Dutrisac: La prison pour asile

Interesting example of turning an opinion column on migrant detention centres into reinforcing Dutrisac’s legitimate concern over the declining weight of Quebec given its lower immigration levels, with a barb thrown in regarding McKinsey and Dominic Barton:

C’est en janvier 2017 que Justin Trudeau a lancé son tweet où il invitait « ceux qui fuient la persécution, la terreur, la guerre » à débarquer au Canada — « sachez que le Canada vous accueillera », écrivait-il. Six ans plus tard, le gouvernement fédéral a inauguré un nouveau centre de détention pour incarcérer certains demandeurs d’asile. On peut penser qu’à l’époque, un tel développement n’avait pas effleuré l’esprit du premier ministre canadien.

Dans ce tweet innocent, Justin Trudeau fait preuve d’une bonne dose d’inconscience, si ce n’est d’hypocrisie, car le Canada, aussi vaste et généreux le croit-on, ne peut raisonnablement accueillir les dizaines de millions de personnes qui sont forcées tous les ans de quitter leur pays.

Comme nous l’apprenait Le Devoir dans son édition de samedi, Ottawa a inauguré en octobre à Laval un centre de détention pour les demandeurs d’asile et les immigrants temporaires, ce qu’on appelle par euphémisme un « centre de surveillance ». Construit au coût de 50 millions, le nouveau centre remplace d’anciennes installations jugées vétustes. L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), de laquelle relève le centre, en a profité pour augmenter le nombre de places pour le porter à 153, contre 109 pour l’ancien bâtiment. Seulement 66 « détenus » s’y trouvaient à la fin décembre, tandis que les centres correctionnels administrés par Québec en accueillaient une quinzaine. Les pensionnaires de cette prison fédérale « dorée », mais prison quand même puisqu’ils ne peuvent en sortir à moins d’être libérés, ont la particularité de n’avoir commis aucun crime qui justifierait leur détention. Des papiers qui ne sont pas en règle, des doutes sur l’identité du ressortissant étranger ou des risques de fuite sont évoqués par l’agence pour justifier cette mesure de « dernier recours ». Comme dans les vraies prisons, les détenus n’ont pas droit à leur cellulaire, ni accès à Internet ; on peut se demander pourquoi.

Les organismes de défense des libertés civiles comme Amnistie internationale dénoncent l’incarcération de ces migrants qui n’ont commis aucun crime. Contrairement au Québec et à l’Ontario, la Colombie-Britannique a mis fin à l’entente avec l’ASFC visant la détention de migrants dans des prisons provinciales. L’Alberta et la Nouvelle-Écosse ont annoncé qu’elles en feraient autant. Depuis 2015, il y aurait eu 8000 de ces détenus au Canada — la période de détention moyenne est de 22 jours —, dont 2000 dans des prisons provinciales et le reste dans les trois centres de détention de l’ASFC.

C’est relativement peu considérant les millions de ressortissants étrangers qui sont entrés au pays depuis huit ans. Au Québec, par exemple, les quelque 80 migrants détenus actuellement se comparent aux 36 000 demandeurs d’asile qui seraient entrés par le chemin Roxham dans la seule année de 2022, ce qui s’ajoute aux dizaines de milliers de demandeurs, déjà présents sur le territoire québécois, qui sont toujours en attente d’une décision d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Ou encore aux 150 000 demandeurs d’asile qui, selon Le Journal de Montréal, sont arrivés au Québec depuis cinq ans, soit 52 % du total canadien.

Or, que ce soit pour obtenir un permis de travail des autorités fédérales ou pour obtenir une réponse définitive sur le statut de réfugiés, les délais ne font que s’allonger. Pour les demandeurs d’asile qui passent par le chemin Roxham, ces délais peuvent s’étendre sur plusieurs années. Ceux dont la demande est rejetée ont le temps de s’établir ici avant de recevoir un avis d’éviction, éviction que nombre d’entre eux tenteront d’éviter en se réfugiant dans la clandestinité. Le système est dysfonctionnel, comme les autres volets de l’immigration. Dans ce contexte, on peut se demander à quoi peut bien servir la détention traumatisante d’une poignée de migrants.

Parmi les ministères fédéraux, c’est l’IRCC qui, depuis 2015, a dépensé le plus pour des conseils en gestion de la firme de consultants américaine McKinsey, a rapporté Radio-Canada. Or l’ironie, c’est que la désorganisation notoire de l’IRCC s’est aggravée en raison de l’accroissement pléthorique des seuils canadiens d’immigration, une recommandation de 2016 d’un comité formé par Ottawa et présidé par Dominic Barton, alors premier dirigeant mondial de McKinsey. Par la suite, le consultant a cofondé The Century Initiative, ou Initiative du siècle, un lobby qui promeut le projet de porter à 100 millions la population du Canada d’ici 2100.

Constater qu’à nos frais, nous participons dans ce pays, au sein duquel le Québec perdra inexorablement son poids démographique et donc politique, à une expérimentation sociale inédite concoctée par McKinsey n’a rien de rassurant.

