Les cours de francisation gagnent en popularité

May be some lessons for settlement services elsewhere in Canada in terms of which supports may be more effective:

La hausse de l’allocation hebdomadaire remise aux immigrants pour leur apprentissage de la langue a fait bondir la popularité des cours de francisation de 10 % au cours de la dernière année. C’est ce que constate le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration dans son rapport annuel déposé mardi à l’Assemblée nationale.

Près de 31 000 personnes se sont inscrites au cours de français en 2018-2019 comparativement à un peu plus de 28 000 en 2017-2018, la plupart à temps complet. La hausse est plus marquée chez les femmes. Elles étaient près de 8500 à avoir suivi ces cours en 2018-2019, contre près de 7000 en 2017-2018. Une augmentation presque deux fois plus importante que celle des hommes.

L’allocation hebdomadaire remise aux immigrants inscrits aux cours avait été haussée de 25 $ par les libéraux et ainsi fixée à 140 $ en août 2017. Le nouveau gouvernement caquiste a fait de la francisation des immigrants l’une de ses priorités. Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a augmenté cette allocation à nouveau le 1er juillet 2019, à 185 $ par semaine. Il a également ajouté une allocation de transport et de frais de garde, en plus de donner accès à ces cours offerts par l’État à tous les immigrants vivant au Québec, y compris les travailleurs temporaires et les étudiants étrangers. Anticipant une plus forte demande, le ministre Jolin-Barrette avait également annoncé l’ajout de 300 nouvelles classes. Le coût de ces nouvelles mesures s’élève à 70,3 millions.

Si les inscriptions aux cours de francisation à temps plein offerts en territoire québécois ont augmenté, celles aux cours offerts en ligne ratent leur cible. Seulement 30 % des immigrants les ont suivis depuis l’étranger, alors que le ministère visait un objectif de 70 %. La baisse de participation à ces cours sur Internet est attribuable à la diminution du nombre de certificats de sélection du Québec délivrés aux personnes à l’étranger, selon le rapport annuel.

Source: Les cours de francisation gagnent en popularité

Francisation «obligatoire» des immigrants: Legault souffle le chaud et le froid

More ambiguity than in the case of Malala not being able to teach in Quebec:

Les immigrants qui débarquent au Québec seront-ils bientôt forcés d’apprendre le français ? Les paris sont ouverts.

Posée au premier ministre François Legault lundi, cette question demeure sans réponse claire.

En mêlée de presse, M. Legault a soufflé le chaud et le froid, paraissant dire une chose et son contraire.

Chose certaine, forcés ou non, les nouveaux arrivants auront intérêt à maîtriser le français s’ils veulent obtenir leurs papiers pour demeurer au Québec.

Le premier ministre réagissait lundi à une entrevue de La Presse canadienne, diffusée la veille, avec la députée caquiste Claire Samson, qui rappelait que le programme de la CAQ prévoyait la francisation « obligatoire » des immigrants ne maîtrisant pas le français à leur arrivée au Québec.

Elle disait que le gouvernement devrait aller en ce sens, pour s’assurer que le Québec de demain demeure un État où la langue française domine.

Or, le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a annoncé vendredi des mesures visant à étendre l’accès aux cours de francisation, mais sur une base volontaire.

Lundi, le premier ministre a convenu que le caractère obligatoire des cours de francisation pour les immigrants figurait parmi les engagements de son parti, mais qu’il voulait procéder « graduellement ». Il semble donc vouloir procéder par étapes.

« Cela fait partie de nos propositions », a reconnu M. Legault, rappelant qu’il avait un mandat de quatre ans et qu’il comptait « y aller graduellement ».

Une « priorité nationale »

En 2016, dans un rapport visant à définir la position de son parti sur cette question, la députée Claire Samson avait préconisé la francisation obligatoire des immigrants.

Lundi, le premier ministre a réitéré qu’il était « d’accord avec ce rapport-là ».

Il a ajouté que, de toute façon, les immigrants seront forcés de passer un test de français et un test de valeurs pour obtenir le certificat de résident permanent au pays.

Et il a ajouté que la réussite de ces tests sera elle aussi « obligatoire » pour rester au Québec.

Pour l’instant, « ce qu’on s’engage à faire, c’est de rendre les cours de français obligatoires… pas obligatoires, à rendre les cours de français disponibles », a dit le premier ministre.

