David: La sécurité imaginaire [Bill 96]

One side of Quebec commentary on Bill 96:

Quand on est en politique, où l’horizon ne s’étend guère au-delà de la prochaine élection, il devient parfois difficile de distinguer le compromis, qui facilite la victoire, de la compromission, qui sacrifie l’essentiel.

« Une grande journée pour le français », a déclaré le premier ministre François Legault après l’adoption du projet de loi 96. Il doit surtout se féliciter de la levée de boucliers dans la communauté anglophone et au Canada anglais.

Même si les dispositions de la « nouvelle loi 101 » demeurent bien insuffisantes pour enrayer le déclin du français, la colère des anglophones, partagée tardivement par le Parti libéral du Québec, et la réprobation du pays apparaissent aux yeux d’une majorité de francophones comme autant de signes qu’elles vont dans la bonne direction.

Le sentiment de sécurité que peut procurer l’impression d’être en mesure de dicter les règles du jeu dispense d’envisager les moyens plus décisifs que nécessiterait la survie d’une société française en Amérique du Nord et permet de rationaliser le manque d’audace collective qui a causé la défaite du « oui » en 1995.

S’il a provoqué chez les représentants de la communauté anglophone des dérapages qui ont parfois frôlé le délire, le débat sur le projet de loi 96 n’a d’ailleurs pas eu chez les francophones l’effet galvanisant de celui qu’avait suscité l’adoption de la loi 101.
* * * * *
Dans un essai qu’il vient de publier sous le titre La nation qui n’allait pas de soi, Alexis Tétreault, doctorant en sociologie à l’UQAM, évoque la nouvelle « mythologie de la normalité » qui aurait remplacé la traditionnelle « mythologie de la vulnérabilité » dans la conscience politique québécoise.

L’Acte constitutionnel de 1791 avait pu donner pendant un temps l’illusion que la Conquête n’empêcherait pas l’ancienne Nouvelle-France de poursuivre son développement d’une façon à peu près normale. Après l’écrasement des patriotes et l’Acte d’Union, la conscience de leur vulnérabilité et la crainte de l’assimilation n’ont cessé d’habiter l’imaginaire de leurs descendants.

C’est toujours ce désir d’échapper au sort prévu par le rapport Durham et d’aménager un espace politique où leur situation majoritaire permettrait aux Québécois de retrouver cette normalité qui a largement inspiré la Révolution tranquille et le mouvement indépendantiste.

Malgré le coup de force constitutionnel de 1982 et l’échec du référendum de 1995, Alexis Tétreault constate le maintien « d’une hégémonie de l’imaginaire majoritaire et de la nouvelle mythologie de la normalité qui est, pour le moins, inconsciente du péril de la minorisation-assimilation ».

Son maître à penser, le sociologue Jacques Beauchemin, l’avait exprimé de la façon suivante dans Une démission tranquille : « À force de ne pas disparaître et de se maintenir, les Canadiens français et, après eux, les Québécois de la Révolution tranquille ont fini par intégrer la certitude de leur perduration. »
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Il est sans doute heureux que les Québécois ne vivent plus continuellement dans la hantise de disparaître ni dans l’impression d’être « nés pour un p’tit pain », mais cette nouvelle sérénité ne doit pas se traduire en inconscience. La diminution du poids démographique du Québec au sein du Canada et celui des francophones au sein du Québec sont des réalités incontournables.

« Ce sentiment d’éternité fera-t-il long feu à mesure que s’effriteront cette stabilité démographique et cette rhétorique en inadéquation avec la tendance démographique et politique du Canada ? » demande M. Tétreault.

Les francophones acceptent volontiers, se réjouissent même de vivre dans une société diversifiée et acceptent, à ce jour, qu’elle s’inscrive dans le cadre fédéral canadien. Encore faut-il que les règles du vivre-ensemble soient compatibles avec la survie de cette « majorité minoritaire », qui marche elle aussi sur la ligne fine entre le compromis et la compromission.

Même ce que le premier ministre Legault estime « raisonnable », qu’on pourrait également qualifier de minimal, est remis en question. Le ministre fédéral de la Justice, David Lametti, a confirmé que le gouvernement Trudeau s’associerait à la contestation de la loi 21 sur la laïcité devant la Cour suprême, et ce n’est qu’une question de temps avant que la loi 96 se retrouve à son tour devant les tribunaux.

Il est clair que le grand débat sur l’immigration, que M. Legault annonce pour son deuxième mandat, provoquera un autre affrontement, qui pourrait être encore plus dramatique. Une sécurité imaginaire n’a jamais protégé qui que ce soit. Qu’ils le veuillent ou non, les Québécois devront un jour avoir le courage de regarder les choses en face.

Source: La sécurité imaginaire

Meggs: Le système d’immigration n’est plus maîtrisé

Good and valid critique, highlighting some of the inconsistencies and incoherence of immigration policy:

Tous les drapeaux rouges signalent que le système d’immigration au Canada et au Québec n’est plus maîtrisé. Il y a d’abord le nombre de dossiers en attente de traitement au fédéral. Selon un reportage de CBC du 1er février 2022, plus de 1,8 million de dossiers d’immigration permanente, temporaire et de citoyenneté étaient en attente de traitement ! Au rythme noté dans le reportage, si on n’en ajoute pas à la pile, il faudra presque cinq ans pour les traiter.

Mais on persiste à en ajouter à la pile ! Le 11 avril, il y en avait plus de 2 millions, dont 1,1 million de demandes de permis temporaires, une hausse de 230 000 depuis la mi-mars.

Ces personnes à statut temporaire généreront une bonne proportion des nouvelles admissions parce que les gouvernements font tout pour encourager et faciliter le passage de statut temporaire à permanent. Au Québec, au moins 86 % des personnes sélectionnées en 2019 avaient un statut temporaire.

