Mukakayumba: Le mot en n vu de l’intérieur

More good commentary on the Radio Canada/CRTC controversy over the use of the N word. Context matters:

Je tiens, d’abord, à joindre ma voix à toutes celles et à tous ceux qui ont protesté contre la décision du CRTC relativement à la plainte déposée par Ricardo Lamour à propos de l’utilisation du mot en n à quatre reprises dans un segment de l’émission Le 15-18 animée par Annie Desrochers sur ICI Radio-Canada Première dans le Grand Montréal, le 17 août 2020. De mon point de vue, Radio-Canada n’aurait pas dû s’excuser. C’est donc avec tristesse que j’apprends qu’elle a fini par céder. Je me réjouis naturellement de sa décision de porter la cause en appel. D’ici là, j’ose espérer qu’une tribune sera offerte aux voix dissidentes, le plaignant ne représentant, à mon avis, que lui-même.

Depuis l’éclatement de la première crise autour du mot en n, je me demande pourquoi le mot lui-même n’est pas nommé. Qu’y a-t-il de mal à utiliser le mot « nègre » ? Originaire de l’Afrique noire, plus exactement du Rwanda, je vis au Québec depuis 1974 ; cela fera donc 50 ans en 2024. Il va de soi qu’à ce titre, il m’est arrivé d’avoir été traitée de négresse. Je n’y ai rien vu de grave, sinon de la méconnaissance ou de la mauvaise foi, à l’occasion, dans le ton. Du racisme, j’en ai vécu pourtant. Reste que le mot en n, que certains jugent si blessant qu’ils veulent le faire disparaître, n’a jamais été prononcé durant le pire épisode que j’ai connu, à compter de 2005, à l’UQAC (Université du Québec à Chicoutimi). Une descente aux enfers que je raconte dans La géographie en question (Armand Colin, 2012).

J’estime, pourtant, moi, une femme noire, que Radio-Canada n’avait aucune raison de s’excuser, auprès de qui que ce soit, pour avoir cité à quatre reprises le titre du livre de Pierre Vallières Nègres blancs d’Amérique. Ce propos s’appuie sur deux points en particulier.

Premièrement, je trouve excellents les propos tenus par Simon Jodoin à cette émission. Changer le mot « nègres » du titre pour le « mot en n » aurait eu pour effet d’induire les lecteurs et les auditeurs en erreur. Deuxièmement, je souscris entièrement aux raisons invoquées par l’ensemble des protestataires pour critiquer la décision absurde du CRTC, plus spécialement à celles formulées dans la lettre signée par l’ex-ombudsman de Radio-Canada Guy Gendron et 13 autres personnes qui sont des têtes d’affiche de la SRC.

Outre « l’indépendance du diffuseur public en ce qui a trait à [une] liberté d’expression » à préserver, je soutiens l’observation énoncée ci-après : « le fait que le CRTC, par sa décision, nie l’histoire du Québec et, dans ce cas particulier, un épisode où des penseurs francophones du Canada et des Noirs américains se rapprochaient au nom d’une discrimination que l’on dirait aujourd’hui “systémique” et qu’ils estimaient partagée ».

La preuve par trois

Il est important de se rappeler qu’au-delà de l’histoire du Québec, la décision du CRTC nie des pans importants de l’histoire universelle, plus particulièrement de celle qui se rapporte aux peuples noirs. Comme en témoignent les trois cas suivants, choisis parmi tant d’autres, une partie de cette histoire a été marquée par la réappropriation du mot « nègre » et de son féminin, le mot « négresse », par les personnes identifiées aux Noirs, qui les ont utilisés dans différents combats visant leur affranchissement.

Le premier cas qui me touche, en tant que Québécoise francophone d’origine africaine, se rapporte à la publication, en 1978, du livre La parole aux négresses par la Sénégalaise Awa Thiam aux Éditions Denoël. Préfacé par Benoite Groulx et considéré comme le livre fondateur du féminisme africain francophone, ce livre n’est-il pas un exemple éloquent du rapprochement des peuples — sous le leadership d’une femme noire et d’une femme blanche — pour exprimer leur combat commun contre différentes formes de domination, celle basée sur le genre n’étant qu’une parmi d’autres ? Qu’adviendrait-il de cette partie de l’histoire du féminisme si le terme « négresse » devait être banni du langage des médias et, corrélativement, des salles de cours, ou de n’importe quel autre espace public ?

