Cinq ans après «SLĀV», les minorités visibles se taillent une place 

Of interest, increased diversity in Quebec cultural sector:

Depuis la controverse entourant la création des spectacles SLĀV et Kanata, il y a cinq ans, les artistes issus de minorités visibles foulent plus que jamais les planches des théâtres québécois. Au cinéma toutefois, leur présence évolue en dent de scie, montrent des données inédites compilées par Le Devoir.

« On sent que les théâtres se sont emparés de cet enjeu plus radicalement. Malheureusement, ça bouge moins vite au cinéma, où seuls quelques projets tirent la moyenne vers le haut », constate la présidente de l’Union des artistes, Tania Kontoyanni, à la vue de nos chiffres. Selon elle, on peut tout de même parler « d’un avant et d’un après » SLĀV et Kanata dans le milieu culturel.

Il y a cinq ans, ces deux pièces du metteur en scène Robert Lepage ont engendré un débat enflammé sur l’appropriation culturelle et la place des minorités visibles dans les productions culturelles d’ici. La première, SLĀV, s’inspirait de chants d’esclaves afro-américains, mais ne comptait que deux comédiennes noires sur six. La seconde, Kanata, se voulait une relecture de « l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones », mais ne comptait pas un seul comédien autochtone.

En 2020, Le Devoir avait mesuré l’impact de la polémique et constaté que la proportion d’acteurs, de réalisateurs, de metteurs en scène et d’auteurs de minorités visibles au cinéma et au théâtre avait quasi doublé entre 2017 et 2019. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Est-ce que les efforts dans ces milieux se poursuivent ?

Notre équipe a répété l’exercice pour l’année 2022, en utilisant la même méthodologie, soit d’éplucher la programmation de sept théâtres et les génériques des 10 films les plus populaires en salle durant l’année. Malgré les limites de ce genre d’exercice, les chiffres compilés sont tout de même révélateurs.

En théâtre, 21 % des metteurs en scène, auteurs et interprètes des compagnies recensées étaient issus de minorités visibles pour la saison 2022-2023. Cette proportion était de 14 % en 2018-2019 et de 9 % en 2017-2018.

En cinéma, selon l’analyse des 10 films les plus vus en 2022, 11,5 % des scénaristes, réalisateurs et acteurs étaient issus de minorités visibles. Une proportion qui a plus que doublé en comparaison avec la période avant SLĀV et Kanata, où l’on ne comptait que 4 % d’artistes de minorités visibles. Mais c’est bien moins que 2019, où l’on se retrouvait avec une proportion de 18,7 %.

Fait à noter : le gouvernement canadien définit comme « minorité visible » toutes « personnes, autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n’ont pas la peau blanche ». Pour notre exercice, nous avons inclus les Autochtones dans cette définition.

Selon le recensement de 2021 de Statistique Canada, 16,1 % de la population du Québec s’identifie à une des minorités visibles, et il y a 2,5 % d’Autochtones dans la province.

On sent que les théâtres se sont emparés de cet enjeu plus radicalement. Malheureusement, ça bouge moins vite au cinéma.

— Tania Kontoyanni

Le théâtre dans la bonne voie

« On est vraiment rendus ailleurs, je trouve ça très encourageant », commente Charles Bender, comédien d’origine autochtone.

Selon lui, depuis le congrès du Conseil québécois du théâtre (CQT) en 2015, il existait déjà un mouvement pour plus de diversité au théâtre. L’affaire SLĀV et Kanata a permis de faire connaître ces enjeux à l’ensemble de la population et d’accélérer le changement.

« Les membres de la communauté sont plus sensibles aux réalités de tout le monde, on se pose des questions à chaque étape de création sur nos façons de faire. On va dans la bonne direction », renchérit la coprésidente du CQT, Rachel Morse. Mais beaucoup reste à faire, selon elle, pour rendre le milieu encore plus inclusif.

Elle pointe du doigt le déséquilibre d’une institution théâtrale à l’autre. « Certains ont besoin de temps. On a lancé une trousse d’outils sur l’appropriation culturelle [la semaine dernière], c’est quelque chose qui pourra les aider à mettre en marche ce changement », espère-t-elle.

Si la proportion de minorités visibles parmi les auteurs ou les metteurs en scène aug, ente sans cesse depuis 2017 en théâtre, cela va bien plus lentement que du côté des interprètes. Or, de l’avis de Charles Bender, il faut néanmoins continuer de porter le regard au-delà de la distribution sur scène. « Il reste encore beaucoup de travail pour faire davantage de place aux créations des minorités visibles », plaide-t-il.

« Les espaces pour les accueillir existent, les diffuseurs sont au rendez-vous, les spectateurs aussi. Maintenant, il faut leur donner le temps et les moyens de créer. Il faut encourager la relève et grossir le bassin de créateurs autochtones ou issus de la diversité », insiste-t-il, rappelant que la pandémie en a découragé plus d’un à continuer dans ce domaine.

Le cinéma à la traîne

Du côté du cinéma, le portrait est un peu moins reluisant, considérant la baisse enregistrée en 2022 du pourcentage de minorités visibles à l’écran selon notre exercice. « Ça montre que ça dépend vraiment des projets et que cette volonté de faire de la place à la diversité n’a rien de généralisé », commente Tania Kontoyanni. Parmi les films analysés, Chien blanc et 23 décembre tirent en effet la moyenne vers le haut.

La présidente de l’UDA retient tout de même une amélioration depuis l’affaire SLĀV et Kanata. « Il y a aujourd’hui une plus grande préoccupation pour cet enjeu. On le voit pour les rôles, et il faudrait maintenant le percevoir aussi du côté de l’écriture et de la réalisation », ajoute-t-elle, réagissant à nos chiffres qui montrent qu’en 2022 — dans le palmarès de films analysé — aucune production ne comptait un scénariste ou un réalisateur issu de minorités visibles.

