Trudeau says Quebec has the ‘tools’ to welcome 112,000 immigrants, more than double its goal, Trudeau forcé de clarifier ses propos sur les seuils d’immigration

Correct. Not a question of having or not having the tools but Quebec takes a more more critical look at immigration rathe than the “more the merrier” approach in the rest of Canada. Have included an article from Le Devoir on the false controversy his remarks caused, forcing him to clarify his remarks (even if I found them clear).

But the divergent approaches to immigration, and the resulting dilution of Quebec’s weight in the federation, are a cause for medium-and-longer concern:

Quebec’s immigration minister has responded to comments from Prime Minister Justin Trudeau, saying his assertion that the province could welcome up to 112,000 immigrants every year instead of the planned 50,000 is “insensitive” to Quebec’s challenge of protecting the French language.

Trudeau told The Canadian Press Monday afternoon in a year-end interview that Quebec had the resources to host more than double the immigration threshold it has set for itself and that the province already has “all the tools” for those people to be francophones.

Earlier this year, the federal government set a goal of welcoming 500,000 new immigrants by 2025 — 112,000 represents 22.3 per cent of that number, which is the equivalent of Quebec’s population within Canada.

Source: Trudeau says Quebec has the ‘tools’ to welcome 112,000 immigrants, more than double its goal

Le premier ministre Justin Trudeau a tenu mardi à préciser ses propos voulant qu’il fasse le « constat » que le Québec « a la capacité », selon lui, d’accueillir jusqu’à 112 000 immigrants par année, face aux commentaires désapprobateurs de la ministre québécoise de l’Immigration et de certains partis d’opposition aux Communes.

En entrevue de fin d’année avec La Presse canadienne, M. Trudeau avait, dans sa réponse à une question dans laquelle ce chiffre lui était présenté, répété ce dernier.

« Le Québec a actuellement la pleine capacité d’accueillir 112 000 immigrants par année. […] C’est un constat », avait-il dit lundi.

Le premier ministre était interpellé sur le fait que les Québécois représentent 22,3 % de la population canadienne et que ce chiffre de 112 000 correspond donc à la proportion des 500 000 immigrants que son gouvernement a récemment annoncé vouloir accueillir annuellement d’ici 2025.

Mardi, M. Trudeau est revenu sur ses propos durant la période des questions, bloquistes et conservateurs l’accusant de s’immiscer dans la décision de Québec de fixer ses propres seuils d’immigration.

« Je n’ai pas proposé de chiffres pour le Québec, a-t-il soutenu. J’ai reconnu que le Québec avait la capacité d’augmenter ses seuils d’immigration s’il le voulait. Ils ont ces pouvoirs parce que nous reconnaissons l’importance que le Québec a dans la protection de la langue française et de la nation québécoise. »

Pourtant, au cours de l’entrevue de fin d’année, il a bel et bien mentionné nommément « 112 000 » en réponse à une question.

« Je ne suis pas en train de le recommander [les 112 000 immigrants] non plus », avait ensuite nuancé M. Trudeau.

Les journalistes de La Presse canadienne venaient alors de porter à son attention l’écart entre le chiffre de 112 000 immigrants et les seuils de 50 000 et 70 000 qui ont été évoqués respectivement, en campagne électorale provinciale, par le gouvernement de François Legault et le Parti libéral du Québec. Québec solidaire a pour sa part proposé que la province reçoive entre 60 000 à 80 000 nouveaux arrivants par année.

Le premier ministre fédéral a expliqué son « constat » en faisant référence à l’accord entre le Québec et Ottawa en matière d’immigration qui donne tous les outils nécessaires au Québec pour l’accueil de 112 000 immigrants.

Dans ses échanges aux Communes, M. Trudeau a insisté que « c’est une décision pour le Québec et nous respectons les compétences à ce niveau-là ».

Or, l’opposition officielle conservatrice a plutôt interprété les propos du premier ministre comme une « directive », a résumé en mêlée de presse son lieutenant politique pour le Québec, Pierre Paul-Hus.

« M. Trudeau dit : “On peut avoir jusqu’à 112 000 immigrants au Québec”. Le gouvernement du Québec dit : “Non. On a calculé que nous, pour bien accueillir des immigrants, c’est 50 000’’. Donc M. Trudeau fait de façon indirecte une forme d’efforts d’imposer un seuil d’immigration pour le Québec, ce qu’on considère qu’il ne devait pas se faire », a-t-il dit.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet estime aussi que M. Trudeau veut imposer sa vision.

« En 24 heures, le premier ministre dit qu’il faut que le Québec accueille 112 000 immigrants. “Oh ! Je ne l’impose pas”, mais toutes les autres fois il a dit qu’il voudrait bien l’imposer », a-t-il mentionné durant la période des questions.

Il a, de plus, suggéré que le fédéral était bien mal placé pour parler en raison des arriérés dans le traitement de dossiers d’immigration.

« Est-ce qu’il devrait refaire ses devoirs et laisser le Québec gérer tant l’immigration que le français ? », a tonné M. Blanchet.

Du côté du gouvernement de François Legault, la ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Christine Fréchette, a déclaré par écrit que les propos de M. Trudeau lui paraissent « insensibles ».

« C’est au Québec, et au Québec seul, de déterminer ses seuils d’immigration », a-t-elle souligné. La ministre n’était pas disponible pour une entrevue mardi.

Selon elle, le Québec a « un double défi, qui est unique au Canada », soit de s’attaquer à la pénurie de main-d’oeuvre tout en arrêtant le déclin du français, « ce à quoi M. Trudeau semble rester insensible », a-t-elle ajouté.

