Laïcité: «On est en train de légiférer un plafond de verre», dénonce la FFQ

Bill 21 gender based analysis concerns:

La Fédération des femmes du Québec (FFQ) dénonce le caractère « sexiste » du projet de loi sur la laïcité de l’État, qui est selon elle « une forme d’oppression envers les femmes » qui se traduit par l’instauration d’un « plafond de verre ».

« On est en train de légiférer un nouveau plafond de verre qui empêcheront [certaines] femmes musulmanes d’atteindre des postes d’autorité ou d’enseignantes », a dénoncé jeudi Idil Issa, une jeune Québécoise noire de confession musulmane qui porte le voile.

« J’ai l’intention de briser ce plafond de verre que vous êtes en train de construire. […] J’aurai une position d’autorité et je serai plus juste que vous. Je ne nuirai pas aux intérêts d’une minorité déjà vulnérable dans l’exercice de mes fonctions », a-t-elle ajouté en regardant le ministre Simon Jolin-Barrette.

Mme Issa était accompagnée jeudi de la présidente de la FFQ, Gabrielle Bouchard, en cette dernière journée de consultations du projet de loi 21 à l’Assemblée nationale. Dans son mémoire, publié sur son site internet, la Fédération affirme que le projet de loi du gouvernement Legault est « discriminatoire » et qu’il repose sur « une série de confusions ».

Selon la FFQ, « l’État n’a pas à émanciper de force les femmes ».

« Au Québec, il y a des féministes croyantes, tout comme il y a des athées réactionnaires. Combien de féministes croyantes ont activement participé aux mouvements féministes au Québec ? Pensons par exemple à ces féministes chrétiennes qui luttent pour le droit à l’avortement libre et gratuit. Pensons à toutes ces féministes musulmanes qui, en tant que membres de la FFQ, se battent avec nous pour les droits de toutes les femmes au quotidien », affirme la Fédération des femmes.

« Il n’y a aucune raison de croire que de réprimer une femme croyante est un acte féministe et émancipatoire », poursuit-on.

Beaucoup d’autres batailles

Pour la FFQ, « il reste beaucoup de batailles à mener pour garantir l’égalité entre les femmes et les hommes » au Québec, bien avant les restrictions prévues par le projet de loi 21 pour interdire le port de signes religieux à certaines catégories d’emploi.

« Salaire minimum à 15  $, accès aux services obstétricaux, réinvestissement massif dans les services publics, lutte au racisme systémique, accès au logement, accueil des femmes migrantes, lutte contre les violences sexuelles et domestiques, proximité des services en régions rurales et dans les petits centres, fin du temps supplémentaire obligatoire, conditions de travail des aides domestiques, enjeux socio-économiques liés à un capitalisme sauvage : voilà quelques-unes des batailles qui touchent les femmes dans leur quotidien », écrit notamment la Fédération dans son mémoire.

Les consultations du projet de loi 21 sur la laïcité de l’État prendront fin jeudi après deux semaines de travaux. En plus de la FFQ, la Coalition Inclusion Québec, la Ligue des droits et libertés de même que le Rassemblement pour la laïcité seront entendus en cours de journée par les parlementaires.

Québec utilisera-t-il le bâillon ?

Le gouvernement Legault procédera ensuite à l’étude détaillée du projet de loi en commission parlementaire au cours des prochaines semaines. Depuis son dépôt au Salon bleu, Québec a toujours répété qu’il souhaitait l’adopter avant l’ajournement des travaux parlementaires, le vendredi 14 juin prochain.

Lors de la période des questions, jeudi, le Parti libéral a dénoncé que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) utiliserait le bâillon pour adopter son projet de loi avant la fin de la session, même si l’étude celui-ci n’est pas terminé.

« Je crois qu’on est arrivé à une situation de consensus », a répondu le ministre Simon Jolin-Barrette.

Le député libéral Marc Tanguay a pour sa part lancé un « avis de recherche » afin que la ministre de la Justice, Sonia LeBel, se prononce sur l’utilisation d’une clause de dérogation pour protéger le projet de loi 21 de certaines contestations judiciaires.

Lorsqu’elle était questionnée en chambre, jeudi, c’est plutôt Simon Jolin-Barrette qui se levait pour répondre aux questions.

Source: Laïcité: «On est en train de légiférer un plafond de verre», dénonce la FFQ

Le Conseil du statut de la femme (CSF) demande au gouvernement Legault de réaliser des études afin de « convenir collectivement de la pertinence [d’interdire le port de signes religieux aux] personnes qui participent à l’éducation des enfants » dans le cadre du projet de loi sur la laïcité de l’État.

Contrairement à la Fédération des femmes du Québec (FFQ), qui a dénoncé jeudi que Québec créait « un plafond de verre » aux femmes mulsumanes qui portent le voile, le CSF appuie sans réserve l’interdiction du port de signes religieux pour les employés de l’État ayant un pouvoir coercitif (comme le recommandait en 2008 le rapport Bouchard-Taylor).

Mais le Conseil – dont le mandat est de conseiller le gouvernement « sur tout sujet lié à l’égalité, au respect des droits et au statut de la femme » – considère qu’il manque de données pour appuyer avec le même enthousiasme les dispositions du projet de loi 21 qui visent les enseignantes.

« Aux yeux du Conseil, s’il s’avérait que le port d’un signe religieux par le personnel enseignant véhicule une conception des femmes comme étant inférieures ou soumises aux hommes, son interdiction serait impérieuse. Il en irait de même s’il s’avérait que ce port brime la liberté de conscience des élèves et nuit à leur épanouissement ou encore porte atteinte au respect des convictions des parents », écrit le CSF dans son mémoire qui a été remis aux députés.

« Par souci de cohérence, l’interdiction devrait alors être étendue à toutes les catégories de personnel que côtoient les enfants à l’école », ajoute-t-on.

« Il [est donc] impératif que soient menées des études et consultations afin de mieux comprendre les effets du port de signes religieux par le personnel scolaire. De tels travaux permettraient […] de convenir collectivement de la pertinence de l’interdire ou non pour l’ensemble des personnes qui participent à l’éducation des enfants au sein des écoles ou dans d’autres milieux éducatifs », poursuit enfin le Conseil.

