Québec solidaire dévoile sa politique en matière d’inclusion

Quebec does not require Canadian citizenship as a pre-condition (Permanent Residents acceptable), nor make it a preference as does the federal government. Hence the overall number of visible minorities is a valid benchmark although I would still argue a more realistic one would the visible minority citizenship benchmark (9.9 percent):

Le Québec a un tel retard à corriger en matière d’inclusion qu’il faudrait que le secteur public se fixe un taux d’embauche de 25 % au sein des minorités visibles et ethniques jusqu’à ce que celles-ci représentent 18 % de la main-d’œuvre, affirme Québec solidaire (QS).

Convaincu d’un « coup de barre » à donner, le parti a dévoilé dimanche une politique qui, s’il était porté au pouvoir, prévoirait aussi la création de « Carrefours d’accueil en immigration ». Ceux-ci joueraient un rôle de « guichet unique » permettant d’orienter les nouveaux arrivants vers des services comme l’aide à l’emploi ou des cours de francisation.

« C’est là que le Parti libéral, qui est là depuis 15 ans, a le plus échoué : face aux nouveaux arrivants et arrivantes, face aux gens de la diversité culturelle, des minorités visibles », a dit la députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Manon Massé, lors de la présentation de la politique dimanche en compagnie du député Amir Khadir, d’Andres Fontecilla, qui se présentera dans Laurier-Dorion, et de plusieurs autres candidats.

« Dans la fonction publique, il y a des règles. Elles sont à peine respectées. D’ailleurs, il manque énormément d’employés issus de la diversité culturelle au sein du secteur public », a ajouté Mme Massé. « Il faut un coup de barre. » Québec solidaire souhaite que le taux de représentation des communautés culturelles soit le même que dans la société, soit d’environ 18 %. D’ici 2024, la fonction publique devrait embaucher un « minimum » de 3750 personnes, a-t-elle dit. Le parti politique souhaite aussi travailler à la reconnaissance des compétences de l’étranger.

En mars 2017, les communautés culturelles comptaient pour 9,4 % des employés du secteur public, selon le Secrétariat du Conseil du trésor. Le gouvernement Couillard a déjà affirmé que le taux d’emploi des immigrants qui sont au Québec depuis plus de dix ans (81,9 %) est inférieur à celui des gens nés au Canada (86,2 %).

À quelques mois des élections, les annonces se succèdent. Le gouvernement Couillard a récemment annoncé une stratégie de la main-d’œuvre 2018-2023 qui promet une somme de 1,3 milliard sur cinq ans. Le plan insiste sur la francisation, mais aussi sur la réduction des délais dans la remise des certificats de sélection.

Le Parti québécois a proposé il y a deux semaines de travailler sur la sélection des immigrants en fonction notamment de leur connaissance du français. Il souhaite aussi qu’ils choisissent de s’installer pas seulement à Montréal, mais en région.

Du côté de la CAQ, des documents révélés récemment par L’actualité montrent que le parti veut mettre un accent particulier sur la francisation et souhaite réformer « en profondeur » le ministère de l’Immigration.

Outre les investissements supplémentaires en francisation, QS souhaite impliquer les entreprises. Par exemple, l’application de la loi 101, qui vise actuellement les entreprises de 50 employés et plus, couvrirait désormais les sociétés de 20 employés et plus.

Source: Québec solidaire dévoile sa politique en matière d’inclusion

Quebec: 3% de minorité visible dans la haute fonction publique

While I do not have breakdowns for senior management in all provinces (not all provide a breakdown like Quebec), this comparative chart on provincial and municipal diversity captures the overall picture (Census 2016 NAICS, visible minority numbers adjusted for citizenship):

Quelque 3% de personnes issues des minorités visibles ont été nommées à des postes de la haute fonction publique depuis 2014. Selon les données compilées par Québec solidaire (QS), parmi les 2330 personnes nommées à ces postes, seulement 72 proviennent des minorités visibles alors que celles-ci représentent 13 % de la population québécoise.

À Montréal, ce taux grimpe toutefois à 22,6 %. Bon an mal an, ce pourcentage est resté le même. De 2014 jusqu’à février 2017, le taux était de 3,7 % . En y ajoutant l’année 2018, en cours, ce taux s’établit à 3 %, selon les calculs de QS, chiffres qu’avait reconnus le Conseil exécutif.

Pour le député de QS Amir Khadir, c’est là un « constat d’échec lamentable » du gouvernement libéral au pouvoir. « Quand on parle de racisme systémique, c’est ça. La machine est structurée de telle sorte qu’elle discrimine, de manière systématique, tout ce qui n’est pas conforme. Ça vient par les accointances et les copinages au sommet », a-t-il déploré. « Si [Philippe Couillard] est sincère, il doit commencer à changer, au lieu de continuer avec des nominations partisanes et intéressées. »

En ce qui concerne plus largement la fonction publique, 9 % des effectifs sont des membres de communautés culturelles, ce qui comprend les minorités visibles et les minorités ethniques (dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais). Le gouvernement s’est engagé la semaine dernière à doubler ce pourcentage pour atteindre une cible de représentativité de 18 % des minorités.

via 3% de minorité visible dans la haute fonction publique | Le Devoir

Quebec’s immigration debate out is of whack with province’s youth

Not sure how representative this survey is of all Quebec youth given limited to three CEGEPs in Montreal but nevertheless interesting and reinforces overall pattern of youth being relatively more open and comfortable with diversity:

….Lost in the political noise last week was a study released by a team of scholars working under the backing of a radicalization research group at Cégep Édouard-Montpetit.

