Immigration: des experts dénoncent la vision «simpliste» de Québec

Some good commentary here. And encouraging that at least the Legault government has reversed itself and will allow those international students currently studying in Quebec to obtain permanent residency:

Les modifications au Programme expérience Québec (PEQ) du gouvernement de François Legault continuent de soulever la grogne et l’incrédulité, alors que des experts accusent Québec d’avoir une vision « simpliste » et de miner l’attrait de la province aux yeux des étudiants internationaux.

« Ce que je déplore, c’est la façon dont ces enjeux-là sont vus de manière tellement simpliste par le gouvernement, dit Robert Gagné, professeur titulaire au département d’économie appliquée de HEC Montréal et directeur du Centre sur la productivité et la prospérité. Ou bien ils savent et font comme s’ils ne savaient pas, ou bien ce sont des ignorants. Ça n’a pas de bon sens. »

M. Gagné déplore que la réforme du PEQ prive le Québec d’étudiants motivés qui sont courtisés par différents pays et établissements. « Il ne faut pas penser que nous sommes seuls au monde […]. Globalement, il y a une course pour attirer le talent. Les gens qui immigrent pour étudier ici, ils quittent leur famille, leur réseau. Ils prennent une grosse décision », dit-il, ajoutant qu’il est vain pour le gouvernement de « jouer les devins » en essayant de prévoir quels secteurs de l’économie auront besoin de plus de candidats fraîchement diplômés dans le futur.

« Surprise totale »

Le gouvernement Legault a annoncé la semaine dernière qu’il modifiait le PEQ, programme d’immigration qui sert de voie rapide à l’obtention de la résidence permanente pour les étudiants étrangers au Québec et les travailleurs temporaires déjà installés dans la province.

L’impact de la réforme pourrait se faire particulièrement sentir dans des endroits où une importante proportion d’élèves vient de l’étranger. C’est le cas du cégep de Matane, où 45 % des 700 élèves de l’établissement viennent de l’international, l’une des proportions les plus importantes du réseau collégial québécois.

Pierre Bédard, directeur général du cégep de Matane, dit que l’annonce des modifications au PEQ a été « une surprise totale » pour lui comme pour les enseignants et les élèves du cégep. « Personne ne s’attendait à ça. Le gouvernement ne nous a pas demandé notre avis.

L’impact est majeur, car moins d’étudiants, ça signifie moins d’employés au cégep de Matane, et les enseignants seront les premiers à écoper.

 Pierre Bédard, directeur général du cégep de Matane

Sur les 218 domaines de formation sélectionnés par le gouvernement, cinq sont offerts au cégep de Matane : soins infirmiers, techniques de l’informatique, techniques de physiothérapie, techniques d’intégration multimédia et technologie de l’électronique industrielle.

En revanche, quatre programmes offerts sont exclus de la liste : techniques d’aménagement du territoire et d’urbanisme, techniques de tourisme, techniques d’animation 3D et de synthèse d’images et photographie.

« C’est étonnant que ces programmes soient exclus, car les taux de placement des diplômés y sont de près de 100 %, dit M. Bédard. Les gens sont flexibles. Un finissant en photo peut prendre un emploi de caméraman. On le voit localement, ils répondent à de réels besoins. »

M. Bédard, qui se dit soulagé que le gouvernement ait fait volte-face dans le cas des élèves déjà inscrits, note que la liste des programmes d’études donnant accès au PEQ sera appelée à changer au fil des ans, ce qui place une épée de Damoclès au-dessus de la tête des élèves étrangers actuels et futurs.

« Même si j’ai un étudiant en multimédia qui a aujourd’hui droit au PEQ, je n’ai aucune garantie qu’à la fin de son diplôme, son programme va être encore dans la liste. C’est une grande insécurité pour ces étudiants-là. Je pense que des étudiants potentiels vont choisir de ne pas venir au Québec. Actuellement, je fais du recrutement pour la rentrée de 2020. De quoi aura l’air la liste à ce moment-là ? On l’ignore. »

Moratoire demandé

Mercredi, le Syndicat des enseignants et enseignantes du cégep de Matane a demandé un moratoire sur le projet de modifications apportées au PEQ.

« Nous sommes particulièrement inquiets […]. Pour les jeunes actuellement inscrits dans nos programmes, il nous apparaît inconcevable que les règles du jeu changent en cours de route. Les étudiantes et étudiants qui proviennent de partout dans le monde sont une richesse pour notre communauté », a déclaré dans un communiqué Yannick Malouin, 2e vice-président du SEECM-CSQ.

À la faculté de droit de l’Université de Montréal, là même où le ministre Simon Jolin-Barrette a entamé son doctorat, les va-et-vient du parti sur le dossier de l’immigration ont uni étudiants et professeurs dans le désarroi.

Jean Leclair, professeur spécialiste en droit constitutionnel, supervisait la thèse de Jolin-Barrette avant que celui-ci n’interrompe ses études pour se lancer en politique. Unissant sa voix à celle de son recteur Guy Breton, M. Leclair n’a pas été avare de critiques à l’endroit des dernières décisions politiques de son ancien étudiant et de son parti.

« Tout ce que j’y vois, ce sont des relents de l’Union nationale, au point où je me demande si leur prochain projet n’est pas la colonisation de l’Abitibi », ironise M. Leclair, par ailleurs administrateur de la Société des anciens de la Fondation Pierre Elliott Trudeau.

