Leduc and Turp: Quel conflit entre la laïcité et le patrimoine religieux ?

Somewhat ironic to argue that laïcité allows for financial support to religious heritage but not to the rights of those with religious symbols. That being said, understand the rationale for financial support or tax breaks for heritage properties, religious or not:

Dans un article publié le 6 juillet 2022 sous le titre « Le congé de taxes des lieux de culte remis en question », Le Devoir nous apprenait que la Commission des finances de la Ville de Montréal suggère « que, dans le contexte de la laïcité de l’État, la Ville demande au gouvernement du Québec une compensation pour les taxes qu’elle ne peut percevoir des communautés religieuses », notamment pour les lieux de culte. Elle a tort. Les problèmes de fiscalité municipale ne peuvent se régler aux dépens de la préservation du patrimoine religieux et de ce qu’il représente pour la société.

Ce faisant, la Commission souscrit aux arguments de ceux qui croient que l’État devrait s’abstenir de financer la sauvegarde du patrimoine religieux ou de lui accorder quelque traitement fiscal favorable, et ce, en vertu du principe de la séparation de l’État et des religions.

Certains se demandent en effet, puisque la plupart des organismes de bienfaisance enregistrés à caractère religieux consacreraient, dit-on, toutes leurs ressources ou presque à des activités liées à la foi et au culte, où se trouve le « bénéfice public tangible ». Un éditorial paru dans ce journal le 8 juin 2019, intitulé « Fiscalité et religion : la neutralité s’impose » posait d’ailleurs la question.

Sans ces avantages fiscaux, il faut savoir que les autorités religieuses ne pourraient tout simplement plus subvenir à l’entretien du patrimoine religieux dont elles ont toujours la charge, ce qui devrait suffire à constater un premier « bénéfice public tangible ».

De plus, il est tout de même ironique de constater que de telles objections sont soulevées à ce moment-ci, lorsque l’on sait que les organismes de défense du patrimoine proposent d’étendre de tels avantages fiscaux aux propriétaires laïques de biens patrimoniaux, qui constituent toujours une charge particulière à ceux qui doivent en assurer la préservation.

Enfin, non seulement ces objecteurs de conscience font preuve d’insensibilité au fait religieux et aux besoins spirituels de plusieurs de leurs concitoyens, mais ils ne font pas de cas de la nécessité de préserver cet héritage pour la société dans son ensemble, sachant que le meilleur moyen d’y parvenir est d’assurer la vocation religieuse et cultuelle de ce patrimoine, dont les retombées dépassent largement le seul cercle des fidèles.

Une question de cohérence

Au-delà de tous ces arguments, cependant, l’on oublie que la laïcité repose aussi sur le principe de la liberté de conscience et de religion, que l’État doit favoriser, non seulement en vertu de la Loi sur la laïcité de l’État et de la Charte des droits et libertés de la personne, mais aussi de la Loi sur la liberté des cultes, et de l’obligation du Québec de se conformer au Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Il faut aussi ajouter qu’aux termes de la Convention européenne des droits de l’homme, la Cour européenne a consacré la liberté des États de contribuer au financement des cultes, autorisant une différence de traitement des cultes pour des motifs objectifs, historiques et raisonnables dans une société donnée, permettant l’attribution d’un impôt ecclésial résultant d’un concordat entre l’État et une confession religieuse, reconnaissant le principe de l’autonomie ecclésiale, affirmant que le financement du culte est par ailleurs le gage de l’exercice collectif de la liberté de religion, le droit européen se montrant flexible en appliquant un principe de subsidiarité, ce qui donne lieu à des solutions diverses en la matière d’un État à l’autre.

Tout cela devrait relancer la question de la nationalisation du patrimoine religieux du Québec. Si notre Loi sur la laïcité de l’État s’inspire du modèle français, il nous faudrait être cohérent, car ce modèle, depuis la Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État, a confié la responsabilité des cathédrales à l’État et celle des églises paroissiales aux communes, conférant ainsi aux autorités civiles la responsabilité du patrimoine religieux français, la France nous devançant en effet tant en ce qui a trait à la gestion de son patrimoine religieux qu’en matière de laïcité, ayant démontré que ces deux notions n’étaient pas incompatibles.

