Éditorial | La CAQ en quête de renforts

Le Devoir’s take of Canada-Quebec discussions on immigration and the related political considerations:

Le disque caquiste sur la trame de l’immigration temporaire et de la capacité d’accueil du Québec a si souvent tourné que François Legault se cherche de nouveaux auditeurs, contraint d’admettre qu’il n’a toujours pas réussi à influencer son principal interlocuteur fédéral. En implorant maintenant les Québécois de l’épauler enfin dans cette mission de persuasion contre Ottawa, le premier ministre du Québec devrait prendre garde de ne pas frôler ainsi dangereusement l’aveu d’échec.

La redondance était telle que les courriéristes parlementaires qui s’étaient déplacés au conseil général de la Coalition avenir Québec (CAQ), cette fin de semaine, ne se sont même pas donné la peine, ou presque, de faire état de cette énième sortie de François Legault contre le refus d’Ottawa de freiner l’arrivée croissante d’immigrants temporaires en sol québécois.

« Le problème, c’est leur nombre », a-t-il répété. Lequel « affecte les services que l’on donne à l’ensemble des Québécois » et « met de la pression sur la langue française ». « L’heure est grave pour notre nation », a-t-il renchéri, en se dédouanant par la même occasion des manques de services en santé et en éducation ou de l’offre insuffisante de logements.

« C’est le gouvernement fédéral qui a créé ce problème. C’est à lui de le régler rapidement », a-t-il plutôt ordonné. « Mais pour y arriver, j’ai besoin de l’appui des Québécois. Il faut que les Québécois convainquent le gouvernement fédéral d’agir rapidement », a-t-il supplié, dans son discours de clôture du rassemblement partisan.

Le jovialisme exposé par le premier ministre du Québec à l’issue de sa rencontre avec son homologue fédéral ce printemps était donc de toute évidence utopique. Là où François Legault avait choisi de voir de l’« ouverture » de la part de Justin Trudeau ne se cachait finalement qu’une banale et spécieuse politesse, à en croire le dépit qu’il affiche aujourd’hui.

L’octroi de visas n’a pas encore été resserré, malgré la demande du gouvernement québécois. L’exigence possible d’une maîtrise du français pour les travailleurs temporaires arrivant par le biais du Programme de mobilité internationale, qui relève d’Ottawa, n’avancerait pas non plus selon le camp québécois. Sa demande de remboursement de 1 milliard de dollars pour l’accueil de demandeurs d’asile risque quant à elle de n’être qu’en partie enfin accueillie.

Ne s’en remettre qu’à l’espoir d’un rapport de force avec le gouvernement fédéral, avec l’aide de la population québécoise cette fois-ci puisque celle d’une majorité parlementaire n’a pas suffi, semble mince comme stratégie. Rien n’indique que Justin Trudeau et ses ministres tendront soudainement l’oreille aux défis pourtant réels vécus sur le terrain au Québec. Leur obstination chronique indique tout le contraire. Or, le coffre à outils qu’avait laissé miroiter ce printemps le gouvernement caquiste pour forcer la main d’Ottawa semble finalement dégarni.

Quant à l’idée d’un référendum sectoriel, qu’il avait lui-même ravivée, François Legault rétorque que l’issue en est déjà connue, puisque la moitié des Québécois et les deux tiers des électeurs décidés ont confié à la firme Léger souhaiter le rapatriement des pouvoirs en immigration. Évacuer désormais cette possibilité lui évite surtout l’obligation de résultat, hasardeuse, qui s’ensuivrait.

Son gouvernement a donc préféré lancer de nouvelles propositions dans un tout autre champ d’action : la tenue d’une commission parlementaire spéciale et transpartisane sur les effets des écrans et des réseaux sociaux sur les jeunes Québécois. Si cette étude va de l’avant, il ne faudra pas moins en surveiller les recommandations, et surtout la probabilité qu’elles soient respectées, puisque les initiatives qui ont à l’étranger tenté tant bien que mal d’encadrer l’utilisation de plateformes Web ou de réseaux sociaux ont, en règle générale, échoué.

Alors que tous les yeux étaient rivés sur l’autre conseil national de la fin de semaine, celui de Québec solidaire (QS) à Jonquière, les caquistes auront été soulagés d’y voir émerger un possible début de trêve. Cette accalmie dans la guerre intestine qui guettait QS leur permet d’espérer que le débat politique perdurera également sur un axe idéologique politique plutôt qu’un retour à l’axe strictement indépendantiste, ce qui aurait menacé d’écarteler leur coalition. François Legault préférera de loin se colletailler avec l’adversaire de gauche solidaire.