« Les cours vont être disponibles, les tests de français vont être obligatoires. Je vois pas pourquoi les nouveaux arrivants ne suivraient pas les cours de français », a-t-il ajouté.

Avant d’aller de l’avant, le Québec devra cependant négocier avec le gouvernement fédéral les conditions qu’il souhaite imposer aux nouveaux arrivants pour obtenir le statut de résident permanent, une compétence fédérale.

M. Legault s’est engagé lundi à « convaincre le gouvernement fédéral » de lui accorder les pouvoirs réclamés, qui figurent dans la nouvelle loi 9 adoptée en juin.

Dans son rapport de 2016, assorti de nombreuses recommandations, Mme Samson proposait notamment qu’un gouvernement de la CAQ fasse de la francisation des immigrants une « véritable priorité nationale ».

D’où l’importance d’obliger les immigrants à suivre des cours de français, grâce à une formation d’une durée variant de 30 à 72 semaines, à temps complet.

Cette formation, rémunérée, serait nécessaire pour obtenir un certificat de sélection du Québec.

Tous les nouveaux arrivants ne maîtrisant pas le français devraient s’y soumettre, qu’ils soient immigrants économiques, réfugiés ou faisant partie d’un regroupement familial.

Ce programme devrait également être suivi le plus tôt possible suivant l’arrivée au Québec.

On prévoyait inclure un volet d’initiation aux réalités du Québec, sa culture, ses institutions sociales et politiques, ses valeurs, etc.

Un soutien financier devait être prévu pour les parents de jeunes enfants, en vue d’assumer les frais de garde.

Mme Samson proposait également dans son rapport de créer un guichet unique pour la francisation des immigrants adultes.

Tous les programmes de francisation — actuellement éparpillés entre le ministère de l’Éducation et celui de l’Immigration — seraient rapatriés à l’intérieur d’un nouveau ministère : le ministère de l’Immigration et de la Francisation.

Source: Francisation «obligatoire» des immigrants: Legault souffle le chaud et le froid

Québec élargit l’accès à la francisation pour les immigrants

Noteworthy in the background of Bill 21 discrimination and the reduction in immigration levels:

Davantage d’immigrants auront accès à la francisation et ils seront mieux compensés pour se présenter en classe, a annoncé cet avant-midi le ministre de l’Immigration.

Cet élargissement du programme est permis par un investissement supplémentaire de 70 millions décidé par le gouvernement.

« Au Québec, les personnes immigrantes doivent évoluer en français, a dit le ministre Simon Jolin-Barrette en conférence de presse au centre-ville de Montréal. C’est pourquoi nous devons mettre en place le meilleur système possible pour favoriser la francisation. »

Parmi les mesures annoncées :

• L’allocation pour les étudiants en francisation à temps plein passera à 185 $ par semaine (contre 141 $ actuellement)

• Les étudiants en francisation à temps partiel recevront une allocation de 15 $ par jour (contre 0 $ actuellement)

• Les frais de garde de ces derniers seront remboursés à hauteur de 9 $ par jour (contre 7 $ actuellement).

• Les étudiants étrangers et les travailleurs temporaires auront aussi accès à la francisation.

Par ailleurs, tous les Québécois d’adoption auront accès à la francisation, peu importe depuis combien de temps ils sont installés dans la province. Jusqu’à maintenant, seuls les immigrants arrivés depuis moins de cinq ans y avaient droit.

« En donnant la possibilité à toutes les personnes immigrantes de se franciser, nous améliorons leurs chances de se trouver un emploi correspondant à leurs compétences et à répondre aux besoins du marché du travail », a dit le ministre Jolin-Barrette. « L’immigration est l’une des solutions à la pénurie de main-d’oeuvre. »

Accueil positif

Des organismes actifs dans le domaine de la francisation se sont dits satisfaits des annonces du ministre, cet avant-midi.

« C’étaient des revendications qu’on faisait depuis de nombreuses années, a fait valoir Pablo Altamirano, directeur de l’Alliance pour l’accueil et l’intégration des immigrations. L’allocation pour les étudiants à temps partiel va aider énormément pour l’assiduité des étudiants : les gens ne pouvaient pas toujours se déplacer à cause du coût des transports. »

Anait Aleksanin, du Centre d’appui aux communautés immigrantes, s’est aussi réjouie de l’annonce. « C’est une très bonne nouvelle. Il y a beaucoup de mesures qu’on attendait depuis longtemps », a-t-elle dit.

La Fédération des chambres de commerce du Québec a accueilli positivement l’annonce, particulièrement en ce qui a trait aux cours de francisation à temps partiel. « Les nouveaux arrivants pourront mettre leurs compétences à contribution plus rapidement, en plus de mettre en pratique leur apprentissage du français au quotidien, avec leurs collègues de travail », a déclaré le grand patron de l’organisation, Stéphane Forget, via communiqué.

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) s’est montrée plus ambivalente : elle a salué les améliorations annoncées, mais aimerait voir davantage de francisation dans les milieux de travail.

« Il faut que les travailleurs et travailleuses puissent être libérés de leurs tâches pendant les heures de travail afin de pouvoir assister à des cours de francisation tout en étant rémunérés », a indiqué la centrale syndicale dans un communiqué. « C’est un gros pari que de penser qu’après leur journée de travail, ces travailleurs […] vont être prédisposés à se déplacer pour aller suivre une formation en français. »

Source: Québec élargit l’accès à la francisation pour les immigrants

Working knowledge: Quebec expands on-the-job French lessons for newcomers

Interesting approach and focus on individual training to small business owners:

Wang Weidong’s shop in Chinatown offers the typical bounty of the Montreal dépanneur − lottery tickets, toothpaste, fireworks, an entire wall of snacks and, of course, beer and wine. One recent morning, the store also featured novel fare: French lessons.

Huit dollars,” Mr. Wang said, struggling to pronounce “eight dollars” in French.

Est-ce que je peux avoir un reçu?” said his teacher, Félix Pigeon, asking for a receipt as he stood before Mr. Wang at the counter.

Mr. Wang was a willing pupil in the expanding frontier of French-language learning in Quebec. As the province seeks to ensure newcomers can work and function in French, it’s increasing funding by $450,000 for on-the-job lessons offered at neighbourhood businesses across Montreal.

In Mr. Wang’s case, that means turning the ubiquitous Montreal dépanneur into a classroom. For two hours a week, Mr. Pigeon, a master’s student in literature, exchanges with Mr. Wang at the counter or between store shelves, doling out French phrases as easily as Mr. Wang dispenses ramen soup and chocolate bars. Customers come and go as Mr. Wang works the cash and gamely tries to grasp the intricacies of French grammar and verb conjugation.

“French is important here. I know that if I want to make my business better, I have to speak French,” said Mr. Wang, 51, who came to Montreal from Beijing two years ago with his wife and now 8-year-old son.

“But I don’t have time to go to school. I have to work.”

Mr. Wang’s views underscore a fundamental reality for many immigrants to Quebec: Learning French is essential to building their new lives, but, like Mr. Wang, they’re unlikely to find time to visit a classroom after long hours on the job.

The on-the-job courses have become a success story within Quebec’s vast undertaking known as “la francisation” – the province’s multimillion-dollar efforts to turn immigrants into French speakers.

The new Coalition Avenir Québec (CAQ) government announced funding this month to expand the workplace program in the city, which is run by the Chamber of Commerce of Metropolitan Montreal. The initiative began in 2016 with just 30 immigrant merchants; more than 500 are expected to take part this year.

The “students” include an Egyptian immigrant who owns a driving school, a Ukrainian-born waitress at a Greek restaurant, and a woman from Grenada who runs a beauty salon in Montreal’s multicultural Côte-des-Neiges neighbourhood.

“For an entrepreneur – someone operating a dépanneur or a travel agency – going to a French class means closing their business,” said Céline Huot, a vice-president at the chamber of commerce. “So we had the idea of bringing the French class to them.”

As part of the $1.5-million program, participants such as Mr. Wang sport a button saying “J’apprends le français, encouragez-moi,” (I’m learning French, encourage me). The message addresses a basic truth in Montreal: Most people are bilingual and tend to switch to English if they sense that a newcomer is struggling in French. It’s part of the daily interplay of language in a city that typically seeks common linguistic ground.

The message on Mr. Wang’s button turns his personal language effort into a shared goal with his customers.

