Bouchard: Laïcité, méfions-nous du va-t-en-guerre

Always interesting to read Bouchard, with his sensible analysis and recommendations:

Je suis fermement opposé aux pratiques qui viennent d’être exposées dans nos écoles. Elles sont nettement contraires aux valeurs de notre société et il faut y mettre fin. Mais de quelle façon ?

Parti en guerre contre l’islamisme (« On va se battre ») comme si une vague déferlait sur le Québec, M. Legault veut immédiatement sortir l’artillerie lourde : durcir la Loi sur la laïcité de l’État, l’enchâsser dans une constitution, utiliser la disposition de dérogation, « sortir » la religion des écoles et des lieux publics. Il y a certes un problème, mais une intervention précipitée, mal calibrée, pourrait l’aggraver plutôt que de le régler. Nous connaissons mal la situation, des enquêtes viennent tout juste de commencer. Voici quelques questions à considérer.

1) Quelle est l’ampleur du problème ? Gardons-nous de généraliser hâtivement. Nous savons actuellement que moins de vingt écoles sont concernées. Est-ce la pointe de l’iceberg ? Ou l’iceberg lui-même ? Qu’en est-il des 2757 établissements primaires et secondaires recensés au Québec ? Et qu’en est-il des universités et des cégeps ? Nous l’ignorons.

En passant, ce que nous savons des dérapages provient du travail des médias. Sinon, quand le public en aurait-il été informé ?

2) Quelle est la source du problème ? Les situations dénoncées peuvent être imputables à diverses causes : a) les responsables, à tous les niveaux décisionnels, en étaient informés, mais ont choisi de les cacher ; b) les responsables immédiats le savaient et ont fait leur devoir, mais leurs messages se sont « perdus » plus haut ; c) des responsables, à un niveau quelconque, ont jugé que les pratiques concernées ne méritaient pas qu’on s’y attarde ; d) des acteurs, victimes d’intimidation, se sont tus. Encore là, nous ne savons pas.

Il s’agissait peut-être de peu de choses au départ. Le problème a pu s’accentuer à la faveur de l’inaction prolongée des gestionnaires. Dans le cas de l’école Bedford, on sait que les transgressions avaient cours depuis sept ans. Il est troublant que le ministère de l’Éducation n’ait pas été saisi de ces écarts ou que, l’ayant été, il n’ait rien fait.

3) Un problème d’intégration culturelle ? Il paraît clair que des éléments très localisés (jusqu’à preuve du contraire) d’un fondamentalisme islamique s’activent dans les écoles. Fondamentalisme ? J’entends par là le fait de a) reconnaître une priorité absolue à des valeurs religieuses ; b) se fermer à tout assouplissement ; c) s’adonner à l’endoctrinement.

Ce semble être un phénomène neuf ici. Aucune mention n’en a été faite au cours des nombreuses consultations conduites auprès de la communauté scientifique et auprès du grand public par la commission que j’ai coprésidée avec Charles Taylor.

Nous faisons face à un choc culturel. Qu’il soit ou non le fait d’une nouvelle génération, il témoigne d’un rejet de valeurs primordiales promues par notre société. Nous devons mieux connaître les conditions dans lesquelles des catégories de croyants en viennent à se comporter d’une manière inacceptable dans des institutions aussi névralgiques que le système scolaire.

4) Interdire les prières en public ? Qu’entend-on exactement par là ? On parle des attroupements de fidèles accomplissant un rituel religieux sur un trottoir ou une place. Qu’est-ce qu’un attroupement : deux personnes ? Cinq ? Dix ? Visera-t-on aussi le dévot qui, devant l’oratoire Saint-Joseph, s’arrête pour faire une génuflexion et le signe de la croix ? Qu’entend-on par « lieux publics » ? Par « prières » ? Comment démêler le religieux et le spirituel ? Et qu’advient-il des droits fondamentaux ? Enfin, toutes les religions seront-elles visées ? On aura noté que le premier ministre ne parle que des « islamistes ».

Bonne chance aux spécialistes qui rédigeront les nouvelles directives. Et bonne chance à ceux et celles qui devront les appliquer.

5) « Sortir » le religieux des écoles ? Comment procédera-t-on ? Il faudra distinguer l’endoctrinement et l’enseignement des religions, statuer sur les anciens séminaires laïcisés subventionnés par l’État et qui abritent une chapelle encore active. Et si notre premier ministre est cohérent, il devra fermer les écoles religieuses. Osera-t-il le faire ? Sinon, qui le prendra au sérieux ?

Selon un texte de Radio-Canada (avril 2022), notre gouvernement subventionnerait cinquante établissements privés ayant « une vocation religieuse explicite ».

6) Quoi faire ? Comment ? Comment contrer les expressions répréhensibles de convictions profondément enracinées dans le religieux ? Cette tâche appelle de la prudence et du doigté dictés par une approche réfléchie, expérimentée. Possédons-nous les outils psychologiques et sociologiques requis ?