The group surveyed close to 1,000 students at thee mostly francophone Cégeps about their attitudes toward religion, immigration and extremism.

They found that 59 per cent either agreed, or strongly agreed, with the statement that immigrants in Quebec are well-integrated. About the same number disagreed with the idea that the province should accept fewer immigrants.

Strong majorities also indicated they wouldn’t be bothered by a teacher wearing a hijab, skullcap or cross.

Seven out of 10 said they didn’t believe banning religious symbols in public would do much to counter radicalization.

Asked what their major social and political concerns were, the Cégep students prioritized the environment, inequality and economic development over immigration.

This is not to suggest that a debate about immigration is not worth having.

But the findings from this study raise the question of whether the terms of the current immigration debate are at all relevant to the generation that will have to live with its consequences.

Quebec’s politicians are spending a lot of time worrying that newcomers are not fitting in. The province’s youth have moved on to the next question: What are we going to accomplish together?

Source: Quebec’s immigration debate out is of whack with province’s youth

Andrew Coyne: It’s that time again, when Conservatives say anything to woo Quebecers

Typical acerbic Coyne commentary on CPC flirting with the Quebec nationalist vote:

Certain things recur eternally, in time with the rhythm of the seasons. Flowers bloom in spring. The swallows return to Capistrano. And the federal Conservatives prostitute themselves for the Quebec-nationalist vote.

Well, that’s a bit strong. Prostitutes, after all, expect to be paid. Whereas the Conservatives’ periodic efforts to sell themselves, their principles and their country to people with a proven lack of interest in all three are as notable for their unremunerativeness as they are for their self-abasement.

The Conservatives have been trying this same act now for several decades, most notably — and destructively, to both country and party — under Brian Mulroney, but in their different ways under Robert Stanfield (“deux nations”), Joe Clark (“community of communities”) and even Stephen Harper (“the Québécois nation” resolution).

Occasionally, they manage to attract some attention in the province that has remained largely indifferent to them since 1891. If they are particularly extravagant in their offerings, as under Mulroney, they may even win their votes — but only for as long as it takes to sink in that there is no support in the rest of Canada for what they are proposing, and no possibility of their being implemented.

At which point the whole exercise sinks in a heap of dashed expectations and accusations of bad faith, leaving the country divided and the Tories in ashes. Until, inevitably, some genius gets it into his head to launch the whole routine again.

As, indeed, some genius now has. There were early warning signs during the leadership campaign, with Andrew Scheer’s efforts to prostrate himself before the dairy lobby on the issue of supply management — a policy that is not explicitly about Quebec nationalism, but which only exists because it has been incorporated into the “Quebec consensus,” and is as such, like others of its kind, untouchable.

There were further hints in Scheer’s expressions of interest, as leader, in the Couillard government’s ruinous plan to leap again into the constitutional bog, this time with a set of demands that include entrenching “the Quebec nation” — not the Québécois, as in the Harper resolution, but the province entier, as national proto-state.

But it wasn’t until last weekend’s gathering of the party in Saint-Hyacinthe that we began to see just how far the Scheer Conservatives are prepared to go down this road. We now learn that among the proposals Scheer is considering including in the platform for 2019 is a federal retreat from responsibility for culture and immigration in Quebec, in favour of the provincial government: a longstanding nationalist demand, and another brick in the wall dividing Quebec from the rest of Canada.

As in a growing list of other fields, MPs from Quebec would be setting rules for the rest of Canada that did not apply to themselves, legislating for other provinces in areas over which Quebec reserved all power to itself. To now we’ve been able to paper over the inequities this implies: the levies Quebec MPs voted to impose on other Canadians under the Canada Pension Plan were until lately the same as those imposed under the Quebec Pension Plan. (They are now slightly lower.) But the principles of federalism can only be stretched so far. At some point they’re bound to break.

And there was this gem. In the name of preserving its autonomy, Quebec has long been the only province to force its long-suffering citizens to file their taxes twice: once to Ottawa and a second, entirely separate return to the province, with a separate set of deductions and credits. The Tories now propose to end this silliness — not, as you might expect, by the province agreeing to use the federal tax base in return for the feds collecting its taxes for it, as in the rest of Canada, but by the province collecting both sets of taxes, then remitting the federal portion to Ottawa.