Source: Trudeau forcé de clarifier ses propos sur les seuils d’immigration

Ottawa doit revoir sa cible à la hausse, dit le ministre Roberge

Meanwhile, no revision of Quebec levels…:

Le gouvernement Trudeau a annoncé le mois dernier que le Canada prévoyait accueillir un nombre record de 500 000 nouveaux arrivants par année à compter de 2025. De ce nombre, il se fixe comme objectif de recevoir 4 % d’immigrants francophones. Selon M. Roberge, cette cible est carrément « insuffisante » pour assurer la vitalité des communautés francophones en milieu minoritaire et contrer le déclin du français au Canada. 

Ottawa n’a jamais réussi à atteindre cette cible dans le passé. Il y a donc un important retard à combler, a fait valoir M. Roberge en entrevue avec La Presse. Selon lui, le gouvernement Trudeau doit plutôt fixer « un seuil de réparation » de 12 % à 20 % d’immigrants francophones. 

« Atteindre la cible de 4 %, il n’y a pas personne qui va se satisfaire de cela. Le Québec ne sera pas satisfait si le gouvernement fédéral atteint sa cible insuffisante. C’est une mauvaise cible. Atteindre une mauvaise cible, c’est échouer quand même », a affirmé sans ambages M. Roberge. 

La cible de 4 % est trop basse. Cela fait trop longtemps qu’elle est trop basse. Et en plus, le gouvernement fédéral échoue à atteindre une cible trop basse. Cela veut dire qu’il a accumulé un retard au fil des années. Il a l’obligation morale de rattraper ce retard.

Jean-François Roberge, ministre des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne

M. Roberge, qui était de passage à Ottawa jeudi et vendredi afin de rencontrer notamment son homologue fédérale, la ministre des Langues officielles Ginette Petitpas-Taylor, appuie sans hésiter une demande de la Fédération des communautés francophones et acadienne, qui presse le gouvernement Trudeau de refaire ses devoirs en matière d’immigration francophone. 

Des statistiques « alarmantes »

Le mois dernier, le ministre fédéral de l’Immigration, Sean Fraser, a confirmé que le Canada entendait ouvrir plus que jamais ses portes à l’immigration. Au cours des trois prochaines années, on compte accueillir près de 1,5 million d’immigrants. 

En 2023 et en 2024, les seuils d’immigration seront de 465 000 et 485 000 nouveaux arrivants respectivement, et de 500 000 en 2025. Ces cibles s’appliquent à l’ensemble du pays sauf le Québec. Au Québec, le gouvernement Legault s’en tient pour le moment à une cible de 50 000 immigrants par année. 

En entrevue, M. Roberge a affirmé que les statistiques sur le déclin du français sont alarmantes au Québec et dans le reste du pays. Au Québec, tous les voyants sont au rouge, a-t-il répété en citant les plus récentes données de Statistique Canada. Il a rappelé que l’on assiste à un recul du français sur plusieurs fronts dans la Belle Province — langue maternelle, langue de travail, langue parlée à la maison. 

Si ça va mal pour le français au Québec, eh bien, ce sont des temps durs pour la francophonie hors Québec. Et si la francophonie canadienne ne va pas bien, ce n’est pas bon non plus pour le français au Québec. C’est un déclin qui nourrit l’autre. En ce moment, il y a des reculs partout.

Jean-François Roberge, ministre des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne

« Ce n’est pas seulement causé par les politiques migratoires. Il faut faire attention. Ce n’est surtout pas la faute des immigrants eux-mêmes. Je ne jette pas la pierre aux immigrants. Mais on doit avoir des politiques d’immigration qui nous permettent de corriger les erreurs qui ont été commises. Il est temps que le gouvernement fédéral change la donne », a-t-il pris soin d’ajouter. 

Des étudiants francophones étrangers exclus

M. Roberge a indiqué avoir abordé ce dossier avec le lieutenant politique de Justin Trudeau au Québec, le ministre du Patrimoine Pablo Rodriguez, et avec le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc. 

Un geste qui pourrait être fait rapidement touche les étudiants francophones étrangers. « Le premier signe de bonne foi, ce serait de changer dans les prochaines semaines, sans perdre de temps, le processus qui mène à l’octroi des permis pour les étudiants francophones étrangers. Il y a dans les formulaires un vice qui exclut des dizaines de milliers d’étudiants francophones étrangers quand on leur demande s’ils songent à rester au pays. Juste pour le Québec, c’est 20 000 étudiants francophones étrangers qui sont exclus. C’est énorme », a-t-il déploré. 

M. Roberge a aussi exhorté le gouvernement Trudeau à amender le projet de loi C-13 visant à moderniser la Loi sur les langues officielles. « Ce projet de loi, tel qu’il est en ce moment, n’est pas acceptable pour le Québec », a-t-il dit. 

Selon lui, il est impératif d’y inclure une approche « asymétrique » qui accorde la priorité à la protection du français tant au Québec que dans le reste du pays. « C-13 met les communautés linguistiques minoritaires sur un pied d’égalité. Cela veut dire qu’on s’inquiète pour les anglophones du Québec parce qu’ils sont minoritaires. Je m’excuse, mais c’est n’importe quoi. Le français est minoritaire à l’échelle pancanadienne et, bien que majoritaire au Québec, il y est menacé. Ce n’est pas Jean-François Roberge qui le dit. C’est Statistique Canada.

Source: Ottawa doit revoir sa cible à la hausse, dit le ministre Roberge

Dutrisac: La loi 96 ne suffira  pas [#cdnimm aspects]

Yet more, highlight temporary foreign workers and that about half are working in English:

Dans son discours d’ouverture de la 43e législature à l’Assemblée nationale, le premier ministre François Legault a reconnu que l’application des dispositions de la loi 96 sur la langue commune, adoptée en mai dernier, ne suffira pas à stopper le déclin du français. « On ne doit pas en rester là », a-t-il dit.

