Birth Tourism: Un «bébé passeport» par jour au Québec

Interesting in-depth reporting in the Journal de Montréal on the extent of birth tourism in Montreal (the reporter spoke to me a number of times as well as others with some interesting local details) – first part:

Environ une femme étrangère accouche chaque jour au Québec, après avoir fait des milliers de kilomètres pour donner naissance ici dans un seul but : offrir la citoyenneté canadienne à son enfant.

Le principal objectif de ce coûteux séjour au pays est d’obtenir un passeport pour le bébé. La loi fédérale fait en sorte que tous les bébés nés ici obtiennent automatiquement la citoyenneté, et donc un passeport canadien.

Le Canada et les États-Unis font partie des rares pays riches où il est encore possible d’obtenir la citoyenneté ainsi.

Avec ce précieux document, l’enfant pourra :

  • étudier au Canada à peu de frais ;
  • voyager dans le monde plus facilement ;
  • s’établir ici aisément si son pays d’origine connaît des perturbations sociales ;
  • venir se faire soigner ici gratuitement (à condition de venir habiter six mois par année ici pour obtenir la carte soleil).

Explosion

Ce phénomène des « bébés passeport » est en pleine explosion partout au pays, y compris au Québec. Vancouver en est toutefois l’épicentre en raison d’un obscur réseau de facilitateurs bien établis dans la communauté chinoise.

Tout un système de consultants en tourisme obstétrique est d’ailleurs en train de se constituer clandestinement, ce qui inquiète des avocats spécialisés en immigration qui y voient un passe-droit injuste. Le gouvernement canadien promet de faire le ménage dans ce réseau de consultants « sans scrupules » (à lire demain).

Les couples paient de 20 000 $ à 30 000 $ pour venir ici, ce qui comprend les billets d’avion, l’hébergement, quelques milliers de dollars pour les consultants ou avocats et environ 8000 $ pour les frais médicaux.

Mal documenté

Le tourisme obstétrique est mal documenté par les gouvernements. Des établissements publics refusent d’en parler, dont le Centre hospitalier de St. Mary. Les douaniers constatent l’arrivée au pays de mères sur le point d’accoucher, mais ils n’ont aucun moyen légal pour intervenir.

Si certains « consultants » conseillent à leurs clientes de mentir, il y a des couples qui ne cachent pas leurs intentions lorsqu’ils arrivent ici, comme a pu le constater Le Journal. Bien que controversé sur le plan éthique, tout cela est légal.

Personne ne connaît le nombre exact de femmes qui viennent ici pour accoucher. Un calcul inédit produit par Le Journal démontre que plus de 800 mères non résidentes canadiennes ont donné naissance l’an dernier au Québec seulement, essentiellement dans la région de Montréal.

Ces données compilées n’incluent pas le principal lieu d’accouchement francophone au Québec, l’hôpital Sainte-Justine, qui ne dénombre pas ce type de naissance. Tout comme les hôpitaux de la ville de Québec.

Environ 50 % de ces mères étrangères sont venues ici en tant que touristes dans le but d’accoucher, selon l’estimation « très conservatrice » d’un ex-haut fonctionnaire d’Immigration Canada, qui a longuement étudié la question.

L’autre moitié serait composée de mamans qui sont, par exemple, des étudiantes ou des travailleuses étrangères qui ont accouché durant leur séjour ici.

C’est ainsi qu’on évalue qu’environ un « bébé passeport » naît chaque jour au Québec.

Le Centre hospitalier de St. Mary vient au 2e rang de tous les hôpitaux canadiens qui accueillent le plus de naissances de mères étrangères. Dans cet hôpital, près d’un bébé sur 10 est né d’une mère venue d’ailleurs l’an dernier (361). Une hausse significative par rapport à il y a cinq ans (177).

Ces femmes étrangères qui accouchent au Québec sont souvent d’origine chinoise, selon des données obtenues par Le Journal.

Ce phénomène soulève des questions éthiques, remet en question les lois canadiennes sur la citoyenneté et est source de conflits dans les hôpitaux.

« On se demande qui doit prendre la responsabilité de ces femmes », affirme une obstétricienne de Calgary qui a réalisé une rare étude sur le sujet, Fiona Mattatall.

Vancouver, l’épicentre

À Vancouver, le tourisme obstétrique est devenu une véritable industrie. Une vingtaine de maisons de naissance chinoises ont pignon sur rue dans les environs de la métropole britanno-colombienne.

Ces entreprises controversées, dont les tentacules s’étendent jusqu’en Asie, offrent des services clé en main à de riches familles chinoises (à lire demain).

NAISSANCES D’ENFANTS DE MÈRES ÉTRANGÈRES DANS CERTAINS HÔPITAUX DU QUÉBEC

Centre hospitalier de St. Mary

  • 2017-2018 | 361
  • 2013-2014 | 177

Hôpital de LaSalle

  • 2017-2018 | 76
  • 2013-2014 | 91

Hôpital du Lakeshore

  • 2017-2018 | 57
  • 2013-2014 | 28

CUSM

  • 2017-2018 | 123
  • 2013-2014 | 110

CHUM

  • 2017-2018 | 16
  • 2013-2014 | 37

Hôpital général juif

  • 2017-2018 | 72
  • 2013-2014 | 62

Hôpital Maisonneuve

  • 2017-2018 | 63
  • 2013-2014 | 43

Cité de la santé

  • 2017-2018 | 17
  • 2013-2014 | 16

Hôpital du Sacré-Cœur

  • 2017-2018 | 39
  • 2013-2014 | 45

Total : 824 l’an dernier

SOURCES : LES DIFFÉRENTS HÔPITAUX ET CENTRES INTÉGRÉS DE SANTÉ ET DE SERVICES SOCIAUX CONCERNÉS.

DES ENJEUX ÉTHIQUES

Des conséquences sur le système de santé

L’explosion du phénomène des « bébés passeport » entraîne inévitablement des conséquences sur les soins de santé dans les hôpitaux les plus touchés. À l’hôpital de Richmond, en Colombie-Britannique, près de 1 bébé sur 4 est d’origine chinoise. On déplore que des Canadiennes enceintes soient forcées d’accoucher ailleurs parce qu’une femme étrangère se présente en travail à l’hôpital à la dernière minute. « Des infirmières sont inquiètes des abus du système et que des résidentes de Richmond soient rétrogradées », affirme en entrevue le député libéral fédéral de la circonscription, Joe Peschisolido. Le Centre hospitalier de St. Mary, à Montréal, n’est pas à l’abri de ce genre de situation, croit un ancien haut fonctionnaire fédéral ayant longuement étudié la question. « Si la tendance se poursuit, c’est possible et même probable qu’on voie les problèmes de Richmond se produire ailleurs », affirme le chercheur Andrew Griffith.