Ce qui n’évacuera pas pour autant l’indéniable popularité bien installée du Parti québécois et de Paul St-Pierre Plamondon. Si la population ne répond pas à l’ultime appel de François Legault, et si le gouvernement de Justin Trudeau persiste à lui faire la sourde oreille, la CAQ aura-t-elle autre chose à proposer pour faire aboutir ses demandes en immigration ? Si la Coalition avenir Québec est alors forcée de s’avouer à court de solutions face au mur fédéraliste, c’est le Parti québécois, nourri de nouvelles munitions, qui s’en réjouira.

Source: Éditorial | La CAQ en quête de renforts

Montréal et Gatineau, l’immigration et les jeunes accélèrent le déclin du français, selon Québec

Ongoing concern one without easy solutions particularly for youth:

Malgré un maintien relatif de l’utilisation de la langue dans l’espace public, le déclin du français se poursuit, accéléré par l’immigration, par les habitudes de consommation des jeunes Québécois et par la situation à Montréal, indique le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge.

« J’aimerais ça vous dire : “Oui, oui, c’est réglé !” Ce n’est pas le cas encore », a lancé l’élu caquiste à sa sortie du Salon bleu, mercredi, une petite heure après avoir déposé en chambre le plus récent Rapport sur l’évolution de la situation linguistique de l’Office québécois de la langue française (OQLF).

Rendu public tous les cinq ans, ce document fait une revue multidisciplinaire de l’usage de la langue de Molière au Québec. On y apprend notamment que le français dans l’espace public — une statistique sur laquelle s’appuyait le commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, dans un rapport en septembre — a très légèrement reculé entre 2007 (79,1 %) et 2022 (78,7 %).

Il y est aussi relevé que la proportion de personnes travaillant principalement en français est passée de 81,8 % en 2001 à 79,9 % 20 ans plus tard, en 2021. Sur la même période, l’anglais a progressé, passant de 12,3 % à 14 %.

Accosté par la presse parlementaire, mercredi, le ministre Roberge a tenu à rappeler qu’il « y a plusieurs indicateurs à surveiller ». « Tant mieux s’il y a des secteurs où on recule moins, où on a atteint un certain plateau, mais il reste qu’on n’a pas arrêté le déclin encore », a-t-il dit.

Trois « fractures »

L’élu caquiste a cerné « trois enjeux en particulier » dans le dossier du français. Il cite au premier chef la « fracture régionale » qui existe entre Montréal, Gatineau et le reste du Québec. Selon l’OQLF, 59,5 % des Montréalais s’exprimaient en français lorsqu’ils étaient à l’extérieur de la maison en 2022. Ce chiffre s’élevait à 63 % à Gatineau.

« On voit que Montréal et Gatineau sont des régions où il y a un écart très, très grand par rapport au reste du Québec », a soulevé M. Roberge mercredi.

Selon le rapport de l’OQLF, « la proportion de personnes parlant principalement le français à la maison a diminué dans chacune des RMR [régions métropolitaines de recensement] du Québec » de 2016 et 2021. « Cette diminution a cependant été plus prononcée sur l’île de Montréal, dans la couronne de Montréal et dans la RMR de Gatineau qu’ailleurs au Québec », peut-on lire.

« Maintenant, en ce moment, avec l’arrivée massive de travailleurs temporaires et de demandeurs d’asile, c’est sûr que ç’a un impact », a déclaré M. Roberge. Aux dernières nouvelles, plus de 560 000 immigrants non permanents résidaient au Québec, dont une part importante dans la région métropolitaine de Montréal.

Les données de l’OQLF montrent par ailleurs que tout près d’un tiers (31,6 %) des résidents non permanents ne parviennent pas à entretenir une conversation en français. « C’est une autre ligne de fracture », a lancé M. Roberge mercredi.

« Je l’ai nommé, je vais le redire encore aussi : quand on accueille 30 000, 35 000 étudiants non québécois anglophones au centre-ville de Montréal, qui après ont des emplois étudiants, ça aussi, ça contribue à angliciser les milieux de travail », a-t-il ajouté.

Beaucoup d’anglais chez les jeunes

Selon M. Roberge, la dernière « fracture » est « générationnelle ». D’après une étude de l’OQLF citée dans le rapport, 55 % des jeunes qui utilisent les réseaux sociaux affirment publier leur contenu « soit autant en français qu’en anglais, soit principalement en anglais ».

