IYMI: La diversité mise au ban de la magistrature québécoise 

Contrast between federal and provincial appointments of note:

Depuis l’arrivée de la Coalition avenir Québec au pouvoir en 2018, trois juges issus de « communautés culturelles » ont été nommés à la Cour du Québec sur un total de 63 nominations, révèle une compilation du Devoir. Même si ces données montrent une tendance légèrement à la baisse, le cabinet du ministre de la Justice se dit « très sensible à cette préoccupation ».

Quatre membres des communautés culturelles ont accédé à la fonction de juge en 2016-2017, la première année pour laquelle des données étaient disponibles. Mais depuis, leur nombre a chuté : il a atteint, au maximum, le chiffre de deux en 2020-2021. En 2019-2020 et 2021-2022, aucun juge issu de la diversité ne figurait parmi les 23 nominations à la Cour du Québec.

Au total, depuis l’élection du gouvernement Legault en octobre 2018, moins de 5 % des nominations du ministre de la Justice ont permis à des membres des communautés culturelles d’accéder aux plus hautes fonctions de la Cour du Québec.

Il est difficile, cependant, « d’établir avec certitude le nombre de juges ou candidats issus de la diversité », souligne le cabinet du ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette. Comme le relève également Martine L. Tremblay, juge en chef adjointe de la Cour du Québec (chambre civile), l’appartenance à ces communautés fait l’objet d’autodéclaration. « Par conséquent, ces données ne peuvent être considérées comme entièrement fiables », fait valoir le cabinet.

La juge Tremblay se questionne aussi sur la notion de communauté culturelle, soit l’attribut de la case à sélectionner lors des candidatures. « Est-ce que ce sont les immigrants de première génération, est-ce que ce sont les Juifs, est-ce que ce sont les anglophones ? La juge Peggy Corbel Warolin, en Abitibi, est très fière de dire qu’elle est Belge et la juge Hermina Popescu, dans l’Est-du-Québec, est très fière de dire qu’elle est d’origine roumaine. Et quand vous parlez à la juge Popescu, l’accent est notoire », explique la magistrate lors d’un entretien téléphonique avec Le Devoir.

Cette définition fait aussi débat au sein même des comités de sélection. « J’ai eu une situation où la personne était une immigrante caucasienne et réclamait le statut de communauté culturelle », relate-t-elle. « La personne du comité de sélection, elle-même issue d’une communauté culturelle, disait : “Voyons donc ! Elle ne peut pas être victime de discrimination” ».

Selon le décompte de la juge Tremblay, 33 des 289 juges en poste à la Cour du Québec représentent la « diversité culturelle ». Cette diversité « n’est peut-être pas noire, n’est peut-être pas racialisée, mais 33 juges sur 289, ce n’est quand même pas rien », souligne-t-elle. Selon elle, la magistrature doit refléter la société. « Mais quand on est juge, on doit être impartial et neutre. »

Un « déficit »

Les candidats à la fonction de juge à la Cour du Québec sont d’abord identifiés par un comité de sélection, qui fournit ensuite trois noms au ministre de la Justice afin que celui-ci recommande un candidat au conseil des ministres.

Cette procédure est inscrite dans le règlement sur la sélection des candidats au poste de juge, en révision à Québec. Celui-ci prévoit que les membres des comités de sélection reçoivent des formations pour être « sensibilisés à l’objectif de favoriser la parité […] ainsi que la représentation des communautés culturelles au sein de la magistrature ».

« [Mais] on est d’accord là, ce n’est pas d’un Noir dont vous avez besoin, c’est d’un juge, soutient la juge Tremblay. Par contre, à qualité égale, on doit être sensible à la nécessité d’avoir des avocats noirs, innus ou asiatiques » parmi les juges sélectionnés.

De l’avis du juge suppléant Daniel Dortélus, le règlement ne prévoit tout de même pas de « disposition concrète pour faire une place à la diversité » chez les juges.

En mars 2022, le magistrat — qui est Noir — avait transmis une lettre au ministre de la Justice afin qu’il comble le « déficit » en matière de diversité à la magistrature. Il y déplorait qu’après des décennies de représentations, l’enjeu « demeure toujours d’actualité en 2022 ».

En 2020, par exemple, il écrivait aux juges en chef de la Cour du Québec souhaiter que « le vent d’ouverture » dont témoignait la nomination de huit femmes par Ottawa à la magistrature de l’Ontario, dont plusieurs minorités visibles, « atteigne le Québec ».

Selon les données compilées par Le Devoir, les nominations de personnes issues des communautés culturelles sont généralement plus nombreuses au fédéral. Par exemple, l’an dernier, plus du cinquième des juges nommés aux cours supérieures (13 des 58 nominations) s’auto-identifiaient comme « minorités visibles ».

Le gouvernement de Justin Trudeau a par ailleurs nommé deux juges issus de la diversité à la Cour suprême, soit le premier juge non blanc, Mahmud Jamal, en 2021 et la première juge autochtone, Michelle O’Bonsawin, l’été dernier.

Dans un échange de courriels avec Le Devoir, le juge Dortélus propose que le règlement sur la sélection des candidats au poste de juge à la Cour du Québec soit modifié pour « qu’un ou les deux membres représentant le public [dans le comité de sélection] soient issus des groupes minoritaires et racisés, qui demeurent sous-représentés à la limite de l’exclusion en 2023 ».

Il ajoute que sans la diversification des comités, « le cercle vicieux d’exclusion des avocates et avocats issus des groupes minoritaires va continuer, en dépit des principes du droit à l’égalité ».

Un problème partagé

Selon la juge Tremblay, le manque de diversité au sein de la magistrature est le reflet de celui des universités et du Barreau. « Il faudrait d’abord qu’ils fassent des études de droit, c’est là qu’est le nerf de la guerre. Après, il faudrait qu’ils restent au sein de la profession pendant au moins dix ans », dit-elle.

Dix pour cent des membres du Barreau du Québec étaient Autochtones ou identifiés à un « groupe ethnoculturel » en 2020-2021. Le Barreau-mètre 2022, qui dresse le portrait de la profession en statistiques, souligne que la proportion d’avocats qui s’auto-identifient à un groupe minoritaire (y compris les minorités sexuelles et en situation de handicap) est passée de 8 % en 2014-2015 à 13 % en 2020-2021.

Or l’attachée de presse du ministre Jolin-Barrette, Élisabeth Gosselin, souligne que « peu d’avocats issus de la diversité soumettent leur candidature à la magistrature ». Le Barreau de Montréal a d’ailleurs mis sur pied un comité pour se pencher sur les questions de manque de diversité. « Nous suivons ces travaux de près », assure Mme Gosselin.