Ce n’est donc pas vers moins de responsabilité à l’égard du patrimoine religieux que devraient tendre les municipalités, mais plutôt à en faire davantage, comme la Loi sur le patrimoine culturel les y invite depuis les dernières modifications à cette loi entrées en vigueur en 2021.

Au demeurant, la Loi sur la laïcité de l’État ne contient aucune interdiction au financement des cultes ni d’exception en ce qui a trait au financement et au traitement fiscal du patrimoine religieux.

La proposition de la Commission des finances de la Ville de Montréal, si elle était adoptée par la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec, constituerait une violation flagrante des droits fondamentaux entourant l’exercice collectif de la liberté de religion et de leurs propres obligations à cet égard. Elle est irrecevable. En cela, nous saluons la dissidence à cette proposition d’Alan De Sousa et de Laurent Desbois, respectivement maires des arrondissements de Saint-Laurent et d’Outremont. Ainsi que l’écrivait l’honorable Clément Gascon dans l’arrêt Mouvement laïque québécois c. Saguenay (Ville) de la Cour suprême du Canada, « […] le devoir de neutralité de l’État ne l’oblige pas à s’interdire de célébrer et de préserver son patrimoine religieux ».

Source: Quel conflit entre la laïcité et le patrimoine religieux ?

QS permettrait les signes religieux « pour tout le monde »

Welcome position:

« On va permettre le port de signes religieux pour que tout le monde puisse travailler au Québec, peu importe ses croyances. On va ajouter des dispositions à la loi pour que la laïcité au Québec soit rassembleuse et cohérente », affirme le chef parlementaire de QS en entrevue avec La Presse.

À l’heure actuelle, la Loi sur la laïcité de l’État (« loi 21 »), que le gouvernement Legault a fait adopter sous bâillon en juin 2019, prévoit que les enseignants, les directeurs des écoles primaires et secondaires publiques, les agents de la paix, les procureurs de la Couronne, les juges de nomination québécoise ainsi que le président et les vice-présidents de l’Assemblée nationale ne peuvent porter de signes religieux dans l’exercice de leurs fonctions. Le Parti québécois (PQ) a appuyé la loi, mais le Parti libéral du Québec (PLQ) et QS ont voté contre.

« Un signe religieux est tout objet, notamment un vêtement, un symbole, un bijou, une parure, un accessoire ou un couvre-chef, qui est soit porté en lien avec une conviction ou une croyance religieuse ou qui est raisonnablement considéré comme référant à une appartenance religieuse », selon la définition du gouvernement du Québec.

De nouvelles balises

M. Nadeau-Dubois propose de modifier la loi pour y ajouter des balises « simples, claires et faciles à interpréter » afin d’encadrer le port de signes religieux, en conformité avec les dispositions prévues par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Sous un gouvernement solidaire, il serait uniquement permis d’interdire le port d’un signe religieux à un employé de l’État pour des raisons de sécurité, promet-il, ou s’il l’empêche de bien faire son travail.

« Pour prendre un exemple très simple, une personne qui souhaite enseigner au Québec ne peut pas le faire pleinement et ne peut pas le faire convenablement si elle a un signe religieux qui couvre son visage. C’est un élément élémentaire et important. Même chose pour un policier qui interpelle quelqu’un dans la rue. Les citoyens s’attendent à pouvoir identifier l’agent qui les interpelle », explique le chef parlementaire de QS.

Ainsi, Québec solidaire appuie les parties du texte législatif en vigueur qui disent que « tout membre du personnel d’un organisme [public] doit exercer ses fonctions à visage découvert » lorsqu’il rend un service.

« Il faut en avoir le cœur net »

Gabriel Nadeau-Dubois propose également de demander à la Cour d’appel du Québec — le plus haut tribunal de la province – d’indiquer si les dispositions actuellement prévues par la Loi sur la laïcité de l’État respectent la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Cette charte a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale en 1975 et ne relève pas du gouvernement fédéral.

« Il faut tourner la page sur ce débat-là. Il faut en avoir le cœur net. Il faut, une bonne fois pour toutes, savoir si interdire à une jeune femme d’enseigner parce qu’elle porte un foulard [comme l’a fait la Coalition avenir Québec (CAQ)] respecte notre Charte québécoise des droits et libertés de la personne », estime M. Nadeau-Dubois.

