Des milliers de dossiers de résidence permanente dans les limbes

Interesting. From monthly data I have been looking at, does not appear to be radically different to elsewhere in Canada unless I am missing something:

Déjà stressés par des délais de traitement qui n’en finissent plus de s’allonger, des milliers d’immigrants en attente d’une résidence permanente depuis parfois plus d’un an s’inquiètent de n’avoir reçu aucun accusé de réception des autorités fédérales. Dénonçant un « manque de transparence », ces travailleurs vivant au Québec craignent maintenant que leur dossier ne soitperdu ou ne croupisse quelque part dans leur enveloppe au centre de traitement situé en Nouvelle-Écosse.

« On voudrait juste avoir la confirmation que notre dossier a été reçu et qu’il n’y a pas d’éléments manquants », explique Valentine Clary, qui réside depuis sept ans à Montréal et qui a déposé une demande de résidence permanente avec son conjoint il y a plus de 15 mois.

Ne mettant généralement pas plus de deux ou trois mois à arriver, l’accusé de réception est une preuve écrite qu’un dossier a été vérifié et qu’il contient tous les documents et les signatures exigés pour être mis dans la pile et être traité par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). C’est aussi une preuve précieuse qui permet de demander une couverture à laRAMQ ou de maintenir en vigueur un Certificat de sélection du Québec (CSQ), en cas d’expiration.

Mme Clary a très peur de retourner malgré elle à la case départ. « J’ai peur de me faire renvoyer mon dossier parce qu’il manque quelque chose et de ne plus avoir aucun recours pour continuer à rester ici », explique cette Française d’origine, qui travaille dans le domaine de l’intelligence artificielle. « Ce n’est pas une question de délai. Personnellement, ça ne me dérangerait pas que le traitement prenne encore quatre ans, du moment que je sais que mon dossier va être étudié et ne me sera pas renvoyé. »

Des milliers de vies en suspens

Avec d’autres de ses compatriotes dans la même situation qu’elle, Valentine Clary administre un groupe Facebook de plus de 1500 personnes qui réclament toutes cet accusé de réception. Mais elles seraient beaucoup plus nombreuses en réalité.

Surtout originaires de pays francophones, comme la France, ces personnes, qui sont au Québec depuis plusieurs années, œuvrent comme ingénieurs, architectes ou dans d’autres professions qualifiées et ont toutes postulé à la résidence permanente par l’entremise du Programme des travailleurs qualifiés sélectionnés par le Québec.

Pour ces gens, tous ces dossiers demeurés sans réponse sont autant de projets de vie en suspens. « Ce que nous demande IRCC en ce moment, c’est de mettre nos vies sur pause », déplore Amandine Lafitte, une Française arrivée au Québec il y a six ans avec son conjoint. Le couple, qui avait prévu de se marier auprès de ses proches en 2021, a maintenant mis ce projet en veilleuse. Leur couverture de RAMQ l’est aussi. Et impossible de sortir du pays. « Mon dossier a été déposé il y a déjà 15 mois et, depuis, je n’ai aucune preuve qu’il va être traité », dit-elle, en craignant que son dossier ne lui revienne avec la mention « incomplet » après l’expiration de son CSQ.

Élodie Boonefaes estime aussi sa vie « bloquée » par ce silence radio d’IRCC. « Si, pour une démarche quelconque, on me demande de justifier que j’ai fait une demande de résidence permanente, je ne peux pas », dit-elle. Elle craint que son dossier ne lui revienne avec la mention « incomplet » après l’expiration de son CSQ, ce qui lui ferait perdre ce dernier.

Pour Louise Mazauric, une architecte qui vit depuis sept ans au Québec, le gouvernement fédéral pourrait faire preuve d’un peu plus d’égards. « J’aimerais au moins une confirmation que je suis “dans la boucle” et que je n’ai pas dépensé tout cet argent pourrien », dit la jeune femme d’origine française qui n’a pas reçu d’accusé de réception pour son dossier déposé il y a un an.

Une raison politique ?

Les membres du groupe Facebook à qui Le Devoir a parlé n’ont pourtant pas ménagé leurs efforts pour savoir où en était leur dossier : courriels et appels répétés à IRCC, demandesd’accès à l’information, appels aux cabinets des ministres de l’Immigration ou à leurs députés au provincial et au fédéral. Au mieux, certains immigrants ont obtenu un numéro « XEP », qui signifie qu’IRCC a bien reçu leurenveloppe, mais cela n’est pas une garantie que le dossier a été vérifié.