Plus on augmente le nombre de personnes à statut temporaire, plus il faudra augmenter les cibles d’immigration permanente parce que les demandes dépasseront les seuils établis. Il serait politiquement téméraire de refuser de recevoir leurs demandes. Ces personnes sont installées et intégrées au pays depuis des années. Planifier des seuils d’immigration permanente devient redondant dans un contexte d’immigration temporaire non maîtrisée.

Davantage de demandes entraînent une augmentation des coûts. Le gouvernement fédéral a budgété 85 millions de dollars l’automne dernier pour faire baisser le nombre de dossiers à traiter. Dans son dernier budget, il prévoit 2,673 milliards sur cinq ans et 441,3 millions annuellement par la suite en nouveau financement, ainsi que 43,5  millions, en 2022-2023, pour « maintenir le soutien fédéral aux services d’aide juridique à l’immigration et aux réfugiés ».

Outre les hausses de volumes, de délais et de ressources, il y a la multiplication des « politiques d’intérêt public », un mécanisme utilisé par le ministre fédéral pour changer unilatéralement les règles d’octroi de la résidence permanente et de permis temporaires, s’il « estime que l’intérêt public le justifie ».

Utilisées quatre fois entre 2005 et 2013, elles ont pris un envol extraordinaire récemment avec 11 recours en 2020 et 19 en 2021.

Elles touchent des situations tant ponctuelles (les personnes à statut temporaire résultant des incendies en Colombie-Britannique ; le parrainage des personnes réfugiées syriennes et irakiennes) que générales (une forme d’exemption des exigences linguistiques pour les personnes avec un handicap physique ou mental).

Il y a des exemples d’utilisation discriminatoire et manifestement politique. Par exemple, en 2020, l’une d’elles visait « à attirer au Canada des jeunes instruits de Hong Kong, dont on s’attend à ce que leur capital humain et leur expérience internationale contribuent au tissu économique, social et culturel du pays ». Elle témoignerait de la solidarité du Canada « avec d’autres alliés aux vues similaires, de son appui solide à l’égard des valeurs démocratiques et de sa défense de celles-ci ». Il y a sûrement de jeunes diplômés ailleurs dans le monde qui aimeraient être sauvés des régimes autoritaires et répressifs.

Le gouvernement fédéral modifie aussi allègrement les règles d’immigration temporaire. Il a annoncé le 1er avril des assouplissements au Programme des travailleurs étrangers temporaires qui vont sensiblement plus loin que l’entente négociée avec le Québec. En 2016, il a créé un nouveau permis ouvert pour les employeurs hors Québec qui embauchent des francophones de l’étranger. Pourquoi exclure les employeurs québécois de cet avantage ?

Il y a des exemples d’incohérences presque inexplicables. Depuis plusieurs années, le fédéral vante sa politique de rétention des étudiantes et étudiants étrangers sans avoir modifié le Règlement de l’immigration exigeant que la personne faisant une demande de permis d’études au Canada démontre qu’elle quittera le pays à la fin de son séjour.

Les 40 000 Afghans annoncés arriveront avec un statut de réfugié, mais les Ukrainiens auront un permis de travail spécial de trois ans, sans plafond sur le nombre.

Il n’y a aucune consultation systématique avec les gouvernements provinciaux avant la prise de ces décisions. Aucune considération de l’effet de cette augmentation rapide de la population sur des besoins en logement ou en services de garde, ni sur les écoles, les systèmes de santé et de services sociaux, le transport en commun. Il y a très peu d’arrimage possible entre l’expertise et l’expérience de travail des personnes qui arrivent et les besoins locaux du marché de travail.

Le Québec est à la remorque du fédéral à bien des égards. N’ayant aucun moyen d’agir sur les délais de traitement fédéraux, il encourage l’immigration temporaire, ce qui fait augmenter le nombre de demandes d’immigration, et improvise avec de nouveaux programmes qui ne donnent pas les résultats escomptés.

L’immigration est un projet foncièrement humain. Comment penser le réussir sans une vision claire soutenue par une infrastructure législative et administrative efficace ?

Tous les drapeaux rouges signalent que le système d’immigration au Canada et au Québec n’est plus maîtrisé. Il y a d’abord le nombre de dossiers en attente de traitement au fédéral. Selon un reportage de CBC du 1er février 2022, plus de 1,8 million de dossiers d’immigration permanente, temporaire et de citoyenneté étaient en attente de traitement ! Au rythme noté dans le reportage, si on n’en ajoute pas à la pile, il faudra presque cinq ans pour les traiter.

Mais on persiste à en ajouter à la pile ! Le 11 avril, il y en avait plus de 2 millions, dont 1,1 million de demandes de permis temporaires, une hausse de 230 000 depuis la mi-mars.

Ces personnes à statut temporaire généreront une bonne proportion des nouvelles admissions parce que les gouvernements font tout pour encourager et faciliter le passage de statut temporaire à permanent. Au Québec, au moins 86 % des personnes sélectionnées en 2019 avaient un statut temporaire.

Plus on augmente le nombre de personnes à statut temporaire, plus il faudra augmenter les cibles d’immigration permanente parce que les demandes dépasseront les seuils établis. Il serait politiquement téméraire de refuser de recevoir leurs demandes. Ces personnes sont installées et intégrées au pays depuis des années. Planifier des seuils d’immigration permanente devient redondant dans un contexte d’immigration temporaire non maîtrisée.

Davantage de demandes entraînent une augmentation des coûts. Le gouvernement fédéral a budgété 85 millions de dollars l’automne dernier pour faire baisser le nombre de dossiers à traiter. Dans son dernier budget, il prévoit 2,673 milliards sur cinq ans et 441,3 millions annuellement par la suite en nouveau financement, ainsi que 43,5  millions, en 2022-2023, pour « maintenir le soutien fédéral aux services d’aide juridique à l’immigration et aux réfugiés ».

