Le français, non merci – Language of Immigrants in Quebec

Interesting study on the degree to which Quebec immigrants integrate to French or English-speaking environments (the vast majority of immigrants settle in Montreal where this is an option).

Not totally surprisingly, Latin American and Arab immigrants tend to integrate into francophone environnement, those from China, South Asia and the Philippines remain more anglophone in orientation:

Plus de 200 000 Néo-Québécois, soit 20 % de la population immigrée au Québec, ne parlent pas français. La plupart de ces immigrants, soit 160 000, parlent anglais. En dépit de la sélection prioritaire de candidats connaissant le français — 60 % du total —, l’immigration continue de contribuer au déclin du français, surtout dans la région de Montréal.

C’est ce que signale un portrait des efforts du Québec en matière de francisation et d’intégration intitulé Le Québec rate sa cible. Commandité par la CSN, le Mouvement national des Québécois, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et le Mouvement Québec français, le document exhaustif de 130 pages, rédigé par le chercheur Jean Ferretti de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), s’appuie sur des données du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) et de Statistique Canada ainsi que sur diverses études de chercheurs comme Marc Termotte, Paul Béland, Michel Pagé, Brahim Boudarbat, Gilles Grenier, Patrick Sabourin et Guillaume Marois.

« On dirait que par négligence, le gouvernement du Québec refuse de voir l’impact de l’immigration sur le français à Montréal », a affirmé Jean Ferretti au Devoir.

« La politique migratoire menée depuis 1991 ne permet pas d’atteindre l’objectif du [ministère] de pérenniser le français. Les efforts de sélection ont permis de hausser la part d’immigrants connaissant le français, mais ne sont pas suffisants pour endiguer le déclin du français », écrit Jean Ferretti.

Concurrence linguistique

Le Québec est dans une situation particulière par rapport à d’autres sociétés, note-t-il. « L’adoption de la langue de la majorité par les immigrants ne va pas de soi. À Montréal, la possibilité de vivre dans la langue de son choix et la forte présence des anglophones du Québec créent une situation de concurrence linguistique qui limite les transferts linguistiques vers le français. »

Jean Ferretti cite Paul Béland, qui a démontré que les immigrants de langue maternelle latine ou originaires de la Francophonie, quelle que soit leur langue maternelle, sont enclins à adopter le français, alors que c’est l’inverse pour les immigrants de langue maternelle non latine. Depuis 1971, la proportion des immigrants de langue latine qui adoptent le français a augmenté à 87 %, tandis que le transfert vers le français des immigrants de langue non latine est resté le même en 30 ans, à 15 %.

Ainsi 88 % des Latino-Américains et 90 % des Arabes installés au Québec connaissent le français, alors que plus de 40 % des Chinois et des Sud-Asiatiques ne connaissent pas le français. Dans le cas des Philippins, 58 % d’entre eux ne parlent pas français.

Pour préserver le caractère français du Québec, il importe non seulement de recruter une forte proportion d’immigrants qui connaissent le français, mais il faut choisir parmi les immigrants qui ne connaissent pas le français ceux qui sont les plus aptes à adopter la langue commune, estime l’auteur.

Si le gouvernement du Québec poursuit la même politique en matière d’immigration qu’à l’heure actuelle, le poids démographique des francophones continuera de diminuer. Reprenant les projections des démographes Guillaume Marois et Marc Termotte, les francophones ne représenteraient plus que 75 % de la population du Québec dans 40 ans, contre 82 % en 2006. Si le seuil d’immigration de 50 000 à l’heure actuelle était porté à 65 000 — Philippe Couillard a déjà indiqué son intention d’augmenter le nombre d’immigrants reçus au Québec —, le poids des francophones s’élèverait à 73 %.

De son côté, Marc Termotte évalue qu’avec un seuil de 60 000 immigrants par an, la proportion de francophones sur l’île de Montréal passerait de 52,4 % [donnée de 2011] à 42,3 % en 2056. Ces projections, qui montrent un accroissement de la présence des allophones (de 23 % à 34 %) ne tiennent pas compte des transferts linguistiques au terme de la deuxième génération d’immigrants.