Wonderful: henceforth, the federal government would be dependent on the grace and favour of the government of Quebec for a fifth of its income — even as the government of Quebec depends on federal transfers for about a fifth of its income. (Would it just subtract its share? Or would the two governments send each other cheques?)

And should there arise some dispute between them? That’s a nice little revenue source you have there. Pity if anything should happen to it.

There’s no actual need for any of this, you understand. There never is. The reason Quebec has its own pension plan is not because Quebecers age at different speeds, but because the government of Quebec fancied the cash — and because the Pearson government, with the Quiet Revolution then at its peak, was too unnerved to say no.

So it is with immigration and culture. Believe it or not, the federal government employs many francophone Quebecers. To the extent Quebec has special needs in these areas, they are quite capable of understanding and addressing them. Meanwhile, the province continues to enjoy the greatest degree of latitude in a country whose provinces generally have more powers than many sovereign states.

But then, the interest of Quebec’s political class in protecting the province’s jurisdictional turf seems to ebb and flow. At times, they are only too happy to have the feds intervene — for example, when it comes to covering the costs of the current influx of asylum seekers. Or, in perhaps the most brazen recent example of have-it-both-ways federalism, in the Coalition Avenir Québec’s suggestion that, should it form a government, it would exclude immigrants who did not pass its “values” test — but stick Ottawa with the job of kicking them out of the country.

I get why provincial politicians behave this way. I have no idea why their federal cousins are so eager to enable them. Or rather no, I know exactly why. Certain things recur eternally, after all.

La CAQ adoucit sa position sur l’immigration

The contrast in titles between the Globe (CAQ seeks to expel immigrants who fail ‘Quebec values’ test – The Globe and Mail) and La Presse is telling (La Presse is the more up-to-date version).

Will be interesting to see if the CPC in its effort to gain support in Quebec by further devolving immigration responsibility to that province (Tories on the rise in Quebec as Scheer woos former Bloc voters, poll …) will have second thoughts should the CAQ be elected and implement such post immigration testing:

À quatre mois des prochaines élections, la Coalition avenir Québec (CAQ) a édulcoré sa position sur l’immigration. Plus question pour le Québec d’expulser des immigrants qui, au bout de trois ans, n’ont pas appris le français ou ne cherchent pas un emploi ; il appartiendra à Ottawa de procéder éventuellement à des évictions.

Dans un « document d’orientation » sur l’immigration publié ce mois-ci, la CAQ se défend de vouloir expulser ou extrader des immigrants : « le recours à ce vocabulaire témoigne d’une mauvaise foi ou d’une méconnaissance de nos institutions », indique-t-on. Un immigrant « récalcitrant » qui ne respecterait pas l’engagement pris à son arrivée ne serait plus admissible au Certificat de sélection du Québec ; « le gouvernement du Québec fera alors parvenir au gouvernement fédéral un avis officiel pour l’informer de la présence en territoire canadien d’une personne sans statut. Le gouvernement fédéral décidera alors des mesures qu’il entend prendre ».

« [Le pouvoir d’expulsion], je ne pense pas avoir jamais dit que ce serait le gouvernement qui le ferait. Le seul pouvoir que le Québec a est d’accorder ou non un certificat de sélection. » – François Legault, chef de la CAQ, dans un entretien avec La Presse

Sans ce certificat, « techniquement, la personne se retrouve sans statut, donc elle ne peut rester au Canada ».

En conférence de presse, le 16 mars 2015, en présentant la politique avec le député Simon Jolin-Barrette, M. Legault s’était fait demander si les contrevenants seraient expulsés. « L’immigrant [qui] ne reçoit pas son certificat permanent, bien oui, il devra retourner, puis le gouvernement fédéral devra s’assurer que cette personne retourne chez elle », avait-il dit. Plus tard, à une autre question sur l’éviction des immigrants récalcitrants, il avait ajouté qu’ils pourraient être candidats dans d’autres provinces, mais pas au Québec. « Ils ne peuvent pas rester de façon permanente même s’ils se sont fait une blonde, un chum au Québec puis qu’ils ont eu un enfant. À un moment donné, il y a des lois, puis nous, on pense que c’est important pour le vivre-ensemble québécois que les personnes parlent français, connaissent et respectent les valeurs québécoises et répondent aux objectifs d’employabilité », avait soutenu M. Legault il y a trois ans.

La proposition de la CAQ maintient la réduction du nombre d’immigrants acceptés chaque année – des 50 000 actuels, on voudrait passer à 40 000. « C’est une réduction temporaire », a expliqué hier M. Legault, qui rappelle qu’après 10 ans, 26 % des immigrants reçus ont quitté le Québec. « Pendant un certain nombre d’années, il faut réduire le nombre. Actuellement, à 50 000, on excède nos capacités à l’emploi et à la formation en français », observe-t-il. La barre sera remise à 50 000 une fois ces objectifs atteints. « Au cours d’un mandat ? Je ne veux pas fixer de délais, mais cela pourrait être ça », a précisé M. Legault.