Proportion d’interprètes issus de minorités visibles parmi les dix films les plus vus au Québec

L’auteur-compositeur-interprète Ricardo Lamour invite quant à lui à regarder plus loin que les chiffres : « Oui il y a plus grande représentation [des minorités] sur scène et à l’écran, mais quelle est la qualité de leur expérience ? » Les personnes noires — et ça vaut aussi pour les autres minorités visibles — décrochent rarement des premiers rôles, constate-t-il. Elles se retrouvent encore beaucoup dans des rôles stéréotypés ou se font offrir de petits rôles dans l’unique but de montrer qu’une production est inclusive, selon lui.

« La place des personnes noires dans l’industrie culturelle reste très fragile. […] Même lorsqu’elles ont trouvé une place, beaucoup marchent sur la pointe des pieds dans ce qu’elles peuvent vraiment dire au sujet d’une production. […] Je m’attends à plus de notre milieu, on peut vraiment faire mieux. »

Avec Sandrine Vieira, Alex Fontaine, Janie Dussault et Charles-Olivier L’Homme

Source: Cinq ans après «SLĀV», les minorités visibles se taillent une place

Le français comme condition d’immigration : la nouvelle réforme de la CAQ

Useful overview (English below):

Le gouvernement québécois a récemment présenté ses nouvelles orientations en matière d’immigration. Le message est clair : la langue devient une condition sine qua non pour s’installer de façon permanente au Québec.

Ce resserrement des règles aura des impacts importants sur les futurs immigrants, mais aussi sur ceux vivant déjà au Québec. Il marque aussi la consolidation de l’approche prônée par la CAQ en matière d’immigration permanente : d’abord assurer la protection du français, avant la croissance démographique ou économique liée à l’immigration. D’ailleurs, si le Québec devait accueillir plus d’immigrants, ce sera uniquement en raison de la croissance du nombre d’immigrants économiques francophones.

La nouvelle approche inclut une réforme du programme de sélection des travailleurs qualifiés, une refonte du Programme de l’expérience Québécoise (PEQ), des changements aux conditions du programme de regroupement familial, à celui des investisseurs et à celui des travailleurs autonomes.

De plus grandes exigences pour les immigrants économiques

Bien que la connaissance de la langue ait toujours été centrale dans les orientations du Québec en matière d’immigration (qui furent mises en œuvre par le biais des pouvoirs dévolus à la province dans le cadre de l’Accord Canada-Québec de 1991), l’approche prônée par la CAQ augmente les exigences linguistiques pour tous les programmes d’immigration économique.

Un nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) sera mis en place. Alors que dans le programme actuel, la connaissance du français pouvait augmenter les scores globaux des candidats à l’immigration dans grille de sélection, le PSTQ fait de la connaissance du français une condition nécessaire à l’immigration.

Pour les volets 1 à 3 du programme, la connaissance minimale exigée sera modulée en fonction du niveau de qualification requise. Les travailleurs visant un poste de gestion ou qui demande généralement une formation postsecondaire devront posséder une compétence en français de niveau 7 (intermédiaire avancé) à l’oral et 5 à l’écrit, sur une échelle qui en compte 12. Les autres emplois seront soumis à un niveau 5 à l’oral, soit le début de l’échelle intermédiaire. Le gouvernement s’est donné une petite marge de manœuvre pour le volet 4 « talents d’exception ». Pour cette petite partie du programme qui vise des compétences « exceptionnelles », aucune connaissance du français n’est exigée pour l’instant.

Le PSTQ crée aussi une obligation linguistique pour les conjoints des demandeurs principaux à l’immigration au Québec, soit un niveau minimum de 4 à l’oral, le dernier échelon pour une compétence de base. La vaste majorité des candidats à l’immigration permanente devront donc avoir une connaissance intermédiaire du français.

Un nouveau PEQ

En parallèle, le PEQ (Programme de l’expérience québécoise) renaît de ses cendres. Le PEQ est une passerelle vers la résidence permanente pour les immigrants temporaires, à travers deux volets : les diplômés du Québec et les travailleurs étrangers temporaires. En 2020, le gouvernement de la CAQ avait limité dans la controverse l’accès à ce programme très populaire auprès des étudiants internationaux ayant acquis un diplôme d’une institution québécoise et une expérience de travail conséquente dans la province.

Dans la nouvelle mouture du PEQ, l’exigence d’emploi disparaît du volet des diplômés, mais la langue devient centrale : seuls les programmes d’études en français seront admissibles. Le programme reste ouvert aux travailleurs temporaires et devient accessible à de nouvelles professions, autrefois exclues du PEQ, par exemple les camionneurs ou les préposés aux bénéficiaires. Pour les deux volets (diplômés et travailleurs temporaires), un niveau 7 ou plus est exigé à l’oral. Les conjoints, eux, devront encore avoir un français oral de niveau 4, comme c’était le cas depuis juillet 2021.

La version 2023 du PEQ est donc, dans les faits, limitée aux personnes avec des connaissances avancées du français et ayant interagi fortement avec des institutions francophones dans le cadre de leur expérience préalable au Québec.

Les gens d’affaires et les regroupements familiaux

Une même tendance est annoncée pour les gens d’affaires : les programmes dédiés aux investisseurs et aux travailleurs autonomes exigeront dorénavant un français oral de niveau 7.