Il accuse notamment la Coalition avenir Québec (CAQ) de faire le jeu des populistes et perçoit le changement de règlement au Programme de l’expérience québécoise comme « une des pires politiques publiques » des dernières années.

Je pense qu’ils se sont enferrés dans un discours racoleur, de nationalisme à la petite semaine, et là ils doivent livrer la marchandise. On doit nourrir la bête.

Jean Leclair, professeur spécialiste en droit constitutionnel

Jean Leclair a vertement dénoncé l’usage de la clause dérogatoire par la CAQ. « C’est ça qui est dramatique, et ce n’est pas ce qu’il a appris à la faculté de droit de l’Université de Montréal », assène le professeur en parlant de son ancien étudiant.

Rassurés, mais pas entièrement

Selon le président de l’Association des cycles supérieurs en droit (ACSED) de l’UdeM, Nicolas Gervais, environ la moitié des 600 membres de l’association sont des étudiants étrangers. Parmi ceux-ci, plusieurs ont (ou avaient) comme plan de s’établir au Québec, souligne-t-il.

Aurore Dumazet, étudiante à la maîtrise en droit à l’UdeM, a été soulagée par l’adoption d’une clause de transition, mais le flou demeure. Idem pour son copain, un étudiant français à la maîtrise en économie, qui est venu avec Mme Dumazet s’établir pour de bon au Québec.

Je me suis sentie un peu flouée. J’ai tout quitté, amis et famille, pour venir m’intégrer ici. Maintenant, j’attends de savoir ce qu’il va se passer.

Aurore Dumazet, étudiante à la maîtrise en droit à l’Université de Montréal

Ledy Rivas Zannou, doctorant originaire du Bénin, trouve paradoxale l’initiative du gouvernement caquiste.

« Ce que le gouvernement Legault est en train de dire, c’est qu’il ne veut plus personne, mais que vous pouvez venir vous faire former ici, argue-t-il. Ça veut dire que les impôts des citoyens québécois sont mobilisés pour former des ressources dont profiteront d’autres provinces ou d’autres États. »

Vice-président des Scouts du Montréal métropolitain, impliqué au sein de Greenpeace : Rivas Zannou, en deux ans et demi, dit s’être déjà entouré d’amis et avoir développé des projets. Ceci après avoir payé des études à fort prix, qui lui reviendront aux alentours de 50 000 $ en trois ans.

« Si on me dit que je peux rester, je reste. Et je défendrai le Québec volontiers et fièrement », avance l’étudiant, jusqu’à nouvel ordre, étranger.

Source: Immigration: des experts dénoncent la vision «simpliste» de Québec

In the absurdities department:

Quebec denies French student’s immigration over English thesis chapter was covered internationally.

Under fire over immigration plan, Quebec premier takes solace in positive Facebook reviews, a reminder that popularity and populism is not a measure of policy soundness

 

A memo for Canada: back off of Quebec’s Bill 21

Struck a nerve.

But seriously, it is one thing to argue that comments from English Canada may not be helpful to some of the internal debates within Quebec, another to argue that English Canadians have no right to comment on discriminatory laws whether in Quebec or elsewhere.

But Ontario MPPs take a shot at Quebec with unanimous vote supporting religious freedom may be an example where this may not be helpful.

Not to mention, that there are international human rights conventions and practices that presumably Quebec adheres to:

Let me say to all the bien pensants in the “Rest of Canada” who make up the growing chorus of critics of Quebec’s Bill 21 provisions on the wearing of religious symbols by certain public servants: Have a care. You are playing with fire, and your knee-jerk reaction to legislation supported by a vast majority of Quebeckers risks starting a major conflagration that might consume our country.

First, you should actually read the bill. You should note its very narrow application, only to certain officials who must interact with the public, only while in the exercise of their official duties, and only to people newly hired in these positions.

Second, you should remember that most of Quebec’s French schools, colleges and universities were largely operated by Roman Catholic teachers and administrators, all of whom wore religious garb, until the 1960s. When I attended law school at Laval University from 1960-63, the rector was future cardinal Louis-Albert Vachon, who was named to the Order of Canada and the National Order of Quebec. He is the last of an unbroken line of distinguished clerics to hold this position. Quebec’s famous and progressive Quiet Revolution was largely about escaping the influence of the Catholic Church in this and many other areas.

Third, you should pay attention to the increasing expressions of incredulity, anger and outrage in Quebec’s French-language media over your virtue signalling and self-righteous condemnations of a legitimate act of Quebec’s National Assembly, which is legislating well within its constitutional authority.

And fourth, you should consider that on Oct. 21, 33 per cent of Quebeckers (555,000 more than in 2015) voted for the Bloc Québécois, which had almost disappeared until resistance in the Rest of Canada to Bill 21 reignited the long-dormant but always smouldering view among many Quebeckers that they can never be fully understood and accepted in this country. From there, it is but a step, if Quebec Premier François Legault should ever conclude that public opinion demanded it, to a third referendum on Quebec independence.

It is argued that those likely to be most affected by Bill 21 are some Muslim women living in Quebec who may be forced to choose between a possible future career in Quebec’s public service and their desire to wear religious garb at all times, and that the bill is therefore racist and specifically directed against devout Muslims.