Des factures non payées

Ils sont l’exception plutôt que la règle, mais certains parents partent sans payer l’hôpital. Les autorités de santé publique de Vancouver poursuivent une femme d’origine chinoise qui a quitté le Canada en laissant derrière elle des factures impayées de 313 000 $ après son accouchement en 2012. L’avocat canadien responsable du dossier soutient qu’il sera très difficile de récupérer les fonds, qui s’élèvent à un million avec les intérêts. À Calgary, une mère américaine a accouché de ses quatre enfants sans s’acquitter de ses factures, qui s’élèvent maintenant à plus de 100 000 $. « Elle n’avait pas d’assurance maladie aux États-Unis. Elle trouvait que c’était beaucoup moins cher de venir se faire soigner ici », explique Fiona Mattatall, une obstétricienne de Calgary. Qu’on paie ou non sa facture, l’enfant obtient la citoyenneté.

Injustice en immigration

Les parents qui offrent la citoyenneté canadienne à leur enfant en accouchant tout simplement ici font enrager les immigrants ayant attendu patiemment pendant des années avant d’obtenir leur passeport à la feuille d’érable. « Pourquoi ne pas suivre les règles qui existent déjà ? Faites les procédures habituelles comme tout le monde », a commenté un utilisateur sur un blogue spécialisé en immigration à une femme étrangère désirant accoucher au Canada. « Tant qu’à être cupide, abandonnez votre enfant au Canada pour qu’il puisse vivre sa vie de Canadien, et vous, rentrez tranquillement chez vous ! » lui a lancé un autre utilisateur.

LA CITOYENNETÉ CANADIENNE EN CADEAU

Aman et Hrena Singh, de l’Inde, ont payé environ 25 000 $ pour venir donner naissance à leur fils à Toronto

Couple d’Indiens bien nanti, Aman et Hrena Singh sont venus au Canada pour donner naissance à leur premier enfant, qui a ainsi la citoyenneté canadienne. Ils ont été pris en photo au bureau de leur avocat, à Toronto, en novembre. Leur fils a vu le jour depuis et a été nommé Alex, en honneur de l’avocat qui les a aidés dans leurs procédures.

Aman et Hrena Singh ne connaissaient rien du Canada avant d’y mettre les pieds en octobre dernier. Cela n’a pas empêché ce couple de venir d’Inde pour donner naissance à un petit garçon qui est maintenant… canadien.

Comme le font chaque année des centaines de familles étrangères, Aman, 37 ans, et Hrena, 26 ans, ont fait des milliers de kilomètres pour donner naissance à leur enfant ici.

Le principal objectif de ce coûteux séjour : obtenir la citoyenneté canadienne pour leur enfant. Le Canada, contrairement à la plupart des pays, attribue la nationalité à toute personne qui naît sur son territoire, sans condition supplémentaire.

Ce couple de l’Inde bien nanti souhaitait d’abord et avant tout offrir à leur petit garçon des soins de santé de classe mondiale et un environnement sécuritaire. Ils ont aussi obtenu pour lui, en prime, la nationalité d’un pays riche.

« Notre but au départ était de venir ici pour 10 ou 15 jours pour explorer le pays. Lorsque nous avons réalisé qu’il était possible d’obtenir la citoyenneté [pour notre bébé], nous n’avons pas hésité », explique Hrena en entrevue depuis le bureau de son avocat torontois quelques semaines avant d’accoucher.

« Je ne voulais pas accoucher en Inde. Je cherchais de bonnes conditions sanitaires, de bons hôpitaux », explique celle qui a donné naissance au début du mois de janvier.

Facture de 25 000 $

Le couple doit rentrer dans son pays à la fin janvier. Ils auront déjà en main, à ce moment-là, le passeport du petit Alex. La famille n’a aucune intention de revenir au pays de sitôt. Propriétaires d’une école primaire privée, Aman et Hrena bénéficient d’une situation économique enviable dans leur pays.

« Nous avons une entreprise prospère en Inde, soutient Aman. Nous ne voyons aucun intérêt à nous établir ici, au Canada. »

La très vaste majorité des familles s’adonnant au tourisme obstétrique font partie de la classe des privilégiés dans leur propre pays, assure l’avocat du couple, Alex Davidson. Ces familles déboursent de 20 000 $ à 30 000 $ pour offrir la nationalité canadienne à leur enfant. Cela inclut les billets d’avion, l’hébergement, les frais d’avocat et d’hôpitaux.

« Ça va nous coûter au total au moins 25 000 $, dit la nouvelle maman. C’est beaucoup plus qu’on pensait! Mais quand on voit la pureté de l’environnement, je pense que c’est raisonnable. »

Le couple a jeté son dévolu sur le Canada parce que ce pays lui semblait plus ouvert et sécuritaire que les États-Unis, seul autre pays riche où le droit du sol est encore en vigueur.

« Nous préférons le Canada à cause du multiculturalisme et parce qu’il est moins densément peuplé », indique Hrena­­­, qui se dit aussi rebutée par les nombreux « attentats terroristes » au sud de la frontière.

Le couple assure que cette démarche vise uniquement à offrir un meilleur avenir à leur enfant. Il n’envisage pas, pour l’instant, de profiter de la citoyenneté canadienne de leur garçon pour l’obtenir eux-mêmes, à leur tour.

Le Canada en a les moyens

Les parents de « bébés passeport » n’obtien­nent pas automatiquement la nationalité canadienne. S’ils souhaitent éviter le processus normal d’immigration, ces familles doivent attendre que leur enfant atteigne l’âge de la majorité, soit 18 ans, pour être admissibles au parrainage.

« Nous ne voulons pas du tout devenir canadiens », lâche Hrena dans un très bon anglais.

Le couple est bien conscient des enjeux éthiques que pose le tourisme obstétrique. Avec le recul, Aman et Hrena n’ont pas l’impression de profiter du système, puisqu’ils déboursent d’importantes sommes pour venir ici.

Ils croient aussi que le Canada a les moyens d’offrir gratuitement sa citoyenneté aux enfants nés ici et juge que cette pratique est une relation d’affaires qui est même bonne pour l’économie du pays.

PRÉSENT, MAIS MOINS BIEN FICELÉ À MONTRÉAL

L’industrie des « bébés passeport » est peut-être moins organisée à Montréal qu’à Vancouver, mais elle a tout de même le vent dans les voiles.

Le Journal a contacté des dizaines d’avocats en immigration et de nombreux spécialistes des soins de santé dans la métropole, dans le cadre de ce reportage. Presque tous ceux avec qui nous avons parlé sont convaincus que la pratique se porte bien à Montréal. Certains ont même déjà travaillé avec cette clientèle.

Il semble toutefois que les maisons de naissance de type tout inclus pour les familles étrangères désirant donner naissance au Canada soient rares, sinon inexistantes au Québec.

« Je ne connais pas de maisons de naissance spécialisées, mais je sais qu’il y a systématiquement dans tous les hôpitaux de Montréal, une bonne portion des femmes qui donnent naissance et qui sont issues de l’étranger », soutient un avocat en immi­gration, Hugues Langlais.