Plus tôt en journée, la Ligue des droits et libertés a pour sa part dénoncé le projet de loi 21 en affirmant que l’argumentaire élaboré par le ministre Simon Jolin-Barrette était basé sur des préjugés. Les consultations du projet de loi 21 se terminent jeudi.

Opinion: Quebec’s religious-symbol bill hearings have gone exactly as François Legault’s CAQ planned

Konrad Yakabuski’s take although I don’t share his conclusion that it made the CAQ proposals appear reasonable:

Eleven years ago this month, Quebec wise men Gérard Bouchard and Charles Taylor tabled their report on religious accommodation in Canada’s once “priest-ridden province.”

The two intellectual giants chosen by then-premier Jean Charest to extricate his Liberal government from the quagmire in which it found itself – it had been reduced to a slim minority after an election campaign that largely focused on religious accommodation – went to great lengths to insist that secular Quebec was not experiencing a clash of values. The apparent “crisis” involving the demands of religious minorities for recognition was largely, to use a term now in vogue, fake news. Some media organizations, they concluded, had been making mountains out of molehills, creating a false sense of urgency and collective insecurity.

And yet, Prof. Bouchard and Prof. Taylor went on to lay out in 310 dense pages how Quebec was different from the rest of Canada and North America, and how it was incumbent upon the provincial government to lay down the parameters for secularism. Rejecting the Canadian policy of multiculturalism as “poorly adapted to Quebec’s reality,” their report called for legislation establishing “interculturalism” as the model for managing diversity in the province.

”It is in the interests of any community to maintain a minimum of cohesion,” the Bouchard-Taylor report concluded. “For a small nation like Quebec, always preoccupied with its future as a cultural minority, integration represents a condition of its development, indeed its survival.”

The report presented its ideas for how to help an insecure minority – in this case, French-speaking Quebeckers – feel more secure. After spending decades seeking to eliminate the pervasive influence of the Catholic Church in public institutions, they sympathized with the desire of Quebeckers to prevent other religions from taking its place.

It was hence that Prof. Bouchard and Prof. Taylor recommended that state employees exercising “coercive powers” – such as police officers, prison guards, Crown prosecutors and judges – be prohibited from wearing conspicuous religious symbols. It was not a recommendation they made lightly; their report makes clear that such a prohibition would deprive some religious minorities of the ability to exercise certain state functions. But they concluded that it nevertheless constituted the “right balance for Quebec society today.”

It was obvious then that, in implementing such a ban, Quebec would put itself on a collision course with the rest of Canada. Indeed, by 2008, it had already been 18 years since the RCMP first began allowing Sikh officers to wear turbans as part of their official uniform. Whether they intended it to or not, their recommendation soon took on a life of its own, as proponents of Quebec secularism seized on the imprimatur of Bouchard-Taylor to legitimize their cause.

Appearing last week before the National Assembly commission studying Bill 21, Prof. Taylor, now 85, pleaded that he had been “naive” about the monster he helped create in tabling this recommendation. “Just promoting this kind of program starts to provoke incidents of hate,” he insisted, explaining why he no longer supports a recommendation he previously defended.

In Saturday’s Journal de Montréal, Quebec’s most-read newspaper, three columns were devoted to discrediting the McGill University philosopher. One compared him to the washed-up drunk Calvero in Charlie Chaplin’s 1952 film Limelight. “There is only one word to qualify this 180-degree turn – pathetic,” former Parti Québécois minister Joseph Facal wrote.

It might be going too far to say Prof. Taylor had been set up by Quebec Immigration Minister Simon Jolin-Barrette, who has meticulously stage-managed the parliamentary hearings on Bill 21, which end on Thursday. But the distinguished professor did not do himself any favours by effectively likening supporters of the bill that would implement the principal recommendation from his report (while adding teachers into the mix of state employees prohibited from wearing religious symbols) to hatemongers. He played into caricatures of himself.

That’s exactly how Mr. Jolin-Barrette wanted the hearings to unfold. “In the course of the past 15 years, previous governments have not succeeded in translating and implementing the will of the Quebec people to establish a secular framework for the state,” the minister said. “Quebeckers can be proud of this bill because it allows us to turn the page on this issue.”

By giving so much airtime to those who hold extreme opinions – former Liberal senator Céline Hervieux-Payette warned that “behind” the Islamic veil lay genital mutilation and forced marriages, while several intervenors called on the government to extend the religious-symbols ban to all state employees – the hearings aimed to ensure that the Coalition Avenir Québec’s Bill 21 came out looking like a reasonable compromise.

For Mr. Jolin-Barrette and his boss, Premier François Legault, it was mission accomplished.

Source: Opinion: Quebec’s religious-symbol bill hearings have gone exactly as François Legault’s CAQ planned

Laws that limit religious rights emboldens racists, particularly Islamophobia

Not surprising, but useful confirmation from this latest study on the impact of the ongoing toxic religious symbols debates:

Last week, parliamentary hearings began on Quebec’s Bill 21, which would ban public employees in “positions of authority” from wearing religious symbols. In his testimony, the philosopher Charles Taylor stated that he and Gérard Bouchard were wrong to propose restrictions on religious symbols in their 2008 report on reasonable accommodation.

Taylor affirmed he had been “very naïve” for not foreseeing that such proposals would stigmatize religious minorities and feed intolerance. “The very fact that we were talking about this kind of a plan started to stimulate hate incidents, not just in Quebec but all over,” Taylor said. He added: “I really changed my mind when I saw the consequences of such policies.”

Taylor’s remarks summarize rather well the findings of a research project we recently conducted at McGill University. Our research shows that laws like Bill 21 can have much graver consequences for religious minorities than the specific provisions they entail. Such laws also embolden those who harbour deep-seated xenophobia — specifically Islamophobia — and they therefore intensify minorities’ encounters of hostility and mistreatment.

For our research, we conducted dozens of biographical interviews with Muslim Montrealers to learn about their views and experiences. We asked them how their religion matters in everyday life, and how they evaluate their opportunities in Quebec. Muslims are a diverse group, so we included those who are secular and pious, young and old, professional and working-class.