Selon le premier ministre Philippe Couillard, la position de la CAQ illustre que pour ce parti, l’immigration « est un problème à régler ». « [Une autre idée] de M. Legault qui est brouillonne et inapplicable à plusieurs égards. Ce que sous-tend ce discours-là, c’est le fait que l’immigrant est un problème ; c’est un problème à régler, alors que c’est une occasion extraordinaire pour le Québec », a lancé M. Couillard en marge du point de presse où il a confirmé qu’Alexandre Taillefer deviendrait président de la campagne électorale du Parti libéral du Québec (PLQ).

Au Parti québécois (PQ), on qualifie la position de la CAQ en matière d’immigration d’« irréaliste ».

« Ce n’est pas sérieux, a martelé hier le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée. Ce que la CAQ dit, c’est : “On va faire entrer jusqu’à 100 % d’immigrants qui ne connaissent pas le français puis, après trois ou quatre ans, s’ils ne l’ont pas appris, ils vont rester parce qu’on va demander au fédéral de les expulser, [mais] le fédéral ne va pas les expulser.” »

« On est au coeur de l’imagination fautive de la CAQ, proposer des affaires qui ne se peuvent pas, qui n’existera pas, qui ne sera pas appliquée », a souligné M. Lisée.

via La CAQ adoucit sa position sur l’immigration | Denis Lessard | Politique québécoise

Accommodement raisonnable: la règle du cas par cas s’appliquera

In other words, sounds like the overall Canadian approach to accommodation requests:

Près de sept mois après l’adoption de la « loi 62 », la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a dévoilé mercredi les lignes directrices visant à « guider » les organismes publics dans le traitement de demandes d’accommodement pour un motif religieux reçues à compter du 1er juillet prochain.

Ces lignes directrices ne forment pas un « cadre d’analyse unique », a-t-elle souligné à gros traits en conférence de presse mercredi après-midi. Du coup, chaque demande devra continuer d’être traitée au « cas par cas ».

Installation d’une vitre givrée dans un gymnase, aménagement d’un lieu de prière dans un établissement public, octroi d’un congé lors d’une fête religieuse, Mme Vallée a refusé d’illustrer l’application des nouvelles lignes directrices au moyen d’exemples de demandes d’accommodement raisonnable ou déraisonnable. « Vous me faites une demande très générale dans un contexte très général. Ce qui est important de bien saisir dans les demandes d’accommodement, c’est que ces demandes-là sont formulées dans un contexte particulier, à un organisme particulier, par une personne particulière », a-t-elle fait valoir à la presse. Chaque demande d’accommodement pour un motif religieux sera « étudiée au cas par cas », et ce, « en fonction du contexte au moment où la demande est formulée », a-t-elle ajouté.

Cela dit, un accommodement sera octroyé seulement si une série de conditions prévues par la Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse sont respectées, a expliqué Mme Vallée. Parmi elles : « le demandeur doit croire sincèrement qu’il est obligé de se conformer à cette conviction ou cette pratique dans le cadre de sa foi ». L’accommodement demandé ne doit pas entrer en collision avec, d’une part, le droit à l’égalité entre les femmes et les hommes et, d’autre part, le droit de toute personne d’être traitée sans discrimination. Autrement dit, le droit des autres usagers ou employés de l’organisme assujetti à la « loi 62 » de ne pas subir de discrimination fondée sur leur sexe, leur race, leur identité de genre, leur orientation sexuelle ou tout autre motif interdit par la Charte des droits et libertés de la personne doit demeurer intact.

Les fonctionnaires devront aussi avoir « en tête les principes de sécurité, de communication et d’identification » lorsqu’ils analyseront les demandes d’accommodement faites par une personne tenant à garder le visage couvert lorsqu’elle reçoit un service public en raison de ses convictions religieuses, a rappelé la ministre de la Justice.

« Les demandes d’accommodement pour motif religieux sont déjà traitées dans les organismes en ce moment, à la lumière des règles élaborées au fil du temps par la jurisprudence. […] La publication des lignes directrices facilitera une meilleure compréhension de la loi, mais aussi, et surtout, une mise en oeuvre plus harmonieuse. »

Gérard Bouchard et Charles Taylor, qui ont coprésidé la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles il y a dix ans, ont mis la main à la pâte, a mentionné Mme Vallée au détour d’une réponse.

Un répondant sera désigné dans chaque organisme pour traiter les demandes d’accommodement pour motif religieux. « Ce n’est pas chaque chauffeur, ce n’est pas chaque employé qui est responsable de [traiter] la demande. Ce seront les répondants », a martelé Mme Vallée en conférence de presse.

Un demandeur qui essuie un refus pourra interjeter appel devant la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. « Comme c’est le cas actuellement », a précisé Mme Vallée.

La sous-ministre à la Justice a transmis mercredi après-midi les lignes directrices à ses homologues dans les autres ministères. Les commissions scolaires, les cégeps, les universités, les municipalités, les sociétés de transport recevront également un exemplaire. Des « formations » y seront organisées prochainement, a indiqué Mme Vallée.