Pourquoi cette absence d’accusé de réception pour les travailleurs qualifiés sélectionnés par le Québec qui demandent la résidence permanente ? Et combien de dossiers dorment toujours dans leur enveloppe ? IRCC n’a pas répondu aux questions du Devoir dans les délais impartis.

L’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration (AQAADI) a quant à elle fait ses propres démarches auprès des hauts fonctionnaires d’Immigration Canada, mais n’a réussi qu’à obtenir le nombre de demandes qui sont en traitement, soit 27 000. Un chiffre énorme selon David Chalk, un avocat en immigration impliqué dans l’AQAADI. « Honnêtement, j’étais si étonné de ce nombre que j’ai dû demander s’il s’agissait bel et bien de « dossiers » et non de « personnes » [visées par ces dossiers]. »

Selon lui, le gouvernement provincial de la Coalition avenir Québec ayant diminué ses quotas de 20 %, le gouvernement fédéral aurait rapidement atteint les cibles à l’été 2019 et cessé de traiter de nouveaux dossiers. « Donc tous les dossiers arrivés après juillet 2019 sont restés dans leur enveloppe et n’ont pas été traités. Les gens n’ont donc pas pu obtenir d’accusé de réception », affirme-t-il. Cette information n’a pu être corroborée auprès des deux ministères de l’Immigration, mais plusieurs membres du groupe Facebook disent avoir reçu des explications similaires de la part de leurs députés fédéraux.

La faute de la COVID-19

Le traitement aurait quelque peurepris, mais la pandémie nuirait auprocessus. La COVID-19 a toutefoisle dos large, estime Me Chalk, qui ne croit pas à cette excuse désormais donnée par IRCC pour expliquer les délais et l’absence d’accusés de réception. Les cas actifs se comptent sur les doigts d’une main en Nouvelle-Écosse, rappelle-t-il.

Il exhorte le gouvernement fédéral à s’engager à ne pas retourner les dossiers incomplets qu’il finira par ouvrir, mais demande qu’il octroie plutôt un délai pour fournir les pièces manquantes. Ainsi, les gens ne perdraient pas leur place dans la file. « Il ne faudrait pas que les gens en attente d’un accusé de réception subissent les conséquences de la lenteur du traitement en Nouvelle-Écosse »,dit-il. « Au lieu de traiter les demandes de résidence permanente venant de l’étranger, il faudrait donner la priorité à celles provenant de gens qui sont déjà au Québec. »

Source: Des milliers de dossiers de résidence permanente dans les limbes

La situation des demandeurs d’asile en période de COVID-19

Of note:

La pandémie de COVID-19 a mis au grand jour la question des demandeurs d’asile, qui sollicitent une protection à titre de réfugiés au Québec ou ailleurs au pays. Bien qu’ils fassent partie des gens les plus vulnérables, ils ont été les plus touchés par la décision gouvernementale de fermer les frontières.

Nous sommes conscients du fait que le gouvernement canadien, comme tant d’autres gouvernements, s’est retrouvée devant un important dilemme : assurer la santé et la sécurité de sa population ou remplir ses obligations internationales comme pays signataire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Une de ces obligations est de respecter le principe de non-refoulement des demandeurs d’asile, selon l’article 33, qui stipule :

Aucun des États contractants n’expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques.

La fermeture de la frontière canado-américaine a entraîné le refoulement de centaines de personnes à notre frontière, des personnes qui avaient frappé à la porte du Canada afin d’y solliciter la protection en tant que réfugiés. Impossible donc de se présenter à un poste de contrôle, ni même de tenter un passage irrégulier au Québec par le « fameux » chemin Roxham. Or, qui dit « refoulement aux États-Unis » dit « détention » avec des prisonniers de droit commun et des criminels de tout acabit. Une situation qui implique aussi la séparation des familles, la détention d’enfants et le risque d’expulsion vers le pays d’origine des réfugiés, où ils étaient persécutés. Autant de conséquences néfastes de la fermeture de la frontière avec les États-Unis en période de COVID-19 !

Malgré l’appel de plusieurs groupes et organismes œuvrant dans le domaine de la défense des réfugiés, rien n’a réellement été fait pour amener le gouvernement fédéral à respecter ses obligations internationales envers les demandeurs d’asile. Il y a bien eu la décision de permettre à des individus de solliciter l’asile à un poste de contrôle terrestre à la condition, entre autres, que des membres de leur famille habitent déjà au Canada, ou d’accepter la demande de mineurs non accompagnés, en vertu du décret du gouvernement adopté le 22 avril 2020, mais cela ne touche pas la très grande majorité des demandeurs d’asile, qui sont actuellement refoulés vers les États-Unis.

