Seuils d’immigration: le Québec aura moins de poids, prévient Ottawa

While I don’t advocate for more immigration for immigration’s sake, the overall demographic and eventual political impact of the Legault government’s reduced immigration levels is clear:

Le gouvernement Legault risque d’accélérer la chute du poids démographique du Québec au sein de la fédération canadienne – et, par ricochet, son poids politique – en voulant réduire le nombre d’immigrants qui s’installent au Québec.

Telle est la mise en garde qu’a poliment lancée le gouvernement Trudeau à de proches collaborateurs du nouveau premier ministre du Québec, François Legault, au cours des derniers jours, alors que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) a officiellement pris les commandes de l’État jeudi.

Selon des informations obtenues par La Presse, le gouvernement Trudeau a entrepris de sensibiliser le gouvernement caquiste aux répercussions possibles de son intention de réduire le nombre d’immigrants qui élisent domicile au Québec sur le poids démographique de la province au sein de la fédération. Au lendemain des élections québécoises, qui ont vu la CAQ remporter 74 des 125 sièges à l’Assemblée nationale, François Legault a réitéré la promesse électorale de son parti de faire passer le nombre d’immigrants de quelque 50 000 à 40 000 dès 2019.

Le nouveau ministre de l’Immigration du gouvernement caquiste, Simon Jolin-Barrette, a obtenu le mandat de réaliser cette promesse qui a suscité de vifs débats durant la campagne électorale, d’autant plus que le gouvernement fédéral a son mot à dire en matière d’immigration et que les entreprises doivent composer avec une pénurie de main-d’oeuvre au Québec.

Rappelons que le gouvernement fédéral, quant à lui, s’est donné pour objectif d’accueillir 310 000 immigrants en 2018, 330 000 en 2019 et 340 000 en 2020.

Durant les trois premiers mois de 2018, l’Ontario a accueilli presque autant d’immigrants que la cible annuelle que propose François Legault dès l’an prochain, soit 35 222 personnes, selon des données du ministère des Finances de l’Ontario obtenues par La Presse. L’Ontario comptait 14 374 084 habitants au 1er avril 2018 (contre 8,4 millions au Québec) et avait aussi accueilli 44,1 % de tous les nouveaux arrivants au Canada durant le premier trimestre de l’année. En 2017, pas moins de 121 915 immigrants ont installé leurs pénates dans la province la plus populeuse.

Les nouveaux sièges en fonction du poids

Dans les coulisses, on a tenu à rappeler que c’est à partir du poids démographique d’une province que l’on distribue de nouveaux sièges à la Chambre des communes – de plus en plus dominée par l’Ontario, qui détient 121 des 338 sièges. À titre de comparaison, le Québec détient 78 sièges, alors que la Colombie-Britannique (42) et l’Alberta (34), mis ensemble, en ont presque autant (76) depuis la réforme de la carte électorale de 2011.

« Quand on décide de réduire le nombre d’immigrants qui s’installent au Québec, cela va avoir un impact sur le poids démographique du Québec par rapport au reste du pays. Et cela pourrait aussi avoir un impact sur son poids politique à long terme », a-t-on fait valoir dans les rangs libéraux à Ottawa.

Au cours du dernier siècle et plus, le poids démographique du Québec est passé de 30,7 % de la population canadienne en 1901 à 22,6 % en 2018.

Le poids démographique de l’Ontario, lui, s’établit à 38,7 % aujourd’hui. Le gouvernement ontarien prévoit qu’il atteindra 39,8 % en 2026 et qu’il franchira le cap des 40,3 % en 2031 si la tendance actuelle se maintient.

Au cours des dernières années, la population de l’Ontario a donc crû fortement, ce qui lui a permis d’obtenir davantage de sièges à la Chambre des communes et d’augmenter du même coup son influence sur les décisions qui sont prises dans la capitale fédérale.

Des inquiétudes

Dans les coulisses, des députés libéraux fédéraux du Québec ont aussi exprimé leurs inquiétudes quant aux répercussions de la politique du gouvernement caquiste en matière d’immigration. « Je suis un député du Québec et je ne veux pas que le Québec en vienne à perdre de son influence politique à Ottawa au profit de l’Ontario », a résumé un député libéral, qui a requis l’anonymat pour s’exprimer plus candidement sur cette question qui pourrait devenir une pomme de discorde entre les deux capitales.

En 2011, l’ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper avait annoncé l’attribution de nouveaux sièges à l’Ontario, à l’Alberta et à la Colombie-Britannique afin de tenir compte de la forte croissance démographique dans ces trois provinces. La Chambre des communes est passée, aux élections de 2015, de 308 à 338 sièges. L’Ontario a obtenu 15 de ces 30 nouveaux sièges, tandis que l’Alberta et la Colombie-Britannique se sont vu donner six nouveaux sièges chacun. Le gouvernement du Québec et le Bloc québécois sont montés au créneau pour décrier la baisse du poids politique du Québec à la Chambre des communes. De proches collaborateurs québécois de Stephen Harper l’ont alors convaincu d’accorder trois nouveaux sièges au Québec, même si la croissance de sa population ne justifiait pas une telle mesure.

Le Québec détient aujourd’hui l’équivalent de 23 % des sièges à la Chambre des communes, soit une proportion plus élevée que son poids démographique (22,6 %).

Signes religieux: le gouvernement élu ouvre la porte à un droit acquis

Starting to face the reality of implementation:

Le gouvernement Legault s’est montré ouvert à assouplir son projet d’interdire les signes religieux aux fonctionnaires en position d’autorité, mardi. Le député Simon Jolin-Barrette a évoqué la possibilité que les employés actuels puissent bénéficier d’un droit acquis.

La Coalition avenir Québec a été élue sur la promesse d’interdire les signes religieux chez les juges, les procureurs et les agents de la paix, tel que le recommandait le rapport Bouchard-Taylor. Le parti de François Legault souhaite aussi élargir cette politique aux enseignants.