One might ask whether such women would agree to have their own children taught by nuns or priests or monks wearing Roman Catholic religious symbols? Or whether such devout Muslim women might not agree, as did many devout Roman Catholic teachers in Quebec after the secularization of Quebec’s education system during the Quiet Revolution, to forgo wearing religious garb or symbols during working hours in order to be hired in future for certain public-service jobs?

I was raised and educated largely in Quebec. I lived for 20 years in London, Ont., and 10 years in Banff, Alta. I still have family in both places, as well as in Nova Scotia and British Columbia. I have worked in the Premier’s office in Quebec City, the Prime Minister’s office in Ottawa and for a large media corporation in Toronto. For the past 15 years, I have lived in Quebec’s Eastern Townships. It cannot be said that I am ignorant of my country.

I warn the Rest of Canada, in the words of columnist Richard Martineau writing on Saturday in Le Journal de Montréal, Quebec’s most widely read daily, that we are now suddenly on track towards a head-on collision. Mr. Martineau quotes the famous words of Quebec’s Liberal premier Robert Bourassa after the defeat of the Meech Lake accord: “Whatever we say and whatever one may do, Quebec is, today and for always, a distinct society, free and able of assuming its destiny and its development.” We are once again shouting past one another in a dialogue of the deaf. Will Canada accept Quebec as it is, or persist in interfering in Quebec’s internal affairs of which it is largely ignorant? Or will Quebeckers conclude, once and for all, that they are not welcome in this country and must reluctantly leave it?

Quebec backtracks on changes to immigration program aimed at students

Good relatively quick correction:

The Quebec government has backtracked on proposed changes to an immigration program aimed at fast-tracking residency for post-secondary students that would’ve seen many of the current participants sent home.

After teary pleas at the legislature from some of those people a day earlier and calls from opposition parties for the Legault government to revisit its decision, Immigration Minister Simon Jolin-Barrette announced Wednesday he would allow students already enrolled in the program to complete it under the old rules.

Jolin-Barrette, who didn’t meet with the students, said their testimonials at a news conference inside the legislature led him to change his mind.

“I think I’m really sensitive to that because I heard them yesterday and this morning …. I made some changes about the reforms to answer their questions and their preoccupations,” Jolin-Barrette told reporters.

While those currently in the program will be spared, the new restrictive rules will go ahead as expected for future participants as the province attempts to address labour shortages by targeting specific fields where workers are needed.

The about-face comes a day after both Jolin-Barrette and Premier Francois Legault appeared inflexible.

Interim Liberal leader Pierre Arcand said his party tried on eight occasions to have Jolin-Barrette meet with the students.

“The minister hid. He did everything to avoid any type of meeting,” Arcand said. “I do not call this being sensitive.”

Legault said he was shaken by what he heard from the students. “I didn’t like my day,” Legault told reporters Wednesday morning. “When I spoke to my wife last night, she saw very well I had not liked my day. She understood it wasn’t my best day.”

Hundreds of foreign students admitted to the province under the Quebec experience program could have found themselves forced to leave after the province last week tightened the rules for the program.

In place since 2010, the popular program allows foreign students with a qualifying diploma or people with work experience in Quebec to receive an expedited selection certificate, fast-tracking residency and making it possible to stay in the province.

Whereas all programs were admissible in the past, the new rules would only include seven doctoral programs, 24 masters programs, 54 bachelors programs and 59 junior college diploma programs. The list of eligible programs and degrees will be reviewed yearly by the government according to the province’s needs.

“The reform is there because it is necessary to select immigrants based on Quebec’s labour market,” Jolin-Barrette said.

That means a student admitted to a bachelors’ program in demand could discover, two years later, without completing the program, that it’s no longer admissible.

“Indeed, it may be necessary to look at the date of entry so as not to penalize people,” Legault said, without explaining further.

In 2018, there were 11,000 people admitted under the program.

Source: Quebec backtracks on changes to immigration program aimed at students

Explained: The ‘values test’ that immigrants to Quebec, Canada must now pass

Interesting that the test is getting picked up in Indian media:

Quebec, Canada’s largest province, will soon require potential immigrants to take a “values test” as part of a new policy. Quebec is the only province in Canada where French speakers are in a majority.

“Effective January 1, 2020, a new selection condition related to the learning of democratic values and Québec values expressed in the Québec Charter of Human Rights and Freedoms will come into effect in order to promote better integration of immigrants into Québec society,” a statement issued by Quebec’s immigration department said.

According to Canada statistics, there are over 22,000 (includes non-immigrant, immigrants and non-permanent residents) Indians in Quebec, and as of 2016, there were about 17,800 Indian immigrants (those who have Canadian citizenship) living in Quebec.

What is the values test?

The values test for immigrants was an election promise made by the ruling Coalition Avenir Quebec party. It will apply to immigrants in the “qualified worker” or “economic” category. Coalition Avenir Quebec is a rightwing nationalist and autonomist party that has been in power in the Quebec provincial government since 2018.

On Wednesday, the Montreal Gazette reported that Immigration Minister Simon Jolin-Barrette refused to make public the questions that would be asked in the values test, but released a sample of five questions out of a potential pool of about 100 drafted by a private consulting firm that the government has hired.

Candidates will be asked a total of 20 Multiple Choice Questions (MCQs) and will need to secure 75 per cent marks in order to pass. The test will last 90 minutes, and will be unsupervised, which means that candidates can take it remotely even from their homes.

