Roy: Pour une politique québécoise de la population

Similar call for a commission of enquiry, but broader than just immigration. A pan-Canadian enquiry, covering both national and regional perspectives and issues, would provide a better basis for policy debates and discussions current governmental approaches:

On aura beau actionner tous les recyclages, et on doit le faire, la société québécoise est et sera aux prises avec un manque de main-d’œuvre chronique aussi loin que l’on puisse voir dans l’avenir. Près de 100 % des entreprises québécoises font face présentement à un manque de main-d’œuvre, et la situation n’est pas meilleure dans le secteur public. Se pourrait-il que le manque de main-d’œuvre actuel annonce, pour demain, un déficit de la quantité de citoyens requis pour un développement interne harmonieux et un rayonnement externe dont le Québec a besoin pour la vitalité de son économie et de sa culture ?

Manque de citoyens ?

La question doit être posée.

Il est inexact de prétendre que la pénurie de main-d’œuvre est du même ordre au Québec qu’ailleurs dans le monde, et notamment en Amérique du Nord. La différence se situe dans la croissance démographique attendue d’ici 2050 ; plus 60, 20, 9 et 5 millions de citoyens respectivement pour les États-Unis, le Mexique, le Canada et l’Ontario comparativement à un peu plus d’un demi-million pour le Québec. En 2045, la population de l’Ontario totalisera 20 millions de personnes, celle du Québec, un peu moins de 10 millions.

Nos voisins et principaux partenaires économiques disposeront de réserves pour le renouvellement et l’enrichissement de leur main-d’œuvre. Tel ne sera pas le cas pour le Québec. Faut-il prendre acte sans plus ou pousser plus loin l’analyse relative à notre avenir démographique ? Le temps est-il venu de créer une commission d’enquête comme on l’a fait, dans le passé et, avec succès, quand il nous a fallu éclairer notre avenir en matière d’éducation, de santé et de bien-être social, de politique linguistique, de relation entre les Autochtones et certains services publics, de liberté syndicale, etc.

Besoins démographiques

Le mandat de cette commission pourrait comprendre les sujets suivants : (1) l’analyse des besoins démographiques du Québec d’ici le milieu du siècle. Seraient pris en compte le vieillissement accéléré de sa population et la baisse continue de la population en âge de travailler conjugués au besoin de produire biens et services économiques, écologiques, sociaux et culturels ; (2) l’analyse des besoins démographiques des régions, de chacune d’elles, dont le développement ne se fera pas sans une masse critique de citoyens ; (3) l’évaluation de la part escomptée des technologies avancées dans la production économique, écologique, sociale et culturelle québécoise pour assurer le maintien voire la croissance du taux d’activité dans les prochaines décennies ; (4) l’analyse de la politique d’immigration comprenant le solde migratoire interprovincial négatif du Québec depuis trente ans ; l’examen des causes du départ des immigrants venus au Québec après les dix-huit premiers mois de leur arrivée et la révision de nos systèmes d’accueil, y compris l’offre de francisation qui doit devenir, en quantité et en qualité, l’une de nos politiques les plus avancées. (5) Enfin, l’analyse des effets politiques prévisibles d’une croissance démographique basse, moyenne ou haute.

Si la proportion de personnes âgées (65 ans et plus) est présentement de 20 % et totalise 1,7 million de Québécois, elle croîtra progressivement jusqu’à 27 %, en 2050, pour totaliser 2,6 millions de Québécois. De quelle main-d’œuvre aurons-nous besoin alors pour offrir à ces aînés les services à domicile ou institutionnels exigés par leur situation ?

Quelles sont les masses critiques de citoyens requises d’ici 2050 pour le déploiement d’une vie économique, sociale et culturelle forte dans les régions du Québec ? Pour que chaque région demeure viable, dynamique et attrayante.

Une politique de la population ?

Au terme des travaux de la commission, le Québec disposerait des données relatives à sa situation démographique à venir, des éléments d’une éventuelle politique québécoise de la population. Ce faisant, le Québec rejoindrait de nombreux pays qui poursuivent ces recherches les concernant.

Si rien n’est entrepris pour construire autrement l’avenir, il faut craindre l’affadissement d’une société diminuée par sa faiblesse démographique et son vieillissement ; craindre aussi l’effondrement de son modèle social et la perte du dynamisme qui a porté son élan économique, ce dernier demi-siècle. Dans le passé, le Québec a trouvé, dans la recherche sur lui-même, la connaissance des meilleures pratiques et la concertation, les leviers de son affirmation durable. Ces démarches convergentes l’ont bien servi. Il doit urgemment les réanimer pour se doter d’une politique démographique susceptible de combler son manque de main-d’œuvre et de conforter sa première richesse, sa richesse humaine.

Source: Pour une politique québécoise de la population

About Andrew
Andrew blogs and tweets public policy issues, particularly the relationship between the political and bureaucratic levels, citizenship and multiculturalism. His latest book, Policy Arrogance or Innocent Bias, recounts his experience as a senior public servant in this area.

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