Les « Métis » du Québec misent sur le G7

The complexities of Métis identity:

Des Québécois qui réclament le statut de Métis et revendiquent des droits ancestraux sur un territoire qui inclut La Malbaie veulent profiter du passage du G7 dans Charlevoix pour faire valoir leur cause devant les caméras du monde entier.

« Ce n’est pas impossible qu’on aille porter notre message d’une façon ou d’une autre. Quelle forme ça prendra, on ne sait pas encore. Mais le G7 est un gros forum, il y aura beaucoup de caméras », explique leur porte-parole, René Tremblay, en entrevue avec La Presse.

La cause de ces Québécois qui réclament le statut de Métis est actuellement devant les tribunaux. Elle est à la fois complexe et importante, car elle pourrait avoir des répercussions majeures.

L’organisation de M. Tremblay, la Communauté métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan (CMDRSM), compte 5000 membres. Mais ce sont jusqu’à 20 000 personnes qui, selon lui, pourraient aspirer au statut de Métis dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean seulement.

M. Tremblay et les siens cherchent à obtenir une reconnaissance, comme les Métis de l’Ouest canadien. Ils clament être les descendants d’unions mixtes entre Blancs et autochtones, et revendiquent un territoire ancestral qui va de la Baie-James à la Côte-Nord. La Malbaie, où les leaders du G7 vont se rencontrer les 7 et 8 juin, fait partie de ce territoire.

Mais La Malbaie est reconnue comme un territoire ancestral des Hurons-Wendats ; des Innus affirment également que Charlevoix fait partie du leur. Les prétentions des « Métis » du Québec sont d’ailleurs accueillies froidement par plusieurs autochtones, tout comme de nombreux experts en droit.

« Depuis 40 ans, pas mal toutes les Nations ont dû aller devant les tribunaux et, avec le temps, on a réussi à se bâtir une jurisprudence acceptable. C’est naïf de leur part de croire que du jour au lendemain, en claquant des doigts, ils deviennent les bénéficiaires de tous les droits des Indiens », laisse entendre Konrad Sioui, grand chef de la Nation huronne-wendat.

« Le Ralliement national des Métis, c’est les enfants de Louis Riel, c’est la rivière Rouge dans l’Ouest. En Ontario, il y a eu un jugement en faveur des Métis, mais très étroit. Les critères établis par la Cour suprême pour se faire reconnaître Métis sont très étroits et difficiles à remplir au Québec », ajoute le grand chef.

DEVANT LES TRIBUNAUX

La cause des Métis du Québec devant les tribunaux commence avec une histoire de chasse. Stéphane Corneau, un Saguenéen, occupait un camp illégal sur les terres publiques. Contestant la décision du gouvernement de le détruire, il affirme être Métis et bénéficier de droits ancestraux sur la forêt, dont celui de pratiquer des activités traditionnelles, comme la chasse.

M. Corneau affirme être descendant de Christine Kichera, une Innue qui s’était mariée à un Canadien français en 1805.

Dans un jugement de février 2015, la Cour supérieure a débouté M. Corneau. Le juge Roger Banford a écrit : « La conception de l’identité métisse, selon le défendeur, se limite à son lien de sang et son intérêt développé pour les activités de chasse et de pêche, ce qui ne le distingue guère d’une grande partie de la population saguenéenne. »

La cause a été portée en appel et a été entendue en mai 2017. Les Métis du Québec attendent le jugement avec impatience. Mais selon l’expert en droit autochtone et professeur titulaire à la faculté de droit de l’Université de Montréal, Jean Leclair, la jurisprudence joue en leur défaveur.

« La Constitution reconnaît des droits collectifs à des communautés métisses historiques qui ont perduré dans le temps. Il ne suffit pas d’avoir du sang blanc et autochtone. C’est plus compliqué que ça. »

Alors que les communautés métisses de l’Ouest, descendantes de Louis Riel, ont démontré leur présence historique, la réalité est tout autre au Québec, rappelle M. Leclair. En 2003, avec l’arrêt Powley, la Cour suprême a défini clairement les conditions pour être considéré comme Métis.

« Ils doivent démontrer qu’il y avait historiquement une communauté avec un mode de vie particulier, une spécificité culturelle donnée. C’est là que les revendicateurs d’un statut métis ont tous échoué en cour. Il n’y a pas juste l’affaire Corneau : je pourrais vous envoyer 10 décisions similaires. »

« Ça ne prend pas un juriste pour comprendre que si la Cour suprême avait dit : “Est un Métis toute personne avec une descendance indienne”, il y aurait eu des milliers de Canadiens qui auraient pu revendiquer des droits ancestraux, ajoute Jean Leclair. C’est sûr que la Cour suprême allait donner une interprétation restrictive au mot “métis” figurant dans la Constitution de 1982. »

Les Métis du Québec font quant à eux valoir qu’il existait des communautés métisses au Québec au moment de la colonisation vers 1850, même si elles étaient petites. « Le juge de première instance a cherché un village métis quasiment avec un panneau à l’entrée, qui dit “Métis”. Comme il ne l’a pas trouvé, il a déclaré qu’il n’y avait pas de communauté métisse ici », affirme René Tremblay.