But despite this diversity, our findings were stunningly cohesive. Virtually all of our interviewees emphasized political campaigns seeking to restrict religious rights — the aftermath of the Bouchard-Taylor Commission, the Charter of Values debate in 2013-14, and Bill 62 in 2017 — as major turning points in their lives.

For example, young Muslims born and raised in Quebec report growing up without any strong sense of exclusion — until they experienced the controversy over the Charter of Values as adolescents or young adults. As one young woman put it, “The true colours come out. I think people felt like they were entitled to do things that they wouldn’t normally do because the government was supporting it.”

During her work at a bank, she said, “People were openly telling me to go home, to go back to my country, refusing that I help them at the bank, because I was wearing a hijab.”

Many of the people we spoke with reported similar incidents, which left them shocked, confused, and ultimately alienated. Suddenly, these men and women had to re-evaluate their relationships, consider what an angry look on the subway might mean, and what that passing pedestrian might have muttered under his breath. The young woman tersely summed it up: “It kind of left a bitter feeling.”

Such experiences fundamentally change people. We spoke to a woman who stopped wearing the hijab in public after an irate woman told her, “You just know how to bring kids into the world, but you are like cows” as she was out for a walk with her baby daughter.

We spoke to a man who converted to Islam, but who keeps his religion a secret so that it does not endanger his professional career.

Others responded in the opposite fashion — proudly proclaiming their religious identities even in the face of adversity. But their lives, too, were negatively affected insofar as they now felt they had to be ready, at a moment’s notice, to defend their religion.

Just like prior laws that aimed to limit religious rights, Bill 21 emboldens those who hate or fear Muslims. There may not be many such people, but it seems that there are enough to make life miserable for Muslims and sometimes even endanger them.

According to Statistics Canada, this is not an issue confined to Quebec. Latest figures suggest that police-reported hate crimes reached an all-time high across the country in 2017, with those against Muslims demonstrating the greatest increase compared to the previous year.

In this social context, politicians have to recognize that their campaigns and policies, even beyond the letter of the law, have broad and immediate consequences for how religious minorities are viewed and treated. Political campaigns can indeed “create a really frightful climate,” as Taylor cautioned in his parliamentary address.

Source: Laws that limit religious rights emboldens racists, particularly Islamophobia

Laïcité: le SFPQ veut élargir l’interdiction des signes religieux

Regressive position for a union to take:

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) demande au gouvernement Legault d’étendre l’interdiction du port de signes religieux « ostentatoires » à l’ensemble des employés de l’État qui ont des contacts avec les citoyens.

« Les symboles religieux ostentatoires n’ont pas leur place dans la fonction publique puisqu’ils sont contraires au principe de neutralité », a affirmé le SFPQ, jeudi, de passage à Québec pour la troisième journée de consultations du projet de loi 21 sur la laïcité de l’État.

Le syndicat, qui représente quelque 30 000 employés de la fonction publique québécoise, ramène ainsi des dispositions qui étaient prévues dans la défunte Charte des valeurs présentée par le gouvernement péquiste de Pauline Marois.

« Ces symboles, qui revêtent une signification importante pour les personnes qui les portent, peuvent être perçus comme très dérangeants par les citoyens et citoyennes qui entrent en interaction avec ces personnes », affirme le SFPQ dans son mémoire, qui fait un parallèle entre le devoir de neutralité politique des fonctionnaires à la volonté d’imposer une neutralité face à une appartenance religieuse.

Le projet de loi 21 présenté par le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) interdit le port de signes religieux (qu’ils soient « ostentatoires » ou non) aux employés de l’État en position d’autorité, incluant les enseignants et les directions scolaires.

Québec prévoit une clause grand-père pour les employés du secteur public qui sont visés par la loi, mais qui sont déjà à l’emploi de l’État en portant un signe religieux. Le SFPQ souhaite que ce droit acquis soit préservé tout au long de leur carrière. À l’heure actuelle, la loi prévoit qu’un employé visé perd son droit s’il change de poste ou d’employeur au sein de la fonction publique.

Stigmatisations des gais et des croyants

Lors de la période des questions, jeudi, la cheffe de Québec solidaire, Manon Massé, a fait un lien entre les droits des homosexuels qui ont été protégés en 1977 dans la Charte des droits et libertés de la personne et les droits que Québec souhaite désormais restreindre à certains employés de l’État qui portent un signe religieux.

« Le premier ministre répète à qui veut l’entendre que c’est parce que c’est comme ça qu’on vit au Québec [qu’il veut interdire les signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité, incluant les enseignants]. Comme si, lorsque nos prédécesseurs ont adopté [la Charte des droits et libertés], tous partis confondus avaient erré, en 1975. Et pourtant, en 1977, lorsque les droits des personnes homosexuelles ont été inclus dans la charte québécoise, ce n’était pas comme ça qu’on vivait au Québec », a dit Mme Massé.

« À l’époque, une large partie de la population était convaincue que nous, les gais et lesbiennes, on ne pouvait pas enseigner ou s’occuper des enfants, parce que, dans les faits, on allait les contaminer avec notre différence. Une chance que les politiciens de l’époque, puis ceux qui ont suivi, n’ont pas appuyé leur seul jugement sur les qu’en-dira-t-on, parce qu’aujourd’hui il manquerait bien des profs à l’école », a-t-elle ajouté.

« Personne ne peut nous reprocher de ne pas avoir été clairs durant la campagne électorale. […] On en parle depuis des années. Je comprends que la cheffe de Québec solidaire n’est pas d’accord, je comprends aussi que certains députés libéraux ne sont pas d’accord […], mais je pense qu’on doit avoir ce débat de façon calme, sans s’accuser de gros mots. Il faut être capable de débattre au Québec de façon respectueuse. Je pense que notre projet de loi est modéré, justement pour essayer de rassembler […]. Je pense qu’on a le droit au Québec de faire ce choix », a répondu le premier ministre François Legault.

Que prévoit le projet de loi 21  ?