Source: Le français, non merci | Le Devoir

Quebec: Les cours de français boudés par les immigrants

Not a good development but the article offers few reasons to explain the drop from 60 to 40 percent of those taking language training. I have not seen any articles or studies on comparative take-up rates in English Canada (readers please correct or advise):

Environ 60 % des immigrants adultes qui ne connaissent pas le français en arrivant au Québec refusent de suivre les cours de français qui leur sont offerts gratuitement par l’État, une proportion en nette progression ces dernières années.

Selon le rapport annuel de gestion 2014-2015 du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI), des 13 455 immigrants reçus qui déclaraient ne pas connaître le français en 2012, seulement 3689 s’étaient inscrits à un cours de français dans les deux ans qui ont suivi, soit un pourcentage de 27,4 %. Mais comme les cours offerts par le MIDI ne représentent que les deux tiers des cours de français offerts aux nouveaux arrivants, a-t-on précisé au ministère — l’autre tiers est le fait du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS) —, il s’agit d’un peu plus de 40 % des immigrants anglophones ou allophones qui jugent bon d’apprendre formellement le français dans les deux ans qui suivent leur arrivée.

Or en 2008, la proportion était inversée : 60 % des nouveaux arrivants ne connaissant pas le français assistaient aux cours offerts par l’État, évaluait-on au ministère. On s’inquiétait toutefois du fait que 40 % d’entre eux choisissaient de bouder les cours.

Délais et budgets en baisse

On montrait du doigt les longs délais que les immigrants devaient subir avant de pouvoir participer à un cours de français. Ces délais n’ont plus cours aujourd’hui. « En matière de francisation, le Ministère répond à la demande et les budgets sont ajustés en conséquence », a soutenu dans un courriel la porte-parole du MIDI, Karine Baribeau.

Et les budgets sont revus à la baisse : réduction de 1,45 million en 2012-2013, de 809 000 $ en 2013-2014 et de 3,4 millions en 2014-2015, pour un total de 5,7 millions, soit près de 10 % du budget consacré à la francisation des immigrants par le MIDI. Selon la porte-parole, la diminution de l’an dernier est due à une baisse de fréquentation des cours à temps complet alors que le nombre d’immigrants qui suivent des cours à temps partiel s’est maintenu. Près de 10 800 immigrants se sont inscrits au cours à temps complet, soit 15 % de moins qu’il y a deux ans, contre 15 350 à des cours à temps partiel et 3000 à des cours en ligne, pour un total d’un peu plus de 29 000 étudiants de tous les niveaux de connaissance du français.

Source: Les cours de français boudés par les immigrants | Le Devoir

Les Iraniens les plus nombreux à avoir choisi le Québec

Good illustration of how immigrants adapt to revised regulations (changing federal skills preferences leading those rejected to apply to Quebec):

Quel pays a fourni le plus d’immigrants au Québec en 2014, dernière année complète pour laquelle on a la statistique? La France? La Chine? Le Maroc? Haïti? Vous avez tout faux.

La bonne réponse est l’Iran, révèle le plus récent bilan démographique du Québec. Un résultat étonnant puisque ce pays n’apparaît habituellement pas au sommet de ceux de provenance des nouveaux arrivants.

Hormis le cas de la Chine, les immigrants qui entrent au Québec proviennent habituellement de pays francophones, latins à la limite. Or, même si le français a eu un certain rayonnement en Iran, notamment à l’époque du shah, chassé du pouvoir au moment de la révolution islamique de 1979, la place du français au sein des élites s’est amenuisée depuis.

Cette donnée a pris de court les experts en immigration du Centre Urbanisation Culture Société de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

«J’ai été surprise, reconnaît Chantal Girard, démographe de l’ISQ. On a fait des vérifications auprès de l’Immigration et il y aurait comme un effet de concentration», dit-elle, en nous invitant à communiquer directement avec Immigration Québec pour les détails.

Changements à Ottawa

Il semble que les Iraniens qui se font refuser l’entrée au Canada aient décidé de passer par le Québec, quitte à déménager au Canada anglais par la suite.

