Legault veut que le Québec reste petit

A more substantive debate over immigration than in the rest of Canada where a consensus for “more” exists across federal and provincial governments along with business and other stakeholders.

Refreshing to have a “small is better” voice, not just the questionable “big is better”. Questioning immigration levels and the impact on infrastructure and services is not necessarily xenophobic.

But the disconnect between a relative decline in Quebec’s population compared to the rest of Canada will prompt legitimate calls for a reduced percentage of federal Quebec ridings and in the medium-term, greater political reluctance to remain at the current level of 78 seats:

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a fait l’apologie de petits pays comme la Suisse et les États scandinaves, lundi, pour justifier sa décision de ne pas hausser les seuils d’immigration.

M. Legault a donné ces exemples, alors que ses adversaires ont pris des positions diamétralement opposées, à la suite d’une annonce du Parti québécois (PQ) favorable à la réduction du nombre de nouveaux arrivants à 35 000 par année.

Lors d’un point de presse en Outaouais, le chef caquiste a expliqué pourquoi il veut maintenir ce seuil à 50 000 personnes, malgré les appels à le hausser pour répondre à la pénurie de main-d’oeuvre.

Il ne s’est pas inquiété de la perspective que le poids démographique du Québec diminue au sein de la fédération canadienne, à défaut d’augmenter le nombre d’immigrants.

« La Suisse, c’est un petit pays extraordinairement riche, extraordinairement dynamique, a-t-il déclaré. Prenez les pays scandinaves : petits pays extrêmement riches, extrêmement dynamiques. Être gros, ça peut être beau, mais ce qui est important, c’est d’avoir une qualité de vie pour les personnes qui habitent au Québec. »

Pragmatisme

M. Legault a répété qu’au nombre actuel, le Québec reçoit déjà, toutes proportions gardées, plus d’immigrants que les États-Unis ou la France.

« On est 8,6 millions d’habitants, je pense que c’est une taille qui permet quand même d’offrir des services de qualité », a-t-il dit.

Le chef caquiste s’est félicité une nouvelle fois du fait qu’avec la pénurie de main-d’oeuvre, les travailleurs aient « le gros bout du bâton » pour exiger de meilleures conditions et de meilleurs salaires.

M. Legault a vanté le pragmatisme de sa position sur l’immigration, qu’il justifie également par l’importance de mieux favoriser l’intégration des immigrants, pour la protection du français.

Il a critiqué le PLQ, qui veut hausser le seuil à 70 000 et le PQ qui veut le baisser.

« Il y a un parti pour qui c’est pas important, la défense du français, et un parti pour qui c’est pas important, la croissance économique, a-t-il dit. Nous, on est équilibrés entre les deux. On n’est pas à 70 000, on n’est pas à 35 000, on est à 50 000. »

Réduction

Lundi, le PQ a proposé de réduire le seuil d’immigration à 35 000 personnes par année pour tenir compte de la capacité d’accueil du Québec et protéger la langue et la culture québécoises.

À Lévis, le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, a affirmé que, contrairement aux discours véhiculés par certains de ses adversaires, l’immigration ne règle pas la pénurie de main-d’oeuvre. Selon le chef péquiste, l’immigration a même le potentiel de l’accroître.

Les nouveaux arrivants ont besoin de services, ce qui exerce une pression sur la société d’accueil, affirme M. St-Pierre Plamondon.

« Le travail d’une personne à 40 heures par semaine, lorsqu’on le compare à sa consommation et au travail ce que ça nécessite, ça s’équivaut pas mal, a-t-il dit. Lorsqu’on regarde les analyses macroéconomiques, c’est faux de dire que des seuils d’immigration élevés vont combler la pénurie de main-d’oeuvre. »

Cette réalité est d’autant plus contraignante avec des pénuries d’enseignants et de personnel dans le réseau de la santé, a souligné le chef péquiste.

« On est dans une crise du logement, on a des pénuries d’enseignants et de médecins, donc notre capacité d’accueil, elle est moindre, elle est changée. »

Le PQ ciblera aussi la régionalisation de 50 % des nouveaux arrivants, avec une « voie rapide » pour celles et ceux qui s’engagent à s’installer en région et des incitatifs financiers pour qu’ils s’y installent.

Le pouvoir aux régions

La cheffe libérale, Dominique Anglade, qui a fait de la pénurie de main-d’oeuvre son cheval de bataille, a déclaré lundi que la régionalisation de l’immigration est la meilleure façon de franciser de manière plus rapide les nouveaux Québécois.

« Dans les régions, on a moins d’enjeux en matière d’intégration par rapport à la langue française, a-t-elle dit. S’ils vont dans les régions, il y a une accélération qui se fait. »

Comme cela a été annoncé dans son programme électoral, le Parti libéral du Québec (PLQ) veut donner aux régions le pouvoir de déterminer leurs besoins en immigration.

« On part avec 70 000 personnes, après ce sera déterminé par les régions. Il se peut que ce soit plus, il se peut que ce soit moins. Chacune des régions sera capable de nous dire la capacité d’accueil. »

Statu quo

De passage à Québec, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a affirmé que le seuil de 50 000 immigrants par année est « acceptable ».

Selon M. Duhaime, l’immigration fait partie de la solution pour contrer la pénurie de main-d’oeuvre, mais ce n’est pas suffisant. Un nouvel arrivant qui aura besoin d’une garderie pour ses enfants ou un nouveau logement « va générer un besoin de travailleurs », a fait valoir le chef conservateur.

« Pour nous, le vrai débat est davantage : est-ce que ces gens-là vont travailler et est-ce que ces gens-là vont parler français », a-t-il dit, en marge d’un point de presse.

M. Duhaime a expliqué qu’il faut choisir les nouveaux arrivants en s’assurant qu’ils sont en accord avec les « valeurs du Québec ».

Québec solidaire, qui veut augmenter le seuil à 80 000 immigrants par année, a insisté lundi sur la pénurie de main-d’oeuvre et sur la possibilité de franciser les nouveaux arrivants dans les milieux de travail.

« Dire à quelqu’un qui a une ou deux jobs d’aller prendre un cours de français le mercredi soir, ça ne marchera pas », a dit le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

Source: Legault veut que le Québec reste petit

Yakabuski: Official bilingualism is officially dead in Canada

Overly dramatic header but as we see in initial reactions in Quebec, recent action/inaction by the federal government, and the ever increasing gap between immigration to English Canada compared to Quebec, the trendline is not encouraging:

Statistics Canada surely did not time the release of language data from the 2021 Census to coincide with the launch of an election campaign in Quebec. But its publication of findings that confirm the decline of French within the province and across Canada are sure to light a fuse on the campaign trail as Premier François Legault calls for Ottawa to cede more powers to Quebec.