Le projet de loi 21 sur la laïcité de l’État, déposé en mars dernier par le gouvernement Legault, prévoit l’interdiction du port de signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité, y compris les enseignants et les directions d’écoles publiques. Les policiers, les agents correctionnels, les agents de la faune, les constables spéciaux, les procureurs de la Couronne et tous les avocats du gouvernement sont également visés. Idem pour le président de l’Assemblée nationale et ses vice-présidents, alors que les députés pourront continuer de porter leurs signes religieux. Une clause de droit acquis est également prévue pour les employés de l’État actuellement en poste et qui portent un signe religieux, tant et aussi longtemps qu’ils ne changent pas de poste ou d’employeur. Tous les signes religieux sont visés par le projet de loi : tant le hijab que la kippa et la croix catholique. Québec a également inclus une disposition de dérogation aux chartes des droits afin que sa loi ne soit pas contestée devant les tribunaux.

Source: Laïcité: le SFPQ veut élargir l’interdiction des signes religieux

Bill 21: Laïcité: Bouchard et Taylor sonnent la charge

From the éminences grises du rapport:

Les audiences publiques qui débutent mardi sur le projet de loi 21 s’annoncent comme le théâtre d’expression de profondes divisions politiques et sociales au Québec. Et les signataires du rapport Bouchard-Taylor seront parmi les premiers à mener la charge contre un projet de loi « nourri par une certaine islamophobie » (de l’avis de Charles Taylor) et qui risque de mener à une sorte de « radicalisation » du Québec (selon Gérard Bouchard)

« La loi aggravera les clivages qui se sont creusés depuis quelques années entre la majorité et les minorités, dressant ces dernières contre la première, écrit le sociologue Bouchard dans un mémoire qu’il présentera mercredi, mais dont Le Devoir a obtenu copie. Elle aura aussi pour effet d’introduire un élément de radicalisation dans notre société », pense-t-il.

La loi aggravera les clivages qui se sont creusés depuis quelques années entre la majorité et les minorités

Le coprésident de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables croit qu’à défaut de mettre un terme au débat sur les signes religieux, le projet de loi 21 « va au contraire relancer la controverse ».

Dans sa présentation, Gérard Bouchard s’attarde principalement à la décision du gouvernement Legault d’étendre aux enseignants l’interdiction du port de signes religieux. Le rapport qu’il avait présenté en 2008 excluait cette idée, mais proposait une interdiction pour les employés avec un pouvoir de coercition (ce en quoi il croit toujours).

« Le fait d’interdire à de jeunes professionnels la possibilité de faire carrière dans l’enseignement à cause de leur croyance religieuse ne s’accorde pas avec le sens de l’équité et de la compassion hérité de notre histoire », écrit-il.

Québec fait fausse route en arguant que cet interdit fait partie de l’équation de la séparation de l’État et de l’Église, pense M. Bouchard. « Affirmer que le principe de la séparation institutionnelle entraîne une interdiction de porter des signes religieux [chez les enseignants] me paraît comporter une grande part d’arbitraire. Le droit fondamental d’exercer et de manifester sa religion devrait donc ici prévaloir. »

Le sociologue estime qu’il manque de « données empiriques rigoureuses » prouvant que le port d’un signe religieux chez les enseignants « entrave la démarche pédagogique », « traumatise des élèves » ou « entraîne une forme d’endoctrinement chez les élèves ».

Et si jamais c’était le cas, comment justifier que les écoles privées — notamment celles qui sont religieuses — ne seront pas assujetties à la Loi sur la laïcité, demande-t-il ? C’est pourtant là où « on peut présumer que le port des signes religieux est le plus répandu », note M. Bouchard.

Au-delà des enseignants, Gérard Bouchard se demande aussi « comment se justifie l’interdiction frappant diverses catégories de personnel qui n’exercent pas de pouvoir [de coercition], notamment les arbitres, les shérifs, les greffiers, les avocats et les notaires ? ».

Charles Taylor

Son ex-collègue, Charles Taylor, tentera mardi de dissuader le gouvernement Legault d’adopter ce projet de loi qui, à son avis, s’appuie sur des préjugés. « Le mot musulman n’apparaît peut-être pas, donc ça ne cible pas la religion musulmane, mais c’est très clair que l’opinion majoritaire contre les signes visibles est nourrie par une certaine islamophobie qui a, en quelque sorte, [été] inculquée à la population par toutes sortes de sites Web, a-t-il affirmé. En l’absence de cette islamophobie, les gens seraient moins avides de faire avancer des exclusions comme celle-là. »

M. Taylor soutenait l’interdiction du port de signes religieux pour les employés de l’État en position coercitive comme les policiers et les gardiens de prison lors de la publication du rapport de la commission Bouchard-Taylor. Mais il a fait volte-face après l’attentat commis en 2017 à la grande mosquée de Québec.

L’adoption du projet de loi ne fera qu’attiser les préjugés contre les minorités religieuses, selon lui, et risque de mener à une augmentation importante des incidents haineux. C’est ce qui s’est produit « dans toutes les sociétés où des mesures restrictives semblables à celles de la loi 21 ont été défendues en campagne électorale ou référendaire par un parti majeur — le Front national en France, les partisans du Brexit en Angleterre, les républicains de Trump, et le PQ au Québec en 2014 […] », écrit-il dans le mémoire qu’il présentera avec le philosophe Jocelyn Maclure.

« Au nom de quel intérêt public a-t-on le droit de soumettre une minorité de citoyens récemment arrivés chez nous à de telles épreuves ? », demandent-ils.

M. Taylor a souligné en entrevue que le projet de loi 21 crée un grave précédent, puisqu’il va à l’encontre de la Charte canadienne des droits et libertés et de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. « Ils vont sacrifier des droits et libertés de certains citoyens, et c’est très dangereux, parce que ce genre de charte est en quelque sorte la protection de tout le monde, a-t-il dénoncé en entrevue. Demain, il pourrait y avoir une autre minorité qui soit très impopulaire envers laquelle il y a des préjugés et on va se sentir justifié de supprimer ces droits-là. »

Très attendues, les consultations autour du projet de loi 21 débuteront mardi avec quatre groupes qui soutiennent le projet de loi : Pour les droits des femmes du Québec (PDF), le Collectif citoyen pour l’égalité et la laïcité de Djemila Benhabib, le Mouvement national des Québécois et des Québécoises de même que l’Association québécoise pour les Nord-Africains pour la laïcité.