À juste titre, François Legault estime qu’il « est impératif de mettre fin à ce déclin et de renverser la tendance ». Il y voit son « premier devoir » comme premier ministre du seul État à majorité francophone en Amérique du Nord. Ce déclin est en effet « existentiel », comme il l’a affirmé, dans le sens qu’il détermine l’existence même de la nation québécoise.

Le premier ministre a mandaté le titulaire du nouveau ministère de la Langue française, Jean-François Roberge, pour concevoir un « tableau de bord » affichant des indicateurs et des projections mis à jour tous les ans sur l’état de la situation linguistique au lieu de s’en tenir aux données quinquennales produites par Statistique Canada. Les mesures seront ainsi ajustées afin de « remettre le Québec sur la trajectoire d’une relance du français ». Mais ça reste du domaine de l’intention.

Devant les refus répétés de Justin Trudeau, François Legault n’a pas tout à fait renoncé à obtenir davantage de pouvoirs en immigration de la part d’Ottawa. Mais, il semble évident que ses attentes sont aujourd’hui réduites. Avant la campagne électorale, le premier ministre se faisait fort d’obtenir d’Ottawa un transfert de pouvoirs en immigration pour éviter la « louisianisation » du Québec. Aujourd’hui, il demande à Jean-François Roberge, qui est aussi le ministre responsable des Relations canadiennes, d’élaborer, avec la ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Christine Fréchette, « une base de négociation précise » afin d’entamer des discussions avec le gouvernement fédéral sur les enjeux de la langue et de l’immigration.

Avant de réclamer davantage de pouvoirs au gouvernement fédéral en matière d’immigration, encore faut-il utiliser pleinement ceux que Québec possède déjà. On parle beaucoup du seuil de 50 000 immigrants admis annuellement, c’est-à-dire le nombre de nouveaux arrivants, souvent déjà présents sur le territoire, qui obtiennent leur résidence permanente. Mais on oublie l’immigration temporaire, que ce soit les travailleurs et les étudiants. Par exemple, plus de 60 000 travailleurs étrangers sont présents au Québec en vertu du Programme de mobilité internationale administré par le gouvernement fédéral. Selon une évaluation du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, environ la moitié de ces travailleurs étrangers travaillent en anglais. On compte également plus de 90 000 étudiants étrangers dans nos cégeps et universités, dont 45 % fréquentent des établissements de langue anglaise. Il est temps que le gouvernement québécois exerce pleinement ses prérogatives en vertu de l’Entente Québec-Ottawa sur l’immigration.

C’est un début : le gouvernement Legault entend s’impliquer dans la sélection des immigrants temporaires qui, par la suite, sont admis de façon permanente. Il souhaite attirer davantage d’étudiants étrangers au Québec pour qu’ils décrochent un diplôme de cégep ou d’une de nos universités de langue française. Pour y arriver, il devra convaincre les autorités fédérales de cesser leurs pratiques discriminatoires qui empêchent des étudiants africains francophones, admis dans nos établissements d’enseignement supérieur, d’entrer au Québec.

Dans son discours, François Legault a aussi abordé la question des demandeurs d’asile qui entrent par le chemin Roxham. On en attend 50 000 d’ici la fin de l’année. Les services publics et les organismes communautaires sont submergés, tandis que les autorités fédérales prennent plus de deux ans pour traiter ces demandes irrégulières, sans parler des procédures d’appel. Le Québec est prêt à faire sa part, a dit le premier ministre. Mais il faut lui donner raison d’exiger qu’Ottawa mette fin à une situation qui ne peut durer éternellement. À voir le gouvernement Trudeau octroyer des contrats à des amis libéraux pour construire des résidences sommaires afin d’accueillir les demandeurs d’asile, on doit douter de son empressement.

On ne peut que constater « la forte attractivité de l’anglais », comme l’a rappelé le premier ministre, ce qui complique l’intégration en français des immigrants. En ce sens, le gouvernement Trudeau devrait s’engager à cesser de nuire. Ce serait la moindre des choses.

Source: La loi 96 ne suffira  pas

Khan: The downfall of Quebec’s Bill 21 could come thanks to women

We will see:

The notwithstanding clause of the Canadian Charter is no longer an obscure legal term. Thanks to Ontario Premier Doug Ford’s recent use of Section 33 to prevent job action by education workers – he has invoked the clause, or threatened to do so, three times in four years – ordinary Canadians now know that their basic human rights can be suspended at any time. We aren’t talking about emergency measures here, nor are we discussing reasonable limits through democratic mechanisms; ours is the only constitutional democracy that potentially allows for the gutting of basic rights in the name of what a parliamentary majority deems a matter of governance.

Who could have foreseen the consequences of this clause?

Well, Canadian women, for one.

When the Charter was being drafted, women demanded equality rights – but they were derided at committee hearings for doing so. In 1980, Senator Harry Hays derisively countered by suggesting special rights for babies and children, since “all you girls will be out working and we’re not going to have anybody to look after them.” A year later, more than 1,300 women descended on Parliament Hill to assert equality rights in the Constitution, by affirming Section 15 on general equality and proposing Section 28, on gender equality rights.

Initially, the notwithstanding clause could have been used on Section 28, too. But women fought for its exclusion, having had the foresight to ensure that gender equality rights could not be denied by the potential whims of future governments. We owe them a great deal.

And yet, today, we see the Constitution’s notwithstanding clause leading to disproportionate damage to Muslim women in Quebec.

François Legault’s government has pre-emptively used the notwithstanding clause twice since 2019, to ensure the passage of two bills. One of them, Bill 21, bans some public-sector workers from wearing religious symbols, but lawyers have provided evidence at the Quebec Court of Appeal – which heard a legal challenge to the bill this month – that only Muslim women who wear the hijab have lost their jobs as a result of it.