Le deuxième cas concerne le mouvement de la négritude, fondé à Paris à compter des années 1930 par des écrivains africains et antillais. Les plus connus de ces derniers, le Martiniquais Aimé Césaire, le Guyanais Léon-Gontran Damas et le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, ont lancé un mouvement littéraire et politique d’affirmation de l’identité et de la culture des peuples noirs de leur temps. L’expansion de ce mouvement à l’ensemble des luttes des Noirs — des mondes francophones, voire des mondes anglophones (surtout aux États-Unis) — en a fait un mouvement général de lutte de libération de ces derniers contre toutes les formes de domination, y compris la colonisation et l’esclavage.

Lorsqu’on se donne la peine de bien écouter le « segment coupable » du 15-18, on ne peut que remercier Simon Jodoin pour les liens qu’il établit entre l’ensemble des peuples opprimés.

Le troisième cas, plus près de nous, est en lien avec le roman Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer publié par Dany Laferrière en 1985. Réédité et porté au cinéma en 1989, cet ouvrage est considéré comme un classique de la littérature québécoise. Quant à son auteur, élu membre de l’Académie française en 2013, il est reconnu comme un écrivain majeur de la littérature d’expression française.

Alimenter la confusion

Au regard de ces trois exemples, la question qui se pose face aux exigences de certains de nos concitoyens qui ne voudraient pas entendre parler du mot « nègre » est la suivante : qu’adviendrait-il de ces pans de l’histoire de l’humanité si les institutions comme le CRTC leur donnaient chaque fois raison ? Serions-nous prêts, collectivement, à sacrifier notre capacité d’apprendre et de comprendre les enjeux, passés et actuels, de notre société, allant du local au planétaire, parce que quelques personnes montent au créneau chaque fois que le mot en n est prononcé ?

Le plus troublant dans cette histoire est le racisme à l’envers qu’il suppose. Selon ce prisme, l’oeuvre de Vallières devrait être bannie, et du langage et de l’espace public, et ce, en dépit de sa valeur historique reconnue. Devrait-on réserver le même sort au roman de Dany Laferrière ? La question mérite d’être débattue.

En fin de compte, bien que je sois une femme noire, je ne me sens pas représentée par les quelques personnes qui cherchent à faire disparaître ce mot sans raison valable. Toute l’agitation autour de ce sujet depuis le début de 2022 ne fait que créer de la confusion et masquer les problèmes réels.

Je ne voudrais pas terminer ce texte sans dire au peuple québécois, qui m’a accueillie et m’a choyée depuis bientôt 50 ans, que je l’aime de tout mon coeur et qu’il est le meilleur au monde. Mais surtout, je tiens à l’inviter à faire attention aux racistes de tous acabits. Ce ne sont pas toujours ceux qu’on croit.

Source: Le mot en n vu de l’intérieur

Nicolas: L’escalade du mot en n

More good commentary, with the practical suggestion of having a simple warning regarding language, just as programs provide warnings regarding violence, sex, and language:

Je serais incapable de dire quand on m’a lancé le mot en n au visage pour la première fois. Je sais qu’en prématernelle, l’insulte faisait déjà partie de ma réalité. Je sais aussi qu’au primaire, un élève avait décidé de me harceler de manière continue avec le mot, pendant plusieurs semaines.

Au début, l’enseignante à qui je l’avais dénoncé m’a demandé de l’ignorer : « Il cherche l’attention, c’est tout. » Ensuite, alors qu’on était en file à la bibliothèque de l’école, je lui ai crié d’arrêter. Là encore, l’enseignante m’a reproché — à moi, et à moi seulement — de faire du bruit et m’a conseillé de mieux gérer mes émotions. Quelques jours plus tard, l’élève a recommencé dans la cour d’école, à la récréation. Je lui ai foutu mon poing sur la gueule.

C’était la première (et la dernière) fois que j’utilisais la violence physique pour régler un problème. Je devais avoir sept ou huit ans. Là encore, c’est moi — et moi seulement — qui ai été punie par l’école. Mais mon message avait fini par passer. L’élève en question n’a plus recommencé. Il ne me restait plus qu’à vivre avec… tous les autres utilisateurs du mot.