Source: La prison pour asile

ICYMI: Quebec suspends Entrepreneur and Self-Employed Immigration programs for non-Francophones

Of note. Unclear whether many who entered under these programs remained in Quebec or, like the investor program, ended up elsewhere:

Some entrepreneurs who are hoping to immigrate to the province by way of the Quebec Entrepreneur Program (QEP) and the Quebec Self-Employed Program (QSP) will have to change their plans.

As of December 28 the programs are no longer available to immigrants who speak English.

In a press release announcing the decision last week, Immigration minister, Christine Fréchette called it the first step in strengthening the permanent immigration of francophones to Quebec.

“To say that this will be yet another measure that would help protect the French language in the province is greatly disappointing and frankly shocking,” said immigration lawyer Marc-Andrée Séguin.

Only 75 non-French speaking applicants per year were selected. There is no such quota for francophones.

Winston Chen –who spearheaded the entrepreneur programs in 2018– was disappointed to hear the news.

“We are just cutting off the pool of talent of entrepreneurs and potential entrepreneurs,” Chen said. “Now is not the time. We also have a shortage of entrepreneurs and shortage of new companies.”

Immigration experts argue the decision will only hurt Quebec.

“What we want is to make sure that Quebec is at the top,” said Christine Poulin, an immigration consultant. “We need people, we want to attract people who work with the top.”

Susan Harris, an artist from New York, was planning to move to Montreal and eventually open her own gallery.

“This summer I bought a place in Montreal and started to know some of the people in the arts and go to the galleries and to the museums,” said Harris. “Every trip made me more happy and more excited about doing this.”

But Harris received a letter in the mail last week notifying her that her application would not be processed.

“I don’t see where my application for residency as a technically non-French speaking person is jeopardizing to anybody or certainly to the French culture,” said Harris who says she has been making every effort to learn and speak French.

Immigration experts fear people like Harris will settle in other provinces and say the immigration ministry could have gone about it differently.

“They could have absolutely made the certificate of selection conditional on these applicants actually demonstrating a proficiency in French,” said Séguin. “But they could make that requirement at the end of the process rather than at the beginning.”

Premier François Legault made it clear during his speech at the opening of the 43rd session of the National Assembly that stopping the decline of French in the province is one of his top priorities.

According to Legault, Francophone immigration will be vital to achieving that goal.

Source: Quebec suspends Entrepreneur and Self-Employed Immigration …

Encore loin de la représentativité dans la fonction publique québécoise

Of note. But as in the case of the federal government, progress:

Le gouvernement du Québec tarde à atteindre ses objectifs d’accès à l’emploi pour les fonctionnaires des minorités visibles et ethniques. La fonction publique doit ajouter au strict minimum deux milliers d’employés issus de la diversité d’ici l’an prochain, mais le compte à rebours est bien amorcé.

Pour que « l’ensemble de la population du Québec puisse se reconnaître dans la fonction publique », Québec s’était fixé l’objectif que 18 % des employés de l’État fassent partie d’une minorité visible ou ethnique (MVE) en mars 2023. Or, selon des statistiques tout juste rendues publiques, le gouvernement est encore loin du compte.

Le 31 mars 2022, le taux de présence des personnes racisées parmi les quelque 60 000 employés de l’État s’élevait à 15,4 %, révèlent les données du Secrétariat du Conseil du trésor. C’est 1,4 point de pourcentage de plus que l’année précédente (14 %), mais encore loin de la cible réitérée l’an dernier par le Groupe d’action contre le racisme (GACR).

Mis sur pied lors du dernier mandat caquiste, ce comité interministériel n’a pas pu faire le bilan de ses actions en 2022 à temps pour les Fêtes. Celui-ci paraîtra « cet hiver, [donc] en 2023 », a indiqué au Devoir le cabinet du ministre responsable de la Lutte contre le racisme,Christopher Skeete. En décembre 2021, cependant, le ministre responsable de l’époque, Benoit Charette, avait convenu que la fonction publique en faisait « trop peu » en matière d’embauche de personnes racisées.

En quatre ans, la représentativité des personnes issues des MVE au gouvernement a grimpé de 4,1 points de pourcentage.

Des meilleurs aux pires

Le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration remporte, et de loin, la palme de la représentativité. En mars, près de la moitié (46,1 %) de ses employés provenait de la diversité, et l’ensemble de ses objectifs régionaux avaient été atteints. Au second rang : le ministère de la Famille, à 28,4 %, puis l’Économie, à 21,1 %.

Parmi les cancres, le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs — depuis scindé —, qui comptait dans ses rangs 3,4 % de personnes racisées en mars 2022. Non loin de là, le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles — lui aussi remanié cet automne — (8,9 %), ainsi que celui de la Culture et des Communications (10,9 %).Interrogé par Le Devoir à ce sujet, le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs n’a pas répondu dans les temps impartis. Son rapport annuel de gestion 2021-2022 indique cependant que sur 1112 nouvelles embauches, 63 personnes étaient issues des MVE.