«Cette variation pourrait être due à des changements apportés par le gouvernement fédéral en 2009», explique Karine Baribeau, porte-parole du ministère de l’Immigration. En effet, c’est à ce moment-là que le Ministère a modifié les domaines de formation recherchés, ce qui a causé le refus de nombreux candidats iraniens, qui n’avaient plus les diplômes privilégiés par le gouvernement fédéral. À ce moment, de nombreux candidats iraniens se seraient tournés vers le Québec et auraient présenté une demande.

«Nous avons donc reçu un nombre élevé de demandes de candidats iraniens de 2009 à 2013. En 2014, on a remarqué que le nombre de demandes reçues revenait tranquillement à la normale. Comme il s’écoule un certain délai entre la sélection par le Québec et l’admission, ça concorderait avec les fluctuations remarquées dans les admissions.»

Près de 6000 Iraniens sont entrés au Québec en 2014, comparativement à environ 3500 Français et 3500 Algériens. Après neuf mois en 2015, le Québec avait accueilli 3084 Iraniens, au deuxième rang des pays de provenance derrière la France.

Source: Les Iraniens les plus nombreux à avoir choisi le Québec | André Dubuc | National

Quebec needs to confront its Islamophobia problem

Quebec Second Gen Economic

More on the challenges faced by Muslims in Quebec by Amarnath Amarasingam and Higham Tiflati. Overall, economic outcomes for immigrants and their children are lower than elsewhere in Canada:

While Islamophobia and anti-Muslim animus exists throughout Canada, the nature of it in Quebec seems to be unique, and quite worrisome. Law-enforcement officials and social workers receive calls from concerned citizens wanting to report “suspicious persons” like a man with a long beard in their neighbourhood, and calls from concerned families asking whether their relative, a new convert to Islam, could become a terrorist.

Muslim students also report that Francophone CEGEPs do not allow their students to create Muslim Students’ Associations (MSAs), a policy not even practiced by Anglophone CEGEPs in Quebec.

Polling data backs up much of what these young people are expressing. A 2015 Quebec Human Rights Commission survey found that 43 per cent of Quebecers believe we should be suspicious of anyone who openly expresses their religion, with 49 per cent expressing some uneasiness around the sight of Muslim veils.

For many Muslim youth, this kind of public scrutiny is deeply alienating. Young Canadians from other ethnic and religious backgrounds have the privilege and the freedom to wrestle with adolescent identity issues in private. These struggles, ones we have all experienced, play out quite differently for Muslim youth.

Aspects of Muslim youth identity, such as whether to wear the hijab, are quite often national debates, discussed on the nightly news, and even find their way into speeches given by the prime minister. The young girl wearing a hijab is not someone who has made a fairly harmless and rudimentary religious choice, but is seen as someone making a political statement about Western values or ways of life.

It is no surprise then that these youth express an emotional exhaustion arising from being constantly watched, scrutinized, and pitied. Fairly mundane activities such as walking down the street or riding the bus become “events,” requiring mental and psychological fortitude. It takes a deep toll on their confidence, self-esteem and sense of inclusion. As Safiya remarked, “Shayma didn’t want to feel like a stranger here any more.”

Safiya, though, is committed to changing her life in Quebec, and changing the way Quebecers see her and her community. She has dreams and goals. “My parents brought me here for a reason,” she says. “Sure, things are not perfect, but I see potential in our Muslim community here in Quebec and if everyone just left it won’t help.”

Source: Quebec needs to confront its Islamophobia problem | Toronto Star

Quebec: Difficile régionalisation de l’immigration

The ongoing problem of attracting and retaining immigrants outside of Montreal (Quebec retains relatively fewer immigrants compared to other provinces save Atlantic Canada):

Même si la très grande majorité des réfugiés syriens attendus au Québec en 2015 et 2016 s’établiront dans la grande région de Montréal, plus d’un millier d’entre eux atterriront en région. Y resteront-ils? Rien n’est moins sûr, car la rétention des populations immigrantes hors des grands centres demeure un défi considérable.

