André Pratte: Quebec’s slow disappearance from federal politics

ICYMI:

…Demographics is not the only reason Quebec’s influence in Canada is and will be diminishing, unless the province’s politics undergo a substantive change. Quebecers have not voted to separate from Canada in a referendum, but they have separated in some of their attitudes. In the Trump era, belonging to Canada may matter as a shield against the American president’s nonsensical threats. But otherwise, “les Québécois” appear less interested in our nation’s evolution than ever in my lifetime.

Quebec political leaders invest little time in engaging with their counterparts in Ottawa and in provincial capitals, except when specific files require it. The result is that very few politicians across the country have a deep understanding of Quebec’s part in Canada’s diversity. Additionally, recruiting highly qualified French-speaking Quebecers to work in the federal government is a challenge often lamented in Ottawa.

Justin Trudeau appointed a Governor General who does not speak French, a choice that, in earlier decades, would have been criticized not only in Quebec. There is pressure, for instance from the Alberta Premier, to appoint Supreme Court justices who cannot speak one of our country’s two official languages (guess which language it is?). Because of this lack of leadership at the national level, and as a result of French Canada’s relative decline, fewer Canadians value official bilingualism as a plus for our nation. A 2024 Léger poll showed that bilingualism was seen as positive by 70 per cent of Quebecers but only 35 per cent of Canadians outside Quebec. The Prime Minister’s rosy reimagining of Canadian history has no effect on today’s worrisome reality.

The demographic trends at play in Quebec will not only diminish its political weight. Population stagnation and aging threaten the province’s economic growth and fiscal situation. According to the economists at Desjardins, “the sustainability of Quebec’s welfare state model could be challenged.” Quebec’s leaders and population will face serious challenges in the coming years; their contribution to the federation will be the least of their concerns.

Quebecers’ votes played a crucial part in Mark Carney’s election win last year. But such scenarios, where Quebec has a significant impact on the shape of Canada’s federal government, will become fewer and far between. Because of high immigration levels outside Quebec, Canada is changing fast; in 2050, it will comprise close to 49 million people, many of them recent immigrants with no knowledge of French and understandably little attachment to the country’s bilingual status.

Source: André Pratte: Quebec’s slow disappearance from federal politics

Immigration: Vers une campagne électorale agitée

Not going to be a “vivre ensemble” campaign:

…Mais surtout, politiquement, le chef du PQ risque de se retrouver du mauvais côté du débat public. Vendredi, les porte-parole de plus d’une vingtaine d’organismes de la société civile, des municipalités aux syndicats en passant par les employeurs, les institutions d’enseignement et les producteurs agricoles, ont tenu une conférence de presse.

Tous demandent la même chose. Qu’on ne renvoie pas ailleurs dans le monde des immigrants que le Québec a choisis : des francophones, déjà établis, bien intégrés, et qui, le plus souvent, ont des compétences recherchées, ici et maintenant.

En fait, si certains de nos politiciens font le mauvais choix, c’est beaucoup à cause de vieux réflexes populistes qui sont aujourd’hui dépassés. Ils ont encore de vieilles croyances et voient les immigrants comme des « voleurs de jobs ».

Mais tant les pénuries de main-d’œuvre que le vieillissement de la population sont des phénomènes qu’on ne peut plus ignorer. Il faut aussi dire que certaines perceptions ont beaucoup changé depuis la pandémie, quand notre système de santé a été tenu à bout de bras par ceux qu’on a appelés nos « anges gardiens ».

Par ailleurs, même la question du danger pour l’avenir du français tient de moins en moins la route. Aujourd’hui, parmi les immigrants que le Québec a choisis, ils sont plus de 80 % à parler français avant même d’arriver chez nous.

Alors pourquoi deux de nos partis politiques, la CAQ et le PQ, s’enferment-ils encore dans un discours aussi inquiet – quand ce n’est pas carrément hostile – envers l’immigration ?

Mauvais instincts de la part de la CAQ, certainement. D’ailleurs, le premier ministre a un discours nettement différent de celui de ses collègues plus jeunes. Chose certaine, il n’y a plus personne pour reprendre le mantra de la CAQ quand elle est arrivée au pouvoir : « En prendre moins, mais en prendre soin ».

Au PQ, on choisit plutôt les experts ou les conseillers qui disent ce que l’on veut entendre, en particulier sur la crise du logement, que l’on attribue presque exclusivement à l’immigration.

Mais c’est faire exception de nouveaux phénomènes comme les « rénovictions », les logements offerts sur des plateformes comme Airbnb et la mauvaise performance historique du Québec quant à la construction de nouveaux logements, surtout quand on le compare au reste du Canada.

Rien de tout cela n’annonce une campagne électorale positive sur un enjeu comme l’immigration, qui exige précisément qu’on en discute dans une certaine sérénité.

Source: Immigration: Vers une campagne électorale agitée

… But above all, politically, the leader of the PQ may find himself on the wrong side of the public debate. On Friday, spokespersons for more than twenty civil society organizations, from municipalities to unions to employers, educational institutions and agricultural producers, held a press conference.

They all ask for the same thing. That we do not send elsewhere in the world of immigrants that Quebec has chosen: Francophones, already established, well integrated, and who, most often, have skills sought after, here and now.

In fact, if some of our politicians make the wrong choice, it is much because of old populist reflexes that are now outdated. They still have old beliefs and see immigrants as “job thieves”.

But both labor shortages and an aging population are phenomena that can no longer be ignored. It must also be said that some perceptions have changed a lot since the pandemic, when our health system was held at arm’s length by those we called our “guardian angels”.

Moreover, even the question of the danger to the future of the Frenchman holds less and less. Today, among the immigrants that Quebec has chosen, more than 80% speak French before they even arrive at home.