“It becomes a question of pride for the merchants,” Ms. Huot said. “It’s not, ‘I don’t speak French well, and so I feel a certain embarrassment.’ It becomes extremely positive. The whole campaign shows a positive image of immigrants who are making efforts to integrate.”

At a time when Quebec’s “francisation” programs have come under criticism as inefficient, these free courses have brought measurable results: 80 per cent of immigrants who took part progressed at least one level of French after their three-month session.

And for university students such as Mr. Pigeon, 28, the exchanges deliver their own rewards.

“I’ve travelled a lot and everywhere I go, I’m well-received. Canadians have the reputation to be a welcoming people, so I wanted to be part of that,” Mr. Pigeon said. “I wanted to give back.”

Ensuring newcomers speak French has long been a cornerstone of immigration policy in Quebec, where language is seen as central to the province’s identity and survival. The theme has been heavily promoted by the CAQ government of Premier François Legault, which argues that its 20-per-cent cut to immigration this year is necessary to better integrate immigrants and teach them French. The party has even raised the prospect of expelling immigrants after three years if they failed a French and values test.

Yet despite the “rhetoric” of immigrants posing a threat to the French majority, newcomers in fact overwhelmingly want to learn the language, and 95 per cent of all Quebeckers have a knowledge of French, says Richard Bourhis, professor emeritus of psychology at the University of Quebec at Montreal who has studied immigrant integration.

Immigrants might not have time to study French while they’re struggling to pay the rent and put food on the table, he said, but the will is there. “They all want to give themselves as many tools as possible to make their immigration project successful,” Prof. Bourhis said. “If you’re just patient with them, either the first or second generation do learn French. They want to.”

That is certainly the case for Mr. Wang. When a francophone customer comes in asking for fortune cookies, Mr. Wang struggles to understand what she’s saying. Mr. Pigeon coaches him, then Mr. Wang rushes over to a shelf full of cookie bags.

Mr. Wang says he now wants to become proficient enough to go beyond what he calls “dépanneur French,” and has his sights set on a bigger goal: His son’s hockey games.

“When the kids play their games, we have to shout,” Mr. Wang says of his son’s matches with the Jeunes Sportifs d’Hochelaga in Montreal. “I can’t figure out what to say.”

He may not find the answer among the lychee jelly snacks and cans of pop in his dépanneur. But he feels the goal is within reach.

Source: Montreal program

Quebec: Ministère de l’Immigration: la VG dénonce de graves lacunes de gestion

Some of these issues not unique to Quebec:

Le Québec a accueilli plus de 500 Syriens l’an dernier, et près de 8000 demandeurs d’asile ont frappé à la porte à la frontière depuis six mois. Au même moment, le ministère de l’Immigration présente de graves lacunes de gestion. La francisation des nouveaux arrivants et leur intégration ne sont pas soumises à des contrôles rigoureux.

Près de 8000 demandeurs d’asile ont frappé à la porte à la frontière depuis six mois.

Dur verdict de la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, qui dépose son rapport de l’automne aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Ses observations sur la vente de trois immeubles de la Société immobilière du Québec, en 2007, mobiliseront l’attention des médias. La mission est délicate pour Mme Leclerc qui, comme juricomptable, avait déjà audité le même dossier, avec un mandat de la Société québécoise des infrastructures. Au surplus, l’Unité permanente anticorruption fait déjà enquête dans ce dossier qui touche des responsables du financement du Parti libéral du Québec, William Bartlett et Franco Fava. Mais l’appréciation de la vérificatrice à l’égard des pratiques du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) nécessitera des correctifs de la part du gouvernement.

Selon les sources de La Presse, la vérificatrice mettra en lumière l’absence de reddition de comptes dans deux volets importants des activités du Ministère, soit l’intégration et la francisation. Le MIDI accorde 16 millions pour l’intégration des nouveaux arrivants, sommes qui transitent par des organismes communautaires.

La reddition de comptes est défaillante en matière d’intégration. Le Ministère négocie avec un organisme parapluie et n’a aucune idée de ce qui se passe sur le terrain.

