Du «racisme» linguistique

Of note. Good réplique to some of the Quebec debate on language and immigrants:

S’il est légitime d’exiger du gouvernement fédéral de tenir compte des demandes du Québec en matière de langue, il n’y a par contre aucune légitimité à restreindre, comme le fait Mario Beaulieu dans un texte récemment paru en ces pages (cosigné par onze personnes), la qualité de francophone aux seuls locuteurs de français langue maternelle. Selon lui, il faudra s’attendre à un « effondrement du poids des francophones au Québec, de 81,6 % en 2011 à 73,6 % en 2036 ». Il faut en finir une fois pour toutes avec ce « racisme » linguistique. (Le mot « racisme » est ici entre guillemets pour n’en retenir que la notion de hiérarchie.)

Il est complètement ridicule de croire qu’un francophone est une personne qui a dit « môman » avant l’âge de deux ans. Un francophone, c’est aussi un plurilingue dont le français n’est pas la langue maternelle. On ne naît pas francophone, on le devient.

Au Québec, 85 % de l’augmentation de la population provient de l’immigration. Nul besoin d’être lauréat de la médaille Fields pour comprendre que la proportion du groupe non immigrant (et d’origine non immigrante) va décroître avec le temps. Ce qui n’est pas le cas des francophones, si par francophone on entend toute personne qui a appris le français à la maison, sur les bancs d’école ou sur les lieux de travail (ici ou ailleurs). L’objectif de la loi 101 était de faire du français langue maternelle une langue fraternelle, pour qu’on puisse mettre en commun nos mémoires plurielles, nos parcours et nos rêves afin d’y puiser les ressources et l’audace pour faire du Québec une société prospère, pluraliste et égalitaire, et non pas une société où il y aurait deux classes de citoyens.

Le Québec accueille des immigrants depuis des générations. Beaucoup d’entre eux ont appris le français avant la loi 101. Depuis 1977, cette loi a obligé des dizaines de milliers de jeunes immigrants à fréquenter les écoles françaises pendant onze ans. En outre, bon nombre de nos immigrants sont originaires d’anciennes colonies françaises. Ils se chiffrent eux aussi par dizaines de milliers. Comme très peu d’entre eux déclarent le français comme langue maternelle, ils sont pour la plupart disqualifiés comme francophones, même si parmi eux on compte des professeurs de français, des professionnels qui travaillent en français, des écrivains et tant d’autres citoyens venus d’ailleurs, profondément attachés au Québec, pour qui le terme « Québec français » est un pléonasme.

La hiérarchie ainsi créée, entre le français de langue maternelle et le français de langue seconde, ne doit pas être prise à la légère. Elle crée des catégories de citoyens n’ayant pas la même valeur dans la société, situation propice au racisme. Nous savons comment, dans d’autres lieux, mais encore aujourd’hui, la hiérarchisation des cultures s’est substituée à celle fondée sur la race — lorsque celle-ci est devenue une hérésie scientifique —, avec des conséquences néfastes sur les plans politique et social. Au Québec, où langue et culture sont souvent interchangeables, il est temps de remiser cette aberration avant que des esprits moins inoffensifs que des déclinistes et des comptables ne s’en emparent.

L’État québécois est doté de suffisamment de pouvoirs et de ressources pour assurer la pérennité et l’essor de la culture et de la langue françaises. Qu’il les utilise efficacement et judicieusement sans blâmer ni pénaliser les immigrants. Entre 1971 et 2016, l’utilisation du français dans les écoles (maternelles, primaires et secondaires) est passée de 64 % à 90 %, tandis que la proportion d’immigrants francophones dépasse les 60 %, et pourra facilement augmenter si, comme l’indique le démographe Richard Marcoux, on va puiser dans l’énorme bassin francophone africain.

Le français n’est pas près de disparaître. Au Québec, il n’y a que 6 % de la population qui n’a aucune connaissance du français. La complexité de la situation linguistique exige de ceux qui l’analysent qu’on tienne compte de multiples critères et, surtout, qu’on désethnicise enfin la notion de francophone. Il serait honteux que les « voleurs de jobs » de l’après-guerre deviennent maintenant des « voleurs de langue ».

Selon Machiavel, « celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leurs âmes ». Partout en Occident, populistes et démagogues ont réussi à faire croire que les minorités immigrantes représentent une menace pour les modes de vie et l’identité de la majorité afin de s’emparer du pouvoir. Le Québec ne fait malheureusement pas exception.

Source: Du «racisme» linguistique

Caddell: Is immigration the next Ottawa-Quebec battle?

Captures the demographic dilemma facing Quebec in relation to the rest of Canada, even if I question the “more is merrier” approach of the Canadian and provincial governments:

In 1960, Kamouraska was home to 2,000 people. The baby boom was at its peak, there were dozens of dairy farms, and tourism created summer jobs. Today, there are fewer than 600 permanent residents, and while a tourist mecca in summer, it is quiet in the winter. There are many elderly, few young families, and fewer farms. This summer, as everywhere in Canada, employers were desperate to find employees.  

In other provinces, the solution to declining birth rates and labour shortages is immigration. And as the 2021 census indicated, population growth has been due to immigration. Hence the announcement Ottawa would increase the threshold to 500,000 new arrivals annually. 

This number is double what the Harper government sought and is in line with analysts like Doug Saunders, author of Maximum Canada, who believe Canada can sustain a population of 100 million people. 

However, in Quebec, the announcement was greeted with caution. Premier François Legault has warned of the “threat to French” of immigration and refused to raise Quebec’s share from 50,000 to 25 per cent of the national total: 125,000. Last week, Legault said, “We have to find a way, in the 50,000, to have more of them who speak French.”

This is a rejection of the strategy of the Charter of the French Language, Bill 101. In the 1970s, Premier René Lévesque and the father of Bill 101, Camille Laurin, told me the language law’s obligation for immigrants to attend French schools was the solution to declining Francophone birthrates. 