So why do two of our political parties, the CAQ and the PQ, still lock themselves in such a worried speech – when it is not downright hostile – towards immigration?

Bad instincts on the part of the CAQ, certainly. Moreover, the Prime Minister has a very different speech from that of his younger colleagues. One thing is certain, there is no one left to take up the mantra of the CAQ when it came to power: “Take less, but take care of it”.

In the PQ, we choose instead the experts or advisors who say what we want to hear, especially on the housing crisis, which is attributed almost exclusively to immigration.

But this is an exception to new phenomena such as “renovations”, housing offered on platforms such as Airbnb and Quebec’s poor historical performance in the construction of new housing, especially when compared to the rest of Canada.

None of this announces a positive election campaign on an issue such as immigration, which precisely requires that it be discussed with a certain serenity.

Renforcement de la laïcité: Le Barreau propose d’encadrer l’usage de la disposition de dérogation

Of note, good to see this pushback. But we will see whether the current or future Quebec governments would support a framework that would limit their action:

Dans un mémoire qui a été soumis lundi aux députés chargés d’étudier le projet de loi 9 sur le renforcement de la laïcité, l’ordre professionnel des avocats – dont la mission est la protection du public et la défense de la primauté du droit – note que le gouvernement de François Legault utilise la disposition de dérogation (aussi nommée la clause de souveraineté parlementaire ou clause nonobstant) pour une sixième fois.

“Le contexte mondial est actuellement marqué par une érosion préoccupante de l’état de droit. La réponse la plus robuste à une telle tendance ne doit pas provoquer l’affaiblissement des mécanismes de justification, de contrôle et de reddition de comptes, mais bien les renforcer. Une démocratie solide se reconnaît à l’obligation que se donne une société de respecter les règles qui la fondent.” Le Barreau du Québec

L’ordre professionnel rappelle que la disposition de dérogation était au départ un « compromis politique historique » dans le cadre du rapatriement de la constitution, en 1982. Or, si son utilisation devait être exceptionnelle, elle a été normalisée au cours des dernières années au Québec, notamment en matière de laïcité et de protection du français. Ottawa a déjà annoncé qu’il s’attardera à la question de son utilisation de façon préventive par le gouvernement québécois dans le cadre de la contestation de la loi 21 sur la laïcité qui sera entendue devant la Cour suprême au mois de mars.

« De mécanisme d’exception destiné à répondre à des situations particulières, la disposition de dérogation est devenue un outil de sécurisation politique mobilisé en amont de la contestation judiciaire et au détriment du dialogue constitutionnel », déplore pour sa part le Barreau.

Une loi-cadre « résolument québécoise »

Dans ce contexte, le Barreau du Québec propose au gouvernement d’adopter une loi-cadre pour assurer une « juste utilisation » de la disposition de dérogation. « Une telle solution sera rassembleuse, sécurisante sur le plan juridique, structurante sur le plan institutionnel, et résolument québécoise », estime l’ordre professionnel.

Une telle loi devrait comporter différents éléments pour assurer « le maintien d’un dialogue réel et soutenu entre le législateur et les tribunaux, tout en réaffirmant sans ambiguïté la souveraineté parlementaire du Québec ». Parmi ces éléments, le Barreau estime qu’il faudrait établir des « conditions strictes » à son recours, l’obligation pour le gouvernement d’expliquer les raisons qui justifient son utilisation, de consulter la société civile et de garantir un débat parlementaire sur la question.

Le Barreau suggère également qu’un seuil supérieur à la majorité simple des députés devrait être requis pour utiliser la disposition de dérogation (afin que la démarche soit transpartisane) et qu’un renvoi vers la Cour d’appel (le plus haut tribunal de la province) soit requis pour obtenir un avis sur la question, sans que celui-ci soit de nature à limiter la souveraineté parlementaire….

Source: Renforcement de la laïcité: Le Barreau propose d’encadrer l’usage de la disposition de dérogation

In a brief that was submitted on Monday to the deputies responsible for studying Bill 9 on the strengthening of secularism, the professional order of lawyers – whose mission is the protection of the public and the defense of the primacy of law – notes that the government of François Legault is using the derogation provision (also called the clause of parliamentary sovereignty or clause notwithstanding) for a sixth time.

“The global context is currently marked by a worrying erosion of the rule of law. The most robust response to such a trend should not cause the mechanisms of justification, control and accountability to weaken, but rather strengthen them. A solid democracy is recognized by the obligation that a society gives itself to respect the rules that base it.” The Quebec Bar

The professional order recalls that the derogation provision was initially a “historic political compromise” in the context of the repatriation of the constitution in 1982. However, if its use were to be exceptional, it has been standardized in recent years in Quebec, especially in terms of secularism and the protection of French. Ottawa has already announced that it will dwell on the issue of its preventive use by the Quebec government in the context of the challenge of Bill 21 on secularism that will be heard before the Supreme Court in March.

“From an exceptional mechanism intended to respond to particular situations, the derogation provision has become a tool for political security mobilized upstream of the judicial challenge and to the detriment of constitutional dialogue,” laments the Bar for its part.

A “resolutely Quebec” framework law

In this context, the Barreau du Québec proposes to the government to adopt a framework law to ensure a “fair use” of the derogation provision. “Such a solution will be unifying, legally secure, institutionally structuring, and resolutely Quebec,” believes the professional order.

Such a law should include different elements to ensure “the maintenance of a real and sustained dialogue between the legislator and the courts, while unambiguously reaffirming the parliamentary sovereignty of Quebec”. Among these elements, the Bar believes that “strict conditions” should be established for its appeal, the obligation for the government to explain the reasons that justify its use, to consult civil society and to guarantee a parliamentary debate on the issue.