Source: La diversité mise au ban de la magistrature québécoise

“The Times They Are A-Changin’?” – Immigration debates and discussions

A few years ago, it was rare to find critiques of the government’s expanding levels of immigration, and the overall consensus among the provinces, business organizations and lobby groups, media and academics organizations in favour of this approach.

However, over the past year or so, there has been significant commentary questioning the approach given the impact on housing availability and affordability, healthcare and infrastructure. In addition to my 2021 Increasing immigration to boost population? Not so fast, former head of the British Columbia public service, Don Wright, wrote one of the stronger critiques, Will Trudeau make it impossible for Eby to succeed?

National unity and the demographic weight of Quebec in Canada has become a second major critique. A series of articles in Quebecor papers (LE QUÉBÉC PRIS AU PIÈGE PAR OTTAWA) highlighting an accelerating decline of Quebec’s population relative to the rest of Canada, reflecting different immigration rates has provoked considerable political debate and commentary in Quebec and English Canadian media.

While the Quebecor were written in an incendiary manner, the substance was correct. The approaches continue to diverge, there is, IMO, an unhealthy consensus in favour ot the current and projected levels of permanent and temporary migration among federal and provincial politicians, business organizations, academics among others.

Some of the commentary recognized that. Stuart Thompson the The Hub, A new era of immigration politics has started in Canada was one of the first to recognize the potential importance to immigration debates and discussions. Chris Selley chimed in, noting that Ottawa has no answer to Quebec’s anti-immigrant narrative. Campbell Clark stressed that Two solitudes emerging on immigration in Quebec, and noted the lame arguments on both sides of the debate. Formally, the Quebec government reject[ed] Trudeau’s immigration plan, fears decline of French.

The role of the Century Initiative received increased prominence given that these debates were happening around the time of one of its Globe and Mail sponsored conferences. Immigration Minister Fraser’s denial that the government had not adopted the 100 million population goal of the Century Initiative was met with understandable cynicism by Robert Dutrisac, Blanc bonnet, bonnet blanc, Konrad Yakabuski, L’«initiative du siècle» n’est pas l’idée du siècle among others, along with more reporting and analysis, Serons-nous vraiment 100 millions de Canadiens en 2100?.

English media commentary focussed more on the politics, with Chantal Hébert asking whether Hébert: Quebec’s separatists were searching for a way to revive their cause. Is this it? and Konrad Yakabuski, another rare journalist who writes in both English and French media, noting that François Legault’s anti-immigration crusade is coming back to bite him. Andrew Phillips in the Star dismissed Quebec concerns, framing it as a Panic attack in Quebec over immigration threat. Althia Raj, also in the Star, argued that: Pierre Poilievre is courting voters by capitalizing on immigration fears in Quebec, both discounting the substance of Quebec concerns and not questioning the federal government approach.

And of course most English language was focused on the less important issue of the passport redesign (not a fan, but my worry is that the controversy will make the government even more skittish about releasing the revised citizenship guide, Discover Canada, first promised in 2016).

Surprisingly, Andrew Coyne focussed more on Quebec, politics and demography, rather than contributing his usual economic take on issues. Almost a childish approach in 100 million Canadians by 2100 may not be federal policy, but it should be – even if it makes Quebec howl, largely ignoring the negative impacts on housing, healthcare and infrastructure and, more bizarrely, falling into the trap of overall GDP rather than productivity and per capita GDP (which most of his economic-related columns focus on).

All this being said, the Quebec government took advantage of the controversy to announce changes to its immigration program Six éléments à retenir des annonces de Québec en immigration, including increased levels to 60,000 new permanent residents while allowing ongoing temporary resident growth. This slight-of-hand was of course noted by Michel David, Et la lumière fut and Plus d’immigrants pour éviter une « louisianisation » ici ? 

This modest increase will not, of course, make any significant change to the ongoing divergence in population growth between Quebec and the Rest of Canada and Quebec’s relative weight in the country.

A recent Statistics Canada study, Unemployment and job vacancies by education, 2016 to 2022, highlighting the disconnect between immigration policy, which favours university-educated immigrants, and immigrant employment, which favours lower-skilled immigrants, provides another example of how our immigration policies appear more to be “policy-driven evidence” rather than “evidence-based policy.”

Questions on immigration levels have broadened from housing, healthcare and infrastructure impacts to the impact on the Canadian federation given the imbalance between Quebec and the Rest of Canada. A potential sleeper issue, parallel to Quebec’s relative share of the population is with respect to Indigenous peoples, given that high immigration levels dwarf Indigenous growth (visible minorities increased by 26.5 percent, Indigenous peoples by 9.4 percent, 2021 compared to 2016).

As I have argued previously, we need to find a way to have more productive discussions on immigration rather than the various solitudes between the “more the merrier” and “great replacement” camps (where most Canadians are). The disconnect between Quebec and the Rest-of-Canada is a long-term threat to the federation.

A focus on the practicalities – housing, healthcare and infrastructure impacts – is likely the best way forward and may provide a means to reduce the divergence between the “two solitudes.”

Ideally, of course, some form of commission examining demographics, immigration, and these impacts would provide deeper analysis and recommendations than current IRCC consultations or any other internal review.

To end with a quote from another favourite musician of mine:

Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack, a crack in everything
That’s how the light gets in

Roberge juge intolérable que des immigrants temporaires ne parlent pas français

Well, they’re temporary unlike permanent who have a much greater incentive. And legitimate concerns regarding the impact of high immigration levels in the rest of Canada compared to more modest levels in Quebec (set by the Quebec government):

Le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, juge intolérable que des milliers d’immigrants temporaires vivent au Québec en n’ayant aucune notion de français. Certains de ces travailleurs venus d’ailleurs veulent pourtant apprendre le français, mais Québec doit leur offrir des cours, si possible en milieu de travail, estime le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Michel Leblanc.

Plus de 290 000 immigrants temporaires se trouvaient en sol québécois au 31 décembre 2022, selon le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI). Il s’agit notamment de travailleurs et d’étudiants. Ces gens ne sont pas obligés d’apprendre le français, parce qu’ils viennent au Québec pour de courts séjours — qui peuvent tout de même s’échelonner sur plusieurs années. Certains souhaitent aussi devenir résidents permanents.

Ces gens travaillent entre autres dans les commerces, dans les cafés ou dans les restaurants de Montréal. Ils changent le visage de la métropole en ne maîtrisant pas la langue nationale du Québec. « On ne peut pas tolérer qu’ils anglicisent le Québec », a déclaré le ministre Roberge lors d’une conférence organisée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, lundi midi.