M. Legault s’est engagé à légiférer dès la première année de son mandat pour clore cette question une fois pour toutes.

Mais pour y parvenir, le nouveau gouvernement est prêt à mettre de l’eau dans son vin, a indiqué son porte-parole, le député Simon Jolin-Barrette.

«Notre position a toujours été de s’assurer que les personnes en situation d’autorité et les enseignants ne portent pas de signes religieux, a dit M. Jolin-Barrette. Mais très certainement, on veut collaborer avec les partis de l’opposition et on veut s’assurer qu’on puisse passer enfin à autre chose parce que c’est important d’adopter une loi qui va consacrer la laïcité de l’État.»

«Il y a une chose qui est sûre, c’est que le consensus du rapport Bouchard-Taylor est présent au Québec, a-t-il toutefois ajouté. Les Québécois s’attendent à ce que les personnes en situation d’autorité ne portent pas de signes religieux.»

Le gouvernement élu avait envoyé un signal beaucoup plus ferme la semaine dernière. Son autre porte-parole, la députée Geneviève Guilbault, avait prévenu que les récalcitrants pourraient perdre leur emploi s’ils refusent de se soumettre aux nouvelles règles.

Le gouvernement élu n’est pas encore assermenté que, déjà, cet engagement se heurte à de vives résistances. Une manifestation a rassemblé plusieurs centaines de personnes à Montréal en fin de semaine et un conseiller municipal de la métropole a qualifié de «racistes» les politiques caquistes.

Crucifix

S’il se dit prêt à faire preuve de souplesse quant au port des signes religieux, le gouvernement Legault se montre ferme sur le maintien du crucifix à l’Assemblée nationale. Le rapport Bouchard-Taylor recommandait de le retirer du Salon bleu, où les députés légifèrent.

Mais la CAQ s’en tient à sa «position historique»: elle souhaite qu’il reste où il est car il s’agit d’un «objet patrimonial».

«Ce n’est pas dans le cadre des discussions de déplacer le crucifix», a indiqué M. Jolin-Barrette.

Source: Signes religieux: le gouvernement élu ouvre la porte à un droit acquis

La CAQ et la laïcité, ou un début laborieux

A reminder of the more global approach to integration and reasonable accommodation of the Bouchard-Taylor Commission, with appropriate caution to the incoming CAQ government:

Lors de son élection, François Legault a promis d’être un premier ministre rassembleur et de sortir le Québec de la polarisation entre souverainistes et fédéralistes qui a marqué le débat politique des cinquante dernières années. Son premier geste fut de ramener à l’avant-plan une polarisation entre la gauche et la droite, d’une part, et entre Montréal et les régions, d’autre part, ce qui sera le trait distinctif de son mandat.

On ne pourra reprocher à M. Legault de manquer de cohérence. Il l’avait promis : il le fera. Le gouvernement caquiste va légiférer pour interdire le port de signes religieux dans la fonction publique pour les personnes en situation d’autorité. Jusque-là, il n’y a pas de quoi s’affoler et crier à la montée de l’intolérance et du populisme au Québec. D’autres nations ont fait le choix assumé de la laïcité dans les relations de l’État avec ses citoyens. Le rapport final de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, rendu public en 2008, recommandait d’ailleurs l’interdiction du port des signes religieux pour les agents de l’État en situation de coercition : juges, procureurs de la Couronne, policiers, gardiens de prison, président et vice-présidents de l’Assemblée nationale.

Le véritable scandale n’est pas qu’un gouvernement élu tente de mettre en application les recommandations d’une commission qui a sillonné le Québec, pour en arriver à une série de recommandations justes et raisonnables afin de concilier l’interculturalisme et la laïcité ouverte distinctive du Québec avec les exigences d’intégration et de francisation des nouveaux arrivants. Le véritable scandale réside dans la procrastination crasse des gouvernements libéraux de Jean Charest et de Philippe Couillard, qui ont négligé pendant de trop nombreuses années de donner suite aux recommandations. Le fait que Charles Taylor se soit dissocié du rapport depuis n’enlève en rien à la lucidité du diagnostic de l’époque et à la pertinence de l’ouvrage. Nous n’en serions pas là, à rejouer dans le vieux film identitaire post-Bouchard-Taylor, si les libéraux avaient accordé un peu plus de poids aux préoccupations de la majorité francophone.

Il y a toutefois un hic dans la démarche de François Legault. Sans en avoir fait un enjeu de fond de la campagne électorale, il s’éloigne de l’esprit et de la lettre du rapport Bouchard-Taylor en voulant désormais interdire le port des signes religieux pour le personnel de l’État en situation d’autorité (et non de coercition), ce qui revient à inclure dans un éventuel projet de loi les enseignants. Qui plus est, M. Legault menace de limoger les fonctionnaires qui ne se conformeront pas à la nouvelle directive, quitte à utiliser la disposition de dérogation au passage. Gérard Bouchard et Charles Taylor ne s’étaient jamais rendus aussi loin dans leurs réflexions.

La proposition caquiste dévie donc du consensus social arraché à la dure en 2008, sans guère de justification. Malgré le passage du temps, Le Devoirsoutient l’application des recommandations du rapport Bouchard-Taylor. Pas plus, pas moins.

Les fondements du « vivre-ensemble » n’étaient guère menacés à l’époque. Ils ne le sont pas plus aujourd’hui. François Legault s’apprête à légiférer pour régler un « problème » par anticipation, soit l’émergence d’un contingent de femmes voilées dans l’appareil d’État. Disons-le, la femme voilée est encore la mère de tous les maux dans ce débat politique à géométrie variable sur la laïcité. Qu’adviendra-t-il du crucifix à l’Assemblée nationale ? Celui-là semble bénéficier d’une clause de droits acquis.

Le gouvernement Legault rouvre des blessures mal cicatrisées. Déjà, le président de la Fédération autonome de l’enseignement, Sylvain Mallette, a indiqué que les écoles publiques n’avaient nullement besoin de ce nouveau « psychodrame ». « Interdire le port de signes religieux, ça ne donne pas plus de services aux élèves », a-t-il dit. La démarche du gouvernement Legault accentuera à coup sûr le clivage entre Montréal et le reste du Québec, la métropole se trouvant dans une situation unique en matière de diversité et de cohabitation. Des groupuscules de gauche ont déjà fait leur nid, avec bien des maladresses et des raccourcis intellectuels : la CAQ est raciste, liberticide, antiféministe. Un danger social dénoncé avec véhémence lors d’une manifestation contre le racisme dimanche à Montréal.

