Le critère du français pourrait être abaissé pour certains immigrants au Québec

Of note (reality):

Pour être plus compétitif, Québec envisage de modifier sa grille de sélection et d’abaisser le critère de la connaissance du français pour les travailleurs qualifiés de certains secteurs. Rappelant que l’immigration doit répondre aux besoins du marché du travail, la ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Nadine Girault, a reconnu que pour attirer certains talents, les programmes devront s’ajuster.

« On va modifier une partie, car on veut aller chercher des spécialistes du marché. Dans certains secteurs, c’est extrêmement difficile [d’attirer des gens qui parlent français] », a-t-elle dit en répondant aux nombreuses questions de l’opposition lors de l’étude des crédits de son ministère mardi. « Le critère du français va être toujours là. On veut le faire en fonction des différents postes, mais on est en train de négocier là-dessus. »

Certains projets pilotes testent actuellement cette possibilité, a rappelé la ministre. « On va peut-être regarder pour ouvrir certains de ces postes de nos projets pilotes à des gens qui ne sont pas nécessairement francophones actuellement, mais qui auront l’obligation de se franciser », a-t-elle précisé, assurant que ces personnes devront « signer un engagement formel » pour se franciser.

Mme Girault a déclaré du même souffle que le français devait être encouragé chez les immigrants. « On ne baissera pas le niveau de français et c’est pour ça qu’on met tous les efforts en francisation. On a augmenté le nombre de ressources en francisation », a-t-elle dit, soulignant que jamais autant d’argent n’aura été mis en francisation que les 170 millions consacrés en 2019 par son prédécesseur, Simon Jolin-Barrette.

Un « recul majeur »

Cette déclaration de la ministre a fait grandement réagir les députés de l’opposition. « On a un recul majeur si on est en train de réviser pour certains secteurs professionnels le niveau de français exigé. Surtout que ça vient d’un gouvernement qui dit qu’il aurait le plan le plus costaud en matière de protection de la langue française », a déclaré au Devoir la députée péquiste Méganne Perry-Melançon. Selon elle, le niveau de français ne doit pas uniquement être déterminé par le cadre professionnel, le rôle qu’il joue dans l’intégration doit aussi être pris en compte. « Ces gens-là doivent pouvoir se sentir intégrés et ça passe certainement par la maîtrise du français. »

La députée libérale Christine St-Pierre a quant à elle dénoncé le double discours de la ministre Girault. « Il y a le discours comptable et économique de dire que dans certains secteurs, ce n’est pas grave si on réduit les critères de français, mais pour d’autres catégories, on va dire aux gens qu’ils seront soumis à des critères plus sévères et stricts. » Pour elle, les gens pour qui le critère du français sera abaissé se destinent à des emplois nichés, bien payés et visant des entreprises qui se concentrent à Montréal, alors que plusieurs études ont démontré que la métropole s’anglicise. « C’est deux discours. Ceux qui sont riches, vous êtes les bienvenus et ceux qui n’ont pas de bons salaires, ce sera plus difficile pour vous. »

À la défense de Legault

La ministre de Girault s’est également portée à la défense du premier ministre François Legault, en réaffirmant l’importance de sélectionner l’immigration en fonction des besoins du marché du travail. Lors d’une rencontre privée devant le Conseil du patronat, M. Legault avait parlé de son obsession pour augmenter le salaire moyen au Québec et réduire l’écart avec l’Ontario. « À chaque fois que je rentre un immigrant qui gagne moins de 56 000 [$], j’empire mon problème », peut-on entendre dans un enregistrement obtenu par Radio-Canada.

Les députés de l’opposition ont talonné la ministre sur cette question pendant l’étude des crédits. Le député de Québec solidaire, Andrés Fontecilla, a tenté en vain d’obtenir des données sur le type de qualification et les catégories « par lesquelles rentre l’immigration en ce moment. »

Nadine Girault a expliqué que la plateforme Arrima permet aux employeurs d’aller chercher des travailleurs qualifiés dont ils ont besoin, et ce, dans tous les domaines. « Les immigrants qu’on veut aller chercher, oui ils pourraient combler [ce type de] postes [à plus haut salaire] mais on a aussi des programmes pilotes pour des immigrants, comme des préposées aux bénéficiaires, en transformation agroalimentaire. Ces immigrants ne vont pas gagner 56 000 par année. »

Longs délais de traitement

La députée libérale a également tenu à rappeler à la ministre qu’à l’automne dernier, le secrétaire d’État chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie, Jean-Baptiste Lemoyne, s’était publiquement déclaré insatisfait de la façon dont étaient gérés les dossiers de résidence permanente de nombreux Français et que ce dossier devait être en tête de liste des discussions entre la France et le Québec. La semaine dernière, Le Devoir faisait état des longs délais de traitement des dossiers de résidence permanente, en rapportant des témoignages de nombreux immigrants qui attendent une réponse depuis parfois plus de deux ans. Plus de 50 000 personnes sont en attente d’une résidence permanente au Québec.