Le président et chef de la direction de la CCMM, Michel Leblanc, a salué la volonté du gouvernement d’aider les immigrants temporaires à se franciser. Il affirme que plusieurs entreprises (en technologies de l’information ou en aéronautique, par exemple) souhaitent garder leurs travailleurs temporaires.

« Il y a des gens qui travaillent fort, qui viennent d’arriver, parfois avec des enfants, des femmes ou des maris, qui veulent s’intégrer. Il faut leur faciliter la vie. Si on blâme l’immigrant, on perd de vue que notre système n’est pas assez accommodant pour son horaire, pour sa réalité », dit M. Leblanc.

Comme le faucon pèlerin

L’organisme Francisation Québec, qui entrera en fonction le 1er juin, est susceptible de faciliter l’apprentissage de la langue nationale de tous les nouveaux arrivants, y compris ceux issus des programmes temporaires, a fait valoir le ministre Roberge.

Le ministre québécois de la Langue française était invité par la CCMM avec son homologue fédérale, Ginette Petitpas Taylor, après leur entente historique visant à améliorer la protection du français au Québec. La ministre fédérale des Langues officielles a déjà reconnu, avec le projet de loi C-13, « qu’une seule des deux langues officielles est en déclin au Canada, y compris au Québec ». Et cette langue est le français.

Mme Petitpas Taylor a remis à son « ami » Roberge un faucon pèlerin en peluche, pour témoigner qu’il est possible de freiner le déclin d’une espèce vulnérable. Les deux ministres s’étaient entendus en mars dernier pour que le gouvernement Trudeau renforce le français au Québec. Il s’agit d’un geste impensable jusqu’à récemment, car Ottawa a généralement pour mission de protéger les minorités linguistiques, dont celle de langue anglaise au Québec.

Le projet de loi C-13 obligera notamment les entreprises sous réglementation fédérale au Québec à se conformer à la Charte québécoise de la langue française. La langue de travail devra être le français ; il sera aussi obligatoire de pouvoir servir les clients en français. Tout indique que ce projet de loi sera adopté cette semaine par la Chambre des communes.

Immigration francophone

Le ministre Jean-François Roberge a appelé les sénateurs canadiens à sanctionner par la suite le projet de loi « sans le passer à la lessive », en maintenant la référence à la Charte québécoise de la langue française.

Le ministre Roberge a pressé Ottawa d’établir des cibles ambitieuses d’immigration en français. Il dénonce l’« initiative du siècle » visant à faire grimper la population canadienne à 100 millions de personnes en 2100. « J’ose nommer la question de l’immigration massive. Certains appellent ça l’initiative du siècle. Pour moi, c’est la lubie du siècle de penser qu’on peut, de manière démesurée, perdre le contrôle de nos seuils d’immigration. Ce n’est pas bon pour le Québec et ce n’est pas bon pour la francophonie canadienne », a-t-il dit.

La ministre Ginette Petitpas Taylor, une francophone du Nouveau-Brunswick, a reconnu l’importance d’augmenter l’immigration francophone au pays, y compris au Québec.

Source: Roberge juge intolérable que des immigrants temporaires ne parlent pas français

Les immigrants temporaires ne feront pas partie des discussions de Québec

Seems similar blind spot to the federal government consultations on the annual plan that doesn’t include temporary residents even if the numbers and arguably impact greater than Permanent Residents:

Reconnaissant que près de 300 000 immigrants non permanents se trouvaient en sol québécois à la fin de 2022, la ministre de l’Immigration, Christine Fréchette, refuse toutefois d’inclure la question des immigrants temporaires dans sa consultation sur les cibles cet automne.

Talonnant Mme Fréchette sur le sujet lors de l’étude des crédits de son ministère, le député solidaire de Saint-Henri–Saint-Anne, Guillaume Cliche-Rivard, a sommé le gouvernement d’aborder le sujet lors de ses consultations sur les cibles d’immigration 2024-2027. « On a aucune consultation sur les temporaires, je vous demande un engagement pour qu’on puisse faire une planification ordonnée réglée ensemble et qu’on sache où on s’en va. De faire uniquement l’exercice sur les permanents, c’est de passer à côté du débat », a-t-il souligné.

Le député libéral de Nelligan, Monsef Derraji, a renchéri en faisant valoir que la majorité des travailleurs temporaires s’installaient dans la région de Montréal. « On ne peut pas dire qu’on peut juste tenir compte des permanents dans la planification pluriannuelle », a-t-il lancé.

Selon des documents rendus publics dans le cadre de l’étude des crédits, il y avait environ 290 000 immigrants temporaires en territoire québécois au 31 décembre 2022, surtout des étudiants étrangers et des travailleurs temporaires.

La ministre Fréchette a pour sa part rétorqué que ce type d’immigration reflète le besoin ponctuel des entreprises et estime important que ces dernières gardent cette « agilité » pour aller « chercher les talents dont elles ont besoin ». « L’immigration temporaire, c’est [aussi] l’effet du succès de nos établissements d’enseignement », a-t-elle ajouté. « Pour nous, d’office, ça fait partie des éléments, car on y fait référence, mais pour ce qui est des orientations comme telles, la planification pluriannuelle porte sur l’immigration permanente. »

Déplorant que des travailleurs étrangers temporaires soient pris en otage en raison de permis « fermés » qui les lient à un donneur d’emploi en particulier, le député Monsef Derraji a tenté d’obtenir de la ministre qu’elle s’engage à éliminer ces documents qui conduisent parfois à des abus de la part des employeurs. Christine Fréchette a répondu qu’il s’agissait d’une question dont elle discute déjà avec son homologue fédéral, Sean Fraser. Elle a par ailleurs rappelé que son gouvernement souhaite rapatrier les pouvoirs des programmes concernant les travailleurs temporaires gérés par Ottawa.

Davantage d’immigrants francisés

Malgré des taux de décrochage parfois élevés dans certaines régions, la ministre de l’Immigration s’est également félicitée du progrès de la persévérance des immigrants en francisation dans l’ensemble du Québec.

Préférant voir les choses du côté positif, Christine Fréchette dit observer des taux de persévérance de 78,8 % pour les étudiants à temps complet et 84,6 % pour les étudiants à temps partiel. « C’est franchement un beau succès. […] On a augmenté considérablement le nombre de personnes qui prennent des cours de francisation ».

Lors de l’étude des crédits, le député Derraji lui a fait valoir que près de la moitié des immigrants en francisation décrochent dans certaines régions administratives, notamment en Abitibi-Témiscamingue, où ce taux atteint 43 %. À Montréal, il est près de 25 %. « Ce n’est pas du tout un échec, on partait de zéro. On a tellement rebâti en 2018 », a répondu la ministre Fréchette. Selon les documents du ministère, le décrochage est moins élevé chez élèves à temps partiel, soit environ 15 % pour l’ensemble du Québec.

