace,” nothing short of “state-sponsored, systemic oppression” and called on Trudeau to denounce it as he had other “policy wrongs of the past,” such as the hanging of First Nations chiefs in the 19th century.

Proponents of this point of view are also present in the NDP — and to a lesser extent in the Conservative Party — and will want to know why their leaders seem indifferent in the face of Quebec’s perceived assault on equality rights.

Quebecers, on the other hand, know that the cradle of rights and freedoms is not in Ottawa but Europe. And that European courts have ruled that states have legitimate grounds to demand a clear separation of Church and state — including when it comes to the attire of civil servants — and to promote the rights of women by prohibiting misogynist religious garb.

So the question is, really, about tolerance. Will the Liberals and other federal parties tolerate the existence within Canada of a nation that disagrees with their brand of multiculturalism?

Trudeau claims he accepts the existence of Quebec as a nation within Canada. Will he say that doesn’t mean a thing when that nation veers from the Canadian norm?

He knows that no Quebec government to date has signed the current Constitution, and each one has rejected multiculturalism as a policy. Will he nonetheless use this unsigned Constitution as a hammer against a very popular Quebec law?

The Quebec government of François Legault played by the rules when it passed the law in June by invoking the notwithstanding clause to forestall any potential charter challenge. Will Ottawa now ask the Supreme Court to change the rules once the game is already underway?

Quebecers want to know; Canadians, too.

Source: The inconvenient truth about Quebec’s secularism law Trudeau doesn’t want to face: it’s popular

Laïcité: Lisée en «désaccord total» avec Coderre

More on Quebec Bill 62 debates:

Le maire de Montréal, Denis Coderre, tente «d’utiliser le statut de la métropole pour (se) soustraire aux lois de l’Assemblée nationale», ce qui fait craindre une «dérive malsaine», accuse le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

Dans une lettre ouverte publiée sur Facebook jeudi et intitulée «Montréal fait partie du Québec», le leader péquiste reproche à M. Coderre sa sortie au sujet du projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État, mercredi.

Le maire s’oppose à ce que législation s’applique à Montréal, plaidant que la métropole «est autonome et a sa gouvernance». Il rappelle que le gouvernement Couillard a promis d’accorder plus d’autonomie à la Ville – un projet de loi en ce sens a déjà été déposé – et de la consulter avant l’adoption de toute loi. Le projet de loi 62 risque de forcer la métropole à refuser des services aux citoyens, selon lui. Il fait allusion à la disposition visant à faire en sorte que les services publics soient donnés et reçus «à visage découvert».

Jean-François Lisée se dit «partisan d’une réelle décentralisation des pouvoirs et d’un statut pour la métropole», mais il croit que le maire va trop loin. «Je dois (…) exprimer mon désaccord total avec votre tentative d’utiliser le statut de la métropole pour vous soustraire aux lois de l’Assemblée nationale portant sur la laïcité et le vivre-ensemble. Monsieur le maire, Montréal fait partie du Québec. Les Montréalais sont membres de la nation québécoise», écrit M. Lisée, dont le parti est par ailleurs insatisfait du projet de loi 62 du gouvernement Couillard.

«Vos déclarations de cette semaine font craindre une dérive malsaine, ajoute-t-il. Souhaiterez-vous demain soustraire Montréal de certaines dispositions actuelles ou futures de la loi 101? Du Code du travail? Du Code criminel?»

Les arguments du maire sur «l’inapplicabilité» de certaines dispositions du projet de loi sont «valides», et seront soulevés par l’opposition au parlement. «Mais les décisions concernant l’avenir de la nation sont prises à l’Assemblée nationale. Montréal a droit au respect. L’Assemblée nationale aussi», soutient-il.

Le maire Coderre avait également critiqué le projet de charte des valeurs du gouvernement Marois.

Source: Laïcité: Lisée en «désaccord total» avec Coderre | Tommy Chouinard | Politique québécoise

Lisée reproche à Couillard de faire le procès des Québécois

Denial or identity politics?

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a livré une charge à fond de train, lundi, contre le gouvernement de Philippe Couillard, lui reprochant de mettre les Québécois au banc des accusés dans un procès sur le racisme.

M. Lisée réagissait à l’annonce, la semaine dernière, de la nomination d’un comité-conseil devant jeter les bases d’une consultation sur le racisme systémique.

M. Lisée a qualifié l’exercice de «procès en racisme qui va être organisé par l’État québécois contre les Québécois».

Selon le chef péquiste, le gouvernement libéral met en place tous les ingrédients pour faire ce qu’il appelle «une recette pour augmenter le racisme» en voulant se pencher uniquement sur le racisme et la discrimination, tout en refusant de mettre des balises sur les accommodements religieux et les signes religieux.