Je me souviens que le coup de poing m’a prise moi-même par surprise. J’étais une petite fille très menue, et je ne savais pas que j’avais ça en moi. Avec le recul, je vois aussi qu’il y a eu toute une « procédure d’escalade », disons, avant que les choses en arrivent là. Le coup de poing n’aurait jamais existé si les adultes impliqués dans l’affaire avaient pris leurs responsabilités d’adultes plutôt que de me reprocher de trop tenir à ma dignité humaine.

Je ne raconte pas ce souvenir pour attirer l’attention sur ma petite personne ni parce que je me trouve particulièrement à plaindre. Au contraire : je suis assez entourée d’(ex-)enfants noirs québécois pour savoir que ce que je raconte est complètement banal. Et que des histoires comme celles-là, il en existe des milliers.

Même si le Québec d’aujourd’hui n’est plus celui des années 1990, bien des enfants continuent de recevoir ce mot à la figure — et toute une autre litanie d’insultes racistes — à l’école, dans la rue ou ailleurs. Ces incidents mettent bien sûr les parents d’enfants noirs dans des situations émotionnellement très difficiles à surmonter. Je ne compte plus mes amis qui m’ont raconté avoir eu à répondre aux questions de leurs très jeunes enfants, souvent d’âge préscolaire, au retour à la maison. « Maman, pourquoi ma peau est sale ? Papa, pourquoi est-ce que notre famille ressemble à des singes ? Maman, pourquoi est-ce que mes cheveux sont laids ? Papa, c’est quoi un n… ? »

Ces parents-là, ce sont des parents comme tous les parents. Des parents qui cherchent à protéger leurs enfants. Des parents qui, comme n’importe quel parent, peuvent écouter la Première Chaîne de Radio-Canada dans la voiture en revenant de la garderie.

Ces parents peuvent ne pas avoir envie de répondre, en plus de tout ce qui les préoccupe déjà, à un « Maman, Papa, pourquoi est-ce que le monsieur répète n… à la radio ? » Ou peut-être sont-ils eux-mêmes d’ex-enfants noirs bien de chez nous, qui préféreraient ne pas réentendre cet après-midi-là un mot lié à tant de souvenirs. Un simple avertissement en ondes leur permettrait de changer de poste — et ceux qui souhaitent écouter pourraient continuer à le faire.

On ne parle pas ici de censure, mais d’un simple avertissement. Vous savez, le genre d’avertissements que les journalistes font avant d’aborder des sujets difficiles en ondes depuis presque toujours. Le genre de précaution qu’on prend naturellement avant de montrer des images de guerre, de violence, des pensionnats pour Autochtones, de raconter dans le détail un crime sordide ou de parler de suicide. Ou même le type de périphrase qu’on utilise sans y penser avant de parler trop explicitement de sexualité à heure de grande écoute.

Les journalistes et animateurs des grandes télés et radios généralistes pensent toujours à leur public, qui inclut nécessairement des parents et leurs enfants qui les écoutent dans la voiture ou à la maison. On s’assure d’amener le public avec soi dans sa quête d’information. On choisit ses questions, ses mots et ses angles en fonction de ce qu’on imagine être les besoins et les sensibilités du public. Cette passion pour le public, elle nourrit l’amour du métier.

C’est une évidence, mais il semble qu’il soit nécessaire de le dire : les personnes noires, les parents noirs, les enfants noirs font partie du public.

Il semble que lorsqu’elles pensent aux familles à la maison, aux enfants dans la voiture, certaines personnalités médiatiques n’ont pas encore le réflexe de s’imaginer qu’ils puissent être noirs. Ou bien, peut-être s’imagine-t-on encore mal quelles sont les réalités de ces familles et de ces enfants au Québec.

Si ce souci du public incluait vraiment tout le public, il n’y aurait jamais eu de plainte au CRTC. L’ombudsman de Radio-Canada aurait pu régler la question à l’interne lorsqu’on lui a soumis la question, démarche qui là aussi n’aurait pas été nécessaire si l’émission Le 15-18 avait réagi autrement au courriel initial du plaignant.

La plainte elle-même n’aurait pas été nécessaire, d’ailleurs, si des personnes autrement sensibles aux vécus de bien des Afro-Québécois avec le mot en n avaient été présentes dans l’équipe de l’émission — non pas pour censurer la discussion, mais pour suggérer de faire attention à la façon dont on traitait le sujet.