The Bar also suggests that a threshold higher than the simple majority of MPs should be required to use the derogation provision (so that the approach is cross-party) and that a referral to the Court of Appeal (the highest court in the province) be required to obtain an opinion on the matter, without this being likely to limit parliamentary sovereignty.

Abolition du PEQ: Recruté par le Québec, courtisé ailleurs au Canada

Articles on the impact of ending the PEQ keep on coming:

…Le ministre Roberge promet désormais l’admission à la résidence permanente des quelque 6300 employés du réseau de la santé touchés. Pour le DBenard et son épouse, cette promesse reste théorique.

Dans le PSTQ, la reconnaissance de ses diplômes n’est pas prise en compte, dit le médecin.

« Au ministère de l’Immigration, on m’a dit que l’évaluation comparative demandée dans le portail Arrima est celle qui est faite par le ministère, Ce n’est pas mon cas, parce que mes diplômes médicaux ont été évalués par le Conseil médical du Canada. Mais on m’a dit que, de toute façon, ça change rien : ça n’apporte pas de points », précise le médecin.

« On m’a dit : “Le problème pour vous, c’est que le système est mal fait puisque vous êtes médecin à Montréal, que vous avez plus de 40 ans et que vous n’avez pas fait vos études au Québec, que vous n’avez pas de diplôme québécois. Donc, vous n’êtes pas reconnu à votre juste valeur par ce système-là”. »

Résultat : aucune invitation à déposer une demande à ce jour.

Pour atteindre le seuil de points plus élevé, il lui manque notamment :

  • Des points pour l’âge – un nombre très faible de points après 40 ans ;
  • Des points liés à la région, Montréal étant moins favorisée ;
  • Des points liés à ses diplômes.

On lui a même recommandé de passer des tests de français pour améliorer son pointage.

« Le français est ma langue. Et le test, c’est 500 $ par tête », note-t-il.

Son score se situe entre 540 et 600 points.

« On nous a dit : “Ne vous inquiétez pas, avec le PSTQ, ça va fonctionner.” Mais la plateforme n’est pas adaptée à notre situation. On est dans le flou », résume-t-il.

Courtisés ailleurs

Pendant ce temps, les offres se multiplient ailleurs au Canada : Ontario, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Alberta.

« Le problème, c’est au Québec, insiste-t-il. Quand on se renseigne dans les autres provinces, ils nous font un pont d’or. Ils nous disent clairement : “Si vous venez dans n’importe quelle province, francophone ou anglophone, peu importe, obtenir la résidence ne sera pas un souci.” »

Le couple n’a pourtant aucune envie de quitter Montréal.

« Bien sûr qu’on voudrait rester, dit le médecin. Tout se passe bien. Mais avec le PSTQ, il n’y a rien de certain. Et c’est ça qui est difficile. »

Source: Abolition du PEQ: Recruté par le Québec, courtisé ailleurs au Canada

… Minister Roberge now promises the admission to permanent residence of the approximately 6,300 employees of the health network affected. For Dr. Benard and his wife, this promise remains theoretical.

In the PSTQ, the recognition of his diplomas is not taken into account, says the doctor.

“At the Ministry of Immigration, I was told that the comparative evaluation requested in the Arrima portal is the one made by the ministry. This is not the case for me, because my medical degrees were evaluated by the Medical Council of Canada. But I was told that, anyway, it doesn’t change anything: it doesn’t bring points, “says the doctor.

“I was told: “The problem for you is that the system is poorly done since you are a doctor in Montreal, that you are over 40 years old and that you did not study in Quebec, that you do not have a Quebec diploma. So, you are not recognized at your true value by this system.” ”

Result: no invitation to file an application to date.

To reach the higher point threshold, it lacks in particular:

Points for age – a very low number of points after 40 years;

Points related to the region, Montreal being less favored;

Points related to his diplomas.

He was even advised to take French tests to improve his score.

“French is my language. And the test is $500 per head, “he notes.

Its score is between 540 and 600 points.

“We were told: ‘Don’t worry, with the PSTQ, it will work.” But the platform is not adapted to our situation. We are in the dark, “he summarizes.

Courted elsewhere

Meanwhile, offers are multiplying elsewhere in Canada: Ontario, Manitoba, New Brunswick, Alberta.

“The problem is in Quebec,” he insists. When we inquire in the other provinces, they make us a golden bridge. They tell us clearly: “If you come to any province, French-speaking or English-speaking, it doesn’t matter, getting the residency won’t be a problem.” ”

However, the couple has no desire to leave Montreal.

“Of course we would like to stay,” said the doctor. Everything is going well. But with the PSTQ, there is nothing certain. And that’s what’s difficult. ”

Face à la dévitalisation, les régions plaident pour l’immigration

Of note. Seeing some similarities in English Canada:

« Abolir le Programme de l’expérience québécoise, c’est fermer nos régions. C’est triste, la façon de voir du ministre de l’Immigration Jean-François Roberge », laisse tomber Vincent Bérubé, maire de La Pocatière.

Comme bien d’autres élus municipaux, il est aux premières loges pour voir les dégâts causés par l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et le resserrement des permis de travail au fédéral : des entreprises sont en difficulté, des commerces risquent de fermer et des services à la population sont menacés.

M. Bérubé est personnellement touché. Comme propriétaire d’un restaurant, il risque de perdre un chef cuisinier venu s’établir au Québec avec sa famille. « Son contrat de travail finit en décembre 2026. Avec tout le brouhaha… Ça génère chez lui tellement d’anxiété, et chez nous aussi », laisse-t-il tomber.