Neither did the federal agency likely consider the optics of releasing its report on the heels of the Aug. 15 Fête nationale de l’Acadie, the annual celebration of francophones in Atlantic Canada that marks the 1755 expulsion of thousands of their ancestors from the region by the British. Many ended up in Louisiana, where the French-language is today spoken by only a tiny minority of their descendants.

In May, as he revealed plans to seek full control over immigration policy if his Coalition Avenir Québec wins the Oct. 3 election, Mr. Legault warned that Quebec runs the risk of becoming another Louisiana without the ability to choose its own immigrants, including those who come to Quebec through the federal family reunification program. “It is a question of survival for our nation,” he said then.

Statistics Canada’s Wednesday report, showing that more newcomers to Quebec are using English as their first official language, will only serve to buttress Mr. Legault’s argument. The proportion of Quebeckers who primarily spoke English rose to 13 per cent in 2021 from 12 per cent in 2016, topping the one-million mark for the first time. The share who spoke predominantly French at home fell to 77.5 per cent from 79 per cent, despite extensive government efforts to “francize” new immigrants.

More than 70 per cent of Quebeckers who speak English as their first official language live on the Island of Montreal or in the suburban Montérégie region. The concentration of English speakers in and around the Quebec metropolis has long created linguistic tensions. Protecting Montreal’s “French face” is seen as imperative by most francophone Quebeckers, but many allophone newcomers to the city still gravitate toward English, sometimes even after attending French public schools.

And as Montreal goes, many fear, so goes the province. Which is why Bill 96 – the law adopted by Mr. Legault’s government in June that caps enrolment in English-language junior colleges among dozens of other measures aimed at protecting French – is seen by many francophones as a strict minimum.

Across Canada, French has been on the decline for decades despite Liberal prime minister Pierre Trudeau’s government adoption of the Official Languages Act in 1969. In 1971, French was the first official language spoken by 27.2 per cent of Canadians. By 2016, the proportion had declined to 22.2 per cent. In 2021, it fell again to 21.4 per cent. Where will it stand in 2026? You don’t need a PhD to figure it out.

The dream of a bilingual Canada d’un océan à l’autre may never have been more than that. But the reduction of French to folkloric status everywhere outside Quebec and in pockets of New Brunswick and Northern Ontario is the writing on the wall. Between 2016 and 2021, the proportion of the population speaking French at home declined in every region of the country except Yukon, where it rose to 2.6 per cent from 2.4 per cent. In New Brunswick, Canada’s only officially bilingual province, the share speaking French at home fell to 26.4 per cent from 28 per cent.

It may be fashionable among English-Canadian elites to enrol their kids in French immersion classes. But anemic rates of bilingualism hors Quebec and New Brunswick speak for themselves. Outside Quebec, Canadians who claimed an ability to conduct a conversation in both official languages dropped to 9.5 per cent from 9.8 per cent and down from a peak of 10.1 per cent two decades ago.

Even the federal public service, which once aspired to set an example, no longer prioritizes Canada’s official languages equally. In May, a Radio-Canada report showed that francophones are underrepresented in the upper echelons of the federal bureaucracy. Now, there is a push to waive French-English bilingualism requirements if applicants speak an Indigenous language or aspire to.

Removing barriers to career advancement faced by Indigenous people in Canada is a legitimate objective. But francophones argue it should not mean the diminution of the status of French within the public service. They worry that the appointment of Mary Simon as Governor-General, despite her inability to speak French, paves the way for more such nominations. They are not wrong to worry.

The latest census figures will exacerbate feelings of linguistic insecurity among francophone Quebeckers in particular. There will be consequences. We may witness a few of them on the campaign trail.

Source: Official bilingualism is officially dead in Canada

Quebec’s Conservative party surges in the polls as some of its candidates spread conspiracy theories

To watch. May make Quebec’s provincial election more interesting but more worrisome:

When Éric Duhaime took over as leader of the Quebec Conservatives last year, the party had never held a seat in the legislature, never been invited to a major debate and never raised more than $60,000 in donations in any given year.

It was, basically, a fringe party, unaffiliated with the federal Conservatives and considered too libertarian for most Quebec voters since it was formed in 2009.

In the last 15 months, though, Duhaime’s party has wrangled a seat in the legislature, started polling near 20 per cent. It has racked up nearly $500,000 in donations this year alone.

Source: Quebec’s Conservative party surges in the polls as some of its candidates spread conspiracy theories

Mukakayumba: Le mot en n vu de l’intérieur

More good commentary on the Radio Canada/CRTC controversy over the use of the N word. Context matters:

Je tiens, d’abord, à joindre ma voix à toutes celles et à tous ceux qui ont protesté contre la décision du CRTC relativement à la plainte déposée par Ricardo Lamour à propos de l’utilisation du mot en n à quatre reprises dans un segment de l’émission Le 15-18 animée par Annie Desrochers sur ICI Radio-Canada Première dans le Grand Montréal, le 17 août 2020. De mon point de vue, Radio-Canada n’aurait pas dû s’excuser. C’est donc avec tristesse que j’apprends qu’elle a fini par céder. Je me réjouis naturellement de sa décision de porter la cause en appel. D’ici là, j’ose espérer qu’une tribune sera offerte aux voix dissidentes, le plaignant ne représentant, à mon avis, que lui-même.

Depuis l’éclatement de la première crise autour du mot en n, je me demande pourquoi le mot lui-même n’est pas nommé. Qu’y a-t-il de mal à utiliser le mot « nègre » ? Originaire de l’Afrique noire, plus exactement du Rwanda, je vis au Québec depuis 1974 ; cela fera donc 50 ans en 2024. Il va de soi qu’à ce titre, il m’est arrivé d’avoir été traitée de négresse. Je n’y ai rien vu de grave, sinon de la méconnaissance ou de la mauvaise foi, à l’occasion, dans le ton. Du racisme, j’en ai vécu pourtant. Reste que le mot en n, que certains jugent si blessant qu’ils veulent le faire disparaître, n’a jamais été prononcé durant le pire épisode que j’ai connu, à compter de 2005, à l’UQAC (Université du Québec à Chicoutimi). Une descente aux enfers que je raconte dans La géographie en question (Armand Colin, 2012).