Le chef péquiste soutient qu’on ne peut «faire reculer le racisme au Québec» sans agir sur ces deux axes en parallèle.

Jean-François Lisée se dit convaincu qu’une consultation sur le racisme systémique ne pourra qu’«attiser le ressentiment de la majorité et soulever la colère de la minorité, parce qu’il y en a du racisme au Québec».

«Que ce soit M. [Justin] Trudeau avec son islamophobie, M. Couillard avec ses déclarations que tous ceux qui sont en désaccord avec lui alimentent la xénophobie, (…) cela fait partie d’un contexte qu’on essaie d’imposer aux Québécois pour les culpabiliser, les stigmatiser», a-t-il dit.

Immigration et religion: Lisée blâme l’inaction de Couillard

Lisée is like a gnat, buzzing around these issues and changing his positions regularly.

A bit rich to blame all Quebec’s integration challenges and issues on Liberal governments, given the role of the PQ in recent years of playing identity politics, one that Lisée has also participated in:

Le gouvernement Couillard est responsable de l’insatisfaction exprimée par plusieurs citoyens quant à l’intégration des immigrants et au port de signes religieux, estime le chef péquiste Jean-François Lisée.

Le chef du Parti québécois a été invité, lundi à Montréal, à commenter les résultats d’un sondage Crop réalisé pour le compte de Radio-Canada.

Ce sondage indique notamment qu’une majorité de gens pensent que le port de vêtements religieux devrait être interdit pour les éducateurs (66%), les personnes en autorité (76%) et les autres employés des services publics (67%).

De même, 57% des Québécois qui ont répondu au sondage jugent que les musulmans sont mal intégrés, soit 38% «plutôt mal» et 19% «très mal». Ils sont 7% à estimer qu’ils sont très bien intégrés et 35%, plutôt bien intégrés.

Interrogé à ce sujet lors d’une conférence de presse à Montréal, après son retour d’un voyage à saveur économique en Europe, M. Lisée a blâmé le gouvernement Couillard et les gouvernements libéraux précédents pour leur inaction en la matière depuis des années.

«Les Québécois sont impatients face à l’incapacité du gouvernement Couillard d’agir sur les signes religieux, sur les accommodements religieux», a conclu M. Lisée.

Il s’est par ailleurs dit heureux de constater que pour bien des questions du sondage, les Québécois ont offert des réponses similaires aux autres Canadiens.

Source: Immigration et religion: Lisée blâme l’inaction de Couillard | Lia Lévesque | Politique québécoise

Lisée veut «aller plus loin» pour séduire les communautés culturelles

Given that Lisée has been all over the map on identity issues and ethnic groups, hard to see this ‘seduction’ succeeding:

Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, souhaite «aller plus loin qu’avant» pour séduire les communautés culturelles et il croit que sa proposition de ne pas faire de référendum dans un premier mandat risque de l’avantager en ce sens.

Le fait qu’on n’ait pas décidé de tenir de référendum dans le premier mandat est une façon de détendre l’atmosphère», a expliqué M. Lisée, en point de presse, dimanche après-midi, à Montréal.

Le chef du PQ a rencontré les médias pour discuter de son plan d’action qui vise à attirer dans le giron péquiste les Québécois issus de l’immigration, un électorat qui a tendance à voter davantage pour le Parti libéral du Québec (PLQ).

Pour ce faire, il a confié le mandat à sa conseillère spéciale en matière de diversité, Évelyne Abitbol, de tenter de tisser des liens avec ces électeurs. Carole Poirier, la whip en chef du PQ et porte-parole sur l’immigration et les communautés culturelles, s’occupera pour sa part à mobiliser les membres et ses collègues députés sur cette question.

«Pendant la campagne au leadership, Jean-François a réuni une vaste coalition de la diversité. Cette vaste coalition, il faut maintenir ces liens et la rendre active», a soutenu Mme Poirier.

Selon le chef du Parti québécois, le fait de mettre le référendum de côté pendant quatre ans permettra au parti d’accueillir plus de communautés culturelles, qui seront plus réceptives à ses messages.

«Il y a des gens qui sont d’accord avec nous, mais qui ne nous connaissent pas assez (…) Nous, on a décidé de ne pas en tenir (de référendum), alors est-ce qu’on peut ouvrir les portes, les oreilles, les conversations? On pense qu’il va y avoir plus de fluidité», a-t-il expliqué.