Indeed, Quebec’s religious minorities have felt increased alienation and despair in recent years, according to the Association for Canadian Studies. Its survey found that the situation is particularly dire for Muslim women: 73 per cent of them said they’ve felt less safe in public since 2019, while 83 per cent said their confidence in their children’s future has worsened.

The Quebec government touted Bill 21 as a “feminist” law, but it has only reinforced prejudices, and given license to bigots. I know this firsthand: During a visit to Montreal, I was berated by a middle-aged francophone Uber driver for wearing the hijab. At the end of the ride, he asked me not to file a complaint. (Of course, I did the opposite.)

This all illustrates Bill 21′s egregious violation of Section 28 of the Charter – namely, that the law disproportionately affects women, and thus violates gender equality. Since the notwithstanding clause cannot override Section 28, Bill 21 could be seen by the courts as invalid – an argument that University of New Brunswick law professor Kerri Froc raised years ago, and is now gaining traction.

Quebec Muslim women are not wilting. They have protested alongside allies who believe in a Quebec where all individuals can thrive. Take, for example, Institut F, a Montreal-based organization that seeks to ensure Muslim women’s personal agency. Its programs provide resources so that each woman knows that she belongs, her voice matters and she is a valued member of society – even if the Quebec government thinks otherwise. At a recent Institut event, I met talented Muslim women in STEM fields such as artificial intelligence, biotechnology and data science – talent that Quebec needs to remain economically competitive. Yet, many of those women expressed doubts about thriving in a society that overtly discriminates against religious minorities.

Something may have to give on this front, too. The labour shortage is so acute in Quebec that the town of Hérouxville – infamous for issuing a code of conduct for immigrants warning them not to stone or burn women alive – is now actively courting newcomers. Today, neighbouring towns are helping migrants find halal food. Economic reality will force the realization that attracting workers means making all feel welcome – not just a select few.

Bill 21’s damage has been done – abetted by the notwithstanding clause. The women who fought to exclude Section 28 from the clause knew its dangers. As Canadians, we must continue that fight to guarantee basic rights for all, be they religious and linguistic minorities in Quebec, education workers in Ontario, or anyone threatened by the notwithstanding clause.

Source: The downfall of Quebec’s Bill 21 could come thanks to women

Ivison: Quebec shows Scotland how to get everything you want without separating

Valid commentary:
Canada’s exports extend beyond hockey players and cold fronts, as Pierre Trudeau once said. It turns out we are also traders in world-class constitutional jurisprudence.
The U.K.’s Supreme Court ruled on Wednesday that the Scottish government cannot hold a second independence referendum without the consent of the British Parliament and based its decision, in part, on Quebec’s past constitutional experiences.

Source: Quebec shows Scotland how to get everything you want without separating

Du «racisme» linguistique

Of note. Good réplique to some of the Quebec debate on language and immigrants:

S’il est légitime d’exiger du gouvernement fédéral de tenir compte des demandes du Québec en matière de langue, il n’y a par contre aucune légitimité à restreindre, comme le fait Mario Beaulieu dans un texte récemment paru en ces pages (cosigné par onze personnes), la qualité de francophone aux seuls locuteurs de français langue maternelle. Selon lui, il faudra s’attendre à un « effondrement du poids des francophones au Québec, de 81,6 % en 2011 à 73,6 % en 2036 ». Il faut en finir une fois pour toutes avec ce « racisme » linguistique. (Le mot « racisme » est ici entre guillemets pour n’en retenir que la notion de hiérarchie.)

Il est complètement ridicule de croire qu’un francophone est une personne qui a dit « môman » avant l’âge de deux ans. Un francophone, c’est aussi un plurilingue dont le français n’est pas la langue maternelle. On ne naît pas francophone, on le devient.

Au Québec, 85 % de l’augmentation de la population provient de l’immigration. Nul besoin d’être lauréat de la médaille Fields pour comprendre que la proportion du groupe non immigrant (et d’origine non immigrante) va décroître avec le temps. Ce qui n’est pas le cas des francophones, si par francophone on entend toute personne qui a appris le français à la maison, sur les bancs d’école ou sur les lieux de travail (ici ou ailleurs). L’objectif de la loi 101 était de faire du français langue maternelle une langue fraternelle, pour qu’on puisse mettre en commun nos mémoires plurielles, nos parcours et nos rêves afin d’y puiser les ressources et l’audace pour faire du Québec une société prospère, pluraliste et égalitaire, et non pas une société où il y aurait deux classes de citoyens.

Le Québec accueille des immigrants depuis des générations. Beaucoup d’entre eux ont appris le français avant la loi 101. Depuis 1977, cette loi a obligé des dizaines de milliers de jeunes immigrants à fréquenter les écoles françaises pendant onze ans. En outre, bon nombre de nos immigrants sont originaires d’anciennes colonies françaises. Ils se chiffrent eux aussi par dizaines de milliers. Comme très peu d’entre eux déclarent le français comme langue maternelle, ils sont pour la plupart disqualifiés comme francophones, même si parmi eux on compte des professeurs de français, des professionnels qui travaillent en français, des écrivains et tant d’autres citoyens venus d’ailleurs, profondément attachés au Québec, pour qui le terme « Québec français » est un pléonasme.

La hiérarchie ainsi créée, entre le français de langue maternelle et le français de langue seconde, ne doit pas être prise à la légère. Elle crée des catégories de citoyens n’ayant pas la même valeur dans la société, situation propice au racisme. Nous savons comment, dans d’autres lieux, mais encore aujourd’hui, la hiérarchisation des cultures s’est substituée à celle fondée sur la race — lorsque celle-ci est devenue une hérésie scientifique —, avec des conséquences néfastes sur les plans politique et social. Au Québec, où langue et culture sont souvent interchangeables, il est temps de remiser cette aberration avant que des esprits moins inoffensifs que des déclinistes et des comptables ne s’en emparent.

