ICYMI: Craintes de voir l’anglais «éradiqué» du Québec

Of note:

Le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, a trouvé la « formule parfaite » pour « éradiquer » la minorité anglophone du Québec, avertit la présidente du Quebec Community Groups Network (QCGN), Marlene Jennings. Elle ne sait plus en quelle langue le dire pour être prise au sérieux.

« Réveillez-vous ! » lance l’ex-députée fédérale de 1997 à 2011, cherchant à secouer l’apathie des Québécois face aux offensives linguistiques menées à Québec — et à Ottawa — sur la foi, selon elle, de la « fabulation » selon laquelle la langue française est « en danger » dans les milieux de travail.

Le gouvernement est pourtant catégorique : la proportion de travailleurs qui accordent une place prédominante au français au travail s’est effritée au Québec au fil des 15 dernières années, passant de 82 % en 2006 à 79,7 % en 2016.

L’abandon du projet d’agrandissement du cégep Dawson ainsi que le gel des programmes conduisant au diplôme d’études collégiales (DEC) ou encore à l’attestation d’études collégiales (AEC) en anglais prévu dans la version amendée du projet de loi 96 entraîneront des conséquences « pernicieuses » pour les communautés anglophones du Québec, précise Marlene Jennings dans un entretien avec Le Devoir. Il y aura de moins en moins de professionnels « bilingues » dans le réseau de la santé, illustre-t-elle au bout d’une table de conférence dans les quartiers de QCGN dans le centre-ville de Montréal.

« On n’est pas stupides [les caquistes] sont en train d’étrangler le système », ajoute la directrice générale de QCGN, Sylvia Martin-Laforge.

Simon Jolin-Barrette promettait d’assurer le « respect le plus complet des institutions de la communauté anglo-québécoise » lors du dévoilement du projet de loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français (projet de loi 96) en mai 2021.

Le groupe de pression soupçonne le gouvernement caquiste de réduire la « communauté anglo-québécoise » — qui est en droit de recevoir des services en anglais, selon lui — à la « communauté historique d’expression anglaise », ce qui exclut près de 500 000 Québécois anglophones, dont les immigrants provenant d’un État anglophone comme la Grande-Bretagne ou la Jamaïque, par exemple.

D’ailleurs, Marlene Jennings se dit lasse d’entendre que la minorité anglophone du Québec est « la mieux traitée », alors que les Québécois d’expression anglaise sont « sous-employés » et « sous-payés ». « La seule minorité linguistique qui se rapproche, qui a les mêmes statistiques dévastatrices, ce sont les Acadiens et les francophones du Nouveau-Brunswick, les seuls. Mais, on ne parle jamais de ça », dit la première personne noire à avoir représenté une circonscription québécoise à la Chambre des communes.

Les projets de loi signés par Simon Jolin-Barrette (96) et par Ginette Petitpas Taylor (C-13) exacerberont à coup sûr non seulement les inégalités économiques entre anglos et franco, mais aussi les tensions sociales, est persuadée Marlene Jennings.

Coût pour le Québec

« Ce n’est pas que l’affaire des anglos, des minorités, c’est l’affaire des francophones », soutient Sylvia Martin-Laforge, selon qui le renforcement de la loi 101 par « 96 » et « C-13 » ne se fera pas sans coût économique et moral pour le Québec.

Les patronnes du QCGN n’arrivent pas à croire que le gouvernement Trudeau puisse donner la possibilité aux entreprises privées de compétence fédérale présentes au Québec de mener « leurs communications avec les consommateurs » dans le respect de la Charte de la langue française du Québec — que Simon Jolin-Barrette s’emploie à blinder notamment au moyen des dispositions de dérogation aux chartes des droits et libertés.

« Quand je vois nos chartes [des droits et libertés] suspendues, et on n’est pas en situation de guerre, on n’est pas en Ukraine […], je suis découragée », indique Marlene Jennings au Devoir, ce qui n’est pas sans rappeler son gazouillis du 24 février, aujourd’hui disparu. La Montréalaise exprimait son étonnement de voir François Legault appuyer la démocratie ukrainienne face à l’assaut de la Russie alors qu’il a la « volonté de suspendre tous les droits et libertés de tous les Québécois avec son projet de loi 96 ».

« J’ai une grande gueule et j’en suis fière. I’m a Jennings et une Garand ! » s’exclame la « femme noire d’origine ethnique diverse » dans des locaux presque vides. Marlene Jennings est le fruit de l’union d’un homme noir émigré de l’Alabama et d’une femme blanche francophone, dont les ancêtres, français et belges, avaient défriché le Manitoba, dont un aux côtés du grand défenseur des Autochtones et de la langue française Louis Riel. « J’ai toujours été en faveur de Louis Riel », précise-t-elle.

Marlene Jennings, qui s’enorgueillit aussi d’avoir voté, en 1976, pour le chef du Parti québécois René Lévesque dans la circonscription de Taillon, et ce, même si sa mère « voulait [la] tuer », mène aujourd’hui la résistance au nom de la minorité linguistique anglophone du Québec. Et elle fait flèche de tout bois.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, n’est pas épargné. L’ex-élue du Parti libéral du Canada l’accuse de « rompre avec les valeurs fondamentales de notre société canadienne », dont celle de la dualité linguistique, en conférant aux travailleurs des entreprises privées de compétence fédérale du Québec notamment « le droit d’effectuer leur travail et d’être supervisés en français » et « le droit de recevoir toute communication et toute documentation […] en français ». « On a des employés anglophones qui travaillent [dans une banque] en français, mais pour une raison ou une autre, ils voudraient avoir leurs communications en anglais. Ils n’auront pas ce droit-là avec C-13 dans son format actuel. Alors quel genre d’atmosphère, de climat de travail ça va créer ? » demande Marlene Jennings, qui se défend d’être une « angryphone », comme la dépeignent ses détracteurs.

Mauvais « timing »

Marlene Jennings attribue la faible mobilisation contre les projets de loi 96 et C-13, à commencer au sein des communautés anglophones du Québec, aux occasions de socialisation — les discussions sur l’actualité autour de la machine à café du bureau, par exemple — qui se sont faites rares durant la pandémie de COVID-19, mais aussi, plus largement, à la montée de l’individualisme et de la désinformation dans la société canadienne.

Cela dit, la présidente de QCGN a pris bonne note de la décision du Parti libéral du Québec de s’opposer à l’adoption du projet de loi 96, qui a été officialisée par sa cheffe, Dominique Anglade, lors d’une visite du cégep Dawson il y a près d’un mois. « Je suis contente qu’elle se soit finalement ralliée, avec ses députés. Elle ne peut plus reculer là-dessus maintenant », fait remarquer Marlene Jennings. Le PLQ n’a pas mis son cahier de « 27 propositions pour l’avenir de la langue française » au rebut pour autant, lui signale Le Devoir. « Ça, c’est toute une autre question. »

Source: https://www.ledevoir.com/politique/quebec/688341/projet-de-loi-96-craintes-de-voir-l-anglais-eradique-du-quebec?utm_source=infolettre-2022-03-19&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Québec tarde à simplifier la venue de certains travailleurs temporaires en demande

Of note, appears more with respect to Quebec changes than the feds:

Le gouvernement Legault peine à tenir ses promesses pour amener des renforts de l’étranger à un Québec en pénurie de main-d’œuvre. Le Devoir a appris que des métiers peu spécialisés mais faisant l’objet d’une forte demande ne se trouvent pas, comme cela était prévu, sur la nouvelle liste des professions ayant accès au traitement simplifié pour l’octroi d’un permis de travail temporaire, ce qui inquiète les employeurs.