On peut regretter la « procédure d’escalade », l’implication d’une structure fédérale telle que le CRTC, et ce qu’elle implique pour l’indépendance des salles de presse. Il faudrait aussi admettre que cette escalade n’aurait jamais existé si toutes les personnes impliquées à chaque étape de cette affaire s’étaient saisies autrement de leurs responsabilités, plutôt que de reprocher à un auditeur de trop tenir à sa dignité humaine.

Comment et pourquoi, donc, en sommes-nous arrivés à cette décision coup-de-poing du CRTC ?

Source: L’escalade du mot en n

Paré: Le mot en n et les deux solitudes

Contrast:

Une fracture se dessine clairement entre le Québec et le reste du Canada à la suite d’un controversé jugement du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications (CRTC), qui somme CBC/Radio-Canada de présenter des excuses pour une chronique où a été cité à quatre reprises le titre du livre de Pierre Vallières, Nègres blancs d’Amérique.

En 2020, la journaliste vedette de CBC Wendy Mesley avait été suspendue pour avoir nommé le titre complet du même livre, non pas en ondes dans ce cas-ci, mais bien lors d’une réunion de production. Elle s’en est excusée, mais la tourmente ne s’est jamais estompée ; tombée en disgrâce, Wendy Mesley a fini par annoncer sa retraite l’an dernier.

Rien de tel au Québec, malgré le blâme du CRTC. Personne n’a publiquement exigé la tête de l’animatrice Annie Desrochers et du chroniqueur Simon Jodoin pour avoir prononcé en ondes le mot en n dans un échange en août 2020 où il était question de la saga autour de la professeure Verushka Lieutenant-Duval à l’Université d’Ottawa. Au contraire, les lettres ouvertes s’accumulent depuis la décision du CRTC pour implorer CBC/Radio-Canada de ne pas s’excuser et de plutôt porter la cause en appel.

« Wendy Mesley n’a ni plus ni moins été congédiée de CBC. Et à l’époque, il n’y a pas beaucoup de monde au Canada anglais qui s’en était scandalisé. Il y a eu une sorte d’acquiescement. Maintenant que cette histoire se produit au Québec, on peut très bien voir les deux solitudes », observe Marc-François Bernier, professeur au Département de communication de l’Université d’Ottawa.

Dans cette université bilingue, on a constaté le même clivage entre anglophones et francophones lors de l’affaire Lieutenant-Duval, ajoute-t-il. Rappelons que Verushka Lieutenant-Duval, qui y enseignait l’histoire de l’art, avait été sanctionnée pour avoir mentionné le mot en n. S’en était suivi un long battage médiatique, principalement au Québec, où plusieurs avaient exprimé des craintes pour la liberté universitaire. Dans la foulée, 34 professeurs de l’Université d’Ottawa, pour la plupart francophones, avaient publié une lettre ouverte pour s’insurger du sort réservé à Verushka Lieutenant-Duval.

« Plusieurs professeurs anglophones étaient d’accord avec nous, mais c’est beaucoup plus difficile pour eux de parler, surtout dans les départements de sciences humaines. Ceux qui veulent dénoncer ce genre de censure ont peur, car ils peuvent être la cible d’intimidation », avance Marc-François Bernier.

Réalités parallèles

Cette polarisation semble teinter aussi la manière dont a été traitée la récente décision du CRTC dans les médias. Au Québec, l’affaire fait grand bruit depuis plusieurs jours. La plupart des chroniques et des éditoriaux dénoncent avec vigueur le jugement du CRTC.

Mais le portrait est tout autre au Canada anglais, où l’affaire n’a pas donné lieu à une mobilisation extraordinaire de la classe médiatique au nom de la liberté d’expression. Dans les rares articles qui portent sur le sujet, le nom du livre de Pierre Vallières n’est jamais retranscrit dans son intégralité. Qui plus est, CBC a publié le jour même de la décision du CRTC une entrevue avec Ricardo Lamour, l’artiste montréalais à l’origine de la plainte, qui a par ailleurs été très peu cité jusqu’ici dans les médias québécois.

« Le N word a une lourde connotation en anglais, que le mot français n’a pas […]. Avec la traduction, il y a des nuances qui se perdent, et je pense que ce sont ces nuances qui ont échappéau CRTC », conclut Guy Gendron, ancien ombudsman de Radio-Canada.

Existe-t-il le même fossé culturel au sein de la haute direction de CBC/Radio-Canada, où se côtoient francophones et anglophones ? Chose certaine, la réaction officielle du diffuseur public se fait attendre depuis plusieurs jours. La société d’État réitère « prendre le temps nécessaire pour étudier la décision rendue par le CRTC », en insistant sur la « complexité de la question ».