À quoi bon convaincre un immigrant de s’établir en région avec sa famille, lui trouver un logement et l’aider à s’intégrer, si on ne peut pas lui garantir qu’il pourra rester pour de bon ? se demande le maire de La Pocatière.

Vincent Bérubé, comme les 46 autres membres du conseil d’administration de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), a signé une lettre ouverte à François Legault, à Jean-François Roberge, et qui s’adresse aussi aux politiciens qui convoiteront un poste de premier ministre aux élections d’octobre1….

Source: Face à la dévitalisation, les régions plaident pour l’immigration

Abolishing the Quebec Experience Program is closing our regions. It’s sad, the way of seeing the Minister of Immigration Jean-François Roberge, “says Vincent Bérubé, mayor of La Pocatière.

Like many other municipal elected officials, he is in the front row to see the damage caused by the abolition of the Quebec Experience Program (PEQ) and the tightening of federal work permits: companies are in difficulty, shops risk closing and services to the population are threatened.

Mr. Bérubé is personally affected. As a restaurant owner, he risks losing a chef who came to settle in Quebec with his family. “His employment contract ends in December 2026. With all the noise… It generates so much anxiety in him, and in us too,” he says.

What is the point of convincing an immigrant to settle in the region with his family, find him housing and help him integrate, if we cannot guarantee that he will be able to stay for good? Wonders the mayor of La Pocatière.

Vincent Bérubé, like the other 46 members of the board of directors of the Fédération québécoise des municipalités (FQM), signed an open letter to François Legault, to Jean-François Roberge, and which is also addressed to politicians who will covet a position of Prime Minister in the October elections1…

“Légiférer sur la laïcité met à risque les guignolées, craignent les évêques du Québec”

Reminder of the risks of overly broad approaches:

“Les activités caritatives, comme les guignolées ou les comptoirs alimentaires, pourraient-elles devenir des victimes collatérales du projet de loi du gouvernement Legault « sur le renforcement de la laïcité » ? C’est du moins ce que craignent les évêques catholiques québécois.

Dans un mémoire qui sera présenté mercredi en commission parlementaire, l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ) lève un drapeau rouge : « la définition des “pratiques religieuses” qui est utilisée dans le projet de loi est trop large et doit être précisée, car elle risque de limiter l’action charitable de plusieurs organismes de bienfaisance ».

Déposé en novembre, le projet de loi 9 « sur le renforcement de la laïcité au Québec » prévoit l’interdiction, dans une panoplie d’édifices publics, de toute « pratique religieuse ». L’usage de la voie publique ou d’un parc à des fins de « pratique religieuse collective » est également proscrit, à moins d’obtenir une autorisation exceptionnelle de la municipalité.

“Quand je me réfère à notre expérience ici, à Saint-Jérôme, au centre-ville, la cathédrale a donné plus de 20 000 $ pour des paniers de Noël. Elle a réalisé ça, entre autres, avec une guignolée au coin des rues par les Chevaliers de Colomb », a observé l’évêque de Saint-Jérôme-Mont-Laurier, Raymond Poisson, en entrevue avec Le Devoir en prévision du passage en commission de l’AECQ. « S’il fallait qu’on arrête de faire ça… »

Devant le ministre responsable de la Laïcité, Jean-François Roberge, mercredi, l’AECQ défendra l’idée que, plutôt que la « pratique religieuse », ce soit « l’enseignement religieux et le culte de toute profession religieuse » qui soient interdits dans les édifices publics et dans les rues. Sans quoi, estime Mgr Poisson, cela pourrait sonner la fin des activités caritatives pour plusieurs regroupements.

« Il y a des organismes qui nous offrent des subventions pour nos comptoirs alimentaires et vestimentaires. On en a dans beaucoup, beaucoup de nos églises », a-t-il ajouté. « Pendant la pandémie, ici, on a continué à livrer 200 boîtes de nourriture aux familles et ce sont les employés municipaux qui les livraient. On ne voudrait pas perdre ça. »

“Dans les neuf recommandations contenues dans leur mémoire, les 23 évêques membres de l’AECQ demandent le maintien des locaux de prières dans les universités et cégeps. Ils souhaitent aussi le retrait d’une disposition du projet de loi 9 prévoyant rendre conditionnel le financement public d’écoles religieuses.

« On a une liberté d’expression et c’est reconnu par des chartes. Je pense que l’État, peut-être, déborde de sa juridiction, ou a un peu trop d’ambition », a affirmé Mgr Poisson au téléphone cette semaine.”

Source: “Légiférer sur la laïcité met à risque les guignolées, craignent les évêques du Québec”

“Could charitable activities, such as puppets or food counters, become collateral victims of the Legault government’s bill “on strengthening secularism”? At least that is what Quebec Catholic bishops fear.

In a report that will be presented on Wednesday in the parliamentary committee, the Assembly of Catholic Bishops of Quebec (AECQ) raises a red flag: “the definition of “religious practices” that is used in the bill is too broad and must be clarified, because it risks limiting the charitable action of several charities”.

Tabled in November, Bill 9 “on the strengthening of secularism in Quebec” provides for the prohibition, in a range of public buildings, of any “religious practice”. The use of the public road or a park for the purpose of “collective religious practice” is also prohibited, unless exceptional authorization is obtained from the municipality.

“When I refer to our experience here in Saint-Jérôme, downtown, the cathedral gave more than $20,000 for Christmas baskets. She achieved this, among other things, with a puppet around the corner of the streets by the Knights of Columbus, “observed the bishop of Saint-Jérôme-Mont-Laurier, Raymond Poisson, in an interview with Le Devoir in anticipation of the passage through the AECQ commission. “If we had to stop doing this…”

Before the Minister responsible for Secularism, Jean-François Roberge, on Wednesday, the AECQ will defend the idea that, rather than “religious practice”, it is “religious education and the worship of any religious profession” that are prohibited in public buildings and on the streets. Otherwise, according to Bishop Poisson, this could ring the end of charitable activities for several groups.