Les organismes ont les coudées franches pour rejeter toute demande d’accommodement non raisonnable, selon le gouvernement libéral. En effet, l’accommodement demandé ne doit pas imposer une contrainte excessive à l’organisme visé, c’est-à-dire « nui[re], de façon importante à sa prestation de services, à sa mission [et] à la qualité de ses services ».

D’ailleurs, le demandeur devra « collabore[r] à la recherche d’une solution satisfaisante et raisonnable », notamment en faisant « des compromis pour limiter les contraintes que sa demande peut causer », peut-on lire sur la fiche d’information produite par le ministère de la Justice.

Le coin droit du document est orné d’une fleur de lys formée d’individus, tandis que le coin gauche loge le slogan du gouvernement, « Ensemble… on agit pour une société juste et équitable ».

« Les demandes d’accommodements ont comme objectif d’assurer le respect des droits fondamentaux individuels, d’éviter les situations de discrimination entre les citoyens, elles visent à atteindre l’équité au sein de la société québécoise et non, comme certains le perçoivent, à accorder un traitement de faveur », a souligné Stéphanie Vallée. « Ce ne sont pas toutes les demandes présentées qui constituent une demande d’accommodements, et ce ne sont pas toutes les demandes d’accommodements qui peuvent être accordées », a-t-elle ajouté.

Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec ont réagi au quart de tour.

Les lignes directrices n’ajoutent rien à la « loi 62 », déplore la députée péquiste Agnès Maltais. « Ça [en] laisse encore beaucoup sur les épaules des employés », a-t-elle dit.

Selon sa compréhension, les femmes de confession musulmane pourront porter le niqab ou la burka au Québec, « sauf dans le cas où un employé [d’un organisme] — et c’est là que ça revient sur les épaules de l’employé — demande une identification pour des raisons de communication ou de sécurité ».

« Stéphanie Vallée ouvre la porte à un accommodement religieux pour le niqab et la burqa si la croyance est “sincère” et elle ajoute encore plus de confusion à sa loi 62. C’était un fouillis, c’est maintenant un foutoir ! » a poursuivi la députée caquiste Nathalie Roy mercredi après-midi. Elle promet de commenter plus longuement le dossier à l’Assemblée nationale jeudi.

La ministre Stéphanie Vallée tâchera de démêler les incompréhensions des partis politiques d’opposition en commission parlementaire d’ici la fin de la session parlementaire, prévue le 15 juin prochain.

La totalité de la loi favorisant le respect de la neutralité religieuse — y compris l’article 10 indiquant qu’une personne offrant ou recevant un service public « doit avoir le visage découvert », qui a été invalidé par la Cour supérieure en décembre dernier — pourra être appliquée à compter du 1er juillet prochain, est-elle persuadée.

Source: Accommodement raisonnable: la règle du cas par cas s’appliquera

Maxime Bernier et la couleur: Fabrice Vil

Fabrice Vil of Le Devoir on Maxime Bernier’s blindness to structural and systemic barriers:

Il y a quelques jours, j’ai lu de sages paroles sur Twitter : « Nous devrions certainement faire tout notre possible pour redresser les injustices et donner à tous des chances égales de s’épanouir. Et nous devrions reconnaître que le Canada est assez grand pour contenir plusieurs identités. Comme Québécois francophone, je peux comprendre ça. » Je suis en tous points d’accord avec ces propos éloquents. Écrits par qui ? Nul autre que Maxime Bernier, député conservateur.

La plupart d’entre nous veulent une société où tous les humains jouissent des mêmes droits. C’est ce que suggère aussi M. Bernier. Pour y arriver, il est nécessaire de reconnaître les différences entre nous qui provoquent des désavantages pour certains, et de traiter les gens différemment afin de pallier ces désavantages. C’est là où M. Bernier se méprend et se contredit.

À la fin du mois dernier, Ahmed Hussen, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, saluait sur Twitter certaines des mesures que prévoit le dernier budget fédéral afin de lutter contre le racisme. « Un #budget2018 historique pour les Canadiens racisés », a-t-il écrit.

Le 6 mars, M. Bernier a répondu : « Je pensais que le but ultime de la lutte contre la discrimination était de créer une société aveugle aux couleurs où tout le monde est traité de la même façon […]. » Erreur, M. Bernier.

Dans un monde idéal, la couleur de la peau serait en effet aussi anodine que, disons, la couleur des yeux. On juge la couleur des yeux sur une base esthétique, mais personne n’est vraiment lésé strictement sur la base du teint de son iris. Imaginez un monde où les gens aux yeux verts ont plus de chances d’êtres pauvres, moins de chances d’obtenir un emploi et plus de chances d’être emprisonnés. Bizarre, non ? En ce sens, il est vrai que la lutte contre la discrimination devrait mener à ce que la couleur de la peau ne soit plus utilisée pour brimer les droits d’un individu.