Today, however, non-Francophone immigrants are perceived as a problem. While fluent in French, some speak their mother tongue at home, and many also speak English. This trilingualism, rather than a huge asset, is interpreted by nationalist demographers and pundits as a “decline” in French. Speaking the language is not good enough: immigrants now must be mother-tongue French.  

But much of the Francophonie is found in Muslim Africa. Under the secularism law, Bill 21, practicing Muslims can’t work as teachers, police officers, or in the courts. Two weeks ago, an African driver was handcuffed and detained by Montreal police, for no reason. These are not signs of a welcoming society; one commentator says Legault’s preferred immigrant is “a white millionaire from France.” 

Quebec’s chattering classes are predicting immigration will be the next confrontation between Ottawa and Quebec. Premier Legault wants immigration powers to create his Francophone “nation.” This would mean an expansion of Quebec’s presence abroad, and immigrants applying as if Quebec were a sovereign state.  

As it is, that is how Quebec interprets itself to aspiring immigrants, according to a booklet provided to them. 

The booklet, upon which an online assessment is based, declares “Québec is a French-speaking democratic nation that welcomes immigrants from around the world.” It points out: “Québec society has also made French the language of Government and the Law, as well as the everyday language of work, education … and business.”  

All of which is untrue, as English is constitutionally guaranteed in the courts, there are three English universities, and 1.25 million Anglophone Quebecers. The booklet goes on: “As a state, Québec differs from other provinces in Canada, notably with respect to the impetus of popular will.” Furthermore, the Crown does not exist: “The Lieutenant Governor does not have a seat in the National Assembly, but assents to bills the legislature passes.” The federal government is brushed off as running “military defence, foreign policy and criminal law.” A grade nine student would get an “F” for an essay like this booklet. 

Quebec’s population is 8.6 million people. With a huge influx of immigrants in the rest of the country and reductions in Quebec, it is bound to become a smaller proportion of Canada’s population. 

This offers a “Hobson’s choice” for Quebec nationalists: accept new immigrants as equal to “old stock Québécois,” or shrink to a tiny fraction of the continent. The business community desperately wants the population and the economy to grow, and they see trilingualism is an asset internationally, especially in cosmopolitan Montreal. 

By restricting immigration, Legault’s short-sighted vision is a Quebec “nation” that’s North America’s Finland: a tiny homogenous population in a massive territory. It is yet another example of how nationalism could be suicidal for Quebec and the French fact in Canada. 

Source: Is immigration the next Ottawa-Quebec battle?

Immigration Canada discrimine les étudiants d’Afrique francophone. Voici ce que Québec devrait faire pour y mettre fin

More concerns expressed, somewhat scattered rather than focussed:

La campagne électorale québécoise s’est terminée sur un verdict sans appel. La Coalition Avenir Québec (CAQ) a été reportée au pouvoir face à une opposition divisée et en retrait.

L’heure est au bilan et à l’élaboration des nouvelles orientations du gouvernement. Notamment en matière d’immigration.

Une campagne pénible sur le thème de l’immigration

Il a beaucoup été question d’immigration durant cette campagne. Rarement en des termes qui élevaient le débat, malheureusement. Le premier ministre François Legault a amalgamé l’immigration à des mœurs violentes pouvant heurter les « valeurs » des Québécois. L’ancien ministre de l’Immigration, Jean Boulet a démontré sa méconnaissance des chiffres de son propre ministère lors d’une sortie gênante. En voulant rectifier le tir, le premier ministre en a rajouté en qualifiant une hausse des seuils d’immigration au-delà de 50 000 immigrants par année de « suicidaire ».

Il est tout à fait légitime pour un État de mesurer les impacts de différents seuils d’immigration. Mais si le nouveau gouvernement veut se faire rassembleur, il devrait éviter d’avoir recours à des sifflets à chiens pour les amateurs de théories du déclin.

En tant que professeur dans le domaine de la sociologie politique, je m’intéresse aux dynamiques et transformations sociopolitiques au Québec et au Canada.

Discrimination systémique à Immigration Canada

Lors de son deuxième mandat, le gouvernement caquiste doit aborder les enjeux liés à l’immigration d’une façon moins frileuse et plus ambitieuse.

Paradoxalement, dans un contexte où plusieurs partis à l’Assemblée nationale adhèrent à une forme ou à une autre de nationalisme, aucune formation ne semble s’inquiéter de la diminution du poids démographique du Québec et de la francophonie au sein de la fédération canadienne, confirmée par les dernières données publiées par Statistique Canada.

Or, le développement de la francophonie canadienne et des institutions francophones au Québec devra passer, entre autres choses, par une immigration en provenance des pays d’Afrique francophone et par une plus grande ouverture à l’égard de celle-ci.

En lien avec ce premier enjeu, un deuxième doit être abordé et dénoncé de façon beaucoup plus frontale par l’Assemblée nationale à Québec, soit celui des obstacles posés par le gouvernement fédéral, par Immigration Canada pour être précis, aux étudiants·e·s de la francophonie noire africaine qui cherchent à étudier dans une institution francophone au Québec.

Ces étudiants·e·s subissent un taux de refus nettement supérieur aux étudiants·e·s appliquant dans les institutions anglophones : ce taux se situe autour de 60 % au Québec, 45 % en Ontario et 37 % en Colombie-Britannique. Les étudiants·e·s d’Afrique francophone sont surreprésentés parmi ces refus. En 2021, le gouvernement canadien a rejeté 72 % des candidatures provenant de pays africains ayant une forte population francophone, contre 35 % pour l’ensemble des autres régions du monde.

Cette situation est documentée et connue à Immigration Canada. Mais combattre cette forme de discrimination ne semble pas la priorité du ministère.

Ça ne semble pas être une priorité du Parti libéral du Canada non plus, en dépit de sa profession de foi antiraciste dans bien d’autres dossiers. Cette situation cause un préjudice d’abord aux étudiants·e·s en question, puis aux établissements d’enseignement supérieur au Québec. C’est pour cette raison que l’Assemblée nationale doit s’en saisir vigoureusement.