Une autre conséquence majeure de la COVID-19 est la fermeture, en mars 2020, du tribunal chargé d’entendre les requêtes des demandeurs d’asile au pays, la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR). Toutes les audiences devant la Section de la protection des réfugiés (SPR) ont été annulées. À Montréal, les audiences ont repris seulement le 3 août et se déroulent au ralenti. Cette fermeture occasionnera de longs délais de traitement qui s’ajouteront aux retards déjà accumulés avant la pandémie. À cet égard, soulignons que le Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés prévoit qu’un demandeur d’asile doit être entendu par le tribunal dans un délai maximum de 60 jours suivant le dépôt de sa demande auprès des autorités compétentes. Or, avant la COVID-19, il n’était pas exceptionnel que certains demandeurs d’asile doivent attendre plus de 20 mois avant de pouvoir être entendus par le tribunal. La CISR précise sur son site Web que le temps d’attente prévu avant qu’une demande d’asile ne soit instruite par la Section de la protection des réfugiés est « d’environ 22 mois à compter de la date à laquelle le cas est déféré ». On peut facilement imaginer que ces délais vont maintenant exploser, ce qui occasionnera très certainement de l’incertitude et un stress supplémentaire pour les demandeurs d’asile en attente d’être fixés sur leur sort.

La pandémie nous a fait réaliser que plusieurs demandeurs d’asile occupent dans le système de santé un emploi dit « essentiel » pour combattre la COVID-19, principalement comme préposées aux bénéficiaires. Des gens qui, malgré leur statut incertain au Canada, ont accepté de mettre leur santé en péril afin de sauver celle des autres ― et qu’on appelle maintenant nos « anges gardiens ». Des gens qui n’ont pas hésité à aller au front, malgré le danger.

Des groupes de pression s’étaient formés afin de demander au gouvernement qu’il régularise le statut de ces demandeurs d’asile. Dans l’état actuel des choses, il m’apparaît tout à fait logique de garder ces gens en poste. Pour ce faire, leur accorder le statut de résident permanent est la voie appropriée pour éviter leur expulsion du Canada et, par le fait même, conserver cette main-d’œuvre si précieuse en période de pandémie.

Le 14 août dernier, le gouvernement fédéral, en collaboration avec les gouvernements provinciaux, a répondu favorablement à cet appel. Les demandeurs d’asile qui ont offert des soins directs aux patients ― préposé(e)s aux bénéficiaires, infirmiers et infirmières, aides-soignants et aides en service ― pourront soumettre une demande de résidence permanente par le biais d’un programme de régularisation. Par contre, certains types d’emplois ne sont pas inclus dans ce programme, notamment ceux des agents de sécurité et du personnel du service d’entretien, même si ces emplois sont occupés dans un centre hospitalier, dans un CHSLD ou dans une résidence privée pour personnes âgées.

De plus, nombre de demandeurs d’asile occupent un emploi qui a été classé comme « essentiel » par le gouvernement du Québec au début de la pandémie. On n’a qu’à penser aux employés d’épicerie, aux commis des stations-service et des pharmacies, aux livreurs d’aliments, aux cuisiniers ou aux employés de services de garde. Devrait-on régulariser aussi le statut de ces personnes ? Que dire à la mère de famille qui a perdu son emploi comme femme de chambre à cause de la COVID-19 ou au père de famille qui a perdu son emploi de serveur en raison de la pandémie ? Ces demandeurs d’asile qui se retrouvent dans une situation de vulnérabilité accrue, ne devrait-on pas les inclure dans le programme ?

Il ne faut pas oublier non plus que de nombreuses personnes qui ne sont pas des demandeurs d’asile mais qui sont en attente d’un statut au Canada (demandes humanitaires, réunification familiale) ont elles aussi occupé un emploi jugé essentiel comme préposé(e)s aux bénéficiaires. Ces personnes ne devraient-elles pas bénéficier du programme de régularisation ?

Ce programme n’est donc pas parfait ; cependant, il reconnaît le travail des « anges gardiens » de première ligne. C’est tout de même mieux que rien. Il permettra aussi aux demandeurs d’asile admissibles d’inclure dans leur demande de résidence permanente leur conjoint et leurs enfants qui se trouvent à l’extérieur du Canada.

À mon avis, le plus important, c’est de s’assurer que ceux et celles qui ont droit à ce programme de régularisation de leur statut y auront accès rapidement et que leurs dossiers seront traités dans des délais raisonnables. Il serait absurde que ces personnes doivent patienter pendant trois à cinq ans avant d’être fixées sur leur sort.