J’estime, pourtant, moi, une femme noire, que Radio-Canada n’avait aucune raison de s’excuser, auprès de qui que ce soit, pour avoir cité à quatre reprises le titre du livre de Pierre Vallières Nègres blancs d’Amérique. Ce propos s’appuie sur deux points en particulier.

Premièrement, je trouve excellents les propos tenus par Simon Jodoin à cette émission. Changer le mot « nègres » du titre pour le « mot en n » aurait eu pour effet d’induire les lecteurs et les auditeurs en erreur. Deuxièmement, je souscris entièrement aux raisons invoquées par l’ensemble des protestataires pour critiquer la décision absurde du CRTC, plus spécialement à celles formulées dans la lettre signée par l’ex-ombudsman de Radio-Canada Guy Gendron et 13 autres personnes qui sont des têtes d’affiche de la SRC.

Outre « l’indépendance du diffuseur public en ce qui a trait à [une] liberté d’expression » à préserver, je soutiens l’observation énoncée ci-après : « le fait que le CRTC, par sa décision, nie l’histoire du Québec et, dans ce cas particulier, un épisode où des penseurs francophones du Canada et des Noirs américains se rapprochaient au nom d’une discrimination que l’on dirait aujourd’hui “systémique” et qu’ils estimaient partagée ».

La preuve par trois

Il est important de se rappeler qu’au-delà de l’histoire du Québec, la décision du CRTC nie des pans importants de l’histoire universelle, plus particulièrement de celle qui se rapporte aux peuples noirs. Comme en témoignent les trois cas suivants, choisis parmi tant d’autres, une partie de cette histoire a été marquée par la réappropriation du mot « nègre » et de son féminin, le mot « négresse », par les personnes identifiées aux Noirs, qui les ont utilisés dans différents combats visant leur affranchissement.

Le premier cas qui me touche, en tant que Québécoise francophone d’origine africaine, se rapporte à la publication, en 1978, du livre La parole aux négresses par la Sénégalaise Awa Thiam aux Éditions Denoël. Préfacé par Benoite Groulx et considéré comme le livre fondateur du féminisme africain francophone, ce livre n’est-il pas un exemple éloquent du rapprochement des peuples — sous le leadership d’une femme noire et d’une femme blanche — pour exprimer leur combat commun contre différentes formes de domination, celle basée sur le genre n’étant qu’une parmi d’autres ? Qu’adviendrait-il de cette partie de l’histoire du féminisme si le terme « négresse » devait être banni du langage des médias et, corrélativement, des salles de cours, ou de n’importe quel autre espace public ?

Le deuxième cas concerne le mouvement de la négritude, fondé à Paris à compter des années 1930 par des écrivains africains et antillais. Les plus connus de ces derniers, le Martiniquais Aimé Césaire, le Guyanais Léon-Gontran Damas et le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, ont lancé un mouvement littéraire et politique d’affirmation de l’identité et de la culture des peuples noirs de leur temps. L’expansion de ce mouvement à l’ensemble des luttes des Noirs — des mondes francophones, voire des mondes anglophones (surtout aux États-Unis) — en a fait un mouvement général de lutte de libération de ces derniers contre toutes les formes de domination, y compris la colonisation et l’esclavage.

Lorsqu’on se donne la peine de bien écouter le « segment coupable » du 15-18, on ne peut que remercier Simon Jodoin pour les liens qu’il établit entre l’ensemble des peuples opprimés.

Le troisième cas, plus près de nous, est en lien avec le roman Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer publié par Dany Laferrière en 1985. Réédité et porté au cinéma en 1989, cet ouvrage est considéré comme un classique de la littérature québécoise. Quant à son auteur, élu membre de l’Académie française en 2013, il est reconnu comme un écrivain majeur de la littérature d’expression française.

Alimenter la confusion

Au regard de ces trois exemples, la question qui se pose face aux exigences de certains de nos concitoyens qui ne voudraient pas entendre parler du mot « nègre » est la suivante : qu’adviendrait-il de ces pans de l’histoire de l’humanité si les institutions comme le CRTC leur donnaient chaque fois raison ? Serions-nous prêts, collectivement, à sacrifier notre capacité d’apprendre et de comprendre les enjeux, passés et actuels, de notre société, allant du local au planétaire, parce que quelques personnes montent au créneau chaque fois que le mot en n est prononcé ?

Le plus troublant dans cette histoire est le racisme à l’envers qu’il suppose. Selon ce prisme, l’oeuvre de Vallières devrait être bannie, et du langage et de l’espace public, et ce, en dépit de sa valeur historique reconnue. Devrait-on réserver le même sort au roman de Dany Laferrière ? La question mérite d’être débattue.

En fin de compte, bien que je sois une femme noire, je ne me sens pas représentée par les quelques personnes qui cherchent à faire disparaître ce mot sans raison valable. Toute l’agitation autour de ce sujet depuis le début de 2022 ne fait que créer de la confusion et masquer les problèmes réels.

Je ne voudrais pas terminer ce texte sans dire au peuple québécois, qui m’a accueillie et m’a choyée depuis bientôt 50 ans, que je l’aime de tout mon coeur et qu’il est le meilleur au monde. Mais surtout, je tiens à l’inviter à faire attention aux racistes de tous acabits. Ce ne sont pas toujours ceux qu’on croit.

Source: Le mot en n vu de l’intérieur

Augmenter l’immigration ne réglera pas la pénurie de main-d’oeuvre, maintient Jean Boulet

Quebec takes a very different tack than the rest of Canada.

Will provide an opportunity for some interesting comparative analysis on outcomes between the consensus in English Canada in favour of ever increasing immigration and the more restrictive approach of Quebec.

In the longer term, Quebec’s importance in relation to the rest of Canada will continue to decline and at some point, there will likely be less support for maintaining the number of Quebec MPs:

Québec tient coûte que coûte à maintenir ses seuils d’immigration aux niveaux actuels malgré une pénurie de main-d’oeuvre qui n’est pas près de se résorber.

En entrevue bilan avec Le Devoir, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale justifie l’intention de son gouvernement de maintenir le rythme d’accueil actuel, malgré l’accumulation des postes vacants — on en comptait plus de 224 000 au premier trimestre de 2022. « Moi, j’ai toujours dit : “les seuils ne bougent pas” », répète-t-il.