La ministre Girault a insisté sur le fait que l’octroi de ce statut relève du gouvernement fédéral et qu’elle a eu des discussions sur le sujet avec son homologue, Marco Mendicino, mardi matin. Elle aurait eu l’assurance que le traitement serait accéléré pour que les cibles de 2021 soient atteintes, de même que le rattrapage pour l’année 2020, où moins d’immigrants que prévu ont été admis.

Programme des anges gardiens

La ministre de l’Immigration n’entend pas élargir le programme l’admissibilité au programme spécial de régularisation des demandeurs d’asile ayant travaillé dans la santé. Depuis son annonce l’été dernier, elle subissait des pressions du milieu pour qu’il soit étendu à toutes personnes ayant occupé des emplois les mettant à risque de contracter la COVID-19, et non pas uniquement au cours de la première vague. « Le programme a été monté pour aider les gens de la première vague », a insisté la ministre Girault. « On voulait une façon spéciale de les remercier », a-t-elle ajouté, laissant entendre que les demandeurs d’asile ayant travaillé durant les 2e et 3e vagues avaient eu du renfort.

Selon les chiffres d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) datés du 10 avril, à peine 7 % (94 sur 1400) des « dossiers » du Québec avaient reçu une « approbation en principe », contre près de 50 % pour ceux dans le reste du Canada. Le cabinet de la ministre de l’Immigration a assuré de son côté que la délivrance des Certificats de sélection du Québec (CSQ) allait bon train, en fournissant des statistiques plus récentes. En date du 3 mai, il aurait finalisé 377 dossiers de CSQ, ce qui correspond à 809 CSQ délivrés.

Source: Le critère du français pourrait être abaissé pour certains immigrants au Québec

Le programme des anges gardiens tarde à prendre son envol

Of note:

Après un timide départ, le programme de régularisation des anges gardiens ne semble toujours pas avoir pris de réel envol : à peine quelques milliers de candidats ont déposé un dossier et seulement 216 ont obtenu une résidence permanente, dont aucun au Québec.

À plus de la mi-chemin de la période des mises en candidatures, le nombre de dossiers déposés dans le cadre de ce programme spécial visant à régulariser les statuts des demandeurs d’asile qui travaillent dans la santé ne dépasse pas les 3200 au Canada. De ce nombre, un peu moins de la moitié (1400) proviennent du Québec, selon les données d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) datées du 10 avril. Un dossier représentant deux personnes en moyenne, 7577 personnes au total convoitent actuellement la résidence permanente par l’entremise de ce programme.

« C’est une goutte dans l’océan », a laissé tomber Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des réfugiés et des immigrants (TCRI). « On ne parle pas de raz-de-marée, on parle d’un mini-programme d’immigration », a-t-il ajouté en rappelant les craintes du gouvernement Legault qui, contrairement à Ottawa, souhaitait un programme plus restreint qui ne toucherait que les demandeurs d’asile ayant travaillé en soins directs aux patients durant la première vague.

À ce stade-ci du programme, le président de l’Association des avocats en droit de l’Immigration, Guillaume Cliche-Rivard, estime que la grande majorité des gens admissibles devraient avoir déposé une demande. Un avis que partagent les trois organismes communautaires québécois mandatés pour accompagner les candidats dans le processus. « On va parler de quelques milliers de personnes à travers le Canada, 10 000 personnes au maximum », dit-il, en soulignant que rien qu’au Québec, le gouvernement Legault cherche actuellement à pourvoir 14 000 postes en santé.

Un programme trop restrictif

Pour Marjorie Villefranche, directrice de la Maison d’Haïti, qui est l’un des organismes accompagnants, il ne fait pas de doute que le programme doit être élargi à plus de demandeurs d’asile. « Peut-on enlever la règle qui dit que 120 [des 750 heures de travail] accumulées doivent l’avoir été pendant la première vague, entre le 13 mars et le 14 août ? Il y en a plein qui ont travaillé tout aussi fort mais pendant les deuxième et troisième vagues », souligne-t-elle.

Dans sa version actuelle, le programme est aussi jugé « trop restrictif » par les organismes, car il exclut plusieurs professions jugées essentielles. Par exemple, les aides de service, qui sont nombreux à avoir effectué des gestes de préposés aux bénéficiaires durant la crise de la première vague, sont exclus. « Selon leur description de tâches, plusieurs personnes ne devaient pas être en contact direct avec le patient, mais dans les faits, elles l’ont été », a dit Martin Savard, qui s’occupe du programme spécial pour le Centre social d’aide aux immigrants (CSAI).

Lenteur de traitement

Au Québec, seulement 94 de tous les dossiers déposés, soit 7 %, ont obtenu une « approbation de principe », ce qui signifie qu’il ne manque que les vérifications d’usage, notamment de sécurité, pour que les candidats soient admis par le gouvernement fédéral. Ailleurs au Canada, ce sont 48 % des dossiers qui sont à cette étape d’approbation. « À ce jour, certaines personnes n’ont même pas reçu d’accusé de réception de la première étape. C’est anxiogène pour elles », constate Yannick Boucher, directeur des services aux personnes chez Accueil liaison pour arrivants (ALPA).