Ainsi, 37 professions de niveau C, selon la classification nationale des professions, comme chauffeurs de transport, manutentionnaires et opérateur de machinerie lourde, ne figurent toujours pas sur cette liste publiée le 24 février dernier bien que Jean Boulet, ministre de l’Immigration et du Travail, eût annoncé il y a quatre mois qu’elles y seraient.

Soumises à une très forte demande, les professions de préposés aux bénéficiaires, aides-infirmières et aides-soignantes ne sont pas non plus sur la liste. Selon le site Internet du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, les « travaux [pour ajouter ces professions de niveau C] se poursuivent avec le gouvernement fédéral ».

Dans d’autres secteurs en forte pénurie de main-d’œuvre, certaines professions demandant un peu plus de qualifications (niveau B) ont carrément été retirées de la liste, ce qui suscite l’incompréhension tant chez les employeurs que chez les firmes de recrutement et spécialistes en immigration. « J’ai été surprise de voir que le poste de superviseur des ventes avait été supprimé de la liste », souligne Béatrice Lemay, avocate en immigration chez Immétis. Plusieurs de ses clients sont des entreprises dans le domaine du commerce au détail, un secteur où les postes de caissiers, de vendeurs et de commis aux ventes sont très difficiles à pourvoir. « Il y a de l’incompréhension des deux côtés. C’est pourtant un secteur avec une grosse pénurie de main-d’œuvre et on s’est retrouvés avec encore moins de solutions », note-t-elle.

La profession de boulanger-pâtissier devait être rajoutée à la liste, mais elle n’y est finalement pas, bien que plusieurs propriétaires de boulangeries aient dénoncé un grave problème de recrutement l’an dernier dans Le Devoir. D’autres professions de catégorie B, comme surveillant de transport routier ou dessinatrice de mode, attendent aussi d’être réhabilitées sur la liste.

Au total, tous niveaux confondus, 71 professions, considérées comme « en déficit important de main-d’œuvre » par Québec et la Commission des partenaires du marché du travail, devaient être ajoutées sur la liste du traitement simplifié, dont la moitié avait été retirée de la liste par le gouvernement Legault lui-même.

Délais trop longs

À l’heure actuelle, faire venir un travailleur étranger est un processus qui peut prendre jusqu’à un an. Il faut d’abord que l’employeur fasse une étude d’impact sur le marché du travail afin de prouver qu’il comble un réel besoin et qu’aucun Canadien n’est disponible pour l’emploi. Cette démarche, qui coûte 1000 $ par travailleur qu’on veut faire venir, peut prendre de quatre à cinq mois. Une demande de permis de travail met autant de temps à être traitée par le fédéral.

De plus, l’employeur doit aussi avoir préalablement affiché pendant au moins un mois le poste et démontrer que personne ici n’a répondu à l’appel. Cette dernière démarche n’est toutefois pas obligatoire si la profession en question figure sur la liste de traitement simplifié. Celle-ci permet également à un employeur de faire venir autant de travailleurs qu’il veut et d’octroyer des contrats de 36 mois au lieu de 24, ce qui peut faciliter l’accès à la résidence permanente.

Ho Sung Kim, vice-président d’AURAY Sourcing Immigration, explique que la déception a été grande chez certains de ses clients qui attendaient impatiemment ces changements qui devaient contribuer à réduire les délais pour faire venir des travailleurs étrangers temporaires. « Je vois mal pourquoi on attend autant », estime-t-il. Selon lui, même si ça débloquait rapidement, il est déjà trop tard pour que les employeurs puissent faire venir des travailleurs pour la saison estivale. « Ça n’irait pas avant 2023. » Il aurait fallu que les changements à la liste soient faits à l’automne dernier, a-t-il ajouté.

Problèmes informatiques

Le ministre Jean Boulet dit avoir été informé que, si la trentaine de professions de niveau C tarde à être ajoutée à la liste, c’est qu’Emploi et Développement social Canada, qui est responsable du Programme des travailleurs étrangers temporaires, « a rencontré des enjeux informatiques » [sic]. Il demeure vague sur l’échéancier, indiquant qu’Ottawa devrait être en mesure de respecter « au cours des prochaines semaines » l’entente de principe conclue en août dernier, et qui a été annoncée de manière plus détaillée par le ministre le 1er novembre.

Lors de cette dernière annonce faite il y a quatre mois, le ministre Boulet affirmait au Devoir que ces assouplissements représentaient « la plus grande avancée du Québec en matière d’immigration temporaire » depuis 1991. Des quatre assouplissements négociés, deux ont déjà été mis en œuvre : l’exemption de l’affichage pour certaines professions demandant peu de qualifications (niveau D) a été réalisée en décembre dernier, et la hausse du seuil de 10 à 20 % de travailleurs étrangers permis pour les entreprises de certains secteurs, notamment le commerce de détail, les soins de santé et hébergement, est entrée en vigueur un mois plus tard.

Selon Ho Sung Kim, le « vrai » problème demeure les trop grands délais de traitement du gouvernement fédéral, qui gère le Programme des travailleurs étrangers temporaires. « Même si on a des assouplissements et un traitement simplifié, c’est réduire le délai de traitement du permis de travail qui va aider les entreprises. Parce que leur besoin de main-d’œuvre est déjà pour hier. »

Interrogé sur ses « problèmes informatiques », Emploi et Développement social Canada s’est contenté d’indiquer qu’il « demeure déterminé à travailler avec le Québec pour aider la province à répondre à ses besoins en main-d’œuvre tout en garantissant les droits et la protection des travailleurs ».

Source: Québec tarde à simplifier la venue de certains travailleurs temporaires en demande

Québec loin de sa cible pour les réfugiés afghans

Of note (and not blaming the feds):

Six mois après la crise en Afghanistan, Québec peine à accueillir les 300 réfugiés afghans qu’il s’était engagé à recevoir, a constaté Le Devoir. Selon des chiffres fournis par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), à peine 89 d’entre eux se sont installés au Québec dans le cadre du Programme spécial pour les Afghans qui ont aidé le gouvernement du Canada au mois d’août dernier, alors qu’ils sont plusieurs milliers dans le reste du pays.

En comparant cette opération humanitaire à celle menée pour les Syriens en 2015-2016, où plus de 5000 réfugiés syriens avaient été accueillis par le Québec, force est d’admettre qu’elle n’a pas la même ampleur, admet Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI). « C’est quand même assez décevant. En août et septembre dernier, on pensait qu’on recevrait des milliers d’Afghans, la Ville de Montréal était hypermobilisée, et finalement très peu d’Afghans sont arrivés au Québec, dit-il. Au moins, [le gouvernement] aura essayé. »

Pour toute l’année 2021, hormis les 89 venus au Québec grâce au programme spécial du fédéral, 232 Afghans ont été admis comme réfugiés dans la province, à la suite de l’aboutissement de demandes de parrainages privés déposées au cours des années précédentes. La cible du gouvernement Legault pour 2021 est de 7500 réfugiés, toutes origines confondues.