L’affaire est loin d’être terminée : M. Tremblay pense que peu importe la décision de la Cour d’appel, il y aura appel de son groupe ou du gouvernement. « Le jugement que les trois juges préparent, ils l’écrivent pour la Cour suprême. Parce que peu importe la décision, ça risque de se rendre là. »

via Les « Métis » du Québec misent sur le G7 | Gabriel Béland | National

Quebec: Les femmes en hijab et les hommes en turban pourront être candidats

Encouraging that this was unanimous vote in the Assemblée nationale:

Les parlementaires ont approuvé mardi un changement règlementaire qui permettra à une femme portant un hijab ou à un homme portant un turban de se porter candidats aux élections.

Le Directeur général des élections (DGEQ) a annoncé début février son intention de modifier le Règlement sur la déclaration de candidature. Il propose en outre d’exiger une photo à «visage découvert» dans le bulletin de candidature. Depuis 1989, le règlement exigeait des photos avec la «tête découverte», une disposition qui était jugée discriminatoire.

Le changement règlementaire permettra donc à une femme voilée ou à un homme portant un turban de briguer les suffrages. Il sera toutefois impossible à une femme portant un voile intégral de le faire.

La modification a été avalisée par une commission parlementaire mardi. Elle devrait être en vigueur aux élections d’octobre.

Lors des dernières élections, en 2014, le DGEQ a invoqué ce règlement pour refuser la candidature de Fatimata Sow, qui voulait porter les couleurs du Parti vert dans la circonscription de La Pinière. Mme Sow avait fourni une photo où elle était coiffée d’un hijab.

En vertu de la nouvelle mouture du Règlement, ce bulletin «pourrait» être accepté, a indiqué le DGEQ, Pierre Reid.

En point de presse, il a rappelé que l’objectif du Règlement était de faciliter l’identification des candidats. Selon lui, la disposition qui interdisait toute coiffure n’avait pas sa raison d’être.

«À partir du moment où vous avez un candidat qui s’identifie clairement, à visage découvert, comme c’est prévu pour les électeurs (…), on ne voyait pas d’utilité sans avoir d’autres explications de la présence de cette exigence», a expliqué M. Reid.

Les partis politiques ont exprimé à l’unanimité leur appui au changement règlementaire.

«Nos lois, nos chartes, doivent être respectées», a indiqué le premier ministre, Philippe Couillard.

De toute manière, a-t-il ajouté, peu importe qui se porte candidat, ce sont les électeurs qui décideront s’ils sont élus.

«Nous ne devrions pas être paternalistes vis-à-vis les citoyens et décider à leur place qui devrait être élu ou pas, a-t-il dit. Ils prendront la décision.»

«Le plus important est qu’on puisse voir le visage, a renchéri le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée. Alors je n’ai aucun problème (avec cette mesure).»

La Coalition avenir Québec et Québec solidaire ont également approuvé le changement règlementaire.

via Les femmes en hijab et les hommes en turban pourront être candidats | Martin Croteau | Politique québécoise

Des examens de français mieux adaptés

Appears to have been a comprehensive and thoughtful revision:

Finis les corrections trop sévères et les thèmes trop vagues. Mieux adapté au candidat, l’examen de français obligatoire que les immigrants doivent réussir pour devenir membres d’un ordre professionnel vient d’être entièrement revu pour faciliter la réussite. Et déjouer les tricheurs.

« L’ancien examen n’était pas conçu pour évaluer la compétence langagière liée à la profession », reconnaît Danielle Turcotte, directrice générale des services linguistiques à l’Office québécois de la langue française (OQLF). « Alors que maintenant, tout est conçu pour que les candidats se sentent directement impliqués dans un processus lié à leur profession, à travers une étude de cas. »

Autre changement important : la grille d’évaluation sera plus souple pour la correction de la production écrite, la « bête noire » des candidats, a reconnu Mme Turcotte. Ainsi, on tolérera « de nombreuses erreurs liées à la qualité de la langue », pourvu qu’elles ne nuisent pas à la compréhension. « Les virgules et les accents, ça ne compte pas [comme des fautes] », a-t-elle souligné. Si un candidat écrit « malhreuse » au lieu de « malheureuse », on comprend ce qu’il veut dire, ajoute-t-elle. De la même façon, on ne pénalisera pas un candidat s’il met un article féminin devant un nom masculin. « On n’est plus au mot à mot ou au lettre à lettre. On est dans un contexte de langue seconde. » Cela ne veut pas dire qu’une personne peut se contenter de « baragouiner » le français, avertit-elle. « On vise la compréhension globale, qui assure que la communication se fait de façon à assurer la sécurité du client ou du public. »

Une longue attente

Cela faisait des années que les ordres professionnels réclamaient pour leurs futurs membres un examen qui tienne compte de leur contexte professionnel. En 2012, le comité d’examen de l’OQLF a décidé de répondre à la demande du milieu en créant un nouveau test en collaboration avec chacun des ordres, qui devaient déterminer eux-mêmes les compétences langagières à atteindre. Des experts en évaluation des apprentissages de l’Université de Montréal ont aussi été consultés. D’où le délai de cinq ans avant d’en arriver à cette nouvelle version de l’examen.