Pressée d’expliquer pourquoi certains immigrants décrochent de la francisation, elle a noté que, dans un contexte de plein-emploi, beaucoup peuvent être tentés par le marché du travail. « Quand on prend des cours de francisation, on peut être rapidement sollicité pour intégrer des entreprises ou travailler davantage d’heures si on a déjà un emploi », a-t-elle affirmé.

Quant aux immigrants temporaires, la ministre a précisé que la majorité d’entre eux (60 %) parle français et, qu’au cours de la dernière année, il y a eu une augmentation de plus de 30 % des travailleurs étrangers temporaires qui ont suivi des cours de français. « C’est colossal », a-t-elle déclaré.

Or, bien que les allocations s’étendent désormais aux milliers de travailleurs temporaires agricoles, à peine 431 d’entre eux se sont inscrits à la francisation. La ministre Fréchette a dit vouloir augmenter ce score. « La francisation est un travail constant, il y aura toujours des efforts à faire pour que l’apprentissage du français soit facilité et accessible. » Elle entend miser sur de nouveaux outils, dont Francisation Québec, un guichet unique qui sera lancé dès le 1er juin et qui regroupera toute l’offre de services en francisation.

Pas fermée à la régularisation

Par ailleurs, questionnée à savoir si son ministère allait emboîter le pas au fédéral, qui planche sur un programme de régularisation des personnes sans statut, Christine Fréchette a dit ne pas fermer pas la porte. « Mais il faut voir davantage les intentions pour décider si on s’y engage ou pas », a-t-elle souligné.

La ministre a d’ailleurs affirmé qu’il était « encore trop tôt pour se prononcer » sur cette question. « C’est important pour nous de connaître la nature des orientations [du fédéral]. On souhaite être consultés sur cette politique publique. »

Source: Les immigrants temporaires ne feront pas partie des discussions de Québec

Dutrisac: Langues officielles, inégalité réelle

More on Quebec language concerns and immigration aspects:

Le gouvernement Trudeau a présenté son nouveau Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028 avant même que ne soit voté le projet de loi C-13 qui donne un peu de mordant à l’actuelle loi sur les langues officielles. Ce plan reconduit la somme consentie dans la précédente version 2018-2023, tout en y ajoutant 1,4 milliard pour atteindre 4,1 milliards.

C’est un niveau d’investissement dont on dit qu’il est « historique ». On ne sait si ce sont les retards qu’a connus l’étude détaillée du projet de loi C-13 qui font que le plan vient avant l’adoption de la nouvelle loi, ce qui devrait survenir en mai à la Chambre des communes. Manifestement, nul besoin de nouveaux pouvoirs législatifs pour financer la kyrielle d’initiatives fédérales destinées à soutenir le français hors Québec et l’anglais au Québec.

À cet égard, l’offensive des députés libéraux de l’île de Montréal Anthony Housefather, Marc Garneau et Emmanuella Lambropoulos n’a peut-être pas permis de retirer toute référence à la Charte de la langue française dans le projet C-13, mais au moins, le gouvernement Trudeau a senti le besoin d’amadouer les Anglo-Québécois en réservant une enveloppe de 137,5 millions pour financer divers services destinés à la minorité anglophone. Feignant la surprise, le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, aurait voulu qu’une partie de ces sommes servent à la francisation des anglophones. De son côté, l’organisme de pression Quebec Community Groups Network a bien accueilli le plan qui financera un meilleur accès, si c’est possible, à la justice, à l’éducation, aux soins de santé et aux services sociaux, tous des services assurés par le gouvernement québécois, pour les « 1,3 million de Québécois de langue anglaise ». On notera que cette définition des anglophones ne se limite pas aux 7 % que représente la minorité historique, comme le conçoit Québec. Le groupe se réjouit particulièrement que le plan mette l’accent sur la diversité et l’inclusion, ce qui représente des « opportunités » pour la communauté anglophone et son rayonnement.

Il va sans dire que la situation des francophones hors Québec est tout autre. D’une façon générale, le plan fut bien reçu quoiqu’à bien des égards les problèmes d’accès à des services en français, que ce soit en matière de garderies, d’écoles, de collèges et universités, de cours de justice et de soins de santé, demeureront entiers.

En campagne électorale, le gouvernement Trudeau avait promis 80 millions par an pour l’éducation postsecondaire : le plan ne prévoit que 32 millions, souligne le média Francopresse. Les déboires de l’Université Laurentienne à Sudbury, qui s’est déclarée insolvable, la difficulté de mettre sur pied l’Université de l’Ontario français à Toronto, et la précarité du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, notamment, contrastent avec le développement débridé des universités McGill et Concordia au Québec.

Alors que se déploient des services de garde à la petite enfance partout au pays comme il en existe déjà au Québec, il est loin d’être assuré que des garderies de langue française seront accessibles en dépit de l’aide de 50 millions en cinq ans que prévoit le plan d’action dévoilé la semaine dernière par la ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor.

Les données du recensement de 2021 ont montré un déclin du français au Québec. En Acadie, le recul fut encore plus marqué. Dans le reste du Canada, seules des métaphores funestes conviennent pour évoquer la situation. En Ontario, par exemple, le pourcentage de la population qui parle français de façon prédominante à la maison a glissé sous la barre des 2 % alors que les Ontariens sont deux fois plus nombreux à se qualifier comme francophones.

Pour contrer ce déclin, Ottawa mise sur l’immigration francophone. Le plan d’action prévoit consacrer 100 millions de plus, pour un total de 222 millions, afin de soutenir cet apport.

Dans son mot d’introduction, Justin Trudeau s’est félicité du fait que, pour la première fois, la cible d’immigrants francophones hors Québec avait été atteinte l’an dernier avec l’admission de 16 300 immigrants de langue française. L’objectif est fixé à 4,4 %, ce qui représente le pourcentage de francophones hors Québec en 2001, une proportion qui a chuté de 3,5 % depuis. Mais cette politique est un leurre : à ce rythme, pour rétablir le pourcentage de 2001, il faudrait répéter l’« exploit » pendant près de 100 ans, et ce, sans même tenir compte de la formidable puissance assimilatrice du Canada anglais. Ce n’est pas sérieux.

Avec le projet de loi C-13, le gouvernement libéral délaisse en principe la doctrine, élaborée par Pierre Elliott Trudeau, de la parfaite symétrie entre l’anglais et le français en situation minoritaire. Le gouvernement libéral promet d’établir une « égalité réelle » plutôt qu’une « égalité formelle » entre les deux langues officielles. Or, c’est plutôt une inégalité tant réelle que formelle que continueront à supporter les francophones hors Québec dans ce pays essentiellement anglophone.