“There are organizations that offer us subsidies for our food and clothing counters. We have them in many, many of our churches, “he added. “During the pandemic, here, we continued to deliver 200 boxes of food to families and it was municipal employees who delivered them. We wouldn’t want to lose that. ”

“In the nine recommendations contained in their report, the 23 bishops members of the AECQ ask for the maintenance of prayer rooms in universities and CEGEPs. They also want the withdrawal of a provision of Bill 9 to make the public funding of religious schools conditional.

“We have freedom of expression and it is recognized by charters. I think the State, perhaps, overflows its jurisdiction, or has a little too much ambition, “said Bishop Poisson on the phone this week.”

“Le chef du PQ se dit prêt à offrir une clause «grand-père» à certains immigrants”

A noter “l’ambiguïté:”:

“Paul St-Pierre Plamondon se dit ouvert à appliquer une clause de droits acquis à une partie des immigrants laissés en plan par l’abandon du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), mais il ne précise pas en quoi sa proposition se distingue de celle du gouvernement Legault.

« On est très ouverts à octroyer des clauses “grand-père” », a laissé tomber le chef du Parti québécois (PQ) au premier jour de sa réunion de caucus de la rentrée, à Saint-Georges, en Beauce. La veille, il avait tenu une poignée de rencontres avec des acteurs du milieu économique beauceron, abordant en priorité le sujet de l’abolition du PEQ.

En novembre dernier, le gouvernement de François Legault a mis fin à ce programme qui offrait depuis plusieurs années une voie rapide vers la résidence permanente aux travailleurs temporaires et aux étudiants étrangers du Québec. Il leur demande désormais de postuler au Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) — et donc de répondre à certains critères — s’ils désirent s’installer de manière permanente en territoire québécois.

“Depuis, nombre d’organismes des milieux économique, de l’immigration et du travail ont émis le souhait que le gouvernement accorde une clause de droits acquis aux personnes déjà établies au Québec. Lundi, le conseil municipal de Montréal a lui aussi fait cette demande, comme plusieurs villes et municipalités.”…

Source: “Le chef du PQ se dit prêt à offrir une clause «grand-père» à certains immigrants”

“Paul St-Pierre Plamondon says he is open to applying a clause of acquired rights to some of the immigrants left in the way by the abandonment of the Quebec Experience Program (PEQ), but he does not specify how his proposal differs from that of the Legault government.

“We are very open to granting “grandfather” clauses,” said the leader of the Parti Québécois (PQ) on the first day of his back-to-school caucus meeting in Saint-Georges, Beauce. The day before, he had held a handful of meetings with actors from the Beauceron economic community, primarily addressing the subject of the abolition of the PEQ.

Last November, the government of François Legault ended this program, which for several years had offered a fast path to permanent residence for temporary workers and international students in Quebec. It now asks them to apply for the Skilled Worker Selection Program (PSTQ) — and therefore to meet certain criteria — if they wish to settle permanently in Quebec territory.

“Since then, many economic, immigration and labor organizations have expressed the wish that the government grant a clause of acquired rights to people already established in Quebec. On Monday, the Montreal City Council also made this request, as did several cities and municipalities.”…

Lagacé: Les immigrants, le PEQ et nous

Good column in its general messaging and the impact of no grandfathering of those who had already applied under PEQ:

Un, une société vieillissante comme le Québec, qui fait peu d’enfants, a besoin d’immigrants pour s’assurer que dans 25 ans, dans 50 ans, il y aura suffisamment de citoyens pour financer les services… Et les soins aux vieux. On n’en sort pas.

Là-dessus, je vous invite à consulter une analyse de Gérald Fillion1 qui montre ce que la stagnation démographique nous réserve comme périls parce que nous accueillons moins d’immigrants que le reste du Canada.

Deux, notre société devra toujours se battre pour franciser ses immigrants. Ça peut être irritant pour certains immigrants, mais c’est comme l’hiver : ça vient avec le choix de vivre ici.

Trois, l’immigration diversifie une société, c’est un atout indéniable, à plein d’égards. Mais la diversification pour la diversification n’est pas une politique d’immigration digne de ce nom.

Quatre, je crois que la « capacité d’accueil » existe bel et bien. J’entends des voix progressistes affirmer que c’est un concept inventé et je ne suis pas d’accord. On ne peut pas créer des profs pour les classes d’accueil et on ne peut pas faire apparaître comme par magie des appartements.

Cinq, je crois que nous devons accueillir des réfugiés, des gens en danger dans leur pays. Il y a parmi eux une proportion de « faux » réfugiés qui tentent de se faire passer pour des réfugiés pour échapper à leur pays : la bureaucratie fédérale est trop lente pour traiter les dossiers et établir s’ils sont de « vrais » réfugiés.

Voilà, en cinq petits paragraphes, vous savez à peu près où je loge sur l’immigration.

Maintenant, je constate aussi qu’il y a un discours anti-immigration puissant partout en Occident, un discours qui a un écho au Québec. Ce discours influence les partis politiques qui veulent gouverner.

Le « grand remplacement », le « importe le tiers monde et tu deviendras le tiers monde », la « remigration » (qui préconise la déportation d’immigrants naturalisés) : tout ce discours qui était auparavant aux marges influence désormais la pensée sur l’immigration de citoyens qui ne sont pas des extrémistes.