Dans ce climat de polarisation exacerbée, que vaut encore le rapport Bouchard-Taylor ? Cet ouvrage mesuré assoyait la légitimité de l’interculturalisme dont se réclame François Legault, tout en ratissant plus large. Les nationalistes contemporains ont réduit le débat au port de signes religieux, alors que MM. Bouchard et Taylor élargissaient la réflexion sur les accommodements raisonnables à l’intégration des nouveaux arrivants au marché du travail, à la francisation, à la régionalisation de l’immigration, à la reconnaissance des diplômes et à la lutte contre les inégalités et la discrimination.

Vivement cette approche holistique, réalisée avec doigté et pondération en lieu et place de la précipitation et de l’approximation. À moins de vouloir à tout prix un nouveau psychodrame.

Source: La CAQ et la laïcité, ou un début laborieux

Coyne and Yakabuski contrasting views on the CAQ and the notwithstanding clause in relation to religious symbols

Two very different takes, starting with Andrew Coyne:

Be careful what you wish for. Quebec’s election may have signalled a turning away from separatism — the mad, doomed project to wrench apart the country on linguistic and ethnic lines that consumed so much of the province’s energy and wealth over the last 50-odd years. But it has been accompanied by a turning toward other forms of zealotry and intolerance.

The Liberal Party and Parti Québécois may have gone down to their worst defeats in their respective histories, dispatched by voters tired of the ancient existential stalemate and the entrenched/corrupt elites that thrived upon it. But into the vacuum have surged parties peddling other fantasies.

Quebec Solidaire campaigned on a platform that might have been stolen from a student union at one of the less prestigious universities, and probably was. It was rewarded with a doubling of its share of the popular vote and a tripling of its seats in the assembly.

And the “conservative” Coalition Avenir Quebec surged to power on a mix of unfunded tax cuts, warmed-over 1970s-style dirigisme and enriched daycare subsidies. Oh, and beating up on immigrants.

The party will protest at that description, but it is not for nothing that they were feted with victory congratulations from Marine Le Pen, the French far-right leader. The party vows not only to slash immigration to Quebec — this at a time of growing labour shortages, in a province where population aging is a particular concern — but to expel those who fail a test of “values” and French language proficiency after three years.

How it would do so, or where they would be deported to, or under whose constitutional authority are among the many questions raised by this odious proposal, to say nothing of the obvious Charter issues. Party leader Francois Legault struggled to explain it during the campaign. But when a voter in Rimouski asked him whether he would fight for “us” against “these immigrants who are erasing us,” Legault was quick enough to reply: “Bien oui!”

If deporting thousands of immigrants was too much for the other parties, on the other great question of the day, whether members of religiously observant minorities should be allowed to work in the public sector, the parties were more in accord than otherwise.

While the Liberals’ Bill 62 would have banned, in the name of “religious neutrality,” covering one’s face, not only for providers but recipients of public services — those wishing to attend school, say, or ride the bus — the other parties would in some ways have gone further.

The CAQ, for example, proposes to ban anyone in a position of authority — police officers, judges, even teachers — from wearing any “conspicuous” religious symbol at work. The party has been admirably clear about what this means: those whose faith requires them to wear such symbols will not only be precluded from being hired for these jobs, but dismissed from such positions as they currently hold.

So to go with mass expulsions of ethnic minorities, add mass firings of religious minorities: the platform, not of some creepy fringe party, but of the newly elected government of Quebec. If Canadians outside Quebec think they can look the other way at this latest manifestation of the province’s famous distinctness, as they did earlier measures banning the display of English in public, they should think again. For it is about to explode in all of our faces.

Bill 62 was already tied up in the courts, the ban on face coverings suspended while its constitutionality is under review. The CAQ’s more sweeping religious bar, should it be passed into law, will quite certainly meet the same fate. But while the Liberals had never indicated they would do anything but accept the courts’ findings, the CAQ leader has again been clear: it will invoke the notwithstanding clause to override any Charter objections.

Perhaps, in the event, we will be treated to the same circus as surrounded Ontario’s recent flirtation with suspending constitutional rights: squadrons of law professors explaining again that this latest demonstration of the clause’s malevolent potential should not be held against it; elderly veterans of the constitutional wars re-emerging to protest that this was not what they intended, either; people who’ve never liked the Charter pointing out, as if it were either new or relevant, that the Charter override is in fact part of the Charter; and so on.

But in one crucial respect this time cannot fail to be different. The federal government could afford to take a pass on the Ontario fight: the override threat came in response to a particularly wonky court decision, soon set aside by an appeals court, after which it was withdrawn; it was far from clear how far the law in question, redrawing municipal election boundaries, offended against rights, as opposed to common sense; and the use of the clause was opposed by every opposition party — and, polls showed, wildly unpopular.

None of these are likely to apply in the present case. The threat to rights is obvious, and serious; it involves no arcane dispute between different levels of government, but blatant discrimination against vulnerable minorities; and yet it is likely to have the support of at least three of the four parties — and perhaps a majority of the Quebec public.

Can the federal government stay out of this? The immediate response from the prime minister was not encouraging. Invoking the notwithstanding clause, he said, is “not something that should be done lightly.” To suppress “the fundamental rights of Canadians” is “something one should be very careful about.” Stop, or I’ll shout ‘stop’ again.

No, sorry, that will not do. The question he will have to confront, the question confronting us all, is this: do we want to live in a country in which people can be fired from their jobs because of their religious beliefs? In which important positions in the public service are off limits to members of religious minorities? How can we possibly?

Source: Andrew Coyne: Quebec situation is too serious for Trudeau to stay out of notwithstanding debate

In contrast, Konrad Yakabuski is downplays the initial language and says wait to see the actual legislation:

The international headlines referencing Monday’s Quebec election left little to the imagination.