« Ça paraît long, mais ne perdez pas de vue la démarche qu’il a fallu faire avec les 46 ordres professionnels », a expliqué Mme Turcotte. Et l’approche par compétence, ici préconisée, demeure assez nouvelle, a-t-elle ajouté.

Ce qui change grosso modo ? Avant, le candidat avait notamment à écrire un texte d’environ 200 mots portant sur une situation en milieu de travail, mais sans nécessairement de lien direct avec le quotidien de sa profession. Par exemple, on pouvait lui demander d’écrire une lettre pour souligner le départ d’un collègue à la retraite ou pour répondre à la plainte d’un client.

Cette fois, l’examen, d’une durée d’au maximum 2 h 30, se fera d’une traite, les quatre étapes — compréhension écrite et orale, expression écrite et orale — étant préalables les unes aux autres et formant un tout. Le candidat reçoit d’abord une fiche avec des consignes qu’il doit comprendre avant de passer à la seconde étape, une discussion avec un maximum de sept autres candidats de sa propre profession. Il devra ensuite écrire un texte d’après ce qu’il aura compris de la discussion de groupe pour finalement terminer son examen par un entretien avec l’évaluateur. Certaines étapes sont filmées et enregistrées.

« Tous les examens ont leur limite, mais […] les scénarios qui mettent l’accent sur la capacité à communiquer dans un contexte de travail, c’est beaucoup plus réaliste », a affirmé Marion Weinspach, cofondatrice de l’entreprise Le français en partage, qui offre des cours de français à cette clientèle d’immigrants voulant intégrer un ordre professionnel.

Si le candidat échoue ne serait-ce qu’à une seule des quatre étapes, il devra recommencer l’examen en entier et être réévalué sur toutes les compétences. Et, comme c’était le cas auparavant, il pourra recommencer l’examen autant de fois qu’il le souhaite (dans les délais prescrits par son ordre professionnel). L’examen est gratuit et il est offert depuis la fin du mois de janvier.

Des inquiétudes

Une enseignante de français se dit très inquiète de la deuxième étape, celle de la discussion de groupe où les candidats devront parler et comprendre les autres qui, comme eux, ne maîtrisent pas le français. « Ils vont entendre parler des gens avec toutes sortes d’accent et ensuite mettre par écrit des informations qui vont avoir été dites de façon imparfaite », s’est inquiétée cette professeure de plus de 20 ans d’expérience qui souhaite garder l’anonymat. L’OQLF rétorque qu’une personne animant la discussion s’assurera du bon déroulement de l’activité.

Et s’il sera plus difficile de préparer les étudiants spécifiquement pour cet examen, au moins la tricherie sera éliminée. « Avant, ils connaissaient les grands thèmes et pouvaient apprendre par coeur des textes qu’ils réécrivaient. »

L’assouplissement des critères d’évaluation pour le français écrit est « un couteau à double tranchant », croit Marion Weinspach. « L’écrit est devenu un petit peu moins exigeant, mais d’un autre côté, c’est au niveau de l’expression orale, où il y a un vocabulaire très spécifique à connaître, que ça devient plus exigeant. Être capable de lire un certificat de localisation pour un courtier ou de verbaliser un bilan pour un comptable, c’est plus difficile mais c’est plus réaliste. Et c’est ce que les ordres avaient demandé. »

La présidente du Conseil interprofessionnel du Québec, Gyslaine Desrosiers, salue la nouvelle version de l’examen, mais rappelle que tout le poids de l’intégration en français des travailleurs immigrants ne doit pas reposer sur l’OQLF. « L’examen, c’est un seul élément de la trajectoire. Il faut qu’il y ait des efforts faits en amont, par l’individu lui-même et son employeur. Le MIDI [ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion] doit aider en dégageant des budgets. » Elle met toutefois en garde contre une baisse des exigences. « Dans un contexte de mondialisation, il y a énormément de pression pour ça, […] mais la protection du public exige un minimum de fonctionnement dans la langue. Dans ce sens, l’OQLF a fait son travail et revu son examen. »

via Des examens de français mieux adaptés | Le Devoir

L’Assemblée nationale peut interdire le port du kirpan, confirme la Cour d’appel

That parliamentary privileges permit such a ruling does not the ban appropriate or right:

L’Assemblée nationale du Québec a le droit d’interdire le port du kirpan dans son enceinte en vertu de ses privilèges parlementaires, a tranché lundi le plus haut tribunal de la province. Deux sikhs qui n’avaient  pu entrer dans l’Assemblée nationale en janvier 2011 en raison de leur petit couteau cérémonial tentaient de faire invalider une motion adoptée à l’unanimité par les élus pour exclure les kirpans.

Balpreet Singh et Harminder Kayr, deux membres de l’orgniasme World Sikh Organization of Canada (WSOC) se sont fait interdire l’entrée à l’Assemblée nationale pour des raisons de sécurité, le 18 janvier 2011, en raison de leur kirpan, un couteau porté par de nombreux sikhs pratiquants pour des raisons religieuses. Par conséquent, les deux hommes n’ont pas été en mesure de présenter leur mémoire devant la commission parlementaire qui étudiait un projet de loi visant à interdire le port du voile intégral dans les services publics.