Source: Langues officielles, inégalité réelle

David: L’aide fédérale à mourir [immigration impact]

Of note. Quebec and rest of Canada’s widely diverging immigration levels, and the ongoing diminution of Quebec’s share of the Canadian population:

Quoi qu’il en ait dit, le ministre de la Langue française, également responsable de la Francophonie canadienne, Jean-François Roberge, n’a pas dû être surpris de constater que le nouveau plan d’action pour les langues officielles du gouvernement Trudeau prévoit de consacrer 137,5 millions de dollars à la communauté anglo-québécoise, mais pratiquement rien à la protection du français au Québec.

Depuis son adoption en 1969, la Loi sur les langues officielles repose sur le principe erroné d’une symétrie entre la situation des francophones hors Québec et celle des anglophones au Québec. Après avoir défendu cette vision hypocrite pendant plus d’un demi-siècle, Ottawa a finalement admis qu’il n’en est rien, mais cela ne change pas grand-chose en pratique.

Même s’ils sont minoritaires au Québec, on persiste à traiter les anglophones comme une espèce menacée, alors qu’ils font partie d’une majorité écrasante au Canada et en Amérique du Nord.

Les députés libéraux anglophones du Québec qui se sont indignés de voir que la nouvelle mouture (C-13) de la loi fait référence à la Charte de la langue française, toujours présentée comme un monument d’iniquité, ont voulu s’assurer que cela demeure ainsi.

Jean-François Roberge, qui ne manque pas d’humour, a expliqué que son gouvernement ne comptait pas sur Ottawa pour sauver le français au Québec. « Par contre, on s’attend à ce qu’il ne nuise pas », a-t-il ajouté.
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Il est vrai qu’en acceptant d’harmoniser les dispositions de la Loi sur les langues officielles régissant les entreprises sous autorité fédérale avec celles de la loi 101, le gouvernement Trudeau a fait preuve de bonne volonté.

Les meilleures intentions du monde ne pourraient malheureusement pas inverser une dynamique démographique qui conduit inexorablement à une diminution accélérée de la proportion de francophones dans l’ensemble du pays au Canada, y compris au Québec.

Qu’on le veuille ou non, toute contribution fédérale à la valorisation de l’anglais au Québec ne peut que renforcer l’attraction qu’il exerce chez les immigrants, qu’on a déjà du mal à convaincre de s’intégrer à la majorité francophone.

M. Roberge, qui s’affaire à son propre plan d’action, qui doit être présenté à l’automne, suggère que l’argent destiné aux groupes qui font la promotion de l’anglais soit consacré à la francisation. Cette proposition risque d’être accueillie assez froidement par ceux qui trouvent que la loi 96 est déjà trop exigeante, notamment en ce qui concerne la francisation des entreprises.

Sans grande surprise, le Parti libéral du Québec semble prêt à se porter au secours de la communauté anglophone. Jeudi, à l’Assemblée nationale, il a empêché la mise aux voix d’une motion présentée par le Parti québécois, qui dénonçait l’importance des sommes qui lui sont destinées, par rapport à ce qui est prévu pour la protection du français, alors qu’elle bénéficie d’un réseau d’institutions qui garantissent amplement sa vitalité.
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Si le Québec est resté sur sa faim, les communautés francophones hors Québec ont généralement bien accueilli le plan d’action fédéral, notamment les 221 millions qui serviront à stimuler l’immigration francophone.

On ne peut que souhaiter voir arriver des renforts qui les appuieront dans leur lutte pour préserver leur identité, mais une certaine perplexité est de mise. Depuis 20 ans, on a atteint une seule fois l’objectif d’une immigration francophone représentant 4,4 % de l’ensemble des nouveaux arrivants hors Québec.

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) estime qu’il faudrait atteindre le chiffre de 12 % dès l’an prochain et de 20 % en 2036 simplement pour revenir au niveau de 2001. Or, le plan d’action ne propose ni objectif précis ni échéancier.

Simplement empêcher la proportion de francophones de continuer à chuter sera encore plus difficile si le gouvernement Trudeau ouvre les vannes de l’immigration pour faire en sorte que le Canada compte 100 millions d’habitants en 2100, comme le suggère l’influent groupe « L’initiative du siècle ».

Le gouvernement Legault annoncera vraisemblablement à la fin de l’été son intention de hausser les seuils d’immigration pour les prochaines années, mais ceux-ci devront inclure une plus grande proportion de francophones.

Il faudra cependant les trouver quelque part, et l’expérience enseigne que ce n’est pas si facile. Ceux qui viendront au Québec n’iront pas grossir les rangs des communautés francophones ailleurs au pays, et vice-versa.

En réalité, face à un mal incurable, le plan d’action fédéral ressemble davantage à un programme d’aide à mourir dans la dignité, dont les Québécois devront bien se demander s’ils veulent vraiment s’en prévaloir.

Source: L’aide fédérale à mourir

Des immigrants se disent injustement recalés en français par Québec

A noter:

Québec accuse de nombreux immigrants d’avoir menti sur leurs compétences linguistiques et les recale lors d’une entrevue orale, en dépit d’une preuve attestant qu’ils ont déjà réussi le niveau requis en français, a appris Le Devoir. Plusieurs d’entre eux peuvent même être « bannis pour cinq ans » du processus de sélection du Québec, dénoncent des avocats.

Ces derniers — et leurs clients — déplorent ce qu’ils qualifient d’acharnement de la part du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI). « Québec cherche des façons innovantes de torturer des gens, des gens qui ont le malheur d’être convoqués en entrevue pour qu’on évalue leur niveau de français », laisse tomber David Chalk, un avocat en droit de l’immigration, dont certains clients ont été recalés.

Le Devoir s’est entretenu en français, à l’oral et à l’écrit, avec plusieurs candidats à l’immigration n’ayant pas le français comme langue maternelle qui ont été convoqués à une entrevue. Il préserve leur anonymat pour ne pas nuire à leurs démarches.

D’origine chinoise, Chang déplore la façon dont il a été traité par le MIFI, qu’il qualifie d’« arrogant » et d’« irresponsable ».

Le jeune homme a fait une maîtrise dans une université anglophone d’ici et dit être « tombé en amour » avec le Québec. Le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) lui permettait de réaliser son rêve d’immigrer, mais il devait apprendre le français et obtenir l’équivalent du fameux « niveau 7 » sur l’Échelle québécoise des niveaux de compétence en français.