In France, where Quebec politics get more attention than anywhere outside Canada, Le Monde spoke of a “crushing victory by the right.” At the more downmarket Le Parisien, the verdict was even more sensational: Quebec Elects a Nationalist and Anti-immigration Government.

The beleaguered Marine Le Pen, leader of France’s truly anti-immigration Rassemblement national, could hardly believe her luck. She tweeted that Quebeckers had “voted for less immigration,” demonstrating “lucidity and firmness in the face of the migration challenge.”

That is hardly the message premier-designate François Legault hoped his victory would send to the four corners of the globe. But Mr. Legault is learning the hard way that what he says now carries repercussions far beyond the tiny bubble of Quebec politics and can influence his province’s reputation not just in the rest of Canada, but around the world.

For a seasoned politician, Mr. Legault was shockingly undisciplined on the campaign trail. His daily press conferences could go on ad infinitum and Mr. Legault would venture answers to reporters’ questions that a more scripted politician would not touch with a 10-foot pole. It got him into plenty of trouble and, were it not for Quebeckers’ overwhelming desire to punish the Liberals and Parti Québécois alike, it might have cost him the election.

So, it is mind-boggling why Mr. Legault chose to waste his first postvictory news conference on Tuesday by answering a double-hypothetical question about what he would do if courts strike down a law that his government is in no hurry to pass. He should have known that nothing productive could come of his outburst, which left exactly the opposite impression that he intended to make.

While the official program of the Coalition Avenir Québec that Mr. Legault leads favours prohibiting persons in a position of authority from wearing conspicuous religious symbols, passing legislation giving effect to this policy is not high on Mr. Legault’s agenda.

Yet, on Tuesday, the premier-designate was already musing about invoking the notwithstanding clause to override a non-existent court decision that nullifies the currently non-existent legislation, whose shape and form remains a matter of pure conjecture.

This is not to say some form of legislation regulating religious symbols in the public sphere won’t eventually show up on the order paper of a CAQ government. The issue of religious accommodation has dogged successive Quebec governments for more than a decade, as rising Muslim immigration has forced the province to grapple with questions of religious diversity.

Francophone Quebeckers’ idea of state secularism may not correspond with the dictionary definition of the concept, given their desire to grandfather the blatantly Catholic symbols of their past, right up to the crucifix that hangs in the National Assembly. But that doesn’t mean the new CAQ government will be able to indefinitely ignore demands to regulate other religious symbols.

There is a large consensus among Quebec’s political class that the best way to settle the debate once and for all is to follow the recommendations of the 2008 Bouchard-Taylor commission on religious accommodation. The commission, led by sociologist Gérard Bouchard and philosopher Charles Taylor, concluded that “agents of the state” (such as judges, Crown prosecutors and police officers) should be prohibited from wearing religious symbols.

In 2017, Prof. Taylor dropped his support for the proposal, saying that it had been misunderstood. Indeed, the Bouchard-Taylor report explicitly excluded teachers, civil servants and health-care professionals from the list of public employees it said should be prohibited from wearing religious symbols. But that detail seemed to have been lost on many politicians.

The official CAQ policy would include teachers among those banned from wearing the Muslim hijab or Jewish kippa. But whether a CAQ government would legislate to include teachers in the mix remains highly speculative. What’s more, any legislation regulating when and where police officers or judges could or could not wear religious symbols would likely be limited in scope.

On Wednesday, the CAQ MNA who served as the party’s justice critic in opposition moved to clean up the damage Mr. Legault created on Tuesday. Simon Jolin-Barrette insisted that the new government intends to ensure that any future legislation on religious accommodation would stand up in the courts. He added that invoking the notwithstanding clause, while an option, would never be the CAQ’s first course of action.

The CAQ has brought in Carl Vallée, who served as a press secretary to former Conservative prime minister Stephen Harper, to help the new government find its communications footing. It likely signals tighter messaging and less freelancing by Mr. Legault in the future.

After all, those headlines outside Quebec can be killers.

Legault s’emmêle à nouveau – On immigration and particularly citizenship

While the first part points out his lack of knowledge, it is the latter part where he is effectively promoting a separate Quebec version of citizenship with longer residency requirements (3 years to become a Permanent Residents, then the 3 year citizenship residency requirement) along with yet again, a Quebec Values Charter that is more revealing.

He also needs to consider the demographic and financial implications of reduced immigration that Chantal Hébert recently pointed out (By campaigning to cut immigration, Quebec’s opposition parties are playing politics with their province’s future):

François Legault reconnaît ne pas connaître sur le bout des doigts les étapes à franchir par un immigrant pour obtenir sa citoyenneté canadienne.

« Ce bout-là, je n’aurais pas gagné Génies en herbe », a-t-il laissé tomber lors d’une conférence de presse dimanche.

Le chef de la Coalition avenir Québec faisait allusion aux « bonnes questions » posées la veille par un reporter sur le système d’immigrationcanadien. À l’une d’elles, il avait répondu qu’un résident permanent n’a qu’à passer « quelques mois » au pays avant de devenir citoyen canadien. Or, c’est au moins trois ans.

« J’ai lu pas mal toute la nuit là-dessus », a mentionné le chef caquiste, tout en disant maîtriser les ressorts de l’immigration ― ou à tout le moins « l’essentiel, oui ».

Pourtant, le favori des sondages a encore confondu, dimanche, les conditions d’obtention de la résidence permanente et celles de la citoyenneté. En effet, M. Legault a dit qu’un résident permanent doit faire l’objet d’une enquête de sécurité et d’un examen médical avant de demander la citoyenneté, oubliant de dire qu’il doit aussi réussir l’examen de citoyenneté, qui porte notamment sur la géographie, l’histoire sociale, culturelle et politique du Canada, et démontrer qu’il a une « connaissance suffisante » de la langue française ou anglaise. « On va prendre votre question en délibéré », a lâché M. Legault, au terme d’un échange de quelques minutes sur le sujet.