Marjorie Villefranche rappelle que le mouvement pour demander la régularisation des demandeurs d’asile travailleurs essentiels était parti d’ici. « En négociant un programme spécial, le Québec en a fait bénéficier tout le monde au Canada. Mais là, plus de personnes sont acceptées ailleurs, et c’est chez nous que ça bloque », dit-elle. « On ne comprend pas et on regarde les gouvernements se renvoyer la balle. » Avec les deux autres organismes, elle dit avoir fait part de ses doléances lors d’une rencontre proposée par le ministre fédéral de l’Immigration, Marco Mendicino.

Selon Guillaume Cliche-Rivard, les deux ordres de gouvernements ont leur part de responsabilité dans les délais. « Avant qu’on reçoive l’accusé de réception et la lettre permettant de se tourner vers Québec pour demander le Certificat de sélection du Québec [CSQ], IRCC nous fait attendre deux bons mois. Ensuite, le Québec met encore deux ou trois mois à délivrer le CSQ », dit l’avocat, en se basant sur ce qu’il observe des dossiers de ses clients.

Encore des obstacles

Me Cliche-Rivard déplore surtout que le gouvernement du Québec n’ait pas changé son principal formulaire, qui semble toujours exiger une attestation de travail ou une lettre d’emploi dans leur version « originale », ce qui est difficile à obtenir en pleine pandémie. La ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Nadine Girault, avait pourtant annoncé en mars dernier des « mesures d’assouplissement » et des copies avec justification allaient pouvoir être acceptées.

Joint par Le Devoir, le cabinet de la ministre a indiqué qu’il acceptait, comme promis, les copies des documents originaux. Quant aux délais de délivrance de CSQ, ils ne dépasseraient pas un mois et 339 demandes, sur un total de 651 reçues, ont été traitées en date du 26 avril, selon l’attachée de presse, Flore Bouchon. « Le nombre de dossiers traités et de CSQ délivrés est en évolution continue, ce qui démontre le succès du programme spécial », a-t-elle déclaré.

Source: https://www.ledevoir.com/societe/600049/immigration-le-programme-des-anges-gardiens-tarde-a-prendre-son-envol?utm_source=infolettre-2021-05-04&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Douglas Todd: Quebec to get 10 times more than B.C. and Ontario to settle immigrants

Almost an annual event, criticism of the Canada-Quebec immigration accord’s unbalanced funding arrangement, one that becomes more unbalanced as immigration to the rest of Canada continues to outstrip immigration to Quebec:

Quebec will be handed roughly 10 times more taxpayer dollars from Ottawa to settle each one of its immigrants than B.C., Ontario, Alberta and the other provinces.

The pandemic is further distorting an already lopsided and increasingly bizarre three-decade-old accord with Ottawa that this year will provide Quebec with roughly $20,000 to support each new permanent resident to the province.

Meanwhile, each new permanent resident set to move to B.C. will be allocated only about $1,800 in settlement services, which include language training, assistance with housing and job counselling.

Immigration, Refugees and Citizenship Canada settlement allocations show, in addition, that Ontario will be handed about $2,000 this year to support each of its new immigrants.

“If I were the other provinces, I would be really, really angry about it,” says Stephan Reichhold, who heads the umbrella organization that oversees 150 settlement agencies in Quebec.

“The other provinces can complain. They can make public statements that it’s not fair,” Reichhold said, explaining that the ever-widening transfer disparity is rooted in a funding formula embedded in the 1991 Canada-Quebec immigration accord.

The upshot of the accord is that Quebec, despite reducing its immigration levels two years ago, will nevertheless be handed a whopping $650 million to help settle the 30,000 to 35,000 new permanent residents it expects in 2021.

Meanwhile, the settlement allocations show all the other provinces and territories combined are this year scheduled to receive $741 million to help integrate about 370,000 new permanent residents, based on Ottawa’s target, which is a record 401,000 immigrants for 2021.

B.C. is set to receive only about $109 million, even while it is projected to take in more than 65,000 new permanent residents, about twice as many as Quebec.

Ontario, which normally takes in 45 per cent of all immigrants to Canada, will be transferred just $372 million, far less than Quebec.

It all adds up to mean, said Reichhold, that Quebec, which accepts only one-tenth of the country’s new immigrants, will receive almost as much transfer money as the other nine provinces and three territories combined.

Vancouver-based Chris Friesen, chair of a national umbrella association that represents immigrant serving agencies across the country, said the gross imbalance in immigrant-support payments is yet another reason he and others are calling for a national dialogue, possibly a royal commission, into the country’s immigration policies.