L’affaire a alors rebondi à l’Assemblée nationale, si bien que trois semaines plus tard, tous les députés présents, dont le premier ministre Jean Charest, ont voté en faveur d’une motion appuyant la décision de l’équipe de sécurité « d’interdire le port du kirpan (…) appliquant ainsi le principe de neutralité de l’État ».

C’est cette motion que Balpreet Singh et Harminder Kayr tentaient de faire déclarer «inconstitutionnelle», puisqu’elle aurait brimé leur droit à la liberté de religion, protégée par la Charte canadienne des droits et libertés. Ils demandaient ainsi de permettre à toute personne qui «doit porter un kirpan pour des motifs religieux (de) le porter à l’intérieur de l’Assemblée nationale du Québec qu’il soit député, employé ou visiteur».

La séparation des pouvoirs au coeur du litige

En somme, deux droits fondamentaux s’affrontaient dans ce bras de fer juridique sur la séparation des pouvoirs : le droit à la liberté de religion et le principe du privilège parlementaire. En première instance, le juge Pierre Journet de la Cour supérieure a conclu que les privilèges parlementaires de l’Assemblée nationale permettaient aux élus d’exclure des citoyens de l’enceinte du peuple, même si des droits constitutionnels pouvaient être bafoués.

«Pour garantir la séparation des pouvoirs, la portée des révisions constitutionnelles par les tribunaux sont restreintes par la portée du privilège parlementaire des législatures», écrivent les juges de la Cour d’appel du Québec, dans leur décision majoritaire rendue lundi.

Selon le plus haut tribunal de la province, infirmer la décision du juge Journet signifierait de « faire effondrer la stricte séparation des pouvoirs et de subordonner le privilège parlementaire à l’autorité de la Charte. Ce n’est pas permis par la jurisprudence de la Cour suprême». Ainsi, même si l’exclusion du kirpan pourrait représenter une violation de la Charte, on ne peut mettre de côté la portée du privilège parlementaire, essentiel au «respect de la séparation des pouvoirs (…) dans une société libre et démocratique».

Le privilège parlementaire, qui tire son origine de la Loi constitutionnelle de 1867, octroie notamment aux élus la liberté de parole et l’immunité d’arrestation en matière civile à l’intérieur de l’Assemblée nationale.

via L’Assemblée nationale peut interdire le port du kirpan, confirme la Cour d’appel | Louis-Samuel Perron | Politique québécoise

One year after mosque massacre, Quebec still in denial about event that traumatized province: Konrad Yakabuski

Good commentary:

On the first anniversary of the Quebec City mosque shooting, Quebec is still working through its grief. While those directly affected by the tragedy are still coming to terms with their own loss, much of Quebec remains in denial about the event that traumatized the entire province.

That is why the first anniversary of the Jan. 29 massacre of six innocent Muslims will not be deemed a National Day of Remembrance and Action against Islamophobia. And even many of those who first proposed the idea agree that it’s probably better that way.

“I’m disappointed,” Imam Hassan Guillet told Le Devoir with respect to the Quebec government’s rejection of the proposal put forward by the National Council of Canadian Muslims. “But if it is adopted [amid] discord, quibbling and bitterness, I prefer that it not be adopted.”

That discord and bitterness should prevail in the place of generosity and compassion is not that surprising. While the past year has witnessed thousands of acts of kindness on the part of non-Muslim Quebeckers toward their Muslim brothers and sisters, the shooting thrust into the open a debate that many feared Quebec was not ready to have. They turned out to be right.

Before tempers rose over the proposal for a National Day against Islamophobia, there were flare-ups over proposed government hearings into systemic discrimination and racism, a municipal referendum on a Muslim cemetery near Quebec City and, most bitterly, Bill 62. The latter, adopted last fall, forbids face coverings when receiving or providing public services in the province.

Quebec Premier Philippe Couillard has spent the past year walking on egg shells. His initial reflexes have generally been the right ones, embodying a generosity of spirit that should do Quebeckers proud. But the Liberal Premier struggles with the identity issues that remain the main currency politics in Quebec. The opposition Parti Québécois and Coalition Avenir Québec have managed to portray any gesture toward religious minorities as a sign of weakness, as if the task of combatting prejudice and defending minority rights doesn’t concern all Quebeckers.

Hence, Mr. Couillard must preface any discussion on the topic with a disclaimer. “I repeat, Quebec is not any more racist or different than any other society and we face the same challenges as all societies that have to manage diversity,” the Premier declared last week as he explained why his government would not support the proposal for a day against Islamophobia.

“It’s preferable to mobilize around a day or week of action against racism and discrimination of all kinds, rather than single out one,” he said. “One kind of racism is not worse than another.”

It’s true that Quebec is hardly alone in grappling with how to address discrimination toward Muslims. The debate last year over a House of Commons motion condemning Islamophobia demonstrated the degree to which the issue stirs passions across the country. And almost no European country has avoided the ugliness of a far-right backlash against Muslim immigration.

Still, it is not accusing Quebec of being any more racist than anywhere else to suggest that conflicts involving the province’s Muslim population suffer from the added strain of Quebeckers’ own self-perception as a threatened minority within Canada. Not only does this Québécois minority in Canada speak French, it has embraced a particular brand of secularism that makes room for public manifestations and symbols of cultural Catholicism, but draws the line there.