Outre les hausses de volumes, de délais et de ressources, il y a la multiplication des « politiques d’intérêt public », un mécanisme utilisé par le ministre fédéral pour changer unilatéralement les règles d’octroi de la résidence permanente et de permis temporaires, s’il « estime que l’intérêt public le justifie ».

Utilisées quatre fois entre 2005 et 2013, elles ont pris un envol extraordinaire récemment avec 11 recours en 2020 et 19 en 2021.

Elles touchent des situations tant ponctuelles (les personnes à statut temporaire résultant des incendies en Colombie-Britannique ; le parrainage des personnes réfugiées syriennes et irakiennes) que générales (une forme d’exemption des exigences linguistiques pour les personnes avec un handicap physique ou mental).

Il y a des exemples d’utilisation discriminatoire et manifestement politique. Par exemple, en 2020, l’une d’elles visait « à attirer au Canada des jeunes instruits de Hong Kong, dont on s’attend à ce que leur capital humain et leur expérience internationale contribuent au tissu économique, social et culturel du pays ». Elle témoignerait de la solidarité du Canada « avec d’autres alliés aux vues similaires, de son appui solide à l’égard des valeurs démocratiques et de sa défense de celles-ci ». Il y a sûrement de jeunes diplômés ailleurs dans le monde qui aimeraient être sauvés des régimes autoritaires et répressifs.

Le gouvernement fédéral modifie aussi allègrement les règles d’immigration temporaire. Il a annoncé le 1er avril des assouplissements au Programme des travailleurs étrangers temporaires qui vont sensiblement plus loin que l’entente négociée avec le Québec. En 2016, il a créé un nouveau permis ouvert pour les employeurs hors Québec qui embauchent des francophones de l’étranger. Pourquoi exclure les employeurs québécois de cet avantage ?

Il y a des exemples d’incohérences presque inexplicables. Depuis plusieurs années, le fédéral vante sa politique de rétention des étudiantes et étudiants étrangers sans avoir modifié le Règlement de l’immigration exigeant que la personne faisant une demande de permis d’études au Canada démontre qu’elle quittera le pays à la fin de son séjour.

Les 40 000 Afghans annoncés arriveront avec un statut de réfugié, mais les Ukrainiens auront un permis de travail spécial de trois ans, sans plafond sur le nombre.

Il n’y a aucune consultation systématique avec les gouvernements provinciaux avant la prise de ces décisions. Aucune considération de l’effet de cette augmentation rapide de la population sur des besoins en logement ou en services de garde, ni sur les écoles, les systèmes de santé et de services sociaux, le transport en commun. Il y a très peu d’arrimage possible entre l’expertise et l’expérience de travail des personnes qui arrivent et les besoins locaux du marché de travail.

Le Québec est à la remorque du fédéral à bien des égards. N’ayant aucun moyen d’agir sur les délais de traitement fédéraux, il encourage l’immigration temporaire, ce qui fait augmenter le nombre de demandes d’immigration, et improvise avec de nouveaux programmes qui ne donnent pas les résultats escomptés.

L’immigration est un projet foncièrement humain. Comment penser le réussir sans une vision claire soutenue par une infrastructure législative et administrative efficace ?

Anne Michèle Meggs Ancienne directrice de la planification et de la reddition de comptes du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration

Source: Le système d’immigration n’est plus maîtrisé

Le Québec «bashing» ou la tolérance à deux vitesses

Sigh. Not to mention the inverse, Canada bashing on the part of some intellectuals…

Le Canada se drape de tolérance envers les minorités — tout en assumant des épisodes de Québec bashing, devenus chroniques dans l’histoire des deux solitudes. Ce paradoxe, commun au monde anglo-saxon, remonte à l’origine même du libéralisme britannique, estime Patrick Moreau, professeur au collège Ahuntsic qui participait, mercredi, à un colloque consacré à « la condescendance francophobe en contexte canadien ».

« Les sociétés anglo-saxonnes en général — et la société canadienne en particulier — se présentent toujours comme très libérales, très à cheval sur les droits individuels et la tolérance, explique M. Moreau, qui collabore par ailleurs à la section Idées du Devoir. En même temps, elles ont souvent, à travers l’histoire, connu des accès d’intolérance. »

Pour le professeur, invité à prendre la parole au congrès de l’Acfas mercredi, « le ver est dans le fruit » depuis la naissance de la tolérance religieuse proclamée au XVIIe siècle par le pouvoir anglican. « L’Angleterre autorisait toutes les sectes protestantes, ce qui était exceptionnel en Europe, à l’époque. En revanche, cette tolérance excluait les catholiques et les athées. Nous sommes tolérants, mais pas à l’égard de toutes et de tous. »

Ce même réflexe s’applique encore aujourd’hui envers le Québec, maintient le professeur Moreau. Le Canada anglais prétend accueillir et célébrer les différences. Sauf certaines, souvent québécoises.

« Dès qu’on nous montre la diversité canadienne, il faut qu’on nous montre une femme voilée, un turban, etc., poursuit le chercheur, en entrevue au Devoir. Comme si la seule différence admissible était en réalité superficielle. Si les Québécois se contentaient d’être une minorité parmi d’autres, arborant la ceinture fléchée lors de la Saint-Jean, le Canada s’en réjouirait et les tolérerait comme il tolère n’importe quel costume de n’importe quelle minorité ethnique ou religieuse. »

Or, le Québec dérange au point de devenir intolérable, soutient M. Moreau, parce que la différence qu’il revendique réfute la suprématie du modèle anglo-saxon.