Friesen, who is also director of the Immigrant Services Society of B.C. that supports refugees, said the Quebec-Canada formula constantly escalates the proportion of transfer funds going to Quebec. As a result the province will actually receive $58 million more to settle permanent residents this year than last year — despite taking in fewer  immigrants than it did in 2019 and 2020.

Even though the provinces have a moral right to protest their poor treatment, Quebec’s Reichhold doubted it would do much good.

That’s because the Canada-Quebec immigration accord, which prime minister Brian Mulroney signed in 1991, gave unique immigration powers and generous transfer payments to the province, mainly to appease a then-surging sovereigntist movement. The other provinces do not have anywhere near the same level of influence over immigration, which is constitutionally in the hands of Ottawa.

Quebec, because of the accord, has long raked in more money per immigrant from Ottawa than the other provinces. In 2019, Quebec received about $11,000 for each of the roughly 40,000 permanent residents it accepted. That compared to about $2,400 each for immigrants to B.C. and Ontario.

This year, because of both COVID-19 border restrictions and Premier Francois Legault’s campaign promise to further reduce immigration levels, the money gap continues to grow wider than ever. Quebec expects only about 30,000 to 35,000 new permanent residents in the province this year, said Reichhold, who noted that Legault’s government announced Wednesday it is considering upping its target to 50,000 in 2022.

Despite the unfairness of the transfer system, Reichhold said Quebec can always use the federal money. And he was pleased to see that Legault is directing two to three times more of Ottawa’s funding into immigration services than the previous Liberal premier, Philippe Couillard, who mostly shovelled it into general revenue.

“Legault has really raised the amount that goes into language training and other resources,” said Reichhold. Asked if he thought other provinces should get as much money per capita as Quebec for settlement services, Reichhold laughed and said, “Can you imagine the amount? It would cost three to four billion dollars.”

Quebec’s immigration program is unique in the world in the way it gives so much control to a regional jurisdiction, Reichhold said.

Quebec also has its own distinct immigrant-investor program, which had for years been bringing in about 4,000 rich newcomers from around the world, mostly Asia. Nine out of 10 don’t stay in Quebec, but instead move to Toronto or Vancouver. Reichold said the program, which critics call a “cash-for-passport scheme,” is not taking new applicants, as it deals with a backlog.

The media outside Quebec don’t often look at how the immigration system works, or its dramatic anomalies, because most English-language journalists show little interest in francophone Quebec, said Reichhold. For that matter, he said, most Quebeckers don’t understand immigration policy either.

The public’s overall ignorance is one of the reasons Friesen, along with Jean McRae of Victoria, B.C., and Victoria Esses of London, Ont., are calling for a national inquiry into Canada’s convoluted immigration policies, which are produced closed doors. That includes Ottawa’s announcement in October that its objective is to admit over 1.2 million new permanent residents between 2021 and 2023, the most ever.

Although a recent poll found Canadians are among the most welcoming people in the world to immigrants, Friesen, MacRae and Esses said the public’s “lack of control and generalized uncertainty can easily stoke anti-immigrant and anti-immigration sentiments. Involving Canadians in an informed consideration of how Canada’s  future immigration programs and policies should be structured will work to dampen these effects.”

It may be possible to forgive Canadians for not comprehending what’s actually going on in Quebec or elsewhere in regard to immigration policy. Still, it would be prudent to avoid being naive.

Source: https://vancouversun.com/business/douglas-todd-quebec-to-get-10-times-more-than-b-c-and-ontario-to-settle-immigrants

Quebec will raise immigration quotas, minister confirms

Looks like more catch-up for 2020 decline than an increase in planned levels:

Quebec will have no other choice but to significantly increase its immigration quotas, says the province’s minister on the file, Nadine Girault.

Girault said Thursday that the pandemic has suddenly slowed down the entry of newcomers to Quebec while it continues to grapple with severe labour shortages in several sectors.

Though she refuses to give precise numbers for the moment, Girault reported a “shortfall of nearly 17,000 or 18,000 people” immigrating to the province in her planning. 

Quebec received barely 25,000 immigrants in 2020, while the Legault government had expected to receive between 43,000 and 44,000.

The CAQ government significantly reduced immigration quotas when it came to power, cutting the target for total newcomers to around 40,000 for 2019, compared to some 50,000 annually under the previous Liberal government.

The goal of this reduction was, according to the slogan of the time, “En prendre moins, mais en prendre soin,” meaning “take less, but care for it better.”

Quebec then forecast annual growth that should have brought this threshold back to around 50,000 in 2022.

QUEBEC MUST DO A CATCH-UP

The pandemic, however, flouted these plans.

“Two years ago the situation was very, very different from what we are experiencing today,” said Girault during a joint announcement with Montreal Mayor Valerie Plante on funding newcomers’ integration into the city.

Citing a “deficit for 2020” in terms of immigration, Girault said Quebec “wants to catch up to these thresholds and we also want, as we said from the start three years ago, [to] increase the thresholds precisely because we wanted to welcome them better, integrate them better.”