This creates a clash of cultures that has become increasingly difficult to resolve as newcomers seek to practise their religion in accordance with their constitutional rights, while a culturally Catholic majority worries about a return to the bad old days when religious authorities ruled their parents’ and grandparents’ lives.

The conflict is least visible in Montreal, where diversity is the norm, mixed marriages are common and hijabs, turbans and kippahs are as unremarkable as tuques in winter. But Montreal is not Quebec and Muslim congregations can now be found in more than a dozen smaller communities, from Shawinigan to Rimouski, and from Mascouche to Saint-Hyacinthe. These new neighbours are changing the identities of their communities – for the better, I would argue.

But they are easy prey for the haters. They might once have been easy to ignore. But they have found validation in the echo chamber created by social media and trash-radio hosts. The Quebec City shooting only seems to have emboldened them. The more Muslims seek to assert their rights, the more they push back.

How many anniversaries of Jan. 29 need to pass before Quebec faces up to them?

via One year after mosque massacre, Quebec still in denial about event that traumatized province – The Globe and Mail

Le débat identitaire entraîne des dérapages, dit Couillard

Indeed:

Messages haineux, auto incendiée, manifestations de La Meute; les incidents à connotation raciste semblent plus fréquents au Québec qu’ailleurs dans un passé récent. Pour le premier ministre Philippe Couillard, cela pourrait être la conséquence d’un débat identitaire plus passionné au Québec que dans le reste du Canada.

On voit des excès de ce type dans le reste du monde. Ils semblent moins fréquents dans le reste du Canada convient M. Couillard. Le débat politique autour de la question identitaire nourrit peut-être cette tension, convient-il.

«On a chez nous un sentiment un peu exacerbé, sur les questions d’identité. C’est toujours un débat important et passionné. Cela a peut-être au Québec un niveau plus élevé» a souligné M. Couillard en marge d’une mission économique en Chine, à la veille du premier anniversaire de la fusillade à la Grande Mosquée de Québec.

Il insiste toutefois : «Le Québec n’est pas une société plus raciste que d’autres. On fait face aux mêmes défis que toutes les sociétés qui ont à gérer la diversité». La montée des crimes haineux «n’est pas uniquement au Québec. Il ne faudrait pas singulariser le Québec comme le foyer de ces activités-là».

La fréquence plus grande de ces dérapages à connotation raciste «est malheureusement le résultat de plus grandes polarisations qu’on voit dans nos sociétés. Polarisations de tous types : économique avec les inégalités, géographique entre les régions urbaines et les autres régions, et identitaire, où chacun se réfugie dans son coin et craint l’autre. Et ce n’est pas unique au Québec», affirme M. Couillard.

Source: Le débat identitaire entraîne des dérapages, dit Couillard

The year since the mosque shooting has made amnesiacs out of Quebec’s political class: Martin Patriquin

Another reminder by Patriquin of one of convenient forgetfulness:

On the morning of Jan. 31, 2017, with camera in hand, I walked into the Centre Culturel Islamique de Québec. Less than 48 hours before, a gunman had walked into the centre, killing six and injuring 19. Once the police had finished their work, mosque administrators opened the doors to journalists, if only to show firsthand the often-visceral consequences of unchecked hatred and ignorance.

It was like the aftermath of war. Men and women parishioners wandered around, dazed and weeping. Bullets, dozens of them, had splintered drywall and shattered glass. And blood was everywhere: on the carpet and prayer rugs, on the Linoleum floor outside the main room, caking the stairs to the basement and circling a storage closet drain. It smeared windows and pooled in sinks. I left with it on my boots.

‘Senseless violence’

The province’s political leaders were immediately and appropriately sombre. Quebecers “must avoid words and gestures that separate, divide and attract hate,” said Premier Philippe Couillard. François Legault, leader of the conservative Coalition Avenir Québec, expressed his solidarity in the face of “senseless violence” with Quebec’s Muslim community. Parti Québécois leader Jean-François Lisée said the most by stating the obvious. “It’s not easy to be a Muslim in the 21st century,” he told reporters.

If time weakens emotions and fades memories, the year since the shooting has made amnesiacs out of Quebec’s political class. Last week, the National Council of Canadian Muslims asked the federal government to designate Jan. 29 as a national day of remembrance and action on Islamophobia. In Quebec, the idea of questioning exactly why the shooting took place was largely met with shrugs or worse.

Both the PQ and the CAQ quickly opposed such a thing. “I think we’ve debated the divisions surrounding the presence of religion enough in Quebec,” PQ MNA Agnès Maltais told Le Devoir. The governing Liberals, who harvest the vast majority of the province’s Muslim vote come election day, utterly waffled on the idea.

Once aghast at the many Muslim victims who had done nothing but gather for prayers, these politicians now declared the deliberate targeting of Muslims passé — an isolated incident perpetuated by a crazy man. “Quebecers are open and welcoming, they are not Islamophobic,” said a CAQ spokesperson. (Only Québec solidaire, the Montreal-centric lefty redoubt, came out in favour of the NCCM proposal.)

Clearly, the amnesia stretches beyond the last year. On Dec. 6, 1989, Marc Lépine walked into Montreal’s École Polytechnique and killed 14 women before turning his gun on himself. Like Alexandre Bissonnette, the man currently on trial for last year’s mosque massacre, Lépine was more than just a crazy man with a gun. He harboured a deep resentment of women, which he weaponized and made homicidal in the classrooms and corridors of Polytechnique.