Toutefois, la lutte contre la discrimination elle-même n’implique pas qu’on traite tout le monde de la même façon. Pour garantir les mêmes droits fondamentaux à tous, il ne faut pas traiter tout le monde également. Agir de cette manière perpétue les inégalités. Il faut plutôt agir différemment pour rétablir les déséquilibres qui défavorisent certains individus. C’est ce qu’on appelle agir équitablement.

Connaissez-vous l’analogie des trois gamins qui regardent un match de baseball, debout derrière une clôture en bois ? Le premier est assez grand pour voir le match sans aucun soutien. Le second, de taille moyenne, a besoin de se tenir sur une caisse afin que sa tête dépasse la clôture. Le troisième, plus petit, a besoin de deux caisses pour pouvoir regarder le match.

En donnant une caisse à chaque gamin, on les traiterait tous également. On offrirait toutefois du soutien à un gamin qui n’en a pas besoin, et l’un d’entre eux ne serait pas en mesure de voir le match.

Dans cet exemple, afin que la taille ne soit plus une cause d’inégalité, il faut justement constater les différences de taille et en tenir compte dans la distribution des caisses. Dans cet ordre d’idées, contrairement à ce que suggère M. Bernier, la poursuite de l’égalité des chances implique de voir la couleur de peau et de reconnaître qu’elle constitue un motif de discrimination.

En 2018, un enfant de 10 ans disparu qui se trouve à être noir ne peut pleinement bénéficier du soutien élémentaire que mérite un enfant de 10 ans disparu. Il doit subir les foudres d’internautes qui formulent à son égard des remarques racistes beaucoup trop violentes pour que je les reproduise ici.

Quelques remarques isolées ? Soit. Mais la discrimination est bien réelle et plus répandue qu’on veut parfois le reconnaître. Je m’évertue à relater que la population carcérale d’origine autochtone a augmenté de 46 % de 2003 à 2013 au Canada. Et de 80 % chez les Noirs. Ces statistiques, qui illustrent une inégalité systémique majeure, demande que nos politiques publiques tiennent compte des déséquilibres qui portent préjudice aux personnes de couleur.

C’est pourquoi nos politiciens ont la responsabilité de voir la couleur. Mais pas seulement la couleur. Tout attribut qui représente un motif de discrimination. Il ne s’agit pas d’accorder des droits et privilèges différents à certains groupes, mais d’aménager des traitements différents pour que tous bénéficient des mêmes droits. Si M. Bernier veut faire, comme il le dit, « tout [son] possible pour redresser les injustices », comment peut-il agir avec clairvoyance tout en étant aveugle ? Croit-il sérieusement que traiter tout le monde également va redresser les injustices ?

via Maxime Bernier et la couleur | Le Devoir

Les libéraux évitent le terme «nationalisme ethnique»

Hard to deny Leitao’s point given ongoing identity politics. Meets the definition of a gaffe being speaking the truth too frankly:

Les libéraux n’ont pas voulu répéter les mots « nationalisme ethnique » utilisés par le ministre des Finances Carlos Leitão pour dénoncer la Coalition avenir Québec (CAQ), jeudi.

À leur arrivée à l’Assemblée nationale, des ministres du gouvernement Couillard se sont portés à la défense de leur collègue. Mais ils se sont gardés de reprendre l’expression qu’il a utilisée pour critiquer le parti de François Legault dans une entrevue à The Gazette.

Dans un article paru mercredi, M. Leitão a déclaré au quotidien que la CAQ propose un « nationalisme ethnique ».

« Ce à quoi nous nous opposons fondamentalement, ce à quoi le Parti libéral du Québec s’opposera toujours, c’est de la division, a affirmé le ministre de l’Immigration, David Heurtel. C’est de tenter d’antagoniser les Québécois. »

Pressé de répéter les propos son collègue, M. Heurtel a tourné les talons et fait dos aux journalistes pour ensuite répondre à des questions en anglais.

Son collègue à l’Éducation, Sébastien Proulx, a affirmé : « Je n’ai pas à répéter une affirmation dans un contexte où je ne l’ai pas entendue. »

« Je connais M. Leitão, a ajouté M. Proulx. Je sais pour quelles raisons il fait de la politique, je sais pourquoi il est motivé à faire de la politique, je sais qu’il accorde beaucoup d’importance à la place de gens comme lui dans notre société, qui se sont bâtis et qui sont aujourd’hui ministre des Finances. »

La déclaration de M. Leitão a fait bondir le chef caquiste François Legault, mercredi. Il a exigé des excuses et demandé au premier ministre Philippe Couillard de le rappeler à l’ordre.

La CAQ est revenue à la charge jeudi matin. Elle a présenté une motion pour que les parlementaires reconnaissent « qu’aucune formation politique représentée à l’Assemblée nationale du Québec ne prône le nationalisme ethnique ». Une initiative que le Parti libéral a refusé d’appuyer.

Au Salon bleu, le leader parlementaire caquiste, François Bonnardel, a souligné à gros traits le refus des ministres libéraux de répéter les propos de M. Leitão.