« Même parmi les jeunes francophones, la part de personnes publiant principalement en français n’était pas particulièrement élevée (52 %) », écrit l’Office.

À la période des questions à Ottawa, mercredi, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a reproché au premier ministre canadien, Justin Trudeau, d’« affaiblir le français », notamment chez les jeunes, avec ses politiques linguistiques. « On est préoccupés par le déclin du français qu’on voit à travers le pays, y compris au Québec », a rétorqué M. Trudeau, tout en affirmant que « ce n’est pas la minorité anglophone qui est une menace pour le français au Québec ».

Le ministre Roberge, qui a déposé le mois dernier un plan d’action visant à renverser le déclin de la langue, espère quant à lui « changer l’environnement » culturel des jeunes Québécois.

« Un jeune qui a 15, 16, 17 ans, s’il baigne dans un environnement culturel anglophone, bien il a plus de chances, évidemment, d’utiliser l’anglais au quotidien, de publier sur les réseaux sociaux en anglais, a-t-il soutenu mercredi. Quand il ouvre la télé, il n’ouvre pas la télé traditionnelle. Il va aller sur Netflix, il va aller sur Disney, il va aller sur toutes les plateformes de diffusion en continu. »

Alerté par un comité indépendant des risques pour la santé du français du manque de « découvrabilité » des contenus francophones, le gouvernement de François Legault s’est engagé, au début de l’année, à déposer un projet de loi pour forcer les plateformes numériques à mettre en avant davantage de contenus du Québec. « On va faire flèche de tout bois », avait affirmé en janvier le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe.

Plan d’action

Voilà deux ans presque jour pour jour que le gouvernement de la Coalition avenir Québec a adopté la loi 96. Cette vaste réforme de la loi 101 agit dans plusieurs sphères, avec pour objectif de protéger la langue française.

Le mois dernier, le ministre Roberge a rendu public le résultat des travaux du Groupe d’action pour l’avenir de la langue française. Dans son plan d’action, le gouvernement Legault s’engage à rehausser les fonds pour la francisation, à légiférer dans le domaine de la culture et à renforcer les exigences de français imposées aux nouveaux arrivants, entre autres.

« Donnons-nous le temps d’implanter nos mesures et de voir ce qu’elles vont changer. Si on doit aller plus loin, on le fera », a dit M. Roberge mercredi.

Interrogé au moment du dépôt de son plan d’action, l’élu caquiste avait refusé de se fixer un échéancier d’inversion du déclin du français. « Je pense qu’on va [l’]inverser […] très rapidement », avait-il dit.

Source: Montréal et Gatineau, l’immigration et les jeunes accélèrent le déclin du français, selon Québec

Le Devoir Éditorial | Un formulaire en échange d’un toit

To watch how these discussions progress or not:

…Il y a un bon moment que le Québec s’indigne à juste titre de l’apathie d’Ottawa dans ce dossier. Les deux gouvernements se disputent sur les chiffres, au point où cette querelle a paralysé les actions sur le terrain. La famille Aguamba en a vécu le contrecoup à la dure.

Québec affirme qu’en 2023, il a reçu plus de 65 000 des quelque 144 000 demandeurs d’asile entrés au Canada, soit 45 % de la totalité. Des données ouvertes d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) consultées par Le Devoir montrent une autre réalité, avec environ 35 % des entrées associées au Québec. L’écart s’expliquerait essentiellement par le fait qu’une proportion des demandeurs d’asile bel et bien entrés au Québec vogue ensuite vers d’autres provinces, dont l’Ontario.

Les ministres de l’Immigration des provinces et leur homologue fédéral, Marc Miller, ont convenu la semaine dernière de créer un comité fédéral-provincial dont la mission sera précisément d’étudier finement cette répartition des demandeurs d’asile entre les provinces, afin de mieux se disputer ensuite la part de la tarte financière. S’agit-il d’une diversion politique et d’une manière de pelleter vers l’avant un problème qui, pendant qu’on l’ausculte en comité, ne peut que s’aggraver ?

Ce comité est créé sous l’impulsion de la ministre de l’Immigration du Québec, Christine Fréchette, qui dit s’inspirer d’initiatives semblables tentées dans l’Union européenne, en Allemagne et en Suisse par exemple. Parlementer autour d’une meilleure répartition entre les provinces, pour décharger le Québec et l’Ontario d’une pression indue, est une idée à laquelle on ne peut s’opposer. Espérons que ce nouvel espace de dialogue servira à mettre sur pied des solutions constructives plutôt qu’à poursuivre une guerre de chiffres stérile.