« On a encore du travail d’intégration, d’amélioration des problématiques de surqualification. […] C’est : “en prendre soin” », ajoute le ministre, en écho au leitmotiv électoral de sa formation politique en 2018.

En mai, le ministre Boulet avait ouvert la porte à réviser à la hausse le plafonnement des entrées migratoires. Une étude du démographe Marc Termote lui recommandait alors d’augmenter les seuils de 8000 nouveaux arrivants en cinq ans. Après avoir qualifié cette analyse de « raisonnée et raisonnable », M. Boulet avait finalement rebroussé chemin sur Twitter.

« Je me suis mal exprimé et j’ai été mal compris lorsque j’ai été questionné par des journalistes. Ce n’est pas acceptable de recevoir 58 000 immigrants chaque année », avait-il écrit.

La conversation sur ces seuils a repris de plus belle cette année. Alors que la Coalition avenir Québec (CAQ) privilégie le statu quo, le Conseil du patronat du Québec recommande d’accueillir au moins 80 000 immigrants annuellement, et même de « tendre vers » les 100 000. Le Parti libéral du Québec (PLQ) s’est déjà mouillé : un gouvernement piloté par Dominique Anglade irait jusqu’à 70 000 entrées par année en début de mandat.

En matière d’immigration, la CAQ privilégie une renégociation de l’entente Canada-Québec, qui régit le partage des compétences entre les deux ordres de gouvernement. Elle se positionne aussi en faveur du rapatriement des programmes de réunification familiale et de travailleurs étrangers temporaires, parce que le gouvernement fédéral « est incapable de livrer », insiste Jean Boulet.

« Les admissions sont faites par Ottawa, et les seuils ne sont même pas atteints à ce moment-ci », soutient-il. Selon l’élu responsable de la région de la Mauricie, les solutions à la pénurie de main-d’oeuvre se trouvent partout : travailleurs de plus de 65 ans, personnes judiciarisées, personnes en situation de handicap… Il suffit de les attirer avec les bons incitatifs.

Quelques options

Chez les travailleurs expérimentés, soit ceux qui ont passé l’âge de la retraite, la popularité du marché de l’emploi donne confiance à M. Boulet. Ils étaient plus de 194 000 travailleurs de 65 ans et plus le mois dernier, soit 20 000 de plus qu’il y a trois ans. Intrigué par le potentiel de productivité de cette tranche de la population, le ministre n’exclut pas d’agir pour repousser l’âge de la retraite. « On est en réflexion constante », dit-il.

Le ministre Boulet a déjà laissé entendre que la pénurie de main-d’oeuvre était là pour de bon, du moins à moyen terme. En s’appuyant sur les calculs de démographes, il anticipe un « creux historique » en 2030.

« C’est un phénomène qui devient de plus en plus aigu, qui a été accentué par la pandémie. Et ça va continuer », admet-il au téléphone.

L’élu caquiste n’est « pas du tout défaitiste ». « Notre taux d’emploi chez les 15 à 64 ans, il est quand même le plus élevé au Canada », soulève-t-il. Le nombre de prestataires de l’aide sociale s’est d’ailleurs abaissé de 23 % de janvier 2018 à janvier 2022, se réjouit le ministre.

Des enfants derrière la caisse

Une seule chose tracasse Jean Boulet : le recours aux moins de 14 ans sur le marché du travail. La Loi le permet, mais cette tendance s’est trop accélérée au goût du député de Trois-Rivières. « Le travail des jeunes ne doit jamais nuire à la persévérance scolaire. […] Pour moi, je l’ai déjà mentionné, ce n’est pas normal qu’un jeune de 11 ans travaille », lance-t-il.

Québec ne détient pas de statistiques sur l’emploi des plus jeunes. Statistique Canada non plus. Mais M. Boulet constate un rajeunissement du bassin d’employés. « Il y a des cas, par exemple dans des restaurants, où des jeunes de 11 ans peuvent travailler dans des cuisines près d’équipements qui peuvent comporter un certain danger », s’inquiète-t-il.

Pour mieux « encadrer le travail des enfants », le ministre envisage de légiférer, si son parti est reconduit au pouvoir en octobre.

La plateforme caquiste sera rendue publique au cours des mois prochains. Déjà, le PLQ a présenté la sienne, qui prévoit un congé de cotisations au Régime de rentes du Québec pour les 62 ans et des places en services de garde à 8,70 $ « pour tous ».

Québec solidaire (QS), le Parti québécois (PQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ) n’ont pas non plus déposé leur programme électoral. QS s’est toutefois engagé à obliger les entreprises à offrir quatre semaines de vacances par année à leurs employés après un an de services. Le PQ prévoit notamment dans son « projet national » de « réformer le processus de reconnaissance des diplômes ». Le PCQ souhaite, entre autres, revoir à la hausse le crédit d’impôt au prolongement de carrière des travailleurs d’expérience.

Source: Augmenter l’immigration ne réglera pas la pénurie de main-d’oeuvre, maintient Jean Boulet

Quebec tells federally regulated firms to guarantee use of French among employees

Federal response has been weak to date. Will be interesting to see the results of expected court cases:

The Quebec government is giving companies in federally regulated sectors one month to begin complying with new requirements to guarantee the use of French in their workplaces.

The move comes as Ottawa’s plans to modernize the country’s Official Languages Act, which will include new rules for federally regulated companies, are still being debated in Parliament.

Federally regulated sectors include banking, telecommunications and transportation, which were not under the legal purview of the Quebec government until the recent adoption of a new language law known as Bill 96.

Source: Quebec tells federally regulated firms to guarantee use of French among employees

Chouinard: Demandeurs d’asile largués [childcare subsidies]

Of note:

La décision de Québec de porter en appel un jugement qui redonnait enfin aux demandeurs d’asile le droit aux garderies subventionnées, et ce, après quatre ans d’interdit, traduit une politique migratoire insensible à la vulnérabilité des citoyens en attente d’un statut. Les organismes de défense des droits de ces demandeurs, qui ont un permis de travail mais ne peuvent l’utiliser faute de moyens, ont raison d’être exaspérés.