Nous avons un centre de prévention de la radicalisation créé par la Ville de Montréal depuis une dizaine d’années. Il a fait ses preuves, surtout à l’échelle des individus, sauf erreur. Disposons-nous d’une expertise spécifique sur le plan collectif ? Saurons-nous traiter correctement des réalités aussi complexes, potentiellement explosives ?

7) Une déchirure sociétale à la française ? Des interventions à l’emporte-pièce pourraient donner à court terme l’illusion d’un succès, mais elles pourraient aussi activer le feu qu’on voulait éteindre. Évitons, si possible, de reproduire ici la situation de la France : un clivage profond, terreau de violences, devenu ingérable.

Au premier ministre de jouer…

Quel parti va prendre M. Legault ? Cédant à l’émoi du moment et en quête d’un gain électoral facile, va-t-il choisir d’en découdre et risquer de provoquer un durcissement, d’ériger un mur ? Ou optera-t-il pour la prudence afin d’y voir plus clair avant d’agir ?

Ce texte n’est pas une invitation à la complaisance ou à la mollesse. C’est une invitation à donner une chance à la prévention (sensibilisation, mises en garde, négociations, mises au pas, sanctions au besoin) avant de recourir à l’artillerie lourde. C’est une invitation à bien baliser le parcours avant de s’y engager. Et n’excluons pas que le cadre juridique actuel, appliqué rigoureusement, puisse offrir les moyens de ramener les choses à l’ordre. C’est ce que croient plusieurs juristes.

Source: Laïcité, méfions-nous du va-t-en-guerre

I strongly oppose the practices that have just been exposed in our schools. They are clearly contrary to the values of our society and must be put to an end. But in what way?

Gone to war against Islamism (“On va se battre”) as if a wave was sweeping over Quebec, Mr. Legault immediately wants to take out the heavy artillery: toughen the Law on the Secularism of the State, enshrine it in a constitution, use the exemption provision, “take” religion out of schools and public places. There is certainly a problem, but a hasty, poorly calibrated intervention could aggravate it rather than solve it. We do not know much about the situation, investigations have just begun. Here are some questions to consider.

1) What is the extent of the problem? Let us be careful not to generalize hastily. We currently know that less than twenty schools are affected. Is this the tip of the iceberg? Or the iceberg itself? What about the 2757 primary and secondary schools identified in Quebec? And what about universities and CEGEPs? We do not know it.

By the way, what we know about skids comes from the work of the media. Otherwise, when would the public have been informed?

2) What is the source of the problem? The situations denounced can be attributed to various causes: a) those responsible, at all decision-making levels, were informed, but chose to hide them; b) the immediate officials knew it and did their duty, but their messages were “lost” above; c) those responsible, at some level, judged that the practices concerned did not deserve to be dwelling on; d) actors, victims of intimidation, fell silent. Again, we don’t know.

It may have been a few things at the beginning. The problem may have been exacerbated by the prolonged inaction of managers. In the case of the Bedford School, we know that the transgressions had been taking place for seven years. It is disturbing that the Ministry of Education has not been seized of these discrepancies or that, having been, it has done nothing.

3) A problem of cultural integration? It seems clear that very localized elements (until proven otherwise) of Islamic fundamentalism are being activated in schools. Fundamentalism? I mean a) recognizing absolute priority to religious values; b) closing to any relaxation; c) indocting indoctrination.

It seems to be a new phenomenon here. No mention of this was made during the many consultations conducted with the scientific community and with the general public by the commission that I co-chaired with Charles Taylor.

We are facing a cultural shock. Whether or not it is the fact of a new generation, it testifies to a rejection of primordial values promoted by our society. We need to better understand the conditions under which categories of believers come to behave in an unacceptable way in institutions as neuralgic as the school system.

4) Prohibit prayers in public? What exactly do we mean by that? There is talk of crowds of worshippers performing a religious ritual on a sidewalk or square. What is a crowd: two people? Five? Ten? Will we also aim at the devotee who, in front of the Saint-Joseph oratory, stops to make a genuflection and the sign of the cross? What is meant by “public places”? By “prayers”? How to disentangle the religious and the spiritual? And what happens to fundamental rights? Finally, will all religions be targeted? It will have been noted that the Prime Minister only speaks of “Islamists”.

Good luck to the specialists who will write the new guidelines. And good luck to those who will have to apply them.

5) “Take out” the religious from schools? How will we proceed? It will be necessary to distinguish the indoctrination and the teaching of religions, to rule on the old secularized seminars subsidized by the State and which house a chapel that is still active. And if our prime minister is consistent, he will have to close religious schools. Will he dare to do it? Otherwise, who will take it seriously?

According to a text from Radio-Canada (April 2022), our government would subsidize fifty private institutions with “an explicit religious vocation”.

6) What to do? How? How to counter the reprehensible expressions of convictions deeply rooted in the religious? This task calls for prudence and tact dictated by a thoughtful, experienced approach. Do we have the necessary psychological and sociological tools?

We have a radicalization prevention center created by the City of Montreal for about ten years. It has proven itself, especially at the level of individuals, unless I am mistaken. Do we have specific expertise at the collective level? Will we be able to properly deal with such complex, potentially explosive realities?

7) A French societal tear? Cookie-cutter interventions could give the illusion of success in the short term, but they could also activate the fire we wanted to put out. Let’s avoid, if possible, reproducing here the situation of France: a deep cleavage, a breeding ground for violence, which has become unmanageable.

It’s up to the Prime Minister to play…

Which side will Mr. Legault? Giving in to the emotion of the moment and in search of an easy electoral gain, will he choose to fight and risk causing a hardening, erecting a wall? Or will he opt for caution in order to see more clearly before acting?

This text is not an invitation to complacency or softness. It is an invitation to give prevention a chance (awareness, warnings, negotiations, steps, sanctions if necessary) before resorting to heavy artillery. It is an invitation to mark the course before committing to it. And let’s not rule out that the current legal framework, rigorously applied, can offer the means to bring things back to order. This is what many lawyers believe.



Legault se présente comme un rempart devant la menace Trump et la menace «islamiste»

Suspect there is support beyond Quebec given some of the disruptions of Gaza demonstrations that involve prayer:

Au terme d’une saison politique marquée par des entorses à la laïcité dans les écoles québécoises, il a dit songer à légiférer pour interdire la prière dans l’espace public. « Moi, de voir du monde à genoux dans la rue faire des prières, je pense qu’il faut se poser la question. Je ne pense pas que c’est quelque chose qu’on devrait voir », a-t-il déclaré au moment de clore les travaux parlementaires pour la pause des Fêtes.

« On regarde toutes les possibilités, incluant l’utilisation de la clause dérogatoire. On ne souhaite pas voir des prières dans les rues », a-t-il ajouté. À son avis, la prière doit se faire « dans une église, dans une mosquée, mais pas dans les lieux publics ». « De voir des gens qui prient dans les rues, dans des parcs publics, ce n’est pas quelque chose qu’on souhaite au Québec », a-t-il soutenu.

….« Les exemples qu’on a vus, c’était de l’islamisme, ce n’était pas d’autres religions », a-t-il dit à propos des cas médiatisés d’écoles publiques dans lesquelles des enseignants ont transgressé les principes de la Loi sur la laïcité de l’État.

À un journaliste qui lui demandait de faire la nuance entre l’islam (une religion) et l’islamisme (un mouvement politique et religieux), M. Legault a offert une réponse au sujet des valeurs québécoises. « Écoutez, je ne suis pas dans la tête de ces gens-là pour voir c’est quoi, leur volonté, mais ce que je sais, c’est que quand on empêche à une petite fille de faire du sport, ça ne respecte pas les valeurs du Québec. »…

Source: Legault se présente comme un rempart devant la menace Trump et la menace «islamiste»

Québec exige la fin de l’exemption religieuse pour la propagande haineuse

Thorny issue, given some of the examples where appears needed and others where more questionable:

Ottawa a démontré peu d’ouverture à une demande du ministre de la Justice du Québec, Simon Jolin-Barrette, qui ne veut plus que le Code criminel permette à des individus de se livrer à de la propagande haineuse « sous le couvert de la foi ». Pour toute réponse, le gouvernement Trudeau a suggéré au ministre québécois de collaborer à l’avancement d’un projet de loi fédéral sur « les préjudices en ligne ».

Le ministre Jolin-Barrette a envoyé une lettre jeudi à son homologue canadien, Arif Virani, afin de lui demander d’abroger deux articles du Code criminel qui contreviennent, selon son interprétation, au principe de laïcité de l’État.

Ces articles — 319 (3) (b) et 319 (3.1) (b) — font partie d’une courte de liste d’exceptions pouvant être évoquées face à des accusations d’avoir fomenté volontairement la haine ou l’antisémitisme. Ils permettent à un accusé de se défendre en faisant valoir le fait d’avoir, « de bonne foi, exprimé une opinion sur un sujet religieux ou une opinion fondée sur un texte religieux auquel il croit », ou d’avoir « tenté d’en établir le bien-fondé par argument ».

De l’avis du ministre Jolin-Barrette, « cette justification est actuellement exploitée pour légitimer des propos discriminatoires ou incendiaires sous le couvert de la foi ». « Ce genre de discours contribue à un climat toxique, menaçant la sécurité et le bien-être des personnes visées », a-t-il écrit au ministre Virani.

Le cabinet du ministre Virani a fait suivre une réponse au Devoir. La directrice adjointe aux communications, Chantalle Aubertin, y a écrit qu’en guise d’« action décisive », Ottawa avait présenté la Loi sur les préjudices en ligne, « une mesure globale visant à lutter contre la propagation des discours haineux, tant en ligne que dans nos communautés ».

« Nous apprécions les observations du ministre Jolin-Barrette et restons déterminés à travailler ensemble pour trouver des solutions », a-t-elle ajouté. « Nous l’encourageons à collaborer avec les parlementaires afin de soutenir l’avancement de la Loi sur les préjudices en ligne en comité, garantissant ainsi que nous disposons des outils nécessaires pour combattre efficacement la haine », a ensuite suggéré Mme Aubertin….

Source: Québec exige la fin de l’exemption religieuse pour la propagande haineuse

Ottawa has shown little openness to a request from Quebec’s Minister of Justice, Simon Jolin-Barrette, who no longer wants the Criminal Code to allow individuals to engage in hateful propaganda “under the guise of faith”. For any response, the Trudeau government suggested that the Quebec minister collaborate in the progress of a federal bill on “online damage”.

Minister Jolin-Barrette sent a letter on Thursday to his Canadian counterpart, Arif Virani, asking him to repeal two articles of the Criminal Code that, according to his interpretation, contravene the principle of secularism of the State.

These articles – 319 (3) (b) and 319 (3.1) (b) – are part of a short list of exceptions that can be raised in the face of accusations of having voluntarily fomented hatred or anti-Semitism. They allow an accused to defend himself by asserting the fact that he has, “in good faith, expressed an opinion on a religious subject or an opinion based on a religious text in which he believes”, or that he has “tried to establish its merits by argument”.

In the opinion of Minister Jolin-Barrette, “this justification is currently exploited to legitimize discriminatory or incendiary remarks under the guise of faith”. “This kind of speech contributes to a toxic climate, threatening the safety and well-being of the people targeted,” he wrote to Minister Virani.

Minister Virani’s office forwarded a response to the Duty. Assistant Director of Communications, Chantalle Aubertin, wrote that as a “recisive action,” Ottawa had introduced the Online Injuries Act, “a comprehensive measure to combat the spread of hate speech, both online and in our communities.”

“We appreciate Minister Jolin-Barrette’s comments and remain determined to work together to find solutions,” she added. “We encourage her to work with parliamentarians to support the progress of the Online Damages Act in committee, thus ensuring that we have the necessary tools to effectively combat hatred,” Ms. Aubertin then suggested.

Kermalli | Students went on a field trip to learn about Islamic contributions to sciences and arts. It never should have taken an ugly turn

Worth reflecting upon:

…When are we ever going to be open and embrace, rather than push away or feel threatened by cultures different from our own?

Last week, I chose to observe a Simchat Torah service at a synagogue with a longtime Jewish friend. Simchat Torah is a joyous holiday that celebrates the conclusion of the annual cycle of public Torah readings, and as a Muslim, one I could resonate with, given Islam’s own reverence toward the Quran and acceptance of both the Jewish Torah and the Christian Gospels. It proved to be a wonderful experience and many congregants thanked me for “honouring the ceremony” with my presence. This took me by surprise, because it was in fact I who felt grateful for being permitted to attend the ceremony.

The experience also reminded me of the Quranic verse (49:13): “Oh mankind! We made you into nations and tribes, that ye may know each other (not that ye may despise (each other).”

But the children and staff who attended the exhibition last week would not have taken in that core teaching. Because the racially infused pressure on the school board worked: The Quranic recitation was dropped from the program.

And Jewish families can take additional comfort in the announcement Monday that the Ford government will pour $551,000 this coming Holocaust Education Week to double down on combating antisemitism.

Source: Opinion | Students went on a field trip to learn about Islamic contributions to sciences and arts. It never should have taken an ugly turn


Libre opinion | Bedford, la laïcité et le refus du silence mou

Of note:

Je suis nouvellement enseignant de français de 1re secondaire dans une école dont la population (tant d’élèves que d’enseignants) est à 90 % arabo-musulmane.

Je gérais récemment une crise avec ma direction d’école pour (1) avoir utilisé en classe à plusieurs reprises le mot en n (dans un contexte où un de mes élèves noirs l’avait lui-même d’abord utilisé, piégeant un de ses pairs en le lui faisant répéter pour mieux l’en accuser ensuite, et pour expliquer la différence entre citer et insulter), et (2) avoir fait mon coming out en classe (en saisissant une occasion qui m’était offerte de conscientiser mes élèves à cette réalité par mon exemple).

Dans la même conversation avec la direction, j’ai indiqué que, par intérêt et curiosité envers mes élèves et mes collègues, depuis mon embauche, j’avais commencé à lire le Coran.

La direction, déjà plutôt froide, s’est refroidie encore plus. On a dit ne pas vouloir devenir un deuxième Bedford, que l’école était laïque et qu’on n’y parlait pas de religion. Je suis resté bouche bée. On n’y parle pas de religion, mais la plupart des filles y portent le voile ; on n’y parle pas de religion, mais la plupart des garçons trop bavards s’y lancent des Inchallah ! d’un bout à l’autre de la classe ; on n’y parle pas de religion, mais quand on y a posé des pancartes contre l’homophobie, la transphobie, etc., elles ont été enlevées massivement, tant par le personnel que par les élèves.

Bref, si on n’y parle pas de religion, on ne fait pas grand-chose contre ses manifestations — des plus inoffensives aux plus nocives. C’est ce que fait le silence mou.

Je suis resté bouche bée parce que ce qui était impliqué, c’est que moi, le gai militant, je risquais d’imposer l’islamisme à mes élèves et dans mon école. Laissez-moi rire ! Quand j’étais à la Commission de la relève de la Coalition avenir Québec, je scandalisais plutôt par mon hyperlaïcité en proposant que la toponymie québécoise (noms de villes, de rues, etc.) soit débarrassée de ses « Saint » et de ses « Sainte ».

Ce que j’ai dit à la direction, après être resté bouche bée une demi-seconde, c’est que la laïcité ne consiste pas à nier l’existence de la religion, mais à chercher à ce que son emprise sur les décisions — politiques surtout, mais personnelles aussi — diminue de plus en plus. C’est une des missions que je me suis données comme enseignant, moi qui mets sur un pied d’égalité, dans mes échanges avec la classe, les mythes juifs, les mythes chrétiens, les mythes musulmans, etc.

Voilà ce qui arrive quand on se contente de s’efforcer de ne pas parler des choses : on a une réaction épidermique au nom d’une chose, sans comprendre ce qu’elle est au fond. C’est du fétichisme, c’est du totémisme, c’est de l’animisme. Les mots ne sont rien ; les choses sont tout. Craignez moins les mots et plus les choses. Parce qu’éviter de parler de religion est le meilleur moyen de faire le lit de l’intégrisme religieux.

Source: Libre opinion | Bedford, la laïcité et le refus du silence mou

I am a new 1st secondary French teacher in a school whose population (both students and teachers) is 90% Arab-Muslim.

I was recently managing a crisis with my school management for (1) having used the n-word several times in class (in a context where one of my black students had first used it himself, trapping one of his peers by making him repeat it to better accuse him then, and to explain the difference between quoting and insulting), and (2) having made my come out in class (by seizing an opportunity offered to me to make my students aware of this reality by my example).

In the same conversation with management, I indicated that, out of interest and curiosity towards my students and colleagues, since my hiring, I had started reading the Koran.

The direction, already rather cold, cooled even more. We said we didn’t want to become a second Bedford, that the school was secular and that we didn’t talk about religion. I was left speechless. We don’t talk about religion, but most girls wear the veil there; we don’t talk about religion, but most of the boys who are too talkative go into it inchallah! From one end of the class to the other; we do not talk about religion, but when we put up signs against homophobia, transphobia, etc., they were massively removed, both by staff and students.

In short, if we don’t talk about religion, we don’t do much about its manifestations – from the most harmless to the most harmful. This is what soft silence does.

I was left speechless because what was involved was that I, the gay activist, risked imposing Islamism on my students and in my school. Let me laugh! When I was in the Commission de la relève de la Coalition avenir Québec, I was rather scandalized by my hypersecularism by proposing that Quebec toponymy (names of cities, streets, etc.) be cleared of its “Saints” and “Saints”.

What I told the management, after remaining open-mouthed for half a second, was that secularism does not consist of denying the existence of religion, but in seeking that its grip on decisions – especially political, but also personal – decreases more and more. This is one of the missions I have given myself as a teacher, I who put on an equal footing, in my exchanges with the class, Jewish myths, Christian myths, Muslim myths, etc.

This is what happens when you just try not to talk about things: you have an epidermal reaction to the name of a thing, without understanding what it is basically. It’s fetishism, it’s totemism, it’s animism. Words are nothing; things are everything. Fear less words and more things. Because avoiding talking about religion is the best way to make the bed of religious indegrism.

ICYMI: Lisée | Le défroqué de la laïcité

More on laïcité and the Bedford school teachers imposing Islamic indoctrination and government funding of religious schools:

François Legault avait une décision lourde de sens à prendre cette semaine. Son parti allait-il garder le flambeau de la laïcité, dans la foulée de l’adoption il y a cinq ans de la loi sur ce sujet, ou allait-il signifier aux Québécois que sa soif de laïcisation était étanchée et qu’il n’irait pas plus loin ?

L’occasion est belle. Le Québec de 2024 continue à financer une cinquantaine d’écoles primaires et secondaires qui offrent, entre les mathématiques et le français, des cours où la religion — une religion, la bonne, évidemment — est inculquée aux enfants. Les traités internationaux protègent le droit des parents d’envoyer leurs enfants dans une école religieuse. Rien n’oblige cependant les États à les financer. Elles ne peuvent cependant ouvrir, au Québec, que si elles obtiennent une homologation, démontrant qu’elles offrent correctement le curriculum normal, avec des professeurs qualifiés, en plus de leur enseignement religieux. C’est pourquoi des écoles hassidiques à Montréal, ou une école catholique intégriste à Lévis, par exemple, font l’objet d’enquêtes et, parfois, de sanctions.

Dans la foulée du scandale de l’école Bedford, une école publique, donc laïque, qui, pendant sept ans, fut la cible d’entrisme religieux, le Parti québécois a présenté une motion offrant de franchir un nouveau pas dans la sécularisation de la nation : mettre fin aux subventions aux écoles privées religieuses. Que dit le ministère québécois de l’Éducation sur l’ampleur du phénomène ? Rien du tout. Il n’en tient pas le compte. Le dernier relevé crédible fut produit l’an dernier par la journaliste radio-canadienne Laurence Niosi : c’est à hauteur de 60 % que sont financées, selon son décompte, 27 écoles catholiques, 14 écoles juives, 4 écoles musulmanes, 2 écoles protestantes évangéliques, 2 écoles arméniennes et 1 école grecque orthodoxe. Pour un coût de 161 millions de dollars par an.

On savait Québec solidaire partant, depuis sa création, pour cette étape de la laïcisation. Le Parti libéral du Québec, lui, était réticent. Mais il a saisi l’occasion et a déclaré jeudi : « On est rendus là. » Il y aurait du Marwah Rizqy dans cette évolution que je ne serais pas surpris. Restait la Coalition avenir Québec (CAQ). Pensez-vous un instant qu’en leur for intérieur, Bernard Drainville et Jean-François Roberge, pour ne nommer qu’eux, souhaitent retarder le groupe ? À l’interne, à la CAQ, une source explique qu’on en a déjà assez sur le dos avec les cas comme ceux de Bedford, qu’on n’a pas un vrai portrait de la situation de ces autres écoles, qu’on ne veut pas ouvrir le débat plus large sur l’école à trois vitesses et que, si elles enseignent correctement le curriculum, pourquoi en vouloir aux écoles religieuses visées par la motion ?…

Source: Lisée | Le défroqué de la laïcité

Le Devoir Éditorial | Agir sur trois fronts à l’école Bedford, Yakabuski: Religion in public schools is roiling Quebec politics once again

Of note:

À la suite de l’épouvantable scandale de l’école primaire Bedford, dans Côte-des-Neiges, affublée de tous les maux, le débat sur la laïcité est reparti de plus belle à l’Assemblée nationale. Avant de conclure qu’un renforcement de la Loi sur la laïcité de l’État s’impose, les élus seraient avisés de prendre un pas de recul et de poser un diagnostic lucide sur les dérives qui ont compromis tant le projet pédagogique de cette école que le bien-être des enfants et du personnel.

Les problèmes de l’école Bedford, une école publique, offrent un condensé des dérives du réseau scolaire québécois. Ils envoient aussi un strident signal d’alarme que nous ne pouvons ignorer, puisque quatre autres écoles de la région montréalaise font maintenant l’objet de vérifications de la part du ministère de l’Éducation pour des dérives analogues.

En somme, un clan dominant d’enseignants d’origine maghrébine — opposé à un autre groupe de la même appartenance — a pris sur lui d’adapter ou d’ignorer des pans du programme pédagogique pour lui insuffler des valeurs à mi-chemin entre le conservatisme culturel et le prosélytisme religieux au nom de l’islam. Le rapport ne va pas aussi loin, mais il est compris et analysé comme tel dans l’espace public.

Tout y est : le harcèlement, l’intimidation, la violation de la Loi sur la laïcité de l’État, le déni d’assistance et l’humiliation des élèves éprouvant des difficultés d’apprentissage, le refus du français comme langue d’usage, l’iniquité de traitement entre les hommes et les femmes, la démission des enseignants qui ne voulaient pas manger de ce pain-là, l’incurie administrative grâce à laquelle le climat a pourri pendant sept ans, l’incapacité de la direction ou du Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) de venir à bout du problème, les limites de la Loi sur l’instruction publique, la mollesse crasse des instances syndicales, qui n’ont pas su agir dans l’intérêt des enfants, l’incompétence abyssale des enseignants embauchés dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre en éducation qui ne disparaîtra pas de sitôt…

Est-ce vraiment une affaire de laïcité ? La réponse est… complexe. Il y a là en même temps l’expression d’un refus et d’une acceptation du vivre-ensemble : n’oublions pas que le litige oppose des enseignants issus du même creuset. L’école Bedford, c’est plutôt la symbiose parfaite du déni de la laïcité, de la faiblesse dans la gouvernance scolaire et de l’incompétence pédagogique.

Si l’État n’agit pas sur ces trois fronts en simultané, il risque d’instrumentaliser la laïcité pour faire des gains politiques à court terme, en balayant sous le tapis l’impérieuse nécessité d’assainir la gouvernance scolaire et de se doter d’une Loi sur l’instruction publique permettant d’agir sur l’incompétence des enseignants avec plus de célérité. Le rapport d’enquête du ministère de l’Éducation sur l’école Bedford, qui a mené à la suspension du droit d’enseigner de 11 professeurs, est on ne peut plus clair à ce sujet : « aucune conséquence n’est prévue à la [Loi sur l’instruction publique] pour l’enseignant qui ne respecte pas ses obligations ».

Aujourd’hui, le conservatisme musulman est montré du doigt à l’école Bedford. Demain, ce sera le messianisme judaïque ou même le conspirationnisme fantaisiste, pourquoi pas ?

Nous ne pouvons prédire ce que la pénurie de professeurs et les difficultés de recrutement en éducation produiront comme canards boiteux devant la classe. Il y a pour ainsi dire urgence de passer outre la rigidité syndicale et la sacralisation de l’autonomie professionnelle pour faire en sorte que les enseignants ne puissent pas prendre de liberté avec le programme pédagogique, le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes et l’épanouissement des enfants. Il y a aussi des comptes à demander aux directions d’école et aux centres de services scolaires pour s’assurer du respect de leurs obligations dans des délais acceptables.

C’est à ces conditions que nous pourrons aborder l’enjeu de la laïcité, un élément parmi d’autres de cette poudrière. La cohérence entre l’action et le discours sera la bienvenue. Dans la foulée de cette histoire, le Parti libéral du Québec a révisé sa position historique et se dit maintenant opposé au financement public des écoles à vocation religieuse, au nom de l’équité entre les hommes et les femmes. Selon une analyse faite par La Presse, 11 de ces écoles sont lourdement avantagées par l’État, recevant des subventions de 38 millions de dollars et bénéficiant d’avantages fiscaux directs et indirects totalisant 53 millions.

Le premier ministre François Legault a d’abord rejeté une motion à l’Assemblée nationale sur l’abolition du financement public des écoles privées religieuses. Le lendemain, il s’est dit prêt à en débattre de manière réfléchie. C’est la voie à suivre. La patience, le recul et la contribution de la société civile seront nécessaires pour faire en sorte que la neutralité religieuse et l’imputabilité trouvent leur pleine expression dans le système scolaire québécois.

Source: Éditorial | Agir sur trois fronts à l’école Bedford

Following the terrible scandal of the Bedford primary school, in Côte-des-Neiges, adorned with all evils, the debate on secularism has started again in the National Assembly. Before concluding that a strengthening of the Law on the Secularism of the State is necessary, elected officials would be advised to take a step back and make a lucid diagnosis of the excesses that have compromised both the pedagogical project of this school and the well-being of children and staff.

The problems of Bedford School, a public school, offer a summary of the excesses of the Quebec school network. They are also sending a shrill alarm that we cannot ignore, since four other schools in the Montreal region are now being checked by the Ministry of Education for similar drifts.

In short, a dominant clan of teachers of North African origin – opposed to another group of the same membership – has taken it upon himself to adapt or ignore parts of the pedagogical program to instill values halfway between cultural conservatism and religious proselytism in the name of Islam. The report does not go that far, but it is understood and analyzed as such in public space.

Everything is there: harassment, intimidation, the violation of the Law on the secularism of the State, the denial of assistance and the humiliation of students experiencing learning difficulties, the refusal of French as a language of use, the inequality of treatment between men and women, the resignation of teachers who did not want to eat this bread, the administrative negligence thanks to which the climate has rotten for seven years, the inability of the management or the Montreal School Service Center (CSSDM) to overcome the problem, the limits of the Public Education Act, the gross softness of the union bodies, who did not know how to act in the interests of children, abysmal incompetence Of teachers hired in a context of labor shortage in education that will not disappear anytime soon…

Is it really a matter of secularism? The answer is… complex. At the same time, there is the expression of a refusal and acceptance of living together: let’s not forget that the dispute opposes teachers from the same crucible. The Bedford school is rather the perfect symbiosis of the denial of secularism, weakness in school governance and pedagogical incompetence.

If the State does not act on these three fronts simultaneously, it risks instrumentalizing secularism to make short-term political gains, by sweeping under the carpet the imperative need to clean up school governance and to have a law on public education to act on the incompetence of teachers more quickly. The investigation report of the Ministry of Education into the Bedford School, which led to the suspension of the right to teach of 11 teachers, could not be clear on this subject: “no consequences are foreseen in the [Public Education Act] for the teacher who does not respect his obligations”.

Today, Muslim conservatism is pointed out at the Bedford School. Tomorrow, it will be Jewish messianism or even fanciful conspiracy, why not?

We cannot predict what the shortage of teachers and the difficulties in recruiting in education will produce like lame ducks in front of the classroom. It is, so to speak, urgent to go beyond union rigidity and the sacralization of professional autonomy to ensure that teachers cannot take freedom with the pedagogical program, the principle of equality between men and women and the development of children. There are also accountability for school principals and school service centres to ensure that their obligations are met within an acceptable time frame.

It is under these conditions that we will be able to address the issue of secularism, one element among others of this powder keg. Consistency between action and speech will be welcome. In the wake of this story, the Quebec Liberal Party has revised its historical position and is now opposed to public funding for religious schools, in the name of equity between men and women. According to an analysis made by La Presse, 11 of these schools are heavily advantaged by the state, receiving subsidies of 38 million dollars and benefiting from direct and indirect tax benefits totaling 53 million.

Prime Minister François Legault first rejected a motion in the National Assembly on the abolition of public funding for private religious schools. The next day, he said he was ready to discuss it thoughtfully. This is the way to go. Patience, hindsight and the contribution of civil society will be necessary to ensure that religious neutrality and accountability find their full expression in the Quebec school system.

And for background on the controversies, see Yakabuski below:

…Not surprisingly, Mr. Legault and PQ Leader Paul St-Pierre Plamondon have been one-upping each other in recent days in their defence of Quebec’s secularist values. After all, l’affaire Bedford also feeds into concerns, stoked by both leaders, that immigration is threatening Quebec’s identity.

“There is a specific problem in our schools, and it involves religious and ideological infiltration. And in the case of École Bedford, it has to do with Islamist infiltration,” Mr. St-Pierre Plamondon declared. “The number of schools where 75 per cent of students were not born in Quebec is quite high in Montreal. We should study how to achieve more mixing of students to avoid the formation of microcosms.”

Mr. Drainville, a former PQ cabinet minister best known for tabling a charter of Quebec values in 2013, is now on the receiving end of PQ attacks as he seeks to come up with a political response to the École Bedford controversy. Mr. Drainville’s charter served as the inspiration for the CAQ’s Bill 21.

Mr. Plamondon is now calling for an end to Quebec’s long-standing system of subsidizing religious private schools, and is promising a four-year moratorium on “economic” immigration if the PQ wins the next election, set for 2026.

For Mr. Legault, the temptation to seize on the École Bedford case to rebuild his own political capital may be too great to resist. Another battle over religion in public schools might suit him just fine.

Source: Yakabuski: Religion in public schools is roiling Quebec politics once again

Chris Selley: Latest outrages over Muslims give a preview of Quebec’s next referendum

Sigh:

…One might ask him the same about all manner of other religious rites parents impose upon their children, and one might even get a consistent answer. Quebec feminist icon Louise Mailloux once equated baptism and circumcision with rape. When Mailloux ran for the PQ in 2014, then leader Pauline Marois said she “respect(ed) the fact that she has that point of view.”

St-Pierre Plamondon complained, too, about a sign welcoming people to Montreal’s City Hall that features a woman wearing the hijab. “Clearly the issue of religious invasion of public space does not stop at Bedford School,” he wrote.

So, yet again, the goalposts have shifted. The old deal was if you speak French and integrate into society, you’re welcome to practice any religion you like. The more recent deal, under 2019’s Bill 21, is that if you want to wield state power for a living — as a police officer, Crown prosecutor, prison guard or teacher — then you also have to remove any religious symbols while you’re on the job.

Now the mere presence of a hijab on a little girl in a library, or anywhere in public, is problematic in Quebec.

Those who’ve always believed Bill 21 wasn’t punitive enough, including St-Pierre Plamondon, have concluded that Bill 21 must be toughened in response to the scandal at the Bedford elementary school. And it all could have been avoided if the school board had just done its bloody job.

Expect a third referendum to boil down to this: linguistic and religious freedom versus restrictions thereof. That can’t not be ugly — and it won’t work for the Yes side. The referendum would fail, and Canada would still include an even-more-divided Quebec that’s even more out of step with the rest of Canada’s concepts of linguistic and religious freedom.

Source: Chris Selley: Latest outrages over Muslims give a preview of Quebec’s next referendum

Rioux | La solitude des profs

A noter:

…En France, les islamistes s’évertuent à « maintenir un niveau de connaissances faible afin de tuer l’esprit critique et le rationalisme, l’imaginaire et la fiction, ou encore ignorer l’Histoire, qui n’aurait aucun intérêt pour la connaissance de Dieu », dit l’historien Pierre Vermeren. Sans parler de l’éducation sexuelle…

On ne s’étonnera pas que, laissés à eux-mêmes, 56 % des professeurs français s’autocensurent sur la Shoah, le conflit israélo-palestinien, et n’osent plus montrer à leurs élèves la Vénus de Botticelli. Avant l’assassinat de Samuel Paty, ils n’étaient que 38 %. Pourtant, combien sont-ils à se cacher la tête dans le sable sans même oser prononcer le mot « islamisme » ? Face à la démission de ceux qui ne veulent pas faire de vagues, ne vous demandez pas pourquoi les professeurs se sentent abandonnés.

… In France, Islamists strive to “maintain a low level of knowledge in order to kill critical thinking and rationalism, imagination and fiction, or ignore History, which would have no interest in the knowledge of God,” says historian Pierre Vermeren. Not to mention sex education…

We will not be surprised that, left to themselves, 56% of French teachers self-censor the Shoah, the Israeli-Palestinian conflict, and no longer dare to show their students the Botticelli Venus. Before the assassination of Samuel Paty, they were only 38%. However, how many of them hide their heads in the sand without even daring to say the word “Islamism”? Faced with the resignation of those who do not want to make waves, do not ask yourself why teachers feel abandoned.

Source: Chronique | La solitude des profs

Why Indians of almost every political persuasion are backing New Delhi in its dispute with Canada 

Of interest:

…No country should be allowed to evade accountability, and India is no exception. But as Canada pursues justice, Canadians will have to ask themselves some difficult questions. How and why did their country mutate into a haven for convicted and aspiring terrorists? As Ottawa accuses India of bringing terror to the streets of Canada, Canadians should ask: has their government become a facilitator of international terrorism? And finally: are radical ethno-religious chauvinists who pledge loyalty to – and are willing to shed blood for – a noxious fantasy really worth losing the goodwill of the citizens of the world’s most populous democracy?

Kapil Komireddi is the India-based author of Malevolent Republic: A Short History of the New India.

Source: Why Indians of almost every political persuasion are backing New Delhi in its dispute with Canada