Le discours alarmiste de l’extrême droite, répété sur tous les tons et sur tant de tribunes, finit par être recyclé par des partis de droite qui veulent éviter de se faire bouffer leur steak électoral par les partis d’extrême droite.

Les partis plus à gauche politisent aussi l’immigration. Quand Justin Trudeau a ouvert les vannes de l’immigration, la propulsant via divers programmes à des niveaux historiques, c’était aussi une réponse au discours anti-immigrants de la droite de la droite.

L’immigration est désormais hyper-polarisée, partout.

Aux États-Unis, l’immigration est un enjeu chaud depuis des décennies. Républicains et démocrates n’ont jamais pu trouver de terrain d’entente sur la façon de faire face aux entrées irrégulières à la frontière sud. Il y avait, en effet, un « free for all » à cette frontière.

De chaude, la question est devenue bouillante aux États-Unis. Ça a mené à ces politiques d’expulsion où la flicaille trumpiste de l’immigration pêche à la dynamite pour capturer et expulser des gens qui ont « l’air » non américains, en se fichant des droits des uns et des autres dans un contexte plus large d’érosion de l’État de droit aux États-Unis.

Nous n’en sommes pas là au Québec. Heureusement.

La CAQ n’est donc pas le Parti républicain de Trump. Resserrer des critères bureaucratiques ici et là n’est pas l’ICE portant un Kanuk sous nos latitudes boréales.

Mais la suspicion face à l’immigration, je trouve, nous fait prendre des décisions à la fois cruelles et contre-productives, ici.

Prenez le PEQ, le Programme de l’expérience québécoise. Il permettait à des immigrants, s’ils répondaient à certains critères – maîtrise du français, emploi, études –, d’embarquer sur la voie rapide vers la résidence permanente.

La CAQ a aboli le PEQ en novembre dernier. Certains immigrants, qui remplissaient les critères, qui avaient été attirés ici par l’État lors d’opérations de recrutement à l’étranger, se butent désormais à une porte close : le PEQ n’existe plus.

On les oriente vers une autre porte, celle du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).

Ce programme est plus restrictif, impose de nouveaux critères, fonctionne par tirage au sort.

Résultat : des gens qui ont choisi le Québec, qui ont planté ici leurs racines, qui parlent français… font désormais face à une incertitude. Certains ont liquidé leurs actifs, chez eux, pour miser sur le Québec, via le PEQ.

Et là, boum, la porte est fermée. Ils ont joué selon les règles du jeu. Nous avons changé les règles du jeu…

Et je trouve ça cruel en tabarslak.

Depuis, des voix2 s’élèvent pour demander une clause « grand-père » pour ceux qui étaient dans le pipeline du PEQ. Du maire de Québec à la mairesse de Montréal en passant par les patrons, les syndicats, des PME, le PLQ, QS et j’en passe : cette coalition disparate implore le ministre de l’Immigration Jean-François Roberge de rouvrir la porte du PEQ pour ceux qui étaient sur le balcon…

Réponse de M. Roberge, vendredi : Non, il n’y aura pas de clause de droits acquis. Cognez à la porte du PSTQ.

L’ambassadeur de France à Ottawa, Michel Miraillet, a récemment posé3 un regard tristement lucide sur la fin du PEQ, « symbole d’un basculement », selon le diplomate, basculement qui envoie un message dissuasif aux Français qui seraient tentés de choisir le Québec et le Canada : « On voit arriver des Français qui avaient décidé de tout vendre pour s’installer au Québec et qui, au bout de deux ans, se voient priés de quitter le pays. »

Bref, nos politiques d’immigration sont devenues tellement incohérentes, à cause de la politisation, que le Québec renonce à… des immigrants français !

On veut tellement apaiser des peurs – légitimes et souvent illégitimes – face à l’immigration en général qu’on se prive même d’immigrants français, ici où le français est censé être le bastion de notre petite société distincte en Amérique.

Humainement, c’est cruel, pour eux.

Collectivement, la démographie est têtue : nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis.

La facture va nous tomber dessus dans 25 ans : c’est après-demain, à l’échelle d’un peuple.

Source: Les immigrants, le PEQ et nous

One, an aging society like Quebec, which has few children, needs immigrants to ensure that in 25 years, in 50 years, there will be enough citizens to finance services… And care for the elderly. We don’t get out of it.

On this, I invite you to consult an analysis by Gérald Fillion1 which shows what demographic stagnation holds for us as dangers because we welcome fewer immigrants than the rest of Canada.

Two, our society will always have to fight to Frenchize its immigrants. It can be irritating for some immigrants, but it’s like winter: it comes with the choice of living here.

Three, immigration diversifies a society, it is an undeniable asset, in many respects. But diversification for diversification is not an immigration policy worthy of the name.

Four, I believe that the “capacity of reception” does exist. I hear progressive voices say that it is an invented concept and I do not agree. We can’t create teachers for reception classes and we can’t magically make apartments appear.

Five, I believe that we must welcome refugees, people in danger in their country. Among them, there is a proportion of “fake” refugees who try to pretend to be refugees to escape their country: the federal bureaucracy is too slow to process files and establish whether they are “real” refugees.

Here, in five small paragraphs, you know roughly where I am on immigration.

Now, I also see that there is a powerful anti-immigration discourse throughout the West, a discourse that has an echo in Quebec. This discourse influences political parties that want to govern.

The “great replacement”, the “import the third world and you will become the third world”, the “remigration” (which advocates the deportation of naturalized immigrants): all this discourse that was previously on the margins now influences thinking about the immigration of citizens who are not extremists.

The alarmist speech of the extreme right, repeated in all tones and in so many stands, ends up being recycled by right-wing parties that want to avoid having their electoral steak eaten by far-right parties.