« Ce qui alimente le cynisme, ce sont les double-discours, a dénoncé M. Bonnardel. Pourquoi refuse-t-il de dire en français ce qu’il a dit en anglais ? Pourquoi ce double-discours ? Qu’il assume ou qu’il s’excuse. »

M. Leitão avait refusé de s’excuser mercredi.

« J’ai dit ce que j’avais à dire », a-t-il simplement déclaré jeudi matin.

via Les libéraux évitent le terme «nationalisme ethnique» | Martin Croteau | Politique québécoise

‘White judge, white lawyer’: Quebec inquiry into discrimination lacks Indigenous voices, critics say

It does appear that the inquiry did make serious efforts to include Indigenous voices:

The Quebec inquiry tasked with investigating discrimination is being criticized for its own lack of representation, as it examines how Indigenous people are treated by provincial services.

The Viens commission — named after its chair, Jacques Viens — was created by the Quebec government in 2016  in response to public pressure after prosecutors decided not to lay charges against six provincial police officers accused of sexually abusing Indigenous women in Val-d’Or, a city about 525 kilometres northwest of Montreal.

When Premier Philippe Couillard announced the inquiry, he said there was a “need to act rapidly to restore the relationship of trust broken since the events in Val-d’Or.”

The inquiry, which is wrapping up its 16th week of hearings, has been mandated to look into treatment of Indigenous people by six specific government institutions: police services, corrections, legal services, the health system, social services and youth protection.

One Indigenous advocate who testified before the commission last month said she was struck by the absence of Indigenous people heading up the inquiry.

“You’re walking into this sterile environment that is not welcoming,” said Nakuset, director of the Native Women’s Shelter of Montreal who goes by just the one name. “You have this white judge and then you have a white lawyer on your side who’s proceeding.”

“There are some people [with the commission] that are Indigenous. [But] I don’t remember seeing them there. They’re not sitting in front.”

There are 18 Indigenous staffers — roughly 21 per cent of the commission’s members — who serve on various teams, including Aboriginal relations, research, pscyhosocial support, wellness and communications.

None of them are part of the legal department.

Indigenous lawyers were sought

Inquiry head Viens is also not Indigenous, though the retired Quebec Superior Court judge spent 25 years of his career in the judiciary district of Abitibi, which encompasses Val-d’Or, and also practised law in Cree and Inuit communities.

Commission chief counsel Christian Leblanc said attempts were made to recruit Indigenous lawyers, but many were not willing to relocate to Val-d’Or, the base of operations for the commission.

Nakuset, a vocal Indigenous advocate in Quebec and the director of the Native Women’s Shelter of Montreal, testified before the commission in February. (Commission on relations between Indigenous peoples and specific public services in Quebec)

He said it was difficult to find experienced lawyers — Indigenous or non-Indigenous — who were willing to interrupt their lives and careers for the duration of the inquiry.

“You have to understand, to know that we did offer jobs and opportunities to Indigenous lawyers to come work with us,” he said.

Leblanc said he had serious conversations with at least four Indigenous lawyers about joining the inquiry, but they all declined.

He said his team was careful to only hire legal counsel with experience working in Indigenous communities or on Indigenous issues.

Leblanc also underscored the role that Indigenous commission staff play in decision-making.

“In the best world, if we could have had 50 per cent, it would have been a good statistic. But what’s important is not the quantity, it’s the quality. It’s the role those people play in the work we do.”

He said the inquiry also makes every effort to ensure the hearings are held in a welcoming and culturally sensitive atmosphere.

“We try to have an audience room that is as different as it can be from a court hearing room,” he said. “We set the table in a circle. Everybody sits.

Quebec premier announces 2-year inquiry into treatment of Indigenous people
‘Betrayed, humiliated’ Val-d’Or women speak out after no charges against police accused of abuse
No charges in Val-d’Or abuse scandal will breed further mistrust, Indigenous leaders say
“We have the decor. We try to make it Aboriginal.”

That’s not good enough for Nakuset. She said she can’t understand why the Quebec government wouldn’t name an Indigenous judge to head the commission.

“They have a connection and an understanding of our realities,” she said. “It’s always easier to see someone in power who has lived a similar experience.”

via ‘White judge, white lawyer’: Quebec inquiry into discrimination lacks Indigenous voices, critics say – Montreal – CBC News

Les « Métis » du Québec misent sur le G7

The complexities of Métis identity:

Des Québécois qui réclament le statut de Métis et revendiquent des droits ancestraux sur un territoire qui inclut La Malbaie veulent profiter du passage du G7 dans Charlevoix pour faire valoir leur cause devant les caméras du monde entier.

« Ce n’est pas impossible qu’on aille porter notre message d’une façon ou d’une autre. Quelle forme ça prendra, on ne sait pas encore. Mais le G7 est un gros forum, il y aura beaucoup de caméras », explique leur porte-parole, René Tremblay, en entrevue avec La Presse.