L’État québécois est doté de suffisamment de pouvoirs et de ressources pour assurer la pérennité et l’essor de la culture et de la langue françaises. Qu’il les utilise efficacement et judicieusement sans blâmer ni pénaliser les immigrants. Entre 1971 et 2016, l’utilisation du français dans les écoles (maternelles, primaires et secondaires) est passée de 64 % à 90 %, tandis que la proportion d’immigrants francophones dépasse les 60 %, et pourra facilement augmenter si, comme l’indique le démographe Richard Marcoux, on va puiser dans l’énorme bassin francophone africain.

Le français n’est pas près de disparaître. Au Québec, il n’y a que 6 % de la population qui n’a aucune connaissance du français. La complexité de la situation linguistique exige de ceux qui l’analysent qu’on tienne compte de multiples critères et, surtout, qu’on désethnicise enfin la notion de francophone. Il serait honteux que les « voleurs de jobs » de l’après-guerre deviennent maintenant des « voleurs de langue ».

Selon Machiavel, « celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leurs âmes ». Partout en Occident, populistes et démagogues ont réussi à faire croire que les minorités immigrantes représentent une menace pour les modes de vie et l’identité de la majorité afin de s’emparer du pouvoir. Le Québec ne fait malheureusement pas exception.

Source: Du «racisme» linguistique

Caddell: Is immigration the next Ottawa-Quebec battle?

Captures the demographic dilemma facing Quebec in relation to the rest of Canada, even if I question the “more is merrier” approach of the Canadian and provincial governments:

In 1960, Kamouraska was home to 2,000 people. The baby boom was at its peak, there were dozens of dairy farms, and tourism created summer jobs. Today, there are fewer than 600 permanent residents, and while a tourist mecca in summer, it is quiet in the winter. There are many elderly, few young families, and fewer farms. This summer, as everywhere in Canada, employers were desperate to find employees.  

In other provinces, the solution to declining birth rates and labour shortages is immigration. And as the 2021 census indicated, population growth has been due to immigration. Hence the announcement Ottawa would increase the threshold to 500,000 new arrivals annually. 

This number is double what the Harper government sought and is in line with analysts like Doug Saunders, author of Maximum Canada, who believe Canada can sustain a population of 100 million people. 

However, in Quebec, the announcement was greeted with caution. Premier François Legault has warned of the “threat to French” of immigration and refused to raise Quebec’s share from 50,000 to 25 per cent of the national total: 125,000. Last week, Legault said, “We have to find a way, in the 50,000, to have more of them who speak French.”

This is a rejection of the strategy of the Charter of the French Language, Bill 101. In the 1970s, Premier René Lévesque and the father of Bill 101, Camille Laurin, told me the language law’s obligation for immigrants to attend French schools was the solution to declining Francophone birthrates. 

Today, however, non-Francophone immigrants are perceived as a problem. While fluent in French, some speak their mother tongue at home, and many also speak English. This trilingualism, rather than a huge asset, is interpreted by nationalist demographers and pundits as a “decline” in French. Speaking the language is not good enough: immigrants now must be mother-tongue French.  

But much of the Francophonie is found in Muslim Africa. Under the secularism law, Bill 21, practicing Muslims can’t work as teachers, police officers, or in the courts. Two weeks ago, an African driver was handcuffed and detained by Montreal police, for no reason. These are not signs of a welcoming society; one commentator says Legault’s preferred immigrant is “a white millionaire from France.” 

Quebec’s chattering classes are predicting immigration will be the next confrontation between Ottawa and Quebec. Premier Legault wants immigration powers to create his Francophone “nation.” This would mean an expansion of Quebec’s presence abroad, and immigrants applying as if Quebec were a sovereign state.  

As it is, that is how Quebec interprets itself to aspiring immigrants, according to a booklet provided to them. 

The booklet, upon which an online assessment is based, declares “Québec is a French-speaking democratic nation that welcomes immigrants from around the world.” It points out: “Québec society has also made French the language of Government and the Law, as well as the everyday language of work, education … and business.”  

All of which is untrue, as English is constitutionally guaranteed in the courts, there are three English universities, and 1.25 million Anglophone Quebecers. The booklet goes on: “As a state, Québec differs from other provinces in Canada, notably with respect to the impetus of popular will.” Furthermore, the Crown does not exist: “The Lieutenant Governor does not have a seat in the National Assembly, but assents to bills the legislature passes.” The federal government is brushed off as running “military defence, foreign policy and criminal law.” A grade nine student would get an “F” for an essay like this booklet. 

Quebec’s population is 8.6 million people. With a huge influx of immigrants in the rest of the country and reductions in Quebec, it is bound to become a smaller proportion of Canada’s population. 

This offers a “Hobson’s choice” for Quebec nationalists: accept new immigrants as equal to “old stock Québécois,” or shrink to a tiny fraction of the continent. The business community desperately wants the population and the economy to grow, and they see trilingualism is an asset internationally, especially in cosmopolitan Montreal. 

By restricting immigration, Legault’s short-sighted vision is a Quebec “nation” that’s North America’s Finland: a tiny homogenous population in a massive territory. It is yet another example of how nationalism could be suicidal for Quebec and the French fact in Canada. 

Source: Is immigration the next Ottawa-Quebec battle?

Immigration Canada discrimine les étudiants d’Afrique francophone. Voici ce que Québec devrait faire pour y mettre fin

More concerns expressed, somewhat scattered rather than focussed:

La campagne électorale québécoise s’est terminée sur un verdict sans appel. La Coalition Avenir Québec (CAQ) a été reportée au pouvoir face à une opposition divisée et en retrait.