Source: Le mot en n et les deux solitudes

Prominent Radio-Canada personalities urge broadcaster to fight CRTC N-word decision

Of course, there was bound to be a complaint. And equally, of course there would be a counter complaint. But context matters in the use of the N word after all Vallières used it to drive home his arguments of francophone Quebecers being second class citizens prior to the Revolution tranquille, just as the University of Ottawa Professor Verushka Lieutenant-Duval looked at how the word has been reclaimed by Blacks:

Black Montrealer who filed a complaint against Radio-Canada over the on-air use of the N-word says he’s disappointed but not surprised by the pushback against a recent CRTC decision ordering the public broadcaster to apologize.

Ricardo Lamour, a social worker and artist, filed the complaint with the broadcasting and telecommunications regulator after hearing a journalist and a commentator repeat the offensive word several times on air in 2020.

Some 50 Radio-Canada personalities said in an open letter published Monday in La Presse that last week’s CRTC decision in Lamour’s favour threatens journalistic freedom and independence and “opens the door to the dangers of censorship and self-censorship.”

“Also, if we are alarmed, it’s not only for us, at Radio-Canada, but for all communications companies regulated by the CRTC,” wrote the signatories, which included prominent news anchors, such as Céline Galipeau and Patrice Roy, and Guy A. Lepage, host of the talk show “Tout le monde en parle.”

Radio-Canada’s former ombudsman, a Quebec cabinet minister and groups representing journalists have also denounced the decision as a blow to freedom of expression or freedom of the press.

When asked if he was surprised by the backlash, Lamour quoted American author and activist James Baldwin, who wrote, “The power of the white world is threatened whenever a Black man refuses to accept the white world’s definitions.” Lamour noted that most francophone Quebec media figures are white and he questioned how many of the letter’s signatories are Black.

He said he was motivated to file a complaint two years ago after hearing two on-air radio personalities repeatedly use the full name of a book that has the N-word in the title, “without adequate warning and contextual discussion.”

Lamour had been waiting to go on air to discuss his work mentoring Black youth, and heard the comments in the Radio-Canada studio through a pair of headphones. He said he was troubled by the “careless and callous” use of the word.

“I found it offensive and upsetting,” he said.

He filed a complaint with the CRTC after first being told by Radio-Canada’s ombudsman that the use of the word in that specific context — quoting a book title — did not contravene the public broadcaster’s journalistic standards and practices.

The Canadian Radio-television and Telecommunications Commission sided with Lamour. While it recognized that the word was not used in a discriminatory manner, it found the public broadcaster nevertheless violated Canadian broadcasting policy objectives and values.

Radio-Canada did not do enough to mitigate the effect the word could have on its audience, “particularly in the current social context and given its national public broadcaster status,” the CRTC decision read.

In addition to a written apology to the complainant, the broadcaster must also put in place internal measures and programming to ensure that it better addresses similar issues in the future, the CRTC said.

Signatories of the open letter in La Presse acknowledged that the N-word is “loaded,” but they said it is used rarely on air and only in a factual context “that is neither offensive, insulting or dehumanizing, which respects the journalistic standards and practices of Radio-Canada but also the intelligence of our institution and its employees.”

The province’s professional journalists association, the Fédération professionnelle des journalistes du Québec, denounced the decision as a “dangerous precedent that imposes upon media a censorship that is as exaggerated as it is unjustified.” Quebec’s culture minister also expressed concern over the decision, tweeting that it was a serious violation of freedom of expression.

Lamour says he sees the backlash against the N-word decision partly as a fight “to assert some rights to not be accountable” by broadcasters who are resistant to making the necessary changes to better reflect an evolving society.

“We’re not seeing some form of introspection here; we’re seeing offensive things,” he said.

Instead of fighting, he said, broadcasters should read the reasoning behind the decision and try to do better.

In an email, a spokesperson for Radio-Canada said the broadcaster was aware of the “wide range of opinions” on the CRTC decision.

“Radio-Canada acknowledges that use of the ‘’N-word’ is offensive; that’s why we have limited its use on our airwaves,” the statement read.

The broadcaster said it was still studying the decision and considering how it would respond.

Source: Prominent Radio-Canada personalities urge broadcaster to fight CRTC N-word decision