Quebec Muslim associations denounce government ban on prayer rooms in schools

Of note:

A group representing Muslim associations in Quebec wants the provincial government to rescind a directive prohibiting the presence of prayer spaces in elementary and high schools.

On Wednesday, Education Minister Bernard Drainville banned school service centres from transforming classrooms into places of prayer.

In a joint statement issued Thursday evening, representatives from several mosques with the Table de concertation des organismes musulmans (TCOM) expressed their shock and indignation at the decision.

Source: Quebec Muslim associations denounce government ban on prayer rooms in schools

La majorité des demandeurs d’asile hébergés par Québec ne sont pas passés par Roxham

Of note (as Rodham Road becomes covered by the STCA):

Le premier ministre François Legault a de nouveau déclaré jeudi qu’il souhaitait que le chemin Roxham soit « fermé », car le Québec aurait « dépassé sa capacité d’accueil ». Les données montrent toutefois que la majorité des demandeurs d’asile dans des hébergements gérés par la province ne sont pas arrivés par là.

Le plus grand groupe de migrants présents sur les sites du Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile (PRAIDA) provient du Mexique. Or, seuls 15 Mexicains sont arrivés au pays en passant entre des points d’entrée officiels depuis le début de 2023, selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).

Le PRAIDA confirme que la majorité des demandeurs d’asile hébergés dans ses sites sont plutôt passés par l’aéroport et proviennent du Mexique. « Ce phénomène date d’environ 12 mois et il semble fluctuer en fonction du prix des billets d’avion », indique Carl Thériault, relationniste pour le PRAIDA.

Depuis 2016, les ressortissants du Mexique n’ont plus besoin de détenir un visa pour visiter le Canada. Ils peuvent séjourner en tant que touristes au pays durant six mois et donc venir en avion.

En 2022, 7483 demandes d’asile de Mexicains ont été envoyées à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR), le tribunal qui se charge de déterminer si un demandeur a besoin de protection ou non.

Au total, le tiers des quelque 59 000 demandeurs d’asile arrivés au Québec en 2022, soit 19 800 personnes, ne sont pas passés par Roxham. Cette tendance s’est poursuivie en janvier, dernier mois pour lequel les données sont disponibles. Ces demandes d’asile ont pu être déposées à un point d’entrée aérien ou maritime, ou à un bureau à l’intérieur du territoire. L’Entente sur les tiers pays sûrs ne concerne que les passages terrestres et, par omission, elle permet de demander l’asile à des points d’entrée non officiels.

Pression réelle et « instrumentalisation »

Dans une lettre transmise en février au premier ministre Justin Trudeau, M. Legault se plaint que la situation au chemin Roxham crée une pression intenable sur les services, dont l’hébergement temporaire.

Le PRAIDA relève du gouvernement provincial, mais ses coûts sont couverts par le fédéral. Ottawa héberge aussi environ 2400 demandeurs au Québec et près de 4900 en Ontario, surtout des personnes qui arrivent entre les points d’entrée désignés, donc par Roxham, indique IRCC par courriel au Devoir.

Les transferts vers l’Ontario ont commencé le 30 juin 2022 et, jusqu’à maintenant, environ 8000 demandeurs ont été transférés après leur arrivée au Québec à la frontière sud. Le premier ministre québécois n’en est pas encore satisfait. « On voit qu’en mars, on est rendus à 58 % des nouveaux arrivants par Roxham qui sont envoyés à l’extérieur du Québec. Mais ce n’est pas encore suffisant », a-t-il affirmé jeudi matin.

Cette situation, le fait qu’une bonne partie des demandeurs d’asile dans les hébergements ne soit pas passée par Roxham, date cependant d’avant ces transferts, comme l’indiquent le porte-parole du PRAIDA et deux organismes de terrain. Le réseau communautaire accueille également sa part de demandeurs d’asile et leur offre aussi des services durant un temps limité.

Peu importe qu’un demandeur d’asile arrive par Roxham ou par l’aéroport, « tout le monde peut avoir besoin d’un hébergement, y compris les personnes du Mexique », précise Arthur Durieux, gestionnaire de l’organisme Le Pont. Il évalue qu’environ la moitié des familles présentes dans son centre d’accueil ne sont pas passées par le chemin désormais célèbre au sud du Québec.

Son organisme ne reçoit aucun financement public, mais il se dit « excédé » par le discours politique sur les demandeurs d’asile. « La demande est très forte en ce moment, mais Québec a nié de l’aide aux organismes depuis des années », lâche-t-il au téléphone.

Le nombre de places dans les lieux traditionnels d’hébergement du PRAIDA n’a pas changé depuis 2017, année où les arrivées se sont accélérées. Des sites temporaires avaient néanmoins ouvert leurs portes durant cette année-là, dont le Stade olympique, mais depuis que le chemin Roxham a rouvert en novembre 2021 après les restrictions pandémiques, Québec refuse d’augmenter la capacité d’accueil.

« On paie les pots cassés de ce qui n’est pas pris en charge par le gouvernement. C’est sur le dos du communautaire, car il n’y a pas de leadership, pas de volonté politique, pas de coordination », déplore quant à elle Eva Gracia-Turgeon, directrice du Foyer du monde.

Elle constate aussi que la majorité des demandeurs d’asile qui cognent à la porte de sa maison d’accueil ne sont pas passés par Roxham. « Ça date d’avant les transferts vers l’Ontario », précise-t-elle, ce qui montre à son avis « une certaine instrumentalisation » des demandeurs de Roxham.

En janvier dernier, une coalition d’organismes communautaires a lancé un cri du coeur. Cet appel a été entendu par le gouvernement caquiste, qui a rapidement débloqué 3,5 millions de dollars en aide d’urgence.

« Le message du communautaire n’était pas que le Québec est “plein”, c’était qu’on a besoin d’un financement constant et, surtout, qu’un plan d’urgence soit mis en place », ajoute Mme Gracia-Turgeon.

La situation date d’avant le début des transferts vers d’autres provinces.

Source: La majorité des demandeurs d’asile hébergés par Québec ne sont pas passés par Roxham

Le «Québec bashing» pour faire avancer l’agenda islamiste

Of note:

Je suis arrivée du Maroc en 2005 accompagnée de mes deux jeunes garçons de un et trois ans. Je ne me sauvais pas d’une situation de violence particulièrement grave, mais d’un état de dépendance et de soumission assez banal pour une femme dans une culture arabo-musulmane.

Cela n’a pas été facile de redémarrer une vie de mère de famille monoparentale dans un nouveau pays, mais le Québec a été pour moi une destination de rêve, et je suis reconnaissante de l’accueil dont j’ai bénéficié. J’ai toujours trouvé injustes les accusations de racisme et d’islamophobie dont les Québécois sont la cible. Je me sens plus respectée au Québec que je ne l’étais dans mon pays d’origine. C’est ici que je me suis sentie citoyenne à part entière, libre de mener ma vie comme je l’entendais, sans jugement, et j’ai le sentiment d’avoir bénéficié de l’égalité des chances.