L’heure est au bilan et à l’élaboration des nouvelles orientations du gouvernement. Notamment en matière d’immigration.

Une campagne pénible sur le thème de l’immigration

Il a beaucoup été question d’immigration durant cette campagne. Rarement en des termes qui élevaient le débat, malheureusement. Le premier ministre François Legault a amalgamé l’immigration à des mœurs violentes pouvant heurter les « valeurs » des Québécois. L’ancien ministre de l’Immigration, Jean Boulet a démontré sa méconnaissance des chiffres de son propre ministère lors d’une sortie gênante. En voulant rectifier le tir, le premier ministre en a rajouté en qualifiant une hausse des seuils d’immigration au-delà de 50 000 immigrants par année de « suicidaire ».

Il est tout à fait légitime pour un État de mesurer les impacts de différents seuils d’immigration. Mais si le nouveau gouvernement veut se faire rassembleur, il devrait éviter d’avoir recours à des sifflets à chiens pour les amateurs de théories du déclin.

En tant que professeur dans le domaine de la sociologie politique, je m’intéresse aux dynamiques et transformations sociopolitiques au Québec et au Canada.

Discrimination systémique à Immigration Canada

Lors de son deuxième mandat, le gouvernement caquiste doit aborder les enjeux liés à l’immigration d’une façon moins frileuse et plus ambitieuse.

Paradoxalement, dans un contexte où plusieurs partis à l’Assemblée nationale adhèrent à une forme ou à une autre de nationalisme, aucune formation ne semble s’inquiéter de la diminution du poids démographique du Québec et de la francophonie au sein de la fédération canadienne, confirmée par les dernières données publiées par Statistique Canada.

Or, le développement de la francophonie canadienne et des institutions francophones au Québec devra passer, entre autres choses, par une immigration en provenance des pays d’Afrique francophone et par une plus grande ouverture à l’égard de celle-ci.

En lien avec ce premier enjeu, un deuxième doit être abordé et dénoncé de façon beaucoup plus frontale par l’Assemblée nationale à Québec, soit celui des obstacles posés par le gouvernement fédéral, par Immigration Canada pour être précis, aux étudiants·e·s de la francophonie noire africaine qui cherchent à étudier dans une institution francophone au Québec.

Ces étudiants·e·s subissent un taux de refus nettement supérieur aux étudiants·e·s appliquant dans les institutions anglophones : ce taux se situe autour de 60 % au Québec, 45 % en Ontario et 37 % en Colombie-Britannique. Les étudiants·e·s d’Afrique francophone sont surreprésentés parmi ces refus. En 2021, le gouvernement canadien a rejeté 72 % des candidatures provenant de pays africains ayant une forte population francophone, contre 35 % pour l’ensemble des autres régions du monde.

Cette situation est documentée et connue à Immigration Canada. Mais combattre cette forme de discrimination ne semble pas la priorité du ministère.

Ça ne semble pas être une priorité du Parti libéral du Canada non plus, en dépit de sa profession de foi antiraciste dans bien d’autres dossiers. Cette situation cause un préjudice d’abord aux étudiants·e·s en question, puis aux établissements d’enseignement supérieur au Québec. C’est pour cette raison que l’Assemblée nationale doit s’en saisir vigoureusement.

Racisme et francophobie

Durant les premiers mois où cette situation a été révélée, deux arguments ont été mis de l’avant par le fédéral pour la justifier : un problème algorithmique (ceux-ci ont le dos large) ; puis, la crainte que ces étudiants·e·s ne retournent pas dans leur pays.

Cette deuxième affirmation avait le mérite d’être claire. Pire, lorsqu’il s’agit de la francophonie noire africaine, le traitement discriminatoire des demandes va au-delà des seuls étudiants. C’est l’ensemble des dossiers qui semble faire l’objet de délais déraisonnables. De nombreux chercheurs africains devant participer à des congrès, comme celui sur sur le sida, qui se tenait cet été à Montréal, ont vu leur demande de visas refusée ou ne l’ont pas reçu à temps, une situation dénoncée par les organisateurs.

Encore là, le gouvernement libéral a l’indignation à géométrie variable.

Dernièrement, Immigration Canada a confessé du bout des lèvres qu’il y avait du racisme, jumelé à de la francophobie, à son ministère. Cela survient près d’un an après que ces pratiques aient été dénoncées par les institutions d’enseignement supérieur francophones.

L’Assemblée nationale du Québec doit dénoncer à l’unanimité cette discrimination.

Québec doit également rectifier le tir

Dans ce dossier, le gouvernement québécois doit lui aussi faire un examen de conscience.

Les signaux envoyés par Québec ces dernières années n’ont pas été attrayants pour les étudiants internationaux. Dans le cadre d’une mesure incompréhensible, le gouvernement a alourdi et allongé le temps de résidence nécessaire au Québec pour les étudiants internationaux souhaitant y demander la résidence permanente ou la citoyenneté.

Or, à la fin de leurs études ces étudiants·e·s bénéficient d’un réseau favorable à leur insertion professionnelle, sociale et culturelle. Pour reprendre une formule du premier ministre Legault, créer des embûches à ces étudiants·e·s est « suicidaire » pour l’attrait des universités québécoises face à leurs rivales des autres provinces.

Jouer les régions contre Montréal nuit aux institutions francophones à Montréal

Un troisième enjeu gagnerait à être réévalué par la nouvelle ministre de l’Éducation supérieure, Pascale Déry.

À la fin de son premier mandat, la CAQ a pris la décision de favoriser la régionalisation des étudiants internationaux dans certains domaines d’études au moyen d’incitatifs financiers s’ils étudient en région.