Le chef de la CAQ a dit ne pas croire que les réponses erronées ou incomplètes qu’il a données sur le sujet aux médias nuisent à sa crédibilité. « Les Québécois, ce qu’ils veulent savoir, c’est : “Est-ce qu’on veut 40 000 ou 50 000 immigrants par année ?” La CAQ, c’est 40 000. Les libéraux, c’est 50 000. Les Québécois, ce qu’ils veulent savoir, c’est : “Est-ce que les immigrants, à l’avenir, vont devoir réussir un test de valeurs et un test de français ?” Ils savent qu’avec la CAQ, la réponse, c’est oui. Avec le Parti libéral, c’est non. C’est ça que les Québécois veulent savoir. C’est ça la crédibilité d’un chef de parti. Puis, quand je suis concret et pragmatique, je pense que les Québécois comprennent très bien ce que je dis », a-t-il affirmé à la presse.

Dans cet esprit, M. Legault a réitéré dimanche sa promesse de soumettre les nouveaux arrivants à un test de connaissance de français et des valeurs québécoises, dont la réussite serait une condition à l’obtention d’un certificat de sélection du Québec (CSQ).

D’ailleurs, selon lui, l’examen de citoyenneté préparé par le gouvernement fédéral ― qui constitue un « bon test », à ses yeux ― « vient comme montrer que ce n’est pas si effrayant que ça ce [que la CAQ] demande ». « Pourquoi ce test, au fédéral, serait acceptable et le nôtre pas acceptable ? » a-t-il demandé.

Citoyen canadien en 6 ans ?
Selon l’engagement de la CAQ, il faudrait environ six ans à un immigrant pour obtenir un passeport canadien au Québec ― trois ans pour obtenir un CSQ et la résidence permanente, plus trois ans pour la citoyenneté canadienne ―, comparativement à trois ans dans le reste du Canada. « Le français sera toujours vulnérable au Québec, en Amérique du Nord. Donc, oui, il y aura des exigences plus grandes au Québec que dans le reste du Canada », a soutenu François Legault.

Source: Legault s’emmêle à nouveau

By campaigning to cut immigration, Quebec’s opposition parties are playing politics with their province’s future

Great piece by Chantal Hébert, pointing out the sweetheart deal that Quebec has with respect to funding for immigrant integration and how it compares with federal funding to other provinces.

The numbers tell the story. Last time I looked, the federal government transferred $345 million to Quebec (2016-17 budget). While comparisons are inexact, the 2015-16 Rapport annuel de gestion of Quebec’s Ministère de l’immigration, de la diversité et de l’inclusion indicates about $97 million in direct program spending for language training (francisation) and integration services (65 percent of the total budget of about $150 million). 

Quite a gap!

Among Canada’s larger provinces, none is greying faster than Quebec. For the first time in its modern history, the province is struggling with labour shortages. To varying degrees all its regions including Montreal are affected.

Those shortages are projected to become more acute as the last of the baby boomers retire over the coming decade. Attracting workers from other provinces —as Alberta, Ontario or British Columbia routinely do — is less than an optimal solution. There is not in the rest of Canada a big supply of skilled workers readily able to function in French.

Why then are the province’s two main opposition parties campaigning on a promise to cut down on immigration?

If elected to power on Oct. 1, the currently leading Coalition Avenir Québec would reduce the number of immigrants coming to the province by 20 per cent as of its first year in office.

A CAQ government would also force newcomers, who do not after three years meet a government-set level of proficiency in French, to leave Quebec.

For its part, the Parti Québécois would limit admission to applicants who are already fluent in French. At this point, less than half of Quebec’s annual immigration intake falls in that category.

Under either plan, the number of immigrants admitted to the province would decline significantly.

By virtue of a longstanding federal-provincial agreement, Quebec selects all its immigrants except for those who apply for refugee status from inside Canada or who qualify under the family reunification program. But the citizenship process itself remains a federal responsibility and the national norms set by Ottawa apply in all provinces.

Quebec awards more points to applicants who are already fluent in French; it also proactively tries to woe them.

If there were a neglected pool of would-be immigrants — with the language skills the PQ considers essential — somewhere in the world, the province would have already found it.

On its face, the CAQ’s proposal to expel from Quebec those who fail to meet its language requirements is unconstitutional. The Charter of Rights and Freedoms guarantees the right of permanent residents to move from one province to another as they see fit.

But even if it did not, the proposition that the federal government — regardless of the party in power — should undertake to remove immigrants from Quebec to forcibly settle them elsewhere in Canada or, alternatively, to send them back to their country of origin would be dead on arrival on Parliament Hill.

Indeed, if CAQ Leader François Legault does become premier this fall, he might want to question the wisdom of shining a spotlight on the Quebec/Canada immigration accord, especially in a federal election year.

The agreement was last renegotiated in the immediate aftermath of the demise of the Meech Lake Accord — at a time when then-prime minister Brian Mulroney was desperate to blunt the impact of the failure of his constitutional bid in Quebec. It can be amended but not terminated by the federal government.

There is a reason why no Quebec government — including the PQ-led ones — has wanted to reopen the deal. It is one of the most advantageous federal-provincial agreements ever struck in the history of the federation.

It includes an escalator clause that ensures the funds Ottawa transfers to Quebec for immigration purposes do not decrease from year to year.

After more than two decades, there is a significant gap between the money Quebec receives per capita for integration purposes versus the funds transferred to the other provinces. That gap is larger than the extra costs involved in offering French-language training services. One would think no Quebec government would go out of its way to highlight this.

But then to look to common sense for the rationale of the PQ and the CAQ’s immigration proposals is to look in the wrong place.

By casting immigration as a threat to Quebec’s francophone identity, the CAQ and the PQ are playing to an audience of swing nationalist voters who could make or break their respective hopes on Oct. 1.

In this spirit, at mid-campaign Legault is casting his immigration platform as a firewall designed to prevent a French-language Quebec from disappearing within two or three generations.

There are no statistics to support the CAQ leader’s doomsday scenario. Quebec requires all immigrant children to be schooled in French until the end of high school. Even if their parents never managed to master the language, they would.