Le ministère du Conseil exécutif, qui est piloté par l’équipe du premier ministre, atterrit aussi parmi les moins représentatifs. Au total, 8,3 % de ses employés sont des personnes racisées.

Dans son plan d’action déposé en décembre 2020, le GACR avait formulé cinq recommandations quant à l’emploi des minorités visibles et ethniques. « Pour faire de la fonction publique […] un employeur exemplaire », Québec s’engageait notamment à « négocier et à conclure, d’ici cinq ans, des ententes internationales en matière de reconnaissance des qualifications professionnelles » et à « garantir la présence d’au moins un membre provenant d’une minorité visible au sein de la majorité des conseils d’administration des sociétés d’État ».Le Secrétariat du Conseil du trésor, qui gère l’embauche des fonctionnaires, assure « met[tre] en place des actions pour soutenir les [ministères et organismes] dans l’atteinte des cibles ». « Au printemps et à l’automne 2021, le secrétaire du Conseil du trésor a transmis deux communications aux sous-ministres et aux dirigeants d’organismes afin de dresser le portrait de la situation et les inciter à mettre les efforts nécessaires en vue d’atteindre la cible de 18 % en 2023 », a écrit l’équipe des communications au Devoir vendredi.

Source: Encore loin de la représentativité dans la fonction publique québécoise

Trudeau says Quebec has the ‘tools’ to welcome 112,000 immigrants, more than double its goal, Trudeau forcé de clarifier ses propos sur les seuils d’immigration

Correct. Not a question of having or not having the tools but Quebec takes a more more critical look at immigration rathe than the “more the merrier” approach in the rest of Canada. Have included an article from Le Devoir on the false controversy his remarks caused, forcing him to clarify his remarks (even if I found them clear).

But the divergent approaches to immigration, and the resulting dilution of Quebec’s weight in the federation, are a cause for medium-and-longer concern:

Quebec’s immigration minister has responded to comments from Prime Minister Justin Trudeau, saying his assertion that the province could welcome up to 112,000 immigrants every year instead of the planned 50,000 is “insensitive” to Quebec’s challenge of protecting the French language.

Trudeau told The Canadian Press Monday afternoon in a year-end interview that Quebec had the resources to host more than double the immigration threshold it has set for itself and that the province already has “all the tools” for those people to be francophones.

Earlier this year, the federal government set a goal of welcoming 500,000 new immigrants by 2025 — 112,000 represents 22.3 per cent of that number, which is the equivalent of Quebec’s population within Canada.

Source: Trudeau says Quebec has the ‘tools’ to welcome 112,000 immigrants, more than double its goal

Le premier ministre Justin Trudeau a tenu mardi à préciser ses propos voulant qu’il fasse le « constat » que le Québec « a la capacité », selon lui, d’accueillir jusqu’à 112 000 immigrants par année, face aux commentaires désapprobateurs de la ministre québécoise de l’Immigration et de certains partis d’opposition aux Communes.

En entrevue de fin d’année avec La Presse canadienne, M. Trudeau avait, dans sa réponse à une question dans laquelle ce chiffre lui était présenté, répété ce dernier.

« Le Québec a actuellement la pleine capacité d’accueillir 112 000 immigrants par année. […] C’est un constat », avait-il dit lundi.

Le premier ministre était interpellé sur le fait que les Québécois représentent 22,3 % de la population canadienne et que ce chiffre de 112 000 correspond donc à la proportion des 500 000 immigrants que son gouvernement a récemment annoncé vouloir accueillir annuellement d’ici 2025.

Mardi, M. Trudeau est revenu sur ses propos durant la période des questions, bloquistes et conservateurs l’accusant de s’immiscer dans la décision de Québec de fixer ses propres seuils d’immigration.

« Je n’ai pas proposé de chiffres pour le Québec, a-t-il soutenu. J’ai reconnu que le Québec avait la capacité d’augmenter ses seuils d’immigration s’il le voulait. Ils ont ces pouvoirs parce que nous reconnaissons l’importance que le Québec a dans la protection de la langue française et de la nation québécoise. »

Pourtant, au cours de l’entrevue de fin d’année, il a bel et bien mentionné nommément « 112 000 » en réponse à une question.

« Je ne suis pas en train de le recommander [les 112 000 immigrants] non plus », avait ensuite nuancé M. Trudeau.

Les journalistes de La Presse canadienne venaient alors de porter à son attention l’écart entre le chiffre de 112 000 immigrants et les seuils de 50 000 et 70 000 qui ont été évoqués respectivement, en campagne électorale provinciale, par le gouvernement de François Legault et le Parti libéral du Québec. Québec solidaire a pour sa part proposé que la province reçoive entre 60 000 à 80 000 nouveaux arrivants par année.

Le premier ministre fédéral a expliqué son « constat » en faisant référence à l’accord entre le Québec et Ottawa en matière d’immigration qui donne tous les outils nécessaires au Québec pour l’accueil de 112 000 immigrants.