Racisme et francophobie

Durant les premiers mois où cette situation a été révélée, deux arguments ont été mis de l’avant par le fédéral pour la justifier : un problème algorithmique (ceux-ci ont le dos large) ; puis, la crainte que ces étudiants·e·s ne retournent pas dans leur pays.

Cette deuxième affirmation avait le mérite d’être claire. Pire, lorsqu’il s’agit de la francophonie noire africaine, le traitement discriminatoire des demandes va au-delà des seuls étudiants. C’est l’ensemble des dossiers qui semble faire l’objet de délais déraisonnables. De nombreux chercheurs africains devant participer à des congrès, comme celui sur sur le sida, qui se tenait cet été à Montréal, ont vu leur demande de visas refusée ou ne l’ont pas reçu à temps, une situation dénoncée par les organisateurs.

Encore là, le gouvernement libéral a l’indignation à géométrie variable.

Dernièrement, Immigration Canada a confessé du bout des lèvres qu’il y avait du racisme, jumelé à de la francophobie, à son ministère. Cela survient près d’un an après que ces pratiques aient été dénoncées par les institutions d’enseignement supérieur francophones.

L’Assemblée nationale du Québec doit dénoncer à l’unanimité cette discrimination.

Québec doit également rectifier le tir

Dans ce dossier, le gouvernement québécois doit lui aussi faire un examen de conscience.

Les signaux envoyés par Québec ces dernières années n’ont pas été attrayants pour les étudiants internationaux. Dans le cadre d’une mesure incompréhensible, le gouvernement a alourdi et allongé le temps de résidence nécessaire au Québec pour les étudiants internationaux souhaitant y demander la résidence permanente ou la citoyenneté.

Or, à la fin de leurs études ces étudiants·e·s bénéficient d’un réseau favorable à leur insertion professionnelle, sociale et culturelle. Pour reprendre une formule du premier ministre Legault, créer des embûches à ces étudiants·e·s est « suicidaire » pour l’attrait des universités québécoises face à leurs rivales des autres provinces.

Jouer les régions contre Montréal nuit aux institutions francophones à Montréal

Un troisième enjeu gagnerait à être réévalué par la nouvelle ministre de l’Éducation supérieure, Pascale Déry.

À la fin de son premier mandat, la CAQ a pris la décision de favoriser la régionalisation des étudiants internationaux dans certains domaines d’études au moyen d’incitatifs financiers s’ils étudient en région.

C’est, en soi, une excellente nouvelle. Les étudiants·e·s internationaux en région dynamisent le tissu social et culturel et ils revitalisent des institutions d’enseignement indispensables à la vitalité des régions. Cependant, on peut se demander s’il est pertinent de jouer les régions contre Montréal sur cet enjeu. Afin de freiner le déclin des institutions d’enseignement francophones à Montréal (toutes connaissent une baisse d’inscriptions cet automne), le gouvernement provincial peut aussi agir en les aidant à attirer des étudiants internationaux francophones à Montréal.

Jouer les régions contre Montréal est de bonne guerre en campagne électorale, mais si le gouvernement est sérieux à l’égard de la situation du français à Montréal, il doit se doter d’un plan pour contribuer au rayonnement de l’enseignement supérieur en français également dans la métropole.

Francophonie métropolitaine : le temps est à l’ambition

En 1967 et 1968, la création du réseau des Cégeps et de l’Université du Québec a favorisé la démocratisation de l’accès à l’éducation en français au Québec.

En 2022, l’objectif de la nouvelle ministre de l’Éducation supérieure pourrait être de faire de ce réseau d’éducation publique un pôle de référence pour la francophonie au Canada et dans le monde. Une première étape de ce programme devrait consister dans un appui systématique aux universités francophones dans leurs tentatives d’attirer des étudiants de la francophonie canadienne.

Dans un contexte où les campus francophones hors Québec subissent des compressions alarmantes et où règnent un climat de francophobie à l’Université d’Ottawa, qui a pourtant, sur papier, le mandat de célébrer la francophonie, le gouvernement québécois doit se montrer plus attrayant, plus agressif et plus ambitieux.

En somme, la CAQ doit se doter d’une stratégie cohérente, ambitieuse et moins frileuse en matière d’éducation publique supérieure et d’immigration durant ce deuxième mandat.

L’élaboration d’une telle stratégie pourrait faire l’objet d’une concertation impliquant la ministre Pascale Déry, la nouvelle ministre de l’Immigration, Christine Fréchette, ainsi que Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie ainsi que de l’Innovation et du Développement économique de la région de Montréal. Il faut leur souhaiter de l’ambition dans l’appui au rayonnement des institutions d’éducation publique supérieures, que ce soit à Montréal ou en région.

Ces institutions devront être reconnues et appuyées comme des vecteurs au cœur de l’intégration sociale et culturelle au Québec. Cette stratégie devrait se montrer ambitieuse également en ce qui a trait au développement de collaborations avec les universités de la francophonie africaine, et elle devra envoyer un signal clair en condamnant de façon unanime les pratiques discriminatoires à Immigration Canada.

Source: Immigration Canada discrimine les étudiants d’Afrique francophone. Voici ce que Québec devrait faire pour y mettre fin

Yakabuski: Le Canada, champion mondial d’immigration

Good observations on the contrast between Quebec and the rest of Canada:

Le ministre fédéral de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Sean Fraser, s’apprête à dévoiler de nouvelles cibles en matière d’immigration pour 2023, 2024 et 2025. Et tout indique que l’annonce que M. Fraser fera mardi prochain prévoira une nouvelle hausse du nombre de résidents permanents par rapport aux dernières cibles, celles-là annoncées il y a un an à peine. Alors que le Québec promet de plafonner ses seuils d’immigration autour de 50 000 nouveaux résidents permanents par année, le reste du Canada, lui, s’apprêterait à bientôt accueillir plus de huit fois ce nombre. Nul besoin d’être économiste ou démographe pour anticiper les conséquences à court et à long termes de ces positions discordantes.