The comment suggested the catching-up would be added to the increase already planned.

$24 MILLION TO GREET NEWCOMERS IN MONTREAL

The agreement with Montreal provides for investments of $24 million over three years, funded equally between Quebec and the city, to facilitate the integration of new immigrants.

Roughly 70 per cent of immigrants who arrive in Quebec settle in Montreal. One of the goals of financial assistance is francization or integrating them into French-speaking life, authorities say.

“The reality of the metropolis presents challenges in terms of francization and integration,” said Girault. “If we want to ensure the survival of this francophone character of Montreal, we must take great strides so that immigrants can be part of the solution.”

Girault also pointed out in passing that her government had added $70 million to the francization effort in the last budget, bringing the total to $170 million.

Plante said the agreement “will give us the means to pursue our actions to promote [newcomers’] integration, their inclusion and their full participation in Montreal society.”

The sums will go to around 100 organizations, to support the completion of nearly 200 projects.

Source: Quebec will raise immigration quotas, minister confirms

Khan: In Quebec, an act of injustice receives no accountability

More good commentary:

Apr. 20 was a day marked by sharp contrasts in judicial verdicts relating to harm.

In Quebec Superior Court, Justice Marc-Andre Blanchard issued a ruling regarding Bill 21, Quebec’s “secularism” law, which bans the wearing of religious symbols for government employees deemed to be in a position of authority, such as judges, government lawyers, teachers and police officers. New hires must remove religious symbols, while those already employed with the government can keep their symbols and jobs; they cannot, however, get promoted or transferred.

And so systemic discrimination have been enshrined in law, in a province whose premier repeatedly denies the existence of systemic racism.

In contrast, we witnessed accountability for cruel behaviour in a Minnesota courtroom. There, a 12-member jury found former police officer Derek Chauvin guilty on three counts in the death of George Floyd. The sheer inhumanity of Mr. Chauvin’s actions – namely, kneeling on the neck of Mr. Floyd while he was prone, handcuffed and pleading for his life – was broadcast for all to see. Mr. Chauvin was held accountable for his actions, and now awaits sentencing for the three charges of which he has been found guilty. Elation was tempered with the knowledge that the fight against police brutality and systemic racism is far from over. U.S. President Joe Biden acknowledged as much, calling systemic racism “a stain on our nation’s soul.”

A life, to be sure, has not been snuffed out by Bill 21. But livelihoods are being waylaid all the same by systemic discrimination.

While Justice Blanchard affirmed the bulk of Quebec’s law, he struck down portions that applied to English school boards and the wearing of face coverings in the National Assembly. He also had harsh words for the bill: “There is no doubt that in this case the denial by Bill 21 of the rights guaranteed by the Charter has severe consequences for the persons concerned. Not only do these people feel ostracized and partially excluded from the Quebec public service, but in addition, some see their dreams become impossible while others find themselves stuck in their positions with no possibility of advancement or mobility. In addition, Bill 21 also sends the message to minority students wearing religious symbols that they must occupy a different place in society and that obviously the way of public education – at the level of preschool, primary and secondary – does not exist for them. On the other hand, the beneficial effects appear at least tenuous.”

Quebecers aspiring to one of these jobs now face a dilemma, Justice Blanchard added: “Either they act according to their soul and conscience – in this case their beliefs – or they work in the profession of their choice. It is easy to understand that this is a cruel consequence which dehumanizes those targeted.”

Nonetheless, such cruel dehumanization is legal because of the province’s deployment of the Charter’s notwithstanding clause.

Meanwhile, Quebec Justice Minister Simon Jolin-Barrette, the law’s architect, will appeal the ruling, stating, “There are not two Quebecs – there is only one.” This is rich coming from a man who has himself created two Quebecs: One where opportunity is available for all, and another where opportunities are limited because of a person’s religious belief and expression.

Let’s not forget that the majority of Quebeckers approve of Bill 21 – cruelty, dehumanization and systemic discrimination be damned. Is it any wonder that Quebec has been facing a shortage of teachers? Lost is the irony that today everyone must cover their face in government institutions, including in the National Assembly.

Federal leaders, conscious of the significant number of seats in Quebec, have reacted along differing lines. Green Party Leader Annamie Paul and NDP Leader Jagmeet Singh have each unequivocally opposed the law, while the Conservatives have thrown Quebec’s religious minorities under the bus, stating they will not challenge the law but assuring Canadians that they would never introduce a federal version of Bill 21. Prime Minister Justin Trudeau has been non-committal about intervening.

We must now take inspiration from the U.S., where activists have pushed for justice for Black lives and are now opposing new laws in Georgia that will affect voters of colour. We must publicize the systemic discrimination, dehumanization and cruelty of Bill 21 far and wide, and confer with activists about the best way forward to address discrimination enshrined in law.

Let Quebec explain Bill 21 to the world. After all, those who aspire to a more just society should remember the words of Martin Luther King Jr.: “The arc of the moral universe is long, but it bends toward justice.” It does not bend on its own.