Quant au gouvernement canadien, il disait la semaine dernière qu’il travaillait « d’arrache-pied » pour atteindre sa cible de 40 000 réfugiés afghans. Or, jusqu’ici, 7885 Afghans sont arrivés, soit 4600 dans le cadre du Programme spécial pour les Afghans ayant aidé le gouvernement et 3285 grâce à un autre programme humanitaire canadien destiné aux plus vulnérables (femmes leaders, personnes LGBTI, etc.).

Rétention difficile

Selon le MIFI, les réfugiés afghans venus au Québec dans le cadre du programme de réinstallation fédéral se sont surtout installés à Montréal, Longueuil et Brossard. Malgré le fait que Sherbrooke abrite la deuxième communauté afghane en importance, à peine 11 personnes, venues grâce au programme fédéral, y ont élu domicile, mais 52 réfugiés, entrés par la « voie régulière » que constituent les parrainages, s’y sont aussi installés. Alors que les premières familles arrivaient en septembre dernier, la directrice du Service d’aide aux néo-Canadiens (SANC) de l’époque, Mercedes Orellana, reconnaissait déjà qu’un nombre moins important que prévu allait s’installer en Estrie et au Québec en général.

À l’époque, une intervenante et interprète afghane du SANC s’était rendue à Toronto à la demande du MIFI pour tenter de convaincre les nouveaux arrivants de venir s’installer au Québec. Selon Mme Orellana, il était important de vérifier si la famille avait des attaches ou un intérêt particulier à venir s’installer dans une province comme le Québec qui a ses particularités, notamment la langue française. « C’est bien de vérifier, car ça va être un facteur de rétention pour plus tard », avait-elle indiqué. À l’étranger, le Canada est plus connu que le Québec.

Le MIFI explique aussi le déficit d’attraction du Québec par la popularité de grandes villes canadiennes. « Le Québec était prêt à accueillir plus de familles, cependant, il semble qu’une part importante des personnes réfugiées afghanes arrivées à ce jour ont préféré demeurer dans la grande région de Toronto, où des membres de leurs familles ou des proches étaient déjà installés », a déclaré Émilie Vézina, porte-parole du MIFI.

Un « manque d’ambition »

Le député de Québec solidaire et porte-parole en matière d’immigration, Andrés Fontecilla, estime que la cible d’accueil fixée était trop faible et ne reflétait pas les besoins. « Trois cents personnes nous apparaissaient très peu. À 4personnes par famille, ce n’est même pas 80 familles », a-t-il dit au Devoir. Il rappelle que, l’été dernier, accueillir les Afghans au Canada était une « urgence ». « On disait qu’on allait faire immigrer le plus grand nombre possible [d’Afghans]. Le résultat est vraiment décevant. »

Le député libéral Saul Polo déplore lui aussi le « manque d’ambition » du gouvernement du Québec. « Pour avoir été en contact avec un grand nombre de personnes afghanes, à Laval, mais aussi dans d’autres villes comme Sherbrooke, je peux dire qu’elles sont déçues et frustrées du manque d’ambition du gouvernement face à la situation afghane. Il semble que le gouvernement ne tient pas compte du fait que la communauté est prête à se mobiliser pour les accueillir et les intégrer. »

C’est ce qu’aimeraient justement faire Nancy Green-Grégoire et Clothilde Parent-Chartier, toutes deux membres de Tri-Parish + Friends for Refugees, un groupe de parrainage collectif (parrainage privé). Dans une lettre ouverte publiée en septembre dernier, elles demandaient que le parrainage collectif puisse être mis à contribution pour les Afghans, ce que les plafonds imposés ne permettaient pas. « Il y a des [gens] ici qui étaient prêts à parrainer et qui voulaient réagir rapidement, comme lors de la crise syrienne, mais ce n’était pas possible », rappelle Mme Parent-Chartier, en disant voir le parrainage collectif comme étant complémentaire au parrainage de l’État.

En 2020, le groupe a notamment parrainé une famille d’Afghans, réfugiée au Pakistan, qui n’est pas encore arrivée. Il a aussi déposé, le mois dernier, trois autres dossiers d’Afghans membres d’une même famille ayant fui au Pakistan, qui n’ont pas encore réussi à obtenir un statut officiel de réfugiés. « On ne sait pas s’ils vont répondre aux critères [du MIFI]. Vont-ils pouvoir bénéficier d’un traitement particulier alors que c’est très difficile pour eux d’obtenir une preuve du Haut-commissariat aux réfugiés ? » s’inquiète Mme Parent-Chartier.

Source: Québec loin de sa cible pour les réfugiés afghans

Roy: Pour une politique québécoise de la population

Similar call for a commission of enquiry, but broader than just immigration. A pan-Canadian enquiry, covering both national and regional perspectives and issues, would provide a better basis for policy debates and discussions current governmental approaches:

On aura beau actionner tous les recyclages, et on doit le faire, la société québécoise est et sera aux prises avec un manque de main-d’œuvre chronique aussi loin que l’on puisse voir dans l’avenir. Près de 100 % des entreprises québécoises font face présentement à un manque de main-d’œuvre, et la situation n’est pas meilleure dans le secteur public. Se pourrait-il que le manque de main-d’œuvre actuel annonce, pour demain, un déficit de la quantité de citoyens requis pour un développement interne harmonieux et un rayonnement externe dont le Québec a besoin pour la vitalité de son économie et de sa culture ?

Manque de citoyens ?

La question doit être posée.

Il est inexact de prétendre que la pénurie de main-d’œuvre est du même ordre au Québec qu’ailleurs dans le monde, et notamment en Amérique du Nord. La différence se situe dans la croissance démographique attendue d’ici 2050 ; plus 60, 20, 9 et 5 millions de citoyens respectivement pour les États-Unis, le Mexique, le Canada et l’Ontario comparativement à un peu plus d’un demi-million pour le Québec. En 2045, la population de l’Ontario totalisera 20 millions de personnes, celle du Québec, un peu moins de 10 millions.

Nos voisins et principaux partenaires économiques disposeront de réserves pour le renouvellement et l’enrichissement de leur main-d’œuvre. Tel ne sera pas le cas pour le Québec. Faut-il prendre acte sans plus ou pousser plus loin l’analyse relative à notre avenir démographique ? Le temps est-il venu de créer une commission d’enquête comme on l’a fait, dans le passé et, avec succès, quand il nous a fallu éclairer notre avenir en matière d’éducation, de santé et de bien-être social, de politique linguistique, de relation entre les Autochtones et certains services publics, de liberté syndicale, etc.