Les nouvelles orientations affectent aussi le parrainage dans le cadre des regroupements familiaux. Cela reflète les revendications du gouvernement actuel, qui a exigé le transfert de pouvoirs d’Ottawa afin de pouvoir soumettre les réunifications familiales à des critères linguistiques. À défaut de ces pouvoirs supplémentaires, la réforme ajoute une composante linguistique aux exigences des personnes garantes – les parrains –, en plus des conditions financières. Le gouvernement souhaite maintenant qu’un plan d’accueil et d’intégration soit soumis au ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration par la personne garante, dans lequel elle « s’engagera notamment à soutenir l’apprentissage du français par les personnes parrainées ».

Vers une nouvelle ère en immigration au Québec ?

Bien que ces changements restent encore à être mis en œuvre, le message envoyé par la CAQ, alors que Québec s’apprête à revoir ses seuils d’immigration, est clair : il faut parler français pour immigrer de façon permanente au Québec. À cet égard, il convient d’apporter une nuance importante. Depuis 1991, la province met en place des programmes d’immigration visant à s’assurer qu’une part importante des immigrants connaissent et utilisent le français au moment d’être reçus. À titre indicatif, la proportion de personnes immigrantes déclarant connaître le français au moment de leur admission se situait à près de 70 %en 2021.

Les nouvelles orientations intensifient donc l’approche historique du Québec en plus de renforcer les privilèges accordés aux francophones et francotropes dans la sélection. Elles créent aussi des exigences administratives supplémentaires pour les candidats à l’immigration et ceux qui les soutiennent.

Ces changements auront des conséquences marquées sur l’origine des immigrants que le Québec va accueillir, en donnant des avantages encore plus importants aux bassins de la francophonie, tels que la France, la Belgique, le Maroc, la Tunisie, le Sénégal ou le Bénin. Pour les personnes déjà installées au Québec dans le cadre d’un processus d’immigration temporaire pour des études ou pour le travail – et souvent issus de pays non-francophones, comme la Chine, l’Inde, les Philippines, ou l’Iran – la réforme envoie aussi le signal que l’accès à la résidence permanente ne pourra se faire que par un apprentissage soutenu du français.

Ces nouvelles réalités pourraient donc non seulement changer le visage de l’immigration permanente, mais aussi celui de l’immigration temporaire.

Source: Le français comme condition d’immigration : la nouvelle réforme de la CAQ

French as a condition of immigration: the CAQ’s new reform

PQ proposes ‘citizenship’ ceremony for immigrants to Quebec

Meanwhile, the Canadian government has proposed making the citizenship oath self-administered and wanting to reduce the costs and likely numbers of citizenship ceremonies.
It always struck me that the Canadian government undervalued citizenship, particularly in Quebec given that it is one of the few exclusive federal programs that touches Canadians directly and reaffirms Canadian identity.
More PQ political posturing than substantive:
The Parti Québécois is proposing that welcoming and “citizenship” ceremonies be held for immigrants to the province, and that businesses that fully comply with the demands of the Office québécois de la langue française be awarded a publicly visible certificate of good conduct.
In a statement Wednesday morning, PQ language and immigration critic Pascal Bérubé said the proposals are part of an effort to promote the use of French and assist the integration of immigrants.

Source: PQ proposes ‘citizenship’ ceremony for immigrants to Quebec

Barutciski: Quebec’s caution about immigration is a lesson for all of Canada

I wouldn’t necessarily characterize as this driven by ideology as much as misplaced emphasis on demographics and overall GDP growth, along with siloed approaches that ignore the impacts of high levels of permanent and temporary immigration across all levels of government. And if driven by ideology, it is more by economic ideology than anything else.

But the demographic impact on lower levels in Quebec compared to the rest of Canada is significant, as it is with respect to Indigenous peoples:

Plans to boost immigration levels in Canada are raising questions. The recent suggestion that Canada will become a country of 100 million inhabitants created controversy particularly in Quebec. Large increases in permanent and temporary residents at a time when there is a housing shortage suggests federal policy is increasingly influenced by ideology, in contrast to past pragmatic approaches.

Although temporary permits increased under the Harper government, they exploded under the Trudeau government. Quebec’s new French language commissioner recently pointed out the impact of large numbers of foreign students in Montreal, a city worried that the use of French is being replaced by a generic North American culture and its English language. As a key actor in the historic compromise that established the federation, Quebec’s concerns should be taken seriously by any Canadian committed to successful immigration outcomes.

Although Prime Minister Justin Trudeau has stated that the 100 million is not governmental policy, it is impossible to ignore the context. Immigration is simply a more sensitive issue outside the English-speaking world. European countries such as Germany and France are open to immigration, but they handle language and culture prudently because of their stronger sense of identity. For example, nobody in Hamburg would accept basic demographic shifts that result in the local population being born largely outside of Germany, let alone brag about this development as a symbol of openness to diversity. While inclusive Torontonians have been doing this for years, it is clear that Quebec’s sensibilities are closer to continental Europe’s than to the rest of Canada.

The modern version of the ambitious 100-million project has been debated for more than a decade. It was notably proposed as a geopolitical project that focused on the multi-faceted benefits of a larger demographic base. The idea was then appropriated by the Toronto-based advocacy group known as the Century Initiative. This influential group focused on economic liberalization and transformed the goal into a more one-dimensional project responding to issues such as labour supply.

Yet two important constituencies were absent from the early stages of the Century Initiative’s deliberations: Quebec and Indigenous peoples. Their concerns about demographic submersion were ignored. This was the “diversity is our strength” approach within a Toronto-centric worldview that emphasized certain economic benefits while excluding other perspectives.