« Il y a en ce moment une contestation judiciaire et François Legault vient de recruter le rédacteur de la charte des valeurs pour faire partie de sa prochaine équipe gouvernementale », poursuit-il en faisant référence à l’ex-chroniqueur et ancien ténor souverainiste Bernard Drainville, qui se présente pour la CAQ dans la circonscription de Lévis.

« Une femme qui enseigne à l’école, si on voit bien son visage et qu’elle respecte les normes professionnelles de son emploi, il n’y a pas de raisons d’interdire qu’elle enseigne. […] Ce sont les mêmes critères pour tout le monde. Ce qu’on veut, c’est de revoir la loi 21 pour permettre de manière générale le port de signes religieux tout en affirmant des balises pour encadrer la question du visage couvert », dit-il.

Les groupes religieux visés

Dans son projet de réforme de la loi 21, Québec solidaire propose également de mettre fin au financement public des écoles religieuses et aux exemptions fiscales pour les organisations religieuses.

Face au premier ministre caquiste qui affirme que la Loi sur la laïcité de l’État définit une valeur québécoise, Gabriel Nadeau-Dubois réplique qu’il ne comprend pas « le lien que fait François Legault entre la loi 21 et la fierté québécoise ».

« Des lois sur la laïcité, il y en a dans plusieurs pays. Ce qui me rend fier, c’est notre langue, notre culture, notre territoire, pas le fait qu’on encadre des signes religieux pour quelques employés de l’État », dit-il.

Source: QS permettrait les signes religieux « pour tout le monde » 

Richard: La loi sur la laïcité de l’état marque un progrès pour la société

An example of Quebec rhetoric in favour of Bill 21:

Bientôt, la Loi sur la laïcité de l’État sera à nouveau débattue en cour. Au crépuscule de ma vie et à l’occasion de mes 88 ans, permettez-moi d’appuyer publiquement cette loi amplement justifiée et visant un meilleur vivre-ensemble. On accuse la loi 21 d’être contre les religions. Elle est pourtant un instrument de paix, car la laïcité unit alors que les religions divisent. L’Histoire le prouve. Ceux qui sont contre la loi 21 font passer les religions avant la laïcité par ignorance.

Il n’y a pas que les Québécois de souche qui veulent la loi 21. De nombreux musulmans et musulmanes le veulent aussi. Ferid Racim Chikhi, un Algéro-Canadien immigré au Québec, connaît bien l’islamisme. En tant que musulman, il veut voir et vivre la laïcité au Québec. Dans son tout récent livre Fenêtre sur l’Islam, ses musulmans, ses islamistes, M. Chikhi sonne l’alarme et donne l’heure juste quant à l’aveuglement de nos gouvernements en ce qui a trait à une infiltration des islamistes qui est voulue et sournoise, avec en tête un plan défini pour imposer un jour à la société d’accueil rien de moins que la charia ! En 2005, Fatima Houda-Pepin, d’origine musulmane et alors députée libérale de La Pinière, était intervenue à la Chambre des députés pour que la demande pour la charia soit refusée.

La nécessité de la laïcité et de la loi 21 est une évidence. Refuser la loi 21, c’est s’opposer au progrès de la société, c’est revenir aux siècles passés, où le pouvoir des décisions était entre les mains des chefs religieux comme les imams, les rabbins et les évêques plutôt que sous la responsabilité des gouvernements élus par le peuple. Si c’est cela que le Canada veut, pas le Québec, qui, au prix d’une longue lutte, a réussi à séparer l’Église et l’État. Il n’est pas question de retourner en arrière !

Un des problèmes est aussi le préambule de la Constitution canadienne, qui évoque la suprématie de Dieu. C’est une honte ! Un texte d’une telle importance pour la nation doit être inclusif et respecter le fait qu’au Canada et dans toutes les provinces, il n’y a pas que des croyants, mais aussi des agnostiques et des athées.

Ce que l’on ignore aussi, c’est que, bien qu’il y ait des femmes qui revendiquent le droit de porter le voile pendant les heures de travail, il y a aussi des femmes musulmanes qui espèrent pouvoir enfin l’enlever grâce à l’application de la loi 21. C’est ce que plusieurs d’entre elles auraient confié secrètement à une autorité scolaire. Et cela, elles ne peuvent le dire ouvertement sous peine de représailles.