The Polytechnique shootings sparked a societal debate in the province about gender, feminism and the extent of institutional misogyny in Quebec society, purportedly one of the more equalitarian in the country. It was a painful but wholly necessary exercise, one commemorated by the National Day of Remembrance and Action on Violence Against Women.

At first glance, it might be difficult to see why most Quebec politicians are ambivalent at best about a similar exercise for Muslims in Quebec and beyond. Lépine blamed feminists for his problems. Bissonnette left an online trail of anti-Muslim rhetoric before the mosque shootings. And as with Polytechnique 28 years earlier, the mosque shootings were but the bloodiest example of institutional enmity against an identifiable group.

Crimes targeting Muslims

Police-reported hate crimes against Muslims in Canada tripled between 2012 and 2015, according to Statistics Canada. In Quebec City, crimes targeting Muslims have doubled since the mosque shootings, according to the city’s police chief.

Apart from being alarming, such statistics are fodder for Muslim extremists, who use society-wide anti-Muslim animus as a recruiting tool. If this is the case, these extremists have a veritable wellspring of recruiting material in Quebec City’s many populist (and enduringly popular) radio stations, which — with a few notable exceptions — remain largely anti-Muslim and anti-immigration a year after the mosque shootings.

A week after the deadly shooting at a mosque, hundreds took to the streets of Quebec City to honour the victims. 1:54

For its politicians, perhaps it’s less about amnesia than Quebec’s own brand of crass identity politics. The three main political parties are locked in a battle for the hearts and votes of Quebec’s lily-white, lapsed Catholic hinterland in Quebec City and beyond — everywhere, it seems, save for Montreal. The dynamics are such that even the Liberals, who have a lock on the non-Francophone vote, can demonize Montreal’s multicultural reality.

In 2013, the PQ government attempted to ban “conspicuous” religious symbols from the bodies of anyone drawing a government paycheque. Though it failed, the ensuing Liberal government last year passed a ban on face coverings for anyone giving or receiving a government service. Only Québec solidaire protested the law’s blatant targeting of Quebec’s Muslim minority. Everyone else said it didn’t go far enough.

A year ago, these very politicians professed shock and sadness at a murderous hate crime perpetrated on their watch. Demonstrably, as Quebec approaches a fall election, political reality has pushed this emotion aside. Maybe they didn’t forget the tragedy. Maybe they just don’t want to be reminded of the reasons behind it.

via The year since the mosque shooting has made amnesiacs out of Quebec’s political class | CBC News

Quebec judge rejects bid to shut Muslim centre

Sensible decision:

Just because a municipal official saw men praying at a community hall doesn’t make that place a mosque, a Quebec judge has ruled, thwarting a bid by the city of Mascouche, a suburb outside Montreal, to shut down a Muslim centre.

The judgment is the latest twist in a series of disputes where municipal officials in Quebec have tried to curtail the operations of mosques and Islamic centres by citing zoning regulations.

Mascouche was trying to shut down the Essalam community centre, saying that the building, in a strip mall, had a zoning that forbids places of worship.

“This ruling will have a significant reach for all municipalities in Quebec that have to deal with this kind of situation,” Mascouche Mayor Guillaume Tremblay said in a statement sent to The Globe and Mail.

In his ruling, Quebec Superior Court Justice Pierre Labelle said that Mascouche had engaged in a fallacious form of reasoning – “a sophism,” he said – when it argued that since people pray in a place of worship, a community centre that allows prayers must be a place of worship.

“To that extent, any individual or collective prayer held in a residence, school or workplace would turn that location into a place of worship,” Justice Labelle said in his decision released Wednesday.

Similar stories have been public controversies for years in Quebec.

A year ago for example, Quebec Superior Court Justice Jean-Yves Lalonde decided in favour of the Badr Islamic Centre in its dispute against the city of Montreal. The city had told the Badr centre that it could no longer hold religious activities after a zoning amendment in the Saint-Léonard borough. However, the judge found that city employees had acted in bad faith and he ruled that the centre had an acquired right.

Justice Lalonde noted that the new locations where Montreal allowed places of worship tended to be in industrial areas, which was inconvenient to Muslims. “The move by the city … creates ghettoization, access problems and is a form of discrimination compared to traditional Catholic churches, which are generally in residential areas,” the judge wrote.

In the Mascouche case, Justice Labelle said the city had not acted in bad faith but held a rudimentary, ill-informed grasp of religious rights.

The problem began in the spring of 2015, when Mascouche Muslims sought a permit to use a hall for community events that included prayers and religious conferences. At the time, several Quebec municipalities were dealing with mosque controversies.

In Montreal, then-mayor Denis Coderre used a zoning change to block the polarizing imam Hamza Chaoui from opening an Islamic community hall in the city’s east end.

In Shawinigan, a Muslim cultural centre relocated after town council initially allowed a zoning change, then rescinded its decision after a public backlash.

By the end of the year, the Mascouche Muslims amended their application, removing mentions of religious activities. They were granted a permit in March of 2016.

Some residents then complained that the hall was being used like a mosque, alleging that more than a 100 people gathered in the evening to pray, Justice Labelle said in his ruling.