The more left-wing parties also politicize immigration. When Justin Trudeau opened the floodgates of immigration, propelling it through various programs to historical levels, it was also a response to the anti-immigrant discourse of the right of the right.

Immigration is now hyper-polarized, everywhere.

In the United States, immigration has been a hot issue for decades. Republicans and Democrats have never been able to find common ground on how to deal with irregular entries at the southern border. There was, in fact, a “free for all” at this border.

From hot, the issue has become boiling in the United States. It has led to these expulsion policies where the Trumpist immigration cops fish for dynamite to capture and expel people who “look” non-American, not caring about the rights of each other in a broader context of erosion of the rule of law in the United States.

We are not here in Quebec. Fortunately.

The CAQ is therefore not Trump’s Republican Party. Tightening bureaucratic criteria here and there is not the ICE carrying a Kanuk under our boreal latitudes.

But suspicion of immigration, I think, makes us make decisions that are both cruel and counterproductive here.

Take the PEQ, the Quebec Experience Program. It allowed immigrants, if they met certain criteria – mastery of French, employment, studies – to embark on the expressway to permanent residence.

The CAQ abolished the PEQ last November. Some immigrants, who met the criteria, who had been attracted here by the State during recruitment operations abroad, now bump into a closed door: the PEQ no longer exists.

They are directed to another door, that of the Skilled Worker Selection Program (PSTQ).

This program is more restrictive, imposes new criteria, works by lottery.

Result: people who have chosen Quebec, who have planted their roots here, who speak French… are now facing uncertainty. Some have liquidated their assets, at home, to bet on Quebec, via the PEQ.

And there, boom, the door is closed. They played according to the rules of the game. We changed the rules of the game…

And I find it cruel in tabarslak.

Since then, voices2 have been raised to call for a “grandfather” clause for those who were in the PEQ pipeline. From the mayor of Quebec to the mayor of Montreal via bosses, unions, SMEs, the PLQ, QS and so on: this disparate coalition implores the Minister of Immigration Jean-François Roberge to reopen the door of the PEQ for those who were on the balcony…

Answer from Mr. Roberge, Friday: No, there will be no acquired rights clause. Knock on the door of the PSTQ.

The French Ambassador to Ottawa, Michel Miraillet, recently put3 a sadly lucid look at the end of the PEQ, “symbol of a changeover”, according to the diplomat, a change that sends a deterrent message to the French who would be tempted to choose Quebec and Canada: “We see the arrival of French people who had decided to sell everything to settle in Quebec and who, after two years, are asked to leave the country. ”

In short, our immigration policies have become so inconsistent, because of politicization, that Quebec renounces… French immigrants!

We want so much to appease fears – legitimate and often illegitimate – in the face of immigration in general that we even deprive ourselves of French immigrants, here where French is supposed to be the bastion of our distinct little society in America.

Humanly, it’s cruel to them.

Collectively, the demographics are stubborn: we saw the branch on which we are sitting.

The bill will fall on us in 25 years: it’s the day after tomorrow, on the scale of a people.

“La communauté musulmane de Québec déplore l’intransigeance du gouvernement”

A noter:

“Neuf ans se sont écoulés depuis la tuerie de la grande mosquée de Québec, mais des séquelles se font encore sentir, ravivées par les lois sur la laïcité adoptées par le gouvernement caquiste, qui « encouragent la xénophobie et le racisme », selon les leaders de la communauté musulmane de la capitale.

Le 29 janvier 2017, au moment où Alexandre Bissonnette faisait irruption au milieu de la prière pour ouvrir le feu sur les fidèles, une fillette se tenait entre le tireur et ses victimes. « C’est ma fille. Elle avait huit ans », a raconté mercredi Nizar Ghali, blessé par deux balles à l’abdomen lors de la tragédie.

Le père de famille, ce soir-là, a frôlé la mort sous les yeux de son enfant. Dans les jours qui ont suivi l’attaque, pendant que la ville se recueillait, consternée, et pleurait les six défunts, Nizar Ghali, lui, luttait pour sa vie à l’hôpital, plongé dans le coma.

Aujourd’hui tiré d’affaire — « le corps va bien, l’esprit va quand même assez bien aussi », précisait-il mercredi au Devoir à la veille des commémorations —, il travaille à combattre les « amalgames » qui font le lit, à son avis, du racisme et de la xénophobie.

“Et il en a long à dire sur la vision de la laïcité promue par le gouvernement caquiste. La loi 21 sur l’interdiction des signes religieux et son expansion dans les garderies subventionnées par l’État prévue par le projet de loi 9 passent mal. « Les femmes voilées se sentent lésées par ces lois-là parce qu’elles estiment qu’[elles] sont faites spécifiquement pour elles », explique le docteur diplômé de l’Université Laval. « Pour nous, ça envoie le message que l’État ne veut pas que la femme musulmane prenne de l’expansion dans la société. »

Sa fille, aujourd’hui âgée de 17 ans, a décidé de porter le hidjab. Le père, lui, craint que ce choix ne constitue un obstacle à son épanouissement.

« Ce n’est pas le passé qui nous inquiète, c’est l’avenir, confie Nizar Ghali. Elle arrive à l’âge où tout le monde commence à entrevoir un petit peu son avenir. Il est encore trop tôt pour savoir quel genre de job elle va chercher ou quel domaine d’études elle va poursuivre, mais si elle rencontre des embûches, c’est sûr que ça va être de plus en plus difficile pour elle. Si, au contraire, elle trouve une société qui l’accueille comme elle est, je présume que ça va la soulager après ce qu’elle a vécu. »”…

Source: “La communauté musulmane de Québec déplore l’intransigeance du gouvernement”

“Nine years have passed since the killing of the Great Mosque in Quebec City, but sequelae are still being felt, revived by the laws on secularism adopted by the Caquist government, which “encourage xenophobia and racism,” according to the leaders of the capital’s Muslim community.