Congruence with the agenda of progressive ideologues was just a matter of time. As soon as Trudeau came to power in late 2015, some cabinet members pushed for a massive increase in immigration. In the burgeoning atmosphere of identity politics, anyone opposed to increased immigration could be accused of racism. Trudeau’s first minister of immigration, John McCallum, proved to be a moderate voice to the extent that the increases in overall immigrant numbers under his watch were a fraction of what was advocated by some other cabinet ministers. He even expressed reservations, acknowledging the risk that newcomers would converge on the country’s largest urban centres, thereby creating the impression of saturation which could in turn undermine public support for future increases.

Yet Trudeau’s ideological instincts tend to align more with establishment thinking in Toronto than in Quebec City. A clash with Quebec was inevitable given that it has more difficulty attracting immigrants who can integrate within its distinct francophone society. While steady increases may be possible, as recently suggested by Premier François Legault, demographic submersion is a real threat if the rest of Canada enjoys population growth that largely outpaces other G7 members.

The underlying tension results from English-speaking Canada’s overconfident multicultural policy, which allows the short-term welcoming of massive numbers of immigrants while dismissing potentially destabilizing effects of long-term demographic shifts. Just as for Quebec, this may prove to be an existential issue for Indigenous people who risk carrying even less weight in overall population numbers and accompanying political representation.

Any national party genuinely committed to unity should consider these challenges if the vast country is to remain pro-immigration. With regard to Quebec’s hesitations, it would help national cohesion to understand the challenges faced by francophone jurisdictions that are competing with the Anglosphere for immigrants from around the world. Condescension in relation to the specific integration difficulties experienced by Quebec is misplaced.

After all, no country has ever transformed its demographic base in such a way that the numerically dominant ethnic group voluntarily cedes its leading position to migrants invited from culturally diverse places. Canadians could be reassured that the transformation is not driven by ideology if the unique nature of this societal experiment were to be acknowledged and openly debated.

Michael Barutciski is coordinator of Canadian Studies at Toronto’s Glendon College, York University. He spent the spring in both Quebec and Germany comparing migration policies.

Source: Barutciski: Quebec’s caution about immigration is a lesson for all of …

Globe editorial: Quebec’s self-inflicted immigration woes

One could also write a comparable editorial about Canada’s self-inflicted immigration woes (backlogs, ATIP, diminishing productivity, adverse impact on housing, healthcare and infrastructure).

And while Quebec “needs to keep pace with the rest of the country” to maintain its demographic in the federation, that avoids the more fundamental question of whether Canadian high permanent and temporary immigration levels are appropriate:

Talking about immigration in English Canada can be fraught at times, but it’s nothing like discussing the subject in Quebec, where it is fraught all the time.

Source: Quebec’s self-inflicted immigration woes

Ottawa n’aurait aucune idée du nombre de sans-papiers au Canada

Longstanding issue. USA manages to count visa overstays (the majority of cases) and unclear why Canada has been such a laggard. As a result, advocates are free to throw around large numbers without substantiation:

Ottawa naviguerait sans boussole dans sa volonté de régulariser massivement le statut des sans-papiers sur son territoire.

La lettre de mandat remise au ministre fédéral de l’Immigration, Sean Fraser, par le premier ministre Justin Trudeau, au moment de sa nomination en décembre 2021, lui enjoint de « poursuivre l’exploration de moyens de régulariser le statut des travailleurs sans papiers qui contribuent aux communautés canadiennes ».

Selon Radio-Canada, le gouvernement fédéral souhaiterait amorcer une démarche de régularisation massive dès cet été, mais au Québec, une telle décision doit recevoir l’aval du gouvernement Legault, qui a le dernier mot sur l’accueil de nouveaux arrivants en vertu de ses pouvoirs en immigration.

Or, si la ministre québécoise de l’Immigration, Christine Fréchette, répète qu’elle est ouverte à aller de l’avant, elle continue de réclamer des chiffres qui, semble-t-il, n’existent pas.

« C’est une des choses pour lesquelles on attend des informations. Les seuls chiffres qu’on nous a donnés au fédéral, c’est que ça concernerait entre 20 000 et 500 000 personnes [à l’échelle canadienne]. Alors entre ça et ne pas avoir d’estimé, c’est la même chose », a-t-elle laissé tomber en mêlée de presse à l’issue d’une annonce en francisation à Montréal, mardi.

Les voies de communication sont tout de même ouvertes. « Il y a eu des premiers contacts, des premiers échanges », a-t-elle précisé.

Mme Fréchette reconnaît qu’il n’est guère simple d’avoir des données précises dans le cas des sans-papiers.

« On parle de gens pour qui on n’a pas une connaissance fine de la réalité parce que ce sont des gens qui oeuvrent d’une manière un peu souterraine, mais on attend quand même d’avoir un estimé plus précis en ce qui a trait au Québec. »

En d’autres termes, le gouvernement fédéral n’a pas plus de précisions à offrir à l’échelle provinciale qu’il n’en a à l’échelle pancanadienne et, en l’absence d’un ordre de grandeur, la décision de Québec devient difficile à prendre.

Un actif pour la société

Il n’y a cependant pas de réticence à accueillir ces éventuels nouveaux citoyens, particulièrement dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre, s’empresse de préciser la ministre Fréchette.

« Ces gens-là sont déjà ici, ils sont actifs dans une variété de secteurs économiques, donc ça va faire partie des réflexions de savoir un peu plus qui ils sont, de qui il s’agit », mais pour ça, répète-t-elle, il faut savoir « combien sont au Québec ».

La plupart des personnes désignées comme étant des sans-papiers sont des personnes entrées légalement au Canada, mais qui ont perdu leur statut, soit par l’expiration d’un permis de travail ou d’un visa. Cette catégorie comprend également les demandeurs de statut de réfugié qui ont essuyé un refus, mais qui se trouvent toujours au Canada pour diverses raisons. Dans tous les cas, ce sont des personnes qui n’ont pas l’autorisation de résider ou de travailler au Canada, ce qui exclut les travailleurs temporaires et les demandeurs d’asile dont le dossier est toujours à l’étude.

Source: Ottawa n’aurait aucune idée du nombre de sans-papiers au Canada

Le ministère de l’Immigration «s’entête» à ne pas reconnaître les évaluations de français québécoises

Accepted for Canadian citizenship but not for Quebec permanent residency. Understandable complaint:

Des épreuves standardisées s’apprêtent à être instaurées dans les cours de francisation, a appris Le Devoir, mais les immigrants continueront à devoir passer des tests entièrement conçus en France pour leur dossier d’immigration. Parallèlement, un immigrant peut utiliser ses cours de francisation du Québec pour devenir citoyen canadien, mais pas pour demander la résidence permanente dans la province.

Plusieurs personnes du milieu de l’enseignement et de la francisation ne décolèrent pas devant ces nouveaux paradoxes. Elles réitèrent leurs appels à créer un test québécois qui puisse servir à prouver le niveau de français nécessaire pour immigrer ou à recommencer à reconnaître les cours de francisation. Un tel projet a déjà été défendu à l’intérieur même du ministère, a-t-on aussi appris.

« Pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups ? On pourrait faire l’arrimage entre les examens certifiés en francisation et ce que le ministère admet comme preuve de compétence en français », suggère par exemple Tania Longpré, enseignante elle-même, qui termine un doctorat en didactique des langues secondes.

Les immigrants en francisation doivent déjà passer des évaluations à la fin de chaque niveau de cours. La nouveauté est que ces examens deviendront des « épreuves ministérielles », nous a confirmé le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI).

« Désormais, nous devrons tous donner le même examen dans les centres de service scolaire » à travers le Québec, illustre une enseignante en francisation qui a demandé l’anonymat par peur de représailles. Elle précise que les enseignants se font fréquemment rappeler leur « devoir de réserve », d’où la demande récurrente que leur nom ne soit pas révélé.

Le MIFI ne montre cependant pas l’intention d’utiliser ces épreuves à plus large échelle en les acceptant comme preuve de compétence dans les demandes de résidence permanente par exemple.

Depuis 2020, il ne reconnaît plus non plus les attestations qui émanent des cours de francisation. Ce ministère a pourtant dépensé plus de 168 millions de dollars dans les services de francisation durant le dernier exercice financier.

Les immigrants qui n’ont pas fait d’études secondaires ou postsecondaires en français ou qui ne sont pas membres d’un ordre doivent donc passer l’un des tests admissibles pour demander la résidence permanente. Ces tests sont tous conçus entièrement en France, corrigés en partie là-bas et critiqués de toutes parts depuis plusieurs années.

L’ironie est aussi que le gouvernement fédéral reconnaît de son côté la francisation comme une preuve suffisante pour obtenir la citoyenneté, une étape qui vient après la résidence permanente pour les nouveaux arrivants.

Le MIFI indique seulement que des « réflexions sont en cours » pour ajouter de nouveaux moyens pour démontrer les compétences en français. La ministre de l’Immigration Christine Fréchette affirme quant à elle que le travail d’adaptation des tests doit se poursuivre.

L’une des deux instances françaises responsables des tests, la Chambre de commerce et d’industrie de Paris Île-de-France, affirme avoir déjà « une demande forte de la part du ministère […] d’inclure davantage de référents culturels québécois ». Elle avance que l’accent québécois « est présent à 35 % environ dans l’épreuve de compréhension orale », ce qui est contraire à ce que nous avons constaté.

Un chantier pas si facile

Le ministère de l’Éducation avait déjà entrepris des « travaux qui précédaient l’arrivée de Francisation Québec », nous précise-t-on dans un courriel conjoint des deux ministères. Nos sources indiquent que l’instauration des examens standardisés serait déjà en marche pour les niveaux 4 à 7, une information que les ministères n’ont pas confirmée.

« Tout est sous embargo, comme si c’était un secret d’État, alors que c’est une question de cohérence », souligne Mme Longpré.

L’idée de créer un test québécois pour l’immigration ne date pas d’hier. Elle était déjà promue à l’intérieur du MIFI après l’instauration des tests linguistiques faits en France en 2010, a confié au Devoir un ancien haut fonctionnaire. Il a demandé que son identité ne soit pas révélée, car son obligation de « discrétion » est encore applicable, même s’il a cessé d’occuper ses fonctions.

Le coût de ce test a même déjà été évalué à l’interne à environ un million de dollars pour la création et au même montant annuellement pour l’administrer. « On ne nous a jamais autorisés à le créer, même si la discussion revient éternellement », note cette personne. Il suggère que le MIFI pourrait ajouter un test, sans nécessairement remplacer les tests de France, et ainsi offrir ce choix « pour donner la chance de réussir le parcours migratoire ».

Les tests linguistiques ont été instaurés à la suite d’un rapport du vérificateur général du Québec de 2010 sur la sélection des immigrants. On y jugeait que les points attribués au français étaient « laissés au jugement » des agents d’immigration, et qu’il manquait d’information dans le dossier pour justifier le nombre de points alloués.

Une grande proportion d’immigrants passait au départ le test « partout à l’international », après avoir appris le français ailleurs qu’au Québec, note Christophe Chénier, professeur en évaluation du français langue seconde à l’Université de Montréal. Or, les immigrants sont de plus en plus nombreux à séjourner d’abord en tant que temporaires au Québec, et donc à apprendre la langue avec nos spécificités.

La question financière est incontournable selon lui. L’élaboration d’un tel test requiert plusieurs années, une équipe d’une dizaine de personnes et des mises à l’essai auprès de milliers de personnes. Il faut en outre compter le développement de structures informatiques, de points de service, de formation des évaluateurs, de mises à jour du contenu et autres.

« La question fondamentale est que peu importe l’outil utilisé, il doit idéalement respecter des normes de qualité très élevées, à la hauteur des enjeux pour lesquels on l’utilise, car la décision d’immigrer est l’une des rares grandes décisions que l’on prend dans une vie. »

New Quebec Investor Immigration Program Details Met With Hesitation

Written from an immigration legal perspective and the comparison with other jurisdictions is of interest.

This is simply buying residency and later citizenship without any material contribution to the economy given the small amounts and passive investment approach and essentially is an implicit subsidy to investment dealers and trust companies. The amounts are ridiculously low in any case.

We know from the previous Quebec program that many who entered the program eventually left Quebec, often to British Columbia. We will see if the French language commitments during the first two years are tracked and enforced.

The upcoming relaunch of the Quebec Immigrant Investor Program (QIIP), known for its popularity as Canada’s leading business immigration program for the past two decades, is likely to raise some doubts among some foreign investors and others who are familiar with investor immigrant programs. Regulations for the program were just released. The revised program aims to attract investors by offering a passive investment immigration pathway without the requirement of establishing a business in Canada and actively managing it.

One notable change is the exclusive participation of regulated investment dealers and trust companies as financial intermediaries. This ensures investor confidence and provides a mechanism for agents to receive compensation. Additionally, the Quebec Government guarantees the investment, enabling financial intermediaries to arrange financing for applicants, further enhancing the appeal of the program.

The revised QIIP introduces several new requirements for the principal applicant. To be eligible, they must demonstrate a legally accumulated net worth of at least $ 1.5 million USD (C$ 2 million). Furthermore, the applicant must possess a high school (secondary) diploma and a minimum of two years of management experience within the five years preceding the application.

Once approved, the principal applicant will be required to make specific financial contributions. These include a $750,000 USD ($1 million CAD) five-year investment through an authorized financial intermediary, guaranteed by the Quebec Government. It is worth noting that financing options are available for this investment. In addition, a non-refundable contribution of $ 150,000 US ($200,000 CAD) to the Government of Quebec will be required.

Upon approval and completion of the financial contributions, the principal applicant and their family will be granted a temporary stay in Canada for three years. This temporary status allows the family members to work and study in Quebec, facilitating their integration into the local community. However, within the first two years of arriving in Quebec, the principal applicant must fulfill additional requirements. They must achieve a Level 7 out of 12 on the Echelle québécoise des niveaux de compétence en français, demonstrating their French language proficiency. Moreover, the applicant or their spouse must spend at least six months in Quebec, with an additional six months of residence required for either the applicant or the spouse.

Following the fulfillment of these requirements, the principal applicant and their dependents will receive Selection Certificates (CSQ), allowing them to apply for permanent residence from within Canada.

To summarize, the QIIP envisions an investment of roughly $ 750,000 U.S. refunded in five years interest-free. Details about financing such investments are not yet known but the speculation has been it will be about $375,000 U.S. as a one-time non-refundable payment consisting of the $ 150,000 US. to Quebec and the remainder being the cost of a loan to pay for the program. A big question related to the program will be the processing time for approval. Under the old program, it ran as long as five years although French speakers got through in about two years counting the provincial and federal processing that was required. The key impediments of the program for many investors are the French language requirement and the six months physical presence and one-year residence element to achieve unconditional permanent residence.

Comparison Programs:

Canadian Start-Up Visa Program

In contrast to the QIIP, the federal Canadian Start-Up Visa Program provides an alternative pathway to Canadian permanent residence. To be eligible, applicants must have a qualifying business and obtain a letter of support from a designated organization. They must also meet the language requirements, demonstrate proficiency in English or French, and have sufficient settlement funds. The program focuses on innovative businesses, allowing applicants to actively manage their ventures within Canada. Under that program investors normally pay somewhere between say $ 100,000 to $ 125,000 USD to make the necessary arrangements to be approved for permanent residence through a Canadian sponsoring organization that certifies the bona fides of the investor’s business plan. A key difference is that the Start-Up program requires the active involvement of the investor with an innovative new idea whereas the Quebec program is a passive program. However, judging by current processing times, the processing times for the Start-Up program and the Quebec program will likely be similar.

New Brunswick Program

Under the New Brunswick Provincial Nominee Program for investors you must be ready to invest under $95,000 USD (C$ 125,000) in a business for a period of not less than one year and the business has to have been established within two years of landing. To guarantee the investment is made a deposit of $ 57,000 USD (C$ 75,000) must be made with the provincial government which will be returned if the above conditions have been met. What is more, the investor must have a net worth of at least $ 225,000 USD (C$ 300,000).

Applicants are vetted by a point system used to assess them and must score 50 points to succeed. They must be between 22 and 55 years of age have sufficient English and or French language ability to actively manage a business in New Brunswick have, at a minimum, been awarded a high school diploma, and be willing to live and operate a business in New Brunswick. Applicants also must have management experience in three of the last five years. Applications must include a business plan that must be approved by an official of the Government of New Brunswick certifying the applicant has sufficient familiarity with the business climate in the province. Processing times will also be likely to be similar to the Quebec program.