Ce dossier à la fois complexe et d’une simplicité désarmante nourrit les manchettes depuis quatre ans. En avril 2018, le gouvernement libéral de Philippe Couillard a décidé sans crier gare de réinterpréter l’article 3 du Règlement sur la contribution gratuite de la Loi sur les services de garde éducatifs à l’enfance. Alors que cet article donnait jusque-là accès aux garderies à 8,70 $ par jour à tout titulaire d’un « permis de travail et [qui] séjourne au Québec principalement afin d’y travailler », une nouvelle lecture de cet article a exclu les demandeurs d’asile, qu’on a jugés présents au Québec pas « principalement » pour travailler. Du jour au lendemain, cette catégorie de migrants s’est donc retrouvée privée d’accès aux services de garde subventionnés, et ce, malgré le fait qu’ils détenaient un permis de travail.

En prenant le pouvoir en 2018, la Coalition avenir Québec (CAQ) n’a pas jugé bon d’annuler la décision du précédent gouvernement, qui avait soulevé l’ire de tous les groupes de défense des droits des réfugiés et des demandeurs d’asile. L’accès à la garderie subventionnée revêt une importance capitale dans la vie de personnes nouvellement arrivées au Québec et qui désirent s’intégrer, travailler et apprendre le français. Pour les enfants, cet accès est capital. Même les arguments économiques ne tiennent pas la route pour justifier cet entêtement obscur de Québec à exclure ce groupe de citoyens de l’accès à la garderie, car, faute de moyens financiers, plusieurs mères doivent renoncer à travailler, et ce, même si elles détiennent un permis de travail. En pleine pénurie de main-d’oeuvre, c’est d’une absurdité sans nom.

Les médias ont rapporté nombre d’histoires invraisemblables : des mères célibataires forcées de se rabattre sur l’aide sociale et de refuser nombre d’offres d’emploi, car le prix d’une garderie privée — environ 50 $ par jour, contre 8,70 $ dans les garderies soutenues par Québec — équivalait littéralement au montant mensuel de leur loyer. Alors que les pénuries de main-d’oeuvre dans nombre de secteurs cruciaux sont en train de créer un Québec vivant sur le mode gruyère, avec des trous béants dans son offre de services essentiels, on tournerait le dos à un groupe de travailleurs prêts à s’intégrer dans la société québécoise par le truchement du travail ?

Québec prétexte le fort afflux de migrants, les listes d’attente pour les garderies subventionnées et les délais d’attente déraisonnables imposés par le fédéral pour justifier son refus de relire avec justesse l’article 3 du Règlement ; mais la vérité est qu’il ajoute lui-même des embûches sur la route déjà tortueuse de l’intégration des migrants. En outre, et cela est une véritable disgrâce pour un gouvernement dont le slogan de la dernière campagne électorale dans le dossier d’immigration était « en prendre moins, mais en prendre soin », l’interprétation de la CAQ prend pour cible un groupe vulnérable. C’est en totale contradiction avec toutes les politiques humanitaires de soutien aux demandeurs d’asile.

Il a donc fallu se tourner vers les tribunaux pour savoir si Québec avait erré en décidant de proposer une nouvelle lecture de l’article 3. Fin mai dernier, le juge Marc St-Pierre, de la Cour supérieure, a décrété que oui. « [Le Tribunal] déclare que l’article 3 du Règlement sur la contribution réduite a été adopté sans habilitation législative et est par conséquent ultra vires et nul », a-t-il conclu, ce qui a provoqué un immense soulagement du côté des organismes qui s’agitaient depuis quatre ans pour ce revirement de situation. La victoire fut de courte durée, car le 7 juillet dernier, Québec a décidé d’en appeler de la décision. C’est navrant.

À l’approche d’un 3e Sommet de l’immigration, qui doit normalement se tenir en novembre prochain, il serait intéressant de valider la cohérence de l’ensemble des politiques d’immigration et des pratiques de terrain, car l’ensemble de l’oeuvre laisse poindre nombre de ratés et d’invraisemblances qui nuisent aux objectifs économiques et aux politiques sociales du Québec. On a fait grand cas des seuils d’immigration, résumant le dossier à une affaire de chiffres, alors que le coeur du travail se trouve dans l’intégration — ratée — de ceux qui y sont.

La souque-à-la-corde qui se joue entre Ottawa et Québec autour de ce dossier crucial ne vient d’aucune manière donner de l’air au Québec, il faut le rappeler. Ottawa est empêtré dans une lourdeur administrative et des délais qui font honte, et dont pâtit le Québec. Mais celui-ci doit honorer ses promesses envers les personnes à qui il ouvre sa porte et leur permettre d’accéder de la manière la plus rapide et la plus digne au marché de l’emploi.

Source: Demandeurs d’asile largués

Quebec judge says Crown failed to prove Nazism led to Holocaust in hate speech trial

Odd, to say the least, given that this is settled history:

The prosecution in the trial of a Montreal man accused of fomenting hatred against Jews failed to establish that the murder of Jews by the regime of Adolf Hitler was a consequence of Nazi ideology, a Quebec court judge said Friday.

The case involves Gabriel Sohier Chaput, 35, who faces one count of wilfully promoting hatred in connection with an article he has admitted to writing that was published in 2017 on the neo-Nazi website Daily Stormer. The blog post included racist images and comments about Jews throughout, and the website displayed photos of Hitler and other images associated with Nazism.

Prosecutor Patrick Lafrenière said it was common knowledge that the Daily Stormer is a far-right website and that Nazi ideology led directly to the murder of millions of Jews.

But Judge Manlio Del Negro wasn’t satisfied. “You (Mr.) Lafrenière, did not present an expert opinion,” the judge said.

“The Crown is asking a lot,” Del Negro said. “You are making arguments that have not been put into evidence (…) I am not convinced that doing what you are asking me to do does not prejudice the accused.”

Sohier Chaput’s defence lawyer, Hélène Poussard, jumped into the discussion, telling the judge that, “today, Nazism is used to describe everything. We mix the Holocaust with Nazism.”

Poussard added that, “it’s not because Jews were exterminated that it was part of the ideology.” She then suggested that Jews were killed in Nazi concentration camps “to save money.”

The judge rebuked her: “You have crossed the line!” he said.

Then the judge turned to Lafrenière. “You see, (Mr.) Lafrenière, it’s your fault. It would have been easy to prove that the Daily Stormer was a far-right site. It would have been easy to bring a historian to prove that Nazism was behind the extermination of the Jews.”

The two sides agreed to return to court on Aug. 29 to fix a date for a debate as to whether it is common knowledge that the Daily Stormer is a far-right website and that Nazism did indeed lead to the Holocaust.