Au printemps 2022, après avoir réussi tous les tests de français oraux et écrits agréés par le MIFI, il a demandé le Certificat de sélection du Québec (CSQ), le précieux sésame lui permettant de demander la résidence permanente au gouvernement fédéral. Or, son rêve s’est effondré lorsqu’il a été convoqué quelques mois plus tard à une entrevue de contrôle par le ministère de l’Immigration du Québec. Celui-ci lui a dit avoir des raisons de croire qu’il avait soumis des « documents faux ou trompeurs » pour attester de son niveau de français, ce que nie le principal intéressé.

Au terme de l’entretien, qui « s’est très mal passé », Chang s’est vu octroyer un niveau 4. Dans la lettre du MIFI, on l’informe aussi que sous prétexte qu’il a menti sur ses compétences en français, toute nouvelle demande qu’il voudrait soumettre pourrait ne pas être évaluée, et ce, pour les cinq prochaines années. « J’étais dévasté », a-t-il dit.

Le Devoir a pu consulter la lettre de refus, qui, ironiquement, contenait plusieurs coquilles. Elle détaille, au moyen d’exemples, certains problèmes de français du candidat, notamment en commentant sa prononciation. « On a ridiculisé mon accent », déplore Chang dans un français tout de même compréhensible pour Le Devoir.

Ce jeune homme s’indigne surtout du fait que le MIFI l’accuse d’avoir menti, de ne pas avoir « démontré la véracité de [sa] déclaration sur [sa] connaissance du français oral ». Selon lui, ayant déjà obtenu l’équivalent d’un niveau 7 à un examen de français reconnu par le MIFI, il était normal qu’il affirme détenir ce niveau. « En aucun cas, je n’ai eu l’intention de tromper qui que ce soit dans le processus ! »

Une pratique illégale ?

Pour Me David Chalk, le ministère veut « piéger » les gens. « Cette question n’a aucune raison d’être posée, sauf pour accuser quelqu’un de fausse déclaration. »

Ningsi Mei, une avocate qui dit avoir de plus en plus de clients refusés, estime que l’entretien, auquel participent un agent du MIFI et un enseignant, est subjectif. « C’est un jugement personnel. »

Après avoir été recalés à l’entrevue du MIFI, plusieurs de ses clients ont quitté le Québec, soit pour une autre province soit pour leur pays d’origine. « Ils me disent qu’ils ne se sentent pas les bienvenus ici. Ils croient que le [gouvernement] veut juste limiter le nombre d’immigrants et qu’il ne veut pas de ceux qui ne parlent pas parfaitement le français », a rapporté l’avocate.

Me David Chalk se dit surtout agacé par les présomptions de tromperie qui servent à justifier une convocation en entrevue. « Pourquoi alléguer d’emblée que le candidat est un fraudeur ? »

En 2016, des soupçons de fraude et de production de faux documents avaient mené l’Unité permanente anticorruption à ouvrir une enquête, ont révélé des documents de cour. C’est ce qui avait incité le ministère de l’Immigration du Québec à vérifier de manière plus proactive le niveau de français oral des candidats au PEQ en les convoquant en entrevue.

Or, cette pratique a été contestée devant les tribunaux en 2017. Les avocats avaient fait valoir que les preuves soumises par leurs clients pour attester leur niveau de français dans le cadre du PEQ étaient conformes à la loi, contrairement aux tests de français oral supplémentaires menés par le MIFI.

Un jugement de la Cour supérieure rendu en décembre 2018, confirmé par la Cour d’appel, leur avait donné raison et avait forcé le MIFI à annuler ses décisions de refus de CSQ pour une cinquantaine d’immigrants, surtout originaires de l’Asie.

En août 2018, le Règlement sur l’immigration a été changé, et le ministre peut désormais exiger qu’« une personne démontre une connaissance du français oral au niveau 7 », a affirmé Émilie Vézina, porte-parole du ministère. Quant aux présomptions de fraude qui servent à la convocation des gens en entrevue, on se contente d’expliquer que c’est « en fonction des faits propres à chaque demande ».

D’après les données du MIFI, plus de 2000 personnes se sont soumises à cette entrevue depuis l’automne 2016. Les convocations ont connu une augmentation et sont en voie de rattraper le niveau prépandémique. Quant au taux d’échec, il varie beaucoup, allant de 16 % à 84 % selon les années.

Convoqués même après avoir obtenu un CSQ

Le Devoir a échangé avec plusieurs immigrants qui se sont fait convoquer en entrevue même après avoir obtenu leur Certificat de sélection du Québec.

C’est le cas d’Emily Zhao, une enseignante et danseuse d’origine chinoise qui est arrivée au Canada il y a huit ans. Elle a obtenu son CSQ en juillet 2018 et attend depuis la résidence permanente pour elle et sa famille. Or, en janvier dernier, elle a, à sa grande surprise, reçu une lettre du MIFI la convoquant en entrevue et l’informant de ses intentions d’annuler son CSQ.

 « C’est comme si vous aviez obtenu votre permis de conduire et que, cinq ans plus tard, on vous appelle pour repasser l’examen et annuler votre permis », a dit cette mère de famille, qui a accepté de témoigner à visage découvert.

Citant la décision des tribunaux, Emily Zhao a refusé de se présenter en entrevue, prétendant qu’il n’était pas légal de vérifier à nouveau son niveau de français. La semaine dernière, elle a finalement reçu une lettre de rétractation du MIFI : son CSQ demeurera valide.

Mme Zhao craint d’avoir été placée sur une « liste noire » de personnes ayant obtenu leur CSQ alors que des soupçons de corruption pesaient sur le programme. Elle craint aussi que la remise en question de son certificat ait suspendu le traitement de sa demande de résidence permanente au fédéral, ce qui expliquerait la longue attente.

Selon le MIFI, depuis septembre 2021, 70 personnes ayant déjà obtenu un CSQ ont été convoquées à une entrevue visant à vérifier leur français oral, et près de 60 % ont échoué.

Après s’être vu refuser son CSQ, Chang est rentré en Chine la semaine dernière. Pour lui, c’était comme « tout jeter et partir ». Il croit que son expérience a découragé certains de ses amis. « Ils ont peur d’essayer. Parce qu’ils savent à quel point j’ai essayé d’apprendre le français. »

Source: Des immigrants se disent injustement recalés en français par Québec

Les baby-boomers du Québec ne sont pas «pure laine» à 95%

Of note:

Selon M. Charles Gaudreault, ingénieur chez H2O Innovation, il faudrait s’attendre à un effondrement de la population québécoise d’« origine ethnique française » allant jusqu’à 45 % en 2050. Préoccupé par l’impact de l’immigration sur les populations des pays d’accueil comme le Canada et ses provinces, il n’a élaboré qu’un seul scénario pour couvrir huit décennies dans la revue Nations and Nationalism.