Plusieurs intervenants expliquent que ces familles étrangères viennent donc généralement à Montréal par leurs propres moyens. Elles logent à l’hôtel ou louent un appartement, certaines embauchent une accompagnatrice de naissance ou une sage femme. D’autres encore s’inscrivent à l’unité mère-enfant d’un hôpital. Dans de rares cas, elles arrivent à l’improviste à l’urgence au moment de l’accouchement.

Entrepreneurs

Deux entrepreneurs rencontrés par Le Journal ont tenté d’ouvrir une maison de naissance pour femmes étrangères, sans succès.

Neo Zhang a immigré de Chine en 2012. Constatant la popularité des maisons de naissance en Colombie-Britannique et en Californie, M. Zhang a fait des démarches pour reproduire ce modèle ici.

Son projet n’a toutefois jamais vu le jour ; ses recherches ont démontré que le marché montréalais n’est pas encore mûr pour une telle industrie, en raison de la taille relativement petite de la communauté chinoise, principale source du tourisme obstétrique, croit-il.

La « barrière de la langue » repousse aussi les agences chinoises qui préfèrent développer les marchés britanno-colombiens et ontariens, ajoute M. Zhang.

Yi Hai Yan s’est quant à elle installée à Montréal en 2008. Flairant une bonne affaire, Mme Yi a fait paraître en février 2017 une petite annonce dans un média chinois pancanadien. Elle y vendait des services pour entrer au Canada, remplir des formulaires d’identité pour les bébés, organiser des rendez-vous dans des hôpitaux « sophistiqués » et faire le suivi de l’accouchement.

Son projet est toutefois tombé à l’eau, rapporte-t-elle en chinois dans une entrevue traduite par sa fille de 20 ans. « Je n’avais pas réalisé à quel point c’était compliqué. Je n’ai pas les compétences pour remplir des papiers d’immigration », dit l’accompagnatrice de naissance qui offre des massages et des cours d’allaitement aux nouvelles mamans.

Mme Yi dit que son projet a aussi échoué, car elle ne possède pas de réseau de rabatteurs en Asie.

OMERTA À ST. MARY

Le centre hospitalier de St. Mary, à Montréal, se dit « réputé pour ses soins de haute technologie empreints de compassion ». Mais la transparence, elle, n’est visiblement pas dans ses cordes. Le Journal a tenté d’obtenir une entrevue avec la direction dans le cadre de ce reportage, sans succès. « Nous n’avons malheureusement personne de disponible pour traiter de ce sujet avec vous », nous a-t-on répondu après des demandes répétées. Situé dans le quartier central de Côte-des-Neiges, St. Mary a vu le nombre d’accouchements de non-résidentes bondir dans les cinq dernières années, passant de 177 (4 %) à 361 (9 %).

FACTURE TYPE D’UNE MÈRE ÉTRANGÈRE

Le Centre hospitalier de St. Mary est l’un des hôpi­taux les moins chers où accoucher à Montréal. Voici une facture type pour donner naissance sans la carte soleil

  • Hospitalisation de la mère | 2370 $ / jour
  • Hospitalisation pour le bébé | 2475 $ / jour
  • Médecin | À négocier avec le médecin
  • Anesthésiste | À négocier avec l’anesthésiste
  • Dépôt (cela inclut une nuit d’hébergement pour la mère et l’enfant) | 5045 $

PEU DE CAS À QUÉBEC

Les accouchements de mères étrangères sont si rares dans la région de Québec que le seul hôpital possédant une unité des naissances ne prend même pas la peine de les dénombrer.

« Contrairement à Montréal, ce n’est pas quelque chose qui se passe vraiment souvent chez nous pour qu’on commence à comptabiliser ça. Ce n’est pas un gros enjeu pour l’hôpital », soutient le porte-parole­­­ du CHU de Québec-Université Laval, Bryan Gélinas.

Même son de cloche dans la poignée de cliniques d’obstétrique que nous avons contactées. Le phénomène du tourisme obstétrique existe bel et bien à Québec, nous confirme-t-on, mais dans des proportions réduites.

HÉBERGÉS AVEC AIRBNB

Plusieurs familles font appel à des plateformes de location comme Airbnb en prévision de leur accouchement au Québec. Gérard Laurin, de Gatineau, a hébergé deux femmes originaires d’Afrique subsaharienne en 2013 et 2016. Elles étaient devenues canadiennes durant leurs études à l’Université d’Ottawa, et souhaitaient que leur enfant ait aussi la nationalité.

Source: SociétéUn «bébé passeport» par jour au Québec2019-01-19 – ArticleEnviron 50 % de ces mères étrangères sont venues ici en tant que touristes dans le but d’accoucher, selon l’estimation « très conservatrice » d’un ex-haut fonctionnaire d’Immigration Canada, qui a longuement étudié la question.

How violent U.S. rally outed key players in Montreal’s alt-right

Good long read (abridged here):

They didn’t want to show up to the white nationalist rally empty-handed.

The Unite the Right march in Virginia would be the largest white supremacist gathering in a generation and the small, militant crew of Quebecers were eager to make an impression.

A few days before the long drive south, one of their leaders logged onto an American alt-right forum with a request.

“We are about 20 guys driving through the border from Canada and we obviously will not be able to bring protective gear like shields and so on through the border agents,” wrote Date, a prominent Montreal white nationalist. “If you’ve got extra ones, some of our members are interested in buying them from you over there.”

The following night, on Aug. 10, 2017, one of the group members withdrew $850 in Bitcoin to help cover expenses. Activists in the alt-right use the online currency because it’s unregulated and difficult to trace.

They left for Charlottesville a few hours later.

On Aug. 11, the Montrealers would participate in a torch march through Charlottesville, blending into a crowd that chanted “Blood and soil” and “Jews will not replace us.”

The next day, they faced off with a crowd of anti-fascists in the southern college town. As the rally wound down, a white supremacist drove his car into a mass of counter-protesters, killing 32-year-old Charlottesville resident Heather Heyer.

Within an hour of the attack, users of an encrypted white supremacist chat room in Montreal began posting memes congratulating the attacker and describing his vehicle as a “car of peace.”

Last month, the Montreal Gazette obtained roughly 12,000 closed messages from the closed “Montreal Storm” server on Discord, an encrypted chat service. Those documents, combined with information from sources close to the group, indicate that the initial thrill of Charlottesville quickly gave way to a culture of paranoia within the group.

Those days in Charlottesville were meant to be a sort of coming-out party for the alt-right. The torch march, the shields, the clubs, the guns, the beatings — these were meant to show the world that the white nationalist movement was a force to be reckoned with. Charlottesville was going to be their Kristallnacht.

It didn’t go as planned.

In the backlash that followed Heyer’s death, the alt-right began to implode. Waves of men who participated had their identities revealed, lost their jobs and friends, and dropped out of the movement.

….

The evolution of Generation Identity Canada’s branding is reflective of a shift in strategy for various alt-right groups. As the term “alt-right” became toxic after the violence in Charlottesville, the groups which organized under its umbrella attempted to rebrand.