« Ce qui est inacceptable aux yeux du Canada anglais, c’est cette volonté du Québec de faire société en français et selon des termes politiques qui ne sont pas ceux de la philosophie politique anglo-saxonne. Autrement dit, de revendiquer des droits linguistiques collectifs. […] La laïcité, c’est un peu la même chose, poursuit le professeur Moreau. On refuse, au Canada anglais, de voir la laïcité comme un modèle légitime de gestion de la diversité. On veut à tout prix y voir l’expression d’une intolérance ethnique à l’égard des autres minorités religieuses. »

Un Québec bashing progressiste

Cette discrimination à l’égard des francophones, M. Moreau note qu’elle a évolué au tournant du XXIe siècle. « La francophobie canadienne était, jusque dans les années 2000, plutôt conservatrice. C’était vraiment une francophobie coloniale issue d’un sentiment de supériorité très britannique et protestant à l’égard de Canadiens français, jugés arriérés, et catholiques, en plus. »

Plus récemment, avance le chercheur, « nous sommes passés à un Québec bashing progressiste, c’est-à-dire que nous allons reprocher au Québec d’être intolérant à l’égard des minorités, de créer une discrimination à l’égard des minorités, donc finalement de refuser les normes du multiculturalisme trudeauiste actuel. »

La saga entourant l’Université d’Ottawa et l’usage du mot en « n » dans une salle de cours a jeté une lumière crue sur le paradoxe de la tolérance canadienne envers ses minorités, insiste le professeur de littérature au collège Ahuntsic. « Il y a eu un glissement que je trouve personnellement assez épatant de la part de gens qui se prétendent fondamentalement antiracistes, mais qui vont insulter des professeurs en les traitant de fucking frogs. Bref, en utilisant un vocabulaire qui est très clairement raciste. »

À son avis, le Québec bashing a encore de beaux jours devant lui. Tant mieux, souligne-t-il, puisque sa disparition voudrait dire la fin d’un Québec qui revendique son droit à faire société autrement.

« Le jour où le Québec bashing va disparaître, ce ne sera pas vraiment une bonne nouvelle pour le Québec, avance M. Moreau. Ça voudra dire, je pense, que le Québec aura renoncé à faire société d’une façon différente du Canada. Autrement dit, il aura adopté le modèle dominant du libéralisme canadien. À ce moment-là, il sera devenu acceptable », conclut le professeur.

Source: Le Québec «bashing» ou la tolérance à deux vitesses

Quebec should ‘ideally’ aim for 100000 immigrants per year, says CPQ

Not surprising. Just as in English Canada, some of the biggest boosters of increased levels are from the business community, both large and small:

Quebec should aim to welcome 100,000 immigrants per year, according to the Conseil du patronat (CPQ).

The number is almost twice the threshold set by the Quebec government.

The CPQ made the request in a white paper on immigration made public Monday.

A little over a week ago, the Conseil du patronat, along with employer organizations, had instead suggested a threshold of 80,000 newcomers per year to alleviate labour shortages.

But in its white paper, the CPQ now believes that Quebec should ideally aim for 100,000 immigrants.

According to recent data, there are no less than 240,000 positions to be filled throughout Quebec. The economic community is pushing the Legault government to admit more immigrants.

Despite the government’s current efforts to fill jobs, nearly a quarter of the current vacancies cannot be filled, which represents 300,000 jobs over the next five years, the CPQ calculates.

Immigration is “both unavoidable and fully necessary,” the employers’ organization argues.

Source: Quebec should ‘ideally’ aim for 100000 immigrants per year, says CPQ

Chouinard: L’indolence d’Ottawa

Fairly representative of Quebec commentary. Challenge of course is likely USA disinterest in closing loophole given their immigration debates:

Le premier ministre François Legault a raison de s’impatienter face à l’indolence du gouvernement fédéral dans le dossier du chemin Roxham. Ce poste d’entrée terrestre est devenu une véritable voie de contournement pour des dizaines de milliers de demandeurs d’asile refoulés aux frontières en raison d’un accord désuet liant le Canada aux États-Unis. Cette situation doit changer.

Faut-il fermer le chemin Roxham ? Si Québec en arrive à cette demande un brin draconienne, à laquelle Ottawa a d’ailleurs immédiatement opposé une fin de non-recevoir, c’est que la voie de la raison n’aboutit pas. En effet, la renégociation de l’Entente sur les tiers pays sûrs (ETPS) traîne en longueur, ce qui a pour résultat de créer un refoulement de demandeurs d’asile aux portes du Canada. L’ETPS, en vigueur depuis 2004, permet au Canada de refuser les demandes formulées à un poste frontalier canado-américain officiel, et de retourner les réfugiés vers les États-Unis, considéré comme un pays « sûr ».

Conséquence ? Au poste frontalier non officiel situé non loin du passage de Lacolle, une centaine d’entrées irrégulières par jour se font au Québec, selon les données avancées par le ministre québécois de l’Immigration, Jean Boulet. Si le ministre plaide pour la fermeture des vannes, c’est qu’il a sous les yeux des données qui annoncent une flambée des passages. Depuis la réouverture du chemin Roxham, le 21 novembre dernier, 13 600 personnes ont traversé au Québec pour échapper aux États-Unis et à la crainte d’être retournées dans leur pays d’origine. Sur ce nombre, 10 800 ont formulé une aide financière de dernier recours, selon les données de Québec.

Le Québec déploie donc énergie et ressources financières pour assurer aux réfugiés toutes les bases de la survivance — un toit, de la nourriture, un revenu minimum, des soins médicaux. Si au moins le processus de régularisation du statut de ces arrivants était fluide et efficace ! Mais non, Québec affirme devoir attendre en moyenne 11 mois chaque fois qu’un permis de travail est demandé. En pleine pénurie de travailleurs, il ne peut même pas bénéficier immédiatement d’une main-d’œuvre pourtant disponible. La situation est doublement absurde.