On parle beaucoup d’islamophobie, mais on ne parle jamais de la pression communautaire qui pèse sur les ressortissants des pays arabes pour les forcer à se conformer à des normes culturelles et religieuses et les empêcher de s’intégrer dans leur pays d’accueil. Mon expérience récente dans le milieu associatif montre à quel point il est difficile de faire émerger un islam humaniste au Québec, et comment les accusations de racisme et d’islamophobie contre les Québécois sont utilisées pour faire avancer des objectifs islamistes.

J’avais envie de m’investir dans le milieu associatif pour aider d’autres ressortissants de pays musulmans, surtout les jeunes, à s’en sortir. Je voyais le danger de la radicalisation et l’influence que certains prédicateurs ont sur les jeunes ici même, à Montréal. Mon neveu de 25 ans habitant à Laval, plein de talent et de joie de vivre, artiste peintre, parolier, bon joueur de soccer, est soudain tombé entre les griffes du radicalisme. Du jour au lendemain, il a arrêté ses études, ses activités artistiques et le sport, pour se consacrer à la religion. J’avais tellement envie de crier fort : laissez les enfants vivre sans influence religieuse, arrêtez de les endoctriner.

Dès que j’en ai eu la possibilité, j’ai donc décidé de m’investir dans la société civile. Le passage à Montréal d’un penseur égyptien prônant une approche humaniste de l’islam m’en a donné l’occasion. Autour de ce penseur, la possibilité de créer une association de citoyens de culture arabo-musulmane favorables à la laïcité s’est présentée. Dans le cadre de cette nouvelle association, nous avons commencé à organiser des activités culturelles et des rencontres virtuelles avec des membres dans différentes villes du Canada et des États-Unis.

Arme aux mains des intégristes

Cependant, une personne très connue dans le milieu associatif et très influente dans une certaine communauté musulmane de Montréal prenait de plus en plus de place dans la direction de l’association. Le temps accordé aux personnes non pratiquantes, athées ou favorables à la laïcité diminuait au bénéfice de nouvelles personnes qu’il invitait, ayant des idées plus proches d’un islam radical. Lorsque je lui en parlais, il m’expliquait qu’il était important d’écouter ces personnes pour les amener un jour à changer d’idées.

Je n’étais pas convaincue par ses arguments, mais étant donné sa notoriété et son expérience associative de plus de trente ans, j’acceptais. Cependant, plus le temps passait, plus des personnes défendant l’islam politique se joignaient à l’association qui, rappelons-le, avait été créée justement pour faire face aux idées de l’islam politique.

À chaque occasion qui se présentait — rencontres en personne, virtuelles ou téléphoniques —, ce monsieur trouvait le moyen de décrire le Québec comme une province raciste et islamophobe. Il utilisait toutes les tribunes pour diaboliser le Québec. Lorsque j’intervenais pour parler de mon expérience positive au Québec, il ridiculisait mes propos et expliquait que si j’étais bien accueillie, c’était en raison de mes positions « anti-islam ».

Ma position en faveur de la loi 21 est ce qui m’a valu le plus de moqueries de sa part. Il insinuait que je voulais plaire aux Québécois et que je n’étais qu’un instrument entre leurs mains. Lors de la nomination d’Amira Elghawaby comme représentante canadienne à la lutte contre l’islamophobie, il fit des pressions sur moi pour que je ne puisse pas exprimer mon avis contre sa nomination.

C’est à la suite de la dernière rencontre que j’ai décidé de quitter l’association. Parmi les intervenants, il y avait une maman syrienne qui racontait son expérience douloureuse en nous montrant la photo de sa fille dans la vingtaine tuée par Daech [groupe État islamique]. Lorsque la réunion fut terminée, ce monsieur réagit violemment en interdisant la diffusion d’une vidéo présentant nos interventions et déclara que la maman n’aurait pas dû qualifier Daech d’organisation terroriste.

L’association dont j’avais été membre fondatrice n’avait plus rien d’humaniste ni de laïque.

Je ne sais pas quel sera le mandat de la représentante canadienne à la lutte contre l’islamophobie, mais je sais que ce concept est une arme aux mains des intégristes pour faire avancer leurs objectifs politico-religieux et pour creuser un fossé entre les musulmans et les autres. Il y a de quoi s’inquiéter.

Source: Le «Québec bashing» pour faire avancer l’agenda islamiste

Nicolas: Briser le silence… systémique

Of note:

Pour bien comprendre l’enquête du Devoir sur les plaintes pour racisme à la Ville de Montréal, rappelons d’abord le contexte. En 2016, une coalition de groupes de la société civile (dont je faisais partie) interpelle le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, pour demander une commission sur le racisme systémique. Le terme « racisme systémique » est alors nouveau pour une grande majorité de Québécois. Nous sommes plusieurs à expliquer, tant bien que mal, ce que c’est, et ce que ce n’est pas, sur les tribunes qu’on veut bien nous offrir.

On parle des politiques et des cultures institutionnelles qui créent et reproduisent des inégalités sociales. En réponse, on nous accuse de faire le « procès des Québécois » et on mélange les mots « systémiques » et « systématiques »… une distinction que tout un chacun fait déjà très bien lorsqu’il est question d’enjeux politiques, avec lesquels on est déjà plus à l’aise.

On pointe les milieux où il reste tant à faire pour briser l’omerta sur le racisme systémique au Québec, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la justice, de l’emploi. On nous rétorque qu’on peut résoudre la situation assez facilement sans s’embarrasser de tout ça. Utilisons des CV anonymes à l’embauche, organisons des foires d’emplois pour l’immigration en région, et le tour sera joué.

La commission provinciale sur le racisme systémique n’aura finalement jamais eu lieu. Mais l’idée aura fait son chemin dans la société civile, et fait évoluer les mentalités. Et quand George Floyd et Joyce Echaquan ont perdu leur vie devant les caméras, soudainement on était plus nombreux à avoir un mot pour nommer les choses.

La fin de non-recevoir à Québec ne découragera pas pour autant la mobilisation antiraciste. À Montréal, c’est l’ex-candidat de Projet Montréal, Balarama Holness, qui reprend la balle au bond, en 2018. À la Ville, on n’est pas plus pressé de nommer le racisme systémique et d’agir contre lui. Mais il existe une faille dans le système : les citoyens ont le pouvoir d’imposer un sujet de consultation à l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) s’ils collectent au moins 15 000 signatures… à la main. Un groupe de jeunes rassemblés autour de Holness se relève les manches et réussit l’exploit.

Qu’on ne le perde pas de vue, donc : si la Ville de Montréal a reconnu l’existence du racisme systémique et s’est engagée à mettre en oeuvre les recommandations du rapport produit par l’OCPM, c’est parce qu’un mouvement citoyen lui a forcé la main. Il n’y a rien, mais absolument rien, dans la lutte contre le racisme à Montréal qui s’apparente à de l’enfonçage de portes ouvertes.

Dans la foulée de ce rapport produit au terme d’une consultation dont la Ville ne voulait pas, donc, on crée le Bureau de la commissaire de la lutte au racisme et aux discriminations systémiques. Plusieurs acteurs clés de la Ville de Montréal, bien sûr, n’en voulaient pas plus. Mais nous sommes au début de 2021, quelques mois à peine après George Floyd et Joyce Echaquan. Puisqu’il n’est pas exactement dans l’air du temps de nommer son malaise devant l’existence même du bureau, on concentre l’ensemble des critiques envers la personne qui le dirigera. Bochra Manaï encaisse, ne fléchit pas, et se met à l’ouvrage.

Son équipe a principalement un pouvoir de recommandations et d’accompagnement des différentes équipes de la Ville aux prises avec des problèmes de racisme. Nécessairement, dans le contexte, il est difficile de juguler les attentes des employés qui subissent du harcèlement raciste de la part de collègues, dans certains cas depuis des décennies. L’enquête du Devoir décrit une institution où les arrondissements, la ville-centre et les syndicats se passent la patate chaude des employés qui contribuent à un climat de travail toxique, sans qu’il y ait de véritables conséquences pour les fautifs. Les seules personnes qui devraient être ici surprises sont celles qui n’ont pas encore compris, après toutes ces années, le sens exact de l’expression « racisme systémique ».

Revenons donc à la question qui avait été lancée en 2016, soit l’importance de faire la lumière, de briser l’omerta et d’enfin agir contre le racisme systémique dans une foule d’institutions au Québec. L’administration municipale de Montréal s’est fait imposer ce travail, à la suite d’une mobilisation citoyenne, et on voit, notamment dans l’enquête du Devoir, ce qui se cachait. Des niveaux inouïs de harcèlement à caractère haineux, des employés qui se voient refuser des promotions sur le motif de la couleur de leur peau, des carrières brisées, des victimes dont la santé mentale finit par flancher, et bien sûr le tabou, véhiculé notamment par l’interdiction de parler aux journalistes.

Mais ce n’est pas parce que les projecteurs sont braqués sur la Ville de Montréal que les injustices y sont pires que dans les autres municipalités, ou que dans le secteur privé, les systèmes de santé et de services sociaux, d’éducation, de justice, etc. Simplement, Montréal a commencé à faire un travail qu’on refuse encore d’entamer ailleurs.

Lorsqu’on a un pied sur le terrain, auprès des communautés les plus affectées par le racisme, on a déjà entendu des centaines de témoignages semblables à ceux dévoilés par Le Devoir cette semaine, dans à peu près tous les secteurs d’emplois. Alors que le combat pour la liberté d’expression est très en vogue ces temps-ci, prenons un moment pour mesurer l’ampleur des mobilisations et de la résilience requises pour ne briser qu’une infime partie du silence sur le racisme systémique.

Source: Nicolas: Briser le silence… systémique

Ottawa utilise l’intersectionnalité comme «arme» contre le Québec, dit Blanchet

Hard to imagine this becoming an issue. While I dislike the jargon, the substance of intersectionality provides insights into the differences within and between groups:

Aux yeux du chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, le féminisme intersectionnel n’est ni plus ni moins qu’une « arme » brandie par le Canada contre le Québec.

C’est ce qu’il a évoqué samedi, dans un discours devant les partisans péquistes au congrès ordinaire du parti, à Sherbrooke. Cette vision du féminisme avait récemment fait les manchettes à l’Assemblée nationale, en marge de la Journée internationale des droits des femmes.

« Les mêmes qui ont le courage de dénoncer qu’on fasse des mots “racisme systémique” une arme contre le Québec doivent se dresser, a lancé M. Blanchet lors de son allocution. Les mêmes qui ont le courage de dénoncer qu’on pervertisse l’idée – peut-être valable scientifiquement, quelque part – d’intersectionnalité pour en faire une arme contre le Québec doivent se dresser. »

Le leader bloquiste reproche au gouvernement fédéral de Justin Trudeau d’imposer une idéologie « woke » aux Québécois et de « pervertir la science » au détriment des valeurs du Québec. « Le Canada essaie d’effacer le Québec de la scène mondiale », a-t-il dit samedi.

À la fin du mois de février, le gouvernement de la Coalition avenir Québec s’est opposé à une motion de Québec solidaire — cosignée par le Parti libéral du Québec et le Parti québécois — qui encourageait « l’analyse différenciée selon les sexes dans une perspective intersectionnelle ».

Né dans les années 1980, le concept d’« intersectionnalité » vise à reconnaître que les différents types de discriminations — basées sur le sexe, la couleur de la peau, le statut socioéconomique — peuvent s’entrecroiser.

« Ce n’est pas notre vision du féminisme », avait affirmé le gouvernement de François Legault lorsqu’appelé à s’expliquer sur son rejet de la motion solidaire. Le Parti québécois, qui avait pourtant donné son aval à la motion, se dit, lui, pour un féminisme « universaliste », pas « intersectionnel ».

Interrogé samedi sur ses propos vis-à-vis de l’intersectionnalité, Yves-François Blanchet a affirmé que l’intersectionnalité, comme concept américain, avait été transposée de manière « assez incertaine » au Québec. « Je ne dis pas que la notion même n’est pas pertinente. Je dis que son instrumentalisation pour s’en prendre ultimement à des valeurs québécoises […] n’est pas acceptable », a-t-il dit.

Source: Ottawa utilise l’intersectionnalité comme «arme» contre le Québec, dit Blanchet

Lisée: And what if Quebecers are less racist than other Canadians?

Lisée contrasting Quebec and RoC polling data and providing context for Quebec policies on immigration, multiculturalism/interculturalisme and language. Polling data with regional breakdowns between Montreal and the regions would likely nuance his assertions, nor fully explain the high levels of support for Bills 21 and 96 or the general level of political discourse on these issues, but they certainly play a part.

Lisée may have overstepped his case with respect to the number of visible minorities elected in the 2022 election, 12 elected members by my count, 9.6 percent, not 12 percent, largely reflecting the concentration in and around Montreal (just as the GTA bumps up Ontario provincial and federal MP representation numbers:

The number is nine. That’s the percentage of Quebecers who believe some races are superior to others. They, along with other Canadians, were asked this straightforward question by Angus Reid in 2021: “In all honesty, do you think that all races are equal in terms of their natural characteristics, or do you think that some races are naturally superior to others?”

Nine per cent may seem high, but compare it to Ontario, Saskatchewan and Manitoba with a rate of 14 per cent. There is a spike of 19 per cent in PEI (this may be a sampling error) and lows of 11 per cent in Alberta and eight per cent in Newfoundland and Labrador.

Interestingly, one finds that 13 per cent of Indigenous people believe in the inequality of races and 18 per cent of non-Caucasian/non-Indigenous – double the Quebec number.

How can we possibly square this result with the mere existence of Quebec’s secularism law, known as Bill 21, and the apparent consensus outside Quebec that citizens there are closed-minded? The answer, as Justin Trudeau explained the other day, is Quebecers relation to religion, especially with the misogynistic aspects of the Catholic religion of yesteryear and, these days, Islam.

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That is why this same Angus Reid poll found what every other poll will tell you: a much bigger slice of Quebec opinion has negative views of religions as a whole and of Islam in particular. Angus Reid reports that whereas 25 per cent of all Canadians feel “cold” towards Muslims, the chill reaches 37 per cent in Quebec. Still in minority territory (63 per cent feel warm towards them) but a significant difference.

Since support for the secularism bill, which bans the wearing of all religious signs for civil servants in authority, hovers around 65 per cent, there are simply not enough Quebecers who dislike Muslims to account for that great a number. Clearly, other variables are at play and racism is not one of them.

In fact, Canadian pollsters regularly find Quebecers more tolerant on a range of issues than other Canadians. Ekos found in 2019 that 30 per cent of Quebecers believed there were too many members of visible minorities among immigrants. That is awful. But this level rose to 46 per cent in Ontario and 56 per cent in Alberta. And among visible minorities, 43 per cent felt there were too many visible minorities among immigrants. In short, Quebecers were less intolerant of racialized immigrants than Canadians as a whole and citizens of color themselves.

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But these are opinions. What about actions? Hate crimes were more numerous in Ontario than in Quebec per capita in 2019, 2020 and 2021, the year in which there is the latest available data. The Montreal police reports that in 2020 and 2021, the first years of application of the law on secularism, the number of hate crimes related to religion was down 24 per cent. Sure, with the pandemic, there were fewer opportunities to meet and hate each other. Yet they also had a pandemic in Toronto and there, according to the Toronto Police 2021 Hate/Bias Crime Statistical Reportreligious hate crimes increased by 16 per cent over the same period.

How about discrimination in employment? 2021 Statistics Canada data show that immigrants in Quebec have an employment rate greater than workers born in Quebec (at a ratio of 107 per cent) whereas the opposite is true in Ontario (a ratio of 95 per cent). The gap is greatest for women, with a ratio of 102 per cent employment in Quebec versus 91 per cent in Ontario, probably a result of Quebec’s far reaching daycare program. The same is true for members of visible minorities, whose rate of employment is equal to that of the rest of Quebecers, better than the 95 per cent level in Ontario. Simply put, as an immigrant or a BIPOC, your chances of getting a job is higher in Quebec than in Ontario, especially if you are a woman.

The recent October 2022 Quebec election was remarkable for one barely noticed achievement. For the first time, it delivered the same proportion of elected members from visible minorities, (12 per cent) than their share of the electorate and the same rate (20 per cent) of members of non-French and non-English origin. A perfect score. In Ottawa, Parliament still falls short of its goal of representing 25 per cent of visible minorities, having reached only 15.7 per cent.  In Ontario, with 30 per cent of minority population, the recent parliament counts 23 per cent representation.

None of these numbers are new, but I bet you are reading them here for the first time. Why? Simply because they are so counter-intuitive that few people outside Quebec look for them. Or when these numbers are encountered, they are treated as outliers that surely do not represent reality.

Yet going back in time, Quebec has reached achievements on race significantly before others on the continent. For example, the August 1 commemoration of the British Slavery Abolition Act of 1833 is problematic in Quebec because it ignores the fact that slavery had already been abolished there for 30 years. In Upper Canada, MPs had voted in 1793 to abolish slavery but grandfathered the “property” of current slave-owners. Slavery thus persisted until 1820. The British 1833 act compensated slave-owners for the “loss” of their property.

Quebecers had none of that. Open-minded judges started declaring slavery illegal in Quebec as early as 1798, without delay or compensation. It disappeared completely in very short order, as told by Frank Makey in his seminal Done with Slavery: The Black Fact in Montreal, 1760-1840 (McGill-Queen’s Press). “The way in which slavery was abolished in Quebec turned out to be one of the most humane and least constraining,” he writes. Slavery thus ended in Quebec 20 years before its demise in Upper Canada, 30 years ahead of the rest of the Empire and 63 years before the emancipation of Black Americans.

Jews were barred from elected office in the entire British Empire until 1858, except in Quebec. In 1832 the Assembly, with a Patriote majority (the ancestor of both the Quebec Liberal Party and the Parti Québécois) voted an act granting full citizenship to Jews, the Brits be damned.

As for relations with First Nations, in 1701 the Governor of New France and 39 leaders of First Nations gathered in Montreal for the most far-reaching peace treaty ever negotiated between settlers and First Nations in the hemisphere. That’s Nobel Peace Prize territory. In modern times, Quebec signed the first comprehensive land claim in Canada in 1975 and René Lévesque made sure the Quebec National Assembly was the first Parliament in Canada in 1984 to recognize the existence of Indigenous nations on the territory. In 2003 the Paix des Braves with the Cree nation became the gold standard for the granting of autonomy to First Nations.

Environics Institute reports that like other Canadians 44 per cent of Quebecers believe the government has not done enough to ensure true reconciliation. But there are laggards. Those who find that we have gone too far, that we have been too generous. In Quebec, 13 per cent think so. Too many. In Canada: 20 per cent. Too many and a half.

It is also interesting to note how the anti-religious sentiment of Quebecers is intertwined with the issue of residential schools. Polling firm Léger asked who was responsible for this disaster: the federal government or the Catholic Church. Obviously, the answer is: both. But the pollster forced his respondents to choose. Two-thirds of Canadians pointed to the church. Quebecers even more: 69 per cent. The more memory Quebecers have, the more they condemn the church, at 76 per cent among those over 55 years old. Quebecers also say they are more ashamed, at 86 per cent, than the high Canadian average of 80 per cent.

Surely, tons of columns can be – and have been – written on all the faults and frailties of Quebecers. I have written a few myself. Comparative arguments have little weight when the task is to fight back against discrimination, racial profiling, decades-long neglect of Indigenous communities.

They have value, however, when mainstream voices outside Quebec take a moral high ground to misjudge and mischaracterize Quebec, its citizens and its history on issues of race and tolerance.

Source: And what if Quebecers are less racist than other Canadians?

Soucy: Cohérence médicale pour les migrantes enceintes

Soucy makes a valuable distinction between birth tourists and vulnerable and precarious migrant women, some 2,000 according to RAMQ. Will be interesting to see whether Quebec provides a waiver to the non-resident medical surcharge or not:

Les enfants ne naissent pas d’une fleur : la santé de la mère est intimement liée à celle de l’enfant. La jolie formule utilisée par Médecins du monde résume bien l’incohérence de refuser aux mères ce qu’on a bien voulu accorder à leurs petits à venir, soit une couverture de santé bétonnée par un accès sans condition (sinon celle d’être présents sur le territoire plus de six mois) aux régimes d’assurance maladie et d’assurance médicaments, peu importe leur lieu de naissance ou le statut migratoire de leurs parents.

Il n’est pas inutile de rappeler que le projet de loi 83, qui a permis cette avancée, a été adopté à l’unanimité à l’Assemblée nationale en juin 2021. Guidés par des objectifs « d’équité et de solidarité », les partis n’avaient alors pas manqué de réclamer la même chose pour les mères en devenir. Il est bien documenté que l’absence de suivi de grossesse vient avec des risques accrus notamment de fausse couche et de césarienne, mais aussi de prématurité, de détresse foetale et de petits poids chez les nouveau-nés.

Outre leurs effets délétères sur les humains concernés, ces éléments pèsent lourd sur notre système de santé engorgé, en plus de nous coûter collectivement plus cher à long terme. Sensible à tous ces arguments tant éthiques et sanitaires qu’économiques, le ministre de la Santé, Christian Dubé, avait immédiatement mandaté la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) afin qu’elle évalue les options qui s’offrent pour combler cette brèche.

Déposé en juin dernier, son rapport présente quatre solutions, dont le statu quo, qui va contre la volonté parlementaire. Au vu et au su des cas déchirants rapportés par les médias ces derniers mois, et dont le nombre grandit à vue d’oeil, il est clair que cette option n’en est pas une. Au Québec, un accouchement sans complications après un suivi de grossesse normal aura coûté entre un peu moins de 10 000 $ et jusqu’à près de 20 000 $ à qui n’a pas d’assurance maladie. Pour nombre de femmes enceintes à statut précaire, une facture de cette ampleur agit non seulement comme un frein, mais aussi comme un accélérateur de paupérisation terrible.

Ceux qui agitent l’épouvantail du tourisme médical dans ce dossier n’ont pas complètement tort. Ce phénomène existe bel et bien au Canada, nourri notamment par ce qu’on pourrait appeler une double citoyenneté de complaisance. Le Québec n’y échappe pas, lui qui a un fructueux historique en matière de tourisme obstétrique, rappelle la RAMQ. Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit ici.

Ce dont il est question, c’est d’une couverture d’assurance maladie pour les soins de santé sexuelle et reproductive accessible à toutes les femmes qui vivent au Québec (et non pas celles qui y transitent pour en soutirer le meilleur avant de repartir avec leur petit bonheur sous le bras), indépendamment de leur statut migratoire. Plusieurs pays offrent déjà ce genre de formules, comme la France, la Belgique, l’Allemagne et même quelques États du voisin américain, pourtant peu réputé pour sa générosité en matière de soins de santé.

Le Québec peut en faire autant pour les quelque 2000 femmes concernées par année, selon l’évaluation de la RAMQ. Celle-ci a retenu trois formules qui pourraient avoir des bienfaits notables dans la trajectoire de ces femmes et de leurs enfants à naître. Cela va de l’élimination de la surcharge de 200 % des coûts engagés imposée actuellement à la gratuité pour toutes, en passant par la gratuité pour les femmes migrantes qui répondent à des critères de vulnérabilité (comme la pauvreté et la sous-scolarisation).

Le ministre Dubé dit attendre les conclusions du groupe de travail censé soupeser ces options et en évaluer la faisabilité pour trancher. L’affaire n’est pas simple : il faudra être équitable tout en empêchant tous les abus possibles afin de garder une saine gestion du régime. Souhaitons, surtout, qu’il ne tarde pas.

À force de se déchirer sur le chemin Roxham, on a fini par perdre de vue une valeur cardinale chère aux Québécois, celle de prendre soin de notre monde. Indépendamment du nombre d’immigrants que le Québec veut ou peut accueillir — et qu’il faudra bien définir un jour —, des femmes sans statut vivent leur grossesse ici, maintenant. C’est fâcheux, mais une grossesse ne se met pas sur la glace.

Source: Cohérence médicale pour les migrantes enceintes

Nadeau: Les ballons de l’immigration

A reminder from Quebec service provider organizations that the provincial government has failed to act in terms of settlement services and in its public messaging blaming the federal government:

Cela fait plus d’une semaine, mais Mary Claire ne décolère pas. « Lorsque je vais m’être calmée, je vais appeler Denis. Je vais l’appeler, certain ! » Denis qui ? Trudel. Le député du coin, élu sous la bannière du Bloc québécois.

« Quand j’ai vu la publicité du Bloc, qui dit que c’est comme un “tout-inclus” pour les immigrants au Québec maintenant, j’avais envie de leur dire de commencer par venir voir c’est quoi, les conditions réelles de ces gens-là, avant de dire n’importe quoi ! C’est pas un “tout-inclus” pantoute ! Ça n’a pas d’allure de dire ça ! »

Sur la Rive-Sud dans la région de Montréal, Mary Claire Macleod dirige L’Entraide chez nous. Aucune demi-coquille de noix de coco, remplie à ras bord de piña colada, ne traîne dans ses locaux. À midi, une poignée de bénévoles et de permanents mangent leurs sandwiches. Ils attendent qu’arrive, sur le coup de 13 h, un lot de nécessiteux, comme on disait autrefois.

L’Entraide chez nous est installé dans le sous-sol d’une église plantée au milieu d’un quartier défavorisé, comme on dit aujourd’hui pour éviter d’être confronté au sens des mots pauvreté et inégalité. L’organisme a été fondé en 1970 par Mme Robidoux. Elle avait accouché de vingt-trois enfants, Mme Robidoux. Vingt-trois. Elle éprouvait la fragilité de son milieu. Un milieu laissé à lui-même, avec pour seule promesse d’avenir son lot de misères. C’était à l’heure où Robert Bourassa, nouveau premier ministre, se gargarisait de projets de béton et d’acier, au nom d’une modernité dont le monde d’en bas était exclu d’emblée. Bourassa est passé. La misère du quartier est restée.

Yvane Fournier et Diane Roberge distribuent du pain, des fruits, des légumes, de la viande congelée. Ça fait trente ans qu’elles travaillent là. « C’est pire que jamais », dit Yvane.

Ces bénévoles gardent leur téléphone portable à portée de main. Ils l’utilisent à tout moment pour traduire, en espagnol, quelques mots de français. « Le plus dur est de voir des hommes à mon bureau se mettre à pleurer. Ce sont eux qui craquent le plus, on dirait. Ils sont à bout », dit Mary Claire Macleod d’un air dépité.

« Les familles de nouveaux arrivants se retrouvent à devoir vivre les unes avec les autres », explique Lydie, une des responsables de l’accueil. Elle me parle de six adultes, forcés de vivre dans un 5 ½, avec une dizaine d’enfants. « Ils n’ont même pas de matelas pour tout le monde. »

Pour obtenir de quoi manger, il faut présenter sa carte. Les habitués de L’Entraide, avant, l’appelaient « la carte pain ». Cela dit bien le degré de précarité dont témoigne ce bout de carton plastifié.

« Avant, on offrait environ mille services de dépannage par an. Là, en moins de six mois, on en a déjà offert plus que ça », expose Mary Claire. Ce n’est pourtant pas la première fois que la situation est difficile. En 2001, après les attentats aux États-Unis, il y avait eu un afflux de demandes, se souvient-elle. En 2008 aussi, avec la crise financière. Et de nouveau en 2010, avec le tremblement de terre en Haïti. En 2017, pour aider les demandeurs d’asile, le Stade olympique avait été réquisitionné. Mais là, le soutien venu d’en haut fait défaut. Les organismes d’aide sont laissés à eux-mêmes. « En plus, la boîte de tomates coupées en dés que je payais 99 ¢ coûte maintenant le double. »

Pour Eva Gracia-Turgeon, coordonnatrice de Foyer du monde, un centre d’hébergement pour familles demandeuses d’asile, le gouvernement de la CAQ réussit un exploit en matière de communication politique. « La CAQ projette l’illusion que cette situation chaotique dépend entièrement du gouvernement fédéral. Beaucoup de gens achètent ça. Pourtant, c’est faux ! En fait, il faut savoir que, depuis la réouverture des frontières après la pandémie, le provincial n’a pas revu les services. Si ça va mal, c’est beaucoup par sa faute. C’est un gros shitshow. »

En principe, les demandeurs d’asile sont pris en charge par les services québécois du PRAIDA, un programme provincial remboursé par Ottawa. Ses assises remontent à 1956. En 2021, le bel édifice historique qu’occupaient les bureaux du PRAIDA, rue Saint-Denis, a été vidé. N’aurait-il pas pu servir encore, en ces temps où tout déborde ?

Durant la pandémie, le nombre de places d’hébergements du PRAIDA a été réduit, en raison de la fermeture temporaire des frontières. Les places n’ont pourtant pas augmenté depuis, même si tout est redevenu comme avant. Des dix sites d’hébergement, il n’en reste plus que deux, soit 1150 places au total. Ce qui est largement insuffisant. Des hôtels, que le fédéral utilisait pour des quarantaines, sont désormais réquisitionnés pour héberger les migrants, dans des conditions qui laissent beaucoup à désirer. On est loin de Playa del Carmen. « C’est le fédéral qui ramasse les pots cassés, parce que l’administration du PRAIDA ne relève pas de lui », explique Eva Gracia-Turgeon.

« Ça arrange Québec de ne pas bouger », dit Eva. « Ça donne l’impression que, par la seule faute d’Ottawa, nous n’avons pas la capacité de nous occuper de ces gens. Ce n’est pas vrai ! Si ça ne fonctionne pas en ce moment, c’est beaucoup parce que le gouvernement du Québec ne fait rien, qu’il laisse les groupes communautaires s’arranger tout seul, qu’il s’en lave les mains, tout en accusant le fédéral. » Personne ne penserait pour autant donner une médaille du mérite au fédéral.

Pendant ce temps, nos bretteurs aux épées de fer-blanc, ceux qui tiennent des propos incendiaires à propos des immigrants, ont trouvé là des cibles commodes et faciles. Hormis un temps d’arrêt pour considérer quelques ballons chinois, toute leur attention est pointée vers ces boucs émissaires, au nom d’une rhétorique identitaire. Au point de détourner l’attention publique de problèmes pourtant importants. C’est à se demander si nos vaillants tigres de papier, obnubilés par ce seul sujet, ne trouveraient pas le moyen de nous gonfler d’autres ballons si les migrants n’existaient pas. D’ailleurs, n’est-ce pas un peu ce qu’ils font déjà, en nous en parlant tout le temps ?

Source: Nadeau: Les ballons de l’immigration

Yakabuski: Déplacer le problème

Good analysis of the issues and the problem for the government, particularly should the Supreme Court rule against the STCA. Potential for a comparable impact to the 1985 Singh decision which required the government to provide due process to anyone who arrived on Canadian soil:

La ministre de l’Immigration du Québec, Christine Fréchette, s’est dite heureuse d’apprendre que les autorités fédérales avaient transféré vers l’Ontario la presque totalité des quelque 500 demandeurs d’asile arrivés par le chemin Roxham en fin de semaine dernière. Selon Mme Fréchette, voilà bien la preuve que le gouvernement du Québec « peut avoir des résultats » en exprimant sans cesse son mécontentement face à l’inaction d’Ottawa devant le flux grandissant de migrants irréguliers qui passent par le chemin Roxham depuis sa réouverture, en novembre 2021.

La ministre Fréchette a imploré le gouvernement fédéral de continuer d’envoyer ailleurs au Canada plus des trois quarts des demandeurs d’asile qui traversent ce poste frontalier non officiel pour ne laisser au Québec qu’une proportion de migrants équivalente à son poids démographique au sein de la fédération canadienne. « On espère que ça va se maintenir dans le temps, et que ça va être la nouvelle approche de gestion de la frontière », a-t-elle ajouté.

Toutefois, le bonheur des uns fait parfois le malheur des autres. Dans la région de Niagara, dans le sud de l’Ontario, l’arrivée des migrants en provenance du chemin Roxham suscite de vives inquiétudes chez les autorités municipales et les organismes de bienfaisance. Cette région est dotée d’un plus grand nombre de chambres d’hôtel que la moyenne en raison de sa vocation touristique, active surtout en été. Alors, il n’est pas surprenant qu’Ottawa l’ait choisie comme destination pour les migrants que le Québec dit ne plus avoir la capacité d’accueillir.

Or, alors que le gouvernement s’apprêterait à louer environ 2000 chambres d’hôtel afin d’y loger temporairement les migrants dans le sud de l’Ontario, certains intervenants expriment des réserves sur la nouvelle stratégie d’Ottawa. « Sans préavis, sans préparation, cela nous met dans une position très difficile, a affirmé cette semaine le maire de Niagara Falls, Jim Diodati, dans une entrevue au St. Catharines Standard. Comment pouvons-nous gérer une situation comme celle-ci quand nous avons déjà une crise du logement et une crise d’accessibilité au logement ? Cela va absolument exacerber un problème déjà existant. » À quelques semaines du début de la saison touristique printanière, il a dit prévoir « un gros problème » à l’horizon.

En agissant de la sorte dans ce dossier, le gouvernement du premier ministre Justin Trudeau démontre de nouveau ses piètres capacités en matière de gestion de crise. Il est pris entre sa base progressiste, qui souhaiterait ouvrir les frontières canadiennes à tous ceux « qui fuient la persécution, la terreur et la guerre » — comme M. Trudeau avait lui-même promis de le faire en 2017 dans un gazouillis dorénavant entré dans l’histoire —, et les contradictions de ses propres politiques d’immigration.

Les véritables réfugiés se voient damer le pion par des passeurs qui exploitent la vulnérabilité des migrants fuyant des conditions de vie difficiles en Amérique latine ou en Afrique pour leur retirer le peu d’argent dont ils disposent. On a beau vouloir être généreux envers ces personnes, l’intégrité de notre système d’immigration en prend pour son rhume et le Canada consolide sa réputation de passoire dont profite quiconque veut s’en prévaloir.

Ottawa se trouve dépourvu d’arguments face à un gouvernement américain qui n’a aucun intérêt à accéder à sa demande de « moderniser » l’Entente sur les tiers pays sûrs (ETPS). Les quelque 40 000 demandeurs d’asile qui sont arrivés au Canada par le chemin Roxham en 2022 ne constituent qu’une goutte d’eau dans l’océan migratoire américain. Même des politiciens démocrates comme le maire de New York, Eric Adams, ne voient pas pourquoi ils devraient se priver d’utiliser cette « faille » dans l’ETPS pour pallier quelque peu leur propre crise migratoire. Avouons-le, leur crise est infiniment plus sérieuse que la nôtre.

Alors, quoi faire ? Le transfert des demandeurs d’asile du chemin Roxham vers les autres provinces permet peut-être au gouvernement fédéral de réduire la pression sur le Québec, mais il risque de créer des tensions ailleurs au pays. Il est aussi possible que les passeurs voient dans la démarche fédérale un geste qui facilite leur travail. La capacité d’accueil du Québec atteint peut-être ses limites, mais le transfert par Ottawa des demandeurs d’asile vers l’Ontario crée plus de possibilités pour les profiteurs du système.

Espérons que le gouvernement Trudeau se dotera d’un plan B au cas où la Cour suprême invaliderait l’Entente sur les tiers pays sûrs. En 2020, la Cour fédérale avait trouvé que cette entente violait le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne garanti par la Charte canadienne des droits et libertés. La Cour d’appel fédérale avait par la suite infirmé cette décision.

Toutefois, la notion selon laquelle les États-Unis ne constituent pas un pays « sûr » pour les demandeurs d’asile jouit de l’appui de beaucoup d’adeptes au Canada. En cas d’invalidation de l’ETPS, le Canada devrait accueillir tous les demandeurs d’asile qui arrivent en provenance des États-Unis, même ceux qui passent par un poste frontalier officiel. Cela créerait un méchant dilemme pour M. Trudeau, au point de peut-être même le forcer à répudier le fameux gazouillis dont il semble encore si fier.

Source: Déplacer le problème

Reaction to Conservative support for the notwithstanding clause

From the right (Ivison) to the left (Raj):

Most MPs come to Ottawa with good intentions, resolving to follow their conscience to make life better for their communities. Often though, they find that their conscience is not going in the same direction as their party. A decade ago, I remember Indo-Canadian Conservative MP Tim Uppal sending me a set of head scarves for my western Quebec soccer team, to wear in a solidarity protest against the Quebec Soccer Federation’s turban ban. Today, Uppal says he opposes Quebec’s Bill 21, the law that bans some public servants in the province from wearing religious symbols such as turbans to work.

Yet, earlier this week, he and the rest of the Conservative party voted in favour of a Bloc Québécois motion that called on the House of Commons to remind the government that it is solely up to Quebec and the provinces to decide on the use of the notwithstanding clause.

This is the same clause that was invoked by Francois Legault’s Quebec government pre-emptively to shield it from court challenges — which was prescient because the Quebec Superior Court judged last year that Bill 21 violates religious freedom but is beyond the reach of the judiciary. A panel of judges at the Quebec Court of Appeal is now weighing whether the bill disproportionately discriminates against Muslim women who wear the hijab (even the notwithstanding clause does not protect legislation that discriminates on the basis of gender).

I wrote to Uppal and said I was surprised at the party’s position on the use of notwithstanding. “I understand it’s popular in Quebec but we both know it’s blatant discrimination,” I said.

In reply, Uppal said that the motion was about the ability of the provinces to use the notwithstanding clause as guaranteed in the Constitution. “We are not interested in getting into a drawn-out constitutional battle. There are more important issues to focus on,” he said. It would be mildly amusing to watch political parties make age-old mistakes for the first time, if the consequences weren’t so serious. The Conservative party’s discomfort at siding with the Bloc, in pursuit of soft nationalist votes, risks alienating ethnic voters.

It is reminiscent of Justin Trudeau’s indiscretion early in his leadershipwhen he said he favoured keeping existing representation in the Senate because it was to Quebec’s advantage — a statement that did not go down well in other parts of the country where he was trying to build support. It may once have been possible to simultaneously pander to different groups on opposite sides of the same issue, but it is no longer. We have the internet now.

Uppal has been trying to reassure the World Sikh Organization that he and his party remain opposed to Quebec’s secularism law. He has said the Liberals are trying to spin a narrative that the Conservatives explicitly support the pre-emptive use of the clause.

Who knows why anyone might believe that line, except for the fact that it is demonstrably true.

The Bloc’s motion is not abstract — it relates directly to the pre-emptive use of Section 33 of the Constitution by the Legault government in its secularism and language legislation.

Sikh groups have, correctly, asserted that this erodes the Charter and suspends human rights. Uppal claims that the notwithstanding provision is a longstanding part of the Charter, which is true, but he cannot ignore that this vote empowers Legault and endorses his position. I know the arguments in favour of use of notwithstanding — and support them to a point. Stephen Harper’s former deputy chief of staff, Howard Anglin, made an impassioned argument in support of Section 33 recently, arguing that judges violated the “1982 bargain” by egregiously overreaching in their judgments. “Judges make poor gods,” he said. “Call me a stickler for democracy but I prefer the people wielding ultimate power in any society to be accountable, and, in a pinch, removable.”

He’s right. But until recently, the clause was used when politicians wanted to correct what they believed was judicial excess. Now it is being invoked (by Quebec and Ontario) at the beginning of the process to camouflage unjust laws. Federal justice minister David Lametti says that such use “guts Canadian democracy and means the Charter doesn’t exist” — a bold statement that commits his government to act.

Trudeau said in late January that Lametti is looking to refer the use of Section 33 to the Supreme Court, pending the ruling from the Quebec Court of Appeal on the religious symbols case. The prime minister’s intervention provoked a choleric reaction from Legault, who says it is up to the Quebec National Assembly to decide the laws that govern the province.

The premier argues the Canadian Charter is part of the Constitution Act that Quebec didn’t sign — an argument that ignores Quebec’s own charter, adopted unanimously by the province’s legislature in 1975, which is clear that every person has the right to full and equal recognition of his or her human rights, without distinction, exclusion or preference based on race, gender or religion. “Discrimination exists where such a distinction, exclusion or preference has the effect of nullifying or impacting such rights,” it says. Legault has been discriminating against the allophones and anglophones that constitute 20 per cent of Quebec’s population because it is popular with the francophone majority, who have been persuaded by their government that the French language and Quebec culture are threatened.

The federal government has little option but to oppose such blatant injustice, but in doing so the country’s unity will likely be tested. If Lametti asks the Supreme Court to impose restrictions on the use of Section 33, it could prove explosive. The court may refuse to hear the case on the grounds of conflict of interest — Section 33 was designed to limit the power of the courts. If the top court’s anglo majority does overturn the law, it could be the casus belli the separatists have been waiting for and could send Canada hurtling toward another referendum.

In their defence, the Conservatives might argue that western premiers don’t want restrictions placed on a notwithstanding clause that has been used by Alberta and Saskatchewan.

But the real reason Conservatives voted for a Bloc motion — never a smart or admirable thing — is to pander for votes in Quebec.

They may get them, but the cost could be their integrity and the trust of ethnic communities who could lose confidence in Poilievre’s party as a protector of minority rights.

Conservative MPs might want to refresh their memories on the thoughts of the philosophical founder of their movement, Edmund Burke, on the subject of natural law and individual rights. “The liberty of no one man, no body of men, and no number of men, can find means to trespass on the liberty of any person, or any description of persons, in society. This kind of liberty is indeed but another name for justice; ascertained by wise laws and secured by well-constructed institutions.”

Source: In Quebec, the Tories can choose principles or pandering. Not both

Conservative Leader Pierre Poilievre’s Quebec lieutenant made a shocking declaration this week that went unnoticed in English Canada, telling reporters that Conservatives “of course” agree with the provinces’ pre-emptive use of the notwithstanding clause.

On Tuesday, Quebec MP Pierre Paul-Hus said the party “might not necessarily” contest Quebec’s Bill 21 at the Supreme Court — reversing Poilievre’s previous stance. Then, Paul-Hus added, “Is the use of the notwithstanding clause in a pre-emptive manner, as the provinces have used it — are Conservatives in agreement with that?”

“Bien oui,” he said, meaning, “Of course” — or, literally, “Well, yes.”

That might be news to some of the Conservative MPs who vocally opposed Bill 21, a discriminatory law that bars those wearing religious symbols from holding certain public-sector jobs.

But perhaps they shouldn’t be surprised.

This week, they all sided with the sovereigntist Bloc Québécois and voted to tell Ottawa — the Liberals and any future federal government — to butt out of the notwithstanding clause debate. (Only Manitoba’s Candice Bergen, Nova Scotia’s Rick Perkins and Ontario’s Alex Ruff, who represents Bruce-Grey-Owen Sound, didn’t show up for the vote, and only the Liberals and NDP opposed.)

The motion proposed by the Bloc read: “That the House remind the government that it is solely up to Quebec and the provinces to decide on the use of the notwithstanding clause.”

The notwithstanding clause was a compromise that allowed prime minister Pierre Elliott Trudeau to enshrine the Canadian Charter of Rights and Freedoms into the Constitution. It gives legislatures the right to override some Charter rights for a renewable period of five years. Several politicians around the table at the time felt the political cost of using the clause would dampen the temptation to use it.

But that thinking has drastically shifted. In 2019, Quebec’s government introduced Bill 21 to popular support. Knowing the legislation was discriminatory, Premier François Legault pre-emptively invoked the notwithstanding clause to protect it from court scrutiny. The clause was pre-emptively used again last year by Quebec when it passed Bill 96, legislation that limits the rights of anglophones in the province and curbs the use of other minority languages.

Then, last fall, Ontario Premier Doug Ford attempted to pre-emptively invoke the clause, too — this time to stop educational support workers from striking.

Widespread public opposition and the unions’ collective action forced Ford to back down, but not before Ottawa spent days contemplating how it should respond. Should it ask the Supreme Court if the provinces had the right to use the clause pre-emptively? Within Prime Minister Justin Trudeau’s office, staff argued the power of disallowance — a constitutional provision that gives the federal government the right to disallow provincial laws — was outdated (it hasn’t been used since 1943), but they searched for creative ways to send a message that Ottawa wasn’t happy and that it believed the notwithstanding clause needed parameters around it.

At the time, and again this week, Justice Minister David Lametti argued the pre-emptive use of the notwithstanding clause was robbing the courts of having their say.

“It was always meant to be a last resort, in the context of constitutional negotiations,” he said. “It’s a grave matter when we use a law to breach people’s rights in Canada (and) the use of the notwithstanding clause must be an exception.”

The Bloc, unsurprisingly, doesn’t want the federal government telling Quebec what it can and can’t do.

But it is more than noteworthy that the Tories agree — regardless of whether Paul-Hus was making up party policy on the fly or if he had Poilievre’s benediction.

The vote Monday suggests several things.

First, we can expect that as prime minister, Poilievre would sit back and allow any province to pass discriminatory laws using the notwithstanding clause. This is what the Bloc motion called for. This is what Conservative MPs supported.

Second, Poilievre is aggressively courting nationalist voters in Quebec, embracing the same playbook that failed for Erin O’Toole and Andrew Scheer, and his position on Bill 21 may be shifting again. During the French-language Conservative leadership debate last May, Poilievre said he “would not reverse the federal decision” to fight both Bill 21 and 96 at the Supreme Court. But if the Liberals are no longer in office when these laws reach the country’s top court, can Poilievre be counted on to defend minority rights? Monday’s vote suggests not.

Lastly, the Conservative MPs who vehemently opposed Bill 21, who argued against O’Toole’s non-intervention policy and paved the way for his ouster and Poilievre’s leadership, acted disingenuously. Opposing Bill 21, believing that pre-emptive use of the clause should be limited, or that the federal government should fight the bill at the Supreme Court, meant voting against this motion.

Several MPs I spoke with said they believed they were simply reaffirming what the Constitution states, making a statement of fact.

It clearly was about much more than that.

Either you believe in something, or you don’t.

Source: Would Pierre Poilievre’s Tories let provinces strip us of our rights? ‘Of course,’ one of his MPs says