Besoins démographiques

Le mandat de cette commission pourrait comprendre les sujets suivants : (1) l’analyse des besoins démographiques du Québec d’ici le milieu du siècle. Seraient pris en compte le vieillissement accéléré de sa population et la baisse continue de la population en âge de travailler conjugués au besoin de produire biens et services économiques, écologiques, sociaux et culturels ; (2) l’analyse des besoins démographiques des régions, de chacune d’elles, dont le développement ne se fera pas sans une masse critique de citoyens ; (3) l’évaluation de la part escomptée des technologies avancées dans la production économique, écologique, sociale et culturelle québécoise pour assurer le maintien voire la croissance du taux d’activité dans les prochaines décennies ; (4) l’analyse de la politique d’immigration comprenant le solde migratoire interprovincial négatif du Québec depuis trente ans ; l’examen des causes du départ des immigrants venus au Québec après les dix-huit premiers mois de leur arrivée et la révision de nos systèmes d’accueil, y compris l’offre de francisation qui doit devenir, en quantité et en qualité, l’une de nos politiques les plus avancées. (5) Enfin, l’analyse des effets politiques prévisibles d’une croissance démographique basse, moyenne ou haute.

Si la proportion de personnes âgées (65 ans et plus) est présentement de 20 % et totalise 1,7 million de Québécois, elle croîtra progressivement jusqu’à 27 %, en 2050, pour totaliser 2,6 millions de Québécois. De quelle main-d’œuvre aurons-nous besoin alors pour offrir à ces aînés les services à domicile ou institutionnels exigés par leur situation ?

Quelles sont les masses critiques de citoyens requises d’ici 2050 pour le déploiement d’une vie économique, sociale et culturelle forte dans les régions du Québec ? Pour que chaque région demeure viable, dynamique et attrayante.

Une politique de la population ?

Au terme des travaux de la commission, le Québec disposerait des données relatives à sa situation démographique à venir, des éléments d’une éventuelle politique québécoise de la population. Ce faisant, le Québec rejoindrait de nombreux pays qui poursuivent ces recherches les concernant.

Si rien n’est entrepris pour construire autrement l’avenir, il faut craindre l’affadissement d’une société diminuée par sa faiblesse démographique et son vieillissement ; craindre aussi l’effondrement de son modèle social et la perte du dynamisme qui a porté son élan économique, ce dernier demi-siècle. Dans le passé, le Québec a trouvé, dans la recherche sur lui-même, la connaissance des meilleures pratiques et la concertation, les leviers de son affirmation durable. Ces démarches convergentes l’ont bien servi. Il doit urgemment les réanimer pour se doter d’une politique démographique susceptible de combler son manque de main-d’œuvre et de conforter sa première richesse, sa richesse humaine.

Source: Pour une politique québécoise de la population

Les établissements francophones ontariens eux aussi plus touchés par les rejets de permis d’études

Of note. Would really be helpful to have more in-depth analysis of the factors that underlie these differences, rather than just the differences:

Les établissements postsecondaires francophones et bilingues de l’Ontario peinent à recruter des étudiants étrangers. Leur taux de refus de permis d’études auprès d’Immigration Canada est de loin supérieur à ceux observés dans les collèges et universités anglophones, a constaté Le Devoir.

Des directions francophones disent devoir travailler beaucoup plus fort que leurs collègues anglophones pour pouvoir atteindre leur cible de recrutement. Les deux seuls collèges de langue française de l’Ontario ont vu respectivement 67 % et 73 % des demandes de permis d’études de leurs futurs étudiants être refusées en 2021, d’après des données fournies par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Il s’agit d’une amélioration par rapport à 2020, où la moyenne pour les deux s’élevait à 79 %. Dans les 22 collèges anglophones répertoriés dans la base de données d’IRCC, ce sont en moyenne 40 % des demandes qui ont été refusées en 2021 et 50 % en 2020.

L’écart est similaire entre les universités francophones et bilingues d’un côté, et celles anglophones de l’autre. À l’Université de Hearst, au nord de la province, par exemple, 72 % des demandes de permis d’études pour étudiants étrangers ont été déclinées en 2021 et 86 % l’année précédente. Quelque 85 % des demandes l’ont été au cours des deux dernières années à l’Université Laurentienne. À Thunder Bay, à l’Université Lakehead, la plus grande du nord de l’Ontario, un établissement anglophone, la situation est tout autre : en 2021, seulement 28 % des demandes de permis d’études ont été refusées.

Bululu Kabatakaka, le directeur des programmes postsecondaires et de l’intégration au collège Boréal, ne comprend pas ce qui cause cet écart. « Est-ce qu’il y a un biais inconscient par rapport aux pays francophones ? » se demande-t-il. Le Devoir révélait en novembre qu’Ottawa refusait de plus en plus d’étudiants de l’Afrique francophone.

Le dirigeant estime qu’il doit travailler considérablement plus fort que ses collègues pour atteindre ses cibles. « Quand nos collègues [d’autres collèges] travaillent 35 heures, nous, on travaille 150 heures », dit-il.

Le même phénomène se produit au collège La Cité d’Ottawa et à l’Université de Hearst. Le recteur de l’université, Luc Bussières, critique le gaspillage associé aux taux de refus élevés : des ressources sont dépensées inutilement pour le recrutement, et des rêves d’étudiants sont gâchés, dit-il. « Ça rendrait notre travail plus efficace si on avait un meilleur taux, explique le recteur. Si on veut 100 personnes, il faut faire 500 offres. »

« Nous devons généralement faire de 15 à 20 offres aux candidats pour que 10 étudiants acceptent notre offre et que 3 de ces étudiants obtiennent un permis d’études », raconte pour sa part Pascale Montminy, directrice des communications de La Cité. En 2021, 67 % des demandes de permis d’études au collège ont été refusées. À quelques kilomètres à l’ouest du centre-ville d’Ottawa, au collège Algonquin, qui est anglophone, le taux tombe à 40 %.

Problème difficile à régler

Ce type de problème dure depuis environ quinze ans, estime Martin Normand, directeur de la recherche stratégique et des relations internationales à l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC). « Les établissements interpellent IRCC et ses prédécesseurs pour demander des explications et des modifications, ou à tout le moins plus de transparence », fait savoir le directeur.

Le gouvernement fédéral souhaite depuis 2003 que les immigrants francophones représentent 4,4 % des nouveaux arrivants à l’extérieur du Québec. L’échéancier pour atteindre la cible avait d’abord été fixé à 2008, mais il a ensuite été reporté de 15 ans. Pourtant, Martin Normand remarque que les agents du ministère « reprochent souvent aux étudiants leur intention de rester au Canada à la fin de leurs études », explique le directeur de l’association. L’intention de faire une demande de résidence permanente après les études constitue un motif de refus pour les permis d’études, soutient-il. Le directeur était du groupe de témoins qui ont récemment critiqué l’approche d’Ottawa, qu’ils estiment contradictoire, devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration.

Selon IRCC, même s’il existe une possibilité pour un étudiant étranger d’éventuellement devenir un résident permanent, chaque demandeur de permis doit convaincre l’agent d’immigration qu’il a l’intention de respecter ses obligations à titre de résident temporaire. Ainsi, chaque demandeur « doit être capable et désireux de quitter le Canada à la fin de sa période de séjour autorisé », explique Julie Lafortune, porte-parole du ministère, par courriel.