En 2018, 18 500 personnes sont passées par le chemin Roxham. L’année suivante, quelque 16 000. Après deux ans de fermeture du chemin pour cause de pandémie, la réouverture de l’automne a déjà permis le passage de plus de 7000 personnes. Québec extrapole qu’il pourrait devoir ouvrir sa porte à 35 000 personnes cette année, bien qu’on n’en soit pas certains.

Dans le dossier délicat et complexe de l’immigration, où le Québec et le Canada ne cohabitent pas sur un terrain d’harmonie parfaite, il est facile d’opposer les vertus humanitaires aux arguments de nature économique : pas assez de soutien financier, pas suffisamment de logements, pas de permis de travail ne pèseront pas lourd dans la balance à côté d’une menace de mort planant sur certains demandeurs d’asile dans leur pays natal. Le sort incertain de ces personnes, si d’aventure elles étaient retournées là d’où elles viennent, est préoccupant, tel que l’a démontré la juge Ann Marie McDonald dans un jugement de la Cour fédérale de juillet 2020.

En demandant la fermeture de cette route non officielle, devenue par défaut un poste-frontière bidon, le Québec milite dans les faits pour le retour aux règles de l’art. Ça n’annonce pas la fermeture des portes, mais plutôt un encadrement qui pourra éviter qu’il se retrouve avec un flux incontrôlable de citoyens dont il doit prendre soin, le temps que leur demande soit analysée en bonne et due forme. C’est là aussi que le bât blesse, car les processus d’immigration encadrés par le gouvernement fédéral sont ralentis par un manque de ressources et d’inadmissibles lourdeurs administratives.

Bien que la réputation du Canada soit enviable dans le monde quant au processus équitable de traitement des demandes d’asile, ces manquements concrets ont fini par créer un corridor d’attente aux conséquences lourdes tant pour les individus que pour les autorités responsables, comme le Québec. Cela fait des années que la crise migratoire mondiale a créé un peu partout des zones de réfugiés positionnés aux frontières du pays d’accueil en attente d’un statut, d’une réponse, d’un avenir. La voie parallèle créée sur le chemin Roxham, en réaction à un accord bilatéral qui n’a plus raison d’être, n’est pas si différente.

Reste en trame de fond une querelle historique entre le Québec et le Canada autour du dossier de l’immigration, qui est de compétences partagées, n’en déplaise à François Legault. Son espoir de posséder en cette matière les « pleins pouvoirs » a essuyé une récente rebuffade, mais sa préoccupation d’être plus en contrôle, ne serait-ce qu’en vertu d’un désir de sauvegarde du français, est justifiée. Tout comme son souhait de voir se régler le dossier du chemin Roxham.

Source: L’indolence d’Ottawa

Le conflit Québec-Ottawa au sujet du chemin Roxham se poursuit

Not surprising. More comprehensive article than in English press:

Justin Trudeau n’a pas mordu, mercredi, aux demandes renouvelées de Québec, qui réclame la fermeture du passage frontalier du chemin Roxham. La situation est pourtant insoutenable, selon le gouvernement de François Legault.

Québec prévoit qu’au rythme actuel, plus de 35 000 demandeurs d’asile se présenteront à ce point de la frontière canado-américaine cette année. C’est beaucoup trop, soutient le gouvernement Legault, qui a appelé mercredi le fédéral, pour une deuxième fois en moins de cinq mois, à « arrêter ce flux quotidien ».

« On veut que [les passages] se fassent de manière ordonnée, régulière et légale. On est rendus à un stade où on excède nos capacités », a indiqué le ministre québécois de l’Immigration, Jean Boulet, à l’Assemblée nationale.

L’élu de la CAQ évalue la capacité d’hébergement du Québec à 1150 demandeurs. « On y est, ou à peu près », a-t-il dit en mêlée de presse. Et, avec l’été, le gouvernement Legault ne s’attend pas à voir le flux de migrants diminuer. « Il y a une augmentation actuellement », a souligné le premier ministre mercredi.

« [Roxham], c’est une passoire ; c’est reconnu à l’échelle internationale, a déploré le ministre Boulet. Ça ne peut pas continuer comme ça. »

Nouvel accord en immigration ?

À Ottawa, le gouvernement de Justin Trudeau n’a pas voulu s’engager, mercredi, à barrer la route aux migrants qui se présentent au sud de la Montérégie.

Il assure que les négociations avec les États-Unis en vue de la signature d’une nouvelle entente en immigration vont bon train. « Je sais qu’il y a des progrès avec les ressources qu’on a mises sur ce point [de passage] particulier à la frontière », a précisé en point de presse le ministre fédéral de la Sécurité publique et ex-ministre de l’Immigration, Marco Mendicino. Il assure que le chemin Roxham est « un dossier qui est très important » pour son gouvernement, et dit qu’il « collabore toujours avec le gouvernement Legault ».

Son collègue de l’Immigration, Sean Fraser, a répété que le gouvernement devait « respecter les droits des demandeurs d’asile » et suivre « des normes légales » quant à leur accueil.

En chœur, les quatre principaux partis à l’Assemblée nationale ont exigé qu’Ottawa revoie l’Entente sur les tiers pays sûrs, l’accord qui régit la traversée des demandeurs d’asile au Canada.

Entré en vigueur en 2004, le pacte autorise le Canada, dans les faits, à refuser toute demande d’asile effectuée à un poste officiel à la frontière canado-américaine sous prétexte que les États-Unis sont un pays « sûr ». Ne pouvant donc pas passer par les postes douaniers qui parsèment la plus longue frontière terrestre du monde, les migrants ont historiquement été refoulés vers des points de passage irrégulier comme celui du chemin Roxham, ce qui concentre donc leur arrivée au Québec.

Jean Boulet veut voir le gouvernement fédéral à la table de négociation avec les États-Unis au plus vite afin qu’ils revoient cette entente. Or, jusqu’ici, Ottawa s’est traîné les pieds, a-t-il avancé mercredi. « Cette entente-là, ou on la met de côté, ou on la redéfinit, ou on la modernise. Et à cet égard-là, Ottawa a énormément de travail à faire », a-t-il affirmé.