Source: https://www.theglobeandmail.com/opinion/article-in-quebec-an-act-of-injustice-receives-no-accountability/

Quebec court upholds law banning religious dress, with exceptions for English schools, MNAs

Don’t think anyone saw this split coming unless I missed it:

A Quebec Superior Court judge has upheld most of the province’s law banning religious dress in some public-service functions but carved out an exception for the anglophone education system, to the dismay of Premier François Legault and other Quebec nationalists.

Justice Marc-André Blanchard ruled Tuesday that Quebec’s “Act respecting the laicity of the State,” better known as Bill 21, infringes fundamental rights to religious expression under the Canadian Charter of Rights and Freedoms, and its Quebec equivalent. He found Bill 21 has “cruel and dehumanizing” effects on the targeted people.

But, he found, the Quebec government’s use of a blanket constitutional override power under Section 33 of the Constitution, known as the notwithstanding clause, prevents him from striking down most of the law.

The judge found an exception for anglophone school boards, which are protected under the Constitution’s minority language rights from having the override applied to them. The judge ruled language rights include cultural issues such as allowing religious expression among school staff.

The ruling cements Quebec’s debate over religious rights into a schism posing proponents of the Canadian model of multiculturalism, including many anglophones, against some Quebec nationalists, mostly francophone, who want to impose a more unitary vision of Quebec culture.

Justice Blanchard also overturned religious dress restrictions on members of the National Assembly who have a Constitutional right to run for election and sit in the legislature without such constraints.

The practical result of Tuesday’s ruling is Quebec’s English-language schools can hire teachers who wear Muslim veils or Jewish kippas, while the rest of Quebec’s school system cannot. Religious symbols will continue to be banned for police officers, judges, government lawyers and others the government has defined as people in positions of authority.

“I am elated and I’m proud of the English Montreal School Board,” said Furheen Ahmed, a high-school teacher who wears a headscarf, and works for the board that was a plaintiff in the case. “But it’s one small victory in a really big province.

“My French counterparts don’t get to celebrate today. And all the other people outside English schools don’t get to celebrate.”

Mr. Legault’s government has already said it will appeal the decision while most plaintiffs and advocacy groups who brought the challenge have strongly hinted they will do likewise. Many legal experts believe a showdown in the Supreme Court of Canada is inevitable.

Justice Blanchard found Mr. Legault’s legislation, passed nearly two years ago with the stated aim of promoting secular values in government institutions, has had serious negative consequences for Quebeckers who wear religious symbols, particularly Muslim women. “Law 21 steps more than minimally on the freedom to show or to practise religious beliefs,” the judge wrote. “This use of the prerogative seems to be imprudent and casual, and its sweep is far too large.”

But, the judge added, while the use of the constitutional exemption to shield the law from challenge appears to be excessive, it does not “violate the architecture of the Canadian Constitution nor primacy of the rule of law.”

The English Montreal School Board was about the only participant in the case declaring victory. While most of the law was upheld, Mr. Legault said he was disappointed and did not understand the judgment.

“I find it illogical. It’s like laïcité and those values are applied differently for anglophones and francophones,” Mr. Legault said. “Quebec and all Quebeckers should live with common values.”

Justice Minister Simon Jolin-Barrette, the architect of the law, accused the judge of dividing Quebeckers. “Quebec is a nation. Some are trying to divide us but we are united,” Mr. Jolin-Barrette said.

Quebec’s law imposes state religious neutrality and includes a dress code prohibiting civil servants holding “positions of authority” from wearing visible religious articles. The jobs under the dress code include teachers, police officers and government lawyers, among others.

People in those jobs who wear the symbols and already hold those posts are allowed to keep working. They cannot be promoted or transferred and new hires must remove the religious symbol to work.

Carissima Mathen, a constitutional law professor at the University of Ottawa, said the ruling sets up an examination of just how far use of the notwithstanding clause can go at the Quebec Court of Appeal and likely the Supreme Court of Canada.

“It’s the first time in maybe 20 years or more that we will have this kind of detailed consideration of Section 33,” Dr. Mathen said. “Lower courts may feel constrained by existing case law. It’s a question more for the appellate court and the Supreme Court of Canada to weigh in and decide if they want to chart a new path or new approach to Section 33.”

Dr. Mathen said while scholars debate how widely the clause should be used, the issue hasn’t gone before the courts because Quebec’s broad use of it is “such a rare choice.”

Advocates for Jewish, Muslim and Sikh organizations who backed the court challenge all expressed disappointment and vowed to keep fighting.

“It came out very clearly there are fundamental problems with Bill 21,” said Yusuf Faqiri, director of Quebec issues with the National Council of Canadian Muslims.

“It’s not constitutional, it’s discriminatory. It has been 674 days that Quebeckers who wear religious symbols are second-class citizens. We will review it in the next couple of days and decide on next steps but one thing is clear. This battle is far from over.”