Ses inspirations lui viennent d’abord du Britannique David Coleman, pour qui « la population britannique blanche devrait tomber à moins de 56 % de la population du Royaume-Uni en 2056 ». Elles proviennent aussi des Américains James Smith et Barry Edmonston, qui ont prévu que la population blanche des États-Unis — à l’exclusion des Hispaniques — ne compterait plus que pour 51 % en 2050.
 
Considérant à tort que le recensement de 1971 offre les données les plus sûres sur l’origine ethnique, M. Gaudreault a effectué sa projection à partir d’un Québec dénombrant 6 millions d’habitants. À cette époque, les Québécois d’origine ethnique française comptaient pour 79 % de la population. Ne restent alors que 21 % pour englober toutes les autres origines, notamment les Premières Nations, les Britanniques, les communautés italiennes et grecques.

Pour justifier son choix, Gaudreault se base sur deux sources dont il a pris connaissance de manière distraite. D’une part, il prétend devoir faire un retour à « la démographie ethnique » après que « les démographes se [sont] tournés vers la démographie linguistique ». D’autre part, il s’appuie sur une étude généalogique d’un groupe de chercheurs sous la direction d’Hélène Vézina.

Il est faux d’affirmer qu’une « démographie ethnique » a déjà existé. S’il y a eu jadis rapprochement entre l’origine ethnique et la langue maternelle, c’était par intérêt pour cette dernière. Richard Arès n’a-t-il pas fait remarquer que « plus on va vers l’ouest, plus les chances du français s’effritent » chez les Canadiens français ?

Ensuite, affirmer « que les ancêtres des baby-boomers étaient à 95 % d’origine française », c’est confondre l’origine ethnique des personnes recensées en 1971 avec 2000 généalogies « contenant plus de cinq millions de mentions d’ancêtres », dont la plupart sont arrivés au XVIIe siècle, prenant ainsi une avance jugée « insurmontable ».

M. Gaudreault a ventilé ses résultats en trois classes étanches, plutôt que de les rendre perméables les unes aux autres, comme chez les démographes. Il y a d’abord les Canadiens français (Ethnic French Canadians). Ensuite, les Autochtones, les Britanniques et tous les autres groupes ethniques recensés en 1971 sont identifiés sous l’appellation Non French Canadians. Enfin, tous les immigrants arrivés depuis 1971, leurs enfants et leurs descendants forment une classe à part (Immigrants and Descendants – IAD).

Notons que le troisième groupe (IAD) réunit tous les immigrants originaires de pays francophones (France, Sénégal, Vietnam, Haïti, etc.) ainsi que tous les enfants que la loi 101 conduit, depuis 1977, dans nos écoles françaises ! Partant donc de zéro en 1971, les effectifs de ce groupe sont les seuls à augmenter sous l’effet de l’immigration. Les deux premiers groupes ne peuvent qu’être marginalisés avec le temps.

Le talon d’Achille : la rétroprojection

La partie rétrospective appartenant déjà à l’histoire, nous avons évalué les résultats de M. Gaudreault pour le groupe IAD à partir des faits démographiques observés entre 1971 et 2001.

Charles Gaudreault affirme que « la sous-population des IAD affiche une augmentation constante, de 0,8 million en 2000, à 2 millions en 2020, à 3 millions en 2035, puis à 4,1 millions en 2050 ». Cette suite de résultats dessine une équation mathématique qui ne tient pas compte des fluctuations de l’immigration. Au départ, il y a une sous-estimation de 29 % (1971-1976), suivie d’une surestimation de 24 % (1977-1988), et ainsi de suite.

Au recensement de 2001, on a dénombré au Québec 510 100 personnes immigrées arrivées durant les trois dernières décennies du XXe siècle. Parmi ces personnes, on comptait 150 800 femmes en âge d’avoir des enfants en 2001. Tous calculs faits, parmi ces Québécois recensés en 2001, nous avons estimé que 118 500 personnes âgées de 30 ans ou moins étaient issues des immigrantes de cette époque.

Selon nos calculs, la somme des immigrés de la période 1971-2001 et de leurs descendants n’est que de 617 000 personnes au lieu des 860 000 obtenues selon la projection de Charles Gaudreault. Force est de reconnaître qu’il y a surestimation de 243 000 personnes du groupe IAD. En pourcentage, cette surestimation est très importante : 39,5 % !

La partie rétroactive de la projection de Charles Gaudreault conduit à une proportion d’Ethnic French Canadians de 64,5 % en 2014. Puisque nos calculs donnent une proportion de 71,2 % pour une sous-estimation de près de 7 points, le maintien des mêmes hypothèses jusqu’en 2050 ne peut que produire, après 35 ans, des résultats sans commune mesure avec les données historiques probantes.

Source: Les baby-boomers du Québec ne sont pas «pure laine» à 95%

Chris Selley: In Quebec, laïcité’s endless contradictions may be coming home to roost

Thanks to Premier Legault:

Quebec’s adventures in state secularism — laïcité — have always been full of contradictions, hypocrisies and flimsy explanations. Thankfully, if belatedly, in recent days, those have been coming to a head over two main issues: The role of the Catholic church as part of Quebec’s history and heritage — its patrimoine — and the provision of rooms in public schools for students (read: Muslim students) to pray.

Education Minister Bernard Drainville banned schools from providing prayer spaces the week before last, deeming them incompatible with laïcité. The National Assembly passed one of its famous unanimous motions: “The putting in place of prayer areas, regardless of confession, in public school rooms goes against the principle of secularism.”

But then came Easter, when  leading-light nationalist columnist Mathieu Bock-Côté took to the pages of Le Journal de Montréal with a surprising defence of the Catholic church. Catholicism provided “particular impetus” and “poetic breath” to the French adventure in North America, he argued, and a sense of “solidarity” that began under British oppression and remains to this day.

Premier François Legault tweeted out the column, quoting the bit about solidarity. It did not go well. A few hours later, digging out from an avalanche of negative responses both online and off, Legault added: “We must distinguish between laïcité and our heritage.” And that didn’t go well either — which is interesting, because until recently that was an entirely mainstream position.

In 2008, the National Assembly unanimously (of course) affirmed Quebecers’ “attachment to our religious and historic heritage represented by the crucifix” — i.e., the crucifix hanging over the Speaker’s chair in the legislature. “The crucifix is about 350 years of history in Quebec that none of us are ever going to erase,” then-premier Jean Charest averred. (Minor clarification: Then-premier Maurice Duplessis had the crucifix installed in 1936. According to University of Montreal historian Jacques Rouillard, Duplessis “wanted to distinguish himself from previous Liberal governments by showing he would be more receptive to Catholic principles.”) Liberal Premier Philippe Couillard left office in 2018 still defending said crucifix, and he defended crucifixes in hospitals as well. “To be open and tolerant, that doesn’t mean we have to erase our history,” he argued.