Déjà, le Québec voit sa part d’immigrants fondre comme peau de chagrin d’année en année. Destination de 19,2 % des immigrants arrivés au Canada entre 2006 et 2011, le Québec n’accueillait plus que 15,3 % des immigrants entrés au pays entre 2016 et 2021. Les données provenant du dernier recensement publiées cette semaine par Statistique Canada témoignent de l’énorme transformation démographique que connaît le Canada anglais, et ce, même en dehors de ses plus grandes métropoles.

À Hamilton et à Winnipeg, deux villes ayant une population semblable à celle de Québec, la proportion d’immigrants s’élève maintenant à plus de 25 % ; dans la Vieille Capitale, à peine 6,7 % des résidents sont nés en dehors du Canada. Dans la ville de Saguenay, une proportion famélique de la population est issue de l’immigration, soit 1,3 %, alors qu’à Red Deer et à Lethbridge, des villes albertaines de tailles semblables, les proportions sont de 16,9 % et de 14,4 %, respectivement.

Les chiffres frappent encore davantage l’imagination lorsque l’on tient compte des enfants des immigrants. Dans la grande région de Toronto, par exemple, presque 80 % des résidents sont immigrants de première ou de deuxième générations, selon une analyse des données du recensement effectuée par le démographe Doug Norris, de la firme torontoise Environics. À Montréal, environ 46 % des résidents sont immigrants ou enfants d’immigrants. Bien qu’il s’agisse d’une proportion passablement élevée, c’est moins qu’à Vancouver (73 %), qu’à Calgary (55 %) ou qu’à Edmonton (50 %).

Selon les résultats d’un sondage publié cette semaine par Environics, et effectué pour le compte de L’Initiative du siècle, les Canadiens sont plus favorables que jamais à l’immigration. Ceci n’est pas surprenant ; plus de 40 % des Canadiens sont immigrants ou enfants d’immigrants. On peut s’attendre à ce que ces gens aient un parti pris en faveur de l’immigration.

Mais le consensus canadien en matière d’immigration s’étend bien au-delà des communautés culturelles du pays. « Alors même que le pays accueille plus de 400 000 nouveaux arrivants par année, sept Canadiens sur dix soutiennent les seuils actuels d’immigration — la plus forte majorité en 45 ans de sondages Environics, a fait remarquer Lisa Lalande, présidente de L’Initiative du siècle, un organisme qui prône une politique d’immigration ayant pour but d’augmenter la population canadienne à 100 millions de personnes en l’an 2100. Malgré la rhétorique chargée sur l’immigration durant la campagne électorale provinciale, les Québécois appuient tout autant l’accueil des immigrants et des réfugiés que les Canadiens ailleurs au pays. »

Or, le sondage d’Environics fut mené en septembre, alors que la Coalition avenir Québec (CAQ) promettait de maintenir les seuils d’immigration à 50 000 dans la province. Donc, l’expression « les seuils actuels d’immigration » n’a pas le même sens ici qu’ailleurs au Canada. Au Québec, ces seuils sont plutôt modestes ; dans le reste du Canada, ils sont très élevés.

Les 50 000 résidents permanents que le Québec s’engage à accueillir chaque année équivalent à environ 0,6 % de la population, et cette proportion est appelée à diminuer au fur et à mesure que la population augmentera. Les seuils d’immigration ailleurs au Canada s’élèvent à environ 1,2 % de la population par année, alors que cette population augmente à un rythme beaucoup plus rapide qu’au Québec. Au lieu de 400 000 nouveaux arrivants par an, c’est près de 500 000 immigrants que le reste du Canada pourrait bientôt en accueillir. Et des voix s’élèvent pour qu’Ottawa fasse preuve d’encore plus d’ambition en matière d’immigration.

« Bien que les chiffres absolus semblent élevés, ils doivent en fait être plus élevés encore en raison des défis démographiques du Canada, ont insisté pour dire l’ex-ministre libéral de l’Innovation, Navdeep Bains, et son ancien chef de cabinet, Elder Marques, dans un article publié la semaine dernière dans le National Post. Au début du XXe siècle, un Canada beaucoup plus petit accueillait autant d’immigrants que le Canada le fait aujourd’hui… Un Canada plus grand, plus riche et plus outillé nous attend si nous sommes prêts à faire le saut. »

Source: Le Canada, champion mondial d’immigration

Police can’t pull over a driver without cause, Quebec Superior Court rules in racial profiling case

Of note. Significant:

Police motor vehicle stops without cause are a violation of the Canadian Charter of Rights and Freedoms, Quebec Superior Court ruled Tuesday.

The decision won’t put an end to racial profiling overnight, Judge Michel Yergeau wrote in his ruling, but the court is allowing a six-month delay until the rules allowing random stops are officially invalid.

“Racial profiling does exist. It is not a laboratory-constructed abstraction. It is not a view of the mind. It is a reality that weighs heavily on Black communities. It manifests itself in particular among Black drivers of motor vehicles,” Yergeau said.

“Charter rights can no longer be left in thrall to an unlikely moment of epiphany by the police. Ethics and justice must go hand in hand to turn this page.”

The time has come for the judicial system to recognize and declare that this “unbounded power” violates some right guaranteed to the community, the court said.

Montrealer leads charge for change

This decision comes after Montrealer Joseph-Christopher Luamba, a 22-year-old Black man, told the court he gets ready to pull over whenever he sees a police cruiser.

In the 18 months after he got his driver’s licence in March 2018, Luamba said he was stopped by police around 10 times for no specific reason. He said he was driving a car during about half the stops and was a passenger in another person’s car during the other police stops.