Le maire de Brampton, Patrick Brown, qui se présente comme candidat dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada, a organisé une levée de fonds pour financer la contestation de la loi québécoise sur la laïcité. Il soutient qu’un jour, au Canada, un premier ministre sera forcé de présenter des excuses officielles pour l’adoption et l’application au Québec de la loi 21. Or, si un jour, l’ignorance fait place au savoir, il se pourrait fort bien que ce soit lui qui doive s’excuser auprès du peuple québécois pour avoir tenté de l’empêcher de l’appliquer !

Les opposants à la laïcité disent ne pas vouloir briser le rêve d’une femme voilée, mais ils sont prêts à briser l’espoir de millions de citoyennes et de citoyens du Québec, dont le mien.

Pourquoi favoriser une société théocratique, laquelle est contraire à la vérité de la science, plutôt que de consentir au gain sociétal apporté par la loi 21 ? La laïcité comporte une neutralité commune consentie par les Québécoises et les Québécois, qui construit lentement mais sûrement la paix du Canada, dont tous pourront bénéficier.

Source: La loi sur la laïcité de l’état marque un progrès pour la société

Lise Ravary: Disparaging laïcité is Canada’s new national sport [disparaging multiculturalism is Quebec’s national sport]

Far too many Quebec commentators (and some English commentators) mischaracterize multiculturalism as an “anything goes” type policy, when fundamentally it is about civic integration and full participation of minorities in social, economic and political spheres. Multiculturalism takes place within the context of integration into either English or French communities:
A teacher who wears a hijab was hired by an English public school in Chelsea, in Western Quebec, despite the fact that the law forbids teachers to wear religious symbols at work. As expected, the school board had no choice but to apply the law. But why was she hired in the first place?

Many think it was a set-up job to embarrass Quebec and pressure Ottawa to act.

Source: Lise Ravary: Disparaging laïcité is Canada’s new national sport

France’s Treatment of Its Muslim Citizens Is the True Measure of Its Republican Values

Good analysis and commentary:

Since the 2015 terrorist attacks against the staff of satirical magazine Charlie Hebdo, France has faced a succession of such attacks by Muslim extremists, the most recent of which saw the October beheading of teacher Samuel Paty and the murder of three people at Notre Dame Basilica in Nice. The country has been left grappling with the question of why it has become such a target and how it ought to respond.

For President Macron, France is being targeted by terrorists because of its “freedom of expression, right to believe, or not, and its way of life.” He claims that a form of “Islamist separatism” has found find fertile ground for its ideals in some parts of the country – and to counter this, Macron announced his plan to create a “French Islam,” a practice of the faith which will be regulated by the state. For over four decades successive French presidents have sought to manage the state’s relationship with an ethnically and religiously diverse Muslim community, adherents of a faith without a formal leadership structure which might provide an obvious intermediary. All to little avail. State appointed leaders have struggled to gain community recognition, while attempts, like Macron’s, to delineate to Muslims the terms of their beliefs are unlikely to be well received. Not to mention the apparent irony of a secular leader defining terms of religious practice.

In France, the concept of laïcité(secularism) enjoins a strict delineation between the state and the private sphere of personal beliefs. Designed in origin to protect individuals from state intrusion, and the state from religious influence, it has in recent years been increasingly wielded to do the opposite: encroaching evermore into the private sphere of Muslim citizens: from dress codes, to dietary needs, via religious education, the state has sought to prohibit each of these in recent years, only to be confronted by the strength of a Republican framework which has ultimately seen courts uphold its principles.

While the president has been adamant that the problem isn’t Islam, but a rejection of Republican principles, his government’s rhetorical and political focus has caused many to feel otherwise. From incessant debates about the headscarf, to polemics around women only swimming class to the Interior Minister feigning shock at ‘ethnic aisles’ in supermarkets, mundane habits of Muslim life are touted as examples of a “separatism” the state links to terrorism.