Source: Éditorial | Un formulaire en échange d’un toit

Le Devoir Éditorial | Une fierté nationale mal placée

More of the proposed Quebec National Museum of History:

On ne peut pas reprocher à François Legault de manquer de persistance en culture. En dépit des quelques revers qu’il a essuyés en ces matières fortes en symbole, son engagement exalte un attachement inusable. Certains diront un attachement téflon tant il n’en fait qu’à sa tête. On en a eu une nouvelle preuve avec l’annonce en grande pompe de la création d’un nouveau musée national — une rareté qui aurait normalement dû lui valoir des hourras.

L’idée de se doter d’un Musée national de l’histoire du Québec n’est pas mauvaise, au contraire. La nation québécoise — irréductible mais fragile fleur francophone posée au creux d’un massif de vivaces anglophones envahissantes — vaut bien cet hommage que nombre de sociétés se sont offert avant nous. Notre fierté nationale pourrait même gagner gros à étendre ses bourgeons sur un tuteur aussi structurant.

Se doter d’un musée national est en effet une excellente façon d’honorer un legs compliqué, à la fois sombre et lumineux, qu’on a fâcheusement tendance à négliger au Québec. Pour cela, le regard que l’on pose sur notre histoire commune doit être capable d’accueil comme d’autocritique, en plus d’être scientifiquement irréprochable, a mis en garde un contingent de spécialistes déconcertés par ce lapin sorti sans consultation du chapeau de M. Legault.

C’est d’abord là que le bât blesse. Le gouvernement a eu beau s’adjoindre les conseils de l’historien Éric Bédard, cela ne l’a pas empêché de multiplier les bourdes en s’improvisant expert dirigiste là où on l’attendait plutôt en pollinisateur inspirant. Invité à préciser sa vision, le premier ministre a commencé par montrer l’étendue de ses oeillères. Notre histoire nationale, a-t-il expliqué, a commencé, rêvé et prospéré par et pour les Canadiens français. Et les autres ? Tous relégués au rôle ingrat de figurants.

Sa façon spécialement cavalière de minimiser l’apport des nations autochtones à la société québécoise est indigne d’une nation qui prétend parler d’égal à égal avec ces peuples. Quiconque replonge dans l’épopée de Champlain — point zéro du récit national caquiste, on le rappelle — sait pourtant qu’il ne pourra le faire sans s’enfarger dans tout ce que ces nations ont pu apporter aux premiers colons, puis plus largement à la société québécoise au fil du temps. Et pas qu’en adversité, mais aussi bien en émulation qu’en imagination.

Son silence radio sur l’apport des autres communautés — on pense aux vagues migratoires, mais aussi aux Anglos — a fait le reste, nourrissant une déferlante de malaises autant chez les spécialistes que chez nombre de Québécois qui ne se sont pas reconnus dans sa vision rétrécie de la nation. Il est vrai que, jusqu’ici, le discours politique n’a pas été à la hauteur des promesses qui viennent avec l’érection d’un musée national moderne, décomplexé et rassembleur.

Bien sûr, l’histoire n’est jamais neutre. Mais un musée digne de ce nom, même national, ne saurait se résumer à une vitrine politique, encore moins à la vitrine d’une seule vision politique. Les Québécois n’ont pas besoin d’un musée de pureté idéologique. Ce qui n’empêche pas le fait qu’il y a du bon dans le projet du gouvernement Legault. Les Espaces bleus n’avaient pas d’avenir : trop chers et sans vision commune. Le Musée national de l’histoire du Québec, érigé à même leurs cendres malheureuses, ne part pas grevé de la sorte.

D’abord, il plantera ses racines dans un écrin magnifique, le pavillon Camille-Roy du Séminaire de Québec, rénové au coût de 92 millions. Ensuite, il arrive sur un terrain encore fertile, celui des musées d’État. S’il est bien fait, son ajout au noyau formé du Musée d’art contemporain de Montréal, du Musée national des beaux-arts du Québec et du Musée de la civilisation (MCQ) permettra de repenser ce qui lie nos musées nationaux entre eux afin d’en faire un réseau exemplaire dont la solidité, si elle s’avère, percolera jusqu’aux musées régionaux.