The city took action the night of June 29, 2016. It was during the month of Ramadan, when observant Muslims fast during the day and gather for communal meals and prayers after sunset.

Around 11:30 p.m., a city bureaucrat and two police officers showed up. They reported finding about 30 men praying in a room. Others who were in the room and outside were not praying. A week later, the city rescinded Essalam’s permit, saying that the hall’s use for religious activities contravened zoning. Essalam hired the high-profile constitutional lawyer Julius Grey and challenged the decision.

Justice Labelle noted that the zoning bylaw only talked about prohibiting places of worship but other city documents talked about a ban on religious activities. “The court is of the opinion that city cannot extend its ban beyond the very words of its bylaw,” he wrote.

He also said Mascouche engaged in sophism when it equated holding prayers with the presence of a place of worship. “The initial premise is not universal because prayers can be uttered in all places and not exclusively in a place of worship.”

While he chided Essalam for being disingenuous about holding prayers in its hall, Justice Labelle said the city was obstructing religious freedom.

Mascouche has 30 days to appeal Justice Labelle’s decision.

via Quebec judge rejects bid to shut Muslim centre – The Globe and Mail

Port du hijab: première demande d’accommodement raisonnable adressée au DGEQ | Le Devoir

And so the cases and eventual challenges begin:

Le directeur général des élections du Québec (DGEQ) a reçu une demande d’accommodement raisonnable pour contourner un règlement jugé discriminatoire par certains partis politiques, a appris Le Devoir. Il s’agit d’une femme portant le hijab qui, souhaitant se présenter aux prochaines élections provinciales, a demandé une dérogation lui permettant de joindre à son dossier de candidature une photo d’elle avec son voile, ce qui est actuellement interdit par le DGEQ.

« C’est la première demande d’accommodement raisonnable qu’on a eue à ce sujet », a confirmé Stéphanie Isabelle, porte-parole du DGEQ. Elle reconnaît toutefois avoir déjà reçu des commentaires et critiques incitant à modifier le règlement.

L’article 6 du Règlement sur la déclaration de candidature mentionne en effet que la photographie jointe au dossier doit donner « une vue de face complète du candidat à partir des épaules, tête découverte », ce qui empêche toute personne portant un turban, un voile ou même un bandana, de se présenter. Cet article a été vivement contesté auprès du DGEQ par divers partis politiques, dont Québec solidaire et le Parti vert, qui souhaiteraient présenter les candidats de leur choix, sans entrave pour une question de couvre-chef.

Le Devoir avait révélé il y a deux semaines qu’en 2014, le DGEQ avait refusé la candidature de Fatimata Sow, qui se présentait pour le Parti vert dans La Pinière, parce qu’elle avait fourni une photo d’elle coiffée d’un hijab. Craignant les répercussions négatives sur sa candidature, l’aspirante candidate n’avait pas voulu rendre son histoire publique à l’époque et avait renoncé à se présenter.

Modification possible

N’hésitant pas à parler de « discrimination systémique », le chef du Parti vert, Alex Tyrrell, a multiplié les démarches, notamment auprès de la ministre Kathleen Weil, anciennement à l’Immigration et récemment aux Institutions démocratiques. Celle-ci a récemment déclaré que le pouvoir de modifier le règlement appartenait au DGEQ actuel, Pierre Reid, qui a confirmé qu’il était en train de revoir ce règlement dans son ensemble. « Depuis l’automne, en prévision des prochaines élections, on est en révision de notre matériel électoral et ça inclut le formulaire de déclaration de candidature », a réitéré au Devoir Stéphanie Isabelle.

Seul le Québec possède une telle obligation. L’exigence de fournir une photo « tête découverte » n’existe pas aux niveaux fédéral et municipal, une preuve étant l’élection du député et chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh. Elle n’existe pas non plus pour obtenir une carte d’assurance maladie du Québec, un permis de conduire ou un passeport, où la loi interdit d’être photographié avec un couvre-chef, sauf si celui-ci est porté tous les jours pour des raisons religieuses ou médicales.

Des partis peu bavards

C’est d’ailleurs ce qu’a fait valoir la future candidate en soumettant sa demande d’accommodement au DGEQ au début du mois de décembre. Elle préférerait toutefois que le règlement soit modifié au lieu de bénéficier d’un accommodement, qui n’a généralement pas bonne presse.

Interrogé sur la procédure à suivre lorsqu’une demande d’accommodement est soumise, le DGEQ a dit qu’il n’y a pas de « procédure prévue pour le moment dans la loi électorale ». Une modification au règlement servirait à régler le problème, mais elle devra être approuvée par l’Assemblée nationale et suivre les étapes, jusqu’à la publication dans la Gazette officielle.

Après plusieurs jours de sollicitation, les principaux partis politiques se sont montrés très avares de commentaires. Le Parti québécois a dit qu’il discutera peut-être de la question à son prochain caucus à la fin de janvier, tandis que le Parti libéral du Québec s’est contenté de dire qu’il se conformera à la Loi électorale et aux règlements du DGEQ. La Coalition avenir Québec n’a pas souhaité faire de commentaires.

via Port du hijab: première demande d’accommodement raisonnable adressée au DGEQ | Le Devoir

Forget sovereignty, a new political divide is ready to split Quebecers – Macleans.ca

New political fault lines? Or just another variation of identity politics?