While making the announcement, Jolin-Barrette said that the questions would not be very much tougher than those the immigrants answer to qualify for Canadian citizenship.

Candidates can prepare for the test by taking online tutorials in the language of their choice at no cost.

In case the candidate fails the test, he/she can retake it after a period of two weeks. If the candidate fails twice, he/she will need to take a course prescribed by the Minister in Quebec or take the test a third time and renounce to obtain the learning attestation by participating in the course. The candidate needs to take the test within 60 days following the date of the Minister’s request.

What questions were asked in the released sample?

The sample includes questions such as:

a) In Quebec, women and men have the same rights and this is inscribed in law. True or False

b) Choose the illustration or illustrations that indicate who is allowed to marry in Quebec. The illustrations depict: two men, two women, and one man, two women, a man and a woman, and two men and one woman

c) Identify which situations involved discrimination. A job refused: to a pregnant woman, to a person lacking the required diploma and to a person because of their ethnic background

d) Since March 27, 2019 by virtue of the secularism of state law, all new police officers may not wear religious symbols. True. False.

d) What is the official language of Quebec? French, Spanish, English, French and English.

What is the Quebec Charter of Human Rights and Freedoms?

The values test is based on the democratic values mentioned in the Quebec Charter of Human Rights and Freedoms.

As per the charter, “In exercising his fundamental freedoms and rights, a person shall maintain a proper regard for democratic values, state laicity, public order and the general well-being of the citizens of Québec. In this respect, the scope of the freedoms and rights, and limits to their exercise may be fixed by law.”

The Quebec charter was unveiled in 2013, with the aim of creating a secular society.

How has the idea of a values test been received in Canada?

An editorial in Le Journal De Quebec said: “I’m wondering. Here in Quebec, how many would pass this test of values? And how many disagree with the values that are presented as common to all Quebeckers? I am not sure that these values are shared by as many people as we think. I suspect that the results would be surprising, if not disturbing, depending on the language spoken, the religion of age and sex.”

Another editorial in the La Presse took a different line: “Whether we agree with the CAQ’s (Coalition Avenir Quebec) measures of identity or not, one thing remains: immigration is a two-way street. The host society has a responsibility, the newcomer has one too. The attestation of apprenticeship of Quebec values respects this principle.”

Source: Explained: The ‘values test’ that immigrants to Quebec, Canada must now pass

Quebec: Près de 20 000 immigrants investisseurs attendent leur résidence permanente

Program of little benefit in any case, better to cancel outright as federal government did with its program:

Près de 20 000 riches candidats à l’immigration ont reçu un certificat de sélection du Québec, mais attendent toujours de recevoir leur résidence permanente du gouvernement fédéral, a appris La Presse. Une file d’attente monstre qui explique en partie pourquoi le gouvernement Legault a suspendu le programme d’immigrants investisseurs hier.

Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a annoncé que Québec va refuser toute nouvelle demande dans le cadre de ce programme controversé dès demain. L’annonce est passée quelque peu inaperçue, puisqu’elle a eu lieu en même temps que le dévoilement très attendu du « test des valeurs ».

En entrevue, M. Jolin-Barrette a expliqué que la mesure était devenue inévitable. Non seulement le taux de rétention des immigrants investisseurs est-il « famélique », a-t-il dit, mais encore « l’intégrité » du programme est maintenant compromise.

La raison : au cours des dernières années, Québec a distribué plus de certificats de sélection à des immigrants investisseurs qu’il ne prévoyait en admettre dans son plan d’immigration. Aujourd’hui, on se retrouve donc avec 19 000 personnes qui ont rempli les obligations du programme, mais qui n’ont toujours pas reçu leur citoyenneté canadienne.

Au rythme d’admission actuel, il faudrait six ans pour épuiser cette liste.

Le ministre lance la pierre au gouvernement précédent, à qui il reproche d’avoir mal administré le programme.

« Le fait qu’il y a un inventaire de 19 000 dossiers m’apparaît comme étant une gestion discutable de la sélection et de l’admission des personnes immigrantes par le Parti libéral », a-t-il dénoncé.

Intermédiaires financiers

Le programme d’immigrants investisseurs propose une voie rapide aux candidats à l’immigration qui possèdent un avoir d’au moins 2 millions. Ils peuvent obtenir leur certificat de sélection moyennant un placement sans intérêts de 1,2 million pour cinq ans à Investissement Québec.

Dans la plupart des cas, les candidats versent une somme d’environ 300 000 $ à un intermédiaire financier. Celui-ci contracte un prêt et fournit la somme de 1,2 million à Investissement Québec au nom de son client. Il touche alors 22 % des revenus d’intérêts générés par Investissement Québec.

M. Jolin-Barrette s’explique mal que ces intermédiaires profitent autant du programme.

« Lorsqu’on regarde combien de millions ont été consacrés aux entreprises par le biais de ce programme, combien de millions ont été consacrés aux revenus pour les intermédiaires financiers, ils sont pratiquement équivalents, a relevé Simon Jolin-Barrette. Donc c’est important que les revenus associés aux investissements servent à aider l’économie québécoise. »

Seul au Canada

Le Québec est la seule province canadienne qui gère un programme d’immigrants investisseurs. Le gouvernement fédéral a aboli le sien sous Stephen Harper en 2014.

La Coalition avenir Québec a critiqué le programme lorsqu’elle était dans l’opposition. Des reportages ont révélé plusieurs abus au cours des dernières années.

Les critiques relèvent que la très grande majorité des immigrants investisseurs ne font que passer au Québec et qu’ils s’établissent plutôt à Toronto ou à Vancouver.

« Ce qui est important aussi, c’est de revoir le programme, parce que le taux de présence des immigrants investisseurs était de 17 %, a convenu Simon Jolin-Barrette. Ça, ça signifie que les gens prêtaient 1,2 million au gouvernement du Québec, obtenaient la résidence permanente, mais ne venaient pas s’établir au Québec. »

La suspension du programme durera huit mois. D’ici là, les candidats qui ont respecté les exigences et qui ont reçu un certificat de sélection continueront d’être accueillis au Québec à mesure qu’ils recevront leur résidence permanente du fédéral.

La mesure du gouvernement Legault a été critiquée par le Conseil du patronat du Québec (CPQ). Il rappelle que les sommes recueillies par Investissement Québec finançaient des mesures d’intégration à l’emploi des immigrants.

« Le gouvernement se prive ainsi de sommes importantes destinées à accompagner en emploi les immigrants et les minorités visibles, ce qui n’est certainement pas la chose à faire en cette période de rareté de main-d’œuvre », déplore le CPQ.

Nombre d’immigrants investisseurs admis par Québec en attente de leur résidence permanente

• 2013 : 9200
• 2014 : 12 800
• 2015 : 14 500
• 2016 : 15 800
• 2017 : 14 500
• 2018 : 16 700
• Janvier 2019 : 18 000
• Septembre 2019 : 18 800

Source: Près de 20 000 immigrants investisseurs attendent leur résidence permanente

Immigrants will have to take a values test, but it won’t be required for residency

Even if easy, still objectionable in principle. But may reflect the political need to demonstrate implementation rather a more substantial approach:

It will be multiple choice and you get three tries to pass.

But in making public the Coalition Avenir Québec government’s long awaited values test for new arrivals, Immigration Minister Simon Jolin-Barrette argued the questionsare not much tougher than those immigrants already answer to obtain Canadian citizenship.

Drawing a sample from a pool of about 100 drafted by a private consulting firm hired by the government, Jolin-Barrette said an immigrant in the qualified worker category could be asked whether women and men have the same rights in Quebec. True or false?

Another refers to Quebec’s secularism law, Bill 21, and asks whether new police officers can wear religious symbols. True or false?

But far from walking in to the test cold, potential candidates can prepare themselves, starting by taking an online tutorial, sitting in front of their home computer while still in a foreign land or already in Quebec.

All this is done in the language of their choice, for free. The actual unsupervised test will last 90 minutes, including 60 minutes of “informative content” that sets up each question in a running stream. It can be taken from anywhere candidates have access to a computer.

There will be 20 questions in all. A pass is a score of 75 per cent (15 questions correct), but in the event of a fail, the person can take the test again two weeks later.

If the person fails again, they are then obliged to take a daylong “Objectif intégration,” crash course and then take a third crack at the test.

In fact, if a candidate is already living in Quebec, he or she can just take the course and skip the test altogether.

It’s only if candidates fail all their attempts or do not take the course that their files are closed and they have to start the immigration request process all over from the start, Jolin-Barrette said at a news conference.

But Jolin-Barrette faced a barrage of questions about how the system will work and the potential for cheating, given the fact the tests are online.

There is already speculation some candidates might be tempted to lie or get help on their tests or even have immigration lawyers and consultants do the work shielded behind a computer screen.

“If you cheat you are making a fraud and your selection is not valid,” Jolin-Barrette responded.

“You know, we don’t have any guarantee and it is the same thing in the Canadian citizenship evaluation. But the ministry has the power to make some verifications about the integrity of the results.

“So, we are confident that people are honest and they want to come to Quebec to build the society together. So, that’s part of the deal when you come to Québec.”

But the CAQ’s new plan is much softer than the hardline rhetoric the CAQ tapped into in the heat of the 2018 election campaign. At that time, party leader François Legault said the questions would seek commitments from immigrants to ensure the respect of Quebec’s values.

“Do you recognize that laws come before religion,” was one pledge he suggested? “Do you recognize we are a democratic society, no violence, respect”?

There is no more electoral talk of expelling those who fail. Even the word test is gone. Now Quebec uses the more bureaucratic term “evaluation of their knowledge of Quebec values.”

There is another key difference from the election promises of the CAQ. Passing the test will not be a condition of their permanent residency in Canada. Quebec and Ottawa are still negotiating that issue.

“What we are doing today is within our jurisdiction,” Jolin-Barrette told reporters. “Our objective has not changed. What we would like to do is encumber permanent residency to these conditions, that is to say the knowledge of values.

“I think Quebec is a distinct society and the federal government agrees with that. During the debate Mr. (Justin) Trudeau said he agreed with an evaluation of the knowledge of Quebec values (administered by Quebec).”

But until that happens Quebec taps into the power it has now under a 1991 federal-provincial agreement. That deal allows Quebec to issue a certificate of selection, called a CSQ. It is that certificate which enables immigrants to apply for permanent residency, which remains under federal jurisdiction.

Quebec has the power to select immigrants in the qualified worker or economic category, which means the values test will apply to those candidates. It will not apply to candidates applying under refugee or family unification programs, which Ottawa controls exclusively.

As of January, a qualified worker seeking to live here will have 60 days to take the new values test, after they have passed through the new Arrima selection processand been invited to make a request for a CSQ.

The new regulations were published in the government’s Gazette OfficielleWednesday.

On his way into question period, Legault was already saying the CAQ has delivered the goods it said it would in the election.

“We are respecting our (election) promises,” Legault said. “I think it’s normal when we are setting ourselves up in a new society that we know the values of this society. We have a new secularism law (Bill 21).

“I wouldn’t want someone to be surprised to find out that in Quebec persons in positions of authority are not allowed to wear religious symbols.”

He said the plan is a step forward and he still hopes to pry more powers over immigration away from the federal government on the issue of permanent residency.

“It’s a first step to say we will do the test before (issuing of the CSQ),” Legault said. “This sends a strong signal that if you want to come and live in Quebec, you have to know the values of Quebec.”

He disputed the idea that the test will make Quebec seem intolerant.

“If you compare our test to the test which already exists in Canada about knowing Canada it’s not very different. Of course we have secularism where there is a difference.

Initial reaction to the plan was mixed.

“The desire of the government, since the start, has been to restrict the arrival of immigrants,” said interim Liberal leader Pierre Arcand, “and Lord knows we are still suffering from a pretty dramatic labour shortage in Quebec.”

But the government Wednesday took another step on the immigration issue. Following a week of public hearings in August, Jolin-Barrette tabled Quebec’s immigration plan for the year 2020.

After lowering the total number of new arrivals to 40,000 for 2019, the government now has set a target of increasing them. The 2020 total will be between 43,000 and 44,500.

Source: Immigrants will have to take a values test, but it won’t be required for residency

Immigration: Québec impose son test des valeurs

One of the longer and more detailed accounts.

Look forward to seeing the questions and, in a few years, any government or other evaluations on the effects:

La décision, publiée mercredi dans la Gazette officielle, indique que les ressortissants étrangers et les membres de leur famille qui souhaitent s’établir au Québec (à l’exception d’un enfant à charge de moins de 18 ans ou d’une personne ayant une condition médicale) devront obtenir une « attestation d’apprentissage des valeurs démocratiques et des valeurs québécoises exprimées par la Charte des droits et libertés de la personne ». Le score minimum pour réussir l’évaluation est fixé à 75 %.

En vertu d’un accord entre Québec et Ottawa, le gouvernement du Québec est responsable de la sélection des immigrants économiques qui s’établissent sur son territoire. Pour immigrer au Québec en vertu du programme régulier des travailleurs qualifiés, un ressortissant étranger doit soumettre son intérêt au ministère de l’Immigration du Québec, qui évalue les candidatures selon une liste de critères socio-économiques. Un travailleur qualifié dont le profil correspond aux besoins du Québec est ensuite invité à présenter une demande formelle pour obtenir un certificat de sélection du Québec (CSQ), un document essentiel pour obtenir d’Ottawa le statut de résident permanent afin d’immigrer au Québec.

Dès janvier, Québec exigera désormais qu’un travailleur qualifié qui souhaite immigrer au Québec réussisse également son test des valeurs dans les 60 jours suivant sa demande de CSQ.

Qu’arrive-t-il en cas d’échec ?

Un ressortissant étranger qui ne réussirait pas son test des valeurs une fois qu’il a été invité par Québec à présenter sa demande pour obtenir un CSQ pourrait reprendre l’évaluation une première fois. Dans le cas d’un deuxième échec, il pourrait refaire l’examen une deuxième fois ou suivre, au Québec, un cours administré par le ministère de l’Immigration.

Or, si le ressortissant étranger choisit toutefois de tenter sa chance en passant le test une troisième fois, sans suivre le cours, celui-ci renoncerait à son droit à suivre le cours, explique-t-on dans la Gazette officielle.

L’imposition d’un test des valeurs aux immigrants est une promesse de longue date du gouvernement Legault. En campagne électorale, François Legault promettait toutefois d’imposer ce test aux immigrants une fois ceux-ci arrivés sur le territoire québécois. Ceux qui auraient échoué l’examen auraient été expulsés du territoire canadien. Or, Québec ne dispose pas de ce pouvoir et Ottawa a fermé la porte à un tel scénario.

La Gazette officielle ne présente pas mercredi des exemples de questions qui seront demandées aux ressortissants étrangers. Par le passé, le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a affirmé que celles-ci seraient fondées sur les valeurs exprimées par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

Source: Immigration: Québec impose son test des valeurs

Laïcité et discrimination

Rima Elkhouri argues that while Bill 21 is discriminatory, it is not racist and that all who support it are not racist or xenophobes. However, in its effects, it primarily targets Muslims and Sikhs, and thus has racist and xenophobic effects:

À entendre les hauts cris suscités par la question de la journaliste Althia Raj lors du débat des chefs diffusé par la CBC, il semblerait que oui. Certains réclament des excuses publiques et dénoncent ce qu’ils perçoivent comme du « militantisme » de la part de la cheffe du bureau parlementaire d’Ottawa pour le HuffPost Canada. Comme s’il fallait désormais s’excuser de mettre les politiciens devant leurs contradictions en posant des questions qui s’appuient sur des faits.

Rappelons d’abord quelques-uns de ces faits… Dans un segment du débat en anglais portant sur la polarisation, les droits de la personne et l’immigration, Althia Raj, qui était l’une des modératrices, a posé une question sur la loi 21 au chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh.

« Votre campagne est axée sur le courage, mais vous n’avez pas eu le courage de combattre la loi discriminatoire du Québec. [Cette loi] interdit aux personnes qui, comme vous, portent des symboles religieux d’occuper certains emplois dans la province. Si vous étiez premier ministre, resteriez-vous en retrait et laisseriez-vous une autre province pratiquer la discrimination à l’endroit de ses citoyens ? Ne faites-vous pas passer les intérêts de votre parti au Québec avant vos principes et les droits à l’égalité de tous les citoyens – vous et, franchement, tous les autres chefs sur la scène ? »

La question a suscité une levée de boucliers au Québec. On a accusé la journaliste d’avoir fait preuve de mépris et de laisser entendre que la majorité des Québécois qui appuient la Loi sur la laïcité sont « racistes » – alors qu’elle n’a jamais dit une telle chose. On l’a accusée d’être une vilaine anglo qui ne comprend pas le français et ne connaît rien à l’histoire du Québec – alors que le français est la langue maternelle d’Althia Raj et que sa mère est originaire de Victoriaville… (Ça peut encore paraître déroutant pour certains, mais ce n’est pas parce qu’on s’appelle Althia et qu’on a la peau foncée qu’on est nécessairement une étrangère allophone fraîchement débarquée du bateau.)

En qualifiant la Loi sur la laïcité de « discriminatoire », Althia Raj, qui a répondu à ses détracteurs sur Twitter, n’a pas tordu les faits. Elle énonce une évidence qui fait consensus dans la communauté juridique.

Que ceux qui en doutent ouvrent d’abord leur dictionnaire. Est discriminatoire ce qui « tend à opérer une discrimination entre des personnes, des groupes humains », nous dit le Larousse. Quant au mot « discrimination », c’est le « fait de distinguer et de traiter différemment (le plus souvent mal) quelqu’un ou un groupe par rapport au reste de la collectivité ou par rapport à une autre personne ».

La Loi sur la laïcité de l’État, qui interdit le port de signes religieux au travail à des employés de l’État en situation d’autorité, est discriminatoire dès lors qu’elle distingue et traite différemment des croyants qui portent un signe religieux et ceux qui n’en portent pas. La démonstration n’est pas très difficile à faire. Un Jagmeet Singh qui tient à garder son turban ne pourrait pas décrocher un emploi d’enseignant au Québec en vertu de cette loi, même s’il réussit brillamment son baccalauréat en éducation. Même chose pour une femme musulmane qui tient à porter le voile.

Par contre, le mari de cette enseignante, qui partage les mêmes convictions religieuses mais ne porte aucun signe religieux, peut enseigner sans problème. Tout comme l’enseignant ultra-catholique qui, sans porter une grande croix sur son torse, ne fait pas toujours preuve de neutralité dans son enseignement.

On peut considérer que la laïcité de l’État rend tout à fait justifiable cette discrimination pour les fonctionnaires en situation d’autorité. Mais on ne peut nier que la loi a des effets discriminatoires. Si ce n’était pas le cas, on n’aurait pas eu besoin de faire appel à la clause de dérogation, qui permet de la soustraire à l’application des chartes canadienne et québécoise des droits de la personne.

Autre précision importante : dire que la loi 21 est discriminatoire, ce n’est pas la même chose que de dire qu’elle est raciste ou que tous ceux qui l’appuient sont racistes. Je l’ai déjà dit et je le répète. Contrairement à certains commentateurs anglo-canadiens, je ne crois pas qu’il soit juste de dire que la Loi sur la laïcité est raciste ou xénophobe ou que ceux qui l’appuient le sont.

Et contrairement à certains défenseurs de la loi 21 au Québec, je ne crois pas qu’il soit juste non plus de dire que les opposants à cette loi sont contre la laïcité. En fait, c’est aussi injuste que de dire que la loi est raciste… La CAQ n’a pas le brevet de « LA » laïcité. D’autres conceptions existent. Et en passant, le Québec était déjà laïque avant l’adoption du projet de loi 21.

Bien sûr qu’il se trouve des xénophobes pour applaudir cette loi. Tout comme il se trouve des extrémistes religieux pour la décrier. Mais réduire le débat à une opposition entre racistes et non-racistes ou entre vertueux défenseurs de « LA » laïcité et vilains pourfendeurs des Lumières complices des extrémistes, c’est en faire une lecture pour le moins simpliste.

Source: Laïcité et discrimination

HASSAN: Yes, there are real problems with Bill 21

From Farzana Hassan:

The resurgent Bloc Quebecois is poised to perform well in the election under its articulate and pragmatic leader, Yves-Francois Blanchet. It has successfully pitched itself to younger voters by turning away from ageing entrenched separatists. Recent polls in Quebec put it behind only the Liberals, and first among Francophones.

Its broad mix of conservative and progressive policies makes it hard to pin down with standard left/right labels – which may be a virtue on polling day. Supporting climate change reform is very global and twenty-first century, but its demand for Quebec to have more say on immigration may be seen as traditional and isolationist. The same can be said for its support for the contentious Bill 21, the secularist ban on religious symbols for people in public office.

This bill is anathema to Liberals in Ottawa, but it is popular in Quebec. This is unsurprising, because France has a long history of encouraging private piety but public secularism. Provincial premier Francois Legault’s warning for outsiders not to tamper with the provincial bill is having some effect. Justin Trudeau is treading lightly in his opposition for fear of alienating voters there, though he has admitted the federal government “is not going to close the door on intervening at a later date.”

Of course, that means after the election, assuming a Liberal victory. Conservative leader Andrew Scheer has also been delicately non-committal, expressing support for provinces to have the right to determine some of their own policies.

Bill 21 would prevent public employees from wearing any religious regalia such as yarmulkas, hijabs or turbans during working hours. It is likely to apply to public servants such as police officers, prison guards and public school teachers. It has taken plenty of criticism. For example, Calgary’s mayor Naheed Nenshi – who is Muslim – made no attempt to conceal his outrage. He said, “It’s terrifying. It is flagrantly unconstitutional. It’s violating the Charter of Rights and Freedoms in a really, really transparent way.” His city council concurred: it voted unanimously to back a motion condemning Quebec’s law.

Mayor Nenshi is partly right. I have expressed my abhorrence for certain kinds of religious garb in these pages many times. However, the only religious garments that should be banned are specifically those covering the face. In effect, these are just the niqab and burka, primarily for security reasons.

I am no fan of other religious regalia, because I would rather we proclaim ourselves simply to be human beings rather than Muslims or Jews or Sikhs, but this is surely a matter for individual preference rather than government interference – either from Ottawa or Montreal.

This bill could never be implemented in any equitable way, partly because of perceptions and definitions. Imagine that two government workers wear identical pendants. The first says she wears it because she likes the design, but the second wears it because it confirms her identity as a follower of the obscure faith the design symbolizes. Will only the second face a ban?

In any case, the bill’s future looks less than rosy. It is likely to be legal rather than legislative snags that prevent it from gaining traction any time soon. Quebec’s Court of Appeal is already hearing a challenge which claims the bill is unconstitutional, and others have been lodged. It seems nothing will come of Bill 21.

Source: HASSAN: Yes, there are real problems with Bill 21

Quebec’s Bill 21 should also stir anti-racist outrage among party leaders

Good column by Jack Jedwab:

Somewhat unexpectedly, the issues of discrimination and racism have moved to the forefront in the federal election. At the start of the campaign, answering a journalist’s question about Quebec’s secularism Bill 21, Liberal Leader Justin Trudeau left open the possibility of some eventual legal intervention on the legislation. Predictably, there was an almost immediate response from Quebec Premier François Legault, asking all federal leaders to make a pledge to stay out of the matter. With the exception of Trudeau, the other federal party leaders quickly complied. Bill 21 prohibits the wearing of religious symbols by Quebec public school teachers, judges, police officers, prison guards, Crown prosecutors and other public servants in positions of authority, as a way of enshrining the concept of state secularism.

And then, just as the campaign’s attention on Bill 21 waned, some very distasteful photos of a younger Trudeau in brownface and in blackface hit the national and international media. Trudeau apologized many times for his past behaviour and correctly acknowledged that it was highly offensive.

Conservative Leader Andrew Scheer insisted that the blackface pointed to Trudeau’s lack of judgment and as such raised questions about his ability to govern. During a September 20 campaign stop in PEI, Scheer said all levels of government need to address the types of issues raised by such conduct. He said that “Conservatives will always support measures that tackle discrimination…We’ll always promote policies that promote inclusiveness and equality throughout our society.” Ironically, that’s precisely what needs to be said in addressing Bill 21.

For his part, NDP Leader Jagmeet Singh made an impassioned plea to all Canadians who were offended by the images of Trudeau in blackface. He chose to speak to those people who have felt the pain of racism and urged them not to give up on themselves, adding that they have value and worth and that they are loved. But that message does not appear to apply to those persons affected by Bill 21. Singh seems unwilling to defend those Quebecers who wear a turban, hijab or kippah and want to teach at a public school in their home province. Paradoxically, while Singh can become prime minister of Canada, he would be unable to teach at a public school in Quebec under Bill 21. By insisting on the need to respect provincial jurisdiction, Singh implies that members of religious minorities need to give up their hope of seeking a career in public service.

Both Scheer’s and Singh’s criticisms of Trudeau and the related concerns about the spread of racism would be more credible if they denounced the discriminatory aspects of Bill 21 rather than bowing to the Quebec Premier’s demands and looking the other way on what Legault insists is a strictly provincial matter.

Perhaps, like many observers, the federal party leaders don’t see any connection between blackface and a state prohibition against educators wearing hijabs, turbans and kippahs in public institutions. Yet the case can surely be made that both arise from subconscious or overt feelings and/or expressions of prejudice that are, regrettably, deemed acceptable by far too many people. The difference is that Trudeau’s use of blackface occurred two decades ago, while the legislation banning religious symbols is the object of current debate.

In the aftermath of the Trudeau blackface incidents, there have been calls for a national conversation about racism. But the tone of this election campaign does not allow for a thoughtful discussion about the ongoing challenge of eliminating racism and discrimination. Ideally, all federal party leaders should work together to combat racism and discrimination, whether it appears in Quebec or anywhere else in the country.

Source: Quebec’s Bill 21 should also stir anti-racist outrage among party leaders