M. Lisée estime que certains de ces électeurs ne connaissent pas assez bien de son parti parce qu’ils se font toujours dire par le PLQ qu’un vote pour le PQ équivaut à un vote contre le Canada.

Le chef du PQ ne s’est pas avancé sur ce qui a pu nuire à son parti par le passé auprès des communautés culturelles, mais il dit vouloir profiter du vent de changement amené par la récente course à la direction.

«Cette curiosité et cette présence de beaucoup de membres de la diversité dans ma campagne, dans celle d’Alexandre (Cloutier), de Martine (Ouellet) et de Véronique (Hivon), pour moi, c’est un fait nouveau intéressant. Il faut miser là-dessus», a-t-il souligné.

Interrogé sur la possibilité que le PQ ravive la Charte des valeurs de l’ancien gouvernement Marois sur laquelle il avait été très critiqué, M. Lisée a fait valoir que ses propositions sur laïcité étaient beaucoup plus «pragmatiques» et «ouvertes» que l’ancienne politique prônée par son parti.

«C’est clair que notre message est plus attrayant pour les membres de la diversité qui ont une vision plus laïque sur l’avenir du Québec et ils sont très nombreux», a-t-il soutenu en anglais.

Le Parti québécois affirme qu’il mettra en place une «série d’actions» dans les prochaines semaines, ce qui inclut la création d’un comité pour la diversité dans les instances du parti.

Lisée fait un pas de plus [expanding Bouchard Taylor approach to reasonable accommodation

Identify politics continues – Bouchard-Taylor plus education sector:

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a annoncé, jeudi, un virage identitaire qui va plus loin que ce qu’il proposait comme candidat à la chefferie en matière d’interdiction des signes religieux.

Au cours d’une conférence de presse, le chef péquiste a présenté le « consensus »auquel est parvenue son aile parlementaire au terme d’un débat de quelques heures mercredi, « une approche résolue, équilibrée et responsable », selon le document qui la décrit. En matière de port de signes religieux, la position reprend la recommandation de la commission Bouchard-Taylor, comme le prônait le candidat Lisée, c’est-à-dire une interdiction faite aux agents de l’État qui ont un pouvoir de contrainte — juges, policiers, gardiens de prison. Mais s’ajoutent à cette liste les enseignants du primaire et du secondaire, ainsi que les éducatrices dans les centres de la petite enfance et les garderies subventionnées. Comme candidat, Jean-François Lisée ne proposait qu’une « discussion » à ce sujet.

Cette interdiction ne concernerait que les nouveaux employés ; Jean-François Lisée défend depuis longtemps leurs droits acquis. En outre, la proposition reprend le minimum du projet de loi 62 du gouvernement Couillard — les services de l’État donnés et reçus à visage découvert — et préconise l’interdiction du port du tchador pour tous les employés de l’État, ce qui fait partie des amendements qu’a réclamés le PQ au projet de loi.

La position consensuelle reprend des propositions qui avaient suscité la réprobation du candidat Alexandre Cloutier et de ses partisans Agnès Maltais et Maka Kotto. Ces derniers étaient au côté du chef, Agnès Maltais à titre de porte-parole en matière de laïcité et Maka Kotto comme président du caucus. La porte-parole pour l’immigration, Carole Poirier, complétait le tableau. « La course, déjà, est loin derrière nous », a dit Maka Kotto, qui avait accusé le candidat Lisée de chatouiller « la part sombre de nos âmes ».

Ainsi, un gouvernement du PQ fera la promotion d’un devoir de réserve pour les employés de l’État, « affirmant sa nette préférence pour la plus grande réserve dans l’affichage des convictions politiques, sociales, religieuses ou autres ». La position recycle aussi l’idée d’examiner l’opportunité d’interdire la burqa et le niqab dans l’espace public. Un comité formé de parlementaires et d’experts se pencherait sur les expériences étrangères à cet égard pour ensuite faire des recommandations au gouvernement. Le chef péquiste ne parle plus des mitraillettes qu’on peut cacher sous une burqa. Ce n’est pas sa meilleure citation, a-t-il reconnu.

À plusieurs reprises, Jean-François Lisée a laissé entendre qu’il se rapprocherait de la position défendue par Alexandre Cloutier, qui croit que la charte des valeurs péquiste a considérablement nui au PQ et qu’il fallait s’en tenir à Bouchard-Taylor. « Il y a une différence entre être candidat et être chef. Il va falloir trouver un point d’équilibre », avait dit le nouveau chef dans un point de presse le soir de sa victoire. « Je n’ai pas la réponse, mais probablement qu’Alexandre et moi, on va la trouver. »

Source: Lisée fait un pas de plus | Le Devoir