Source: La situation des demandeurs d’asile en période de COVID-19

O’Toole’s goal to ‘triple’ Conservative strength in Quebec built on promises of autonomy

Of note, the comments on secularism (Bill 2 1) and immigration powers:

Conservative Leader Erin O’Toole emerged from “a great first meeting” with Quebec Premier François Legault on Monday to say he aims to “double and triple” his party’s Quebec caucus in the next federal election.

The Quebec premier noted that O’Toole told him a Conservative government would not contest Quebec’s Bill 21, which bans the wearing of religious signs by teachers, peace officers, prosecutors, judges and other provincial employees.

As well, O’Toole said he was open to giving Quebec greater powers over immigration and to increasing federal health-care transfers to the provinces.

“We have a national unity crisis, particularly in Western Canada,” O’Toole told reporters regarding his agreement with Legault on Bill 21, immigration, and health-care funding.

“We need a government in Ottawa that respects provincial autonomy, and respects provincial legislatures and the national assembly. I will have an approach like that.

“Personally, I served in the military with Sikhs and other people, so I understand why it’s a difficult question, but as a leader, you have to respect our Constitution and the partnerships we need to have in Canada,” O’Toole said, adding that he will focus “on what we can do together.”

The Legault government is contemplating extending its Bill 101, the Charter of the French Language, to cover activities in Quebec under federal jurisdiction, such as banking and federal operations in the province.

Bill 101 requires businesses in the province under provincial jurisdiction to operate in French.

“I told him that large institutions should respect the French-language provisions in Quebec,” O’Toole said, recalling his own experience as a lawyer for the Canadian division of Gillette, the American-owned razor and health products company, which complied with Quebec’s language law.

“Why would banks and airports and others not have to?” he said. “I think it’s a question of respect, and I understand the priority of (protecting) the language, culture and identity.”

….

While O’Toole is onside with Legault on Bill 21, Bill 101, which gives greater immigration powers to the province and more health-care funding from Ottawa, he said he has yet to made up his mind about Legault’s push for a single income-tax return.

Quebec is the only province where residents must file separate returns for federal and provincial taxes.

Legault wants Quebec to collect federal income tax in the province using a single filing.

The Canada Revenue Agency (CRA) employes about 6,000 people in the Saguenay and Shawinigan areas of Quebec.

O’Toole said he would discuss the matter with his caucus, along with the union representing CRA employees and the cities involved.

“We have to protect the jobs,” he said. “I will make a decision after the discussions.”

Source: O’Toole’s goal to ‘triple’ Conservative strength in Quebec built on promises of autonomy

Opinion: Interculturalism reconciles a common culture, diversity

Apart from the usual tired misunderstandings of multiculturalism (again, multiculturalism is about integration, whether it be Quebec and French, or elsewhere in English or French.

Does one really believe that an “interculturalism” law would solve all the accommodation debates and avoid a Bill 21?

Recent calls for the adoption of a law on interculturalism, including by the Quebec Liberal Party’s youth wing, have given rise to fears that such a law would restrict minority rights in Quebec.

Such fears are unfounded. Interculturalism does not restrict minority rights, but rather reaffirms them. It reaffirms, for example, the right of the English-speaking community to maintain its culture and institutions, in particular its universities, hospitals and, especially, its school boards. It is a well thought-out, comprehensive policy framework that is inclusive of all Quebecers.

This policy, which has been promoted by every Quebec government in some form since 1971 and was given new impetus by the Bouchard-Taylor Commission, rests on two pillars.

The first is a common francophone culture, shared political institutions — notably the National Assembly — a common history that started with French exploration of the New World and continued with the development of a modern society that is in good part characterized by cultural diversity.

The second pillar, cultural diversity, recognizes a multiplicity of cultural communities and also accords special status to First Nations, the Inuit and the English-speaking community.

Interculturalism implies the recognition both of the francophone majority and of minorities. It is Quebec’s policy model for integration and the management of diversity.

What is the difference between interculturalism and multiculturalism? The former tries to reconcile a common culture with cultural diversity, while the latter restricts itself to the promotion of cultural diversity. For a national minority like Quebec, which naturally fears marginalization, multiculturalism is not a sufficient guarantee of its survival.

In my view, if the Quebec government were to restrict itself to the promotion of cultural diversity, it would actually hamper its ability to defend the special status of English-speaking Quebecers as a founding minority. The English-speaking community would be seen as one minority among others.

Interculturalism also promotes the social and economic integration of immigrants in French, which is not the case for multiculturalism. As the only francophone society in North America, it is reasonable for Quebec to implement legislation in defence of its language and culture.

Interculturalism places an onus on both institutions and citizens to resolve issues related to cultural differences by engaging with each other rather than through recourse to the courts.

It also informs the way in which we teach history and good citizenship, as it takes into account both the common culture and cultural diversity. It seeks to promote intercultural exchanges, the contribution of cultural diversity to Quebec and the fight against all forms of discrimination.

Some believe that a law on interculturalism is unnecessary, as it is already Quebec’s policy. However, like Canada’s Multiculturalism Act, legislation would allow the affirmation of Quebec’s model, the respect of diversity and the recognition of its founding minorities, and oblige the Quebec government to take into account not only the common culture, but also cultural diversity and the respect of minority rights.

Had Quebec already adopted a law on interculturalism, I believe it would have been much more difficult for the Coalition Avenir Québec government to adopt populist and discriminatory laws such as Bill 21 on secularism and Bill 9 on immigration. An interculturalism law would have established the foundational principles concerning integration and the management of diversity, and would have posed, both legally and logically, an additional obstacle to the CAQ’s policies.

Some believe that the recognition of the francophone majority and minorities is divisive. However, this reflects reality and the government cannot govern only for the francophone majority, nor can it govern only for minorities. It must address both groups’ legitimate interests. What is divisive is the absence of recognition of both groups’ legitimate interests.

This is why we need legislation that strikes a balance between the majority and minorities. We need to affirm a common culture that includes all Quebecers. This is the goal of interculturalism.

Source: Opinion: Interculturalism reconciles a common culture, diversity

Dialogue de sourds sur la laïcité

Good discussion regarding the two different forms of liberalism: in English Canada, the state should not involve itself in value conflicts between individuals (as long as no violation of the law or adverse impact on the rights of others) and in Quebec, that the state can play a more proactive role in imposing liberal values:

« Alors que le premier modèle véhicule l’idée que l’État ne doit pas s’immiscer dans des conflits de valeurs entre individus, dans le second, l’État doit être proactif pour imposer les valeurs libérales auprès des individus », détaille Luc Turgeon.

Au Québec, un citoyen qui défend des valeurs sociales libérales est plus prompt à appuyer des restrictions au port de signes religieux. Dans le reste du Canada, un citoyen qui défend ces mêmes valeurs est plus susceptible de s’opposer à toute restriction touchant le port de symboles religieux.

C’est la conclusion, à la fois étonnante et instructive, à laquelle en sont venus quatre politologues canadiens dans le cadre d’un projet de recherche lancé en 2014 dans la foulée du débat entourant la charte des valeurs du Parti québécoiset dont les résultats seront publiés prochainement dans le Canadian Journal of Political Science.

« On a testé les mêmes valeurs [appui à l’égalité homme-femme, au droit à l’avortement, à la légalisation de l’euthanasie, entre autres], on a posé les mêmes questions dans un sondage et ça prédit de façon diamétralement opposée la relation qu’entretiennent les deux communautés avec les symboles religieux », résume Antoine Bilodeau, professeur de science politique à l’Université Concordia à Montréal.

Ainsi, contrairement aux idées reçues, ce n’est pas un sentiment de xénophobie, une insécurité culturelle ou encore un niveau de religiosité plus faible qui expliquerait pourquoi l’appui à ces restrictions est plus fort au Québec qu’ailleurs au pays.

« Ce qui explique au bout du compte cette différence, c’est le fait qu’être socialement libéral au Québec et dans le reste du Canada a des effets opposés », poursuit Luc Turgeon, professeur de science politique à l’Université d’Ottawa.

Un vaste sondage

Les conclusions des chercheurs — qui signent l’article « A Tale of Two Liberalisms ? Attitudes toward Minority Religious Symbols in Quebec and Canada » conjointement avec les politologues Stephen White de l’Université Carleton à Ottawa et Ailsa Henderson de l’Université d’Édimbourg au Royaume-Uni — reposent sur des données issues d’un sondage en ligne réalisé par la firme Léger pour le compte des chercheurs et auquel ont participé 6400 Canadiens en janvier et février 2014.

Ce sondage mesurait l’appui des répondants à trois scénarios de restriction au port de symboles religieux chez les groupes minoritaires. Résultats ? L’appui aux interdictions était systématiquement plus élevé chez les Québécois.

Ainsi, 74 % des Québécois appuyaient le bannissement de signes religieux pour les policiers contre 45 % dans le reste du Canada ; 59 % des Québécois soutenaient l’interdiction pour les enseignants du réseau public, contre 29 % pour les autres Canadiens ; et 37 % des Québécois étaient d’accord avec une proscription pour les élèves des écoles publiques, contre 20 % pour les autres Canadiens.

L’enquête évaluait également l’adhésion des répondants à différentes valeurs libérales (égalité homme-femme, droit à l’avortement, légalisation de l’euthanasie, légalisation de la prostitution), mesurait leur sentiment à l’égard de l’immigrationet de la diversité ethnoculturelle et quantifiait l’importance de la religion dans leur vie.

Deux libéralismes

En analysant ces données, les quatre chercheurs ont été en mesure de conclureque le seul facteur expliquant cette différence en ce qui a trait au soutien aux restrictions est la relation qu’entretiennent les deux communautés aux valeurs libérales, des effets opposés qui s’expliquent par le fait que deux types de libéralisme se sont développés au pays au cours des trente dernières années.

Pendant que dans le reste du Canada un discours axé sur le libéralisme multiculturel a pris racine, au Québec, un libéralisme des lumières, inspiré par le modèle français, a gagné en influence.

« Alors que le premier modèle véhicule l’idée que l’État ne doit pas s’immiscer dans des conflits de valeurs entre individus, dans le second, l’État doit être proactif pour imposer les valeurs libérales auprès des individus », détaille Luc Turgeon.

Certes, la xénophobie peut mener à une volonté de restreindre les symboles des minorités religieuses dans l’espace public. « Mais ce facteur-là est aussi important au Québec que dans le reste du pays », précise Antoine Bilodeau.

Et c’est précisément là que réside l’essentiel de l’incompréhension entre le Québec et le reste du Canada dans ce fastidieux débat. « Dans la dynamique canadienne-anglaise, l’essentiel des gens qui veulent restreindre les symboles religieux, ce sont des gens qui sont mal à l’aise avec la diversité ethnoculturelle, alors qu’au Québec, ce n’est pas seulement ça », explique Antoine Bilodeau.

« Mais dans leur prisme de compréhension du monde, si tu veux restreindre les symboles religieux, la seule raison qui peut exister, c’est l’intolérance », pointe-t-il.

UNE ALLIANCE CONTRE NATURE À L’ASSEMBLÉE NATIONALE

L’appui à la charte des valeurs reposait sur une « alliance insolite » (« strange bedfellows ») entre conservateurs nationalistes(« conservative nationalists ») et partisans d’un libéralisme des lumières (« liberal nationalists »), avancent les quatre universitaires.

Une idée — inspirée des travaux de Jocelyn Maclure, professeur de philosophie à l’Université Laval — que les chercheurs ont étayée dans un autre article, intitulé « Strange Bedfellows ? Attitudes toward Minority and Majority Religious Symbols in the Public Sphere », publié dans la revue Politics and Religion en 2018.

Une coalition contre nature dont le point de rupture se situe au niveau de la place réservée au crucifix à l’Assemblée nationale. « On se disait que ceux qui étaient pour la charte et pour le retrait du crucifix à l’Assemblée nationale (« liberal nationalists ») ne le faisaient pas pour les mêmes raisons que ceux qui étaient pour la charte, mais contre le retrait du crucifix (« conservative nationalists ») », explique Luc Turgeon.

Incidemment, les travaux des chercheurs ont permis de démontrer que les Québécois qui se sont prononcés en faveur de la charte, mais contre le retrait du crucifix avaient des attitudes plus négatives envers les minorités et l’immigration et avaient un sentiment de menace culturelle plus fort que ceux qui étaient contre la Charte.

« Mais ceux qui étaient pour la charte et pour le retrait du crucifix n’avaient pas une attitude plus négative par rapport aux minorités culturelles et aux gens issus de l’immigration. Ce sont des gens qui, du point de vue du libéralisme social, sont plus progressistes que les gens qui étaient contre la charte », remarque Luc Turgeon.

Alors que le débat sur le port de signes religieux est sur le point de rejaillir à l’Assemblée nationale, la question du crucifix risque encore de soulever les passions.

« Si l’opinion publique n’a pas changé par rapport à ce qu’elle était en 2014, ce sera un grand défi pour le gouvernement caquiste de régler la question du crucifix, relève Antoine Bilodeau. C’est un enjeu au potentiel de division énorme, en raison de sa sensibilité, mais aussi parce qu’il définit la ligne de démarcation, presque à parts égales, entre les deux groupes qui forment cette coalition. »

Lisée veut «aller plus loin» pour séduire les communautés culturelles

Given that Lisée has been all over the map on identity issues and ethnic groups, hard to see this ‘seduction’ succeeding:

Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, souhaite «aller plus loin qu’avant» pour séduire les communautés culturelles et il croit que sa proposition de ne pas faire de référendum dans un premier mandat risque de l’avantager en ce sens.

Le fait qu’on n’ait pas décidé de tenir de référendum dans le premier mandat est une façon de détendre l’atmosphère», a expliqué M. Lisée, en point de presse, dimanche après-midi, à Montréal.

Le chef du PQ a rencontré les médias pour discuter de son plan d’action qui vise à attirer dans le giron péquiste les Québécois issus de l’immigration, un électorat qui a tendance à voter davantage pour le Parti libéral du Québec (PLQ).

Pour ce faire, il a confié le mandat à sa conseillère spéciale en matière de diversité, Évelyne Abitbol, de tenter de tisser des liens avec ces électeurs. Carole Poirier, la whip en chef du PQ et porte-parole sur l’immigration et les communautés culturelles, s’occupera pour sa part à mobiliser les membres et ses collègues députés sur cette question.

«Pendant la campagne au leadership, Jean-François a réuni une vaste coalition de la diversité. Cette vaste coalition, il faut maintenir ces liens et la rendre active», a soutenu Mme Poirier.

Selon le chef du Parti québécois, le fait de mettre le référendum de côté pendant quatre ans permettra au parti d’accueillir plus de communautés culturelles, qui seront plus réceptives à ses messages.

«Il y a des gens qui sont d’accord avec nous, mais qui ne nous connaissent pas assez (…) Nous, on a décidé de ne pas en tenir (de référendum), alors est-ce qu’on peut ouvrir les portes, les oreilles, les conversations? On pense qu’il va y avoir plus de fluidité», a-t-il expliqué.

M. Lisée estime que certains de ces électeurs ne connaissent pas assez bien de son parti parce qu’ils se font toujours dire par le PLQ qu’un vote pour le PQ équivaut à un vote contre le Canada.

Le chef du PQ ne s’est pas avancé sur ce qui a pu nuire à son parti par le passé auprès des communautés culturelles, mais il dit vouloir profiter du vent de changement amené par la récente course à la direction.

«Cette curiosité et cette présence de beaucoup de membres de la diversité dans ma campagne, dans celle d’Alexandre (Cloutier), de Martine (Ouellet) et de Véronique (Hivon), pour moi, c’est un fait nouveau intéressant. Il faut miser là-dessus», a-t-il souligné.

Interrogé sur la possibilité que le PQ ravive la Charte des valeurs de l’ancien gouvernement Marois sur laquelle il avait été très critiqué, M. Lisée a fait valoir que ses propositions sur laïcité étaient beaucoup plus «pragmatiques» et «ouvertes» que l’ancienne politique prônée par son parti.

«C’est clair que notre message est plus attrayant pour les membres de la diversité qui ont une vision plus laïque sur l’avenir du Québec et ils sont très nombreux», a-t-il soutenu en anglais.

Le Parti québécois affirme qu’il mettra en place une «série d’actions» dans les prochaines semaines, ce qui inclut la création d’un comité pour la diversité dans les instances du parti.

Quebec immigrant program increases in popularity … with ‘downsides’ for B.C. | Vancouver Sun

Ongoing coverage and controversy. I agree with the critics:

The Quebec government, running a cash-for-visa program labelled a “fraud” and “scam” by critics who say it hurts British Columbia, received a record-breaking number of rich immigrants in 2015.

The 40-per-cent increase took place a year after the former Conservative federal government complained that the program’s harms outweighed its benefits and shut down an identical national investor-luring scheme.

Quebec has autonomy to select its own immigrants under a 1991 accord with the federal government, so decided to continue its own program.

Critics, including Conservative MP Jason Kenney when he was immigration minister, have complained that the vast majority of investor immigrants are wealthy Asians who dishonestly declare an intention to live in Quebec, then move immediately, to Toronto and, especially, to Vancouver.

Quebec gets the financial benefits of the program while Metro Vancouver gets inflated housing prices and added stress on the public education and health care systems, the critics argue.

The latest evidence of Quebec’s growing enthusiasm for luring millionaire migrants prompted criticism of the B.C. government, which hasn’t been vocal on the issue despite allegations that the program has played a role in Vancouver’s housing affordability crisis.

“The silence from the B.C. government has been absolutely startling,” said New Democratic Party MLA David Eby.

“In effect, they are content with a program that brings major housing affordability problems, while allowing many wealthy migrants to use British Columbia’s social services virtually for free.”

Jobs Minister Shirley Bond said in a statement Friday that Victoria has “consistently” raised its concerns with Ottawa about the need for additional settlement funding to offset the cost of “secondary migration” when immigrants land somewhere else but then head straight to the West Coast.
“We are in active conversations with the federal government,” she said, noting that Quebec has had the authority for decades to select its own immigrants.

The total number of applicants and their family members admitted under the Quebec Immigrant Investor Program reached just over 5,000 last year.

That compares with 2014’s total of 3,669. The previous high was 4,436 in 2012.

Quebec says it will bring in roughly the same number in 2016, according to the province’s immigration plan tabled recently in the Quebec National Assembly.

The former Conservative government, while initially enthusiastic about the program, soon questioned its value and sharply reduced national admissions from an average of around 9,200 in 2008-2010 to 3,787 in its final year of 2014.

When the Tories shut down the program in 2014 they said the program’s costs far outweighed the benefits for Canadian — and especially B.C. — taxpayers.

Quebec’s enthusiasm during this period soared, from a little over 1,000 in 2008 to five times that annual total now.

Kenney, who said applicants misrepresenting themselves in their applications were engaged in “a crime” and “fraud” in 2013,  was unable to get bureaucrats to take action before he was shuffled out of the ministry later that year.

The only positive economic spin-off Eby said that he’s witnessed in his Vancouver-Point Grey riding, the focus of Vancouver’s housing price explosion, is the opening of a Ferrari dealership.

“Apart from that, it’s hard to figure out what benefit we see in British Columbia for this program. And the downsides are profound.”

Simon Fraser University professor Joshua Gordon, author of a recent report on Vancouver’s housing crisis, said every British Columbian who hears about the Quebec program is “appalled,” and yet the Clark government “won’t go to bat” for them.

“The absence of any public pressure from the B.C. government on the feds or Quebec to end the program is revealing about the way the Clark government thinks about the housing issue,” Gordon said Friday.

“What this suggests is that the Clark government’s strategy is to continue to fuel the housing bubble, since they realize it’s the main economic game in town, and hope that equity windfalls for boomers will get them re-elected — and that the whole thing doesn’t come crashing down.”

A spokesman for the Quebec immigration ministry, meanwhile, said Friday that his province didn’t jump in to increase its intake as a result of Ottawa’s departure from the field.

Quebec has actually reduced the number of applications it has accepted in recent years, from 2,138 in 2013 to 1,278 in 2015, according to Jonathan Lavallee. He indicated the recent bump had to do with a processing backlog in the federal system — a contention that Vancouver immigration lawyer Richard Kurland supports.

The Quebec government has also acknowledged the leakage problem, saying in a 2014 discussion paper that only a “small minority” choose to settle in Quebec for the long term.

Kurland praised Quebec’s recent efforts to retain more rich immigrants. One such measure gives preferential treatment to French-speakers.

The federal figures don’t break down the source countries for the immigrants through the investor program. However, the Quebec government says 89 per cent of its investor immigrants this year will come from Asia.

The Quebec investor program, for a net cost that Kurland pegs at $125,000, allows wealthy foreigners jump to the front of the immigration queue even if they didn’t speak a word of English or French.

Federal Immigration Minister John McCallum said in a recent interview that he has no intention of challenging Quebec on its immigration policy, and a departmental spokeswoman said the province has every right under a 1991 Canada-Quebec accord to set its immigration policy.

Kurland said Canada has the authority to shut down Quebec’s program if it has the political will to annoy a province in which Trudeau holds 40 of 78 seats.

And he challenged the common assertion that the Charter of Rights and Freedoms, which guarantees mobility rights, prevents authorities from forcing newly arrived permanent residents to stay in Quebec after arrival.

He noted that all charter rights are subjected to Section 1 of the 1982 Constitution Act, which says all rights can be circumscribed by “reasonable limits prescribed by law as can be demonstrably justified in a free and democratic society.”

Kurland, who believes B.C. should set up its own investor program, said a court could be convinced that it is “reasonable” to insist that newcomers stay in the province they declared an intent to live in for their first two years in Canada.

That could be enforced by requiring successful applicants to forfeit the entire $800,000 investment if they move before that time.

“The Charter has a two-part test. A breach of rights is not the end of the debate.”

Ian Young, the South China Morning Post’s Vancouver correspondent, echoed Kenney’s harsh assessment in a column last week.

“It is a money-grubbing prank perpetrated upon Vancouver by Quebec,” Young said. “It is a scam, and it needs to stop.”

Source: Quebec immigrant program increases in popularity … with ‘downsides’ for B.C. | Vancouver Sun