Dans ses échanges aux Communes, M. Trudeau a insisté que « c’est une décision pour le Québec et nous respectons les compétences à ce niveau-là ».

Or, l’opposition officielle conservatrice a plutôt interprété les propos du premier ministre comme une « directive », a résumé en mêlée de presse son lieutenant politique pour le Québec, Pierre Paul-Hus.

« M. Trudeau dit : “On peut avoir jusqu’à 112 000 immigrants au Québec”. Le gouvernement du Québec dit : “Non. On a calculé que nous, pour bien accueillir des immigrants, c’est 50 000’’. Donc M. Trudeau fait de façon indirecte une forme d’efforts d’imposer un seuil d’immigration pour le Québec, ce qu’on considère qu’il ne devait pas se faire », a-t-il dit.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet estime aussi que M. Trudeau veut imposer sa vision.

« En 24 heures, le premier ministre dit qu’il faut que le Québec accueille 112 000 immigrants. “Oh ! Je ne l’impose pas”, mais toutes les autres fois il a dit qu’il voudrait bien l’imposer », a-t-il mentionné durant la période des questions.

Il a, de plus, suggéré que le fédéral était bien mal placé pour parler en raison des arriérés dans le traitement de dossiers d’immigration.

« Est-ce qu’il devrait refaire ses devoirs et laisser le Québec gérer tant l’immigration que le français ? », a tonné M. Blanchet.

Du côté du gouvernement de François Legault, la ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Christine Fréchette, a déclaré par écrit que les propos de M. Trudeau lui paraissent « insensibles ».

« C’est au Québec, et au Québec seul, de déterminer ses seuils d’immigration », a-t-elle souligné. La ministre n’était pas disponible pour une entrevue mardi.

Selon elle, le Québec a « un double défi, qui est unique au Canada », soit de s’attaquer à la pénurie de main-d’oeuvre tout en arrêtant le déclin du français, « ce à quoi M. Trudeau semble rester insensible », a-t-elle ajouté.

Source: Trudeau forcé de clarifier ses propos sur les seuils d’immigration

Ottawa doit revoir sa cible à la hausse, dit le ministre Roberge

Meanwhile, no revision of Quebec levels…:

Le gouvernement Trudeau a annoncé le mois dernier que le Canada prévoyait accueillir un nombre record de 500 000 nouveaux arrivants par année à compter de 2025. De ce nombre, il se fixe comme objectif de recevoir 4 % d’immigrants francophones. Selon M. Roberge, cette cible est carrément « insuffisante » pour assurer la vitalité des communautés francophones en milieu minoritaire et contrer le déclin du français au Canada. 

Ottawa n’a jamais réussi à atteindre cette cible dans le passé. Il y a donc un important retard à combler, a fait valoir M. Roberge en entrevue avec La Presse. Selon lui, le gouvernement Trudeau doit plutôt fixer « un seuil de réparation » de 12 % à 20 % d’immigrants francophones. 

« Atteindre la cible de 4 %, il n’y a pas personne qui va se satisfaire de cela. Le Québec ne sera pas satisfait si le gouvernement fédéral atteint sa cible insuffisante. C’est une mauvaise cible. Atteindre une mauvaise cible, c’est échouer quand même », a affirmé sans ambages M. Roberge. 

La cible de 4 % est trop basse. Cela fait trop longtemps qu’elle est trop basse. Et en plus, le gouvernement fédéral échoue à atteindre une cible trop basse. Cela veut dire qu’il a accumulé un retard au fil des années. Il a l’obligation morale de rattraper ce retard.

Jean-François Roberge, ministre des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne

M. Roberge, qui était de passage à Ottawa jeudi et vendredi afin de rencontrer notamment son homologue fédérale, la ministre des Langues officielles Ginette Petitpas-Taylor, appuie sans hésiter une demande de la Fédération des communautés francophones et acadienne, qui presse le gouvernement Trudeau de refaire ses devoirs en matière d’immigration francophone. 

Des statistiques « alarmantes »

Le mois dernier, le ministre fédéral de l’Immigration, Sean Fraser, a confirmé que le Canada entendait ouvrir plus que jamais ses portes à l’immigration. Au cours des trois prochaines années, on compte accueillir près de 1,5 million d’immigrants. 

En 2023 et en 2024, les seuils d’immigration seront de 465 000 et 485 000 nouveaux arrivants respectivement, et de 500 000 en 2025. Ces cibles s’appliquent à l’ensemble du pays sauf le Québec. Au Québec, le gouvernement Legault s’en tient pour le moment à une cible de 50 000 immigrants par année. 

En entrevue, M. Roberge a affirmé que les statistiques sur le déclin du français sont alarmantes au Québec et dans le reste du pays. Au Québec, tous les voyants sont au rouge, a-t-il répété en citant les plus récentes données de Statistique Canada. Il a rappelé que l’on assiste à un recul du français sur plusieurs fronts dans la Belle Province — langue maternelle, langue de travail, langue parlée à la maison. 