L’exercice d’analyse des établissements en ce qui concerne les motifs de refus est encore plus compliqué du fait du manque d’accès aux données. Lorsque contactées par Le Devoir au sujet des taux de refus, des directions ont dit ne jamais les avoir vues. « C’est un peu une boîte noire », lance Luc Bussières, recteur de l’Université de Hearst, qui compte entre 250 et 300 étudiants.

De l’université au collège

Les étudiants détenant un diplôme universitaire dans leur pays natal seraient aussi désavantagés s’ils souhaitent retourner aux études dans un programme collégial en Ontario, estime Bululu Kabatakaka. Dans sa campagne de recrutement, le Collège Boréal évoque la pénurie de main-d’œuvre dans la province, qui touche certains secteurs couverts par ses programmes, mais si des candidats étudiants tentent de répondre à ce besoin, ils se voient bloquer par IRCC, affirme M. Kabatakaka.

Il s’agirait plutôt de juger de la « bonne foi » des demandeurs, fait valoir IRCC. La demande d’une personne détenant déjà un diplôme universitaire pour suivre des études dans un domaine non connexe « ne pourrait peut‑être pas convaincre l’agent qu’il est un étudiant de bonne foi », cite comme exemple la porte-parole Julie Lafortune.

« Il faut que les agents comprennent bien les besoins des communautés francophones en matière d’immigration et de main-d’œuvre », affirme de son côté Martin Normand, de l’ACUFC.

Source: Les établissements francophones ontariens eux aussi plus touchés par les rejets de permis d’études

Lacroix: Niveaux d’immigration, la noyade

While some of his analysis overstates or incorrectly assesses (e.g., looking at declining French maternal language use while not recognizing that the vast majority of allophones have a working knowledge of French, thanks in no small part to Law 101), the overall points regarding the declining importance of Quebec in the federation is valid, as are some of his critiques of the federal government’s ongoing increase in immigration levels (need some more critical perspectives in English Canada):

Le ministre fédéral unilingue anglophone de l’Immigration, Sean Fraser, publiait, juste à temps pour la Saint-Valentin, le plan d’immigration du gouvernement de Justin Trudeau pour 2022-2024. Ce plan est de hausser, encore une fois, les volumes d’immigration, qui passeront de 184 606 personnes en 2020 à 431 000 nouveaux résidents permanents en 2022 et à 451 000 en 2024.

Ottawa souhaite admettre 1,33 million de nouveaux immigrants permanents en seulement trois ans. Il s’agit d’une hausse de 80 % par rapport aux seuils d’immigration qui avaient cours avant la prise du pouvoir par le Parti libéral du Canada en 2015. Au prorata de la population, le Canada est déjà l’un des pays occidentaux qui accueillent le plus d’immigrants.

Immigration temporaire

Et ces chiffres ne valent que pour les immigrants permanents, soit ceux qui obtiennent la résidence permanente. Parallèlement à cette hausse constante et soutenue de l’immigration permanente, nous assistons à une hausse vertigineuse de l’immigration temporaire, c’est-à-dire du nombre de personnes accueillies au Canada avec un permis d’études ou de travail temporaire. Le nombre de travailleurs étrangers détenteurs d’un permis de travail temporaire est passé de 66 600 en 2000 à 429 000 en 2018, soit une augmentation de 544 % en 18 ans. Ces travailleurs temporaires obtiennent de plus en plus, à terme, leur résidence permanente (à hauteur de 50 %). L’immigration « temporaire » est donc souvent de l’immigration permanente déguisée. À ces travailleurs temporaires il faut ajouter les étudiants étrangers, dont le nombre augmente exponentiellement ; en 2020, nous en étions à 530 540 étudiants étrangers au Canada. Si on combine ces deux catégories temporaires, il y avait, au 1er janvier 2020, 1,3 million d’immigrants temporaires au Canada.

Pour estimer le volume global et l’incidence de la migration, il faut additionner les permanents aux temporaires. Aux 431 000 immigrants permanents en 2022 il faut donc ajouter environ 1,3 million d’immigrants temporaires, ce qui donne le chiffre de 1,73 million d’immigrants pour 2022, soit environ 4,7 % de la population totale du Canada.

Conséquences pour le Québec

L’arrivée d’un aussi grand nombre d’immigrants en si peu de temps a plusieurs conséquences néfastes pour le Québec. L’immigration est d’abord la cause directe du recul accéléré du français auquel on assiste depuis 15 ans. Mais elle a aussi pour effet d’exacerber la crise du logement, la hausse du volume d’immigration étant directement responsable de la hausse débridée du prix de l’immobilier au Canada. La crise du logement, bien sûr, frappe d’abord les plus pauvres, ce qui inclut souvent les nouveaux arrivants.

Mais cela ne semble pas émouvoir outre mesure le Parti libéral.

En faisant de l’immigration temporaire la voie d’accès royale vers la résidence permanente depuis 2014, Ottawa a modifié unilatéralement le système d’immigration et a dépouillé le Québec d’une bonne partie de ses pouvoirs en immigration. Pourquoi ? Parce que le Québec n’a aucun pouvoir de sélection sur l’immigration temporaire, de plus en plus importante numériquement parlant, et qui relève strictement d’Ottawa. Le pouvoir de sélection des immigrants a ainsi glissé, indirectement, de Québec vers Ottawa.

À cela, il faut ajouter la discrimination exercée par Ottawa contre les immigrants francophones qui souhaitent s’installer au Québec ou y étudier en français. Le ministère fédéral de l’Immigration sabote activement, de façon volontaire ou non, les efforts du Québec pour attirer des francophones.

Un piège parfait

Les premiers chiffres publiés du recensement 2021 indiquent que le poids relatif du Québec au Canada a baissé pour un 11e recensement d’affilée, passant de 28,9 % en 1966 en 23 % en 2021. Avec la hausse des seuils, la baisse de ce poids va s’accélérer. Pour le contrecarrer, Québec devrait accepter environ 103 730 immigrants permanents par année à partir de 2024, soit plus du double des seuils actuels, seuils qui sont déjà en train de conduire à l’effondrement du français dans toute la grande région de Montréal.

Pour le Québec français, la question de l’immigration est donc un piège parfait ; pile, il perd ; face, le Canada gagne. L’avenir réservé au Québec dans le Canada, c’est la noyade démographique.

En 2017, Statistique Canada a publié une étude de projections démolinguistiques, qui annonçait un effondrement du poids démographique des francophones au Québec à l’horizon de 2036. La proportion de francophones au Québec passerait, selon ces projections, de 78,9 % en 2011 à 69 % en 2036, une chute de 9,9 points. Il s’agit d’un effondrement sans précédent dans toute l’histoire du Québec.

Cette projection de 69 % était calculée avec un scénario « immigration forte » qui correspondait, grosso modo, à 350 000 immigrants permanents par année au Canada. Or, la hausse des niveaux d’immigration à 451 000 signifie que le chiffre de 69 %, loin d’être un « plancher », est maintenant un « plafond » ; la proportion réelle des francophones au Québec en 2036 sera très certainement en dessous de ce chiffre.