The divisions that once defined Quebec are dissolving before the eyes of its oldest political parties. Less than a year before the next election, fear of another referendum—or desire for one—is no longer top of voters’ minds, challenging the raisons d’être of both the ruling federalist Liberals and their rivals, the separatist Parti Québécois. Freed from the old worries, though, Quebecers might soon be following the worldwide trend of right-left polarization, splitting along populist and progressive lines.

The Liberals were elected with a majority in 2014 after the PQ’s attempt to capitalize on Quebec’s decade-long identity debate with the Charter of Quebec Values. It will go down as one of the worst misplays in the province’s political history, says François Pétry, a Université Laval political scientist, because much as they like debating the value of state secularism, Quebecers are disturbed by the idea of fighting with each other.

Now, after three years of focusing on the province’s economy, and pulling it out of deficit, Premier Philippe Couillard is wading into that same territory. Bill 62, a new law banning face coverings while receiving public services, was championed by the Liberals, and is already subject to two court challenges.

 It is drawing ire from all sides. Civil liberties advocates say it unfairly targets a tiny portion of Muslim women, while the nationalist opposition parties, Coalition Avenir Québec (CAQ) and the PQ, say it doesn’t go far enough. Premiers across the country have denounced it and Prime Minister Justin Trudeau has said the federal government is studying legal ways it could join the chorus. “It’s not a good initiative, purely on the electoral front,” Pétry says, adding the law figured nowhere in the Liberals’ election platform. “If you start to create conflicts between Quebecers, [you’re] probably going to suffer the consequences.”
It’s one of the few mistakes Couillard has made, according to Pétry, who tracks politicians’ promises and says Couillard has kept more of his than any premier in recent Quebec history. That and the government’s strong fiscal performance makes the Liberals’ recent slump in the polls a paradox. The most recent by Leger, published in October, had the Liberals running second to the four-year-old, right-of-centre CAQ on the question of voting intentions, with 29 per cent support compared to 34 per cent for the CAQ.

Couillard may be paying, says Pétry, for ethics blunders made by the party under its former leader, Jean Charest, which have tainted how voters view the party. What’s more, the Liberals have been in power since 2003, save for a two-year stint by the PQ under Pauline Marois, leaving many antsy for change.

“For the first time in 40 years, a party other than the PQ and the PLQ could be in power, and that’s a real feat,” says Dan Pelletier, a 45-year-old Laval security guard who plans to vote CAQ in the next election. Pelletier says he’s for legislation like Bill 62, as long as it’s done “with respect for the [minority] communities that live with us, without becoming authoritarian.”

Still, the CAQ, which has been criticized for sowing us-versus-them political division, has vowed to enact even further-reaching religious attire legislation, which would put Quebec at greater odds with the rest of the country. It’s a prospect that worries Emilie Nicolas, co-founder of Québec Inclusif and a Ph.D. candidate in anthropology at the University of Toronto, who says Quebec has seen “a progressive normalization of distrust of Muslim communities” since the early 2000s.

Discussions surrounding religious accommodations have long been placed in the context of Quebec’s separating of church and state in the 1960s. Some say that watershed moment can no longer be used to explain Quebec’s unease with those different from its French settlers. “In this day and age no society is an island,” says Arjun Tremblay, a postdoctoral fellow at the Université du Québec à Montréal who studies the politics of multiculturalism. He doubts any Quebec leader can steer clear of addressing identity for long—it “strikes an emotional chord in a lot of people,” he says, “and can be used to mobilize segments of the electorate.”

Tremblay, like others, points to the Trump administration’s “thinly veiled anti-Muslim” immigration and refugee bans. A far-right movement is gaining ground in the province, especially in Quebec City, where less than a year ago a mass shooting at a mosque left six dead and 19 seriously injured. The suspect, 27-year-old Alexandre Bissonnette, was said to have an affinity for Trump and the white nationalist groups supporting him.

The attack fuelled calls for the Quebec government to launch a formal commission looking into systemic racism in the province. But a month after it launched, Couillard changed its focus and name, ridding it of terms of reference relating to systemic racism in favour of vaguer language on discrimination and integrating immigrants. Nicolas says the move, compounded by Bill 62, shows how out of touch Quebec politicians are with the appetite among young voters to address social justice issues. “Millennials are not that young anymore,” she says, “and it turns out that they can vote if they feel like it makes a difference.”

Case in point: the Nov. 5 election of Valérie Plante, the first woman voted mayor of Montreal, who ran on a platform of progressive politics and on her independence from the political establishment. Her cheery demeanour helped. Plante’s predecessor, Denis Coderre, a former Liberal MP and cabinet minister, was seen as arrogant. Quebec’s main parties may be driven and divided by 1990s politics, Nicolas says, but that’s changing, “actually as we speak.”

Whether the Liberals find a way to renew themselves or dig deeper into old debates will determine how they do come October 2018, she predicts. Either way, the old guard remains in place and has 11 months to pick up the pieces. And if there’s one thing the experts agree on, it’s that 11 months in politics is a long time.

via Forget sovereignty, a new political divide is ready to split Quebecers – Macleans.ca