Si ça va mal pour le français au Québec, eh bien, ce sont des temps durs pour la francophonie hors Québec. Et si la francophonie canadienne ne va pas bien, ce n’est pas bon non plus pour le français au Québec. C’est un déclin qui nourrit l’autre. En ce moment, il y a des reculs partout.

Jean-François Roberge, ministre des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne

« Ce n’est pas seulement causé par les politiques migratoires. Il faut faire attention. Ce n’est surtout pas la faute des immigrants eux-mêmes. Je ne jette pas la pierre aux immigrants. Mais on doit avoir des politiques d’immigration qui nous permettent de corriger les erreurs qui ont été commises. Il est temps que le gouvernement fédéral change la donne », a-t-il pris soin d’ajouter. 

Des étudiants francophones étrangers exclus

M. Roberge a indiqué avoir abordé ce dossier avec le lieutenant politique de Justin Trudeau au Québec, le ministre du Patrimoine Pablo Rodriguez, et avec le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc. 

Un geste qui pourrait être fait rapidement touche les étudiants francophones étrangers. « Le premier signe de bonne foi, ce serait de changer dans les prochaines semaines, sans perdre de temps, le processus qui mène à l’octroi des permis pour les étudiants francophones étrangers. Il y a dans les formulaires un vice qui exclut des dizaines de milliers d’étudiants francophones étrangers quand on leur demande s’ils songent à rester au pays. Juste pour le Québec, c’est 20 000 étudiants francophones étrangers qui sont exclus. C’est énorme », a-t-il déploré. 

M. Roberge a aussi exhorté le gouvernement Trudeau à amender le projet de loi C-13 visant à moderniser la Loi sur les langues officielles. « Ce projet de loi, tel qu’il est en ce moment, n’est pas acceptable pour le Québec », a-t-il dit. 

Selon lui, il est impératif d’y inclure une approche « asymétrique » qui accorde la priorité à la protection du français tant au Québec que dans le reste du pays. « C-13 met les communautés linguistiques minoritaires sur un pied d’égalité. Cela veut dire qu’on s’inquiète pour les anglophones du Québec parce qu’ils sont minoritaires. Je m’excuse, mais c’est n’importe quoi. Le français est minoritaire à l’échelle pancanadienne et, bien que majoritaire au Québec, il y est menacé. Ce n’est pas Jean-François Roberge qui le dit. C’est Statistique Canada.

Source: Ottawa doit revoir sa cible à la hausse, dit le ministre Roberge

Dutrisac: La loi 96 ne suffira  pas [#cdnimm aspects]

Yet more, highlight temporary foreign workers and that about half are working in English:

Dans son discours d’ouverture de la 43e législature à l’Assemblée nationale, le premier ministre François Legault a reconnu que l’application des dispositions de la loi 96 sur la langue commune, adoptée en mai dernier, ne suffira pas à stopper le déclin du français. « On ne doit pas en rester là », a-t-il dit.

À juste titre, François Legault estime qu’il « est impératif de mettre fin à ce déclin et de renverser la tendance ». Il y voit son « premier devoir » comme premier ministre du seul État à majorité francophone en Amérique du Nord. Ce déclin est en effet « existentiel », comme il l’a affirmé, dans le sens qu’il détermine l’existence même de la nation québécoise.

Le premier ministre a mandaté le titulaire du nouveau ministère de la Langue française, Jean-François Roberge, pour concevoir un « tableau de bord » affichant des indicateurs et des projections mis à jour tous les ans sur l’état de la situation linguistique au lieu de s’en tenir aux données quinquennales produites par Statistique Canada. Les mesures seront ainsi ajustées afin de « remettre le Québec sur la trajectoire d’une relance du français ». Mais ça reste du domaine de l’intention.

Devant les refus répétés de Justin Trudeau, François Legault n’a pas tout à fait renoncé à obtenir davantage de pouvoirs en immigration de la part d’Ottawa. Mais, il semble évident que ses attentes sont aujourd’hui réduites. Avant la campagne électorale, le premier ministre se faisait fort d’obtenir d’Ottawa un transfert de pouvoirs en immigration pour éviter la « louisianisation » du Québec. Aujourd’hui, il demande à Jean-François Roberge, qui est aussi le ministre responsable des Relations canadiennes, d’élaborer, avec la ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Christine Fréchette, « une base de négociation précise » afin d’entamer des discussions avec le gouvernement fédéral sur les enjeux de la langue et de l’immigration.

Avant de réclamer davantage de pouvoirs au gouvernement fédéral en matière d’immigration, encore faut-il utiliser pleinement ceux que Québec possède déjà. On parle beaucoup du seuil de 50 000 immigrants admis annuellement, c’est-à-dire le nombre de nouveaux arrivants, souvent déjà présents sur le territoire, qui obtiennent leur résidence permanente. Mais on oublie l’immigration temporaire, que ce soit les travailleurs et les étudiants. Par exemple, plus de 60 000 travailleurs étrangers sont présents au Québec en vertu du Programme de mobilité internationale administré par le gouvernement fédéral. Selon une évaluation du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, environ la moitié de ces travailleurs étrangers travaillent en anglais. On compte également plus de 90 000 étudiants étrangers dans nos cégeps et universités, dont 45 % fréquentent des établissements de langue anglaise. Il est temps que le gouvernement québécois exerce pleinement ses prérogatives en vertu de l’Entente Québec-Ottawa sur l’immigration.