C’est, en soi, une excellente nouvelle. Les étudiants·e·s internationaux en région dynamisent le tissu social et culturel et ils revitalisent des institutions d’enseignement indispensables à la vitalité des régions. Cependant, on peut se demander s’il est pertinent de jouer les régions contre Montréal sur cet enjeu. Afin de freiner le déclin des institutions d’enseignement francophones à Montréal (toutes connaissent une baisse d’inscriptions cet automne), le gouvernement provincial peut aussi agir en les aidant à attirer des étudiants internationaux francophones à Montréal.

Jouer les régions contre Montréal est de bonne guerre en campagne électorale, mais si le gouvernement est sérieux à l’égard de la situation du français à Montréal, il doit se doter d’un plan pour contribuer au rayonnement de l’enseignement supérieur en français également dans la métropole.

Francophonie métropolitaine : le temps est à l’ambition

En 1967 et 1968, la création du réseau des Cégeps et de l’Université du Québec a favorisé la démocratisation de l’accès à l’éducation en français au Québec.

En 2022, l’objectif de la nouvelle ministre de l’Éducation supérieure pourrait être de faire de ce réseau d’éducation publique un pôle de référence pour la francophonie au Canada et dans le monde. Une première étape de ce programme devrait consister dans un appui systématique aux universités francophones dans leurs tentatives d’attirer des étudiants de la francophonie canadienne.

Dans un contexte où les campus francophones hors Québec subissent des compressions alarmantes et où règnent un climat de francophobie à l’Université d’Ottawa, qui a pourtant, sur papier, le mandat de célébrer la francophonie, le gouvernement québécois doit se montrer plus attrayant, plus agressif et plus ambitieux.

En somme, la CAQ doit se doter d’une stratégie cohérente, ambitieuse et moins frileuse en matière d’éducation publique supérieure et d’immigration durant ce deuxième mandat.

L’élaboration d’une telle stratégie pourrait faire l’objet d’une concertation impliquant la ministre Pascale Déry, la nouvelle ministre de l’Immigration, Christine Fréchette, ainsi que Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie ainsi que de l’Innovation et du Développement économique de la région de Montréal. Il faut leur souhaiter de l’ambition dans l’appui au rayonnement des institutions d’éducation publique supérieures, que ce soit à Montréal ou en région.

Ces institutions devront être reconnues et appuyées comme des vecteurs au cœur de l’intégration sociale et culturelle au Québec. Cette stratégie devrait se montrer ambitieuse également en ce qui a trait au développement de collaborations avec les universités de la francophonie africaine, et elle devra envoyer un signal clair en condamnant de façon unanime les pratiques discriminatoires à Immigration Canada.

Source: Immigration Canada discrimine les étudiants d’Afrique francophone. Voici ce que Québec devrait faire pour y mettre fin

Yakabuski: Le Canada, champion mondial d’immigration

Good observations on the contrast between Quebec and the rest of Canada:

Le ministre fédéral de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Sean Fraser, s’apprête à dévoiler de nouvelles cibles en matière d’immigration pour 2023, 2024 et 2025. Et tout indique que l’annonce que M. Fraser fera mardi prochain prévoira une nouvelle hausse du nombre de résidents permanents par rapport aux dernières cibles, celles-là annoncées il y a un an à peine. Alors que le Québec promet de plafonner ses seuils d’immigration autour de 50 000 nouveaux résidents permanents par année, le reste du Canada, lui, s’apprêterait à bientôt accueillir plus de huit fois ce nombre. Nul besoin d’être économiste ou démographe pour anticiper les conséquences à court et à long termes de ces positions discordantes.

Déjà, le Québec voit sa part d’immigrants fondre comme peau de chagrin d’année en année. Destination de 19,2 % des immigrants arrivés au Canada entre 2006 et 2011, le Québec n’accueillait plus que 15,3 % des immigrants entrés au pays entre 2016 et 2021. Les données provenant du dernier recensement publiées cette semaine par Statistique Canada témoignent de l’énorme transformation démographique que connaît le Canada anglais, et ce, même en dehors de ses plus grandes métropoles.

À Hamilton et à Winnipeg, deux villes ayant une population semblable à celle de Québec, la proportion d’immigrants s’élève maintenant à plus de 25 % ; dans la Vieille Capitale, à peine 6,7 % des résidents sont nés en dehors du Canada. Dans la ville de Saguenay, une proportion famélique de la population est issue de l’immigration, soit 1,3 %, alors qu’à Red Deer et à Lethbridge, des villes albertaines de tailles semblables, les proportions sont de 16,9 % et de 14,4 %, respectivement.

Les chiffres frappent encore davantage l’imagination lorsque l’on tient compte des enfants des immigrants. Dans la grande région de Toronto, par exemple, presque 80 % des résidents sont immigrants de première ou de deuxième générations, selon une analyse des données du recensement effectuée par le démographe Doug Norris, de la firme torontoise Environics. À Montréal, environ 46 % des résidents sont immigrants ou enfants d’immigrants. Bien qu’il s’agisse d’une proportion passablement élevée, c’est moins qu’à Vancouver (73 %), qu’à Calgary (55 %) ou qu’à Edmonton (50 %).

Selon les résultats d’un sondage publié cette semaine par Environics, et effectué pour le compte de L’Initiative du siècle, les Canadiens sont plus favorables que jamais à l’immigration. Ceci n’est pas surprenant ; plus de 40 % des Canadiens sont immigrants ou enfants d’immigrants. On peut s’attendre à ce que ces gens aient un parti pris en faveur de l’immigration.