In a report last year entitled “Discrimination Against Muslims: The State Must React”, Amnesty International denounced “hostile climate and discriminatory discourse” towards Muslims, highlighting a speech by the Interior Minister in which he listed very basic religious freedoms including praying, fasting and growing a beard as “signs of radicalization.” One man whose mosque was raided under the legacy of the post-2015 state of emergency legislation is quoted as saying “the worst part is, if they have real concerns, they would launch an enquiry, but like this, it just feels like they are punishing us for nothing.” In a climate of fear and where the far-right party of Marine Le Pen’s ideas have come to define the terms of public discourse around Islam and Muslims, the government’s unwillingness to distinguish normal forms of religious practice from forms of extremism leaves millions of French Muslims open to accusations of extremism.

Recent measures are being justified on the basis that sections of the Muslim community are in conflict with republican values, but there is little evidence of this. In fact, in the largest quantitative study of the relationship between terrorism and discrimination in France, researchers from the Centre for the Study of Conflict in Paris unearthed the exact opposite. They found that overall Muslims deeply trust the institutions of the Republic, more so even than the control group, aside from the media and the police: ”What emerges from the study looks more like a massive adherence of French Muslims to the Republic.”

Crucially, the study found that trust in the institutions of France diminished with only one factor: experiences of discrimination, something it predicts the latest measures are likely to exacerbate. The study concludes by saying “there is no rejection of the values and institutions of the Republic in France, by a majority of Muslims.”

The concern is that discrimination against Muslims in France is already prevalent in every sector, from housing to employment and interactions with the police. According to the government’s own figures, 42% of Muslims (other studies put the figure at 58%) declare having experienced discrimination due to their religion, a figure which rises to 60% among women who wear a headscarf. A recent YouGov survey found that 67% of French Arab Muslims believe their faith is perceived negatively, while 64% said the same of their ethnicity.

For many, the creeping authoritarianism which sees the minutia of Muslim life problematized and debated for prime time TV shows, is indicative of a worrying political instrumentalization of racism. Since 2015, and following the “state of emergency” which ended in 2017, the French parliament has approved exceptional measures which have led to thousands of abusive and discriminatory raids and house arrest disproportionately targeting Muslims. The signs of authoritarianism begin at the margins – but rarely do they end there.

In the wake of the recent attacks, two deeply controversial bills have been advanced by President Macron. The “global security” bill has been met by mass protests across France. Among its most contentious clauses are that it would allow the use of surveillance drones, as well as lead to a possible prison term and 45,000 euro fine for anyone showing images which could identify a police or army officer. The government claims that social and mainstream media exposure of police violence endangers individual police officers, with Interior Minister Gérald Darmanin explaining: “Society’s cancer is the disrespect of authority.” But journalists across France have been sounding the alarm, while the spokesman for the E.U. Commission, said: “In a crisis period it is more important than ever that journalists should be able to do their work freely and in full security.”

Just as the bill was being debated, footage emerged of a black French music producer, Michel Zecler, being brutally beaten by four police officers in his studio in Paris, in what campaigners say is simply the latest example of endemic police brutality. The new bill would criminalize the person filming the police officer. Along with human rights groups, journalists and academics, UN experts have called on France to review the entire bill, stating: “it will have serious implications for the right to private life, the right to peaceful protest and freedom of expression” and rejecting the concession of minor amendments.

The new law on “Republican principles” is also causing widespread concern. Among its more worrying clauses are that anyone convicted of “apologie of terrorism”- a thought crime the numbers of which have exploded since 2015, and which has seen children as young as 10 taken into police custody – would automatically be added to a terrorism watch list. In just over a month, 270 new cases have been opened.

Since Samuel Paty’s murder in October, France has flagged over 400 violations of the homage to the slain teacher, of which 150 are considered “apologia for terrorism,” and over 50% of which occurred within a school environment.

France’s interior minister has ordered investigations into 76 mosques “suspected of separatism” which now face potential closure, in a country where prayer space is already very limited, with only 2,623 mosques and prayers halls in France for an estimated 5.7m Muslims. At least 73 mosques and Islamic private schools across France have been closed by authorities since January on grounds of ‘extremism’, but as Amnesty makes clear ‘radicalization’ has often been used as a euphemism for ‘devout Muslim’.

The proposed new law will include much tighter controls over civil society, including and specifically, Muslim religious organizations and leadership which will be required to conform to a “Republican charter” – a veritable modern day patriotism test imposed on a suspect community. The state’s red lines for Muslim are “political Islam” and foreign funding, which has historically – and with full support from the state – provided French Muslim citizens with their religious institutions. Imams will have to be trained through a state sanctioned body which will ensure their conformity with the state’s version of laicity, itself increasingly contested by the quango created to monitor it.