Were a future Quebec government to deliberately decrease its immigration intake even as the other provinces go the other way, it would be at a cost not only to its economy but also to its demographical weight and its influence in the federation.

Source: By campaigning to cut immigration, Quebec’s opposition parties are playing politics with their province’s future

Immigration: Legault se défend d’avoir envoyé un message de fermeture

Nuancing or spinning his earlier comments:

François Legault s’est défendu vendredi d’avoir envoyé un message de fermeture aux nouveaux arrivants lorsqu’il a affirmé que l’immigration pose un « risque » pour la survie du français. Il affirme au contraire que ses propositions aideront les immigrants à « avoir du plaisir à vivre au Québec. »

Le chef de la Coalition avenir Québec a provoqué de vives réactions, jeudi, lorsqu’il a dit craindre que « nos petits-enfants » ne parlent plus le français si le système d’immigration n’est pas réformé.

À ceux qui y voient un message de fermeture, M. Legault a assuré que c’est tout le contraire. En fait, a-t-il dit, les immigrants seront les premiers à profiter des réformes d’un éventuel gouvernement caquiste.

« Ce qu’on dit aux immigrants, c’est que si vous voulez avoir du plaisir à vivre au Québec, il faut vous intégrer, a dit M. Legault. Pour s’intégrer, il faut parler français. C’est bon pour le Québec, c’est bon pour les nouveaux arrivants. »

« Ce qu’on souhaite, c’est qu’ils soient des citoyens qui participent pleinement, d’abord à l’emploi, mais aussi en parlant avec les voisins la langue commune, le français », a-t-il ajouté.

Les positions de la CAQ ont souvent été critiquées à Montréal, où le parti n’a jamais fait élire un seul député. M. Legault a abordé le problème de front lors d’un point de presse dans la circonscription de Pointe-aux-Trembles aux côtés de sa candidate, la mairesse Chantal Rouleau.

La veille, cette dernière avait semblé contredire son chef en affirmant qu’elle n’a « pas peur » pour l’avenir du français au Québec. Vendredi, elle a assuré être sur la même longueur d’onde que M. Legault.

« L’inquiétude, elle sera pour les générations futures, a-t-elle expliqué. Si on n’agit pas maintenant, ça pourra être inquiétant plus tard. Mais c’est toujours l’histoire de la langue française au Québec : il faut toujours être vigilant. »

Cette dernière n’a cependant pas été en mesure de dire combien d’immigrants habitent sa circonscription. Il y en a 6200 selon le dossier socio-économique du Directeur général des élections, soit environ 12 % de la population.

Immigration économique

M. Legault propose de réduire à 40 000 le nombre d’immigrants qui arrivent au Québec chaque année, une baisse d’environ 20 %. Il souhaite aussi obtenir d’Ottawa le contrôle sur le programme de réunification familiale, par lequel environ 12 000 immigrants arrivent chaque année.

Ce programme fédéral permet à une personne déjà installée au Québec d’être réunie avec d’autres membres de sa famille en parrainant leur demande d’immigration. M. Legault lui reproche de n’imposer aucune exigence quant à l’apprentissage du français.

Or, même si le gouvernement Trudeau refuse de céder le contrôle du programme, un gouvernement caquiste restera ferme sur son objectif de réduction global. Quitte à réduire le nombre d’immigrants économiques qui sont sélectionnés par Québec.

« Ça pourrait être ça », a-t-il convenu.

Source: Immigration: Legault se défend d’avoir envoyé un message de fermeture

Legault réduirait le nombre d’immigrants dès sa première année au pouvoir

Given increasing federal numbers, this would mean a relative decrease in Quebec population relative to the rest of Canada and thus decreased political importance over time:

Un éventuel gouvernement de la Coalition avenir Québec réduira dès la première année de son mandat le nombre d’immigrants de 20 %, a confirmé l’entourage de François Legault, mercredi. Une précision qui est survenue après qu’une candidate eut indiqué qu’il faut baisser ce seuil « graduellement ».

M. Legault a visité une production maraîchère en serre à Sainte-Clotilde-de-Châteauguay, en Montérégie. Sur les 250 employés de l’entreprise, 170 sont d’origine étrangère. Il s’agit pour la plupart de travailleurs étrangers temporaires.

Dans cette région agricole, l’immigration est un enjeu important, a convenu la candidate caquiste dans Huntington, Claire IsaBelle. Car plusieurs entreprises agricoles peinent à trouver des employés.

« On n’a pas cette pénurie de main-d’oeuvre quand on va chercher les étrangers, la population immigrante, la main-d’oeuvre immigrante, a expliqué Mme IsaBelle. Ils nous aident beaucoup. Il faut considérer qu’ils sont essentiels. »

Or, la CAQ propose de réduire de 50 000 à 40 000 le nombre d’immigrants admis chaque année au Québec. Questionnée à savoir si cette proposition est compatible avec les besoins des agriculteurs, la candidate a indiqué que la mesure n’entrera pas en vigueur immédiatement.

« On ne va probablement pas baisser à 40 000 tout de suite, la première année qu’on est au pouvoir, a indiqué Mme IsaBelle. On va baisser probablement graduellement. »

Contredite

Cette affirmation a été contredite quelques minutes plus tard par l’entourage de M. Legault. On a précisé aux journalistes que la baisse du nombre d’immigrants aura lieu dès 2019, première année complète d’un éventuel gouvernement caquiste.

Plus tôt dans la campagne, François Legault a argué que la réduction temporaire des seuils d’immigration permettrait d’améliorer l’intégration des nouveaux arrivants à la société québécoise. Il a fait valoir qu’environ le quart des immigrants quitte la province.

Cette prise de position lui a valu de vives critiques du Parti libéral, qui juge que la pénurie de main-d’oeuvre est le plus grave problème qui pèse sur l’économie québécoise.

Une « erreur massive », selon Couillard

Pour Philippe Couillard, promettre une baisse du seuil d’immigration est « une erreur massive ». « Pour cette seule raison, parce qu’il y en a d’autres, la CAQ ne devrait pas être autorisée par la population à former le gouvernement », a lancé le chef libéral, de passage à Sherbrooke.