PDF, pour qui laïcité rime avec égalité homme-femme, veut étendre l’interdiction du port de signes religieux à l’ensemble des employés du milieu scolaire, y compris ceux des services de garde. L’organisme propose en tout 16 recommandations, l’application de sanctions sévères pour les établissements qui contreviendraient à la loi.

Le gouvernement Legault espère faire adopter le projet de loi d’ici la relâche estivale. En tout, 36 groupes et experts témoigneront lors des consultations, qui s’échelonneront sur deux semaines.

Laïcité: plusieurs Canadiens appuient le projet de loi du Québec, dit un sondage

On-line, thus less reliable than other surveys, but nevertheless captures regional differences:

Le Québec a eu bien mauvaise presse au Canada anglais depuis le dépôt du projet de loi qui interdit le port de signes religieux à certains employés de l’État. Mais voilà qu’un sondage révèle qu’ils sont nombreux dans le reste du pays à partager l’opinion de la majorité des Québécois en faveur du projet de loi 21 du gouvernement Legault.

Le sondage Léger effectué pour La Presse canadienne a interrogé un échantillon non probabiliste de 1522 Canadiens. L’exercice s’est fait en ligne du 18 au 22 avril.

Ils seraient donc 46 % au Canada – en tenant compte des réponses des Québécois – à appuyer le projet de loi et 42 % seraient contre.

À la question « Êtes-vous en faveur ou opposé au fait de bannir le port des signes religieux visibles pour les employés du secteur public en position d’autorité (policiers, juges et enseignants du primaire et du secondaire) dans votre province ? », ils étaient 66 % au Québec à être « plutôt en faveur » ou « totalement en faveur ».

Ailleurs au Canada, ils sont toujours plus nombreux à s’opposer à l’idée mais, à part en Alberta, l’écart entre les pour et les contre n’est pas très remarquable.

Ainsi, en Ontario, 42 % appuieraient l’interdiction, 47 % s’y opposeraient. Dans les Prairies, ils seraient 41 % pour, 44 % contre. En Colombie-Britannique, le sondage a relevé 41 % en faveur de l’interdiction à comparer aux 45 % qui s’y opposeraient. Et puis dans les provinces atlantiques, ils seraient 41 % prêts à appuyer pareil projet de loi et 50 % qui n’en voudraient pas.

L’Alberta sort donc du lot avec un plus grand écart entre les pour et les contre : 34 à comparer à 53.

« Il serait faux de prétendre que tous les Québécois sont racistes parce qu’ils sont en faveur et que tous les autres sont très vertueux parce qu’ils seraient tous contre », en conclut Christian Bourque, vice-président exécutif et associé de Léger.

M. Bourque, se fiant à la couverture médiatique du projet de loi 21 s’attendait à des résultats plus « blanc et noir ». « On pense que tous les Québécois sont en faveur et on pense que tous les autres Canadiens seraient contre. Et ce n’est pas […] ce qu’on voit dans le sondage », constate-t-il.

« On est plus dans les nuances de gris », ajoute-t-il.

La différence à noter entre le Québec et les autres provinces, cependant, c’est qu’il y a une « majorité suffisante » au Québec – 66 contre 25 – qui appuie l’interdiction alors qu’ailleurs, on est beaucoup plus divisé sur la question.

Cette division se reflète aussi dans l’arène politique fédérale. Quelques élus conservateurs ont appuyé publiquement le projet de loi 21 tandis que leur chef Andrew Scheer exprime son opposition du bout des lèvres.

Chez les libéraux de Justin Trudeau, on condamne le projet de loi d’une seule voix, mais on refuse encore de dire comment on entend y répondre.

Pas si chiâleux que ça, les Québécois

Autre correction dans le sondage, ce ne sont pas les Québécois qui se plaignent le plus du gouvernement fédéral.

« La grogne est essentiellement dans les provinces atlantiques, dans les provinces des Prairies et en Alberta où de fortes majorités disent: “non, je n’obtiens pas ma juste part d’Ottawa” », note M. Bourque en analysant une autre question du sondage.

À cette question sur la « juste part », il n’y a que les Ontariens qui sont plus satisfaits d’Ottawa que les Québécois.

Ainsi, ils ont été 68 % en Alberta à répondre « non », 64 % dans les prairies, 58 % dans les provinces atlantiques, 49 % en Colombie-Britannique, 42 % au Québec et 37 % en Ontario.

« On semble vraiment être dans un cycle “western alienation” (sentiment d’aliénation présent dans l’ouest du Canada) », estime M. Bourque.

Source: Laïcité: plusieurs Canadiens appuient le projet de loi du Québec, dit un sondage

Kay: Why Jews should support Bill 21

Suspect this is a minority view among Quebec Jews. Kay’s downplaying of the issues involved highlights her blind spots but she was right to call out Hampstead, Que., Mayor William Steinberg’s over-the-top characterization of Bill 21 as “ethnic cleansing”:

Like it or not, Quebec is a “distinct society.”

Anglophones and immigrants didn’t like it much in 1977 when Bill 101 came into effect (necessitating the use of the notwithstanding clause, since it abrogated English-Canadians’ language rights). Robert Libman, then a leading anglophone-rights advocate, said that Bill 101 “clearly established the fact that we were now second-class citizens.”

Legally speaking, he was right. But the majority of Quebecers wanted Montreal, whose emerging immigrant population favoured English, to show a robustly French face to the world. They willingly accepted social turmoil and a significant Anglo exodus as the price of cultural reinforcement. At the time, many emotionally charged critics vituperated against Bill 101, some even calling it a form of “ethnic cleansing.”

Four decades later: the anglophones who stayed are completely adjusted to the new normal; their children became fluently bilingual; immigrants learn French by default (and English however they can); the law undercut separatism’s only effective argument; we all get along very well; and Quebec remains a democracy.

As an authority figure, Hampstead, Que., Mayor William Steinberg should have taken the long view on Bill 21, the law that will ban visible religious symbols in many public-service jobs. Instead, he publicly stated that it is a form of “ethnic cleansing,” an attempt “to remove those who practice minority religions, leaving only non-believers and Christians in Quebec.” These incendiary comments were not only misleading, they were profoundly insulting to the majority of Quebecers who support Bill 21.