Earlier on Friday, Lafrenière delivered his closing arguments, attempting to demonstrate that the text written by Sohier Chaput and the context in which it was published were hateful. The article said 2017 would be the year of “non-stop Nazism, everywhere.”

“You have to take the context into account,” Lafrenière said. “Nazism is the largest manifestation of hate toward the Jews.”

The article’s degrading comments, its aggressive tone and its description of Jews as “our enemies,” the lawyer said, “are likely to promote hatred” against the Jewish community.

Poussard delivered her closing arguments in March, stating that her client was being ironic and was trying to make his readers laugh.

Sohier Chaput, meanwhile, testified during the trial that the Daily Stormer was a “parody site.”

Lafrenière said Friday that the site is by all appearances a serious website and not intended to be a joke.

Sohier Chaput, who wrote under the pen name Zeiger, published around 1,000 articles on The Daily Stormer, making him one of the site’s most prolific contributors.

Lafrenière said the accused wrote the entirety of the article and that certain derogatory terms used toward Jewish people were not added by an editor, as Sohier Chaput has claimed.

About 40 demonstrators identifying with the anti-fascist movement were in front of the Montreal courthouse to express their lack of confidence in the judicial system “to combat the influence of the far-right and the fascist threat.”

Source: Quebec judge says Crown failed to prove Nazism led to Holocaust in hate speech trial

Quebec’s Roxham Road on track to see record number of asylum seekers — but they face delays and despair in post-pandemic Canada

As do many others…

In Pascal’s Canadian dream, he becomes a doctor.

He’s only been in the country a month. He has a long way to go. But consider how long he’s been running, and how far he came to get here.

He left his home in Cap-Haïtien, on the north coast of Haiti, for the Dominican Republic, which occupies the eastern half of the island of Hispanola, right next to Cuba.

From there, he travelled with others in a car to Brazil. From Brazil, west to Peru, then north, through Ecuador, Colombia and Panama, where they were set upon by thieves who stole pretty much everything — except for the money that Pascal had hidden in a hollowed-out deodorant container.

This money allowed him to continue his northward journey, through Costa Rica, Nicaragua, Honduras, Guatemala, Mexico and the United States, said 39-year-old Pascal, who requested that his last name not be published for security and privacy reasons.

On May 21, he arrived at the Canada-U.S. border, where more than 13,000 people so far this year have been arrested by Royal Canadian Mounted Police as they take their first hesitant steps along a dirt path at the end of Roxham Road onto Canadian soil.

Technically a dead-end street, Roxham Road is a sleepy country route watched by high-tech border surveillance cameras. The passage that starts in New York state and continues into Hemmingford, Que., stands as the worst-kept secret of those seeking refuge from despots, disasters and all manner of dire circumstances, including North American immigration laws.

Thanks to the lifting of COVID-19 restrictions on border crossings, the return of air travel and a general increase in the numbers of people seeking asylum, 2022 is on track to become a record year for the controversial crossing point.

The federal government, which screens newcomers to determine their eligibility to make a refugee claim, is now straining to keep pace with the flow.

The result is delay and despair: a months-long wait during which asylum seekers receive social assistance payments but are denied a temporary work permit in a country struggling to meet its labour needs.

“They want to work,” said Stéphanie Valois, president of the Quebec Association of Immigration Lawyers. “They’ve got nothing — no money, no furniture. They’ve got nothing and they need it.”

This could also be a decisive and pivotal moment for a haphazard arrangement that allows refugee claimants to cross at Roxham Road, make their asylum claim while already on Canadian soil, and thus bypass the terms of the Canada-U.S. Safe Third Country Agreement, which obliges asylum seekers to make their claim in the first country they reach.

The Quebec government, facing a fall re-election, wants Ottawa to plug the hole in the nearly 9,000-kilometre Canada-U.S. border, saying that it has neither the resources nor capacity to deal with the flow of migrants.

Meanwhile, the Supreme Court of Canada has agreed to hear a constitutional challenge to the Safe Third Country Agreement which, if successful, could allow asylum seekers to make a claim at any official Canadian border crossing — spreading Quebec’s burden more equitably across the country.

“We have an obligation to examine the cases of people who seek protection here,” says Wendy Ayotte, founder of Bridges not Borders, a support group for asylum seekers.

“Of course it is correct to say that it isn’t a fair distribution of people entering irregularly into Canada. Obviously it’s not fairly distributed across the country, but surely the response … is to call for the end of the (Safe Third Country Agreement) and then people can go anywhere.”

The Star met Pascal, a community organizer who said he was beaten and threatened by members of a local Haitian political party, at Maison d’Haïti, a Montreal community centre where he had come, immigration documents in hand, to consult Peggy Larose, a social worker.

From her cramped office behind the reception desk and the centre’s coffee bar, Larose helps Haitian refugee claimants complete their myriad forms and find housing, food and jobs, all while listening to the thoughts that weigh heavily on their minds.

“They are long stories and difficult stories. There are stories that rip you apart, that make you want to scream and cry out,” she said, recounting the plight of one couple who told her how their young daughter had been struck and killed by a truck while they travelled through Mexico, and was buried where she died.

Evidence of the great distances and hardships that people endure to get to Canada lies in the high grass on either side of Roxham Road.

The two halves of an identification card for a 25-year-old woman who stayed at a homeless shelter in Portland, Maine; part of a bright yellow Bancolombia bank card; the four ripped quarters of a blue plastic pass issued to a Nigerian man upon his admission to to a U.S. Immigration and Customs Enforcement processing centre in Tacoma, Wash.

Relics, secrets or the shame from past lives that people hope to leave behind.

Last Sunday, a group of seven people — three men and four women — boarded American Airlines Flight 1280 from Phoenix to New York, paying $378.60 (U.S.) each for the second-to-last leg of their journey to Canada. Their tickets were recovered floating in the water of a stream that runs alongside Roxham Road.

The next day, Monday, a woman named Jakelina boarded an Adirondack Trailways bus in New York City at 6:30 p.m., arrived in Plattsburgh, N.Y., at 1:20 a.m. on Tuesday and made her way toward Roxham Road, discarding the receipt for the $77.25 trip moments before starting a new life in a new country.

Roxham Road owes its popularity among those fleeing their homeland to the immigration policies of former U.S. president Donald Trump.

In January 2017, Trump signed an executive order banning Syrian refugees and blocking citizens of seven majority-Muslim countries from entering the United States — the so-called Muslim ban.