C’est une réalité qui n’est que trop familière à Henry Mbatika. Arrivé de la République démocratique du Congo avec sa famille en 2000, ce père de cinq enfants – dont deux sont nés à Sherbrooke – est maintenant seul de son clan au Québec.

Victime d’une fermeture d’entreprise, sa femme n’arrivait plus à trouver du travail et est partie pour l’Alberta en 2012, où elle travaille dans une usine de PepsiCo, à Lethbridge. Les enfants l’ont suivie et le couple est maintenant écartelé entre les deux provinces.

«On est bien à Sherbrooke: il n’y a pas de racisme, les maisons sont plus abordables qu’à Montréal et il y a beaucoup d’espace», dit M. Mbatika, chargé de projet à la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie et candidat défait à un poste de conseiller lors des élections municipales de 2013. «Le seul problème, c’est l’insertion socioprofessionnelle. C’est le travail.»

Les efforts de régionalisation de l’immigration ont cours au Québec depuis le début des années 90. Et ils ont eu jusqu’ici des résultats mitigés, dit Michèle Vatz-Laaroussi, professeure au département de travail social de l’Université de Sherbrooke et auteure de plusieurs études sur le sujet.

«L’attraction vers les régions, on l’a pas mal travaillée, et ce n’est pas si mal, dit-elle. Mais la rétention [des immigrants et réfugiés] reste difficile. Les Québécois eux-mêmes quittent les régions, alors pourquoi les immigrants y resteraient-ils?» La régionalisation, dit-elle, a souvent des airs de «banlieuisation», la couronne de Montréal attirant un nombre considérable de migrants.

L’Estrie passe pour une des régions qui réussit le mieux à intégrer les populations venues d’ailleurs. Et pourtant, elle est parvenue à retenir à peine 21% de ses nouveaux arrivants entre 2006 et 2011, selon une étude faite au printemps par l’organisme sherbrookois Actions interculturelles de développement et d’éducation (AIDE).

«C’est tout à fait décevant pour la région, dit le directeur général de l’organisme, Mohamed Soulami. Mais le Québec en entier a de la difficulté avec la rétention des personnes immigrantes. Il y a un manque de soutien aux employeurs pour qu’il y ait une ouverture vers l’engagement d’immigrants.»

Subventions salariales

Et pourtant, comme l’a reconnu hier à Montréal le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, «l’emploi, c’est le meilleur endroit pour s’intégrer».

Le ministre a lancé avec sa collègue titulaire du portefeuille de l’Immigration, Kathleen Weil, un appel aux employeurs pour qu’ils embauchent des réfugiés qui s’établiront au Québec dans les prochains mois.

«Les villes sont bien conscientes du défi de rétention. Il faut avoir des milieux accueillants. Ça commence par des entreprises qui disent: “On a besoin de vous”», a dit la ministre Weil.

Source: Difficile régionalisation de l’immigration | JEAN-FRANÇOIS BÉGIN | Politique québécoise

Les réfugiés scolarisés en anglais? | Le Devoir

One of the little details regarding refugee integration in Quebec and the sensitivities re language:

La ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Kathleen Weil, a semé la confusion, mercredi, en affirmant que les commissions scolaires anglophones pourront assurer la formation professionnelle de réfugiés syriens adultes pour ensuite soutenir que tous les efforts de son ministère viseront à les diriger vers des cours en français.

En vertu de la loi 101, tous les enfants d’immigrants doivent fréquenter l’école française. Or, la Commission scolaire anglophone Lester-B.-Pearson (CSLBP) a demandé au gouvernement Couillard de permettre à des enfants de réfugiés syriens de fréquenter ses écoles en invoquant l’article 85.1 de la Charte de la langue française, qui permet des exceptions pour des raisons humanitaires.