Crucially, the space we call freedom, where civil society, religious or otherwise, is able to organize according to their ideals, principles and values, as long as these do not infringe the law – is shrinking. Particularly once again for Muslims. In recent weeks, several Muslim organisations, including France’s largest anti-islamophobia organization (CCIF) have been dissolved by government decree, on grounds denounced by Amnesty international and an array of public figures and organizations, which have called for a reversal of the decision dubbed “extreme”: “Amnesty international is extremely concerned about the signal that this sends to NGOs and the fight against discrimination in France.”

These proposed laws and the rafts of measures justified by counter-terrorism are profoundly eroding basic freedoms in France: freedom of speech, of association, of thought. In seeking to eradicate the space for oppositional thinking in the name of upholding “republican principles”, France is betraying itself.

France’s Justice Minister Eric Dupond-Moretti told the press “too many people (…) are using the law of 1881 which protects freedom of expression to express views in conflict with the values of the Republic.” Yet if freedom means anything, it means the right to express views which are indeed in conflict with the state – including its claims to a monopoly on the meaning of Republican principles. Many people might call this popular counter power the very basis of democracy.

Instead, the space for oppositional views is shrinking rapidly. Macron’s education minister, Jean-Michel Blanquer, branded academics critical of the government’s approach, “islamo-leftists”intellectually complicit” in terrorism for importing “indigenist, racialist, and decolonial ideologies,” which he claimed were responsible for ‘conditioning’ violent extremism. The accusation that academics who question the official narrative could be providing the fodder for terrorism led to the tabling of a law on university research, since approved by the Senate, that redefines and limits research to being “exercised with respect for the values of the Republic” – read, state sanctioned.

Just as President Macron champions France as the beacon of free speech and democracy, his government is involved in undermining – and seeking to undermine – some of the Republic’s most cherished principles, starting with freedom of the press.

President Macron is playing a dangerous double game – abroad, he plays on linguistic and cultural differences to play down serious concerns expressed by his own citizens in foreign publications, going so far as to contact the New York Timesaccusing the English-language media of “legitimizing this violence”, presumably by running stories he doesn’t approve of. A critical op-ed in the Financial Times was removed and replaced by one penned by the President himself in what many speculated was just the latest incident of political pressure being places on journalists to retract critical views. Meanwhile Reporters without Borders have tracked a disturbing increase in judicial harassment of investigative reporters, as well as concerns related to editorial independence.

There are many ways to shut down free speech, including by making the truth unsayable.

Days after the murder of Samuel Paty, France’s youth minister cut short a previously scheduled meeting with students to discuss religion because she was uncomfortable with the concerns being expressed around prejudice and islamophobia. We all know free speech is never absolute, it certainly isn’t in France where laws already regulate hate speech. But young people are not naïve. They can spot the hypocrisy of politicians who lecture them about free speech when it comes to accepting deeply disturbing caricatures, but won’t listen to their concerns around discrimination.

The state of free speech isn’t measured at the Elysée pulpit. It can be measured in the silencing of those who resist the government’s narrative over who is the blame for France’s long list of woes. But more broadly, the state of a nation’s freedoms can always be assessed at the margins. The specter of terrorism is a useful ploy to dismiss the increasingly punitive measures faced by French Muslims – but the delusion is to believe that their loss of freedom isn’t a loss of freedom for us all.

Terrorists will seek to aggrandize their limited reach, turning a knife attack into an internationally recognized “act of war” through symbolic targets and gory violence. But we could do with some perspective – over 3,000 people a year die in road accidents in France. Over 300 are dying a day of COVID. Since 2012, 260 peoplehave died in terrorists attacks in France. Does the specter of terrorism truly warrant a profound undoing of democratic principles that people fought and died for?

We can view terrorism as an attack on our “values”– or we can reject this narrative. Our values aren’t threatened by these attacks, they are threatened by our response to them. It’s now urgent our leaders are held to the Republican ideals they claim to represent.

Source: France’s Treatment of Its Muslim Citizens Is the True Measure of Its Republican Values