Le débat sur la laïcité de l’État reprend le dessus

The Couillard government continues to press for a narrow approach (face covering as in niqab and burqa) while the opposition parties press for a broader approach, ranging from Bouchard-Taylor’s ban on religious symbols for persons in authority (e.g., police, judges) to the broader ban of the previous Quebec Values Charter:

Après avoir été ravivé par les candidats à la direction du Parti québécois, le débat sur la laïcité de l’État refait surface à l’Assemblée nationale. L’étude du projet de Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l’État, inscrit au feuilleton depuis plus de 15 mois, démarrera à brève échéance, a promis le leader parlementaire libéral, Jean-Marc Fournier, lundi.

« Il y a plusieurs autres projets de lois aussi. Mais on veut avancer celui-là », a-t-il dit à quelques heures de la reprise des travaux à l’Assemblée nationale.

En plus d’établir les « conditions » d’attribution des « accommodements pour un motif religieux » par l’État, le projet de loi 62 oblige les employés du secteur public à exercer leurs fonctions à visage découvert, tout comme les personnes qui font appel à leurs services. « Discutons et votons ! », a lancé M. Fournier, se disant convaincu que l’obligation du « visage découvert » prévue dans le projet de loi 62 fait « consensus »au sein de la classe politique.

Pas si vite, ont tour à tour rétorqué les partis d’opposition. Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec se sont empressés de demander au gouvernement de frapper d’un interdit le tchador, et ce, au même titre que le niqab et la burqa, qui voilent le visage laissant apparaître une fente ou un grillage pour les yeux. « Il y a un consensus aussi sur [l’interdiction du] tchador. Si on marche par consensus, on peut avancer jusque-là », a fait valoir la députée péquiste Agnès Maltais.

« Avec le projet de loi 62, le gouvernement libéral va permettre aux fonctionnaires de l’État de travailler en tchador. À la CAQ, nous croyons à la laïcité de l’État. Si l’État est laïque, il faut que ça se voie », a renchéri la députée caquiste Nathalie Roy.

M. Fournier n’était pas enclin au compromis lundi. D’ailleurs, le gouvernement libéral refuse net de légiférer afin d’interdire le port des signes religieux chez les employés de l’État en position d’autorité — les juges, les procureurs de la Couronne, les policiers et les gardiens de prison —, comme le recommandait le rapport Bouchard-Taylor. « On a fait ce choix-là, parce qu’il nous semblait le mieux avisé », s’est-il contenté de dire aux médias. L’élu libéral s’est plutôt affairé à casser du sucre sur le dos du PQ et de la CAQ. « S’il y en a qui disent : “Moi, je veux plus.” Eh bien, ils iront aux prochaines élections dire aux Québécois : “Moi, je veux empêcher le monde de travailler. […] Voici comment ils doivent se vêtir. Je veux choisir pour eux leur garde-robe”», a-t-il déclaré au terme d’une relâche parlementaire longue de trois mois. « Nous, les gens vont être libres de leur tenue vestimentaire. On n’a pas besoin de changer notre Charte des droits et libertés par une charte du linge. »

À l’instar du PQ et de la CAQ, Québec solidaire exhorte le gouvernement libéral à « faire un pas de plus » et à prendre acte du « consensus québécois » en édictant une interdiction du port de signes religieux auprès des employés de l’État en position d’autorité. « On ne fera pas d’histoires, personne, pour la question de recevoir et donner des services à visage découvert. Ça fait plusieurs années que tout le Québec s’entendlà-dessus. Là, on est en bas d’un consensusquébécois », a soutenu l’élue solidaire Françoise David, tout en appelant ses confrères et ses consoeurs à débattre du projet de loi 62 « avec calme, avec sérénité »« Ce sont des sujets délicats et explosifs », a-t-elle souligné

Source: Le débat sur la laïcité de l’État reprend le dessus | Le Devoir

Lisée ouvert à bannir le voile intégral

Playing identity politics and digging deeper, just as Leitch in the federal Conservative leadership race:

Jean-François Lisée s’est dit ouvert à interdire la burka et le niqab de l’espace public, jeudi. Il a du coup accentué la ligne de fracture qui l’oppose à ses adversaires de la course à la direction du Parti québécois sur la question identitaire.