The switch from Generation Identity to ID Canada reflects the push, exemplified by Andrew Anglin of the Daily Stormer, for groups to adopt “patriotic” positions as cover for their white supremacist ideology.

ID Canada, whose membership seems to be mostly drawn from the Montreal Storm crew, appears to be an attempt to bring such a strategy to life. The group refers to itself as “identitarian,” drawing on the European far-right theory. They frame their actions specifically in the language of patriotism, and reverence for (white) Canadian history.

On its frequently asked questions page, ID Canada even denies harbouring racist views. “We do not see ourselves as superior to others on the simple basis of our skin colour. … We are an identitarian movement that seeks to preserve our culture, customs, traditions and values etc.”

One of the lasting effects of the violence in Charlottesville was its blow to the far-right’s ability to raise money and spread propaganda online. In late August 2017, PayPal began cracking down on groups that use its site to fund hate groups. The Daily Stormer, one of the largest white nationalist news sites on the internet, was kicked off American, Chinese and Russian servers before being pushed onto the dark web, a network of websites that are only accessible through a special internet browser.

“Charlottesville marked the beginning of a sharp downturn for the [far-right],” Balgord said. “Their ability to move money around was severely constrained. Their ability to operate on social media and use chat platforms was severely constrained.”

Shutting down the alt-right’s main platforms of communication hampered its ability to recruit, spread propaganda and radicalize new people, Balgord said.

“By exposing them, we contain them. By driving them off these platforms, we contain them. They never fully go away but we minimize the damage they do.”

Source: How violent U.S. rally outed key players in Montreal’s alt-right

Canada’s oldest Jewish congregation, a civil rights champion, marks 250 years

Some early Canadian history:

The Spanish and Portuguese Synagogue of Montreal was a forerunner of multiculturalism before the word had been invented.

Its members were among the founders of Canada: fur-traders, captains of industry and scholars.

Their struggle for civil rights made Quebec the first place in the British Empire where Jews could hold office.

So how come so few people know its amazing story?

Canada’s oldest Jewish congregation is celebrating its 250th anniversary this year. On Thursday, the synagogue is holding a gala dinner to mark the anniversary.

For Rabbi Avi Finegold, it’s an opportunity for the congregation on St-Kevin St. in Snowdon to celebrate its storied past and contribution to intercultural harmony.

“I like to think multiculturalism and religious pluralism started with us,” Finegold said.

“Diversity starts with our congregation. We represent something much bigger than us,” he said.

Montreal city council passed a resolution marking the anniversary in March and the synagogue is planning other events throughout the year, including a speaker series, travelling exhibition and the commissioning of a new Torah scroll.

Founded in Old Montreal in 1768, the synagogue, also known as Shearith Israel (remnant of Israel), was founded by Quebec’s first Jews — an enterprising group of merchants who arrived with British troops starting in 1759.

Its origins are rooted in the military and religious struggles that shaped the modern world, from the Spanish Inquisition to the age-old rivalry between France and England for world domination.

And its membership would include some of the brightest denizens of Montreal’s elite Square Mile, from streetcar magnate Jesse Joseph, president of the city’s streetcar company, to Clarence de Sola, a leader of Canada’s Zionist movement at the turn of the 20th century.

One of the rare surviving mansions on René Lévesque Blvd., the Judah house at 1980 René-Lévesque W., just west of the ramp to westbound Highway 720, belonged to another congregation member, the prominent lawyer and real-estate owner Frederick Thomas Judah.

Never heard of any of those gents?

Not surprising, because there was something of the discreet charm of the bourgeoisie about Montreal’s Jewish community in its first century of existence.

“It was a community that was quite discreet,” said Éliane Bélec, a doctoral student in history at Université du Québec à Montréal who wrote a 65-page commemorative booklet on the congregation that will be distributed to members.

Unlike the Ashkenazi Jews who poured into Canada from 1880 to 1920, fleeing pogroms in Russia and Eastern Europe, the earlier community (which included Ashkenazi Jews but practised Sephardic rituals) was numerically small, wealthy and assimilated, she noted.

“I think the Spanish and Portuguese, the Sephardic community, was very Westernized while the Ashkenazi who arrived from Europe had their own way of dressing and their own foods,” Bélec said.

During the 1880s, Montreal’s Jewish population rose from 811 to 2,473 and in the 1890s it rose to 6,941, according to Taking Root: the Origins of the Canadian Jewish Community by Gerald Tulchinsky (Brandeis University Press, 1993).

Fast forward to the 1960s, when the arrival of Sephardic Jews from the Middle East and North Africa again changed the Jewish community.

“When we first came in 1970, the congregation was 85 per cent Ashkenazi,” said Norma Joseph, a professor of religion and cultures at Concordia University and the wife of Rabbi Emeritus Howard Joseph, who led the congregation for 40 years.

Within a few years, the membership had become 85 per cent Sephardic, with substantial contingents from Iraq, Lebanon and Morocco, she said.

The couple will be honoured for their long service to the synagogue at Thursday’s gala.

“One of the things my husband excelled at was making the different communities feel welcome and telling them that their own traditions were valuable, wonderful and that we could all live together in our multicultural synagogue,” Joseph said.

“On Rosh Hashanah, we have five different services. We have the main Spanish and Portuguese tradition, we have an Iraqi service, a Moroccan service, a Lebanese service, and an authentic Ashkenazi service.

“When you walk into each one of these services and close your eyes, you think you’re transported back 100 years to the different countries. It’s the most amazing, wonderful feeling,” she said.

For more information on the 250th anniversary, visit thespanish.org/250th-home or call 514-737-3695.

Why Spanish and Portuguese?

When Spain and Portugal expelled the Jews in 1492 and 1497, hundreds of thousands of “conversos,” Jews who had converted to Christianity — often under duress — remained. They now became the main targets for persecution. Over time, some escaped to other parts of Western Europe and returned to the Jewish fold. In Amsterdam, the world’s leading trading city and a centre of religious tolerance, they founded a thriving community, supplemented by the arrival of Ashkenazi Jews from Eastern Europe. It sent out offshoots to New York (then New Amsterdam) and London, where Spanish and Portuguese Synagogues were founded in 1654 and 1657 respectively. (The New York synagogue credits its founding to 23 Jews who escaped from Brazil after Portugal re-conquered it from the Dutch.)

Hart and Soul

Jews, banned from New France, began arriving in Quebec with the British army from 1759 onward. Among them was Aaron Hart (1724-1800), a sutler who sold provisions to the British troops. A protégé of commander and later governor Frederick Haldimand, Hart founded a dynasty in Trois-Rivières, where he became a successful merchant and landowner. Despite the distance, Hart maintained close ties to the Montreal synagogue.

Fight for rights

In 1807, Hart’s second son, Ezekiel (1770-1843) won a by-election in Trois-Rivières, becoming the first Jew elected to office in the British Empire. But the majority Canadien party (later the Patriotes) refused to let him take his seat in the assembly of Lower Canada because he was a Jew.