Le rêve esquissé par François Legault se frottera bientôt à un réel qu’il a, en vérité, mieux balisé que son annonce mal ficelée. Le MCQ, qui aura la tâche de concevoir les contenus et d’aménager les espaces d’exposition de ce nouveau musée national, a en effet les ressources et le savoir nécessaires pour y arriver. Il pourra au surplus compter sur les lumières d’un comité scientifique, de même que sur celle d’un duo d’éclaireurs formé d’Éric Bédard et de Jenny Thibault, qui veilleront sur les destinées historiques et numériques du nouveau musée.

Espérons seulement que le gouvernement Legault aura l’humilité de s’appuyer sur leur vision commune pour la suite du projet. Car le bon récit national, celui qui a le pouvoir d’élever et de rassembler un peuple derrière lui, peut, oui, devenir un formidable legs, pour peu qu’il ne se conjugue pas qu’au « je ». Conjugué aussi au « nous », son engagement en faveur de notre fierté nationale pourrait même constituer un vigoureux — et redoutable ! — cultivar. S’il est planté dans un sol adéquat, bien sûr.

Source: Éditorial | Une fierté nationale mal placée

Yakabuski: Quebec’s new history museum proposes an ethnocentric vision of the province’s past

Of note:

….Truth be told, the term “museum” is a misnomer in this case. To go by his own descriptions, what the Premier seems to have in mind is a pantheon of Québécois heroes, from hockey greats Maurice Richard and Mario Lemieux to artists such as Céline Dion and Ginette Reno – all francophone Québécois, though he did allow that Leonard Cohen might also make the list. How big of him.

Source: Quebec’s new history museum proposes an ethnocentric vision of the province’s past

Visible minorities have difficulty accessing the labour market

While some interesting comparisons between Quebec and the rest of Canada, some of the methodology is odd. Why pick the 15-24 cohort given than many are in college or university rather than the 25-34 cohort which I and others use to avoid that issue.

While the general contrast between visible minorities and not visible minorities is valid, it ignores some of the equally significant differences between visible minority groups.

Still interesting to note the persistence of gaps between Quebec and Canada:

…More and more newcomers to the job market will be members of a visible minority. The case of young Canadian-born visible minorities merits special attention, with the goal of preventing their socioeconomic exclusion and the potential consequences for social cohesion.

In a context where Quebec and the rest of Canada rely on immigration to address the labour shortage, logic would dictate that we first realize the full potential of those already present. The integration into the workforce of Canadian-born individuals from ethnocultural minority groups, particularly the young, must be among the priorities of policymakers so as to avoid a situation where integration difficulties are passed on from one generation to the next. Failing this, a growing share of the population risks being marginalized.

Governments, the business community and all relevant stakeholders must work together on this in order to permanently eliminate the barriers hindering the economic integration of these young individuals and preventing them from fully contributing to the progress of society.

Source: Visible minorities have difficulty accessing the labour market

Yakabuski: Ottawa’s noble plan to fast-track francophone immigrants seems doomed to fail

Sadly likely true:

….Still, it is far from clear Ottawa’s francophone immigration policy can achieve its ambitious goals. For starters, it pits Quebec and the federal government against each other in seeking to attract newcomers from the same (and rather limited) pool of French-speaking immigrants. Quebec chooses its own economic immigrants and puts a premium on French skills.

What’s more, many francophones who immigrate to another Canadian province may end up moving to Quebec soon after they arrive here. Many may find that their image of a bilingual country where francophones can thrive in any province is shattered upon arrival, and opt to relocate to Quebec.

More to the point, given Canada’s rising overall immigration numbers, Ottawa would need to adopt even more aggressive targets to stabilize the francophone population outside Quebec. Indeed, the House of Commons official languages committee last week recommended a 12-per-cent target for French-speaking immigrants outside Quebec this year, rising to 20 per cent by 2036, “to rebalance the demographic weight of francophones in Canada.”

Alas, Mr. St-Pierre Plamondon is not likely to run out of ammunition any time soon.

Source: Ottawa’s noble plan to fast-track francophone immigrants seems doomed to fail

Premier Legault ups pressure on Trudeau to deliver on immigration power promise

So it goes:

Premier François Legault is calling on Prime Minister Justin Trudeau to make good on a commitment to turn over more powers over immigration to Quebec.

And Legault said he does not share Parti Québécois leader Paul St-Pierre’s Plamondon’s gloomy forecast of Quebec’s future in the Canadian federation. He questioned the PQ’s leader’s credentials noting “not so long ago Mr. St-Pierre Plamondon was not even a nationalist.”

“I respect the opinion of Mr. St-Pierre Plamondon but I disagree,” Legault said at a news conference following an announcement that the government will create a new national museum of history in the Quebec capital.

“I still think that we can manage, with the federal government, to get more power to better defend our identity.”

He then went on to remind Trudeau of commitments he made at a March 14 meeting in Montreal. Legault said Trudeau was open to finding solutions to the growing number of temporary immigrants in Quebec — they now number 560,000 — which are heavily taxing Quebec’s health, education and housing systems.

It was after that meeting that Legault said Trudeau was open to discussing the addition of immigration visas on more countries, such as was done recently to make it more difficult for workers from Mexico to come to Canada.

The prime minister expressed openness to discussing the idea of giving Quebec a say on the admission of temporary workers and that some be refused when they seek to renew their permits to work here, Legault said. The premier added Trudeau said he would entertain new rules ensuring more of the workers speak French.

“It doesn’t make sense to have 560,000 temporary immigrants, it doesn’t make sense,” Legault said Thursday, turning up the heat on Trudeau. “We do not have the welcoming capacity plus 180,000 asylum seekers. Mr. Trudeau said he would look at different ways to transfer power or have a pre-approval by the Quebec government.

“He promised me a new meeting before June 30 so I will wait and see the situation, but right now I’m a bit scared about the situation. It’s important that Mr. Trudeau makes a concrete gesture to reduce this number.”

Legault, who has made his encounters with the media scarce in the last few weeks, responded as well to a speech St-Pierre Plamondon delivered at a party council meeting April 14 in Drummondville.

St-Pierre Plamondon painted a gloomy picture of Quebec’s future in Canada, accusing the federal government and Trudeau of cooking up a plan to erase Quebec. He said the only solution to save Quebec’s language and culture is a referendum on independence, which he promised to hold should he form a government in 2026.

On Thursday, Legault responded by noting St-Pierre Plamondon has changed his views many times. He noted St-Pierre Plamondon has said that nationalism is not necessarily the solution and the PQ’s approach to selling sovereignty was “childish,” because it believes the reason Quebecers are not overwhelmingly in favour of independence is because the movement has not explained its ideas enough.

“He’s the one who started quoting my past statements,” Legault said Thursday defending his attacks. “What we need to remember is that not very long ago Mr. St-Pierre Plamondon was not even a nationalist. He found being a nationalist was not a good idea.”

Source: Premier Legault ups pressure on Trudeau to deliver on immigration power promise

Quebec employers group worried ‘politicized’ immigration debate will hurt jobs

Legitimate worry, if debate becomes xenophobic rather than the impact of housing, healthcare, infrastructure:

The latest spat between Quebec and Ottawa over immigration is based on politics and not the reality of the labour market, says the head of a major employers group.

“In some ways, it’s deplorable,” said Karl Blackburn, president and CEO of the Conseil du patronat du Québec.

His comments come as Quebec Premier François Legault is threatening to hold a “referendum” on immigration if the federal government doesn’t take rapid action to stem the rising number of temporary immigrants, which include foreign workers, international students and refugee claimants.

“The majority of Quebecers think that 560,000 temporary immigrants is too much,” Legault said last week. “It’s hurting our health-care system. We don’t have enough teachers, we don’t have enough housing.”

Provincial Immigration Minister Christine Fréchette said the province’s demands include stronger French-language requirements in immigration programs managed by the federal government and a reduction in the number of asylum seekers and temporary workers.

While Prime Minister Justin Trudeau rejected the province’s bid for full control over immigration — currently a shared responsibility — Legault said in March that his federal counterpart had showed openness to some of the province’s demands, and agreed with him on the need to reduce temporary immigrants.

Blackburn, however, disagrees that there are too many temporary workers, who he said are “working in our businesses producing goods and services.” Their numbers, he added, reflect the needs of the labour market and of an aging society.

He said he supports the Legault government’s call to reduce the number of asylum seekers in the province because Quebec has received a disproportionate share in recent years. But he denounced the federal government’s “improvised” decision to suddenly reimpose visas on some Mexican nationals earlier this year, a measure Quebec had pushed for as a way of reducing asylum claims.

He said that’s already having “direct effects” on businesses by restricting their ability to bring in workers. Any subsequent measures to reduce the number of temporary workers will further hurt Quebec’s economy as well as consumers who will no longer have access to the same goods and services, he said.

“It’s as if our governments knowingly agreed to cause companies to lose contracts for reasons of political partisanship and not based on economic growth, which is nonsensical in a way,” Blackburn said.

Politicians are unfairly blaming immigrants for shortages of housing, daycare spaces and teachers, when the real problem is government failure to invest in those areas, he added.