L’aspirant-chef du PQ a réitéré son désir de mener une campagne incitative pour encourager les employés de l’État à ne pas porter des signes religieux. Mais il est allé plus loin en se disant ouvert à bannir le port du voile intégral en public.

« Si je suis premier ministre, mon premier devoir, c’est d’assurer la sécurité des Québécois et nous savons avec certitude que des gens recrutent chez nous et ils veulent tuer des Québécois », a-t-il déclaré.

« C’est une vraie question, a-t-il ajouté. On devrait se la poser avant que l’irréparable se produise plutôt qu’après. »

M. Lisée fait valoir que 10 pays européens ont légiféré contre le port du voile intégral. Selon lui, cette tenue vestimentaire pose un problème de sécurité, puisque les personnes qui le portent ne peuvent être reconnues par des témoins ou par des caméras de surveillance.

M. Lisée ne promet pas formellement d’emboîter le pas à ces pays. S’il devient premier ministre, il statuera sur la question avoir mené des consultations et recueilli des avis d’experts.

Source: Lisée ouvert à bannir le voile intégral | MARTIN CROTEAU | Politique québécoise

Multiculturaliste, moi? | Francine Pelletier

Francine Pelletier, in a welcome departure from most Quebec commentary on multiculturalism, places its origins correctly in its historic and social context, dating back to the Bi and Bi Report on the “other groups” and the 1971 policy, well in advance of the 1982 repatriation of the constitution:

Je ne doute pas un instant que Trudeau père ait joué méchamment du coude lors de la Nuit des longs couteaux. Trudeau savait ce qu’il voulait et n’hésitait pas à forcer pour l’obtenir. A-t-il favorisé cette clause spécifiquement pour embêter le Québec ou plutôt, selon une autre version des faits, pour augmenter ses appuis ailleurs au pays ? Ou encore, tout simplement parce qu’il croyait que le multiculturalisme était la voie la plus prometteuse pour le Canada ? On pourrait en discuter longtemps. Le problème c’est que la perception du multiculturalisme au Québec est entièrement collée à ce petit moment ténu de notre histoire, sans tenir compte de ce qui s’est passé avant ou après.

Le multiculturalisme est né, non pas avec Trudeau, mais avec la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme au milieu des années 1960. Lors de ses audiences, la commission Laurendeau-Dunton doit reconnaître qu’il y a d’autres forces en présence que les seuls « éléments britanniques ou français ». Elle en fera une recommandation : « la reconnaissance de la contribution des divers groupes ethniques à la société canadienne ». En 1971, Trudeau, suivant les indications des commissaires, en fera une politique officielle. Dans son discours à la Chambre des communes, il déclare que le gouvernement accepte « la prétention des autres communautés culturelles qu’elles aussi sont des éléments essentiels au Canada ».

Sans Trudeau ni la déclaration officielle, sans René Lévesque ni le bras de fer constitutionnel, le Canada serait sans doute devenu « multiculturaliste » quand même. En prenant un peu plus de temps, c’est tout. En 1980, les immigrants de première et deuxième génération comptent pour plus de la moitié de la population canadienne, tout un changement en l’espace de deux générations. C’est d’ailleurs Brian Mulroney qui fera une loi sur le multiculturalisme (1988) afin de « promouvoir la participation entière et équitable des individus et des collectivités de toutes origines à l’évolution de la nation ».

Voilà pour la grande histoire. À aucun moment n’est-il question de « congédier la souveraineté populaire », comme le répète Mathieu Bock-Côté, d’abolir le « tronc commun » ou « d’inverser le devoir d’intégration ». Ce sont là des lubies entretenues par des nationalistes conservateurs.

Mieux : on a beau se targuer de faire de « l’interculturalisme » au Québec, rien n’indique, en fait, que notre façon d’aborder l’immigration est différente de celle du ROC. « Les chercheurs s’entendent pour dire que ce modèle a davantage été une déclaration d’intention qu’une véritable politique publique », dit Jocelyn Maclure dans Retrouver la raison. Depuis que le PQ a répudié, au début des années 1980, sa politique de « convergence culturelle » — perçue comme trop assimilatrice et portant le flanc à des accusations de nationalisme ethnique —, il n’y a pas de différences réelles entre la façon de concevoir l’immigration au Québec ou au Canada. Toutes les deux reposent sur un principe de réciprocité : « L’immigrant est invité à s’intégrer aux principales institutions et à apprendre la langue ou les langues officielles, à participer à la vie politique et à respecter les normes communes. »

Sous l’influence desdits conservateurs, de nombreux politiciens tentent aujourd’hui de revenir en arrière, c’est clair. Après la charte des valeurs, le « test des valeurs »proposé par François Legault et la « concordance culturelle » proposée par l’autre aspirant-chef, Jean-François Lisée, indiquent de nouvelles velléités assimilatrices vis-à-vis des immigrants.

Des études montrent, pourtant, que c’est en respectant les différentes cultures, plutôt qu’en les neutralisant, que les immigrants sont plus susceptibles de s’intégrer à la société d’accueil.

Veut-on vraiment cracher dans la soupe du multiculturalisme ?

Le multiculturalisme est né, non pas avec Trudeau, mais avec la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme au milieu des années 1960. Lors de ses audiences, la commission Laurendeau-Dunton doit reconnaître qu’il y a d’autres forces en présence que les seuls « éléments britanniques ou français ». Elle en fera une recommandation : « la reconnaissance de la contribution des divers groupes ethniques à la société canadienne ». En 1971, Trudeau, suivant les indications des commissaires, en fera une politique officielle. Dans son discours à la Chambre des communes, il déclare que le gouvernement accepte « la prétention des autres communautés culturelles qu’elles aussi sont des éléments essentiels au Canada ».

Source: Multiculturaliste, moi? | Le Devoir

ICYMI: CAQ wants to let fewer immigrants into Quebec

It is always amazing – but not necessarily surprising – that politicians pick numbers out of a hat without any real justification (apart from it being a nice round number (20 percent or 10,000).

But  we are likely to see a similar approach with the Liberal government’s strong indications of a substantial increase in immigration.

Not every criticism of increased immigration fans “the flames of intolerance,” it depends on the words used and the concerns raised:

The Coalition Avenir Québec wants to decrease the number of immigrants allowed into Quebec.

The right-leaning party says it would reduce the province’s immigration threshold by 20 per cent, from 50,000 to 40,000 people per year.

Leader François Legault announced his party’s newest idea in Saint-Jérôme Tuesday, the last day of caucus meetings ahead of the fall parliamentary session.

He said thousands of immigrants haven’t mastered French and haven’t entered the job market.

“We have to open our eyes. We have a real problem,” he said.

When asked whether current immigration policies threaten Quebec identity, Legault said that he can “objectively” see that certain people who live in the province “don’t adhere to a fundamental value, equality between men and women.”

However, Legault said he still believes the majority of Quebecers believe in that equality.

“But we have to be careful, we have to ask questions, like the ones they’re asking in Europe,” he said.

In April, Immigration Minister Kathleen Weil said the provincial government is planning to keep the threshold at 50,000 people for 2017.

In an interview with Radio-Canada, immigration lawyer Stéphane Handfield questioned the reason for a 20 per cent decrease.

“Why not 45,000, why not 30,000, why not 35,000?” he said.

During the announcement, Legault repeatedly mentioned the need to protect the French language.

Quebec has a special agreement with the Canadian government when it comes to immigration — skilled workers must obtain what is called a selection certificate from the Quebec government before applying for permanent residency.

Handfield said while he is all for protecting the French language, he pointed out skilled workers who want to immigrate to Quebec must demonstrate they can speak French in order to obtain that certificate.

Quebec’s Trump?

Both Premier Philippe Couillard and Québec Solidaire MNA Françoise David have recently compared Legault to U.S. presidential candidate Donald Trump.

In March, Couillard accused Legault of “fanning the flames of intolerance” when Legault questioned a possible increase in the province’s immigration threshold.

Source: CAQ wants to let fewer immigrants into Quebec – Montreal – CBC News

ICYMI: Burkini would not likely pass the CAQ’s citizenship test, says Legault e

Not totally surprising that the CAQ would play identity politics but still disturbing given its predecessor, the ADQ, did so:

It was Legault who opened himself up to the attacks when, arriving for a two-day meeting of his caucus, raised the issue when asked if he still has confidence in his caucus chairperson, Nathalie Roy.

Roy said last week she wanted the burkini — a piece of clothing which covers the entire body and head leaving only the face, hands and feet visible — banned. It is the same clothing which sparked a furor on the beaches of France this summer.

Photos of police officers who intervened on the beaches because of Muslim women wearing burkinis were seen around the world.

After saying he has the same “malaise,” as Roy when it comes to the burkini, Legault said it explains why the CAQ — should it form a government — is proposing to create a values test for newcomers.

It would be CAQ policy to require new immigrants to pass a test on Quebec’s language, and cultural values, after a three-year probationary period. If they don’t pass after two tries, they would be asked to return to their country of origin or to another province in Canada.

Legault ventured that immigrants in favour of the burkini would likely fail those tests and could be refused citizenship because a burkini runs against the principle of equality between men and women.

“There are big questions to be asked on such a piece of clothing,” Legault said. “Does it respect the fundamental values we have in Quebec on the equality of men and women?”

Asked by a reporter what would happen to a person who had moved to Quebec and insisted that the burkini was part of their faith, Legault was clear:

“They don’t get citizenship, that’s all.”

Source: Burkini would not likely pass the CAQ’s citizenship test, says Legault | Montreal Gazette

Les immigrantes victimes de violence conjugale sont mal protégées par l’État, selon les maisons d’hébergement

One of the harder issues to address given the difficulties for many immigrant women to report abuse or leave their spouse, and the resulting risk of deportation:

Souvent brimées par leur conjoint les parrainant et menacées de déportation, les immigrantes victimes de violence conjugale sont mal protégées par l’État québécois, déplore la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF).

Lors de la commission parlementaire qui porte sur la planification de l’immigration au Québec pour la période 2017-2019, la directrice de la fédération, Manon Monastesse, et sa coordonnatrice Marie-Hélène Senay ont décrit la situation d’immigrantes qui ne connaissent ni le français ni l’anglais et qui se réfugient dans une maison d’hébergement pour échapper à un conjoint violent ou encore à leur proxénète. Ces femmes risquent la déportation si elles quittent avant une période de deux ans leur conjoint les parrainant. Les immigrantes qui sont dans une situation jugée irrégulière par Immigration Canada — le visa que leur a procuré leur conjoint étant expiré, par exemple — risquent d’être dénoncées par ce dernier.

En novembre dernier, la FMHF a produit une étude financée par le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) sur l’adaptation de l’intervention et des services fournis aux immigrantes par les maisons d’hébergement. « Certains statuts d’immigration ou, pire, l’absence de titre de séjour confinent les femmes dans des situations de grande vulnérabilité. C’est le cas des femmes parrainéesqui sontdès lors, complètement dépendantes du conjoint. […] Cette situation laisse libre cours au contrôle du conjoint violent, qui détient l’ultime menace de la dénonciation menant à la déportation si la femme ne se conforme pas à ses exigences », peut-on lire dans le rapport de 86 pages.

Manon Monastesse a cité entre autres le cas de cette immigrante déportée qui a dû laisser derrière elle son enfant, qu’elle allaitait encore et que la Cour a confié au conjoint québécois qui l’avait dénoncée. « Les cas qu’on vous présente, ce ne sont pas des cas anecdotiques. C’est le quotidien qu’on voit », a-t-elle dit aux parlementaires.

Pas d’engagement de la ministre Weil

Elle a plaidé pour que l’État mette en place un mécanisme de suivi des immigrantes parrainées et de leur conjoint. « C’est inacceptable, ici au Québec, que des femmes soient enfermées pendant des années sans aucun contact avec la société », a-t-elle dénoncé. Dans certains cas, le parrain — un bon citoyen québécois — prend à sa charge plus d’une immigrante. « On voit de plus en plus d’hommes québécois se chercher des femmes soumises, a-t-elle révélé. Nous, on les voit : la numéro un, la numéro deux, la numéro trois. On s’aperçoit que c’est le même conjoint. »

La directrice du FMHF a aussi proposé que l’État suspende les procédures d’expulsion des immigrantes victimes de violence. « Il n’y a pas de mécanisme pour les protéger pendant qu’elles s’affranchissent d’un contexte de violence », a-t-elle fait observer.

Source: Les immigrantes victimes de violence conjugale sont mal protégées par l’État, selon les maisons d’hébergement | Le Devoir

Port du burkini: un débat futile, selon Trudeau

Not covered in English media unless I missed it: PM Trudeau’s comments on the burkini debate in Quebec, framing diversity as not merely as tolerance but rather as “acceptance, openness, friendship and understanding:”

Le premier ministre Justin Trudeau juge futile le débat qui commence à faire rage au Québec sur le port du burkini à la plage.

À l’instar du premier ministre du Québec Philippe Couillard, la semaine dernière, M. Trudeau cachait mal son irritation lundi, à l’issue d’une retraite de deux jours de son cabinet à Sudbury, de voir que certains tentent de lancer un tel débat au pays.

«Il y a des pays dans le monde où la tolérance serait essentielle. (…)  Mais je pense qu’au Canada, on devrait être rendu au-delà de la tolérance. Tolérer quelqu’un, c’est accepter qu’ils aient le droit d’exister, mais à condition qu’ils ne viennent pas nous déranger trop, trop chez-nous, là », a d’abord déclaré M. Trudeau au cours d’une conférence de presse.

« Au Canada, est-ce qu’on pourrait pas parler d’acceptation, d’ouverture, d’amitié, de compréhension ? C’est vers là que nous allons et c’est ce que l’on est en train de vivre à tous les jours quand on voit nos communautés diverses et riches, pas en dépit de leurs différences, mais bien grâce à ces différences », a ajouté le M. Trudeau.

En France, des municipalités ont décidé d’interdire le port du burkini à la plage, provoquant un vif débat en Europe sur le respect des droits de la personne. Ce débat a eu des échos au Québec, notamment à l’Assemblée nationale, où la Coalition avenir Québec a pressé le gouvernement de Philippe Couillard d’emboîter le pas aux municipalités françaises qui ont choisir d’interdire ce vêtement de plage.

 Vendredi dernier, le premier ministre Philippe Couillard a opposé une fin de non recevoir catégorique à cette demande de la CAQ. « «Je ne peux pas croire qu’on en est là», a laissé tomber M. Couillard.«L’État n’a rien à voir avec la façon [dont] les femmes se vêtent sur les plages».

Devant les journalistes, lundi, M. Trudeau a rappelé aux élus, peu importe où ils siègent, qu’ils ont le devoir d’élever le débat public et de s’assurer de respecter les droits de la personne.

« Oui, il va y avoir des petites controverses ici et là comme toujours. Mais pour moi le respect des droits et des choix des individus doit occuper la première place dans notre discours et dans nos débats », a affirmé M. Trudeau, a-t-il dit.

ICYMI: Le Québec en voie de dépasser ses cibles

One of the more recognized voice of settlement services in Quebec, Stephen Reichhold:

Québec sous-estime le nombre d’immigrants qui seront admis en 2016 et dans les années futures. C’est du moins ce que croit Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).

À l’instar de la plupart des intervenants qui défilent depuis mercredi devant la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, dans le cadre de la consultation publique sur la planification de l’immigration au Québec pour 2017-2019, il penche en faveur d’une augmentation des niveaux d’immigration.

« Les cibles citées sont nettement sous-estimées », note M. Reichhold. Pour 2016, le document soumis à la consultation en cours sur la planification de l’immigration fait état d’un maximum de 6600 réfugiés au total. Or, en date du 8 août, le Québec avait déjà accueilli 6181 réfugiés syriens. La cible initiale est donc déjà dépassée, suppose-t-il, puisqu’il faut y ajouter les réfugiés d’autre provenance.

C’est « l’effort humanitaire exceptionnel » envers les Syriens qui explique ce dépassement, a indiqué au Devoir le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI).

Mais tout indique que la tendance ne fléchira pas dans les prochaines années. « Ce qu’ils proposent ne correspond plus à la réalité », soutient le directeur de la TCRI. Il cite notamment l’objectif fédéral de 300 000 nouveaux résidents permanents en 2016, dont au moins 51 000 réfugiés, annoncé en mars par le ministre fédéral de l’Immigration, John McCallum. Ce dernier a réitéré mercredi ses intentions de ne pas faire fléchir cette tendance dans le cadre d’une série de consultations.

Le Québec possède ses propres pouvoirs en la matière, mais il reçoit une proportion de réfugiés correspondant à son poids démographique en vertu de l’Accord Canada-Québec relatif à l’immigration. Si le nombre de réfugiés augmente, et que l’immigration économique doit représenter 63 % du total en 2019 comme le souhaite la ministre Weil, les seuils totaux devront être gonflés.

Planification et français

« Il faut revoir les niveaux proposés », conclut M. Reichhold. Une estimation plus juste permettra de mieux planifier les programmes de francisation et d’intégration, juge-t-il.

Source: Le Québec en voie de dépasser ses cibles | Le Devoir

Le collège de Maisonneuve se dote d’une équipe anti-radicalisation | Le Devoir

Sensible initiative, one that the government can learn from, whether it succeeds or not:

Le collège de Maisonneuve, qui a été aux prises avec l’extrémisme religieux au cours des derniers mois, s’apprête à embaucher cinq professionnels dans l’espoir de désamorcer les idées « radicales » des étudiants.

Selon ce que Le Devoir a appris, la direction du collège prépare l’embauche de trois travailleurs de corridor et de deux autres spécialistes de la radicalisation en vue de la rentrée scolaire. Les cours commencent lundi prochain, mais le processus de sélection des cinq professionnels sera terminé dans deux semaines.

Ce projet-pilote de 400 000 $ survient après une série de cas de radicalisation d’étudiants du collège. Certains ont tenté d’aller faire la guerre en Syrie pour le groupe armé État islamique, classé comme terroriste par le Canada. Sabrine Djaermane et El-Madhi Jamali, deux anciens élèves du collège de Maisonneuve arrêtés en 2015, font face à la justice pour avoir planifié un attentat à Montréal, en plus d’avoir cherché à aller faire le djihad en Syrie.

Des tensions, des bagarres sont aussi survenues entre des groupes du collège au cours des derniers mois. De jeunes musulmans se sentent exclus et stigmatisés.

« Les travailleurs de corridor seront sur le terrain pour recueillir la parole des étudiants. Leur défi est de se faire accepter, de gagner la confiance des jeunes pour les aider », dit Line Légaré, porte-parole du collège de Maisonneuve.

En plus des trois travailleurs de corridor, deux autres professionnels seront embauchés pour appuyer les étudiants et le personnel du collège. Ces experts, formés en relations interculturelles ou qui ont un profil de psychologue ou de travailleur social, aideront la communauté du collège à comprendre et à réagir aux idées « radicales ».

Gare aux dérapages

Cette initiative est un bon point de départ pour rétablir un climat serein au collège de Maisonneuve, estime Cécile Rousseau, pédopsychiatre et directrice de l’Équipe de recherche et d’intervention transculturelles (ERIT) de l’Université McGill. Il existe tout de même un risque : il faut éviter que ces travailleurs de corridor deviennent des informateurs de la police, prévient la spécialiste.

« Le pire qui puisse arriver, c’est qu’on invite un jeune à s’ouvrir et qu’il se sente trahi. Le programme sera un échec si des jeunes se retrouvent fichés par la police ou par les services de renseignement après s’être confiés à un travailleur de corridor », explique Cécile Rousseau.

Source: Le collège de Maisonneuve se dote d’une équipe anti-radicalisation | Le Devoir

Les crimes haineux bondissent au Québec

In addition to the annular StatsCan reports (see 2013 Hate Crimes Statistics), Quebec publishes its own reports, showing a significant increase in 2014 (the year after the proposed Quebec Values Charter was introduced and debated):

Graffitis nazis sur une synagogue, tête de porc devant une mosquée, homosexuels agressés : plus de 250 crimes haineux ont été commis au Québec en 2014, dont près d’une centaine à Montréal. En un an, les crimes ciblant un groupe religieux ont doublé dans la province.

Les communautés juive et musulmane sont préoccupées par le phénomène, mais n’observent pas de flambée sur le terrain.

Le nombre de crimes haineux perpétrés au Québec était relativement stable dans les dernières années, et même en baisse au Canada. Or, 257 délits haineux ont été rapportés en 2014, un bond de 39 % par rapport à l’année précédente, a révélé le ministère de la Sécurité publique (MSP) dans un volumineux document rendu public lors de l’étude des crédits, en avril dernier. Depuis 2010, il n’y avait jamais eu plus de 200 crimes haineux pendant une année.

Crimes haineux au Québec par année civile

  • 2010: 198
  • 2011: 167
  • 2012: 175
  • 2013: 185
  • 2014: 257

Cette récente augmentation est « majoritairement attribuable à la hausse des délits motivés par la haine contre certaines religions », selon le MSP. En effet, ces crimes ont doublé entre 2013 et 2014 (48 contre 94). D’autre part, 80 crimes étaient guidés par la haine contre la « race ou l’ethnie » et 27 par l’orientation sexuelle de la personne. Le Ministère prévient toutefois qu’une « grande prudence est de mise dans l’interprétation des données […] considérant qu’il est parfois complexe d’établir le caractère haineux d’un délit ». Les données de 2015 n’ont pas été compilées.

 À Montréal, 113 crimes haineux ont été répertoriés l’an dernier, une hausse de 24 % en un an. Pourtant, au moment de présenter la nouvelle escouade vouée aux crimes et incidents haineux, en mai dernier, le chef Philippe Pichet évoquait plutôt une moyenne d’environ 70 crimes haineux chaque année dans la métropole. Il avait aussi spécifié que le phénomène n’était pas en hausse.

«  [70 crimes], c’est une moyenne sur 10 ans. En effet, dans les trois dernières années, il y a eu une augmentation », précise Fady Dagher, directeur adjoint du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en entrevue avec La Presse. « On va analyser d’où vient cette augmentation en y allant cas par cas. » (voir autre onglet)

Source: Les crimes haineux bondissent au Québec | Louis-Samuel Perron | National