Kathleen Weil, tout comme la ministre responsable de la Charte de la langue française, Hélène David, ont refusé, mercredi, d’accéder à cette demande. Toutefois, les immigrants, comme tous les Québécois, ont le choix de leur langue d’enseignement en ce qui a trait à la formation professionnelle, ainsi qu’au cégep et à l’université. Pour la Commission scolaire Lester-B.-Pearson, « il existe toutes sortes de possibilités en matière de formation professionnelle », a indiqué en anglais la ministre de l’Immigration lors d’une conférence de presse en matinée. « J’ai appelé la commission scolaire parce que je comprends ce désir d’aider. »

Priorité au français

Au terme de la réunion du Conseil des ministres en après-midi, Kathleen Weil tenait un discours différent. « La priorité, c’est la francisation, a-t-elle déclaré. Toutes nos actions avec les réfugiés, avec les immigrants, c’est de les orienter vers des cours de français. » Que ce soit à Montréal, à Laval ou à Longueuil, « ils sont là dans un bain linguistique français ».

On ne peut pas travailler en anglais seulement à Montréal. « Non, honnêtement, non, non. Essayez donc, si vous êtes unilingues anglophones, de trouver un emploi à Montréal », a dit la ministre. Du moins, un emploi qui exige un certain « niveau de scolarisation », a-t-elle dû préciser.

Source: Les réfugiés scolarisés en anglais? | Le Devoir

Le PQ doit se rapprocher des non-francophones, dit Péladeau

Recognition is there, and positive reference to Syrian refugees is a start, but it will take time given the legacy of the Quebec Values Charter and other positions:

Le Parti québécois doit se rapprocher des anglophones et des communautés culturelles, a reconnu son chef Pierre Karl Péladeau, samedi.

« On n’a peut-être pas mis suffisamment l’accent sur le fait que l’indépendance, c’est bon pour l’ensemble des citoyens, pour toutes les communautés », a indiqué M. Péladeau à son arrivée au Conseil national du PQ.

Le chef péquiste s’est engagé à « multiplier les rendez-vous » avec les Québécois non francophones.

« Il faut renouer l’échange et le dialogue avec les communautés », a-t-il indiqué.

Dans un discours devant 350 délégués à Sherbrooke, il a présenté les réfugiés syriens qui arriveront au Québec dans les prochaines semaines comme « nos nouveaux compatriotes ». Il a dit souhaiter qu’ils soient « reçus dans les meilleures conditions et accompagnés des meilleures ressources » pour réussir leur arrivée.

La fin de semaine dernière, le premier ministre Philippe Couillard a affirmé que le Parti québécois et la Coalition avenir Québec traînent un « lourd passif » sur la question des nouveaux arrivants. Il a cité en exemple la Charte des valeurs qui a été vivement contestée dans les communautés culturelles.

« Notre défi, c’est de combattre les préjugés négatifs dont on nous a affublés », estime le député Maka Kotto.

« On avait peut-être ralenti (les efforts de rapprochement) avec les événements post-référendum, a convenu la députée Carole Poirier. Et là, on repart cette machine pour aller vendre notre projet de pays. »

Les lieutenants de M. Péladeau n’ont toutefois pas fourni davantage de précisions sur les prises de position qu’ils comptent adopter pour se rapprocher des anglophones et des allophones. Et aucun n’a remis en question la controversée Charte des valeurs défendue par le gouvernement Marois.

« De dire aujourd’hui que la laïcité n’est plus à l’ordre du jour, c’est ne pas lire l’actualité internationale, a noté le député Jean-François Lisée. On a un groupe islamofasciste qui propose un État religieux dictatorial. Notre réponse, c’est un État laïc, ouvert à tous, ouvert à toutes les religions, ouvert à toutes les croyances, ouvert à toutes les origines, mais dont le point de ralliement n’est pas la religion. »

Le rapprochement annoncé avec les communautés culturelles coïncide avec la publication d’un sondage Léger Marketing réalisé pour le compte du Devoir et du Journal de Montréal, qui place le PQ largement en tête des intentions de vote chez les francophones (38%). En revanche, le parti indépendantiste ne recueille que 10% des appuis chez les non-francophones.

Résultat : le Parti libéral reste en tête des intentions de vote au Québec avec 35% des appuis, contre 32% pour le Parti québécois et 20% pour la Coalition avenir Québec.

And this needs to be seen in overall context of how Quebec immigrants and visible minorities view and identify more with Canada than Quebec (Seeing the Same Canada? Visible Minorities’ Views of the Federation).

Source: Le PQ doit se rapprocher des non-francophones, dit Péladeau | Martin Croteau | Politique québécoise

Le problème de cette majorité francophone | Le Devoir

More on Quebec debates and how Premier Couillard is addressing them:

L’accueil par le Québec de réfugiés syriens a inspiré à Philippe Couillard des réflexions sur l’intolérance des peuples, intolérance sur les braises de laquelle il accuse le Parti québécois et la Coalition avenir Québec d’avoir soufflé. Des commentateurs y ont vu un dérapage partisan. Or, il n’a fait que révéler le fond de sa pensée.​

Dans son discours d’ouverture du conseil général du Parti libéral du Québec il y a une semaine, Philippe Couillard a lancé : « Non à la xénophobie et au racisme, non à la fermeture et l’exclusion, oui à l’accueil, oui à la citoyenneté partagée. » Le sujet : l’accueil des réfugiés syriens et une bannière déployée à Québec pour s’y opposer.

Le lendemain, dans son discours de clôture, le chef libéral s’enhardissait en parlant de l’intégration des nouveaux arrivants : il a dénoncé la proposition du PQ — en fait, de Jean-François Lisée — d’imposer un délai d’un an à un nouveau citoyen canadien avant qu’il obtienne le droit de vote au Québec, question d’empêcher Ottawa de tricher. Quant à la CAQ, Philippe Couillard lui reprochait cette idée aussi singulière qu’inapplicable d’imposer aux immigrants un examen de français et de « valeurs » trois ans après leur arrivée : un échec mènerait à l’expulsion.

Le PLQ se présente comme le parti « de l’inclusion », comme l’a dit son chef, « celui d’une citoyenneté ouverte et partagée ». Le corollaire, c’est que le PQ et la CAQ ne le seraient pas. Dimanche dernier, le président de la Commission-Jeunesse du parti, Nicolas Perrino, a bien résumé dans son discours cette nouvelle posture des libéraux. « Les Québécois de tous les horizons savent que notre parti est le seul qui refusera toujours de céder aux fantasmes populistes d’un autre temps. Ils savent que notre parti se méfiera toujours de ceux qui prétendent promouvoir l’affirmation identitaire de la majorité en brimant les droits fondamentaux des minorités. Ils savent que notre parti défendra toujours les libertés individuelles et notre culture sans jamais verser dans l’intolérance et l’exclusion. »

Dans la conférence de presse de clôture du conseil général, Philippe Couillard a développé sa pensée. Tant le PQ que la CAQ « ont un lourd passif » en matière d’accueil des immigrants. « Parfois, et même parfois involontairement, en adoptant certaines politiques qui semblent faciles, qui semblent répondre à ce qu’on croit être le souhait de la population, on pose des gestes qui attisent les braises de ces démons qu’on a chez nous comme partout ailleurs », a-t-il fait observer. Devant l’intolérance, « j’ai toujours eu cette inquiétude », devant ces « démons », présents dans toutes les sociétés démocratiques, « dont la peur de l’Autre, dont la tentation facile du rejet de l’étranger, dont la xénophobie ».

À l’Assemblée nationale mardi, le chef de la CAQ, François Legault, a bien tenté d’obtenir de lui une rétractation. En vain. Jamais, jamais il ne se rétractera parce que c’est précisément ce qu’il pense, confirme-t-on dans son entourage. Ce ne sont pas là des exagérations partisanes servant à chauffer des militants qui se délectent des attaques du chef à l’endroit des adversaires politiques.

Aux yeux de Philippe Couillard, l’hypocrisie du PQ était manifeste durant ce qu’il appelle « cet épisode très regrettable de la charte des valeurs ». En prônant une neutralité religieuse qui s’incarne dans les employés de l’État, le PQ a sciemment exacerbé les sentiments xénophobes du peuple et il a divisé les Québécois.

Deux conceptions

Le débat sur cette charte, appuyée par une nette majorité de francophones à l’époque, ne confrontait pas deux conceptions légitimes du vivre-ensemble — entre les visions d’un Guy Rocher et d’un Charles Taylor, par exemple. Pour les détracteurs de la laïcité de l’État comme Philippe Couillard, le débat opposait les défenseurs des droits et libertés à une majorité pusillanime qui gonfle les muscles en brimant les minorités ; les Lumières de l’interculturalisme, l’ouverture à l’Autre étaient confrontées à l’ignorance nauséabonde d’une plèbe un brin raciste et obtuse.

À l’instar de Bouchard-Taylor, Philippe Couillard a toujours soutenu qu’il n’y avait pas eu de crise des accommodements raisonnables. Il a affirmé que la pratique était aujourd’hui bien balisée et que la charte péquiste ne réglait que des « problèmes imaginaires ». Ce qui ne va pas, c’est la majorité francophone. Il faut définir une « nouvelle identité québécoise », avait-il fait valoir alors qu’il était candidat à la chefferie du PLQ.

Source: Le problème de cette majorité francophone | Le Devoir

Québec s’attaque à la radicalisation: Loi 59

The evolution of Loi 59 – refreshing to see a government open to amendments for proposed legislation:

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a dévoilé des dizaines d’amendements — tenant sur plus de 40 pages — à son projet de loi anti-discours de haine afin de l’inscrire formellement dans la « lutte contre la radicalisation ».

« Le discours haineux, c’est un discours qui peut s’inscrire dans un processus de radicalisation, malheureusement », a-t-elle souligné dans un bref entretien avec Le Devoir près d’une semaine après les attentats de Paris.

D’ailleurs, le libellé de la version amendée du projet de loi, soumise aux élus de la Commission des institutions jeudi, a été inchangé depuis les attaques dans la Ville Lumière, a-t-on assuré au Devoir.

Le projet de loi 59 prohibera les discours haineux et les discours incitant à la violence tenus ou diffusés publiquement, mais également les « enseignements » du même registre, visant un groupe de personnes identifié à l’article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne — femmes, homosexuels, minorités visibles, groupes religieux, etc. —, a annoncé Mme Vallée jeudi.

Suivant les recommandations des juristes de l’État, l’élue libérale s’était abstenue de définir le concept de « discours haineux » dans la version originale du projet de loi, ce qui lui avait valu de nombreuses critiques. Elle a remédié à cette lacune. « Aux yeux d’une personne raisonnable, [le discours haineux] est d’une virulence ou d’un extrême tel qu’il est susceptible d’exposer ce groupe à la marginalisation ou au rejet, à la détestation, au dénigrement ou à l’aversion, notamment pour que ce groupe soit perçu comme étant illégitime, dangereux ou ignoble », peut-on lire dans la nouvelle mouture du document.

D’autre part, Mme Vallée a ajouté une disposition au projet de loi permettant aux cégeps de résilier un contrat d’utilisation d’un local si le locataire a un « comportement qui peut raisonnablement faire craindre pour la sécurité physique ou psychologique des étudiants ainsi que celle des personnes qui sont présentes dans le collège »« C’est une mesure [dictée par le] gros bons sens », a-t-elle fait valoir, près d’un an après le départ de jeunes fréquentant les classes du prédicateur Adil Charkaoui au Collège Maisonneuve pour aller grossir les rangs de groupes djihadistes.

Par ailleurs, Mme Vallée a retiré l’obligation faite à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) de tenir à jour une « liste noire » ou « liste de la honte » recensant les personnes épinglées pour discours haineux ou incitant à la violence dans le projet de loi.

Elle a également enlevé la peine minimale de 1000 dollars à laquelle celles-ci s’exposaient. La ministre laissera le loisir au Tribunal d’« imposer une ou plusieurs mesures de redressement » comme une « lettre d’excuses »« Il peut arriver qu’un discours haineux soit tenu par une personne dans une situation de vulnérabilité extrême [ou] un jeune, un mineur », a précisé Mme Vallée au Devoir.

Source: Québec s’attaque à la radicalisation | Le Devoir

Forcing Jewish hair stylist to take Saturdays off is grounds for rights complaint: Quebec commission

Interesting case:

Quebec’s Human Rights Commission has decided there is sufficient evidence to support a complaint by a Jewish hairstylist who claims his employer, the owner of a Snowdon beauty salon who is also Jewish, discriminated against him on the basis of his religion by not letting him work on Saturdays.
The commission has recommended that Spa Orazen and its owner Iris Gressy compensate hair stylist Richard Zilberg $17,500 in damages ($12,500 for loss of income and $5,000 for moral damages) and that Gressy pay an additional $2,500 for punitive damages to Zilberg for intentional violation of his civil rights.

Zilberg worked at Spa Orazen throughout the fall of 2011 and winter of 2012 for about 30 hours a week, including Saturdays. But that spring, he says his boss, Iris Gressy, began to suggest that he should not be working Saturdays because it is Shabbat, the traditional day of rest for observant Jews.

In July 2012, Zilberg says he was told he would no longer be scheduled on Saturdays, the busiest day of his work week, although the salon remained open Saturdays and non-Jewish employees were allowed to work Saturdays. Another Jewish employee was told she could not work on Saturdays, he claims.

I come from a long line of Jewish people and I love my faith but it is 2015 and I can choose how I want to practise

“I come from a long line of Jewish people and I love my faith but it is 2015 and I can choose how I want to practise,” Zilberg said at a news conference called by the Centre for Research Action on Race Relations (CRARR), a civic rights organization that brought the case to the Human Rights Commission on Zilberg’s behalf.

Zilberg told some of his regular Saturday clients that his employer would not let him work on Shabbat because he is Jewish. One of those clients, who is Jewish, complained to the owner of the salon on Aug. 15, 2012 that the policy was “mishegas”, a Yiddish word for “crazy”. An argument ensued and Zilberg was fired on the spot, he said.

He eventually got a job at a nearby salon, Intercoupe Coiffure and Spa on Décarie Blvd., but he worked fewer hours and had to rebuild his clientele from scratch.

In December 2012, Zilberg decided to file a complaint with the Human Rights Commission, with the help of CRARR.

“I couldn’t let go of it. Every night I would go to bed and I’d be angry,” He said. “They took from me my choice to practise my faith as I see fit.”

A commission investigator examined the complaint, and the Commission determined that the evidence obtained was sufficient to submit the case to a court of law. The Commission recommended that Spa Orazen and Gressy compensate Zilberg, rather than let the case proceed to the Human Rights Tribunal.

The respondents had until Oct. 23, 2015 to compensate Zilberg, to avoid a court case.

“That didn’t happen so we’ve been advised by the Human Rights Commission lawyers that the case will go to the Human Rights Tribunal,” said Fo Niemi, executive director of CRARR.

The Human Rights Tribunal is a specialized tribunal of Court of Quebec judges and assessors which has jurisdiction to hear and rule on complaints concerning discrimination prohibited under the Charter of Human Rights and Freedoms. A lawyer from the Human Rights Commission will now represent Zilberg at the Tribunal.

Reached at her salon Tuesday, Gressy told the Montreal Gazette she fired Zilberg because he was irresponsible. She claims she did not ban him from working Saturdays because he was Jewish but because he bickered with another employee who worked Saturdays.

“I can’t be racist against this man because I’m Jewish myself,” she said, adding that she herself sometimes works Saturdays.

She said she will not pay the recommended compensation. “Why would I pay for something I am being falsely accused of? I am going to court. I’m going to fight this.”

Zilberg said he may have been late for a shift or two in the ten months he worked at the salon, but said he was not fired for being irresponsible.

“It bothers me that she doesn’t acknowledge that I was forbidden because of being Jewish to be in there on Saturdays to work … I was fired after a client insulted her because of this policy,” he said.

Niemi noted that the case can be resolved out of court at any time. If the Human Rights Tribunal rules that discrimination has occurred, the Tribunal can impose whatever compensation or remedy it sees fit.

http://news.nationalpost.com/news/canada/forcing-jewish-hair-stylist-to-take-saturdays-off-is-grounds-for-human-rights-complaint-quebec-commission