Cela sera vrai même si le Québec ne hausse pas son seuil d’immigrants permanents actuel de 50 000 par année (note : le Québec n’a pas ce pouvoir et doit suivre les seuils fédéraux selon l’Entente Canada-Québec). Pourquoi ? Parce que le Québec n’a aucun contrôle sur la migration interprovinciale. Le solde de cette migration est devenu positif en 2020 pour la première fois depuis 1961. Il est probable que l’anglicisation accélérée de la grande région de Montréal fait que de nombreux Canadiens peuvent maintenant y vivre en anglais comme s’ils étaient à Toronto, et ce, à moindre coût. À Montréal, le fait français ressemble de plus en plus à un résidu historique appelé à se dissoudre dans le grand tout canadien. Le projet de loi 96, qui évite soigneusement toute mesure structurante, ne changera rien à cet état de fait.

Le portrait global qui se dégage est celui-ci : si Ottawa avait un plan méthodique, systématique, afin de liquider une fois pour toutes le Québec français, ce plan ressemblerait probablement à ce que l’on voit se dérouler sous nos yeux.

Il va falloir que le gouvernement du Québec se réveille. Et vite.

Source: Niveaux d’immigration, la noyade

Dutrisac: Le Québec largué [on immigration processing, levels and demography]

Of note, along with the ongoing trend of a relative decline compared to other Canadian provinces. Not clear that having more powers for Quebec would change that unless a Quebec government decides to match Canadian immigration targets:

Si on fait exception de 2020, année marquée par les sévères restrictions liées à la pandémie, le gouvernement Trudeau vole de record en record en matière d’immigration. Cette semaine, le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Sean Fraser, a dévoilé de nouvelles cibles qui placent le Canada au sommet des pays — et de loin — quant au nombre d’immigrants qu’ils accueillent.

Au cours de son premier mandat, le gouvernement Trudeau a fait passer le seuil de 280 000 immigrants du gouvernement Harper à quelque 350 000. L’an dernier, Ottawa a voulu effectuer un rattrapage en raison des contraintes touchant les déplacements internationaux et des ratés administratifs qui ont contribué à réduire à 186 606 le nombre d’immigrants admis en 2020 au lieu des 341 000 prévu ; il a donc porté ce nombre à 400 000 en 2021.

Cet objectif de 400 000 et plus, c’est maintenant le nouveau plancher canadien en matière d’immigration. Dans son rapport annuel de 2021 présenté cette semaine au Parlement, le ministre Fraser a établi les seuils à 431 000 pour 2022, 447 000 pour 2023 et 451 000 pour 2024. C’est grosso modo 20 000 à 30 000 de plus que les niveaux avancés dans le rapport annuel précédent.

Si on se réfère à la cible élevée plutôt que moyenne, telle qu’inscrite dans le rapport pour 2024, soit 475 000 immigrants, nous sommes tout près de la recommandation de l’organisme canadien-anglais Century Initiative, qui entend convaincre le gouvernement Trudeau de hausser à 500 000 le seuil d’immigration pour 2026. L’objectif, c’est de faire passer la population canadienne de 37 millions à 100 millions en 2100.

Tandis que le ministre pousse à la hausse le nombre de dossiers à traiter, sa machine administrative ne suit pas. On ne sait d’ailleurs pas sur quelle planète Sean Fraser vit quand il écrit dans son rapport : « Heureusement, le Ministère a su s’adapter aux immenses pressions exercées par la pandémie. » La réalité, c’est qu’au Québec, son ministère est dysfonctionnel.

Les délais pour obtenir le statut de résident permanent, c’est-à-dire devenir un immigrant reçu en bonne et due forme après avoir été sélectionné par Québec, ont encore augmenté, pour atteindre en moyenne 28 mois.

En raison de problèmes administratifs, Ottawa n’arrive même pas à remplir les objectifs d’immigration que lui transmet le gouvernement du Québec. Le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration a demandé qu’un rattrapage soit effectué en 2021 pour combler les retards engendrés par la pandémie, soit un total de 18 000 nouveaux résidents permanents de plus. Manquent à l’appel 15 000 d’entre eux.

Qui plus est, sur les 48 600 détenteurs d’un certificat de sélection du Québec toujours en attente de leur résidence permanente, 25 000 résident au Québec et occupent un emploi. Le ministre Jean Boulet a demandé à son homologue fédéral d’accorder la priorité à ces demandeurs. Mais Ottawa se montre réticent. Si on tient compte de toutes les catégories de nouveaux arrivants, ce sont 90 000 personnes qui sont en attente, selon les données obtenues par Radio-Canada auprès d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

C’est deux poids, deux mesures, car les délais imposés au Québec sont beaucoup plus importants que dans le reste du Canada. Par ailleurs, les autorités fédérales exercent une discrimination à l’endroit des étudiants étrangers en provenance de l’Afrique francophone qui souhaitent étudier au Québec : le taux de refus de ces étudiants pourtant admis dans nos cégeps et nos universités est beaucoup plus élevé que celui des étudiants étrangers anglophones.

Mais plus grave encore, c’est que le Canada, avec sa politique d’immigration extrêmement vigoureuse, est en train de larguer le Québec. On voudrait diminuer rapidement son poids démographique — et celui du Québec français — au sein du Canada qu’on n’agirait pas autrement. En clair, le reste du Canada, toutes proportions gardées, accueille deux fois plus d’immigrants que le Québec. Si l’on voulait résister à cette érosion démographique, ce ne sont pas 53 000 immigrants qu’il faudrait admettre, mais près de 120 000 l’an prochain et davantage les années suivantes.

Dans ce contexte, il est clair que l’entente Canada-Québec sur l’immigration, signée en 1991 par les ministres Gagnon-Tremblay et McDougall, ne tient plus, du moins dans son esprit. Cette entente prévoyait que le Canada consulte le Québec pour établir ses seuils d’immigration, ce qu’il ne fait plus. En outre, les seuils canadiens devaient permettre au Québec de recevoir un pourcentage d’immigrants égal à celui de sa population. Ce n’est plus possible.

Cette évolution du Canada postnational constitue une menace pour la nation québécoise. Il est temps — et c’est un minimum — que le Québec obtienne tous les pouvoirs en matière d’immigration.

Source: Le Québec largué

Refugees in Quebec will have to learn French within 6 months

Not realistic and discriminatory (but not surprising), unfortunately):

The Quebec government is moving ahead with a controversial part of its proposed language bill, which will require all government officials to communicate with new immigrants exclusively in French, six months after their arrival — with no exceptions for refugees and asylum seekers.

The article of Bill 96, which was introduced at the National Assembly last May, was recently approved by the legislative committee studying the bill, amid criticism from opposition Liberal and Québec Solidaire MNAs. The bill is expected to become law this spring but still faces detailed study in committee.

Some organizations, opposition members and even the union representing public servants tried to persuade the government to soften the rule, to no avail.

“For newly arriving immigrants, the basic principle of the law is clear: as of Day 1, it’s exclusively in French,” said Simon Jolin-Barrette, justice minister and minister responsible for the French language.