The long-running debate between Quebec and Ottawa has flared in recent months. Earlier this year, the premier wrote to Trudeau about the influx of asylum seekers entering Quebec, which has welcomed more than 65,000 of the 144,000 would-be refugees who came to Canada last year.

Quebec has demanded Ottawa reimburse the province $1 billion — the amount Quebec says it has cost to care for asylum seekers over the last three years.

Federal Immigration Minister Marc Miller said this week that no country would ever give up total control over immigration. But he said he and his provincial counterpart are having good discussions and agree on many matters, including limiting visas to Mexicans and protecting French.

While Legault has blamed the federal government for the “exploding” number of newcomers, the director of a research institute and co-author of a recent study on temporary immigrants says both Ottawa and Quebec have brought in measures in recent years to facilitate their arrival.

Emna Braham says the surge in temporary immigrants is due to a combination of factors, including a tight labour market, post-secondary institutions recruiting internationally, and programs by both Ottawa and Quebec to allow companies to bring in more workers.

She said numbers have now climbed higher than either level of government expected, likely because temporary immigration is administered through a series of programs that are separate from one another.

“We had a set of measures that could be justified individually, but there was no reflection on what the impact will be of all these cumulative measures on the flow of immigrants that Quebec and Canada accept,” she said in a phone interview.

Both Braham and Blackburn point out that the high number of temporary workers in Quebec is also a result of the province’s decision to cap the number of new permanent residents it accepts each year to around 50,000, creating a bottleneck of people awaiting permanent status.

“If the government of Quebec had set its thresholds at the level they should be to meet the needs of the labour market, we wouldn’t be in this situation where (there) is a significant increase in temporary workers,” Blackburn said.

Braham said the moment is right for provinces and the federal government to develop a coordinated approach to immigration, and to ensure a system is put in place to ensure both long- and short-term needs are met.

Source: Quebec employers group worried ‘politicized’ immigration debate will hurt jobs

Le français québécois, pas pire qu’un autre

More on the controversy over tests from France vs Quebec (although not the most important issue, understand the sensitives):

Et rebelote : des internautes se moquent du parler québécois. Depuis mardi, sur X et sur TikTok, une vidéo du jeune Joël Legendre chantant à l’émission Soirée canadienne à la fin des années 1970 a été commentée par des centaines de personnes. La chanson qu’il interprète est tantôt appelée M’en revenant de Sainte-Hélène ou J’ai vu le loup, le renard, le lièvre. L’enfant d’alors mène de sa voix une foule animée, agissant comme un choeur en écho, qui bat des mains la mesure.

Dans les commentaires, certaines personnes défendent la langue bien de chez nous, pendant que d’autres la dénigrent sans gêne, allant jusqu’à nier que l’on parle vraiment français en ce coin d’Amérique du Nord. « Ma femme francophone (accent parisien parfait) rit chaque fois que les Québécois ouvrent la bouche. Ce n’est pas du français ! » écrit par exemple en anglais un utilisateur de X.

Ces réactions n’étonnent pas les linguistes à qui Le Devoir a parlé.

Si ce genre de diffusion en ligne fait rapidement boule de neige ici, c’est d’abord parce que les Québécois ont l’épiderme sensible sur la question linguistique. On a fait du progrès par rapport à notre insécurité linguistique, mais ce n’est pas fini, dit la linguiste Julie Auger. Elle cite comme exemple des personnes pour qui adopter les expressions propres aux Français est le gage d’une langue « plus correcte », quitte à embrasser leurs tics de langage. Un lecteur du Devoir suggérait notamment l’an dernier de remplacer le mot « faque » par « du coup » — ce qu’elle a trouvé « très ironique », se souvient-elle, puisque l’expression est moquée en France.

Quant à ceux qui voudraient ridiculiser la langue d’ici, leurs messages démontrent une idée préconçue et figée du français, disent ces linguistes qui s’affairent à la déconstruire.

« Pourquoi ne pas porter un autre regard sur la langue et en célébrer la diversité et l’adaptabilité ? » demande d’emblée celle qui est aussi professeure titulaire à l’Université de Montréal. « Je ne sais pas pourquoi les humains tiennent à se diviser en catégories et à dévaloriser les autres. »

Variations sur un même thème

Déjà, le français hexagonal, qu’on prend souvent pour le « bon français », est récent. « On a parlé français ici, en Nouvelle-France, avant que la France dans son entièreté parle français. » À l’époque de la colonie française, au XVIIe siècle, ce n’est qu’autour de Paris et chez la noblesse qu’on parle le français, alors que le bourguignon domine en Bourgogne et le picard à Lille, donne-t-elle en exemple.