C’est un début : le gouvernement Legault entend s’impliquer dans la sélection des immigrants temporaires qui, par la suite, sont admis de façon permanente. Il souhaite attirer davantage d’étudiants étrangers au Québec pour qu’ils décrochent un diplôme de cégep ou d’une de nos universités de langue française. Pour y arriver, il devra convaincre les autorités fédérales de cesser leurs pratiques discriminatoires qui empêchent des étudiants africains francophones, admis dans nos établissements d’enseignement supérieur, d’entrer au Québec.

Dans son discours, François Legault a aussi abordé la question des demandeurs d’asile qui entrent par le chemin Roxham. On en attend 50 000 d’ici la fin de l’année. Les services publics et les organismes communautaires sont submergés, tandis que les autorités fédérales prennent plus de deux ans pour traiter ces demandes irrégulières, sans parler des procédures d’appel. Le Québec est prêt à faire sa part, a dit le premier ministre. Mais il faut lui donner raison d’exiger qu’Ottawa mette fin à une situation qui ne peut durer éternellement. À voir le gouvernement Trudeau octroyer des contrats à des amis libéraux pour construire des résidences sommaires afin d’accueillir les demandeurs d’asile, on doit douter de son empressement.

On ne peut que constater « la forte attractivité de l’anglais », comme l’a rappelé le premier ministre, ce qui complique l’intégration en français des immigrants. En ce sens, le gouvernement Trudeau devrait s’engager à cesser de nuire. Ce serait la moindre des choses.

Source: La loi 96 ne suffira  pas

Khan: The downfall of Quebec’s Bill 21 could come thanks to women

We will see:

The notwithstanding clause of the Canadian Charter is no longer an obscure legal term. Thanks to Ontario Premier Doug Ford’s recent use of Section 33 to prevent job action by education workers – he has invoked the clause, or threatened to do so, three times in four years – ordinary Canadians now know that their basic human rights can be suspended at any time. We aren’t talking about emergency measures here, nor are we discussing reasonable limits through democratic mechanisms; ours is the only constitutional democracy that potentially allows for the gutting of basic rights in the name of what a parliamentary majority deems a matter of governance.

Who could have foreseen the consequences of this clause?

Well, Canadian women, for one.

When the Charter was being drafted, women demanded equality rights – but they were derided at committee hearings for doing so. In 1980, Senator Harry Hays derisively countered by suggesting special rights for babies and children, since “all you girls will be out working and we’re not going to have anybody to look after them.” A year later, more than 1,300 women descended on Parliament Hill to assert equality rights in the Constitution, by affirming Section 15 on general equality and proposing Section 28, on gender equality rights.

Initially, the notwithstanding clause could have been used on Section 28, too. But women fought for its exclusion, having had the foresight to ensure that gender equality rights could not be denied by the potential whims of future governments. We owe them a great deal.

And yet, today, we see the Constitution’s notwithstanding clause leading to disproportionate damage to Muslim women in Quebec.

François Legault’s government has pre-emptively used the notwithstanding clause twice since 2019, to ensure the passage of two bills. One of them, Bill 21, bans some public-sector workers from wearing religious symbols, but lawyers have provided evidence at the Quebec Court of Appeal – which heard a legal challenge to the bill this month – that only Muslim women who wear the hijab have lost their jobs as a result of it.

Indeed, Quebec’s religious minorities have felt increased alienation and despair in recent years, according to the Association for Canadian Studies. Its survey found that the situation is particularly dire for Muslim women: 73 per cent of them said they’ve felt less safe in public since 2019, while 83 per cent said their confidence in their children’s future has worsened.

The Quebec government touted Bill 21 as a “feminist” law, but it has only reinforced prejudices, and given license to bigots. I know this firsthand: During a visit to Montreal, I was berated by a middle-aged francophone Uber driver for wearing the hijab. At the end of the ride, he asked me not to file a complaint. (Of course, I did the opposite.)

This all illustrates Bill 21′s egregious violation of Section 28 of the Charter – namely, that the law disproportionately affects women, and thus violates gender equality. Since the notwithstanding clause cannot override Section 28, Bill 21 could be seen by the courts as invalid – an argument that University of New Brunswick law professor Kerri Froc raised years ago, and is now gaining traction.