The U.S. EB-5 Investor Immigration Program

The United States offers foreign investors its EB-5 investor immigration program which was created by the U.S. Congress in 1990 to attract investments and create jobs for American workers. In its most popular format, the EB-5 program enables foreign investors who invest $800,000 USD in a U.S. Citizenship and Immigration approved regional center commercial project for approximately five years to get a green card. The program is a relatively passive way for investors to gain permanent residence for themselves and their families and has an attractive concurrent filing feature that enables many investors to gain work and travel status inside the U.S. while awaiting the adjudication of their internally filed adjustment of status applications. In most instances, full processing to green card status is taking about four years, although Indian, Chinese, and Vietnamese applicants, are taking many years longer.

Conclusion

Ultimately, the choice of an investor immigration program depends on individual circumstances, including language proficiency, investment preferences, and long-term goals. However, the QIIP’s changes, particularly the French language requirement and temporary residency period, may deter some potential investors. As investors weigh their options, they will need to consider the various specific program requirements and their suitability for individual aspirations and objectives.

Source: New Quebec Investor Immigration Program Details Met With Hesitation

Chris Selley: There’s a treatment for Quebec’s  linguistic paranoia, but Ottawa is thwarting it

Of note (and given the recent StatsCan report, Unemployment and job vacancies by education, 2016 to 2022, highlighting the disconnect between immigration policy, which favours university-educated immigrants, and immigrant employment, which favours lower-skilled immigrants, not as effective as presented):

Considering every federal party essentially believes in giving Quebec whatever it wants, and considering the Quebec government’s concern over the French language surviving under the federal Liberals’ increased immigration targets, a recent report from the Institut du Québec (IDQ) paints a frustrating picture of a longstanding grievance between the provincial and federal capitals.

The Coalition Avenir Québec government wants more foreign students, especially francophones — it’s spending millions on various overseas-recruitment programs, and encouraging foreign graduates to stay in the province — but the federal immigration department is in many cases unwilling to grant them visas. “Nearly half of foreign students accepted by a Quebec university and (who satisfy) Quebec’s conditions are still refused a student visa by Immigration, Refugees and Citizenship Canada (IRCC),” IDQ director-general Emna Braham and chief economist Daye Diallo report.

The refusal rate for applications from African nations — a major source of francophone students — is a whopping 72 per cent, compared to a 19-per-cent refusal rate for Asians and 11 per cent for Europeans. For no good apparent reason, the refusal rate is lower across the board for Ontario-bound foreign students — fully 20 points lower than Quebec’s for African applicants.

IRCC explained to the IDQ its reasoning: It’s afraid the foreigners won’t leave after they graduate.

But … Quebec doesn’t want them to leave, and the rest of Canada shouldn’t want that either. A prosperous, confident and confidently francophone Quebec is something we all want, and given the province’s lacklustre birthrate and unique skepticism of bilingualism, francophone immigration might be the only way that’s likely to happen.

“There is a real need to clarify the objectives and to put in place procedures that will ensure that the right hand talks to the left hand,” the IDQ’s Braham told The Canadian Press. Too right: The CAQ government and the IRCC are essentially playing different sports on the same pitch. A ministerial directive to the IRCC bureaucracy could be as simple as, “for heaven’s sake stop rejecting so many Africans.”

Alas, the IRCC bureaucracy is not well known for taking orders. It’s not well known for much except saying “no” to people in the most Kafkaesque ways imaginable. And it should come as no surprise that African applicants to Quebec — and therefore francophone applicants — are taking it on the chin. IRCC is internationally notorious for denying visas to tenured professors from African nations wishing to attend conferences in Canada. Why would it be any less suspicious of their students?

Still, it’s exasperating to see Ottawa block an avenue toward real progress in Quebec — a route out of the anti-religious and linguistic paranoias that have come to dominate nationalist politics over the past 15 years. Those paranoias have combined to create a sort of demographic gridlock: The CAQ government wants all future immigrants to speak French before they arrive, for example, but there are only so many francophones who want to emigrate to Quebec, and many of them are very religious. Many, though certainly not all, are Muslims. Few will want to jettison their faith and culture en route to Canada like an oversized bottle of shampoo.

That will always rankle the miserable arch-paranoiacs who currently drive this agenda — the ultra-nationalist voices who dominate Quebec City talk radio and the Quebecor newspapers’ comment pages. “They want immigrants and their children to think and dream in French. And even that isn’t enough,” Quebec journalist Christopher Curtis tweeted very eloquently this week. “They want them to make a show of loyalty, to remove their hijabs and turbans, to hate Trudeau like they do, to feel antipathy towards Ottawa the way they do.”

Sidelining those paranoiacs is a generational project that, polls suggest, Quebec’s younger generations will embrace. (It’s certainly not just immigrants that annoy the nationalist miserabilists. They also can’t stand the way most young white Quebecers speak French, or the way they vote, and to the great extent the youth aspire to bilingualism, the way they dream.) Accepting more young francophone immigrants — as many as possible — can only help.

It’s already happening, despite IRCC. “A growing number of foreign students settle in Quebec once they have obtained their degree,” Braham and Diallo note. “The number of post-graduation work permit holders tripled between 2015 and 2022. … The number of new permanent residents who graduated from a Canadian institution also tripled. … And these new permanent residents are integrating into the labour market better than before, the result (in part) of prior experience on Quebec soil.”

Good news. But in the meantime, other things are happening. Profoundly stupid things.

On Thursday, Montreal and other Quebec municipalities posted new rules prescribed by Bill 96, the pointless anti-Anglo crackdown law that only a couple of Quebec Liberal MPs could find the gonads to oppose.