Des appuis à la position caquiste

En exigeant la fin des demandes d’asile au chemin Roxham, la CAQ rejoint les arguments du Parti québécois (PQ), qui insiste depuis le début de la semaine pour que soit réglée la situation dans ce coin de la Montérégie. « Qu’on encourage les passages illégaux seulement au Québec et que ça atteigne des dizaines et des dizaines de milliers d’entrées par année, c’est de faire porter au Québec un fardeau administratif […] qui n’a aucune logique », a clamé le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, en matinée.

Le Bloc québécois a entrepris de transposer les demandes du gouvernement québécois à Ottawa. Le parti d’Yves-François Blanchet a déposé une motion devant le Parlement, mercredi, pour demander au gouvernement qu’il suspende cette entente avec les États-Unis « et qu’elle réclame le passage des migrants par les voies régulières partout au Canada et, conséquemment, la fermeture du chemin Roxham ».

La motion a été battue, faute d’obtenir l’unanimité.

« La capacité d’accueil responsable de l’État québécois a des limites dont il faut tenir compte — sauf si on veut, en effet, faire déborder la capacité québécoise en [matière] d’accueil, d’intégration et de francisation », a expliqué le chef bloquiste, Yves-François Blanchet.

Le Parti conservateur du Canada a aussicritiqué l’approche du gouvernement libéral, jugée trop laxiste. « Si nous voulons limiter l’arrivée de toutes ces drogues et armes illégales, nous avons besoin d’investir plus dans nos points d’entrée et de sécuriser le chemin Roxham », a déclaré la députée conservatrice manitobaine Raquel Dancho.

Des bémols

Pour le Parti libéral du Québec, la position défendue par le gouvernement caquiste, le PQ et le Bloc a quelque chose d’« inhumain ». « La moindre des choses, ici, c’est à mon avis de démontrer une certaine humanité face à des personnes qui sont démunies », a soutenu le député libéral Carlos Leitão.

Québec solidaire craint pour sa part qu’une fermeture unilatérale du chemin Roxham ne fasse que mettre en danger les quelques dizaines de milliers de demandeurs d’asile qui se présenteront à la frontière québécoise cette année. « Ça [déplace] le problème vers des endroits inconnus, ça [fera] encore davantage de demandeurs d’asile qui vont traverser n’importe où, sans aucun contrôle », a signalé le porte-parole du parti en matière d’immigration, Andrés Fontecilla.

Québec n’en est pas à sa première sortie pour demander la fermeture de ce passage frontalier. En décembre, le ministre Boulet était passé par Twitter pour dénoncer la menace que poseraient les arrivées par ce point sur le système de santé québécois. L’élu s’était partiellement rétracté dans les jours suivants, et avait admis que « la qualité humaine » de son message n’était « pas optimale ».

Plus de 10 600 demandeurs d’asile se sont présentés au chemin Roxham depuis le début de l’année, selon les données du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration.

Source: Le conflit Québec-Ottawa au sujet du chemin Roxham se poursuit

Globe article:

Quebec is asking the federal government to close a popular, unofficial border crossing south of Montreal because the province can’t handle the number of asylum seekers entering the country, but refugee advocates are rejecting Quebec’s claims.

More than 100 refugee claimants are entering Quebec every day from the United States through a rural path called Roxham Road, Premier François Legault told reporters Wednesday.

“It’s unacceptable,” Legault said at the legislature. “It’s impossible because we don’t have the capacity.”

The federal government takes 14 months to study an asylum claim and in the meantime, Quebec has to house and care for would-be refugees and school their children, the premier said.

“We cannot afford to give services,” Legault said, adding that if the current pace continues, Quebec will not have adequate housing for 36,000 new arrivals.

Refugee advocates, however, say they don’t accept the premier’s claim.

“What is Quebec’s capacity for compassion? For justice? It’s maybe not unlimited, but the capacity is there,” Paul Clarke, interim executive director of Action Réfugiés Montréal, said Wednesday in an interview.

Clarke, whose group sponsors and offers services to refugees, said that while it can be difficult for asylum seekers to find shelter in Montreal, he doesn’t think the situation is any better in other Canadian cities.

Quebec needs people, advocate says

Janet Dench, executive director of the Canadian Council for Refugees, said that during the pandemic, many people who had crossed the border at Roxham Road found work in Quebec’s long-term care homes.

“We not only have the capacity, but we also have the need, in fact, for more people,” she said in an interview Wednesday.

Part of the problem, she said, is the length of time it takes the federal government to issue work permits to asylum seekers.

“The federal government could alleviate things tremendously simply by giving work permits shortly after people arrive, so that they can get to work, and there are many jobs that they could very usefully fill,” Dench said.

The irregular border crossing at Roxham Road reopened in November after it was closed during the pandemic. Since the beginning of the year, the RCMP have intercepted 7,013 asylum seekers who have crossed irregularly into Quebec from the U.S. That number is up from 4,246 last year.

In 2019, more than 16,000 asylum seekers were intercepted by the RCMP after crossing irregularly into Quebec.

Legault said many of those who cross irregularly are ultimately not able to stay in Canada.

“You have to understand, the problem is that many of these people are not really refugees,” the premier said. “A refugee is someone who is physically at risk in their country. But the majority are not refugees; eventually, when the file is analyzed, they are refused, returned back home.”

Clarke said it’s not possible to determine which refugee claimants will be successful. “To say half of these people aren’t going to make it, well, which half, Mr. Legault?

“If he’s saying that, then he is acknowledging that people are coming to Canada and they do need protection. So how do you figure out which half?”