Quebec Muslim women are not wilting. They have protested alongside allies who believe in a Quebec where all individuals can thrive. Take, for example, Institut F, a Montreal-based organization that seeks to ensure Muslim women’s personal agency. Its programs provide resources so that each woman knows that she belongs, her voice matters and she is a valued member of society – even if the Quebec government thinks otherwise. At a recent Institut event, I met talented Muslim women in STEM fields such as artificial intelligence, biotechnology and data science – talent that Quebec needs to remain economically competitive. Yet, many of those women expressed doubts about thriving in a society that overtly discriminates against religious minorities.

Something may have to give on this front, too. The labour shortage is so acute in Quebec that the town of Hérouxville – infamous for issuing a code of conduct for immigrants warning them not to stone or burn women alive – is now actively courting newcomers. Today, neighbouring towns are helping migrants find halal food. Economic reality will force the realization that attracting workers means making all feel welcome – not just a select few.

Bill 21’s damage has been done – abetted by the notwithstanding clause. The women who fought to exclude Section 28 from the clause knew its dangers. As Canadians, we must continue that fight to guarantee basic rights for all, be they religious and linguistic minorities in Quebec, education workers in Ontario, or anyone threatened by the notwithstanding clause.

Source: The downfall of Quebec’s Bill 21 could come thanks to women

Ivison: Quebec shows Scotland how to get everything you want without separating

Valid commentary:
Canada’s exports extend beyond hockey players and cold fronts, as Pierre Trudeau once said. It turns out we are also traders in world-class constitutional jurisprudence.
The U.K.’s Supreme Court ruled on Wednesday that the Scottish government cannot hold a second independence referendum without the consent of the British Parliament and based its decision, in part, on Quebec’s past constitutional experiences.

Source: Quebec shows Scotland how to get everything you want without separating

Du «racisme» linguistique

Of note. Good réplique to some of the Quebec debate on language and immigrants:

S’il est légitime d’exiger du gouvernement fédéral de tenir compte des demandes du Québec en matière de langue, il n’y a par contre aucune légitimité à restreindre, comme le fait Mario Beaulieu dans un texte récemment paru en ces pages (cosigné par onze personnes), la qualité de francophone aux seuls locuteurs de français langue maternelle. Selon lui, il faudra s’attendre à un « effondrement du poids des francophones au Québec, de 81,6 % en 2011 à 73,6 % en 2036 ». Il faut en finir une fois pour toutes avec ce « racisme » linguistique. (Le mot « racisme » est ici entre guillemets pour n’en retenir que la notion de hiérarchie.)

Il est complètement ridicule de croire qu’un francophone est une personne qui a dit « môman » avant l’âge de deux ans. Un francophone, c’est aussi un plurilingue dont le français n’est pas la langue maternelle. On ne naît pas francophone, on le devient.

Au Québec, 85 % de l’augmentation de la population provient de l’immigration. Nul besoin d’être lauréat de la médaille Fields pour comprendre que la proportion du groupe non immigrant (et d’origine non immigrante) va décroître avec le temps. Ce qui n’est pas le cas des francophones, si par francophone on entend toute personne qui a appris le français à la maison, sur les bancs d’école ou sur les lieux de travail (ici ou ailleurs). L’objectif de la loi 101 était de faire du français langue maternelle une langue fraternelle, pour qu’on puisse mettre en commun nos mémoires plurielles, nos parcours et nos rêves afin d’y puiser les ressources et l’audace pour faire du Québec une société prospère, pluraliste et égalitaire, et non pas une société où il y aurait deux classes de citoyens.

Le Québec accueille des immigrants depuis des générations. Beaucoup d’entre eux ont appris le français avant la loi 101. Depuis 1977, cette loi a obligé des dizaines de milliers de jeunes immigrants à fréquenter les écoles françaises pendant onze ans. En outre, bon nombre de nos immigrants sont originaires d’anciennes colonies françaises. Ils se chiffrent eux aussi par dizaines de milliers. Comme très peu d’entre eux déclarent le français comme langue maternelle, ils sont pour la plupart disqualifiés comme francophones, même si parmi eux on compte des professeurs de français, des professionnels qui travaillent en français, des écrivains et tant d’autres citoyens venus d’ailleurs, profondément attachés au Québec, pour qui le terme « Québec français » est un pléonasme.

La hiérarchie ainsi créée, entre le français de langue maternelle et le français de langue seconde, ne doit pas être prise à la légère. Elle crée des catégories de citoyens n’ayant pas la même valeur dans la société, situation propice au racisme. Nous savons comment, dans d’autres lieux, mais encore aujourd’hui, la hiérarchisation des cultures s’est substituée à celle fondée sur la race — lorsque celle-ci est devenue une hérésie scientifique —, avec des conséquences néfastes sur les plans politique et social. Au Québec, où langue et culture sont souvent interchangeables, il est temps de remiser cette aberration avant que des esprits moins inoffensifs que des déclinistes et des comptables ne s’en emparent.