Il a fait valoir que la promesse de M. Legault est « antiéconomique ». « Le problème économique le plus important au Québec, je ne l’invente pas, tout le monde nous le dit au Québec : la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée, moins qualifiée. L’immigration fait partie de la solution. »

C’est d’autant plus nuisible pour l’économie selon lui que M. Legault serait forcé de diminuer le nombre de nouveaux arrivants de la catégorie de l’immigration économique (30 000 des 50 000 personnes que l’on accueille chaque année). C’est la seule catégorie sur laquelle le gouvernement du Québec exerce un contrôle. Le reste est sous la responsabilité du fédéral : il s’agit des réfugiés et des nouveaux arrivants issus de réunifications familiales. Pour M. Couillard, « François Legault a une méconnaissance des faits et des pratiques d’immigration ».

Le chef libéral reste évasif quand on lui demande ses intentions au sujet du seuil d’immigration. Il a d’abord dit vouloir le « maintenir » à 50 000, mais il a entrouvert la porte à une augmentation au cours d’un prochain mandat. « Ce pourrait être le même nombre, par exemple si on pense qu’on a besoin d’un an de plus pour bien stabiliser, voir l’impact de cela », a-t-il déclaré, laissant entendre qu’une hausse pourrait survenir par la suite.

Avant d’annoncer une intention, « je veux m’assurer que les efforts qu’on va déployer (en intégration et en francisation) soient au moins au niveau des personnes qui arrivent. Je pense qu’on est là maintenant ». Il souhaite également voir « comment les besoins de main-d’oeuvre évoluent ». Il a rappelé que le seuil d’immigration est proposé par le gouvernement et fait l’objet d’un débat parlementaire avant son adoption.

Source: http://www.lapresse.ca/actualites/elections-quebec-2018/201809/05/01-5195331-legault-reduirait-le-nombre-dimmigrants-des-sa-premiere-annee-au-pouvoir.php

La CAQ adoucit sa position sur l’immigration

The contrast in titles between the Globe (CAQ seeks to expel immigrants who fail ‘Quebec values’ test – The Globe and Mail) and La Presse is telling (La Presse is the more up-to-date version).

Will be interesting to see if the CPC in its effort to gain support in Quebec by further devolving immigration responsibility to that province (Tories on the rise in Quebec as Scheer woos former Bloc voters, poll …) will have second thoughts should the CAQ be elected and implement such post immigration testing:

À quatre mois des prochaines élections, la Coalition avenir Québec (CAQ) a édulcoré sa position sur l’immigration. Plus question pour le Québec d’expulser des immigrants qui, au bout de trois ans, n’ont pas appris le français ou ne cherchent pas un emploi ; il appartiendra à Ottawa de procéder éventuellement à des évictions.

Dans un « document d’orientation » sur l’immigration publié ce mois-ci, la CAQ se défend de vouloir expulser ou extrader des immigrants : « le recours à ce vocabulaire témoigne d’une mauvaise foi ou d’une méconnaissance de nos institutions », indique-t-on. Un immigrant « récalcitrant » qui ne respecterait pas l’engagement pris à son arrivée ne serait plus admissible au Certificat de sélection du Québec ; « le gouvernement du Québec fera alors parvenir au gouvernement fédéral un avis officiel pour l’informer de la présence en territoire canadien d’une personne sans statut. Le gouvernement fédéral décidera alors des mesures qu’il entend prendre ».

« [Le pouvoir d’expulsion], je ne pense pas avoir jamais dit que ce serait le gouvernement qui le ferait. Le seul pouvoir que le Québec a est d’accorder ou non un certificat de sélection. » – François Legault, chef de la CAQ, dans un entretien avec La Presse

Sans ce certificat, « techniquement, la personne se retrouve sans statut, donc elle ne peut rester au Canada ».

En conférence de presse, le 16 mars 2015, en présentant la politique avec le député Simon Jolin-Barrette, M. Legault s’était fait demander si les contrevenants seraient expulsés. « L’immigrant [qui] ne reçoit pas son certificat permanent, bien oui, il devra retourner, puis le gouvernement fédéral devra s’assurer que cette personne retourne chez elle », avait-il dit. Plus tard, à une autre question sur l’éviction des immigrants récalcitrants, il avait ajouté qu’ils pourraient être candidats dans d’autres provinces, mais pas au Québec. « Ils ne peuvent pas rester de façon permanente même s’ils se sont fait une blonde, un chum au Québec puis qu’ils ont eu un enfant. À un moment donné, il y a des lois, puis nous, on pense que c’est important pour le vivre-ensemble québécois que les personnes parlent français, connaissent et respectent les valeurs québécoises et répondent aux objectifs d’employabilité », avait soutenu M. Legault il y a trois ans.

La proposition de la CAQ maintient la réduction du nombre d’immigrants acceptés chaque année – des 50 000 actuels, on voudrait passer à 40 000. « C’est une réduction temporaire », a expliqué hier M. Legault, qui rappelle qu’après 10 ans, 26 % des immigrants reçus ont quitté le Québec. « Pendant un certain nombre d’années, il faut réduire le nombre. Actuellement, à 50 000, on excède nos capacités à l’emploi et à la formation en français », observe-t-il. La barre sera remise à 50 000 une fois ces objectifs atteints. « Au cours d’un mandat ? Je ne veux pas fixer de délais, mais cela pourrait être ça », a précisé M. Legault.

Selon le premier ministre Philippe Couillard, la position de la CAQ illustre que pour ce parti, l’immigration « est un problème à régler ». « [Une autre idée] de M. Legault qui est brouillonne et inapplicable à plusieurs égards. Ce que sous-tend ce discours-là, c’est le fait que l’immigrant est un problème ; c’est un problème à régler, alors que c’est une occasion extraordinaire pour le Québec », a lancé M. Couillard en marge du point de presse où il a confirmé qu’Alexandre Taillefer deviendrait président de la campagne électorale du Parti libéral du Québec (PLQ).