There are exemptions in the law, which allow communication in a language other than French, “where health, public safety or the principles of natural justice so require” such as getting health care.

As well, the bill allows for a six-month grace period for “particular situations that require the use of a language other than French with new immigrants” according to Élisabeth Gosselin, spokesperson for Jolin-Barrette.

The bill says after that six-month period has lapsed, communication must be in French.

“Currently, the government communicates with immigrants who have requested it, sometimes for years, or for their whole lifetime, in a language other than French, which does not foster integration,” Gosselin said.

Learning French in 6 months

Community organizations working with newly arrived immigrants have been calling on the government to extend the six-month grace period.

“We all agree that the government cannot respond to immigrants in every language. But we have to give them time to learn French,” said Élodie Combes, member of the Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), a working group that represents community organizations working with immigrants.

Combes believes that the bill may actually hinder the integration of immigrants, by making it more difficult for them to get government services.

“It’s as if we’re telling them to retreat into their lingustic minority, that the government is not there for them, because they aren’t francophone enough,” she said.

Garine Papazian-Zohrabian, an associate professor in educational psychology at the Université de Montréal who researches French-language training for immigrants, says the six-month hard cap will be most harmful for refugees and asylum seekers, who are arriving in a vulnerable state.

“Members of this population are already disoriented, arriving in Quebec. They can been burdened by a difficult past and face cultural challenges. They’re not ready to learn a new language, like French, right after their arrival,” said Papazian-Zohrabian.

“You might as well say that we don’t accept refugees or immigrants, rather than place so many obstacles in front of them,” she added.

Opposition slams ‘excessive’ measures in bill

The union representing 40,000 Quebec civil servants, the Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), is also in favour of extending the six-month grace period.

In its submission to the committee examining the bill, the union suggested the delay could be extended to two years, to allow new immigrants more time to adapt.

Ruba Ghazal, Québec Solidaire MNA for the Mercier riding in Montreal, proposed a grace period of three years, saying that Jolin-Barrette is “totally disconnected from the reality of newly arrived immigrants.”

“The minister makes no distinction between a refugee and an economic class immigrant,” she said. “These people need more kindness and understanding.”

Jolin-Barrette dismissed the idea of extending the grace period, saying six months was a “reasonable” period.

Ghazal said while the bill takes a harsh stand with newly arrived immigrants, it contains a clause that allows the government to continue to communicate in languages other than French with people who immigrated to Quebec in the past.

Source: Refugees in Quebec will have to learn French within 6 months

Lisée: Le graphique du déclin

While Lisée and Lacroix’s critique of declining French among immigrants suffers from the fallacy that the decline reflects increased use of immigrant mother tongues at home, not a shift from French to English (see Allison Hanes: Challenging the orthodoxy that French is in free fall in Quebec). Concerns over language usage by international students is more justified, but hard to see how any government would reduce the numbers given the financial needs of post-secondary institutions:

Décomposons ensemble ce stupéfiant graphique, élaboré par Frédéric Lacroix, auteur récemment de l’excellent ouvrage Un libre choix ?, sur la situation linguistique en éducation supérieure.

Immigration permanente. C’est la ligne pleine qui montre que, bon an mal an, avant la pandémie, entre 50 000 et 55 000 immigrants devenaient résidents au Québec. Tout le débat se concentre sur cette donnée des « seuils d’immigration ». Nous savons déjà qu’à ce niveau, le Québec reçoit davantage d’immigrants par habitantque les États-Unis, la France ou le Royaume-Uni, mais moins que l’Australie, l’Allemagne et le Canada. (La baisse de 2019 sera compensée par un rattrapage, à 70 000, cette année.)

Immigration temporaire. C’est la ligne en pointillé qui monte inexorablement et qui rend caduque — sans objet ou risible, au choix — le débat sur les seuils. Cette immigration, gérée par le fédéral, est constituée pour plus de moitié d’étudiants étrangers, le reste étant des travailleurs temporaires de tous les secteurs. Une partie d’entre eux deviendront des immigrants permanents (donc un jour comptés parmi les 55 000), mais le nombre de permis délivrés augmente sans cesse. Alors si vous pensiez que le Québec accueillait par an environ 55 000 personnes, vous sous-estimiez le nombre de 150 000.

En arrivant, le français ? No thanks ! Sur le graphique, l’espace bleu représente la proportion de tous les immigrants qui déclarent connaître le français, l’espace rouge, ceux qui déclarent ne pas le connaître. En détail, la proportion des permanents qui avouent ne pas le maîtriser au point d’entrée est passée de 42 % en 2015 à presque 50 % en 2019. Cette donnée est assurément sous-évaluée, car chaque contrôle opéré a posteriori, par le vérificateur général ou les agents d’immigration, révèle qu’il y a toujours moins de français que ce qui est affiché. Chez les étudiants étrangers, l’ignorance du français est passée de 35 % en 2014 (44,5) à 43 % (45,2) en 2019. Parmi les travailleurs temporaires du programme de la mobilité internationale (ne parlons pas de la main-d’œuvre agricole, massivement hispanophone), 37 % déclaraient en 2019 ne pas connaître la langue de Molière et pour 40 % d’entre eux, on ne le sait pas ! Faut-il même croire ces chiffres ? Aucune preuve n’est requise. Plus largement, l’objectif du gouvernement Legault est de faire croître de 15 % le nombre de travailleurs temporaires d’ici 18 mois.

Une fois arrivés, toujours no thanks ! Peut-être les étudiants étrangers tombent-ils amoureux du français, une fois plongés dans notre métropole francophone ? Une étude de Statistique Canada vient détremper nos espoirs et nous détromper : « Malgré leurs intentions initiales d’apprendre le français, la plupart des étudiants n’ont pas réellement amélioré leurs compétences linguistiques à cause de contraintes temporelles, d’un manque de motivation, ou parce qu’ils interagissent principalement avec des étudiants anglophones. »

L’impact sur Montréal. Le graphique indique les entrées annuelles, mais — sauf pour les étudiants étrangers — pas le nombre cumulatif. Pour faire simple, si on ne compte pour 2019 que ceux qui déclarent ne parler que l’anglais et qui sont à Montréal, au moins 26 500 jeunes étrangers alimentent l’anglicisation montréalaise. Ajoutons ceux qui ne parlent que l’anglais parmi les étudiants canadiens-anglais (5363), les cadres et professionnels temporaires (9300) et les immigrants permanents (8860), et cela fait 50 000 personnes. C’est l’équivalent de plus de deux fois la ville ontarienne de Brockville. Il s’agit de l’hypothèse basse. Comme l’écrit Frédéric Lacroix parlant des maisons d’éducation publiques et privées anglophones, la politique d’immigration temporaire canadienne est en train de créer, « centrée sur McGill, Dawson, Concordia, Matrix, Herzing, etc., une cité-État anglophone au cœur de Montréal ».