Source: Quebec court upholds law banning religious dress, with exceptions for English schools, MNAs

Robert Dutrisac in Le Devoir:

Dans sa décision rendue mardi concernant la Loi sur la laïcité de l’État, le juge Marc-André Blanchard, de la Cour supérieure, n’a pas chamboulé l’ordre constitutionnel canadien puisqu’il n’a pu invalider la protection que confère à la loi 21 le recours à la disposition dérogatoire de la Charte canadienne des droits et libertés. Mais il crée deux régimes de droits religieux dans les écoles suivant une démarcation linguistique, sorte de partition juridique du Québec.

À la lecture du jugement, il est évident que c’est à son corps défendant que le juge a écarté les arguments présentés par les demandeurs, notamment l’aspirante enseignante Ichrak Nourel Hak et le National Council of Canadian Muslims, qui visaient à contourner l’article 33 de la Charte canadienne accordant à toute province le droit de dérogation. En fait, le juge Blanchard a invalidé les deux seuls éléments de la loi 21 sur lesquels la dérogation n’avait aucune prise. Il s’agit de l’article 23 de la Charte qui garantit les droits scolaires des minorités linguistiques, droits scolaires qui s’étendent désormais à l’expression de la foi religieuse, selon l’interprétation nouvelle du juge. L’autre élément invalidé, c’est l’obligation faite aux élus de l’Assemblée nationale d’exercer leur fonction à visage découvert. Selon le jugement, cette obligation prive des personnes qui se couvrent le visage du droit de se présenter à une élection québécoise, ce qui contrevient à l’article 3 de la Charte. On peut voir dans cette invalidation une intrusion inédite du pouvoir judiciaire dans la régie interne de l’Assemblée nationale. Dans les deux cas, le gouvernement caquiste va demander d’en appeler.

Quant au recours à la dérogation, le juge Blanchard s’en est tenu au jugement Ford c. Québec qui établit que le législateur n’a pas besoin de justifier l’usage qu’il en fait, et ce, afin « de traduire l’importance que continue de revêtir la souveraineté des législatures », a écrit la Cour suprême il y a plus de 30 ans, préservant ce restant de souveraineté parlementaire britannique que détiennent toujours les provinces. Le juge Blanchard admoneste le gouvernement caquiste qui « ratisse beaucoup trop large » en suspendant des droits qui n’avaient pas de lien avec la loi 21 alors qu’il aurait dû agir de « façon parcimonieuse et circonspecte ». C’est un point de vue, mais si cette suppression est sans objet, elle n’aura pas d’effet. Quoi qu’il en soit, le juge prend sur lui d’envoyer un message aux tribunaux supérieurs : en cas de contestation, le législateur devrait justifier l’existence d’une « certaine connectivité » avec la législation visée. C’est à « l’urne », c’est-à-dire aux citoyens lors d’élections, de décider du sort d’un gouvernement qui exerce ce pouvoir de dérogation, fait-il par ailleurs valoir. Les tribunaux « se doivent d’éclairer cette connaissance [de l’électorat] des fruits de cette expertise », ajoute-t-il. Le juge Blanchard apporte certainement de l’eau au moulin à ceux qui exècrent la Loi sur la laïcité et qui, contre la CAQ, voteront pour le Parti libéral du Québec ou Québec solidaire.

Sur la question de l’accroc aux droits fondamentaux, le juge Blanchard, sans surprise, repousse les arguments qui pourraient justifier cette atteinte « dans une société libre et démocratique », selon la formulation de la Charte. Il rejette du revers de la main les prétentions féministes du groupe PDF Québec voulant que le port du voile soit un symbole de l’asservissement des femmes par une religion patriarcale. Il rejette la position, plus sérieuse selon lui, du Mouvement laïque québécois qui veut que la loi 21 protège la liberté de conscience des enfants et des parents. Reprenant les termes d’un jugement de la Cour suprême, il estime que refuser d’exposer des enfants à différents faits religieux « revient à rejeter la réalité multiculturelle de la société canadienne ». Et le prosélytisme « passif » n’existe pas ; l’enseignante qui porte le voile n’en fait donc pas, à moins de s’y prêter activement. Le fait qu’une enseignante portant le hidjab pourrait l’enlever à l’école afin de respecter la loi est pour lui une aberration en raison de la « symbiose » entre le port de signes religieux et la foi ; l’un ne peut pas exister sans l’autre.

En étendant les droits linguistiques des minorités que protège l’article 23 de la Charte aux droits religieux, le juge Blanchard innove. Qui plus est, la Cour crée une situation inédite de partition juridique de l’État québécois dont on peut craindre qu’elle nuise à la cohésion sociale, à ce qu’il est convenu d’appeler le vivre-ensemble, et qui ne correspond certes pas à la volonté des parlementaires. Quelle que soit l’opinion qu’on peut avoir sur la loi 21, on doit donner raison au gouvernement caquiste de porter cette cause en appel.

Source: Deux régimes de droits au Québec Éditorial La cour entérine une forme de partition juridique.