In order legally to browse your garbage-pickup calendar or adult-swimming schedule in the language of Wolfe, you must now tacitly attest to being an “individual with whom (the municipality) communicated solely in English prior to May 13, 2021”; or a person “declared eligible” by the Ministry of Education to attend public school in English — excluding “children of foreign nationals living temporarily in Quebec,” naturally; or an Indigenous person; or an immigrant, but only one having arrived within the previous six months.

You know what won’t help Quebec move on from this unfortunate paranoid period? That laughingstock idiocy. Nowhere else in the world is like this. Quebec needn’t be like this. If Ottawa won’t push back, it could at least force IRCC out of the bloody way.

Source: https://apple.news/Aopv1ZeK0SmqU09IXj1BkJQ

Meggs: Au-delà de l’Initiative du siècle

Good commentary on how the steep rise in temporary residents, particularly students, has effectively resulted in Canada and Quebec no longer managing levels and pace of immigration, with a sharper disconnect between Quebec, given relatively lower permanent residency levels, than in the rest of Canada:

On a tendance à interpréter la hausse comme étant une politique délibérée et idéologique, mais il y a aussi le concours de circonstances qui a fait en sorte que les propositions de l’Initiative du siècle, alignées certes avec le discours d’ouverture et de diversité du Parti libéral du Canada, sont tombées à un moment où Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) commençait à perdre le contrôle sur l’immigration canadienne. 

C’était inévitable. Le Canada ne pouvait augmenter sans limites son immigration temporaire, invitant en particulier les étudiantes et étudiants étrangers à venir et à rester, sans augmenter ses seuils d’immigration permanente.

Politiquement, il ne peut renvoyer les personnes diplômées au pays et ayant contribué à l’économie canadienne pendant plusieurs années. D’où les programmes spéciaux récents et annoncés de régularisation des personnes à statut temporaire, ainsi que des personnes non documentées, un autre phénomène qui augmente avec l’immigration temporaire. 

Le gouvernement de la CAQ affectionne plutôt le Programme de travailleurs étrangers temporaires (PTET)⁠1. Au Canada, au 31 décembre 2022, les titulaires de permis de ce programme représentaient 7,5 % de l’ensemble des titulaires de permis des trois programmes d’immigration temporaire. Au Québec, ils en constituaient 17,5 %. Comme le Canada, le Québec augmente le nombre de travailleurs temporaires, mais, contrairement au Canada, le Québec refuse d’augmenter ses seuils d’immigration permanente. 

Des résultats chaotiques

Ultimement, les résultats sont chaotiques et marqués par l’improvisation : 

– les délais de traitement des demandes de certificat de sélection du Québec (CSQ) s’étirent pour l’ensemble des catégories permanentes – économique, familiale et humanitaire. Ce document est délivré par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) et est préalable à la résidence permanente au Québec ; 

– le Québec ralentit sa sélection pour ne pas dépasser les seuils permanents planifiés ; 

– IRCC ralentit aussi la délivrance des visas de résidence permanente pour les détenteurs du CSQ pour ne pas dépasser les seuils établis par le Québec ; 

– de plus en plus de personnes immigrantes francophones⁠2 – temporaires au Québec et permanentes de l’étranger – décident de faire leur demande de résidence permanente dans une autre province. (Un cadeau au fédéral qui veut augmenter l’immigration francophone hors Québec.)

Jetant la responsabilité des délais de traitement des demandes de résidence permanente sur IRCC et la pandémie, Jean Boulet, ancien ministre du MIFI, a négocié avec le fédéral un permis de travail temporaire ouvert dans le cadre du Programme de mobilité internationale. On l’appelle le PMI+. Ce permis, aussi délivré par le fédéral, est offert aux personnes avec un CSQ en attente de leur résidence permanente. Il permet à celles déjà au Québec de continuer à travailler ici et à celles à l’étranger de venir s’établir en sol québécois. 

Mais si le Québec refuse d’augmenter ses seuils d’immigration permanente, ses gens vont demeurer avec un statut temporaire très longtemps.

Le prochain phénomène qu’on risque de voir sera celui des personnes francophones sélectionnées par le Québec et travaillant au Québec avec un permis PMI+ qui décident de déménager et de faire une nouvelle demande de résidence permanente dans une autre province parce qu’elles se lassent de l’attente et qu’elles veulent pouvoir planifier leurs vies. 

Le gouvernement a beau promettre de sélectionner 100 % d’immigration francophone, les délais pour obtenir la résidence permanente font perdre au Québec des personnes immigrantes francophones au profit d’autres provinces ou territoires. Où est la logique ? Si ces personnes souhaitent s’établir au Québec, elles peuvent y venir à la suite de leur admission au Canada, car il n’y a pas d’obstacles à la mobilité des résidents permanents. Mais cela a pour effet de laisser au fédéral et aux autres provinces la sélection. 

Les consultations organisées par le MIFI qui auront lieu dans les prochains mois établiront les paramètres de l’immigration au Québec pour au moins trois ans sans pour autant fournir une vision d’avenir. Ce n’est pas de la planification, mais plutôt de la gestion réactive dont les résultats continueront d’être chaotiques. Il ne suffit pas de dire où l’on ne veut pas aller en dénonçant l’Initiative du siècle. Il s’agit de répondre à une autre question : où va-t-on, et surtout, où veut-on aller ? 

Il est crucial que le gouvernement soit entièrement transparent sur l’ensemble des enjeux, tant envers la population d’accueil sur la façon dont il propose de gérer le nombre et le rythme des arrivées qu’envers les personnes qui arrivent sur les dures réalités de leur statut. La question de l’immigration temporaire sans limites présente trop d’enjeux négatifs pour être exclue du débat. L’objectif est un retour à un système d’immigration permanent fonctionnel. 

Source: Au-delà de l’Initiative du siècle