Nobody is being removed, the law will only affect new hires and Christians are subject to the same constraints as other religious groups. If the government wanted to drive minorities out, it would have banned religious symbols throughout the private sector, too. In European democracies, bans on face coverings and religious symbols in schools and government are commonplace. Moreover, such bans have been tested in the European Court of Human Rights, which adjudged them as reasonable for the “protection of the rights and freedoms of others.”

Steinberg did the Jewish community no favours in responding with such disproportionate alarmism and with such an ill-considered interpretation of the law’s motivation. It is neither racist nor irrational to ask that public servants reflect the guiding vision of the society they serve, and in this case, the vision is one of laicité – secularism – and integration into a common culture. Secularism posits that when citizens conduct state-sponsored transactions with each other, they meet and greet each other purely as fellow citizens, not as theological or ideological icons. There’s nothing nefarious in this vision.

Multiculturalism has been the prevailing ideology in the Rest of Canada for decades, and most Quebec anglophones identify with it as a matter of course. Many English-Canadians complacently accept Prime Minister Justin Trudeau’s futuristic characterization of Canada as “post-national.” Quebec’s identity is more territorial and historical. Far from sympathizing with the borderless one-worldism of the multiculturalists, Quebecers have a dramatically particularistic sense of who they are.

As Jews, we should be sympathetic to Quebec’s pride in its 400-year-old ethnohistory and its unique traditions. The Québécois are a real ethnicity, like the Jews, with a distinct language and roots in a distinct religion. Bill 101 was a response to language-erosion fears. Bill 21 is the outcome of cultural-erosion fears.

Quebec needs immigrants to counter low birth rates, but wants reassurances that demographic shifts don’t become ethnic shifts, the same reassurances Israel needs and acts on.

In forming their political opinions, anglophones focus on what is happening in North America. Francophone Quebecers tend to look to France and Europe. They are not sanguine about the silo effect of mass immigration from Islam-dominated countries, and Europeans’ sense of living under cultural siege.

Quebecers have no intention of becoming “post-nationalist.” I don’t call their melting-pot ideal racism; I call it tough love. I therefore support Bill 21.

Source: Kay: Why Jews should support Bill 21

Pollsters point to rising public racism, Quebec seats to explain Liberals’ U-turn on refugees

More takes on the change in approach:

The Liberal government’s move to toughen up the refugee system is a signal to voters that fairness is the party’s priority when it comes to foreigners entering the country, says a former Liberal insider, and it could be part of an attempt to outmanoeuvre the Bloc Québécois, or win over ex-Liberal voters who don’t want more people of colour in Canada, say pollsters.

The government wants to send a message to Canadians that migrants who cross the border between official points of entry to make a refugee claim will be treated the same as those who make a claim at a recognized entry point, said John Delacourt, a vice-president at Ensight Canada and former director of communications in the Liberal Research Bureau.

“That is the line I think that ultimately resonates here. ‘There will be no privileged treatment; it will be fair for everybody,’” said Mr. Delacourt.

Thus far, would-be refugees have been able to exploit a loophole in Canada’s international commitments, and make a claim for refugee status after crossing the border between official points of entry from the United States, while those who try to claim status at official border crossings are generally immediately rejected under the Safe Third Country Agreement with the U.S., which says a person seeking refugee protection has to do it at the first safe country they reach.

The government has been defending itself from near-constant criticism from the Conservative opposition for the past two years over its handling of the loophole, and the flow of thousands of migrants into Canada because of it. Those migrants have been given security, health, and safety checks by Canadian officials, then allowed to proceed into Canada’s urban centres to pursue a refugee claim.

Statistics from the Immigration and Refugee Board show that 38,646 claims were made by “irregular” border crossers between February 2017 and December 2018. Only 9,330 have been dealt with so far by the IRB, which has accepted a little less than half of them as valid claims, while the other half were rejected, withdrawn, or abandoned.

The government stick-handled the issue for nearly two years without major changes to the policy or legal framework, but changed tack with its 2019 budget last month and budget implementation bill earlier this month, which will block asylum seekers from making a refugee claim in Canada if they have already had a claim rejected in another country that Canada deems safe, including the U.S., a practice Border Security Minister Bill Blair (Scarborough Southwest, Ont.) called “asylum shopping.”

The 2019 budget described the change as an effort to “better manage, discourage, and prevent irregular migration.” Prime Minister Justin Trudeau (Papineau, Que.) told reporters April 10 that his government wants to ensure Canadians have “confidence in our asylum system, our refugee system” when asked about the changes. He said the change to government policy was a response to an increase in refugee claimants caused by global instability.

The government has also moved to renegotiate the Safe Third Country Agreement with the U.S. Canada wants to change the pact to close the loophole surrounding claims at non-official points of entry.

Mr. Trudeau’s government made international headlines in 2015 when it agreed to welcome 25,000 Syrians fleeing war in their country within a span of months. The sudden influx of border-crossers from the United States, however—many of them originating in Haiti and Nigeria—has put his government on the defensive over refugee policy since early 2017.

Canadian attitudes toward migrants have shifted dramatically over the past few years, said pollster Frank Graves, the president of Ekos Research.

“What we’re seeing in the public is that the attitudes to immigration, and particularly to things like visible-minority immigration, are becoming incredibly polarized in ways that they were not in the past,” he said.

“Attitudes toward immigration broadly, which includes refugees and asylum seekers, is now becoming a sorting variable…which is frankly kind of unprecedented in Canadian political history. We don’t usually make ballot-booth decisions on the basis of immigration policy.”

Mr. Graves said Ekos has done analysis that suggested to him that Liberal policies on refugees and immigrants had driven people who voted Liberal in 2015 to begin supporting the Conservative Party—specifically some non-university-educated, working-class males who believe “too many” of the immigrants who come to Canada are visible minorities.

“That view is shifting voters in ways that it never has before,” he said.

Nearly 40 per cent of respondents to an Ekos telephone poll of 1,045 Canadian adults between April 3 and 11 said that “too many” of the immigrants coming to Canada were visible minorities. Just shy of 43 per cent said an “about right” share of immigrants were visible minorities, while 11.5 per cent said “too few.”