Under the 2004 Canada–United States Safe Third Country Agreement, refugee claimants who enter Canada outside an official port of entry must be processed in Canada and cannot be immediately returned to the U.S. Claimants who come through official entry points of entry, however, are sent back to the U.S.

Dench said closing the Roxham Road entry point would merely push people to cross at other points of entry — which would make it more difficult for the federal government to process asylum seekers.

“The reason they’re concentrated in Quebec is simply a matter of geography, because there is a large land border between the U.S. and Canada that people can cross over,” Dench said.

Federal Public Safety Minister Marco Mendicino told reporters Tuesday that a balance needs to be found.

“Resources have been provided for that particular issue at the border,” he said. “We are also in discussions with the U.S. to regulate the movements of any asylum seekers. This is part of the strategy in order to both defend the rights of refugees while at the same time protecting Quebec citizens.”

Source: Quebec asks feds to close Roxham Road, says province can’t handle influx of refugees

Indigenous leaders say Quebec’s language bill colonial, paternalistic

Of interest and a reminder that Indigenous rights can collide with Quebec linguistic and other policies:

Indigenous leaders in Quebec say the government’s French-language bill is destructive, paternalistic and could put the survival of First Nations languages at risk.

Bill 96 would push Indigenous students to pursue higher education outside the province, Ghislain Picard, chief of the Assembly of First Nations Quebec-Labrador, told reporters Tuesday in Quebec City.

“It’s a staggering irony, that the first inhabitants of the land in Quebec are being forced to study outside their territory; that’s something we find unacceptable,” Picard said at the legislature.

Bill 96 makes several amendments to Quebec’s signature language law, known as Bill 101. If passed, it would reinforce rules about the use of French in workplaces, the civil service and the justice system. The bill would also require students at the province’s English-language junior colleges to take three additional classes in French.

John Martin, chief of the Mi’kmaq council of Gesgapegiag, on the Gaspé peninsula, said many Indigenous communities were historically forced to speak English and that requiring young people to master a third language — French — would make it more difficult for them to succeed.

“If our communities are going to be able to flourish, education is a key component, but remember also that education has been used as one of the key factors in the assimilation of our people and the destruction of our cultures and the destruction of our languages, and that is why this government needs to sit down and listen to us,” Martin said.

“It is a destructive bill. It is a continuation of the kind of colonialism, paternalist and extinguishment activities that governments successively have conducted since their establishment on these territories.”

Kahsennenhawe Sky-Deer, grand chief of the Mohawk Council of Kahnawake, located near Montreal, said the bill could also impact access to justice.

“We do not want to see this bill move forward without any kind of exemption or consideration of Indigenous people, our languages, our cultures that have been here since time immemorial,” she said. “The way that this government is conducting itself is very dismissive and it disregards us and our long history and our presence on these lands.”

Sky-Deer said the Indigenous leaders want a meeting with Justice Minister Simon Jolin-Barrette, the minister responsible for the legislation. She said if the minister doesn’t meet with Indigenous leaders, community members will have to resort to taking other actions.

The Indigenous leaders were invited to the Quebec legislature by the opposition Liberals and Québec solidaire. While the Liberals have said they plan to vote against the bill, Québec solidaire co-spokesperson Manon Massé said her party plans to vote for it.

Source: Indigenous leaders say Quebec’s language bill colonial, paternalistic

Quebec opposition party wants non-polarized debate on immigration

While it appears that the PQ is likely to suffer further setbacks in the election, will be interesting to see if immigration becomes an issue in the election or related issues like Bill 21.

That being said, the questions they ask also apply to Canada’s immigration policies, where the impacts and externalities are not being discussed enough:

With five months to go before the provincial elections, the debate on immigration has been revived.

The Parti Québécois (PQ) is opposed to employer groups’ demand to increase the current 50,000 immigrants per year to 80,000, or even 90,000.

The sovereigntist party is calling for a “serious” discussion based on “factual and scientific” data.

PQ leader Paul St-Pierre Plamondon was reacting to the Conseil du patronat and Manufacturiers et exportateurs du Québec’s (MEQ) calls for a considerable increase in the annual immigration threshold to fill the labour shortage.

In a Canadian Press interview on Sunday, the PQ leader argued that despite the constant increases in the number of immigrants admitted to Quebec over the past 30 years, the demand for workers has nevertheless not subsided. The so-called solution has not solved the problem, he said.

What’s more, the considerable increase claimed would only increase the demand for services such as family doctors, places in public daycares (CPEs) and housing, said immigration lawyer Stéphane Handfield, who is the PQ candidate in Masson in the October elections.

“Are we doing new immigrants a favour if we don’t take these issues into account in our reception and integration capacity?” said Handfield.

SCIENCE OVER IDEOLOGY

“We want a debate based on science and not on ideology or false premises,” said St-Pierre Plamondon.

He called for caution to avoid any slippage in this debate, which has had unfortunate precedents.

“The simple fact of asking questions about raising the immigration threshold leads to innuendo about the intolerance of those who ask the questions, it creates a climate that is not serene,” said St-Pierre Plamondon.

“Historically, there has been a lot of ideology and stigmatization” on the issue of immigration, and this ends up harming “the right of Quebec to take its own direction,” said the PQ leader.

St-Pierre Plamondon criticized the suggestion that as soon as Quebec does not align itself with the Canadian federal model of admitting more and more newcomers, it is accused of being racist, even though immigration is partly within its jurisdiction.

QUESTIONS TO ASK

The PQ leader has many questions.

For example, does welcoming more immigrants create more wealth? Does it really increase the gross domestic product per capita?

“We want to study the macro-economy objectively,” he said, demanding more answers.

Handfield also wants to know what the impact of increased immigration is on the linguistic dynamics? What is the impact on the housing crisis? Does it lower the average age of the workforce?