Those traffic stops were at the heart of the lawsuit that he filed against the Canadian and Quebec governments. The case began in May of this year.

Luamba said he believes he was racially profiled during the traffic stops — none of which resulted in a ticket. Common law has long allowed Canadian police to stop people for no reason, but Luamba has been fighting for the practice to be declared unconstitutional.

“I was frustrated,” he told the court. “Why was I stopped? I followed the rules. I didn’t commit any infractions.”

Lawyers for Luamba and the Canadian Civil Liberties Association, which has intervener status in the case, told the court that the power of police to randomly stop drivers, outside of drunk driving checkpoints, is unconstitutional and enables racial profiling.

The court ruled on Tuesday that this practice violates the rights guaranteed by Sections 7 and 9 and paragraph 15 of the Canadian Charter of Rights and Freedoms.

“The preponderant evidence shows that over time, the arbitrary power granted to the police to carry out roadside stops without cause has become for some of them a vector, even a safe conduit for racial profiling against the Black community,” wrote Yergeau in his ruling.

Challenging Supreme Court ruling

Yergeau’s ruling challenges the rules established by a 1990 Supreme Court decision, R. v. Ladouceur, where the high court ruled that police were justified when they issued a summons to an Ontario driver who had been stopped randomly and who had been driving with a suspended licence.

The high court ruled that random stops were the only way to determine whether drivers are properly licensed, whether a vehicle’s seatbelts work and whether a driver is impaired.

But Yergeau wrote it was time for the justice system to declare this power, which violates certain constitutional rights, obsolete and inoperable, as well as the article of Quebec’s provincial Highway Safety Code that allows it.

Still, Yergeau wrote that the ruling applies specifically to the random stops. He said the ruling is not meant to be an inquiry report on systemic racism involving racialized or Indigenous peoples.

The judge also said the ruling is not about racism within police forces, saying the court heard no evidence in this regard, nor did it draw a conclusion.

But he noted that “racial profiling can sneakily creep into police practice without police officers in general being driven by racist values.”

Lawyers for the Canadian and Quebec governments argued that the Supreme Court was right to uphold the rule allowing random stops, which they say is an important tool for fighting drunk driving.

Police forces testified about the different efforts made to curb racial profiling and diversify their rank and file.

There was no immediate word on a possible appeal.

At the federal level, a spokesperson for Minister of Justice David Lametti said in an email that the ministry is aware of the decision and “will take the time to study it before commenting further.”

Source: Police can’t pull over a driver without cause, Quebec Superior Court rules in racial profiling case

With 271,000 vacant jobs, Quebec business leaders challenge immigration targets

Nothing new here except the degree to which the CAQ will revised levels in response to ongoing business pressures:
Quebec business leaders say newly re-elected Premier François Legault will have no choice but to accept more than 50,000 immigrants per year  — a target the premier has said would be “suicidal” for the province’s French culture.
“Unless you want to downsize your economy and you’re ready to let go of some companies and even some regions (in Quebec), … you have no other way than to increase integration levels,” said Véronique Proulx, president and CEO of Quebec Manufacturers & Exporters.

Quebec wants more immigration powers from Ottawa, but does it really need them?

Valid question.

IMO, not, as transferring family reunification, temporary workers and students would likely not change the overall demographic picture unless a Quebec government would decide to discriminate in favour of those from francophone countries, which would be particularly hard to justify in the case of family reunification.

And mischievous but legitimate raising the question of Quebec’s sweetheart funding agreement with Ottawa where it is guaranteed a fixed percentage of settlement funding irrespective of the number of Permanent Residents admitted:

Even though Canada’s prime minister has repeatedly shut the door, Francois Legault keeps on knocking, intent on winning more control over immigration from the federal government.

As with many past leaders in Quebec, it’s been a regular refrain of his, dating back well before the provincial election on Oct. 3.

But is there substance to the claim that Quebec needs more autonomy on immigration?

Or, does Quebec already have all the control it requires to ensure as many immigrants as possible speak French, which the premier has said is his main preoccupation?

“The fact that political parties in Quebec all want more power in immigration is not surprising,” said Martin Papillon, a political science professor at Université de Montréal.

“It’s an area of politics and policy, where, historically, Quebec governments have been very proactive […] seeking to assert their identity.”

However, Quebec already has a fair bit of independence on immigration issues compared to other provinces, he said, the result of “an asymmetrical arrangement” negotiated in 1991.

“And I have to say, and this is not something that the Quebec government or the CAQ or Francois Legault likes to talk about — it’s a pretty good deal that they got.”

A ‘VERY GOOD’ FUNDING DEAL WITH OTTAWA

Papillon describes the funding arrangement between the two levels of government as a win for Quebec, singling out the section that calls on Ottawa to pay for integration services in the province.

The funding formula “is based on a fixed percentage of the total amount that the federal government is budgeting for immigration for its own integration program, no matter the percentage of immigrants that are actually going to Quebec,” he said.

Since Quebec has been selecting fewer immigrants than its share of the population, “about 13 per cent,” according to Papillon, “Quebec has a very good deal in terms of funding its program.”

Just two days after the provincial election, federal Heritage Minister Pablo Rodriguez told reporters in the foyer of the House of Commons that the province has the power to select up to 28 per cent of its immigrants.

“Which means there is another [percentage] that Quebec could choose that would be entirely francophone,” he said.

CTV News asked the Quebec government to confirm the figures.

According to Ministry of Immigration, Francisation and Integration spokesperson Arianne Méthot, Quebec selected and admitted only 70 per cent of the proportion of immigrants permitted in 2018 and 2019.

“In 2020 and 2021, this proportion dropped to around 60 per cent due to the effects of the health crisis,” Méthot wrote in an email.

From January to August 2022, the proportion subject to Quebec selection rose to 73 per cent.

With Rodriguez pointing out publicly that Quebec is not taking full advantage of the selection powers it already has, Papillon suggested that the province’s push to reopen the deal with Ottawa could backfire, perhaps on the financial front.

“The federal government can very easily say okay…but either you increase your immigration targets to sort of balance it out, or, we change the funding. That’s an interesting side question that is not often debated,” Papillon said.

ECONOMIC IMMIGRATION, REFUGEES, AND FAMILY REUNIFICATION

There’s not much leeway for Quebec when it comes to the general area of permanent economic immigration, which is now largely controlled by the province, said Papillon.

“Its priorities and its targets and the requirements for French, for example, this is all in Quebec’s hands. So that wouldn’t change,” he said.

The next category, refugee claimants, wouldn’t provide Quebec with any greater powers either, he said, since it’s heavily regulated by federal law and international covenants.

Francois Legault has also argued for more autonomy over those who come to Quebec through the family reunification channel.

At the end of May 2022, in a pre-election speech at a CAQ party convention, he said it’s estimated that half of them don’t speak French, and called that a threat to Quebec.

But Quebec already plays a role here as well, because it’s the province that establishes the conditions for sponsoring a family member, which includes the need for the family established in Quebec to demonstrate a financial capacity to help support the new arrivals, according to Papillon.

Daniel Beland, the director of the McGill Institute for the Study of Canada, agrees that emphasizing the family reunification program is “misguided.”

“I’m not sure that Quebec should spend that much energy fighting over this,” Beland said. “It’s not the smartest way to use your political capital.”

First, it wouldn’t be a useful area of immigration to control because family reunification brings in a relatively small number of people every year, he said, and therefore wouldn’t help protect the French language in a meaningful way.

On top of that, “increasing French requirements for family members coming here, that would kind of run counter to the very basic principle of family reunification, which is, it’s not about your capacity to contribute immediately, it’s a humanitarian type of immigration,” Papillon added.

And issues that are tied to “human rights” and “foreign policy” are not things the federal government wants to give away, said Beland.

“I do think that is highly political because Francois Legault’s brand of nationalism is really about gaining more autonomy for Quebec,” he said, adding that the premier is under pressure from the Parti Quebecois, for example, to actively confront the issue.

TEMPORARY FOREIGN WORKERS

The only areas where Legault could make headway practically speaking, said Beland, is on the subject of “temporary foreign workers and helping immigrants to learn French — those who are already here.”

He thinks it could be possible to work out a new deal with the federal government or improve the current agreement. And unlike Papillon, he surmised that more funding could be on the table.

“Maybe they want more money from Ottawa to help the Francization of immigrants. Sometimes you ask a lot and in the end, as long as you come back home with something — it might not be what you asked for in the beginning, but you can still frame that as a victory,” he said.

There probably is some “wiggle room” when it comes to temporary immigration, “if the federal government is going to budge, it’s probably there,” Papillon concurred.

But again, he wonders what Legault would ask for. “What kind of criteria would you add to the temporary aspect of immigration is not clear to me,” since it would be difficult to ask a worker coming here on a temporary visa to have a basic knowledge of French, he said.

Language requirements exist for foreign students, and Papillon said Quebec already has the authority to act when temporary foreign workers or students want to stay in Quebec and become permanent residents after their temporary visa expires.

The requirements are laid out by the Quebec Experience Program and include a certain level of proficiency in French.

“I mean, this is the big untold story of this whole thing is that really, more than 60 per cent of people that are coming in Quebec […] are coming with a temporary immigration visa, as temporary workers, as students, so it’s more than half,” said Papillon.

“But the truth is, I think Quebec already has enough authority to act on this. So it’s not clear to me why they would want more power other than [for] symbolic politics” and the general idea of seeking more autonomy, he said.

That doesn’t mean we won’t see Ottawa open the door to discussions with Quebec at some point, said Papillon, particularly as the federal election approaches, given the issue’s sensitivity in the province.

“The [federal] Liberals cannot take for granted their votes in Quebec anymore in the current landscape, so it’ll be interesting,” said Papillon. “The politics of it may shift in the next year.”

Source: Quebec wants more immigration powers from Ottawa, but does it really need them?

Dutrisac: Souveraineté provinciale

Dutrisac on Alberta and Saskatchewan’s focus on provincial sovereignty, along with picking up on Ibbitson’s arguments that aggressive federalism is fanning the flames (true but exaggerated IMO). Of particular note the last para:

Quant à François Legault, après les gaffes répétitives commises sur le dos des immigrants, il n’aura qu’à attendre ce que lui réserve le fédéralisme agressif d’un gouvernement Trudeau qui insiste pour que Québec se plie à la politique d’immigration pléthorique de ce pays postnational.

Full article:

La nouvelle cheffe du Parti conservateur uni (PCU) et, depuis mardi, première ministre, Danielle Smith, a remporté la course à la direction de son parti en promettant de présenter un projet de loi sur la souveraineté de l’Alberta.

L’utilisation du terme souveraineté, un concept au coeur du projet du Parti québécois depuis la fin des années 1960, peut prêter à confusion. On ne saurait voir dans Danielle Smith une émule de René Lévesque. Il ne s’agit pas pour la première ministre de promouvoir une quelconque sécession, ce qui ne correspond d’ailleurs pas aux inclinations de la plupart des Albertains. Cette souveraineté est bien celle d’une province, dans ses champs de compétence, une forme de néo-autonomisme, selon le politologue de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily. C’est le modèle mis en oeuvre par le gouvernement Legault, en définitive.

Danielle Smith a repris l’expression du premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, en affirmant que sa province, avec cette loi sur la souveraineté, pourra se comporter comme « une nation au sein d’une nation ». Mais il s’agit plutôt d’un régionalisme axé sur la défense d’intérêts économiques, notamment la poursuite de l’exploitation des hydrocarbures, et non pas d’un nationalisme de nature identitaire comme au Québec.

Certains ont vu dans ce projet de loi une bombe constitutionnelle… et surtout anticonstitutionnelle. Le premier ministre sortant, Jason Kenney, a qualifié l’idée de « cinglée ». De fait, il est encore difficile de savoir comment une telle loi s’appliquerait. Elle permettrait à la province de refuser de se soumettre à une loi fédérale ou à un jugement de la Cour s’ils sont contraires aux intérêts de l’Alberta ou s’il s’agit d’une intrusion illégale dans ses champs de compétence. Il reviendrait aux élus de l’Assemblée législative albertaine d’adopter une motion spéciale en ce sens. Selon la description somme toute sommaire de l’éventuel projet de loi, le gouvernement fédéral devrait alors s’adresser aux tribunaux pour trancher le litige.

À terme, c’est la Cour suprême qui aurait le dernier mot, faut-il comprendre. Le principal conseiller de Danielle Smith a indiqué lundi qu’une fois le projet de loi en vigueur, l’Alberta continuerait de respecter les jugements de la Cour suprême. La bombe est en train de se transformer en pétard mouillé.

Comme cela s’est vu quand Trudeau père était aux commandes, un fort ressentiment envers le gouvernement fédéral s’est développé dans les provinces de l’Ouest, ressentiment relié à l’exploitation des ressources pétrolières et gazières. Le fils semble suivre la trace du père. À l’époque, il s’agissait de la propriété de ces ressources naturelles et des revenus qu’elles généraient. Aujourd’hui, c’est le contrôle qu’entend exercer Ottawa sur ces ressources en raison de la lutte contre les changements climatiques.

Si jamais ce projet de loi sur cette souveraineté provinciale voit le jour, il viendra tard. Déjà, la Cour suprême, dans son jugement l’an dernier sur la taxe carbone du gouvernement Trudeau, a dépossédé les provinces de leur compétence exclusive en la matière au nom de « l’intérêt national » et du pouvoir d’Ottawa de faire des lois pour « la paix, l’ordre et le bon gouvernement ». Nous sommes à l’ère du fédéralisme évolutif, coopératif, qui se déploie au détriment des pouvoirs réservés aux provinces. Un fédéralisme de supervision, selon l’expression d’un juge dissident dans cette cause, Russell Brown.

Selon le chroniqueur du Globe and Mail John Ibbitson, le « fédéralisme agressif » que pratique le gouvernement Trudeau a mis en rogne l’Alberta, alors que le « fédéralisme passif » de Stephen Harper avait calmé le jeu, y compris avec le Québec.

La Saskatchewan et le Manitoba, deux provinces dotées de gouvernements conservateurs, partagent les doléances de l’Alberta. Il lui manque un appui de taille : celui de l’Ontario et du premier ministre conservateur Doug Ford. Lui aussi s’opposait à la taxe carbone du gouvernement Trudeau, mais, depuis le jugement de la Cour suprême, il semble s’être désintéressé de l’affaire. Il faut dire que le premier ministre ontarien a beau jeu. Justin Trudeau a tout intérêt à soigner ses relations avec lui. Doug Ford préférera sans doute profiter des avantages que lui offrira Ottawa au lieu de se joindre aux provinces de l’Ouest dans une fronde perdue d’avance contre le pouvoir fédéral.

Quant à François Legault, après les gaffes répétitives commises sur le dos des immigrants, il n’aura qu’à attendre ce que lui réserve le fédéralisme agressif d’un gouvernement Trudeau qui insiste pour que Québec se plie à la politique d’immigration pléthorique de ce pays postnational.

Source: Souveraineté provinciale

Et si le discours de la CAQ nuisait à l’intégration des immigrants?

Obviously:

Le discours de la Coalition avenir Québec (CAQ) sur les immigrants fait usage d’un vocabulaire alarmiste et de propos faux, qui le rendent défavorable à l’intégration des nouveaux arrivants au Québec. En effet, son discours attribue à la population immigrante des stigmates répulsifs au processus qui fait de l’étranger une partie intégrante de la société d’accueil. D’abord, disséquons le discours pour ensuite présenter le défi auquel fait face le Québec en matière d’intégration des immigrants.

Le chef de la CAQ, François Legault, a affirmé au cours de l’été dernier que l’immigration serait un facteur de la « louisianisation » du Québec. Or l’histoire ne permet pas de faire une telle hypothèse. En effet, la Louisiane française, vaste territoire d’Amérique du Nord, faisait partie de la Nouvelle-France entre les XVIIe et XVIIIe siècles. Sa « louisianisation » s’est faite non pas par des immigrants, mais de l’intérieur, par des échanges de territoires entre colonisateurs français, espagnols et anglais. Ruinée par la guerre de Sept Ans (1756-1763), la monarchie française céda une grande partie de la Louisiane aux Espagnols, puis, au début des années 1800, le premier consul Napoléon Bonaparte céda définitivement aux États-Unis la partie restée française.

Selon d’autres propos tenus par le chef de la CAQ, l’immigration conduirait la « société québécoise au suicide ». Or l’histoire du peuple canadien-français, puis québécois, est faite de lutte, de résistance, de résilience, de solidarité et de sa capacité à rester lui-même par l’assimilation de nombreuses influences venues de l’intérieur et de l’extérieur. Ce qui fait la vitalité du Québec, écrit Fernand Dumont dans Raisons communes, « tient à une plus étroite proximité avec l’existence réelle des gens d’ici en même temps qu’à une plus grande ouverture aux quêtes extérieures ».

Ailleurs, M. Legault fait un lien entre immigration et violence. Cette affirmation doit être relativisée si l’on considère les données sur la criminalité au Québec de l’Institut de la statistique du Québec (2021) et celles de l’Enquête sociale générale sur la sécurité de Statistique Canada (2014). Lorsqu’on considère les types de violence (agression sexuelle, vol qualifié, voies de fait, etc.) commis ou subis par la population immigrante et la population non immigrante, les taux d’incidence sont tantôt similaires tantôt différents. On ne saurait donc faire un lien direct entre immigration et violence.