Former Liberal immigration minister John McCallum reacted to Mr. Graves’ polling figures on Twitter April 13, writing, “Such a dangerous shift from when I was managing Syrian refugees and challenge was we couldn’t bring them in fast enough to satisfy sponsors. Only 3 years ago!”

Of those who said “too many” immigrants were racialized people, nearly 69 per cent identified as Conservative supporters, versus 15.2 per cent for the Liberal Party, and 27 per cent for the NDP. The margin for error for the poll itself was plus or minus three percentage points, 19 times out of 20, but the margins of error for the party-identification figures for that specific question were higher—between seven and 14 per cent—because the sample size shrinks when respondents are divided into smaller groups.

Some Canadians have been waiting years for their parents or grandparents to be allowed to come to Canada through the immigration system, but Canadians often conflate refugee and immigration issues, though they are considered as separate streams of migrants by the government, said Mr. Delacourt, who also worked as a staffer in the office of former Liberal immigration minister Joe Volpe in the early 2000s.

“They’re very different streams, and anybody who actually has a strong sense of policy in this area will tell you, ‘That’s mixing apples and oranges,’ in terms of the priorities and planning. But to Canadians, the optics … people do not see individual streams here. They see a strain on resources,” Mr. Delacourt said.

Border Security Minister Bill Blair has said the government’s move to block asylum seekers from making a refugee claim in Canada if they have already had a claim rejected in another country that Canada deems safe is meant to stop ‘asylum shopping.’ The Hill Times photograph by Andrew Meade

“I think part of the government’s course correction on this is about addressing this larger perspective on what’s ultimately fair. Of course, they’re not going to sacrifice what’s fair for individuals who are coming across, case by case. Of course everyone is going to get all the protection one deserves. But by the same token, there is this real concern that the optics of irregular migration creating a strain on resources. It’s not where a government going into an election campaign is going to think it’s a good idea,” said Mr. Delacourt.

The Liberals are likely worried about damage done by the spread of false information or misinformation about their work on the refugee file during the upcoming campaign, said Mr. Delacourt, pointing to a September report by the Canadian International Council that said there was “mounting evidence” of Russian troll accounts on social media spreading disinformation about positions on asylum seekers and refugees in Canadian politics.

The Liberal decision to get tougher on refugee policy could also be motivated by expected battles with the Bloc Québécois in smaller towns, cities, and rural areas in Quebec in the upcoming election, said pollster Greg Lyle, the president of Innovative Research.

More than half of Canadian adults surveyed in an Innovative poll in September said the government was “not aggressive enough” in its approach to immigrants crossing into Canada illegally, while six per cent said it was being “too aggressive,” 26 per cent said it was “acting appropriately,” and 15 per cent said they didn’t know.

The online poll surveyed 2,410 adult Canadians who were part of online research panels between Sept. 27 and Oct. 1. Online polls are not considered truly random, so a margin of error for the poll can’t be calculated.

Forty per cent of Liberal Party supporters said the government was not being aggressive enough on that issue, according to the poll, and 57 per cent of respondents in Quebec. “That, to me, is the big deal,” said Mr. Lyle.

More than 70 per cent of those surveyed said that “the issue of immigrants who are crossing into Canada illegally right now” was a serious problem, including 65 per cent of Liberal supporters, and 81 per cent of respondents in Quebec.

The Bloc Québécois is doing well in the regions of the province, said Mr. Lyle, and will differentiate itself from the Grits by opposing oil and gas pipelines, and contrasting its position with the Liberal government’s purchase of the Trans Mountain pipeline. The Bloc will also likely take a more “nationalist” approach to immigration policy, he said.

“It’s a very critical area for the Liberals to do well in. Moving on the migrant issue…shuts down that vulnerability.”

Source: Pollsters point to rising public racism, Quebec seats to explain Liberals …

Quebec: Commission parlementaire: le mémoire d’un groupe d’extrême droite retiré

Hopefully, no more will slip through:

Le mémoire d’un groupe d’extrême droite qui félicite le gouvernement Legault pour sa réforme de l’immigration a été retiré du site de l’Assemblée nationale après y avoir passé 24 heures, jeudi. Son contenu a finalement été jugé «non parlementaire» par les élus.

Les partis ont tous appuyé la proposition de Québec solidaire d’omettre le mémoire de la Fédération des Québécois de souche. Ce document a été présenté aux élus dans le cadre de l’étude en commission parlementaire du projet de loi 9.

La présidente de la commission des relations avec les citoyens, MarieChantal Chassé, a fait une «mise au point» avant le début des travaux jeudi après-midi.

«L’acte de procédure qui consiste à déposer ces documents ne signifie en rien que la présidence et les membres de la commission endossent le contenu de ceux-ci», a-t-elle assuré.

La Fédération des Québécois de souche prône la fin de l’«immigration allogène», l’«assimilation complète» des nouveaux arrivants et la protection de «l’identité ethnique de la nation québécoise». Ce groupe a été fondé par Maxime Fiset, un ex-skinhead raciste aujourd’hui repenti.

Elle est identifiée comme un «groupe de haine» par le Canadian Anti-Hate Network. Cet organisme a appelé Facebook à fermer sa page après que le réseau eut banni six autres groupes et individus jugés dangereux plus tôt cette semaine.

Dans son mémoire, le groupe précise qu’il ne recommande pas à ses partisans d’infliger des «sévices» ou des «vexations» aux immigrants. Il encourage Québec à modifier davantage le système d’immigration afin de prioriser des personnes provenant de l’Europe francophone ou, dans une moindre mesure, du reste de l’Europe.

Pas de blâme pour Chassé

Les élus de l’opposition n’ont pas blâmé Mme Chassé, bien qu’elle ait été critiquée sur les réseaux sociaux pour avoir déposé le mémoire du groupe.

Le député de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a cependant convenu qu’une réflexion s’impose pour éviter que l’Assemblée nationale devienne une tribune pour des groupes extrémistes.