On January 29, 2017, when Alexandre Bissonnette broke into the middle of prayer to open fire on the faithful, a girl stood between the shooter and his victims. “She’s my daughter. She was eight years old, “said Nizar Ghali on Wednesday, wounded by two bullets in the abdomen during the tragedy.

The father of the family, that evening, come close to death before the eyes of his child. In the days following the attack, while the city was gathering, dismayed, and mourning the six deceased, Nizar Ghali was fighting for his life in the hospital, immersed in a coma.

Today out of trouble – “the body is fine, the mind is still quite well too,” he said Wednesday at Le Devoir on the eve of the commemorations – he is working to fight the “amalgams” that make the bed, in his opinion, of racism and xenophobia.

“And he has a lot to say about the vision of secularism promoted by the Caquist government. Bill 21 on the prohibition of religious signs and its expansion into state-subsidized daycare centers provided for by Bill 9 is doing badly. “Women with veils feel aged by these laws because they believe that [they] are made specifically for them,” explains the doctor graduated from Université Laval. “For us, it sends the message that the State does not want Muslim women to expand in society. ”

His daughter, now 17 years old, decided to wear the hijab. The father, for his part, fears that this choice will be an obstacle to his development. “It’s not the past that worries us, it’s the future,” says Nizar Ghali. She reaches the age where everyone begins to see a little bit of her future. It is still too early to know what kind of job she will look for or what field of study she will pursue, but if she encounters pitfalls, it is certain that it will be more and more difficult for her. If, on the contrary, she finds a society that welcomes her as she is, I assume that it will relieve her after what she has experienced. “…

ICYMI – Bouchard: Quand l’espoir vient des citoyens

Always worth reading:

« En haut, en haut ! C’est un grand concept sociologique sophistiqué, ça, en haut ! », s’exclame-t-il d’un ton faussement bourru. Me sentant désarçonné au bout du fil, il éclate d’un grand rire.

Le ton est donné : interviewer Gérard Bouchard sera tout sauf ennuyant. Ce monument de l’histoire et de la sociologie a codirigé la fameuse commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, a enseigné à Harvard, a écrit de nombreux ouvrages. Et à 81 ans, le sociologue chéri des Québécois est vif, drôle, versant autant dans l’autodérision que dans les critiques acerbes.

Des critiques qu’il dirige beaucoup vers le gouvernement du Québec actuellement. C’est là, « en haut », qu’il déplore les plus grandes dérives. Mon intention n’était pas nécessairement d’amener mon interlocuteur dans l’arène politique, mais il y a sauté lui-même à pieds joints.

Lorsque je lui demande ce qu’il souhaite collectivement aux Québécois pour 2026, sa réponse est immédiate.

« Je souhaiterais que tout le débat sur l’identitaire perde enfin de l’actualité. L’identitaire est un sac vide. Cette affaire-là ne va nulle part. C’est un débat qui divise, mais qui n’ouvre pas sur grand-chose. »

— Gérard Bouchard

Il enchaîne en dénonçant la désinvolture avec laquelle, selon lui, le gouvernement Legault écarte les droits fondamentaux pour imposer sa vision de la laïcité.

« Ça relève d’un sentiment antireligieux, je ne vois pas autre chose, dit-il. L’idée qu’une société, pour être laïque, doit repousser le religieux dans ses derniers retranchements pour qu’il ne soit finalement plus visible du tout… Ce n’est pas un idéal pour une société, ça ! Ou alors, si c’est un idéal, ça en est un qui repose essentiellement sur la violation d’un droit fondamental. »

« On vit encore sur cette espèce de revanche que l’on prend contre les abus du clergé que notre société a subis jusqu’au milieu du XXsiècle, analyse-t-il. On avait de sacrées bonnes raisons de le faire, on a beaucoup souffert. Mais là, il faudrait en finir avec ça. On ne va quand même pas vivre sur ce ressentiment de génération en génération ! »

Je lui fais remarquer que bien des Québécois sont d’accord avec un renforcement de la laïcité au nom de l’égalité entre les hommes et les femmes.

« On en est venu à percevoir que les deux sont incompatibles, déplore-t-il. Que pour défendre les droits des femmes, il faut faire reculer le religieux ! »

Le sociologue estime que la loi 21 sur l’interdiction du port de signes religieux par les enseignants ainsi que les projets de loi visant à élargir cette loi aux éducatrices de garderie, notamment, sont dangereux pour notre vivre-ensemble.

« Le dommage que ce gouvernement va causer chez les musulmans, chez les jeunes musulmanes… Ces gens-là ne sont quand même pas des monstres ! Ce sont simplement des croyants. »

S’il dénonce les dérives « en haut », Gérard Bouchard reprend espoir en regardant « en bas », c’est-à-dire du côté des citoyens. C’est là qu’il observe des exemples du modèle d’intégration qu’il prône depuis longtemps : l’interculturalisme.

Brève parenthèse théorique. Là où l’assimilation cherche à effacer les différences et où le multiculturalisme laisse se développer des cultures séparées et souvent isolées, l’interculturalisme prône l’intégration à une culture et une langue communes, mais avec un respect de la différence et des droits de chacun. Un modèle qui implique aussi des échanges et une curiosité envers l’autre.

« Il y a un paquet d’institutions qui l’ont appliqué à leur niveau, que ce soit dans les écoles primaires ou secondaires », observe Gérard Bouchard. …

Source: Quand l’espoir vient des citoyens