Quant à Jean Boulet, ministre sortant de l’Immigration, il a déclaré pendant la récente campagne électorale que « 80 % des immigrants s’en vont à Montréal, ne travaillent pas, ne parlent pas français ou n’adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise ». Une telle affirmation ne concorde pas avec la réalité, comme l’a démontré Le Devoir. Elle relève sans doute du sens commun ou de préjugé.

Au total, le discours de la CAQ n’est que la stigmatisation des immigrants. Celle-ci peut produire au sein de la population une représentation sociale négative de l’immigrant puis finalement compromettre l’altérité. Or dans une société pluriethnique, la relation humaine est fondamentalement basée sur l’altérité, c’est-à-dire sur le rapport à l’étranger. Lorsque les discours politiques au sein de cette société tendent à encourager la recherche des similitudes avec l’étranger, celui-ci est inclus dans la société, et son intégration est effective. Réciproquement, lorsque les discours recherchent surtout des différences, l’étranger risque d’être exclu de la société d’accueil. C’est la posture que la CAQ a adoptée durant la campagne électorale.

Le Québec est une terre d’accueil d’immigrants qui viennent de partout dans le monde. Pays d’expression française dans un océan anglophone, le Québec a un grand défi : être une société qui garde son identité nationale (par sa langue et sa culture) tout en étant une société qui devient de plus en plus pluriculturelle. Je crois que le Québec est capable d’élaborer et de construire un modèle d’intégration dans la perspective de ce qu’il est, de son projet de société particulière, en y incluant des étrangers qui arrivent et qui deviennent aussi de nouveaux citoyens. Dans les discours ambiants sur l’immigration ailleurs dans le monde, la spécificité du Québec est d’être une société plutôt réceptive au discours inclusif.

Source: Et si le discours de la CAQ nuisait à l’intégration des immigrants?

Ottawa working on program to regularize status of 500,000 immigrants

Hopefully, the government is not only consulting with advocacy groups (CBA is the only one quoted with some concerns):

The federal government is aiming to create a program that will provide a path to permanent residency for up to 500,000 immigrants who are working in Canada but do not have official standing.

The program would have unprecedented scope and apply to people whose visa or work permits had expired, and to those whose refugee applications may have been denied or blocked due to a moratorium on deportations to their country, according to Radio-Canada.

“We’re looking into ways to regularize people who live in Canada with a precarious status,” a government source, speaking on condition of anonymity, told Radio-Canada.

Up to 500,000 people could be eligible, according to the source, who was not authorized to speak publicly on the matter.

In his mandate letter to Immigration Minister Sean Fraser late last year, Prime Minister Justin Trudeau asked Fraser to “further explore ways of regularizing status for undocumented workers who are contributing to Canadian communities.”

Immigration Ministry spokesperson Rémi Larivière confirmed that work to complete that mandate “is underway,” and that the ministry is consulting with university researchers, experts and industry advocates.

Ministry officers have approached several advocacy groups in recent weeks and over the summer to consult them on the program, Larivière said. Potential criteria and a launch date are still unknown.

“We’re hoping for an inclusive program that will help many people, but it’s still vague,” said Hady Anne, a spokesperson for the Montreal-based Solidarity Without Borders.

While there have been programs to regularize the status of immigrant groups before, none have included so many people, says Rivka Augenfeld, a lifelong refugee advocate and the former president the Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, a working table of Quebec immigration organizations

“It’s never been seen,” Augenfeld said of the forthcoming program’s expected scope. But she warned that for it to be effective, the program will need “the will of a good minister as well as the prime minister’s support.”

Temporary workers and asylum seekers would not be able to apply — including the thousands who have crossed at Roxham Road in Lacolle, Que., an unofficial crossing point increasingly popular among migrants entering Canada from the United States.

There is a large backlog in processing asylum applications, meaning many people wait years before even having a chance to tell their story before an Immigration and Refugee Board judge.

Lisa Middlemiss, the president of the Canadian Bar Association, says that while the new program would be a positive step for people with precarious status who’ve lived and worked in the country for years, it could appear unfair to migrants who have temporary status in Canada without the possibility of obtaining permanent residency.

“It’s ambitious and interesting, but it could generate a lot of frustrations,” Middlemiss said.

Larivière, the ministry spokesperson, said Ottawa would “continue to support inclusive immigration programs that meet Canada’s economic needs and fuel our growth.”

Would Quebec buy in?

Advocates such as Augenfeld and Anne fear Quebec’s government could intervene to limit the program within the province.

During the pandemic, when the federal government created a program allowing asylum seekers working in health care to apply for permanent residency, Premier François Legault’s government objected to expanding the criteria to workers who did not directly care for patients, such as cooking staff and cleaners.

The move excluded thousands and was strongly condemned by immigration advocates.

In the spring of 2021, Legault also declined to participate in another federal program offering essential workers and graduates a new pathway to permanent residency.

Legault was re-elected on Monday with a resounding majority of 90 out of 125 seats in the National Assembly.

He came under fire leading up to the election after he associated immigration with violence and extremism and later said it would a “bit suicidal” for Quebec to increase its immigration levels, insisting that accepting more immigrants entails a threat to the French language.

“We’re worried Quebec will complicate things,” said Anne of Solidarity Against Borders.

Augenfeld also raised the possibility that Quebec could “throw a wrench” into the plan for immigrants in the province.

Because the program is expected to include people from countries for which Canada has moratoriums on deportations, Haitian nationals, largely based in Quebec, could qualify.

Frantz André, who has helped hundreds of Haitians apply for asylum in the province, hopes Legault will be more open this time around.

“We’re hoping he’ll be more generous,” André said. “These people have been living in system that is broken for too long. They’ve demonstrated that they are real citizens.”

Reached by Radio-Canada, the Quebec premier’s office declined to answer questions on the topic.

“We’ve had no information from the federal government on the subject,” a spokesperson said.

Source: Ottawa working on program to regularize status of 500,000 immigrants