David: L’aide fédérale à mourir [immigration impact]

Of note. Quebec and rest of Canada’s widely diverging immigration levels, and the ongoing diminution of Quebec’s share of the Canadian population:

Quoi qu’il en ait dit, le ministre de la Langue française, également responsable de la Francophonie canadienne, Jean-François Roberge, n’a pas dû être surpris de constater que le nouveau plan d’action pour les langues officielles du gouvernement Trudeau prévoit de consacrer 137,5 millions de dollars à la communauté anglo-québécoise, mais pratiquement rien à la protection du français au Québec.

Depuis son adoption en 1969, la Loi sur les langues officielles repose sur le principe erroné d’une symétrie entre la situation des francophones hors Québec et celle des anglophones au Québec. Après avoir défendu cette vision hypocrite pendant plus d’un demi-siècle, Ottawa a finalement admis qu’il n’en est rien, mais cela ne change pas grand-chose en pratique.

Même s’ils sont minoritaires au Québec, on persiste à traiter les anglophones comme une espèce menacée, alors qu’ils font partie d’une majorité écrasante au Canada et en Amérique du Nord.

Les députés libéraux anglophones du Québec qui se sont indignés de voir que la nouvelle mouture (C-13) de la loi fait référence à la Charte de la langue française, toujours présentée comme un monument d’iniquité, ont voulu s’assurer que cela demeure ainsi.

Jean-François Roberge, qui ne manque pas d’humour, a expliqué que son gouvernement ne comptait pas sur Ottawa pour sauver le français au Québec. « Par contre, on s’attend à ce qu’il ne nuise pas », a-t-il ajouté.
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Il est vrai qu’en acceptant d’harmoniser les dispositions de la Loi sur les langues officielles régissant les entreprises sous autorité fédérale avec celles de la loi 101, le gouvernement Trudeau a fait preuve de bonne volonté.

Les meilleures intentions du monde ne pourraient malheureusement pas inverser une dynamique démographique qui conduit inexorablement à une diminution accélérée de la proportion de francophones dans l’ensemble du pays au Canada, y compris au Québec.

Qu’on le veuille ou non, toute contribution fédérale à la valorisation de l’anglais au Québec ne peut que renforcer l’attraction qu’il exerce chez les immigrants, qu’on a déjà du mal à convaincre de s’intégrer à la majorité francophone.

M. Roberge, qui s’affaire à son propre plan d’action, qui doit être présenté à l’automne, suggère que l’argent destiné aux groupes qui font la promotion de l’anglais soit consacré à la francisation. Cette proposition risque d’être accueillie assez froidement par ceux qui trouvent que la loi 96 est déjà trop exigeante, notamment en ce qui concerne la francisation des entreprises.

Sans grande surprise, le Parti libéral du Québec semble prêt à se porter au secours de la communauté anglophone. Jeudi, à l’Assemblée nationale, il a empêché la mise aux voix d’une motion présentée par le Parti québécois, qui dénonçait l’importance des sommes qui lui sont destinées, par rapport à ce qui est prévu pour la protection du français, alors qu’elle bénéficie d’un réseau d’institutions qui garantissent amplement sa vitalité.
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Si le Québec est resté sur sa faim, les communautés francophones hors Québec ont généralement bien accueilli le plan d’action fédéral, notamment les 221 millions qui serviront à stimuler l’immigration francophone.

On ne peut que souhaiter voir arriver des renforts qui les appuieront dans leur lutte pour préserver leur identité, mais une certaine perplexité est de mise. Depuis 20 ans, on a atteint une seule fois l’objectif d’une immigration francophone représentant 4,4 % de l’ensemble des nouveaux arrivants hors Québec.

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) estime qu’il faudrait atteindre le chiffre de 12 % dès l’an prochain et de 20 % en 2036 simplement pour revenir au niveau de 2001. Or, le plan d’action ne propose ni objectif précis ni échéancier.

Simplement empêcher la proportion de francophones de continuer à chuter sera encore plus difficile si le gouvernement Trudeau ouvre les vannes de l’immigration pour faire en sorte que le Canada compte 100 millions d’habitants en 2100, comme le suggère l’influent groupe « L’initiative du siècle ».

Le gouvernement Legault annoncera vraisemblablement à la fin de l’été son intention de hausser les seuils d’immigration pour les prochaines années, mais ceux-ci devront inclure une plus grande proportion de francophones.

Il faudra cependant les trouver quelque part, et l’expérience enseigne que ce n’est pas si facile. Ceux qui viendront au Québec n’iront pas grossir les rangs des communautés francophones ailleurs au pays, et vice-versa.

En réalité, face à un mal incurable, le plan d’action fédéral ressemble davantage à un programme d’aide à mourir dans la dignité, dont les Québécois devront bien se demander s’ils veulent vraiment s’en prévaloir.

Source: L’aide fédérale à mourir

Des immigrants se disent injustement recalés en français par Québec

A noter:

Québec accuse de nombreux immigrants d’avoir menti sur leurs compétences linguistiques et les recale lors d’une entrevue orale, en dépit d’une preuve attestant qu’ils ont déjà réussi le niveau requis en français, a appris Le Devoir. Plusieurs d’entre eux peuvent même être « bannis pour cinq ans » du processus de sélection du Québec, dénoncent des avocats.

Ces derniers — et leurs clients — déplorent ce qu’ils qualifient d’acharnement de la part du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI). « Québec cherche des façons innovantes de torturer des gens, des gens qui ont le malheur d’être convoqués en entrevue pour qu’on évalue leur niveau de français », laisse tomber David Chalk, un avocat en droit de l’immigration, dont certains clients ont été recalés.

Le Devoir s’est entretenu en français, à l’oral et à l’écrit, avec plusieurs candidats à l’immigration n’ayant pas le français comme langue maternelle qui ont été convoqués à une entrevue. Il préserve leur anonymat pour ne pas nuire à leurs démarches.