Legault seems to be getting far more pushback than his predecessors did. Liberal education critic Marwah Rizqy accused him of violating his duty of neutrality “as premier of all Quebecers in our secular state.” Liberal MNA Monsef Derraji accused the premier of a “lack of judgment.” Other provincial and federal Liberals and New Democrats chimed in disapprovingly, along with businessman Mitch Garber and comedian Sugar Sammy.

Some of Bock-Côté’s colleagues at Le Journal weren’t much impressed either. “If the Church allowed the French-Canadian people to survive in America, this influence was also unhealthy,” wrote staunch secularist Elsie Lefebvre. This went for women and homosexuals in particular, she argued, but also for the whole population, which was deliberately kept poorly educated and backward.

“Far from cultivating solidarity, the Church favored charity for the deserving poor, that is, for people who complied with its precepts,” Réjean Parent argued. “It has not contributed to our evolution; on the contrary, it has delayed it.”

In a very interesting column, Philippe Léger argued that Legault revealed himself as simply not very interested in laïcité. Indeed, Legault hasn’t worked very hard to hide that, often framing Bill 21 — the restrictions on public servants’ religious attire — as a sort of social consensus under which Quebec could draw a line and move on. (Lotsa luck!)

Léger made a critical observation, as well: Younger Quebecers, few of them religious but none having lived under the Pope’s thumb, are far more likely to see all these contradictions as simply irreconcilable, just as many in the Rest of Canada do now. They (and we) are asked to believe a ban on religious symbols in the public service was an inevitable offshoot of the Quiet Revolution, but one whose necessity only became clear half a century later —mysteriously enough, at a time of increased Muslim immigration. They (and we) can’t help but see “the inconsistency of prohibiting a prayer room for Muslim students during the week, and celebrating … Catholic heritage on weekends,” as Léger put it.

Indeed, the prayer-room issue is a great litmus test for exactly what people mean by secularism: Is it a matter of the government privileging certain ways of life over others, or a matter of the government simply recusing itself from matters of religion?

There was controversy here in Toronto a few years ago when a public middle school essentially brought congregational Muslim prayers in-house on Fridays, for the dubious sake of convenience. I felt it was an unnecessary and unfortunate mash-up of an important secular place with organized religion — whereas allowing students room to pray individually and privately strikes me as a simple matter of hands-off personal liberty. Drainville arrived at the peculiar position that silent prayer in public schools where others can see you is OK, but not quiet prayer in a dedicated room.

That’s a very difficult position to defend, and in the past, Drainville and Legault might not have had to bother. Unanimous vote in the National Assembly aside, there has been healthy and fearless pushback against the prayer-room decision as well. It almost seems like Legault’s government might accidentally have triggered the honest secularism debate Quebec so desperately needs, and which Legault so hoped to avoid. It’s excellent news, if true.

Source: Chris Selley: In Quebec, laïcité’s endless contradictions may be coming home to roost

Quebec Investing $10m In Immigration-Related Research Projects

Of note, some familiar themes:

Quebec’s immigration department is investing $10 million to study immigration-related matters in the francophone province.

The financing is being provided by the province’s immigration department, the Ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), over two years, starting this fiscal year, but the research projects themselves will be conducted over the coming five years.

The money is being invested through Quebec’s non-profit which funds societal and cultural research projects, the Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC).

“I am very happy to announce this partnership with the Fonds de recherche du Québec – Société et culture which will address the needs expressed by so many stakeholders in Quebec to identify the factors which enhance the attraction, retention, and the experiences of immigrants in all Quebec’s regions,” said provincial Immigration Minister Christine Fréchette in French.

“This agreement will provide MIFI with the necessary information to put in place innovative programs adapted to the reality and needs of immigrants in Quebec.”

Although the specific details of how the funds are going to be spent will only be revealed once the FRQSC starts issuing requests for research proposals, Quebec’s immigration department has noted there will be two streams.

The first stream will examine cross-cultural practices and the sense of belonging immigrants have for the regions in which they live and the province of Quebec. 

The second stream will look at the migratory patterns of immigrants within Canada, the factors which enhance the attraction and retention of immigrants and their willingness to settle in regions, the existing linguistic dynamics and the capacity of the province to welcome immigrants.

The province is hoping to use the insights it will gain from this research to improve its current policies and programs and also to develop innovative new ones.

Quebec Welcomed Record Numbers Of Permanent And Temporary Residents Last Year

“This support for immigration research by MIFI is an excellent opportunity to contribute to the advancement of our knowledge of this societal challenge, to develop the next generation of researchers interested in this subject, and, in doing so, elaborate on the public policies with regards to settlement services and the integration of immigrants, in French, to Quebec,” said Rémi Quirion, Quebec’s chief scientist.

Last year, Quebec welcomed a record-breaking 68,705 new permanent residents as well as 89,765 temporary foreign workers through the International Mobility Program (IMP) and the Temporary Foreign Worker Program (TFWP), reveals the latest data from Immigration, Refugees and Citizenship Canada (IRCC).

Quebec welcomed a record-breaking 51,260 foreign nationals through the IMP last year, up almost 18.4 per cent from the 43,295 in 2021.

The province also welcomed a record-breaking 38,505 foreign nationals through the TFWP last year, up 27 per cent from the 30,310 TFWP workers in 2021.

Importance Of Temporary Foreign Workers To Quebec Economy Is Increasing

“The number of temporary foreign workers in Quebec is increasing every year, and particularly since Ottawa has granted us more flexibility in the wake of recent negotiations,” said Quebec Labour Minister Jean Boulet in French.

“This labour force is more and more involved in all sectors of our economy throughout Quebec.”

As immigration levels have risen, Quebec Premier François Legault has gotten antsy about the future of the French language in the francophone province.

During the last provincial election in Quebec, Legault insisted the province must hold the line on immigration. Then, in his inaugural address to open the latest session of the legislature, the premier announced plans to require that all economic immigrants to the province be francophone by 2026.

In her first immigration plan, the Plan d’immigration du Québec 2023, Fréchette tried to hold the line on immigration to between 49,500 and 52,500 new permanent residents to the province, citing the need to be able to provide adequate settlement services and integrate them all. 

“Immigrants bring with them a wide range of talents to Quebec and all the supports must be in place to help them integrate,” said Fréchette in a statement in French.

“This immigration plan contains important measures to help them learn French and integrate. Our government wants immigration to contribute to the Quebec economy in all regions of the province and to also maintain the vitality of the French language.”

Source: Quebec Investing $10m In Immigration-Related Research Projects