D’autre part, le Ministère paie la note auprès des établissements d’enseignement pour la francisation des immigrés. Or, dans ces deux volets, le Ministère n’a pas de moyen d’apprécier l’efficacité de ses efforts, il ne peut évaluer la qualité des services rendus ni l’amélioration des compétences en français. Chez Emploi Québec, on relance les prestataires au téléphone trois mois après l’intervention du Ministère pour évaluer son succès. Rien de tel pour les interventions du MIDI, explique-t-on. Il y a déjà eu des visites des fonctionnaires de l’Immigration pour vérifier les activités d’intégration, mais cette pratique est disparue depuis belle lurette.

Sans contact avec leur clientèle, les fonctionnaires du MIDI atteignent des sommets de démotivation, indique-t-on en coulisse – les demandes de mutation des fonctionnaires du MIDI sont nombreuses, situation surprenante puisqu’il s’agit de l’un des rares ministères concentrés à Montréal.

Le gouvernement Couillard, à l’approche des élections, a retrouvé plus d’argent et s’apprête à infirmer deux décisions qui avaient été prises sous Kathleen Weil, à la fin de l’époque Charest. On envisage de rouvrir les bureaux régionaux, fermés en 2013 et 2014, au grand dam des syndicats de fonctionnaires. En outre, on redéploiera des effectifs à l’étranger – on parle d’une trentaine de personnes pour revamper une représentation réduite à sa plus simple expression au cours des dernières années.

via Ministère de l’Immigration: la VG dénonce de graves lacunes de gestion | Denis Lessard | Politique québécoise

Dans les coulisses de la francisation: Language and integration

Quebec debates over the francisation of immigrants and the number leaving Quebec (without asking why):

«Québec peine à franciser ses immigrants », apprenait-on il y a quelques mois. Le genre de manchettes qui donne froid dans le dos, vu l’importance de la chose pour l’avenir du Québec. Quand le français se porte mal, tout le monde se retrouve un peu amoché, car la langue est, jusqu’à nouvel ordre, notre seul projet de société. En même temps, la loi 101 n’a jamais été une baguette magique. La francisation est-elle vraiment plus difficile aujourd’hui ?

À en croire une femme qui en fait son pain et son beurre depuis sept ans, le diagnostic n’est pas du tout exagéré. « Tout a changé », dit-elle, se référant à la fois au nouveau programme du ministère (MIDI) et aux immigrants à qui elle enseigne. Cette femme — qui ne veut pas être identifiée « tellement tout est politique » — en a long à dire sur les coupes, mais aussi sur la nouvelle composition des classes. Depuis plus d’un an, 50 % des élèves sont iraniens, du jamais vu pour ce qui est d’une telle communauté.« On dépense une fortune pour des gens qui ont peu d’intérêt à apprendre le français », dit mon interlocutrice.

Les ressortissants iraniens, ainsi que chinois et indiens, sont les moins susceptibles de rester au Québec. Un sur deux quitte la province pour une autre quelques années après son arrivée. Le Québec a pourtant accueilli 6000 Iraniens en 2014, et plus de 3000 dans les neuf premiers mois de 2015, en première et deuxième position du palmarès des groupes reçus. Selon le MIDI, ce sont des immigrants qui auraient été refusés ailleurs au Canada après un changement de critères de sélection. Mais pourquoi accepterait-on des gens devenus inadmissibles au fédéral et qui sont, de plus, de moins bons candidats à la francisation ? « Les Latinos savent très bien où ils débarquent en arrivant ici, dit Mme F (pour francisation). Les Brésiliens et les Colombiens sont ceux qui semblent s’intégrer le mieux ; ils sont toujours une valeur ajoutée dans une classe. »

Les problèmes en francisation ne se limitent pas à la motivation de certains élèves. Le nouveau programme du MIDI fait aussi grincer des dents. D’abord, les établissements de francisation — des universités ou des cégeps très souvent — ne sont plus vus comme des « partenaires », mais plutôt des « mandataires », un peu comme nous ne sommes plus des « patients », mais des « clients » aux yeux du ministère de la Santé. Ensuite, les professeurs n’ont plus de pouvoir d’évaluation. Finis, les tests de classement et les notes en cours de route. À la manière Barrette, c’est le ministère qui décide désormais des niveaux de compétence (il y en a trois) et de l’évaluation finale. Résultats ? « On se retrouve avec des classes à deux, trois vitesses, et plus personne ne reprend une classe. Après le troisième niveau, ils sont souvent à peine capables de conjuguer un verbe », dit Mme F.

Source: Dans les coulisses de la francisation | Le Devoir