Later that year, 58,000 Haitians living in the U.S. learned of Trump’s plan to let their “Temporary Protected Status” expire, depriving them of protections under the special programs for migrants from countries deemed unsafe or which had suffered humanitarian emergencies, as Haiti did during the 2010 earthquake.

These policies prompted a flight to Canada with little modern precedent as asylum seekers took advantage of a loophole in the Safe Third Country Agreement that allowed them to avoid being forcibly returned to the U.S. by crossing into Canada at a spot between official border posts — something known as an “irregular border crossing.”

In 2017, 18,836 people were intercepted by the RCMP crossing irregularly into Canada in the province of Quebec, compared to 1,018 who were intercepted in Ontario and 718 in British Columbia, 14 in Saskatchewan and six in Alberta.

The phenomenon — and the provincial ratio — continued in 2018 and 2019 but dropped sharply with the arrival of COVID and the closure of the Canada-U.S. border.

“If you crossed at Roxham Road, you were given a notice by the Canadian government known as a ‘direct back’ notice, which means that we’re not willing to hear your claim right now, we’re going to send you back to the U.S. and at some later date when we think the time is good we will allow you to return to pursue your claim,” says Janet Dench, executive director of the Canadian Council for Refugees.

She says that some of those who wanted to make refugee claims in Canada were subsequently detained in U.S. immigration detention centres and, in at least a few instances, were deported to their country of origin.

When the Canada-U.S. border reopened in November 2021 asylum seekers returned almost immediately to Roxham Road.

Compared to October 2021, when there were 96 RCMP interceptions, 832 people were picked up after crossing in November and 2,778 in December. That monthly tally has remained steady through to May 2022 — the last month for which statistics are available — when 3,449 people entered through the Quebec crossing.

In response to questions from the Star, a spokesperson for Immigration, Refugees and Citizenship Canada said that federal officials “continuously monitor conditions and developments in other countries to inform our planning.”

The government declined to speak about the possible reasons for the increased volume of people crossing the border, though others attribute it to the newfound freedom of movement that people around the world are experiencing after lengthy pandemic lockdowns

“I think it’s just normal that — like everyone else — people are starting to move again. These are people who were blocked in their home countries or in transit on their way to Canada,” says Valois, who practises immigration law in Montreal.

“Looking at the bigger picture, there are many more people entering the United States each day and there is also an increase in the number of asylum seekers who arrive in the U.S., so the percentage of those who make it to Canada is really small.”

Not so small that they escaped the attention of Quebec Premier François Legault.

In mid-May, Legault, who casts himself as a fiscally conservative nationalist whose policies are guided by common sense, complained about the “unacceptable” number of people crossing the border into the province and the strain it was placing on the province’s resources.

“We are the only province that has a wide-open road named Roxham, and the federal government, which is responsible for controlling the borders, is not doing its job,” he said.

Legault added that there is a long delay in making an initial eligibility assessment to determine whether there are sufficient grounds for a refugee-claim hearing. During this time, the province is obliged by law to provide health-care services and financial assistance to asylum seekers, he complained.

“A good number of these people aren’t real refugees,” the Quebec premier said in a news conference. “A refugee is someone who faces physical risk in their country, but the majority are not refugees and eventually, when their case is analyzed, they are refused and returned to their country.”

Data from the Immigration and Refugee Board of Canada from February 2017 to March 2022 on refugee claims made by irregular border crossers such as those who enter Canada through Roxham Road would appear to contradict Legault’s claim.

Of more than 63,000 claims, nearly 28,000 were accepted and 19,000 rejected while some 6,000 were abandoned or withdrawn. More than 11,000 claims are waiting to be heard.

But government statistics show that refugee claims made by individuals from the two largest source countries of irregular border crossers — Nigeria and Haiti — find their demands for protection from Canada rejected more often than they are accepted.

Marjorie Villefranche, Maison d’Haïti’s general manager, says Haitians are compelled to come to Canada not so much due to the widespread poverty in the country but because of the violence and insecurity in their native land.

“They say, ‘If I remain here, I will die. I will die with my children.’ What family would accept to stay and die?” she asked. “Anyone would try to do whatever they can to save their lives and to save the lives of their children.”

Villefranche says that it was “exaggerated” to claim that a wealthy country such as Canada could be overloaded by an influx of 20,000 or 30,000 refugee claimants, as the Quebec government claims.

“I think that, as a rich country it’s the least we can do to receive a certain number of refugees,” she says. “There are even poor countries that receive a million or two million refugees across their borders.”

Post-pandemic, Canada is nevertheless struggling to keep up with the flow of asylum seekers.

Upon arrival on Canadian soil, people undergo an initial interview where border agents record their identities, take fingerprints and make biometric recordings. Once their file is created, they are able to receive health care and social assistance.

But it is not until a more thorough admissibility investigation is conducted that a refugee claimant is eligible to receive a temporary work permit.

Dench, from the Canadian Council for Refugees, says a delay that was once limited to several days has now stretched to a months-long wait because officials conduct more extensive security checks that include the exchange of biometric data with other countries.

“They are so keen to exclude people from the refugee determination system that they make a system that is unworkable and starts accumulating these huge backlogs,” she says.

In response to the Star’s questions about delays, a spokesperson for the Canada Border Services Agency said the time required to complete an eligibility check depends on the complexity of the case, the availability of information and the amount of research required.

Legault, the Quebec premier, put this delay at 14 months. Pascal, the Haitian asylum seeker who arrived in May, says he was told he would have to wait until March 2023 before he would receive an eligibility ruling — meaning he will not legally be able to work for 10 months.

Valois, the immigration lawyer, said the delay in receiving an admissibility hearing was “relatively new” and “really problematic.”

“The client wants to work. They want to get moving. They want to have a hearing. They want to be heard. The delay is not to their advantage.”

In an post-pandemic economy that is experiencing desperate labour shortages, the delay in approving work permits for people ready and willing to work is not to the country’s advantage either.

“It’s so ridiculous when you see that so many employers are wanting to employ people and yet the federal government is keeping people in this kind of limbo state because they can’t even get them through the first part of the process,” says Dench.

Another young Haitian couple arrived in Canada in April after a seven-month period in the U.S. during which they were held in detention and the man was forced to wear an ankle bracelet to track his movements.

He wants to find work as a driver, eventually. She said she would like to train to become a caregiver in a hospital — a line of work that, by some estimates, up to 2,000 asylum seekers in Quebec took up during the COVID-19 pandemic, when the needs were greatest.