Il n’y a donc pas de langue unitaire et immuable, au contraire. « Ce qui est considéré comme le “bon français” varie énormément dans l’Histoire. […] On peut ne pas aimer tous les changements de la langue, mais si elle ne change pas, elle meurt », dit la spécialiste. Elle a d’ailleurs participé à un ouvrage collectif intitulé Le français va très bien, merci, qui cherchait à renverser cette vision voulant que le français se meure à cause d’Internet ou de l’influence de l’anglais.

« On revient toujours à cette question. On n’aurait pas le droit de parler une variété de français qui est différent et qui reflète notre histoire ? » analyse quant à lui Wim Remysen, professeur de linguistique à l’Université de Sherbrooke. Ce sont de « vieux discours dépassés » qui font complètement abstraction du phénomène de variation d’une langue, variations qui existent dans toutes les langues à travers le monde. « On ne demanderait pas à un Américain de parler le même anglais qu’un Britannique, ce n’est pas compliqué ! » ajoute-t-il.

Déjà, au XIXe siècle, il y a eu ce genre de débat autour du French Canadian patois, note-t-il. C’est toujours cette idée qu’il y a quelque chose qui ne va pas avec le français parlé au Québec qui ressurgit, une idée qui a souvent servi à affaiblir ou à minimiser les revendications pour faire valoir nos droits linguistiques, note M. Remysen. « On a tort de vouloir stigmatiser ces particularités. Au contraire, c’est quelque chose qui fait partie de qui nous sommes. »

La langue française ferait particulièrement la belle part aux puristes, selon ces deux professeurs. « Dans le cas du français, c’est un discours particulièrement dominant parce qu’il a toujours eu une hypercentralisation de la norme », dit M. Remysen. Dans le cas de l’anglais et de l’espagnol, les anciennes colonies sont devenues plus importantes que la métropole, et « ce poids démographique a facilité un certain affranchissement ».

Une question de registres

Au moment même où le premier ministre français, Gabriel Attal, est en visite officielle au Québec et sort sa rhétorique d’apparat, les deux experts appellent aussi à cesser de comparer « des pommes avec des oranges ».

Le réflexe de croire que « les Français ont plus de vocabulaire » vient souvent du fait que l’on compare les différents registres. « On pense au français des Têtes à claques, mais il faut aussi penser au français de Céline Galipeau. On a tendance à réduire […], mais le français québécois, c’est aussi cet éventail de formes », dit Mme Auger. « Il y a toujours eu une langue familière, la langue de tous les jours, et une langue standard. C’est notamment le rôle de l’école d’amener les enfants à maîtriser le mieux possible cette variété qui donne accès à toutes les professions. »

Il est bon de pouvoir communiquer avec les francophones ailleurs en francophonie et d’avoir accès à la littérature ; l’important est donc aussi de savoir passer d’un registre à l’autre en fonction de ses besoins et de la situation, note la linguiste.

Des internautes comme Stéphane Venne ne sont pas d’accord, et ils comptent bien le faire savoir. Il a partagé son point de vue sur les réseaux sociaux en tant que « simple citoyen », mais aussi en tant qu’auteur-compositeur qui a fait de la langue son matériau artistique. Il appelait ainsi à distinguer l’accent, la « dimension acoustique », de celle de la « compétence langagière », qui comprendrait la syntaxe, le vocabulaire et l’élocution.

Pour lui, les critiques à l’égard d’un accent — qu’il soit marseillais, normand, parisien ou québécois — sont « tout à fait ridicules ». Ce qui est « plus fondamental » est la maîtrise de la langue elle-même, poursuit-il au téléphone avec Le Devoir. « Si vous avez 60 mots à votre vocabulaire et qu’une autre collectivité en a 600, il y a un déficit », croit-il. Les Québécois parlent donc mal, selon lui ? « On n’a pas des siècles de culture et d’éducation. On est une jeune collectivité française qui a de l’avenir », se défend l’artiste. « La capacité des gens ordinaires en France, le sport du langage qu’ils maîtrisent, est de loin supérieure », affirme-t-il néanmoins.

Aucune étude ne montre cependant que la variation entre la langue familière et la langue soignée soit plus grande au Québec qu’en France. « On est plutôt dans le domaine des clichés et des stéréotypes », conclut M. Remysen, qui invite à célébrer notre langue variée.

Source: Le français québécois, pas pire qu’un autre