“I’ve never seen a study that says here’s why we need 30,000 or 40,000 immigrants, or here’s how we manage to justify that number,” said Handfield. “How much does it cost to integrate each immigrant? We always hear the same thing: 80,000 immigrants per year and all the problems will be solved.”

Currently, there are no less than 240,000 vacant positions to be filled in Quebec, according to data from the Institut du Québec.

Employers’ associations are calling for a catch-up in immigration to make up for the labour scarcity and the delay caused by the closing of borders during the pandemic.

Their consensus is 80,000 per year, but MEQ president Véronique Proulx said the organization would be willing to go to 90,000, almost double the current threshold of 50,000 per year.

The Legault government has not given its official answer.

St-Pierre Plamondon reiterates that he is committed to setting the acceptable threshold for his party by the election campaign.

Source: Quebec opposition party wants non-polarized debate on immigration

Quebec tables bill on academic freedom, says no words off-limits in lecture halls

Yes, context matters:

Quebec’s higher education minister says legislation tabled today would allow “any word” to be uttered in university classrooms as long as it’s used in an academic context.

Danielle McCann told reporters Bill 32 is great news for Quebec students, including racialized students, because it preserves a high-quality learning environment in the province’s universities.

The bill draws on a committee report last December requested by the government in response to a scandal at University of Ottawa in 2020, when a professor was suspended for using the N-word during a class lecture.

At the time, Quebec Premier François Legault and Liberal Opposition Leader Dominique Anglade — who is Black — both said the university should have defended the professor for using the word in an academic context.

Bill 32 enshrines the right to teach, conduct research and share results, critique society and freely take part in the activities of professional university organizations.

The legislation requires universities to adopt an academic freedom policy and appoint a person responsible for implementing the policy.

The bill’s preamble defines academic freedom as “the right of every person to engage freely and without doctrinal, ideological or moral constraint in an activity through which the person contributes, in their field of activity, to carrying out the mission of such an educational institution.”

Source: Quebec tables bill on academic freedom, says no words off-limits in lecture halls

Richard: La loi sur la laïcité de l’état marque un progrès pour la société

An example of Quebec rhetoric in favour of Bill 21:

Bientôt, la Loi sur la laïcité de l’État sera à nouveau débattue en cour. Au crépuscule de ma vie et à l’occasion de mes 88 ans, permettez-moi d’appuyer publiquement cette loi amplement justifiée et visant un meilleur vivre-ensemble. On accuse la loi 21 d’être contre les religions. Elle est pourtant un instrument de paix, car la laïcité unit alors que les religions divisent. L’Histoire le prouve. Ceux qui sont contre la loi 21 font passer les religions avant la laïcité par ignorance.

Il n’y a pas que les Québécois de souche qui veulent la loi 21. De nombreux musulmans et musulmanes le veulent aussi. Ferid Racim Chikhi, un Algéro-Canadien immigré au Québec, connaît bien l’islamisme. En tant que musulman, il veut voir et vivre la laïcité au Québec. Dans son tout récent livre Fenêtre sur l’Islam, ses musulmans, ses islamistes, M. Chikhi sonne l’alarme et donne l’heure juste quant à l’aveuglement de nos gouvernements en ce qui a trait à une infiltration des islamistes qui est voulue et sournoise, avec en tête un plan défini pour imposer un jour à la société d’accueil rien de moins que la charia ! En 2005, Fatima Houda-Pepin, d’origine musulmane et alors députée libérale de La Pinière, était intervenue à la Chambre des députés pour que la demande pour la charia soit refusée.

La nécessité de la laïcité et de la loi 21 est une évidence. Refuser la loi 21, c’est s’opposer au progrès de la société, c’est revenir aux siècles passés, où le pouvoir des décisions était entre les mains des chefs religieux comme les imams, les rabbins et les évêques plutôt que sous la responsabilité des gouvernements élus par le peuple. Si c’est cela que le Canada veut, pas le Québec, qui, au prix d’une longue lutte, a réussi à séparer l’Église et l’État. Il n’est pas question de retourner en arrière !

Un des problèmes est aussi le préambule de la Constitution canadienne, qui évoque la suprématie de Dieu. C’est une honte ! Un texte d’une telle importance pour la nation doit être inclusif et respecter le fait qu’au Canada et dans toutes les provinces, il n’y a pas que des croyants, mais aussi des agnostiques et des athées.

Ce que l’on ignore aussi, c’est que, bien qu’il y ait des femmes qui revendiquent le droit de porter le voile pendant les heures de travail, il y a aussi des femmes musulmanes qui espèrent pouvoir enfin l’enlever grâce à l’application de la loi 21. C’est ce que plusieurs d’entre elles auraient confié secrètement à une autorité scolaire. Et cela, elles ne peuvent le dire ouvertement sous peine de représailles.

Le maire de Brampton, Patrick Brown, qui se présente comme candidat dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada, a organisé une levée de fonds pour financer la contestation de la loi québécoise sur la laïcité. Il soutient qu’un jour, au Canada, un premier ministre sera forcé de présenter des excuses officielles pour l’adoption et l’application au Québec de la loi 21. Or, si un jour, l’ignorance fait place au savoir, il se pourrait fort bien que ce soit lui qui doive s’excuser auprès du peuple québécois pour avoir tenté de l’empêcher de l’appliquer !

Les opposants à la laïcité disent ne pas vouloir briser le rêve d’une femme voilée, mais ils sont prêts à briser l’espoir de millions de citoyennes et de citoyens du Québec, dont le mien.

Pourquoi favoriser une société théocratique, laquelle est contraire à la vérité de la science, plutôt que de consentir au gain sociétal apporté par la loi 21 ? La laïcité comporte une neutralité commune consentie par les Québécoises et les Québécois, qui construit lentement mais sûrement la paix du Canada, dont tous pourront bénéficier.

Source: La loi sur la laïcité de l’état marque un progrès pour la société