The couple did not want to provide their names, nor would they discuss the reasons they had for seeking refugee protection from Canada.

But they were happy to share the details of their first Canadian victory — finding an apartment of their own that will allow them to finally leave the downtown Montreal shelter that they and hundreds of other refugee claimants call home.

It’s a studio apartment. It will cost them $850 a month, not including utilities. That will leave them less than $300 a month to eat, to support themselves as well as the baby boy due to enter the world this fall.

Source: Quebec’s Roxham Road on track to see record number of asylum seekers — but they face delays and despair in post-pandemic Canada

There are legitimate concerns regarding the undue burden on Quebec given that over 99 percent of irregular arrivals occur there (2022 to date):

The federal government is starting to relocate asylum seekers who have crossed irregularly into Quebec from the United States, following a rise in the number of would-be refugees at the border.

Immigration, Refugees and Citizenship Canada says that as of June 30, officials have started to transfer a “small number” of asylum seekers to Ottawa and Niagara Falls to help reduce the pressure on Quebec. The department didn’t give details.

More than 13,250 refugee claimants were intercepted outside official points of entry in Quebec by border agents between January and May, mostly at Roxham Road — a rural road leading from the U.S. into the province.

That is more than double the number of people who crossed irregularly into Quebec during the same period in 2019, before the entry points into Canada were closed because of the COVID-19 pandemic. Roxham Road was reopened to would-be refugees in November 2021.

Premier François Legault has asked the federal government to shut down Roxham Road because of the pressure the rise in asylum seekers is putting on Quebec’s ability to care for the newcomers.

The Canada Border Services Agency says it has increased its capacity to temporarily house asylum seekers at the Roxham Road crossing, to 477 people from 297.

Source: Ottawa starting to transfer ‘small number’ of asylum seekers to Ontario from Quebec

QS permettrait les signes religieux « pour tout le monde »

Welcome position:

« On va permettre le port de signes religieux pour que tout le monde puisse travailler au Québec, peu importe ses croyances. On va ajouter des dispositions à la loi pour que la laïcité au Québec soit rassembleuse et cohérente », affirme le chef parlementaire de QS en entrevue avec La Presse.

À l’heure actuelle, la Loi sur la laïcité de l’État (« loi 21 »), que le gouvernement Legault a fait adopter sous bâillon en juin 2019, prévoit que les enseignants, les directeurs des écoles primaires et secondaires publiques, les agents de la paix, les procureurs de la Couronne, les juges de nomination québécoise ainsi que le président et les vice-présidents de l’Assemblée nationale ne peuvent porter de signes religieux dans l’exercice de leurs fonctions. Le Parti québécois (PQ) a appuyé la loi, mais le Parti libéral du Québec (PLQ) et QS ont voté contre.

« Un signe religieux est tout objet, notamment un vêtement, un symbole, un bijou, une parure, un accessoire ou un couvre-chef, qui est soit porté en lien avec une conviction ou une croyance religieuse ou qui est raisonnablement considéré comme référant à une appartenance religieuse », selon la définition du gouvernement du Québec.

De nouvelles balises

M. Nadeau-Dubois propose de modifier la loi pour y ajouter des balises « simples, claires et faciles à interpréter » afin d’encadrer le port de signes religieux, en conformité avec les dispositions prévues par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Sous un gouvernement solidaire, il serait uniquement permis d’interdire le port d’un signe religieux à un employé de l’État pour des raisons de sécurité, promet-il, ou s’il l’empêche de bien faire son travail.

« Pour prendre un exemple très simple, une personne qui souhaite enseigner au Québec ne peut pas le faire pleinement et ne peut pas le faire convenablement si elle a un signe religieux qui couvre son visage. C’est un élément élémentaire et important. Même chose pour un policier qui interpelle quelqu’un dans la rue. Les citoyens s’attendent à pouvoir identifier l’agent qui les interpelle », explique le chef parlementaire de QS.

Ainsi, Québec solidaire appuie les parties du texte législatif en vigueur qui disent que « tout membre du personnel d’un organisme [public] doit exercer ses fonctions à visage découvert » lorsqu’il rend un service.

« Il faut en avoir le cœur net »

Gabriel Nadeau-Dubois propose également de demander à la Cour d’appel du Québec — le plus haut tribunal de la province – d’indiquer si les dispositions actuellement prévues par la Loi sur la laïcité de l’État respectent la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Cette charte a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale en 1975 et ne relève pas du gouvernement fédéral.

« Il faut tourner la page sur ce débat-là. Il faut en avoir le cœur net. Il faut, une bonne fois pour toutes, savoir si interdire à une jeune femme d’enseigner parce qu’elle porte un foulard [comme l’a fait la Coalition avenir Québec (CAQ)] respecte notre Charte québécoise des droits et libertés de la personne », estime M. Nadeau-Dubois.

« Il y a en ce moment une contestation judiciaire et François Legault vient de recruter le rédacteur de la charte des valeurs pour faire partie de sa prochaine équipe gouvernementale », poursuit-il en faisant référence à l’ex-chroniqueur et ancien ténor souverainiste Bernard Drainville, qui se présente pour la CAQ dans la circonscription de Lévis.

« Une femme qui enseigne à l’école, si on voit bien son visage et qu’elle respecte les normes professionnelles de son emploi, il n’y a pas de raisons d’interdire qu’elle enseigne. […] Ce sont les mêmes critères pour tout le monde. Ce qu’on veut, c’est de revoir la loi 21 pour permettre de manière générale le port de signes religieux tout en affirmant des balises pour encadrer la question du visage couvert », dit-il.

Les groupes religieux visés

Dans son projet de réforme de la loi 21, Québec solidaire propose également de mettre fin au financement public des écoles religieuses et aux exemptions fiscales pour les organisations religieuses.

Face au premier ministre caquiste qui affirme que la Loi sur la laïcité de l’État définit une valeur québécoise, Gabriel Nadeau-Dubois réplique qu’il ne comprend pas « le lien que fait François Legault entre la loi 21 et la fierté québécoise ».

« Des lois sur la laïcité, il y en a dans plusieurs pays. Ce qui me rend fier, c’est notre langue, notre culture, notre territoire, pas le fait qu’on encadre des signes religieux pour quelques employés de l’État », dit-il.

Source: QS permettrait les signes religieux « pour tout le monde »