Au Parti québécois (PQ), on qualifie la position de la CAQ en matière d’immigration d’« irréaliste ».

« Ce n’est pas sérieux, a martelé hier le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée. Ce que la CAQ dit, c’est : “On va faire entrer jusqu’à 100 % d’immigrants qui ne connaissent pas le français puis, après trois ou quatre ans, s’ils ne l’ont pas appris, ils vont rester parce qu’on va demander au fédéral de les expulser, [mais] le fédéral ne va pas les expulser.” »

« On est au coeur de l’imagination fautive de la CAQ, proposer des affaires qui ne se peuvent pas, qui n’existera pas, qui ne sera pas appliquée », a souligné M. Lisée.

via La CAQ adoucit sa position sur l’immigration | Denis Lessard | Politique québécoise

Forget sovereignty, a new political divide is ready to split Quebecers – Macleans.ca

New political fault lines? Or just another variation of identity politics?

The divisions that once defined Quebec are dissolving before the eyes of its oldest political parties. Less than a year before the next election, fear of another referendum—or desire for one—is no longer top of voters’ minds, challenging the raisons d’être of both the ruling federalist Liberals and their rivals, the separatist Parti Québécois. Freed from the old worries, though, Quebecers might soon be following the worldwide trend of right-left polarization, splitting along populist and progressive lines.

The Liberals were elected with a majority in 2014 after the PQ’s attempt to capitalize on Quebec’s decade-long identity debate with the Charter of Quebec Values. It will go down as one of the worst misplays in the province’s political history, says François Pétry, a Université Laval political scientist, because much as they like debating the value of state secularism, Quebecers are disturbed by the idea of fighting with each other.

Now, after three years of focusing on the province’s economy, and pulling it out of deficit, Premier Philippe Couillard is wading into that same territory. Bill 62, a new law banning face coverings while receiving public services, was championed by the Liberals, and is already subject to two court challenges.

 It is drawing ire from all sides. Civil liberties advocates say it unfairly targets a tiny portion of Muslim women, while the nationalist opposition parties, Coalition Avenir Québec (CAQ) and the PQ, say it doesn’t go far enough. Premiers across the country have denounced it and Prime Minister Justin Trudeau has said the federal government is studying legal ways it could join the chorus. “It’s not a good initiative, purely on the electoral front,” Pétry says, adding the law figured nowhere in the Liberals’ election platform. “If you start to create conflicts between Quebecers, [you’re] probably going to suffer the consequences.”
It’s one of the few mistakes Couillard has made, according to Pétry, who tracks politicians’ promises and says Couillard has kept more of his than any premier in recent Quebec history. That and the government’s strong fiscal performance makes the Liberals’ recent slump in the polls a paradox. The most recent by Leger, published in October, had the Liberals running second to the four-year-old, right-of-centre CAQ on the question of voting intentions, with 29 per cent support compared to 34 per cent for the CAQ.

Couillard may be paying, says Pétry, for ethics blunders made by the party under its former leader, Jean Charest, which have tainted how voters view the party. What’s more, the Liberals have been in power since 2003, save for a two-year stint by the PQ under Pauline Marois, leaving many antsy for change.

“For the first time in 40 years, a party other than the PQ and the PLQ could be in power, and that’s a real feat,” says Dan Pelletier, a 45-year-old Laval security guard who plans to vote CAQ in the next election. Pelletier says he’s for legislation like Bill 62, as long as it’s done “with respect for the [minority] communities that live with us, without becoming authoritarian.”

Still, the CAQ, which has been criticized for sowing us-versus-them political division, has vowed to enact even further-reaching religious attire legislation, which would put Quebec at greater odds with the rest of the country. It’s a prospect that worries Emilie Nicolas, co-founder of Québec Inclusif and a Ph.D. candidate in anthropology at the University of Toronto, who says Quebec has seen “a progressive normalization of distrust of Muslim communities” since the early 2000s.

Discussions surrounding religious accommodations have long been placed in the context of Quebec’s separating of church and state in the 1960s. Some say that watershed moment can no longer be used to explain Quebec’s unease with those different from its French settlers. “In this day and age no society is an island,” says Arjun Tremblay, a postdoctoral fellow at the Université du Québec à Montréal who studies the politics of multiculturalism. He doubts any Quebec leader can steer clear of addressing identity for long—it “strikes an emotional chord in a lot of people,” he says, “and can be used to mobilize segments of the electorate.”

Tremblay, like others, points to the Trump administration’s “thinly veiled anti-Muslim” immigration and refugee bans. A far-right movement is gaining ground in the province, especially in Quebec City, where less than a year ago a mass shooting at a mosque left six dead and 19 seriously injured. The suspect, 27-year-old Alexandre Bissonnette, was said to have an affinity for Trump and the white nationalist groups supporting him.

The attack fuelled calls for the Quebec government to launch a formal commission looking into systemic racism in the province. But a month after it launched, Couillard changed its focus and name, ridding it of terms of reference relating to systemic racism in favour of vaguer language on discrimination and integrating immigrants. Nicolas says the move, compounded by Bill 62, shows how out of touch Quebec politicians are with the appetite among young voters to address social justice issues. “Millennials are not that young anymore,” she says, “and it turns out that they can vote if they feel like it makes a difference.”

Case in point: the Nov. 5 election of Valérie Plante, the first woman voted mayor of Montreal, who ran on a platform of progressive politics and on her independence from the political establishment. Her cheery demeanour helped. Plante’s predecessor, Denis Coderre, a former Liberal MP and cabinet minister, was seen as arrogant. Quebec’s main parties may be driven and divided by 1990s politics, Nicolas says, but that’s changing, “actually as we speak.”

Whether the Liberals find a way to renew themselves or dig deeper into old debates will determine how they do come October 2018, she predicts. Either way, the old guard remains in place and has 11 months to pick up the pieces. And if there’s one thing the experts agree on, it’s that 11 months in politics is a long time.

via Forget sovereignty, a new political divide is ready to split Quebecers – Macleans.ca