La cause de ces Québécois qui réclament le statut de Métis est actuellement devant les tribunaux. Elle est à la fois complexe et importante, car elle pourrait avoir des répercussions majeures.

L’organisation de M. Tremblay, la Communauté métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan (CMDRSM), compte 5000 membres. Mais ce sont jusqu’à 20 000 personnes qui, selon lui, pourraient aspirer au statut de Métis dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean seulement.

M. Tremblay et les siens cherchent à obtenir une reconnaissance, comme les Métis de l’Ouest canadien. Ils clament être les descendants d’unions mixtes entre Blancs et autochtones, et revendiquent un territoire ancestral qui va de la Baie-James à la Côte-Nord. La Malbaie, où les leaders du G7 vont se rencontrer les 7 et 8 juin, fait partie de ce territoire.

Mais La Malbaie est reconnue comme un territoire ancestral des Hurons-Wendats ; des Innus affirment également que Charlevoix fait partie du leur. Les prétentions des « Métis » du Québec sont d’ailleurs accueillies froidement par plusieurs autochtones, tout comme de nombreux experts en droit.

« Depuis 40 ans, pas mal toutes les Nations ont dû aller devant les tribunaux et, avec le temps, on a réussi à se bâtir une jurisprudence acceptable. C’est naïf de leur part de croire que du jour au lendemain, en claquant des doigts, ils deviennent les bénéficiaires de tous les droits des Indiens », laisse entendre Konrad Sioui, grand chef de la Nation huronne-wendat.

« Le Ralliement national des Métis, c’est les enfants de Louis Riel, c’est la rivière Rouge dans l’Ouest. En Ontario, il y a eu un jugement en faveur des Métis, mais très étroit. Les critères établis par la Cour suprême pour se faire reconnaître Métis sont très étroits et difficiles à remplir au Québec », ajoute le grand chef.

DEVANT LES TRIBUNAUX

La cause des Métis du Québec devant les tribunaux commence avec une histoire de chasse. Stéphane Corneau, un Saguenéen, occupait un camp illégal sur les terres publiques. Contestant la décision du gouvernement de le détruire, il affirme être Métis et bénéficier de droits ancestraux sur la forêt, dont celui de pratiquer des activités traditionnelles, comme la chasse.

M. Corneau affirme être descendant de Christine Kichera, une Innue qui s’était mariée à un Canadien français en 1805.

Dans un jugement de février 2015, la Cour supérieure a débouté M. Corneau. Le juge Roger Banford a écrit : « La conception de l’identité métisse, selon le défendeur, se limite à son lien de sang et son intérêt développé pour les activités de chasse et de pêche, ce qui ne le distingue guère d’une grande partie de la population saguenéenne. »

La cause a été portée en appel et a été entendue en mai 2017. Les Métis du Québec attendent le jugement avec impatience. Mais selon l’expert en droit autochtone et professeur titulaire à la faculté de droit de l’Université de Montréal, Jean Leclair, la jurisprudence joue en leur défaveur.

« La Constitution reconnaît des droits collectifs à des communautés métisses historiques qui ont perduré dans le temps. Il ne suffit pas d’avoir du sang blanc et autochtone. C’est plus compliqué que ça. »

Alors que les communautés métisses de l’Ouest, descendantes de Louis Riel, ont démontré leur présence historique, la réalité est tout autre au Québec, rappelle M. Leclair. En 2003, avec l’arrêt Powley, la Cour suprême a défini clairement les conditions pour être considéré comme Métis.

« Ils doivent démontrer qu’il y avait historiquement une communauté avec un mode de vie particulier, une spécificité culturelle donnée. C’est là que les revendicateurs d’un statut métis ont tous échoué en cour. Il n’y a pas juste l’affaire Corneau : je pourrais vous envoyer 10 décisions similaires. »

« Ça ne prend pas un juriste pour comprendre que si la Cour suprême avait dit : “Est un Métis toute personne avec une descendance indienne”, il y aurait eu des milliers de Canadiens qui auraient pu revendiquer des droits ancestraux, ajoute Jean Leclair. C’est sûr que la Cour suprême allait donner une interprétation restrictive au mot “métis” figurant dans la Constitution de 1982. »

Les Métis du Québec font quant à eux valoir qu’il existait des communautés métisses au Québec au moment de la colonisation vers 1850, même si elles étaient petites. « Le juge de première instance a cherché un village métis quasiment avec un panneau à l’entrée, qui dit “Métis”. Comme il ne l’a pas trouvé, il a déclaré qu’il n’y avait pas de communauté métisse ici », affirme René Tremblay.

L’affaire est loin d’être terminée : M. Tremblay pense que peu importe la décision de la Cour d’appel, il y aura appel de son groupe ou du gouvernement. « Le jugement que les trois juges préparent, ils l’écrivent pour la Cour suprême. Parce que peu importe la décision, ça risque de se rendre là. »

via Les « Métis » du Québec misent sur le G7 | Gabriel Béland | National