Mais le consensus canadien en matière d’immigration s’étend bien au-delà des communautés culturelles du pays. « Alors même que le pays accueille plus de 400 000 nouveaux arrivants par année, sept Canadiens sur dix soutiennent les seuils actuels d’immigration — la plus forte majorité en 45 ans de sondages Environics, a fait remarquer Lisa Lalande, présidente de L’Initiative du siècle, un organisme qui prône une politique d’immigration ayant pour but d’augmenter la population canadienne à 100 millions de personnes en l’an 2100. Malgré la rhétorique chargée sur l’immigration durant la campagne électorale provinciale, les Québécois appuient tout autant l’accueil des immigrants et des réfugiés que les Canadiens ailleurs au pays. »

Or, le sondage d’Environics fut mené en septembre, alors que la Coalition avenir Québec (CAQ) promettait de maintenir les seuils d’immigration à 50 000 dans la province. Donc, l’expression « les seuils actuels d’immigration » n’a pas le même sens ici qu’ailleurs au Canada. Au Québec, ces seuils sont plutôt modestes ; dans le reste du Canada, ils sont très élevés.

Les 50 000 résidents permanents que le Québec s’engage à accueillir chaque année équivalent à environ 0,6 % de la population, et cette proportion est appelée à diminuer au fur et à mesure que la population augmentera. Les seuils d’immigration ailleurs au Canada s’élèvent à environ 1,2 % de la population par année, alors que cette population augmente à un rythme beaucoup plus rapide qu’au Québec. Au lieu de 400 000 nouveaux arrivants par an, c’est près de 500 000 immigrants que le reste du Canada pourrait bientôt en accueillir. Et des voix s’élèvent pour qu’Ottawa fasse preuve d’encore plus d’ambition en matière d’immigration.

« Bien que les chiffres absolus semblent élevés, ils doivent en fait être plus élevés encore en raison des défis démographiques du Canada, ont insisté pour dire l’ex-ministre libéral de l’Innovation, Navdeep Bains, et son ancien chef de cabinet, Elder Marques, dans un article publié la semaine dernière dans le National Post. Au début du XXe siècle, un Canada beaucoup plus petit accueillait autant d’immigrants que le Canada le fait aujourd’hui… Un Canada plus grand, plus riche et plus outillé nous attend si nous sommes prêts à faire le saut. »

Source: Le Canada, champion mondial d’immigration

Police can’t pull over a driver without cause, Quebec Superior Court rules in racial profiling case

Of note. Significant:

Police motor vehicle stops without cause are a violation of the Canadian Charter of Rights and Freedoms, Quebec Superior Court ruled Tuesday.

The decision won’t put an end to racial profiling overnight, Judge Michel Yergeau wrote in his ruling, but the court is allowing a six-month delay until the rules allowing random stops are officially invalid.

“Racial profiling does exist. It is not a laboratory-constructed abstraction. It is not a view of the mind. It is a reality that weighs heavily on Black communities. It manifests itself in particular among Black drivers of motor vehicles,” Yergeau said.

“Charter rights can no longer be left in thrall to an unlikely moment of epiphany by the police. Ethics and justice must go hand in hand to turn this page.”

The time has come for the judicial system to recognize and declare that this “unbounded power” violates some right guaranteed to the community, the court said.

Montrealer leads charge for change

This decision comes after Montrealer Joseph-Christopher Luamba, a 22-year-old Black man, told the court he gets ready to pull over whenever he sees a police cruiser.

In the 18 months after he got his driver’s licence in March 2018, Luamba said he was stopped by police around 10 times for no specific reason. He said he was driving a car during about half the stops and was a passenger in another person’s car during the other police stops.

Those traffic stops were at the heart of the lawsuit that he filed against the Canadian and Quebec governments. The case began in May of this year.

Luamba said he believes he was racially profiled during the traffic stops — none of which resulted in a ticket. Common law has long allowed Canadian police to stop people for no reason, but Luamba has been fighting for the practice to be declared unconstitutional.

“I was frustrated,” he told the court. “Why was I stopped? I followed the rules. I didn’t commit any infractions.”

Lawyers for Luamba and the Canadian Civil Liberties Association, which has intervener status in the case, told the court that the power of police to randomly stop drivers, outside of drunk driving checkpoints, is unconstitutional and enables racial profiling.

The court ruled on Tuesday that this practice violates the rights guaranteed by Sections 7 and 9 and paragraph 15 of the Canadian Charter of Rights and Freedoms.

“The preponderant evidence shows that over time, the arbitrary power granted to the police to carry out roadside stops without cause has become for some of them a vector, even a safe conduit for racial profiling against the Black community,” wrote Yergeau in his ruling.

Challenging Supreme Court ruling

Yergeau’s ruling challenges the rules established by a 1990 Supreme Court decision, R. v. Ladouceur, where the high court ruled that police were justified when they issued a summons to an Ontario driver who had been stopped randomly and who had been driving with a suspended licence.

The high court ruled that random stops were the only way to determine whether drivers are properly licensed, whether a vehicle’s seatbelts work and whether a driver is impaired.

But Yergeau wrote it was time for the justice system to declare this power, which violates certain constitutional rights, obsolete and inoperable, as well as the article of Quebec’s provincial Highway Safety Code that allows it.

Still, Yergeau wrote that the ruling applies specifically to the random stops. He said the ruling is not meant to be an inquiry report on systemic racism involving racialized or Indigenous peoples.

The judge also said the ruling is not about racism within police forces, saying the court heard no evidence in this regard, nor did it draw a conclusion.

But he noted that “racial profiling can sneakily creep into police practice without police officers in general being driven by racist values.”

Lawyers for the Canadian and Quebec governments argued that the Supreme Court was right to uphold the rule allowing random stops, which they say is an important tool for fighting drunk driving.

Police forces testified about the different efforts made to curb racial profiling and diversify their rank and file.

There was no immediate word on a possible appeal.

At the federal level, a spokesperson for Minister of Justice David Lametti said in an email that the ministry is aware of the decision and “will take the time to study it before commenting further.”

Source: Police can’t pull over a driver without cause, Quebec Superior Court rules in racial profiling case