In 1832, the assembly passed a motion introduced by newspaper publisher John Neilson extending political rights to Jews, who were still barred from holding office in Britain.

 

Source: Canada’s oldest Jewish congregation, a civil rights champion, marks 250 years

Un élu presse le SPVM (Montreal police) d’intégrer le hijab et le turban

Other police services have managed to do so:

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) doit autoriser ses agents à porter le hijab ou le turban, réclame un élu montréalais. Le conseiller Marvin Rotrand estime que le silence du corps policier sur ces accessoires religieux représente une barrière invisible pour les communautés culturelles.

Marvin Rotrand a récemment écrit à la responsable de la sécurité publique de Montréal, Nathalie Goulet, afin de réclamer l’intégration du hijab et du turban dans l’uniforme réglementaire du SPVM. «Ça envoie un message positif aux communautés : “Vous êtes les bienvenus. Si vous avez les qualifications, vous réussissez les tests, personne ne va s’opposer à votre candidature”», écrit M. Rotrand dans la lettre obtenue par La Presse.

Démarche en 2016

Ce n’est pas la première fois que l’élu presse le SPVM d’inscrire noir sur blanc que ces signes religieux soient acceptés dans l’uniforme des agents. En 2016, le corps policier lui avait répondu ne pas avoir «de politique précise en lien avec le port d’un hijab, ni un modèle d’approuvé». «Toutefois, nous restons ouverts à évaluer toute éventuelle demande à ce sujet.»

La Presse a tenté de savoir si le SPVM avait mis à jour ses politiques depuis deux ans, mais nous n’avons pas reçu de réponse à ce jour.

Marvin Rotrand estime que le SPVM fait fausse route en attendant de recevoir des demandes pour modifier ses règles. Le simple fait de ne pas intégrer le hijab représente une barrière invisible, selon lui.

«La communauté musulmane ne devrait pas avoir à le demander. On devrait le modifier avant. Ça ne devrait pas reposer sur les épaules des minorités de demander un traitement équitable.»

Plusieurs corps policiers ont déjà modifié leurs règles vestimentaires pour autoriser le hijab et le turban, dont Toronto et Edmonton. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a intégré le turban en novembre 1990 et le hijab en janvier 2016.

En fait, la police montée fournit même des hijabs et des turbans qui ont été approuvés. Ceux-ci ont fait l’objet d’essais pour s’assurer qu’ils ne nuisent pas au travail des agents. «Les essais ont démontré que le port du hijab et du turban ne nuit pas à l’efficacité des membres dans l’exercice de leurs fonctions», indique la sergente Marie Damian, porte-parole de la GRC.

Autorisation et déclaration

À noter, les policiers qui veulent être exemptés du port du chapeau traditionnel de feutre de la GRC doivent obtenir une autorisation et faire une déclaration de croyance religieuse. Depuis 2013, seulement onze policiers ont porté le turban et une seule policière a demandé à porter le hijab.

«Je m’explique mal comment d’autres corps policiers canadiens ont su adapter leurs exigences en matière d’uniforme afin de faciliter l’intégration des femmes musulmanes dans leurs rangs alors que la Ville de Montréal n’a toujours pas agi en ce sens», se désole M. Rotrand.

Selon lui, le SPVM se prive de candidats de qualité. Il estime par exemple que le corps policier n’aurait jamais recruté Harjit Singh Sajjan, l’actuel ministre de la Défense, qui a servi au sein de la police de Vancouver et en Afghanistan au sein des Forces armées.

via Un élu presse le SPVM d’intégrer le hijab et le turban | Pierre-André Normandin | Grand Montréal

La haine gagne du terrain: Montreal Police statistics

Not terribly surprising that there would be an increase of hate crimes following the increase in irregular asylum seekers:

L’arrivée en grand nombre de demandeurs d’asile l’été dernier a déclenché une vague de crimes haineux encore plus grande que celle suivant l’attentat à la grande mosquée de Québec, a appris Le Devoir. Au mois d’août 2017, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a retenu et classé dans le classeur « crimes haineux » 42 signalements — surtout observés sur les réseaux sociaux —, contre 31 en février. Au total, près de 250 crimes haineux ont été rapportés l’an dernier, pour une moyenne d’environ 20 par mois.

« On a vu une hausse en 2017, tant du côté des crimes que des incidents haineux, mais si on regarde seulement les crimes, oui, il y en a eu encore plus au mois d’août qu’en février », a affirmé Line Lemay, lieutenante-détective, chargée des enquêtes à la division crime, prévention et sécurité urbaine du SPVM. En ajoutant les « incidents » — desquels ne peuvent découler des accusations en vertu du Code criminel —, c’est toutefois en février, tout juste après la tuerie de Québec, que la police recense le plus de signalements haineux.

Selon Mme Lemay, le triste record de crimes haineux du mois d’août est dû à la grande attention médiatique portée sur les migrants, surtout d’origine haïtienne, qui arrivaient en grand nombre au Québec depuis les États-Unis. « On a pu faire le lien parce que ce qu’on avait comme événement au mois d’août et un peu avant, c’était l’arrivée des Haïtiens et des migrants qui provenaient massivement des États-Unis », a-t-elle indiqué. « Dès qu’on a des événements très médiatisés, on le voit qu’il y a une polarisation [des idées]. Ça se reflète sur les réseaux sociaux. »

Mais les personnes d’origine haïtienne n’ont pas été visées plus que d’autres. « C’est vraiment parti dans tous les sens, a-t-elle dit. [Les crimes haineux], c’était autant l’extrême droite qui émettait des opinions qui pouvaient s’avérer des menaces que des gens de l’extrême gauche qui répondaient à ça. »

Montée de la haine

Le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence constate aussi cette tendance, car, fait nouveau, sur les 166 appels reçus pour signaler des crimes et incidents haineux, surtout à l’endroit des musulmans, une vingtaine provenait de personnes de l’extrême droite qui tenait un discours raciste au sens large. « Les messages étaient dans un contexte où il y avait un certain discours politique et idéologique. Du genre, le Québec est une société blanche, on n’a pas besoin d’eux », a souligné Herman Deparice-Okomba, directeur général du centre.

« Beaucoup de propos haineux. J’en ai vu beaucoup », estime pour sa part Anastasia Marcelin, une bénévole qui a beaucoup aidé les migrants cet été et qui s’est présentée dans Montréal-Nord comme conseillère pour Projet Montréal. « Sincèrement, je n’ai pas aimé comment ça s’est passé. […] Je peux comprendre le ressentiment de certaines personnes lorsqu’ils sont tous arrivés », dit-elle en faisant allusion à la vague de demandeurs d’asile. Mais ce n’était pas une raison pour menacer quiconque. « Des gens insultaient [les migrants], disaient que c’était des esti de chiens sales. « Allez-vous-en chez vous ». Je supprimais des commentaires sur ma page [dans les réseaux sociaux] », témoigne-t-elle.
Serge Bouchereau, porte-parole du Comité d’action des personnes sans statut, parle d’une quantité « sans précédent » de commentaires et propos haineux. « C’est toujours la même chose. On entend : « Ces gens-là viennent voler nos jobs, on devrait les foutre dehors », dit-il. Mais aucun de nos demandeurs d’asile ne nous a rapporté avoir été menacé physiquement. »
Surtout sur Internet

La lieutenante-détective du SPVM a en effet constaté que la plupart des crimes haineux provenaient d’Internet et des réseaux sociaux. « Assurément, il y a une tendance », a-t-elle indiqué. Selon M. Bouchereau, il y a là un « déversoir » pour les opinions de chacun qui parfois dépassent les bornes. « Surtout avec l’arrivée de Trump aux États-Unis, ça a décomplexé certaines personnes », analyse-t-il. « Cependant, c’est quand les propos haineux sont jugés par un tribunal qu’on peut les considérer réellement comme des crimes. »

Les crimes haineux sont passés de 158 en 2016 (de mars à décembre) à près de 250 pour toute l’année 2017. Quant aux « incidents » haineux — soit une parole agressive par opposition à une menace de mort ou des oeufs sur une mosquée par opposition à une roche qui brise une vitre —, le SPVM en a recensé 173 en 2017, contre 160 l’année précédente (de mars à décembre 2016).

À quelques jours du 29 janvier, alors que sera commémorée la tuerie de la grande mosquée de Québec, la division des crimes haineux de la lieutenante-détective Lemay est sur le pied d’alerte. « On va suivre ça de près et voir si la commémoration a une incidence », dit-elle. À son étonnement, cela ne semble pas avoir eu d’impact jusqu’ici.

via La haine gagne du terrain | Le Devoir

Des minorités visibles invisibles [municipal elections]

Common to many municipalities in Quebec and elsewhere. Provincial and federal representation generally stronger:

Avec aussi peu d’élus se disant issus de minorités visibles et ethniques, la diversité ne se reflète pas à Montréal, encore moins au Québec. Pourquoi la métropole, si cosmopolite, peine-t-elle encore à attirer des immigrés ? Le Devoir a rencontré trois élus montréalais qui en ont long à dire sur le sujet.

On les appelle les minorités visibles, mais elles sont pourtant presque invisibles dans le lot d’élus au Québec. Le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire ne tient même pas de données statistiques là-dessus, selon ce qu’a appris Le Devoir. À Montréal, sur 103 élus, il y en a désormais 21 qui représentent cette diversité — minorités visibles (6), minorités ethniques (14) et handicapés (1) —, soit 5 de plus qu’aux dernières élections.

On ne fracasse aucun record ici, croit Nathalie Pierre-Antoine, une élue montréalaise d’origine haïtienne. Elle croyait pourtant que la métropole, qui compte 34 % de minorités visibles, allait faire mieux. « On est quand même en 2017 », dit celle qui a été élue pour un second mandat dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles pour l’Équipe Denis Coderre.

Ce n’est pourtant pas parce que les électeurs ne sont pas prêts, croit-elle. « La preuve, je suis élue », a-t-elle lancé en riant, citant les exemples de Cathy Wong, d’Abdelhaq Sari, de Marie-Josée Parent, qui se dit d’origine autochtone.

Oui, c’est possible

Immigré du Maroc à l’âge d’un an, Younes Boukala, élu conseiller d’arrondissement à Lachine pour Projet Montréal, s’est dit la même chose. Pour le Québécois de 22 ans, musulman et d’origine berbère marocaine, la seule façon de changer les choses était de plonger lui-même. « Les gens me disaient : “Tu as juste 22 ans et tu te présentes ?” Et moi, je leur disais : “Mais ça prend quoi pour se présenter ? Plein de diplômes et un certain âge ?” Il faut juste oser. »

Sur le Plateau Mont-Royal, les habitants du district De Lorimier ont également accueilli à bras ouverts Josefina Bianco, élue pour Projet Montréal comme conseillère d’arrondissement. « Ça ne fait même pas deux ans que je suis Canadienne et j’ai été élue », s’est réjouie la jeune mère italo-argentine, qui vit au Québec depuis sept ans.

Lors de son porte-à-porte, les habitants du quartier n’ont pas manqué de souligner son petit accent espagnol chantant et lui posaient des questions sur ses origines et ses motivations. « Mais j’ai toujours eu un accueil magnifique », dit-elle, consciente que les choses n’auraient peut-être pas été aussi simples dans un autre arrondissement. « La réponse était positive, que ce soit des femmes immigrantes, qui étaient très fières, ou des Québécois. 

Discrimination positive ?

Mais alors, pourquoi si peu de diversité ? D’emblée, il n’y a pas lieu de jeter la pierre aux partis, qui ont fait de grands efforts de recrutement, constate Mme Pierre-Antoine. N’empêche : sur 298 candidats qui se présentaient cette année, 43 (14 %) ont dit appartenir à une minorité visible, ce qui est loin des 34 % de minorités visibles recensées dans la métropole. Toutefois, en tenant compte de ceux qui se déclarent « minorité ethnique » (43 personnes également), ils ont été au total 86 candidats issus de la diversité à se présenter aux élections de dimanche dernier. Sur ce plan, avec 23 % de minorités visibles dans son équipe, Projet Montréal a fait un peu mieux qu’Équipe Denis Coderre, qui n’en avait que 19 %.

Faut-il obliger les partis à la discrimination positive ? « Il faudrait peut-être une formule pour qu’on soit mieux représentés dans les candidatures, mais le choix final appartient aux électeurs », soutient Mme Bianco. Elle préfère croire en l’émulation et en une « vraie » mobilisation citoyenne. Mme Pierre-Antoine est du même avis. « Il y a du pour et du contre concernant les quotas, et c’est vrai que c’est quand on oblige que les choses finissent par arriver plus concrètement. Mais personnellement, je crois qu’il est toujours mieux de sensibiliser avant. »

Intéresser les immigrants

Pour avoir plus de candidats et d’élus issus de la diversité, encore faudrait-il qu’ils aient un intérêt se présenter. « Comme nouvel arrivant, avant de s’impliquer dans la vie politique, on est “en mode” subsistance. On cherche à se loger, se nourrir, à travailler ; l’implication politique n’est pas une priorité », rappelle Mme Bianco, qui a une formation en travail social. « Il y a aussi des immigrants qui viennent de pays aux histoires politiques très difficiles. Pour croire à nouveau en la politique, ça peut leur prendre du temps », ajoute-t-elle, évoquant le passé dictatorial peu reluisant de son pays d’origine.

Avec sa monarchie, le Maroc n’a pas non plus une grande tradition démocratique, souligne Younes Boukala. « Là-bas, on ne se pose pas de questions. C’est le roi qui décide », dit-il. Il a parfois senti une désillusion de la politique de certains de ses concitoyens de Lachine. « Des [personnes issues de] minorités ethniques me disaient “tu vas être un vendu toi aussi” », raconte-t-il. Il leur répondait aussitôt : « Je veux juste vous dire une chose, ce serait quoi mon intérêt à aller en politique à 22 ans ? Mes parents ont beaucoup souffert pour que je puisse réussir et je veux donner cette même chance de réussite aux autres », se rappelle-t-il. « Neuf fois sur dix, leur approche changeait. »

Voter sans citoyenneté

Et si on l’enlevait l’exigence de citoyenneté pour encourager les gens à aller voter au municipal ? N’y aurait-il pas plus de nouveaux arrivants et de gens d’origines diverses en politique active ? La chose mérite qu’on se penche dessus, lance Josefina Bianco. « Il faudrait voir de façon précise avec quel statut on autoriserait le vote, mais c’est vrai que pour quelqu’un qui vit ici, qui paye ses taxes dans la ville, qui a des enfants à l’école et contribue à son quartier, pourquoi pas ? Ça enracinerait davantage les gens. » Younes Boukala abonde dans le même sens. Après tout, les statistiques montrent que plus un individu commence à voter à un jeune âge, plus les chances sont grandes qu’il revote et s’intéresse à la politique. « Et on aurait au moins une chance de diminuer le faible taux de participation au municipal. »

via Des minorités visibles invisibles | Le Devoir

ICYMI: Les immigrants se regroupent en banlieue comme à la ville

The changing patterns of settlement in greater Montreal:

Plus les années passent, plus les immigrants quittent Montréal pour s’établir dans les couronnes. Mais alors qu’on pourrait croire que c’est parce qu’ils s’intègrent et se fondent de plus en plus dans le paysage socioculturel québécois, le taux de concentration de ces populations demeure assez élevé, même en banlieue.

C’est ce qui ressort d’une mise en forme des données des derniers recensements de Statistique Canada, à deux semaines de la sortie des nouvelles tendances en immigration du recensement de 2016.

La théorie de l’assimilation spatiale prédit une sorte de disparition naturelle de la ségrégation, mais ce n’est pas nécessairement ce qu’on doit conclure en voyant que les immigrants s’installent en banlieue, indique René Houle, chercheur pour Statistique Canada.

« C’était le point de départ de notre étude. Avec la théorie de l’assimilation spatiale, on pouvait s’attendre à ce que les immigrants et les enfants des immigrants aient tendance à se disperser, mais ça ne marche pas comme ça », souligne-t-il.

Le chercheur, qui s’est intéressé à l’origine des immigrants et à leurs mouvements sur le territoire canadien, a mesuré l’indice de dissimilarité, soit la tendance des populations à se concentrer ou à se disperser sur le territoire. Son constat ? Les immigrants qui migrent hors de la métropole vont avoir tendance à se reconcentrer ailleurs. « Ce n’est pas parce que les immigrants vont en banlieue qu’ils se dispersent. »

Les Français, États-Uniens et Portugais seraient parmi les plus dispersés, alors que les Philippins, les Indiens et les Grecs seraient des populations plus concentrées.

Quartier homogène

Il serait toutefois hasardeux de conclure à une certaine ghettoïsation, soutient la sociologue à l’INRS-Urbanisation Annick Germain. « Dans l’image populaire, la concentration, ça renvoie à un cas de figure où il n’y a que des gens d’une même origine qui vivent dans le même voisinage. Or, ce n’est pas ce dont on parle. »

Si certains regroupements peuvent se faire en raison d’affinités linguistiques, c’était surtout au siècle dernier que les immigrants, notamment d’origine européenne, avaient tendance à s’installer dans un quartier plus homogène. Pour démontrer les réelles tendances à la co-ethnicité, il faudrait des analyses plus poussées, ajoute-t-elle.

Les immigrants, ces banlieusards

René Houle remarque que l’engouement pour la banlieue croît proportionnellement au nombre d’années passées au Québec. Même si les immigrants nouvellement arrivés s’installent d’abord à Montréal, « [la métropole] se vide pratiquement après trois générations ou plus », constate-t-il. Le prix élevé des loyers est un facteur, pas seulement pour les immigrants, d’ailleurs.

Fait intéressant : de manière encore très marquée, les immigrants s’établissent selon le fameux axe « est-ouest » du boulevard Saint-Laurent, selon leur affinité avec le français ou l’anglais. Un axe semble se prolonger de façon imaginaire dans les banlieues comme Laval et Longueuil, orientant l’installation de la même manière.

Source: Les immigrants se regroupent en banlieue comme à la ville | Le Devoir

Laïcité: Lisée en «désaccord total» avec Coderre

More on Quebec Bill 62 debates:

Le maire de Montréal, Denis Coderre, tente «d’utiliser le statut de la métropole pour (se) soustraire aux lois de l’Assemblée nationale», ce qui fait craindre une «dérive malsaine», accuse le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

Dans une lettre ouverte publiée sur Facebook jeudi et intitulée «Montréal fait partie du Québec», le leader péquiste reproche à M. Coderre sa sortie au sujet du projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État, mercredi.

Le maire s’oppose à ce que législation s’applique à Montréal, plaidant que la métropole «est autonome et a sa gouvernance». Il rappelle que le gouvernement Couillard a promis d’accorder plus d’autonomie à la Ville – un projet de loi en ce sens a déjà été déposé – et de la consulter avant l’adoption de toute loi. Le projet de loi 62 risque de forcer la métropole à refuser des services aux citoyens, selon lui. Il fait allusion à la disposition visant à faire en sorte que les services publics soient donnés et reçus «à visage découvert».

Jean-François Lisée se dit «partisan d’une réelle décentralisation des pouvoirs et d’un statut pour la métropole», mais il croit que le maire va trop loin. «Je dois (…) exprimer mon désaccord total avec votre tentative d’utiliser le statut de la métropole pour vous soustraire aux lois de l’Assemblée nationale portant sur la laïcité et le vivre-ensemble. Monsieur le maire, Montréal fait partie du Québec. Les Montréalais sont membres de la nation québécoise», écrit M. Lisée, dont le parti est par ailleurs insatisfait du projet de loi 62 du gouvernement Couillard.

«Vos déclarations de cette semaine font craindre une dérive malsaine, ajoute-t-il. Souhaiterez-vous demain soustraire Montréal de certaines dispositions actuelles ou futures de la loi 101? Du Code du travail? Du Code criminel?»

Les arguments du maire sur «l’inapplicabilité» de certaines dispositions du projet de loi sont «valides», et seront soulevés par l’opposition au parlement. «Mais les décisions concernant l’avenir de la nation sont prises à l’Assemblée nationale. Montréal a droit au respect. L’Assemblée nationale aussi», soutient-il.

Le maire Coderre avait également critiqué le projet de charte des valeurs du gouvernement Marois.

Source: Laïcité: Lisée en «désaccord total» avec Coderre | Tommy Chouinard | Politique québécoise

Neutralité religieuse: Montréal et Québec disent non | Le Devoir

Ongoing debates. As in the past, Quebec municipalities where most new Canadians live, have the most concerns regarding the Bill:

Les Villes de Montréal et de Québec ne veulent pas être assujetties au projet de loi sur la neutralité religieuse. Le maire Denis Coderre refuse de se faire dicter ce qu’il doit imposer à ses employés.

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a étendu la portée du projet de loi 62 en déposant un amendement à l’ouverture de son étude détaillée mardi.

L’article le plus discuté de cette pièce législative stipule que les services publics doivent être offerts ou reçus à visage découvert. Une disposition controversée qui prévoit tout de même des exceptions, puisqu’une personne peut faire une demande d’accommodement pour un motif religieux.

« Ce n’est pas le gouvernement, quel qu’il soit, qui va nous dire comment vont se vêtir nos employés, comment on va rendre nos services », a affirmé M. Coderre mercredi matin.

La métropole est concernée au premier chef, puisqu’une partie significative de sa population est immigrante. Le maire de Montréal a dit craindre que les nouvelles règles forcent la Ville à refuser des services à certains citoyens : « Quand quelqu’un qui a un niqab arrive avec ses enfants, on va lui dire : “Tu ne rentreras pas dans l’autobus ?” ou bien “On ne te donnera pas les services ?” »

L’amendement prévoit en effet que la « neutralité religieuse » doit s’étendre aux élus municipaux et aux employés des villes, ainsi qu’aux travailleurs, visiteurs ou utilisateurs des musées et des transports en commun.

Mardi, la ministre Vallée n’avait pas voulu « analyser chaque cas d’espèce ». La mise sur pied d’un comité de travail regroupant représentants du milieu de la santé, de l’éducation et des municipalités est prévue entre l’adoption de la loi et son entrée en vigueur.

Plusieurs aspects demeurent en effet « nébuleux », a quant à elle affirmé la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire.

Invitée à commenter l’assujettissement au projet de loi 62, Mme St-Hilaire a dit ne pas être en mesure d’en « cerner tous les tenants et les aboutissants », même s’il apparaît qu’il aura « des impacts significatifs sur nos institutions ».

D’accord sur certains aspects

Sur le fond de la question, le maire Coderre a réitéré qu’il est d’accord avec l’obligation pour les employés de l’État de fournir des services à visage découvert.

Quant à la Ville de Québec, elle répète qu’elle a fait connaître son désaccord sur la question de l’assujettissement à la loi. Dans une lettre adressée à la ministre Vallée en novembre 2016, le maire Régis Labeaume écrivait qu’il refuse « que l’on refile la patate chaude aux municipalités en leur demandant de faire respecter des règles qui s’avèrent inapplicables ».

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) compte remettre ce dossier à l’ordre du jour de la prochaine réunion de son conseil d’administration. L’UMQ n’avait pas participé à la commission parlementaire l’automne dernier, préférant ne pas prendre position et s’en remettre à ses membres.

La Ville de Québec déplore en outre le fait de n’avoir été consultée qu’après la rédaction du projet de loi, de ne pas avoir pu participer à son élaboration.

Le cabinet de la ministre de la Justice affirme cependant que plusieurs échanges avec Québec et Montréal ont eu lieu, notamment des conversations entre Mme Vallée, M. Labeaume et M. Coderre.

L’amendement au projet de loi 62 a été adopté à l’unanimité par les parlementaires mardi lors de l’étude détaillée.

Source: Neutralité religieuse: Montréal et Québec disent non | Le Devoir

Demandeurs d’asile: la communauté haïtienne ébranlée

Activists (and opposition members) always complain that not enough being done with limited recognition of the operational challenges involved. But that is the role they play in society:

Pourquoi avoir utilisé le Stade olympique ? Pourquoi des tentes ? Les gouvernements canadien et québécois n’auraient-ils pas pu faire mieux ?

Pour des Haïtiens réunis en colloque hier à Montréal-Nord à l’initiative de jeunes leaders de leur communauté, l’arrivée importante de migrants a été très mal gérée et la réaction gouvernementale, choquante.

« L’idée d’utiliser le Stade olympique a donné l’impression que le Québec était sous le coup d’une invasion », a dénoncé hier Frantz André, porte-parole du Comité d’action des personnes sans statut.

M. André, qui s’est rendu à Saint-Bernard-de-Lacolle, dit avoir été tout aussi choqué par toutes ces tentes qui ne font que replonger les Haïtiens « dans le traumatisme du tremblement de terre de 2010 ».

Amir Khadir, député de Québec solidaire, était présent au colloque. Lui non plus ne comprend pas que l’accueil des migrants soit aussi chaotique. « Nous avons de multiples édifices publics qui pourraient les héberger, notamment des hôpitaux vides. Je ne comprends pas qu’on n’ait pas recours à ces bâtiments et qu’on laisse les migrants à la frontière, dans des tentes, loin de la communauté qui est toute prête à offrir son soutien. »

À son avis, les gouvernements doivent envoyer des messages sans équivoque, « sans gêne et avec diligence », et démontrer qu’ils ne plient pas devant le ressentiment de certains.

Sacha-Wilky Merazil, qui s’est exprimé à titre de citoyen, a fait un vibrant plaidoyer pour les migrants « qui ont tout laissé dans l’espoir d’une vie meilleure. Ces gens ne s’attendent pas à une faveur, mais à ce qu’on les accueille dignement ».

FAUSSES RUMEURS ET COMMENTAIRES HAINEUX

Au micro, de nombreux intervenants ont corrigé certaines fausses perceptions, rappelant notamment que le fait que Montréal ait le statut de « ville sanctuaire » a été mal interprété.

La réalité, a dit Daphney Laraque, c’est que ce statut donne essentiellement aux migrants la possibilité d’avoir recours à certains services publics, d’envoyer leurs enfants à l’école, par exemple.

« Ça ne veut pas dire qu’on y est accueilli sans restriction. Ceux qui arrivent ici risquent tout aussi bien d’être arrêtés et expulsés. »

Mme Laracque a ensuite rappelé que chaque dossier est analysé à la lumière des règles en vigueur.

Les fausses rumeurs de toutes parts ont donc donné l’illusion aux uns que le Canada accueillait chacun à bras ouverts, et aux autres que le pays était une passoire, ce qui a valu à la communauté haïtienne son lot de commentaires haineux.

« Le racisme exprimé à l’égard de la communauté haïtienne sur les réseaux sociaux est inacceptable, a dit en entrevue Émilie Nicolas. Ce racisme témoigne certes du fait que la droite anti-immigration est de plus en plus organisée au Québec. Heureusement, beaucoup de Québécois prennent la peine de dire haut et fort qu’ils sont opposés à ce discours et ça, c’est important. »

Source: Demandeurs d’asile: la communauté haïtienne ébranlée | Louise Leduc | Actualités