«Sans blâmer d’aucune manière la présidence de la commission, il y a probablement une réflexion générale à faire sur ce qu’on doit faire dans ces circonstances, surtout dans une époque où il y a une montée de l’extrême droite, a dit M. Nadeau-Dubois. Qu’est-ce qu’on fait pour ne pas donner une plateforme à ces groupes-là?»

Source: Commission parlementaire: le mémoire d’un groupe d’extrême droite retiré

Québec songe à relever les seuils d’immigration dès 2020

That was fast.

In other words, the CAQ can claim that they delivered on their platform (for one year!) before apparently going back on it (to be fair, I prefer a change of position than stubbornly sticking to an ill-thought policy). Perhaps there is hope for the government to reconsider Bill 21 (Laïcité):

Face à des « besoins pressants et immédiats de main-d’oeuvre », le ministre Simon Jolin-Barrette évoque un rehaussement des seuils d’immigrationdès l’année prochaine.

Du haut de la tribune du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), Jolin-Barrette s’est dit déterminé vendredi à accueillir quelque 40 000 immigrants au Québec au cours de l’année 2019, et ce, comme la Coalition avenir Québecl’avait promis en campagne électorale. « On a respecté notre engagement. C’était un pas de recul pour s’assurer de réformer notre système d’immigration, de le moderniser et de l’améliorer », s’est-il justifié devant un parterre de quelque 400 personnes rassemblées dans un hôtel du centre-ville de Montréal pour un déjeuner-causerie.

Cela dit, le ministre de l’Immigration a dit déjà envisager de tirer vers le haut le nombre de nouveaux arrivants admis au Québec.

Dans la Planification pluriannuelle de l’immigration 2020-2022, le gouvernement caquiste « établir[a] la façon dont la hausse graduelle des seuils [d’immigration] s’effectuera au cours des prochaines années », a-t-il annoncé lors du déjeuner-causerie organisé par le CORIM. Les cibles d’immigration des trois prochaines années seront débattues au Parlement, puis fixées par le gouvernement d’ici le 1er novembre prochain.

En plus d’élaborer la Planification pluriannuelle de l’immigration 2020-2022, M. Jolin-Barrette révisera la grille de sélection des travailleurs qualifiés en revoyant les points accordés notamment à la formation, l’expérience professionnelle, l’âge et les connaissances en français des candidats. « Nous voulons qu’elle reflète davantage nos besoins en matière d’immigration en assurant une meilleure adéquation entre les besoins du marché du travail et le profil des candidats », a dit M. Jolin-Barrette deux mois après le dépôt du projet de loi sur l’immigration (projet de loi 9) à l’Assemblée nationale.

Pour l’heure, il s’engage à « faciliter » et à « accélérer » l’admission de travailleurs temporaires au Québec. « Les travailleurs temporaires sont une solution à la « pénurie de main-d’oeuvre qui touche différentes régions du Québec », a-t-il fait valoir. « Nous avons bon espoir que ces personnes-là soient [deviennent des résidents permanents] », a-t-il ajouté. À ses yeux, le ministère de l’Immigration dispose désormais des ressources pour « les franciser, les intégrer ».

Immigration et laïcité : les parlementaires en ont plein les bras

Simon Jolin-Barrette s’est dit déterminé à faire adopter non seulement le projet de loi sur la laïcité de l’État, mais également le projet de loi sur l’immigration par l’Assemblée nationale d’ici la mi-juin. « Si c’était uniquement de ma responsabilité, ce serait déjà fait [pour le projet de loi 9]. Mais vous savez comme le Parlement fonctionne : parfois, il y a de petites difficultés à adopter rapidement [un projet de loi] », a-t-il lancé.

Le jeune trentenaire a soutenu que les membres de l’Assemblée nationale ont l’« obligation de faire avancer » les projets de loi portés à leur attention. Cela dit, il n’a pas osé vendredi accuser ses adversaires libéraux, solidaires et péquistes d’obstruction.

L’examen — article par article — du projet de loi sur l’immigration s’amorcera prochainement devant la commission des relations avec les citoyens. Le projet de loi sur la laïcité de l’État fera pour sa part l’objet de consultations particulières devant une autre commission parlementaire.

« On est à deux mois et demi de la fin de la session. Il serait inopportun pour les collègues de l’opposition officielle, ou même de Québec solidaire, de dire qu’ils vont faire un barrage parlementaire. Nous, on est en démocratie. On travaille en collaboration avec les différents partis politiques. […] Il n’y a pas de raison qu’on ne réussisse pas à travailler ensemble », a dit le leader parlementaire du gouvernement à la presse.

Le hic : les élus de Québec solidaire (QS) veulent, à eux seuls, inviter pas moins de 62 groupes à partager leurs impressions en commission parlementaire sur le projet de loi 21.

Syndicats, commissions, régies, municipalités, avocats, agents correctionnels, services policiers et cadres : le parti a choisi de ratisser large, signe qu’il n’entend pas rendre la tâche du gouvernement facile. Le Devoir a obtenu la liste que les solidaires lui ont soumise plus tôt cette semaine.

« L’idée est de donner la parole aux gens touchés par la loi qui n’ont pas encore été entendus », a expliqué l’attachée de presse de l’aile parlementaire de QS, Simone Lirette.

Cela inclut les organismes qui auront à appliquer la loi, comme la Commission de protection du territoire agricole, la Régie de l’énergie, le Tribunal administratif du travail et l’Alliance des cadres de l’État.

Les trois partis d’opposition ont envoyé leur liste de témoins au gouvernement et attendent une réponse. Le Parti libéral et le Parti québécois ont refusé de la partager. Le gouvernement espère en arriver à un compromis sur le nombre d’invitations.

Le Mouvement laïque québécois a confirmé au Devoir vendredi qu’il sera invité à témoigner par le bureau du ministre Jolin-Barrette. La Fédération des comités de parents a également été invitée, mais elle a décliné, préférant s’abstenir de commenter un projet de loi qui touche les conditions de travail du personnel scolaire.

Le premier ministre, François Legault, a répété à plusieurs reprises qu’il souhaitait que le projet de loi sur la laïcité de l’État soit adopté d’ici la fin des travaux parlementaires pour la relâche estivale le 14 juin… quitte à utiliser le bâillon.