D’origine chinoise, Chang déplore la façon dont il a été traité par le MIFI, qu’il qualifie d’« arrogant » et d’« irresponsable ».

Le jeune homme a fait une maîtrise dans une université anglophone d’ici et dit être « tombé en amour » avec le Québec. Le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) lui permettait de réaliser son rêve d’immigrer, mais il devait apprendre le français et obtenir l’équivalent du fameux « niveau 7 » sur l’Échelle québécoise des niveaux de compétence en français.

Au printemps 2022, après avoir réussi tous les tests de français oraux et écrits agréés par le MIFI, il a demandé le Certificat de sélection du Québec (CSQ), le précieux sésame lui permettant de demander la résidence permanente au gouvernement fédéral. Or, son rêve s’est effondré lorsqu’il a été convoqué quelques mois plus tard à une entrevue de contrôle par le ministère de l’Immigration du Québec. Celui-ci lui a dit avoir des raisons de croire qu’il avait soumis des « documents faux ou trompeurs » pour attester de son niveau de français, ce que nie le principal intéressé.

Au terme de l’entretien, qui « s’est très mal passé », Chang s’est vu octroyer un niveau 4. Dans la lettre du MIFI, on l’informe aussi que sous prétexte qu’il a menti sur ses compétences en français, toute nouvelle demande qu’il voudrait soumettre pourrait ne pas être évaluée, et ce, pour les cinq prochaines années. « J’étais dévasté », a-t-il dit.

Le Devoir a pu consulter la lettre de refus, qui, ironiquement, contenait plusieurs coquilles. Elle détaille, au moyen d’exemples, certains problèmes de français du candidat, notamment en commentant sa prononciation. « On a ridiculisé mon accent », déplore Chang dans un français tout de même compréhensible pour Le Devoir.

Ce jeune homme s’indigne surtout du fait que le MIFI l’accuse d’avoir menti, de ne pas avoir « démontré la véracité de [sa] déclaration sur [sa] connaissance du français oral ». Selon lui, ayant déjà obtenu l’équivalent d’un niveau 7 à un examen de français reconnu par le MIFI, il était normal qu’il affirme détenir ce niveau. « En aucun cas, je n’ai eu l’intention de tromper qui que ce soit dans le processus ! »

Une pratique illégale ?

Pour Me David Chalk, le ministère veut « piéger » les gens. « Cette question n’a aucune raison d’être posée, sauf pour accuser quelqu’un de fausse déclaration. »

Ningsi Mei, une avocate qui dit avoir de plus en plus de clients refusés, estime que l’entretien, auquel participent un agent du MIFI et un enseignant, est subjectif. « C’est un jugement personnel. »

Après avoir été recalés à l’entrevue du MIFI, plusieurs de ses clients ont quitté le Québec, soit pour une autre province soit pour leur pays d’origine. « Ils me disent qu’ils ne se sentent pas les bienvenus ici. Ils croient que le [gouvernement] veut juste limiter le nombre d’immigrants et qu’il ne veut pas de ceux qui ne parlent pas parfaitement le français », a rapporté l’avocate.

Me David Chalk se dit surtout agacé par les présomptions de tromperie qui servent à justifier une convocation en entrevue. « Pourquoi alléguer d’emblée que le candidat est un fraudeur ? »

En 2016, des soupçons de fraude et de production de faux documents avaient mené l’Unité permanente anticorruption à ouvrir une enquête, ont révélé des documents de cour. C’est ce qui avait incité le ministère de l’Immigration du Québec à vérifier de manière plus proactive le niveau de français oral des candidats au PEQ en les convoquant en entrevue.

Or, cette pratique a été contestée devant les tribunaux en 2017. Les avocats avaient fait valoir que les preuves soumises par leurs clients pour attester leur niveau de français dans le cadre du PEQ étaient conformes à la loi, contrairement aux tests de français oral supplémentaires menés par le MIFI.

Un jugement de la Cour supérieure rendu en décembre 2018, confirmé par la Cour d’appel, leur avait donné raison et avait forcé le MIFI à annuler ses décisions de refus de CSQ pour une cinquantaine d’immigrants, surtout originaires de l’Asie.

En août 2018, le Règlement sur l’immigration a été changé, et le ministre peut désormais exiger qu’« une personne démontre une connaissance du français oral au niveau 7 », a affirmé Émilie Vézina, porte-parole du ministère. Quant aux présomptions de fraude qui servent à la convocation des gens en entrevue, on se contente d’expliquer que c’est « en fonction des faits propres à chaque demande ».

D’après les données du MIFI, plus de 2000 personnes se sont soumises à cette entrevue depuis l’automne 2016. Les convocations ont connu une augmentation et sont en voie de rattraper le niveau prépandémique. Quant au taux d’échec, il varie beaucoup, allant de 16 % à 84 % selon les années.

Convoqués même après avoir obtenu un CSQ

Le Devoir a échangé avec plusieurs immigrants qui se sont fait convoquer en entrevue même après avoir obtenu leur Certificat de sélection du Québec.

C’est le cas d’Emily Zhao, une enseignante et danseuse d’origine chinoise qui est arrivée au Canada il y a huit ans. Elle a obtenu son CSQ en juillet 2018 et attend depuis la résidence permanente pour elle et sa famille. Or, en janvier dernier, elle a, à sa grande surprise, reçu une lettre du MIFI la convoquant en entrevue et l’informant de ses intentions d’annuler son CSQ.

 « C’est comme si vous aviez obtenu votre permis de conduire et que, cinq ans plus tard, on vous appelle pour repasser l’examen et annuler votre permis », a dit cette mère de famille, qui a accepté de témoigner à visage découvert.

Citant la décision des tribunaux, Emily Zhao a refusé de se présenter en entrevue, prétendant qu’il n’était pas légal de vérifier à nouveau son niveau de français. La semaine dernière, elle a finalement reçu une lettre de rétractation du MIFI : son CSQ demeurera valide.

Mme Zhao craint d’avoir été placée sur une « liste noire » de personnes ayant obtenu leur CSQ alors que des soupçons de corruption pesaient sur le programme. Elle craint aussi que la remise en question de son certificat ait suspendu le traitement de sa demande de résidence permanente au fédéral, ce qui expliquerait la longue attente.

Selon le MIFI, depuis septembre 2021, 70 personnes ayant déjà obtenu un CSQ ont été convoquées à une entrevue visant à vérifier leur français oral, et près de 60 % ont échoué.

Après s’être vu refuser son CSQ, Chang est rentré en Chine la semaine dernière. Pour lui, c’était comme « tout jeter et partir ». Il croit que son expérience a découragé certains de ses amis. « Ils ont peur d’essayer. Parce qu’ils savent à quel point j’ai essayé d’apprendre le français. »

Source: Des immigrants se disent injustement recalés en français par Québec

Les baby-boomers du Québec ne sont pas «pure laine» à 95%

Of note:

Selon M. Charles Gaudreault, ingénieur chez H2O Innovation, il faudrait s’attendre à un effondrement de la population québécoise d’« origine ethnique française » allant jusqu’à 45 % en 2050. Préoccupé par l’impact de l’immigration sur les populations des pays d’accueil comme le Canada et ses provinces, il n’a élaboré qu’un seul scénario pour couvrir huit décennies dans la revue Nations and Nationalism.

Ses inspirations lui viennent d’abord du Britannique David Coleman, pour qui « la population britannique blanche devrait tomber à moins de 56 % de la population du Royaume-Uni en 2056 ». Elles proviennent aussi des Américains James Smith et Barry Edmonston, qui ont prévu que la population blanche des États-Unis — à l’exclusion des Hispaniques — ne compterait plus que pour 51 % en 2050.
 
Considérant à tort que le recensement de 1971 offre les données les plus sûres sur l’origine ethnique, M. Gaudreault a effectué sa projection à partir d’un Québec dénombrant 6 millions d’habitants. À cette époque, les Québécois d’origine ethnique française comptaient pour 79 % de la population. Ne restent alors que 21 % pour englober toutes les autres origines, notamment les Premières Nations, les Britanniques, les communautés italiennes et grecques.

Pour justifier son choix, Gaudreault se base sur deux sources dont il a pris connaissance de manière distraite. D’une part, il prétend devoir faire un retour à « la démographie ethnique » après que « les démographes se [sont] tournés vers la démographie linguistique ». D’autre part, il s’appuie sur une étude généalogique d’un groupe de chercheurs sous la direction d’Hélène Vézina.

Il est faux d’affirmer qu’une « démographie ethnique » a déjà existé. S’il y a eu jadis rapprochement entre l’origine ethnique et la langue maternelle, c’était par intérêt pour cette dernière. Richard Arès n’a-t-il pas fait remarquer que « plus on va vers l’ouest, plus les chances du français s’effritent » chez les Canadiens français ?

Ensuite, affirmer « que les ancêtres des baby-boomers étaient à 95 % d’origine française », c’est confondre l’origine ethnique des personnes recensées en 1971 avec 2000 généalogies « contenant plus de cinq millions de mentions d’ancêtres », dont la plupart sont arrivés au XVIIe siècle, prenant ainsi une avance jugée « insurmontable ».

M. Gaudreault a ventilé ses résultats en trois classes étanches, plutôt que de les rendre perméables les unes aux autres, comme chez les démographes. Il y a d’abord les Canadiens français (Ethnic French Canadians). Ensuite, les Autochtones, les Britanniques et tous les autres groupes ethniques recensés en 1971 sont identifiés sous l’appellation Non French Canadians. Enfin, tous les immigrants arrivés depuis 1971, leurs enfants et leurs descendants forment une classe à part (Immigrants and Descendants – IAD).

Notons que le troisième groupe (IAD) réunit tous les immigrants originaires de pays francophones (France, Sénégal, Vietnam, Haïti, etc.) ainsi que tous les enfants que la loi 101 conduit, depuis 1977, dans nos écoles françaises ! Partant donc de zéro en 1971, les effectifs de ce groupe sont les seuls à augmenter sous l’effet de l’immigration. Les deux premiers groupes ne peuvent qu’être marginalisés avec le temps.

Le talon d’Achille : la rétroprojection

La partie rétrospective appartenant déjà à l’histoire, nous avons évalué les résultats de M. Gaudreault pour le groupe IAD à partir des faits démographiques observés entre 1971 et 2001.

Charles Gaudreault affirme que « la sous-population des IAD affiche une augmentation constante, de 0,8 million en 2000, à 2 millions en 2020, à 3 millions en 2035, puis à 4,1 millions en 2050 ». Cette suite de résultats dessine une équation mathématique qui ne tient pas compte des fluctuations de l’immigration. Au départ, il y a une sous-estimation de 29 % (1971-1976), suivie d’une surestimation de 24 % (1977-1988), et ainsi de suite.

Au recensement de 2001, on a dénombré au Québec 510 100 personnes immigrées arrivées durant les trois dernières décennies du XXe siècle. Parmi ces personnes, on comptait 150 800 femmes en âge d’avoir des enfants en 2001. Tous calculs faits, parmi ces Québécois recensés en 2001, nous avons estimé que 118 500 personnes âgées de 30 ans ou moins étaient issues des immigrantes de cette époque.

Selon nos calculs, la somme des immigrés de la période 1971-2001 et de leurs descendants n’est que de 617 000 personnes au lieu des 860 000 obtenues selon la projection de Charles Gaudreault. Force est de reconnaître qu’il y a surestimation de 243 000 personnes du groupe IAD. En pourcentage, cette surestimation est très importante : 39,5 % !

La partie rétroactive de la projection de Charles Gaudreault conduit à une proportion d’Ethnic French Canadians de 64,5 % en 2014. Puisque nos calculs donnent une proportion de 71,2 % pour une sous-estimation de près de 7 points, le maintien des mêmes hypothèses jusqu’en 2050 ne peut que produire, après 35 ans, des résultats sans commune mesure avec les données historiques probantes.

Source: Les baby-boomers du Québec ne sont pas «pure laine» à 95%

Chris Selley: In Quebec, laïcité’s endless contradictions may be coming home to roost

Thanks to Premier Legault:

Quebec’s adventures in state secularism — laïcité — have always been full of contradictions, hypocrisies and flimsy explanations. Thankfully, if belatedly, in recent days, those have been coming to a head over two main issues: The role of the Catholic church as part of Quebec’s history and heritage — its patrimoine — and the provision of rooms in public schools for students (read: Muslim students) to pray.

Education Minister Bernard Drainville banned schools from providing prayer spaces the week before last, deeming them incompatible with laïcité. The National Assembly passed one of its famous unanimous motions: “The putting in place of prayer areas, regardless of confession, in public school rooms goes against the principle of secularism.”

But then came Easter, when  leading-light nationalist columnist Mathieu Bock-Côté took to the pages of Le Journal de Montréal with a surprising defence of the Catholic church. Catholicism provided “particular impetus” and “poetic breath” to the French adventure in North America, he argued, and a sense of “solidarity” that began under British oppression and remains to this day.

Premier François Legault tweeted out the column, quoting the bit about solidarity. It did not go well. A few hours later, digging out from an avalanche of negative responses both online and off, Legault added: “We must distinguish between laïcité and our heritage.” And that didn’t go well either — which is interesting, because until recently that was an entirely mainstream position.

In 2008, the National Assembly unanimously (of course) affirmed Quebecers’ “attachment to our religious and historic heritage represented by the crucifix” — i.e., the crucifix hanging over the Speaker’s chair in the legislature. “The crucifix is about 350 years of history in Quebec that none of us are ever going to erase,” then-premier Jean Charest averred. (Minor clarification: Then-premier Maurice Duplessis had the crucifix installed in 1936. According to University of Montreal historian Jacques Rouillard, Duplessis “wanted to distinguish himself from previous Liberal governments by showing he would be more receptive to Catholic principles.”) Liberal Premier Philippe Couillard left office in 2018 still defending said crucifix, and he defended crucifixes in hospitals as well. “To be open and tolerant, that doesn’t mean we have to erase our history,” he argued.

Legault seems to be getting far more pushback than his predecessors did. Liberal education critic Marwah Rizqy accused him of violating his duty of neutrality “as premier of all Quebecers in our secular state.” Liberal MNA Monsef Derraji accused the premier of a “lack of judgment.” Other provincial and federal Liberals and New Democrats chimed in disapprovingly, along with businessman Mitch Garber and comedian Sugar Sammy.

Some of Bock-Côté’s colleagues at Le Journal weren’t much impressed either. “If the Church allowed the French-Canadian people to survive in America, this influence was also unhealthy,” wrote staunch secularist Elsie Lefebvre. This went for women and homosexuals in particular, she argued, but also for the whole population, which was deliberately kept poorly educated and backward.

“Far from cultivating solidarity, the Church favored charity for the deserving poor, that is, for people who complied with its precepts,” Réjean Parent argued. “It has not contributed to our evolution; on the contrary, it has delayed it.”

In a very interesting column, Philippe Léger argued that Legault revealed himself as simply not very interested in laïcité. Indeed, Legault hasn’t worked very hard to hide that, often framing Bill 21 — the restrictions on public servants’ religious attire — as a sort of social consensus under which Quebec could draw a line and move on. (Lotsa luck!)

Léger made a critical observation, as well: Younger Quebecers, few of them religious but none having lived under the Pope’s thumb, are far more likely to see all these contradictions as simply irreconcilable, just as many in the Rest of Canada do now. They (and we) are asked to believe a ban on religious symbols in the public service was an inevitable offshoot of the Quiet Revolution, but one whose necessity only became clear half a century later —mysteriously enough, at a time of increased Muslim immigration. They (and we) can’t help but see “the inconsistency of prohibiting a prayer room for Muslim students during the week, and celebrating … Catholic heritage on weekends,” as Léger put it.

Indeed, the prayer-room issue is a great litmus test for exactly what people mean by secularism: Is it a matter of the government privileging certain ways of life over others, or a matter of the government simply recusing itself from matters of religion?

There was controversy here in Toronto a few years ago when a public middle school essentially brought congregational Muslim prayers in-house on Fridays, for the dubious sake of convenience. I felt it was an unnecessary and unfortunate mash-up of an important secular place with organized religion — whereas allowing students room to pray individually and privately strikes me as a simple matter of hands-off personal liberty. Drainville arrived at the peculiar position that silent prayer in public schools where others can see you is OK, but not quiet prayer in a dedicated room.

That’s a very difficult position to defend, and in the past, Drainville and Legault might not have had to bother. Unanimous vote in the National Assembly aside, there has been healthy and fearless pushback against the prayer-room decision as well. It almost seems like Legault’s government might accidentally have triggered the honest secularism debate Quebec so desperately needs, and which Legault so hoped to avoid. It’s excellent news, if true.

Source: Chris Selley: In Quebec, laïcité’s endless contradictions may be coming home to roost

Quebec Investing $10m In Immigration-Related Research Projects

Of note, some familiar themes:

Quebec’s immigration department is investing $10 million to study immigration-related matters in the francophone province.

The financing is being provided by the province’s immigration department, the Ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), over two years, starting this fiscal year, but the research projects themselves will be conducted over the coming five years.

The money is being invested through Quebec’s non-profit which funds societal and cultural research projects, the Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC).

“I am very happy to announce this partnership with the Fonds de recherche du Québec – Société et culture which will address the needs expressed by so many stakeholders in Quebec to identify the factors which enhance the attraction, retention, and the experiences of immigrants in all Quebec’s regions,” said provincial Immigration Minister Christine Fréchette in French.

“This agreement will provide MIFI with the necessary information to put in place innovative programs adapted to the reality and needs of immigrants in Quebec.”

Although the specific details of how the funds are going to be spent will only be revealed once the FRQSC starts issuing requests for research proposals, Quebec’s immigration department has noted there will be two streams.

The first stream will examine cross-cultural practices and the sense of belonging immigrants have for the regions in which they live and the province of Quebec. 

The second stream will look at the migratory patterns of immigrants within Canada, the factors which enhance the attraction and retention of immigrants and their willingness to settle in regions, the existing linguistic dynamics and the capacity of the province to welcome immigrants.

The province is hoping to use the insights it will gain from this research to improve its current policies and programs and also to develop innovative new ones.

Quebec Welcomed Record Numbers Of Permanent And Temporary Residents Last Year

“This support for immigration research by MIFI is an excellent opportunity to contribute to the advancement of our knowledge of this societal challenge, to develop the next generation of researchers interested in this subject, and, in doing so, elaborate on the public policies with regards to settlement services and the integration of immigrants, in French, to Quebec,” said Rémi Quirion, Quebec’s chief scientist.

Last year, Quebec welcomed a record-breaking 68,705 new permanent residents as well as 89,765 temporary foreign workers through the International Mobility Program (IMP) and the Temporary Foreign Worker Program (TFWP), reveals the latest data from Immigration, Refugees and Citizenship Canada (IRCC).

Quebec welcomed a record-breaking 51,260 foreign nationals through the IMP last year, up almost 18.4 per cent from the 43,295 in 2021.

The province also welcomed a record-breaking 38,505 foreign nationals through the TFWP last year, up 27 per cent from the 30,310 TFWP workers in 2021.

Importance Of Temporary Foreign Workers To Quebec Economy Is Increasing

“The number of temporary foreign workers in Quebec is increasing every year, and particularly since Ottawa has granted us more flexibility in the wake of recent negotiations,” said Quebec Labour Minister Jean Boulet in French.

“This labour force is more and more involved in all sectors of our economy throughout Quebec.”

As immigration levels have risen, Quebec Premier François Legault has gotten antsy about the future of the French language in the francophone province.

During the last provincial election in Quebec, Legault insisted the province must hold the line on immigration. Then, in his inaugural address to open the latest session of the legislature, the premier announced plans to require that all economic immigrants to the province be francophone by 2026.

In her first immigration plan, the Plan d’immigration du Québec 2023, Fréchette tried to hold the line on immigration to between 49,500 and 52,500 new permanent residents to the province, citing the need to be able to provide adequate settlement services and integrate them all. 

“Immigrants bring with them a wide range of talents to Quebec and all the supports must be in place to help them integrate,” said Fréchette in a statement in French.

“This immigration plan contains important measures to help them learn French and integrate. Our government wants immigration to contribute to the Quebec economy in all regions of the province and to also maintain the vitality of the French language.”

Source: Quebec Investing $10m In Immigration-Related Research Projects

Quebec Muslim associations denounce government ban on prayer rooms in schools

Of note:

A group representing Muslim associations in Quebec wants the provincial government to rescind a directive prohibiting the presence of prayer spaces in elementary and high schools.

On Wednesday, Education Minister Bernard Drainville banned school service centres from transforming classrooms into places of prayer.

In a joint statement issued Thursday evening, representatives from several mosques with the Table de concertation des organismes musulmans (TCOM) expressed their shock and indignation at the decision.

Source: Quebec Muslim associations denounce government ban on prayer rooms in schools

La majorité des demandeurs d’asile hébergés par Québec ne sont pas passés par Roxham

Of note (as Rodham Road becomes covered by the STCA):

Le premier ministre François Legault a de nouveau déclaré jeudi qu’il souhaitait que le chemin Roxham soit « fermé », car le Québec aurait « dépassé sa capacité d’accueil ». Les données montrent toutefois que la majorité des demandeurs d’asile dans des hébergements gérés par la province ne sont pas arrivés par là.

Le plus grand groupe de migrants présents sur les sites du Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile (PRAIDA) provient du Mexique. Or, seuls 15 Mexicains sont arrivés au pays en passant entre des points d’entrée officiels depuis le début de 2023, selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).

Le PRAIDA confirme que la majorité des demandeurs d’asile hébergés dans ses sites sont plutôt passés par l’aéroport et proviennent du Mexique. « Ce phénomène date d’environ 12 mois et il semble fluctuer en fonction du prix des billets d’avion », indique Carl Thériault, relationniste pour le PRAIDA.

Depuis 2016, les ressortissants du Mexique n’ont plus besoin de détenir un visa pour visiter le Canada. Ils peuvent séjourner en tant que touristes au pays durant six mois et donc venir en avion.

En 2022, 7483 demandes d’asile de Mexicains ont été envoyées à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR), le tribunal qui se charge de déterminer si un demandeur a besoin de protection ou non.

Au total, le tiers des quelque 59 000 demandeurs d’asile arrivés au Québec en 2022, soit 19 800 personnes, ne sont pas passés par Roxham. Cette tendance s’est poursuivie en janvier, dernier mois pour lequel les données sont disponibles. Ces demandes d’asile ont pu être déposées à un point d’entrée aérien ou maritime, ou à un bureau à l’intérieur du territoire. L’Entente sur les tiers pays sûrs ne concerne que les passages terrestres et, par omission, elle permet de demander l’asile à des points d’entrée non officiels.

Pression réelle et « instrumentalisation »

Dans une lettre transmise en février au premier ministre Justin Trudeau, M. Legault se plaint que la situation au chemin Roxham crée une pression intenable sur les services, dont l’hébergement temporaire.

Le PRAIDA relève du gouvernement provincial, mais ses coûts sont couverts par le fédéral. Ottawa héberge aussi environ 2400 demandeurs au Québec et près de 4900 en Ontario, surtout des personnes qui arrivent entre les points d’entrée désignés, donc par Roxham, indique IRCC par courriel au Devoir.

Les transferts vers l’Ontario ont commencé le 30 juin 2022 et, jusqu’à maintenant, environ 8000 demandeurs ont été transférés après leur arrivée au Québec à la frontière sud. Le premier ministre québécois n’en est pas encore satisfait. « On voit qu’en mars, on est rendus à 58 % des nouveaux arrivants par Roxham qui sont envoyés à l’extérieur du Québec. Mais ce n’est pas encore suffisant », a-t-il affirmé jeudi matin.

Cette situation, le fait qu’une bonne partie des demandeurs d’asile dans les hébergements ne soit pas passée par Roxham, date cependant d’avant ces transferts, comme l’indiquent le porte-parole du PRAIDA et deux organismes de terrain. Le réseau communautaire accueille également sa part de demandeurs d’asile et leur offre aussi des services durant un temps limité.

Peu importe qu’un demandeur d’asile arrive par Roxham ou par l’aéroport, « tout le monde peut avoir besoin d’un hébergement, y compris les personnes du Mexique », précise Arthur Durieux, gestionnaire de l’organisme Le Pont. Il évalue qu’environ la moitié des familles présentes dans son centre d’accueil ne sont pas passées par le chemin désormais célèbre au sud du Québec.

Son organisme ne reçoit aucun financement public, mais il se dit « excédé » par le discours politique sur les demandeurs d’asile. « La demande est très forte en ce moment, mais Québec a nié de l’aide aux organismes depuis des années », lâche-t-il au téléphone.

Le nombre de places dans les lieux traditionnels d’hébergement du PRAIDA n’a pas changé depuis 2017, année où les arrivées se sont accélérées. Des sites temporaires avaient néanmoins ouvert leurs portes durant cette année-là, dont le Stade olympique, mais depuis que le chemin Roxham a rouvert en novembre 2021 après les restrictions pandémiques, Québec refuse d’augmenter la capacité d’accueil.

« On paie les pots cassés de ce qui n’est pas pris en charge par le gouvernement. C’est sur le dos du communautaire, car il n’y a pas de leadership, pas de volonté politique, pas de coordination », déplore quant à elle Eva Gracia-Turgeon, directrice du Foyer du monde.

Elle constate aussi que la majorité des demandeurs d’asile qui cognent à la porte de sa maison d’accueil ne sont pas passés par Roxham. « Ça date d’avant les transferts vers l’Ontario », précise-t-elle, ce qui montre à son avis « une certaine instrumentalisation » des demandeurs de Roxham.

En janvier dernier, une coalition d’organismes communautaires a lancé un cri du coeur. Cet appel a été entendu par le gouvernement caquiste, qui a rapidement débloqué 3,5 millions de dollars en aide d’urgence.

« Le message du communautaire n’était pas que le Québec est “plein”, c’était qu’on a besoin d’un financement constant et, surtout, qu’un plan d’urgence soit mis en place », ajoute Mme Gracia-Turgeon.

La situation date d’avant le début des transferts vers d’autres provinces.

Source: La majorité des demandeurs d’asile hébergés par Québec ne sont pas passés par Roxham

Le «Québec bashing» pour faire avancer l’agenda islamiste

Of note:

Je suis arrivée du Maroc en 2005 accompagnée de mes deux jeunes garçons de un et trois ans. Je ne me sauvais pas d’une situation de violence particulièrement grave, mais d’un état de dépendance et de soumission assez banal pour une femme dans une culture arabo-musulmane.

Cela n’a pas été facile de redémarrer une vie de mère de famille monoparentale dans un nouveau pays, mais le Québec a été pour moi une destination de rêve, et je suis reconnaissante de l’accueil dont j’ai bénéficié. J’ai toujours trouvé injustes les accusations de racisme et d’islamophobie dont les Québécois sont la cible. Je me sens plus respectée au Québec que je ne l’étais dans mon pays d’origine. C’est ici que je me suis sentie citoyenne à part entière, libre de mener ma vie comme je l’entendais, sans jugement, et j’ai le sentiment d’avoir bénéficié de l’égalité des chances.

On parle beaucoup d’islamophobie, mais on ne parle jamais de la pression communautaire qui pèse sur les ressortissants des pays arabes pour les forcer à se conformer à des normes culturelles et religieuses et les empêcher de s’intégrer dans leur pays d’accueil. Mon expérience récente dans le milieu associatif montre à quel point il est difficile de faire émerger un islam humaniste au Québec, et comment les accusations de racisme et d’islamophobie contre les Québécois sont utilisées pour faire avancer des objectifs islamistes.

J’avais envie de m’investir dans le milieu associatif pour aider d’autres ressortissants de pays musulmans, surtout les jeunes, à s’en sortir. Je voyais le danger de la radicalisation et l’influence que certains prédicateurs ont sur les jeunes ici même, à Montréal. Mon neveu de 25 ans habitant à Laval, plein de talent et de joie de vivre, artiste peintre, parolier, bon joueur de soccer, est soudain tombé entre les griffes du radicalisme. Du jour au lendemain, il a arrêté ses études, ses activités artistiques et le sport, pour se consacrer à la religion. J’avais tellement envie de crier fort : laissez les enfants vivre sans influence religieuse, arrêtez de les endoctriner.

Dès que j’en ai eu la possibilité, j’ai donc décidé de m’investir dans la société civile. Le passage à Montréal d’un penseur égyptien prônant une approche humaniste de l’islam m’en a donné l’occasion. Autour de ce penseur, la possibilité de créer une association de citoyens de culture arabo-musulmane favorables à la laïcité s’est présentée. Dans le cadre de cette nouvelle association, nous avons commencé à organiser des activités culturelles et des rencontres virtuelles avec des membres dans différentes villes du Canada et des États-Unis.

Arme aux mains des intégristes

Cependant, une personne très connue dans le milieu associatif et très influente dans une certaine communauté musulmane de Montréal prenait de plus en plus de place dans la direction de l’association. Le temps accordé aux personnes non pratiquantes, athées ou favorables à la laïcité diminuait au bénéfice de nouvelles personnes qu’il invitait, ayant des idées plus proches d’un islam radical. Lorsque je lui en parlais, il m’expliquait qu’il était important d’écouter ces personnes pour les amener un jour à changer d’idées.

Je n’étais pas convaincue par ses arguments, mais étant donné sa notoriété et son expérience associative de plus de trente ans, j’acceptais. Cependant, plus le temps passait, plus des personnes défendant l’islam politique se joignaient à l’association qui, rappelons-le, avait été créée justement pour faire face aux idées de l’islam politique.

À chaque occasion qui se présentait — rencontres en personne, virtuelles ou téléphoniques —, ce monsieur trouvait le moyen de décrire le Québec comme une province raciste et islamophobe. Il utilisait toutes les tribunes pour diaboliser le Québec. Lorsque j’intervenais pour parler de mon expérience positive au Québec, il ridiculisait mes propos et expliquait que si j’étais bien accueillie, c’était en raison de mes positions « anti-islam ».

Ma position en faveur de la loi 21 est ce qui m’a valu le plus de moqueries de sa part. Il insinuait que je voulais plaire aux Québécois et que je n’étais qu’un instrument entre leurs mains. Lors de la nomination d’Amira Elghawaby comme représentante canadienne à la lutte contre l’islamophobie, il fit des pressions sur moi pour que je ne puisse pas exprimer mon avis contre sa nomination.

C’est à la suite de la dernière rencontre que j’ai décidé de quitter l’association. Parmi les intervenants, il y avait une maman syrienne qui racontait son expérience douloureuse en nous montrant la photo de sa fille dans la vingtaine tuée par Daech [groupe État islamique]. Lorsque la réunion fut terminée, ce monsieur réagit violemment en interdisant la diffusion d’une vidéo présentant nos interventions et déclara que la maman n’aurait pas dû qualifier Daech d’organisation terroriste.

L’association dont j’avais été membre fondatrice n’avait plus rien d’humaniste ni de laïque.

Je ne sais pas quel sera le mandat de la représentante canadienne à la lutte contre l’islamophobie, mais je sais que ce concept est une arme aux mains des intégristes pour faire avancer leurs objectifs politico-religieux et pour creuser un fossé entre les musulmans et les autres. Il y a de quoi s’inquiéter.

Source: Le «Québec bashing» pour faire avancer l’agenda islamiste

Nicolas: Briser le silence… systémique

Of note:

Pour bien comprendre l’enquête du Devoir sur les plaintes pour racisme à la Ville de Montréal, rappelons d’abord le contexte. En 2016, une coalition de groupes de la société civile (dont je faisais partie) interpelle le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, pour demander une commission sur le racisme systémique. Le terme « racisme systémique » est alors nouveau pour une grande majorité de Québécois. Nous sommes plusieurs à expliquer, tant bien que mal, ce que c’est, et ce que ce n’est pas, sur les tribunes qu’on veut bien nous offrir.

On parle des politiques et des cultures institutionnelles qui créent et reproduisent des inégalités sociales. En réponse, on nous accuse de faire le « procès des Québécois » et on mélange les mots « systémiques » et « systématiques »… une distinction que tout un chacun fait déjà très bien lorsqu’il est question d’enjeux politiques, avec lesquels on est déjà plus à l’aise.

On pointe les milieux où il reste tant à faire pour briser l’omerta sur le racisme systémique au Québec, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la justice, de l’emploi. On nous rétorque qu’on peut résoudre la situation assez facilement sans s’embarrasser de tout ça. Utilisons des CV anonymes à l’embauche, organisons des foires d’emplois pour l’immigration en région, et le tour sera joué.

La commission provinciale sur le racisme systémique n’aura finalement jamais eu lieu. Mais l’idée aura fait son chemin dans la société civile, et fait évoluer les mentalités. Et quand George Floyd et Joyce Echaquan ont perdu leur vie devant les caméras, soudainement on était plus nombreux à avoir un mot pour nommer les choses.

La fin de non-recevoir à Québec ne découragera pas pour autant la mobilisation antiraciste. À Montréal, c’est l’ex-candidat de Projet Montréal, Balarama Holness, qui reprend la balle au bond, en 2018. À la Ville, on n’est pas plus pressé de nommer le racisme systémique et d’agir contre lui. Mais il existe une faille dans le système : les citoyens ont le pouvoir d’imposer un sujet de consultation à l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) s’ils collectent au moins 15 000 signatures… à la main. Un groupe de jeunes rassemblés autour de Holness se relève les manches et réussit l’exploit.

Qu’on ne le perde pas de vue, donc : si la Ville de Montréal a reconnu l’existence du racisme systémique et s’est engagée à mettre en oeuvre les recommandations du rapport produit par l’OCPM, c’est parce qu’un mouvement citoyen lui a forcé la main. Il n’y a rien, mais absolument rien, dans la lutte contre le racisme à Montréal qui s’apparente à de l’enfonçage de portes ouvertes.

Dans la foulée de ce rapport produit au terme d’une consultation dont la Ville ne voulait pas, donc, on crée le Bureau de la commissaire de la lutte au racisme et aux discriminations systémiques. Plusieurs acteurs clés de la Ville de Montréal, bien sûr, n’en voulaient pas plus. Mais nous sommes au début de 2021, quelques mois à peine après George Floyd et Joyce Echaquan. Puisqu’il n’est pas exactement dans l’air du temps de nommer son malaise devant l’existence même du bureau, on concentre l’ensemble des critiques envers la personne qui le dirigera. Bochra Manaï encaisse, ne fléchit pas, et se met à l’ouvrage.

Son équipe a principalement un pouvoir de recommandations et d’accompagnement des différentes équipes de la Ville aux prises avec des problèmes de racisme. Nécessairement, dans le contexte, il est difficile de juguler les attentes des employés qui subissent du harcèlement raciste de la part de collègues, dans certains cas depuis des décennies. L’enquête du Devoir décrit une institution où les arrondissements, la ville-centre et les syndicats se passent la patate chaude des employés qui contribuent à un climat de travail toxique, sans qu’il y ait de véritables conséquences pour les fautifs. Les seules personnes qui devraient être ici surprises sont celles qui n’ont pas encore compris, après toutes ces années, le sens exact de l’expression « racisme systémique ».

Revenons donc à la question qui avait été lancée en 2016, soit l’importance de faire la lumière, de briser l’omerta et d’enfin agir contre le racisme systémique dans une foule d’institutions au Québec. L’administration municipale de Montréal s’est fait imposer ce travail, à la suite d’une mobilisation citoyenne, et on voit, notamment dans l’enquête du Devoir, ce qui se cachait. Des niveaux inouïs de harcèlement à caractère haineux, des employés qui se voient refuser des promotions sur le motif de la couleur de leur peau, des carrières brisées, des victimes dont la santé mentale finit par flancher, et bien sûr le tabou, véhiculé notamment par l’interdiction de parler aux journalistes.

Mais ce n’est pas parce que les projecteurs sont braqués sur la Ville de Montréal que les injustices y sont pires que dans les autres municipalités, ou que dans le secteur privé, les systèmes de santé et de services sociaux, d’éducation, de justice, etc. Simplement, Montréal a commencé à faire un travail qu’on refuse encore d’entamer ailleurs.

Lorsqu’on a un pied sur le terrain, auprès des communautés les plus affectées par le racisme, on a déjà entendu des centaines de témoignages semblables à ceux dévoilés par Le Devoir cette semaine, dans à peu près tous les secteurs d’emplois. Alors que le combat pour la liberté d’expression est très en vogue ces temps-ci, prenons un moment pour mesurer l’ampleur des mobilisations et de la résilience requises pour ne briser qu’une infime partie du silence sur le racisme systémique.

Source: Nicolas: Briser le silence… systémique

Ottawa utilise l’intersectionnalité comme «arme» contre le Québec, dit Blanchet

Hard to imagine this becoming an issue. While I dislike the jargon, the substance of intersectionality provides insights into the differences within and between groups:

Aux yeux du chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, le féminisme intersectionnel n’est ni plus ni moins qu’une « arme » brandie par le Canada contre le Québec.

C’est ce qu’il a évoqué samedi, dans un discours devant les partisans péquistes au congrès ordinaire du parti, à Sherbrooke. Cette vision du féminisme avait récemment fait les manchettes à l’Assemblée nationale, en marge de la Journée internationale des droits des femmes.

« Les mêmes qui ont le courage de dénoncer qu’on fasse des mots “racisme systémique” une arme contre le Québec doivent se dresser, a lancé M. Blanchet lors de son allocution. Les mêmes qui ont le courage de dénoncer qu’on pervertisse l’idée – peut-être valable scientifiquement, quelque part – d’intersectionnalité pour en faire une arme contre le Québec doivent se dresser. »

Le leader bloquiste reproche au gouvernement fédéral de Justin Trudeau d’imposer une idéologie « woke » aux Québécois et de « pervertir la science » au détriment des valeurs du Québec. « Le Canada essaie d’effacer le Québec de la scène mondiale », a-t-il dit samedi.

À la fin du mois de février, le gouvernement de la Coalition avenir Québec s’est opposé à une motion de Québec solidaire — cosignée par le Parti libéral du Québec et le Parti québécois — qui encourageait « l’analyse différenciée selon les sexes dans une perspective intersectionnelle ».

Né dans les années 1980, le concept d’« intersectionnalité » vise à reconnaître que les différents types de discriminations — basées sur le sexe, la couleur de la peau, le statut socioéconomique — peuvent s’entrecroiser.

« Ce n’est pas notre vision du féminisme », avait affirmé le gouvernement de François Legault lorsqu’appelé à s’expliquer sur son rejet de la motion solidaire. Le Parti québécois, qui avait pourtant donné son aval à la motion, se dit, lui, pour un féminisme « universaliste », pas « intersectionnel ».

Interrogé samedi sur ses propos vis-à-vis de l’intersectionnalité, Yves-François Blanchet a affirmé que l’intersectionnalité, comme concept américain, avait été transposée de manière « assez incertaine » au Québec. « Je ne dis pas que la notion même n’est pas pertinente. Je dis que son instrumentalisation pour s’en prendre ultimement à des valeurs québécoises […] n’est pas acceptable », a-t-il dit.

Source: Ottawa utilise l’intersectionnalité comme «arme» contre le Québec, dit Blanchet