Mais le projet de loi 96 ? J’aimerais pouvoir dire que, face à cet afflux, le projet caquiste offrira un rempart. Mais on n’y trouve pas le début d’une tentative de correction. Le gouvernement Legault, qui autorise les agrandissements de Dawson et de McGill, ne prévoit rien pour réclamer, par exemple, une connaissance préalable du français dans la sélection des étudiants étrangers ou une obligation de formation en français pendant leur séjour. Pire : le PLQ, lui, nous avait habitués à fixer, pour l’immigration permanente, des cibles de connaissance du français qu’il échouait à atteindre. Le premier ministre Legault, ses ministres, son caucus n’ont même plus de cible. Ils observent ce déclin, cet engloutissement linguistique du centre-ville, en spectateurs désintéressés.

Source: https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/666720/le-graphique-du-declin?utm_source=infolettre-2022-01-29&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Des anges gardiens du Québec s’impatientent

Does seem to be a bit slower than elsewhere in Canada:

Plus d’un an après l’ouverture du programme spécial de régularisation, de nombreux demandeurs d’asile ayant travaillé au Québec dans le milieu de la santé durant la première vague de la pandémie s’impatientent devant la lenteur à obtenir leur résidence permanente. Sur 2275 dossiers (représentant 4535 personnes) déposés depuis le début du processus, à peine 28 % ont été finalisés, selon les plus récentes données fournies par Immigration Canada au Devoir. La plupart des dossiers (69 %) ont été approuvés, mais sont dans le camp du gouvernement fédéral, à la dernière étape du processus.

« Ça fait plus d’un an. C’est très long », déclare la directrice de la Maison d’Haïti, Marjorie Villefranche. « Ça bloque à divers niveaux. » Elle souligne que les demandeurs d’asile québécois, souvent appelés les « anges gardiens », doivent d’abord passer l’étape de l’obtention d’un Certificat de sélection du Québec (CSQ), ce qui peut expliquer les délais plus longs. « Ça double le temps pour avoir les papiers », dit-elle. « Quand on regarde ce qui se passe dans les autres provinces, plus de gens ont obtenu leurs papiers. »

En effet, en Ontario, la province où le programme a été le plus populaire, environ 40 % des 3385 dossiers soumis (représentant 8110 personnes) ont été finalisés. La grande majorité d’entre eux demeurent en attente d’un dénouement. Dans l’ensemble du Canada, 5930 dossiers ont été déposés, et 2050 (35 %) ont abouti à une résidence permanente. Au regard des dossiers ayant reçu une « approbation de principe », cette proportion est toutefois d’environ 50 %.

Établi au Québec, Doris Bissakonou attend toujours sa résidence permanente, après avoir postulé au programme des anges gardiens en mars 2021. Originaire de la Centrafrique, le jeune homme de 23 ans a demandé l’asile en février 2020, tout juste avant que la pandémie ne frappe. « J’ai travaillé comme préposé aux bénéficiaires, sur la première ligne. J’ai prêté main-forte pendant que d’autres étaient chez eux. J’ai travaillé dur, souvent seul sur mon étage », a-t-il raconté.

Jugé admissible au programme, M. Bissakonou a complété l’étape de la sélection du Québec en moins de deux mois et a ensuite soumis son dossier au gouvernement fédéral pour l’étape finale de la résidence permanente. Mais selon ses dires, son dossier aurait été suspendu à la fin de l’été, et il n’a plus de nouvelles depuis. « Je n’ai aucun retour, et mon permis d’étude est expiré », souligne le jeune homme qui s’estime « bloqué ».

Retard généralisé

Selon Martin Savard, du Centre social d’aide aux immigrants (CSAI), il y a un retard généralisé dans toutes les catégories de demandes d’immigration, y compris pour les permis d’étude et la réunification familiale. « La COVID a causé un gros retard, et personne n’y échappe », constate-t-il. Il souligne que l’accueil des réfugiés afghans depuis la fin de l’été dernier a également contribué à retarder le processus.

« Pour les anges gardiens, c’est toujours trop long, car ça fait plusieurs mois qu’ils attendent. Pendant ce temps, ils continuent de se trouver dans une situation vulnérable », note M. Savard. En plus de mettre fin à l’angoisse, la résidence permanente permettra à ces personnes de retourner aux études à moindres coûts, pour terminer l’école secondaire ou pour se spécialiser dans un domaine. « Elles n’auront plus à demander le renouvellement de leur permis de travail. Ça va simplifier leur vie », ajoute-t-il.

Si l’étape du CSQ est terminée dans la majorité des cas, plusieurs anges gardiens attendent toujours d’être régularisés par le gouvernement fédéral. « Quand on regarde nos dossiers, je dirais que c’est 50-50 entre ceux qui le sont et ceux qui ne le sont pas. »

Au cabinet du ministre de l’Immigration Sean Fraser, on aimerait que le traitement soit plus rapide, mais on indique que les délais seraient dans la norme par rapport à d’autres programmes en immigration. Certains demandeurs d’asile peuvent avoir fourni des dossiers incomplets ou ne pas avoir été capables de fournir les preuves qu’ils sont admissibles au programme. Selon l’attachée de presse, Émilie Simard, les délais de traitement varient aussi en fonction « de la facilité avec laquelle nous pouvons vérifier les renseignements, du temps nécessaire au demandeur pour répondre […] et d’autres facteurs ».

Des retards aussi au Québec ?

Selon le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), le délai moyen de traitement du CSQ était d’environ un mois et demi (35 jours ouvrables) en date du 17 décembre dernier, un délai jugé raisonnable par les organismes et demandeurs d’asile.

Certaines personnes attendent toutefois depuis plusieurs mois ce précieux document pour postuler à l’étape finale du programme. C’est le cas de Naomi Kakenza, préposée aux bénéficiaires dans un CHSLD sur la Rive-Sud de la région de Montréal, qui attend depuis cinq mois son CSQ et celui de ses trois enfants. « À chaque fois que j’appelais, on me di[sai]t qu’il n’y a rien qui manqu[ait], mais que le dossier n’a pas encore été traité », soutient cette mère de famille d’origine congolaise. À la mi-janvier, le MIFI l’aurait informée qu’il avait été finalisé. Mais elle demeure prudente. « J’attends de l’avoir. »

Mme Kakenza dit ressentir une certaine frustration à voir que de nombreux collègues ont déjà leur carte de résident en poche. D’autant qu’elle a été l’une des premières à postuler au programme en janvier 2021, soit un mois après son ouverture officielle. « Je n’ai rien dans ce pays, ici. J’ai seulement le permis de travail et je travaille comme un robot sans repos depuis le début », dit cette mère de famille monoparentale qui dit avoir toujours travaillé depuis qu’elle a demandé l’asile au Canada en janvier 2018. « Je dois faire des quarts doubles presque tous les jours pour pouvoir me loger et nourrir mes enfants. »

Sans commenter les cas particuliers, le MIFI reconnaît que plusieurs demandes font actuellement l’objet « d’un délai d’examen plus long », parce qu’elles « ont nécessité un examen plus approfondi » ou ont requis « un complément d’information ».

Source: https://www.ledevoir.com/societe/665463/immigration-des-anges-gardiens-du-quebec-s-impatientent?utm_source=infolettre-2022-01-27&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne