Immigration: «Il faut faire les choses plus rapidement» | Interview with Minister McCallum

Quebec__Ontario__Canada_Comparison_2015Not much new in Minister McCallum’s messaging but interesting the emphasis on regionalization and his response.

Above chart highlights the ongoing employment challenges for immigrants in Quebec compared to Ontario and Canada in 2015 (Quebec government statistics. It was also one of more striking findings in Multiculturalism in Canada: Evidence and Anecdote):

Encourager les immigrants à demeurer en région, loin des grands centres comme Montréal et Toronto, est un important défi, reconnaît le ministre McCallum. Il note que de nombreux immigrants qui s’étaient d’abord installés en région finissent par s’établir dans les grands centres après quelques années seulement, une situation qu’il attribue aux difficultés à trouver du travail. «Oui, les logements sont abordables [en région]. Oui, les gens sont accueillants. Mais est-ce qu’il y a de l’emploi? Des services linguistiques?»

Intégration plus longue

Constatant que les immigrés affichent de plus hauts taux de chômage que les personnes nées au Canada, particulièrement au Québec, John McCallum croit que le pays intègre moins bien les immigrants que par le passé. «Le taux de chômage est plus élevé pour les immigrants que pour les Canadiens. Ça veut dire qu’on ne fait pas aussi bien aujourd’hui que dans le passé afin d’intégrer ces nouveaux immigrants», dit le ministre. Il ajoute que les immigrés trouvant du travail mettent des années à voir leurs revenus se rapprocher de ceux des personnes nées au Canada.

Source: Immigration: «Il faut faire les choses plus rapidement» | Pierre-André Normandin | Politique canadienne

Augmentation du nombre d’immigrants : la CAQ soupçonne des intérêts électoralistes

Quebec immigration debates:

La Coalition avenir Québec (CAQ) soupçonne les libéraux de vouloir augmenter le nombre d’immigrants par intérêt électoral.

La députée caquiste Nathalie Roy a souligné que les immigrants votent généralement pour le Parti libéral du Québec.

La CAQ a demandé mardi au premier ministre Philippe Couillard de soumettre toute hausse du nombre d’immigrants à l’approbation des deux tiers de la Chambre.

Le chef caquiste François Legault a rappelé que le gouvernement de M. Couillard a été élu avec 41 % des suffrages au dernier scrutin.

Selon M. Legault, une question comme la hausse du nombre d’immigrants devrait être soumise à un appui plus large que seulement ceux du PLQ.

Lors d’un point de presse qui a suivi la période des questions, Mme Roy, porte-parole en matière d’immigration, a donné plus de précisions.

« Force est de constater que les immigrants votent la plupart du temps, souvent, pour le Parti libéral, beaucoup, a-t-elle dit. Parce qu’ils sont accueillis ici lorsque c’est le Parti libéral qui est au pouvoir et c’est comme une tradition, probablement. »

Même si Mme Roy reconnaît que les autres partis peuvent également tenter d’obtenir l’appui d’immigrants, la députée a constaté l’intérêt des libéraux.

«On peut se poser la question»

« Il pourrait fortement y avoir des intérêts électoralistes derrière le fait de vouloir augmenter le nombre d’immigrants au Québec de façon aussi importante, a-t-elle dit. On peut se poser la question, mais je dois rester polie. »

Selon Mme Roy, M. Couillard a décidé de faire passer le nombre d’immigrants accueillis chaque année au Québec de 50 000 à 60 000, même si les plans gouvernementaux doivent être révisés au printemps.

« Il a décidé que ce serait 60 000 avant même qu’il y ait les consultations sur le plan pluriannuel », a-t-elle dit.

Source: Augmentation du nombre d’immigrants : la CAQ soupçonne des intérêts électoralistes | Alexandre Robillard | Politique québécoise

Weil répugne à abaisser l’exigence du français pour satisfaire le patronat | Le Devoir

The debate over French language competency required for immigrants in Québec continues, with employers arguing for greater flexibility with respect to those with wanted skills:

La ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Kathleen Weil, a voulu, mardi, prendre ses distances du patronat, qui voit dans la réforme de la Loi sur l’immigration une chance de réduire les exigences linguistiques pour les immigrants dont les qualifications sont recherchées.

« Je n’ai jamais confirmé cette orientation, bien au contraire », a lancé Kathleen Weil à la présidente de la CSQ, Louise Chabot, qui prenait part aux consultations en commission parlementaire sur le projet 77 qui propose une refonte de la Loi sur l’immigration.

« Je n’ai jamais évoqué que je partageais l’opinion de ceux qui disent qu’on viendrait réduire les critères de sélection, d’une part, pour ensuite augmenter le niveau de francisation en milieu de travail », a indiqué la ministre. Elle doit déposer sous peu une nouvelle politique d’immigration qui devrait révéler les véritables intentions du gouvernement Couillard en la matière.

La semaine dernière, Michel Leblanc, de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, ainsi qu’Éric Tétrault, des Manufacturiers et exportateurs du Québec, sont venus réclamer au gouvernement qu’il permette aux employeurs d’embaucher des travailleurs immigrants qui ne parlent pas français pour combler des postes spécialisés qui font l’objet de pénuries, quitte à ce qu’ils apprennent le français sur les lieux de travail.

La ministre a soutenu au Devoir qu’il était possible de recruter des candidats à l’immigration qui connaissent le français tout en répondant aux besoins précis du marché du travail. « On est capable de faire les deux », a-t-elle dit.

Louise Chabot s’est inquiétée de « l’obsession » de l’adéquation entre la formation des immigrants et le marché du travail. Selon la chef syndicale, la politique d’immigration ne peut pas seulement être axée sur les besoins ponctuels des entreprises en main-d’oeuvre. « Par les témoignages qu’on entend du patronat, jusqu’à maintenant, le français semble être un “nice to have” et non pas une condition importante dans l’ensemble des critères », a-t-elle dit aux journalistes.

Source: Weil répugne à abaisser l’exigence du français pour satisfaire le patronat | Le Devoir

Quebec cabinet shuffle reflects momentum from Trudeau’s gender parity commitment: Hébert

Chantal Hébert gets it right on gender parity in her comments on Quebec Premier Couillard’s recent cabinet shuffle:

But before concluding that this only proves that merit is a casualty of gender politics, ask yourself the following question: if one has to run out of competent male candidates before filling senior posts with equally or more talented women, is it any wonder that gender parity has been so elusive in Canada?

Source: Quebec cabinet shuffle reflects momentum from Trudeau’s gender parity commitment: Hébert | Toronto Star

Le français, non merci – Language of Immigrants in Quebec

Interesting study on the degree to which Quebec immigrants integrate to French or English-speaking environments (the vast majority of immigrants settle in Montreal where this is an option).

Not totally surprisingly, Latin American and Arab immigrants tend to integrate into francophone environnement, those from China, South Asia and the Philippines remain more anglophone in orientation:

Plus de 200 000 Néo-Québécois, soit 20 % de la population immigrée au Québec, ne parlent pas français. La plupart de ces immigrants, soit 160 000, parlent anglais. En dépit de la sélection prioritaire de candidats connaissant le français — 60 % du total —, l’immigration continue de contribuer au déclin du français, surtout dans la région de Montréal.

C’est ce que signale un portrait des efforts du Québec en matière de francisation et d’intégration intitulé Le Québec rate sa cible. Commandité par la CSN, le Mouvement national des Québécois, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et le Mouvement Québec français, le document exhaustif de 130 pages, rédigé par le chercheur Jean Ferretti de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), s’appuie sur des données du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) et de Statistique Canada ainsi que sur diverses études de chercheurs comme Marc Termotte, Paul Béland, Michel Pagé, Brahim Boudarbat, Gilles Grenier, Patrick Sabourin et Guillaume Marois.

« On dirait que par négligence, le gouvernement du Québec refuse de voir l’impact de l’immigration sur le français à Montréal », a affirmé Jean Ferretti au Devoir.

« La politique migratoire menée depuis 1991 ne permet pas d’atteindre l’objectif du [ministère] de pérenniser le français. Les efforts de sélection ont permis de hausser la part d’immigrants connaissant le français, mais ne sont pas suffisants pour endiguer le déclin du français », écrit Jean Ferretti.

Concurrence linguistique

Le Québec est dans une situation particulière par rapport à d’autres sociétés, note-t-il. « L’adoption de la langue de la majorité par les immigrants ne va pas de soi. À Montréal, la possibilité de vivre dans la langue de son choix et la forte présence des anglophones du Québec créent une situation de concurrence linguistique qui limite les transferts linguistiques vers le français. »

Jean Ferretti cite Paul Béland, qui a démontré que les immigrants de langue maternelle latine ou originaires de la Francophonie, quelle que soit leur langue maternelle, sont enclins à adopter le français, alors que c’est l’inverse pour les immigrants de langue maternelle non latine. Depuis 1971, la proportion des immigrants de langue latine qui adoptent le français a augmenté à 87 %, tandis que le transfert vers le français des immigrants de langue non latine est resté le même en 30 ans, à 15 %.

Ainsi 88 % des Latino-Américains et 90 % des Arabes installés au Québec connaissent le français, alors que plus de 40 % des Chinois et des Sud-Asiatiques ne connaissent pas le français. Dans le cas des Philippins, 58 % d’entre eux ne parlent pas français.

Pour préserver le caractère français du Québec, il importe non seulement de recruter une forte proportion d’immigrants qui connaissent le français, mais il faut choisir parmi les immigrants qui ne connaissent pas le français ceux qui sont les plus aptes à adopter la langue commune, estime l’auteur.

Si le gouvernement du Québec poursuit la même politique en matière d’immigration qu’à l’heure actuelle, le poids démographique des francophones continuera de diminuer. Reprenant les projections des démographes Guillaume Marois et Marc Termotte, les francophones ne représenteraient plus que 75 % de la population du Québec dans 40 ans, contre 82 % en 2006. Si le seuil d’immigration de 50 000 à l’heure actuelle était porté à 65 000 — Philippe Couillard a déjà indiqué son intention d’augmenter le nombre d’immigrants reçus au Québec —, le poids des francophones s’élèverait à 73 %.

De son côté, Marc Termotte évalue qu’avec un seuil de 60 000 immigrants par an, la proportion de francophones sur l’île de Montréal passerait de 52,4 % [donnée de 2011] à 42,3 % en 2056. Ces projections, qui montrent un accroissement de la présence des allophones (de 23 % à 34 %) ne tiennent pas compte des transferts linguistiques au terme de la deuxième génération d’immigrants.

Source: Le français, non merci | Le Devoir

Quebec: Les cours de français boudés par les immigrants

Not a good development but the article offers few reasons to explain the drop from 60 to 40 percent of those taking language training. I have not seen any articles or studies on comparative take-up rates in English Canada (readers please correct or advise):

Environ 60 % des immigrants adultes qui ne connaissent pas le français en arrivant au Québec refusent de suivre les cours de français qui leur sont offerts gratuitement par l’État, une proportion en nette progression ces dernières années.

Selon le rapport annuel de gestion 2014-2015 du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI), des 13 455 immigrants reçus qui déclaraient ne pas connaître le français en 2012, seulement 3689 s’étaient inscrits à un cours de français dans les deux ans qui ont suivi, soit un pourcentage de 27,4 %. Mais comme les cours offerts par le MIDI ne représentent que les deux tiers des cours de français offerts aux nouveaux arrivants, a-t-on précisé au ministère — l’autre tiers est le fait du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS) —, il s’agit d’un peu plus de 40 % des immigrants anglophones ou allophones qui jugent bon d’apprendre formellement le français dans les deux ans qui suivent leur arrivée.

Or en 2008, la proportion était inversée : 60 % des nouveaux arrivants ne connaissant pas le français assistaient aux cours offerts par l’État, évaluait-on au ministère. On s’inquiétait toutefois du fait que 40 % d’entre eux choisissaient de bouder les cours.

Délais et budgets en baisse

On montrait du doigt les longs délais que les immigrants devaient subir avant de pouvoir participer à un cours de français. Ces délais n’ont plus cours aujourd’hui. « En matière de francisation, le Ministère répond à la demande et les budgets sont ajustés en conséquence », a soutenu dans un courriel la porte-parole du MIDI, Karine Baribeau.

Et les budgets sont revus à la baisse : réduction de 1,45 million en 2012-2013, de 809 000 $ en 2013-2014 et de 3,4 millions en 2014-2015, pour un total de 5,7 millions, soit près de 10 % du budget consacré à la francisation des immigrants par le MIDI. Selon la porte-parole, la diminution de l’an dernier est due à une baisse de fréquentation des cours à temps complet alors que le nombre d’immigrants qui suivent des cours à temps partiel s’est maintenu. Près de 10 800 immigrants se sont inscrits au cours à temps complet, soit 15 % de moins qu’il y a deux ans, contre 15 350 à des cours à temps partiel et 3000 à des cours en ligne, pour un total d’un peu plus de 29 000 étudiants de tous les niveaux de connaissance du français.

Source: Les cours de français boudés par les immigrants | Le Devoir

Les Iraniens les plus nombreux à avoir choisi le Québec

Good illustration of how immigrants adapt to revised regulations (changing federal skills preferences leading those rejected to apply to Quebec):

Quel pays a fourni le plus d’immigrants au Québec en 2014, dernière année complète pour laquelle on a la statistique? La France? La Chine? Le Maroc? Haïti? Vous avez tout faux.

La bonne réponse est l’Iran, révèle le plus récent bilan démographique du Québec. Un résultat étonnant puisque ce pays n’apparaît habituellement pas au sommet de ceux de provenance des nouveaux arrivants.

Hormis le cas de la Chine, les immigrants qui entrent au Québec proviennent habituellement de pays francophones, latins à la limite. Or, même si le français a eu un certain rayonnement en Iran, notamment à l’époque du shah, chassé du pouvoir au moment de la révolution islamique de 1979, la place du français au sein des élites s’est amenuisée depuis.

Cette donnée a pris de court les experts en immigration du Centre Urbanisation Culture Société de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

«J’ai été surprise, reconnaît Chantal Girard, démographe de l’ISQ. On a fait des vérifications auprès de l’Immigration et il y aurait comme un effet de concentration», dit-elle, en nous invitant à communiquer directement avec Immigration Québec pour les détails.

Changements à Ottawa

Il semble que les Iraniens qui se font refuser l’entrée au Canada aient décidé de passer par le Québec, quitte à déménager au Canada anglais par la suite.

«Cette variation pourrait être due à des changements apportés par le gouvernement fédéral en 2009», explique Karine Baribeau, porte-parole du ministère de l’Immigration. En effet, c’est à ce moment-là que le Ministère a modifié les domaines de formation recherchés, ce qui a causé le refus de nombreux candidats iraniens, qui n’avaient plus les diplômes privilégiés par le gouvernement fédéral. À ce moment, de nombreux candidats iraniens se seraient tournés vers le Québec et auraient présenté une demande.

«Nous avons donc reçu un nombre élevé de demandes de candidats iraniens de 2009 à 2013. En 2014, on a remarqué que le nombre de demandes reçues revenait tranquillement à la normale. Comme il s’écoule un certain délai entre la sélection par le Québec et l’admission, ça concorderait avec les fluctuations remarquées dans les admissions.»

Près de 6000 Iraniens sont entrés au Québec en 2014, comparativement à environ 3500 Français et 3500 Algériens. Après neuf mois en 2015, le Québec avait accueilli 3084 Iraniens, au deuxième rang des pays de provenance derrière la France.

Source: Les Iraniens les plus nombreux à avoir choisi le Québec | André Dubuc | National

Quebec needs to confront its Islamophobia problem

Quebec Second Gen Economic

More on the challenges faced by Muslims in Quebec by Amarnath Amarasingam and Higham Tiflati. Overall, economic outcomes for immigrants and their children are lower than elsewhere in Canada:

While Islamophobia and anti-Muslim animus exists throughout Canada, the nature of it in Quebec seems to be unique, and quite worrisome. Law-enforcement officials and social workers receive calls from concerned citizens wanting to report “suspicious persons” like a man with a long beard in their neighbourhood, and calls from concerned families asking whether their relative, a new convert to Islam, could become a terrorist.

Muslim students also report that Francophone CEGEPs do not allow their students to create Muslim Students’ Associations (MSAs), a policy not even practiced by Anglophone CEGEPs in Quebec.

Polling data backs up much of what these young people are expressing. A 2015 Quebec Human Rights Commission survey found that 43 per cent of Quebecers believe we should be suspicious of anyone who openly expresses their religion, with 49 per cent expressing some uneasiness around the sight of Muslim veils.

For many Muslim youth, this kind of public scrutiny is deeply alienating. Young Canadians from other ethnic and religious backgrounds have the privilege and the freedom to wrestle with adolescent identity issues in private. These struggles, ones we have all experienced, play out quite differently for Muslim youth.

Aspects of Muslim youth identity, such as whether to wear the hijab, are quite often national debates, discussed on the nightly news, and even find their way into speeches given by the prime minister. The young girl wearing a hijab is not someone who has made a fairly harmless and rudimentary religious choice, but is seen as someone making a political statement about Western values or ways of life.

It is no surprise then that these youth express an emotional exhaustion arising from being constantly watched, scrutinized, and pitied. Fairly mundane activities such as walking down the street or riding the bus become “events,” requiring mental and psychological fortitude. It takes a deep toll on their confidence, self-esteem and sense of inclusion. As Safiya remarked, “Shayma didn’t want to feel like a stranger here any more.”

Safiya, though, is committed to changing her life in Quebec, and changing the way Quebecers see her and her community. She has dreams and goals. “My parents brought me here for a reason,” she says. “Sure, things are not perfect, but I see potential in our Muslim community here in Quebec and if everyone just left it won’t help.”

Source: Quebec needs to confront its Islamophobia problem | Toronto Star

Quebec: Difficile régionalisation de l’immigration

The ongoing problem of attracting and retaining immigrants outside of Montreal (Quebec retains relatively fewer immigrants compared to other provinces save Atlantic Canada):

Même si la très grande majorité des réfugiés syriens attendus au Québec en 2015 et 2016 s’établiront dans la grande région de Montréal, plus d’un millier d’entre eux atterriront en région. Y resteront-ils? Rien n’est moins sûr, car la rétention des populations immigrantes hors des grands centres demeure un défi considérable.

C’est une réalité qui n’est que trop familière à Henry Mbatika. Arrivé de la République démocratique du Congo avec sa famille en 2000, ce père de cinq enfants – dont deux sont nés à Sherbrooke – est maintenant seul de son clan au Québec.

Victime d’une fermeture d’entreprise, sa femme n’arrivait plus à trouver du travail et est partie pour l’Alberta en 2012, où elle travaille dans une usine de PepsiCo, à Lethbridge. Les enfants l’ont suivie et le couple est maintenant écartelé entre les deux provinces.

«On est bien à Sherbrooke: il n’y a pas de racisme, les maisons sont plus abordables qu’à Montréal et il y a beaucoup d’espace», dit M. Mbatika, chargé de projet à la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie et candidat défait à un poste de conseiller lors des élections municipales de 2013. «Le seul problème, c’est l’insertion socioprofessionnelle. C’est le travail.»

Les efforts de régionalisation de l’immigration ont cours au Québec depuis le début des années 90. Et ils ont eu jusqu’ici des résultats mitigés, dit Michèle Vatz-Laaroussi, professeure au département de travail social de l’Université de Sherbrooke et auteure de plusieurs études sur le sujet.

«L’attraction vers les régions, on l’a pas mal travaillée, et ce n’est pas si mal, dit-elle. Mais la rétention [des immigrants et réfugiés] reste difficile. Les Québécois eux-mêmes quittent les régions, alors pourquoi les immigrants y resteraient-ils?» La régionalisation, dit-elle, a souvent des airs de «banlieuisation», la couronne de Montréal attirant un nombre considérable de migrants.

L’Estrie passe pour une des régions qui réussit le mieux à intégrer les populations venues d’ailleurs. Et pourtant, elle est parvenue à retenir à peine 21% de ses nouveaux arrivants entre 2006 et 2011, selon une étude faite au printemps par l’organisme sherbrookois Actions interculturelles de développement et d’éducation (AIDE).

«C’est tout à fait décevant pour la région, dit le directeur général de l’organisme, Mohamed Soulami. Mais le Québec en entier a de la difficulté avec la rétention des personnes immigrantes. Il y a un manque de soutien aux employeurs pour qu’il y ait une ouverture vers l’engagement d’immigrants.»

Subventions salariales

Et pourtant, comme l’a reconnu hier à Montréal le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, «l’emploi, c’est le meilleur endroit pour s’intégrer».

Le ministre a lancé avec sa collègue titulaire du portefeuille de l’Immigration, Kathleen Weil, un appel aux employeurs pour qu’ils embauchent des réfugiés qui s’établiront au Québec dans les prochains mois.

«Les villes sont bien conscientes du défi de rétention. Il faut avoir des milieux accueillants. Ça commence par des entreprises qui disent: “On a besoin de vous”», a dit la ministre Weil.

Source: Difficile régionalisation de l’immigration | JEAN-FRANÇOIS BÉGIN | Politique québécoise

Les réfugiés scolarisés en anglais? | Le Devoir

One of the little details regarding refugee integration in Quebec and the sensitivities re language:

La ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Kathleen Weil, a semé la confusion, mercredi, en affirmant que les commissions scolaires anglophones pourront assurer la formation professionnelle de réfugiés syriens adultes pour ensuite soutenir que tous les efforts de son ministère viseront à les diriger vers des cours en français.

En vertu de la loi 101, tous les enfants d’immigrants doivent fréquenter l’école française. Or, la Commission scolaire anglophone Lester-B.-Pearson (CSLBP) a demandé au gouvernement Couillard de permettre à des enfants de réfugiés syriens de fréquenter ses écoles en invoquant l’article 85.1 de la Charte de la langue française, qui permet des exceptions pour des raisons humanitaires.

Kathleen Weil, tout comme la ministre responsable de la Charte de la langue française, Hélène David, ont refusé, mercredi, d’accéder à cette demande. Toutefois, les immigrants, comme tous les Québécois, ont le choix de leur langue d’enseignement en ce qui a trait à la formation professionnelle, ainsi qu’au cégep et à l’université. Pour la Commission scolaire Lester-B.-Pearson, « il existe toutes sortes de possibilités en matière de formation professionnelle », a indiqué en anglais la ministre de l’Immigration lors d’une conférence de presse en matinée. « J’ai appelé la commission scolaire parce que je comprends ce désir d’aider. »

Priorité au français

Au terme de la réunion du Conseil des ministres en après-midi, Kathleen Weil tenait un discours différent. « La priorité, c’est la francisation, a-t-elle déclaré. Toutes nos actions avec les réfugiés, avec les immigrants, c’est de les orienter vers des cours de français. » Que ce soit à Montréal, à Laval ou à Longueuil, « ils sont là dans un bain linguistique français ».

On ne peut pas travailler en anglais seulement à Montréal. « Non, honnêtement, non, non. Essayez donc, si vous êtes unilingues anglophones, de trouver un emploi à Montréal », a dit la ministre. Du moins, un emploi qui exige un certain « niveau de scolarisation », a-t-elle dû préciser.

Source: Les réfugiés scolarisés en anglais? | Le Devoir