L’État québécois est doté de suffisamment de pouvoirs et de ressources pour assurer la pérennité et l’essor de la culture et de la langue françaises. Qu’il les utilise efficacement et judicieusement sans blâmer ni pénaliser les immigrants. Entre 1971 et 2016, l’utilisation du français dans les écoles (maternelles, primaires et secondaires) est passée de 64 % à 90 %, tandis que la proportion d’immigrants francophones dépasse les 60 %, et pourra facilement augmenter si, comme l’indique le démographe Richard Marcoux, on va puiser dans l’énorme bassin francophone africain.

Le français n’est pas près de disparaître. Au Québec, il n’y a que 6 % de la population qui n’a aucune connaissance du français. La complexité de la situation linguistique exige de ceux qui l’analysent qu’on tienne compte de multiples critères et, surtout, qu’on désethnicise enfin la notion de francophone. Il serait honteux que les « voleurs de jobs » de l’après-guerre deviennent maintenant des « voleurs de langue ».

Selon Machiavel, « celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leurs âmes ». Partout en Occident, populistes et démagogues ont réussi à faire croire que les minorités immigrantes représentent une menace pour les modes de vie et l’identité de la majorité afin de s’emparer du pouvoir. Le Québec ne fait malheureusement pas exception.

Source: Du «racisme» linguistique

Caddell: Is immigration the next Ottawa-Quebec battle?

Captures the demographic dilemma facing Quebec in relation to the rest of Canada, even if I question the “more is merrier” approach of the Canadian and provincial governments:

In 1960, Kamouraska was home to 2,000 people. The baby boom was at its peak, there were dozens of dairy farms, and tourism created summer jobs. Today, there are fewer than 600 permanent residents, and while a tourist mecca in summer, it is quiet in the winter. There are many elderly, few young families, and fewer farms. This summer, as everywhere in Canada, employers were desperate to find employees.  

In other provinces, the solution to declining birth rates and labour shortages is immigration. And as the 2021 census indicated, population growth has been due to immigration. Hence the announcement Ottawa would increase the threshold to 500,000 new arrivals annually. 

This number is double what the Harper government sought and is in line with analysts like Doug Saunders, author of Maximum Canada, who believe Canada can sustain a population of 100 million people. 

However, in Quebec, the announcement was greeted with caution. Premier François Legault has warned of the “threat to French” of immigration and refused to raise Quebec’s share from 50,000 to 25 per cent of the national total: 125,000. Last week, Legault said, “We have to find a way, in the 50,000, to have more of them who speak French.”

This is a rejection of the strategy of the Charter of the French Language, Bill 101. In the 1970s, Premier René Lévesque and the father of Bill 101, Camille Laurin, told me the language law’s obligation for immigrants to attend French schools was the solution to declining Francophone birthrates. 

Today, however, non-Francophone immigrants are perceived as a problem. While fluent in French, some speak their mother tongue at home, and many also speak English. This trilingualism, rather than a huge asset, is interpreted by nationalist demographers and pundits as a “decline” in French. Speaking the language is not good enough: immigrants now must be mother-tongue French.  

But much of the Francophonie is found in Muslim Africa. Under the secularism law, Bill 21, practicing Muslims can’t work as teachers, police officers, or in the courts. Two weeks ago, an African driver was handcuffed and detained by Montreal police, for no reason. These are not signs of a welcoming society; one commentator says Legault’s preferred immigrant is “a white millionaire from France.” 

Quebec’s chattering classes are predicting immigration will be the next confrontation between Ottawa and Quebec. Premier Legault wants immigration powers to create his Francophone “nation.” This would mean an expansion of Quebec’s presence abroad, and immigrants applying as if Quebec were a sovereign state.  

As it is, that is how Quebec interprets itself to aspiring immigrants, according to a booklet provided to them. 

The booklet, upon which an online assessment is based, declares “Québec is a French-speaking democratic nation that welcomes immigrants from around the world.” It points out: “Québec society has also made French the language of Government and the Law, as well as the everyday language of work, education … and business.”  

All of which is untrue, as English is constitutionally guaranteed in the courts, there are three English universities, and 1.25 million Anglophone Quebecers. The booklet goes on: “As a state, Québec differs from other provinces in Canada, notably with respect to the impetus of popular will.” Furthermore, the Crown does not exist: “The Lieutenant Governor does not have a seat in the National Assembly, but assents to bills the legislature passes.” The federal government is brushed off as running “military defence, foreign policy and criminal law.” A grade nine student would get an “F” for an essay like this booklet. 

Quebec’s population is 8.6 million people. With a huge influx of immigrants in the rest of the country and reductions in Quebec, it is bound to become a smaller proportion of Canada’s population. 

This offers a “Hobson’s choice” for Quebec nationalists: accept new immigrants as equal to “old stock Québécois,” or shrink to a tiny fraction of the continent. The business community desperately wants the population and the economy to grow, and they see trilingualism is an asset internationally, especially in cosmopolitan Montreal. 

By restricting immigration, Legault’s short-sighted vision is a Quebec “nation” that’s North America’s Finland: a tiny homogenous population in a massive territory. It is yet another example of how nationalism could be suicidal for Quebec and the French fact in Canada. 

Source: Is immigration the next Ottawa-Quebec battle?