Quebec/Canada: Les deux solitudes [in immigration]

Paths continue to diverge with longer-term demographic impact, but with the usual caricature of Canadian immigration and multiculturalism policies “n’ayant peu à se soucier des questions d’intégration et de langue,” ignoring the various integration supports including language training:

Le gouvernement fédéral a ouvert une voie rapide pour accorder à 90 000 travailleurs temporaires et étudiants étrangers en sol canadien leur résidence permanente et devenir ainsi des immigrants reçus.

Le but de l’opération, c’est de permettre à Ottawa de s’approcher de son ambitieux objectif d’accueillir 401 000 immigrants en 2021, et ce, en dépit de la pandémie. En raison des restrictions touchant les voyages, l’arrivée de l’étranger des candidats a été grandement perturbée, tout comme leur recrutement. L’idée est donc de les remplacer par des travailleurs et des étudiants étrangers déjà au pays. À compter du 6 mai, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) amorcera le traitement des dossiers qu’elle recevra afin d’accorder le statut de résident permanent à 20 000 travailleurs de la santé, à 30 000 travailleurs dans des services dits essentiels et à 40 000 étudiants étrangers diplômés d’un établissement postsecondaire canadien.

Le ministre fédéral de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marco Mendicino, a invité le Québec à imiter Ottawa. Or, la ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), Nadine Girault, n’a pas emboîté le pas.

En dévoilant son programme, le ministre Mendicino a souligné l’impulsion économique que cet apport rapide de résidents permanents permettra. C’est de la bouillie pour les chats : ces travailleurs occupent déjà des emplois et contribuent ainsi déjà à l’activité économique. En revanche, pour les intéressés, c’est un cadeau du ciel.

Depuis l’accord Canada-Québec de 1991 en matière d’immigration, le gouvernement du Québec sélectionne environ 60 % de ses immigrants, principalement dans la catégorie des travailleurs qualifiés, ou de l’immigration économique, en leur délivrant un certificat de sélection du Québec (CSQ), et établit les seuils annuels d’immigrants admis, c’est-à-dire ceux à qui le gouvernement fédéral accordera, dans une année donnée, un statut de résident permanent.

Les deux systèmes, celui administré par le fédéral et celui du Québec, fonctionnent en parallèle, du moins en partie. IRCC se charge de l’immigration sous toutes ses formes pour l’ensemble des provinces, sauf pour le Québec. Ottawa s’occupe au Québec de la réunification familiale et de la plupart des réfugiés ainsi que des permis de travail délivrés aux travailleurs et aux étudiants étrangers.

L’an dernier, Ottawa prévoyait accorder le statut de résident permanent à 341 000 personnes, statut qui n’a été donné, en raison de la pandémie, qu’à 184 000 candidats. Il entend faire du rattrapage en fixant son objectif à 401 000 cette année, à 411 000 en 2022 et à 421 000 en 2023.

À l’heure actuelle, on estime qu’il reste 25 000 dossiers en attente d’une résidence permanente au Québec ; pour la plupart, il s’agit de détenteurs d’un CSQ qui sont déjà au pays. Malgré ces dossiers qui traînent depuis des années, le gouvernement fédéral n’a pas admis suffisamment de résidents permanents en 2020 au Québec pour que le gouvernement caquiste respecte le seuil d’immigration qu’il s’était fixé, soit entre 43 000 et 44 500. Il en manque plus de 12 000.

Des délais inexcusables de 27 mois, selon les données d’IRCC, et de 13 mois, selon le MIFI, se sont creusés pour obtenir un statut de résident permanent au Québec. Dans le reste du Canada, ce délai serait de six mois. Un tel écart est injustifiable.

Ottawa soutient que la faute revient au gouvernement caquiste, qui a abaissé les seuils d’immigration. Cette explication ne tient pas pour l’an dernier, et possiblement pour l’année en cours, alors que Québec a demandé à Ottawa d’accélérer la cadence. Ottawa voudrait embarrasser le gouvernement caquiste qu’il ne procéderait pas autrement. Il est vrai que le gouvernement caquiste paraît mal avec son approche plus restrictive, notamment son Programme de l’expérience québécoise (PEQ), dont les critères ont été resserrés, alors qu’Ottawa, de son côté, se montre bon prince.

Le gouvernement Legault devrait exiger d’Ottawa qu’il accorde leur résidence permanente à tous les détenteurs d’un CSQ présents au Québec. Il faut en finir avec ces dossiers qui entravent le recrutement des immigrants et nuit à l’atteinte des objectifs gouvernementaux.

En matière d’immigration, le Canada et le Québec suivent deux voies différentes. D’un côté, le gouvernement caquiste — et c’était vrai aussi, avec plus de mollesse, des gouvernements Charest et Couillard — s’efforce de préserver le caractère français du Québec en mettant l’accent sur la francisation des immigrants, leur intégration et la régionalisation de l’immigration, tout en tentant de remédier aux pénuries de main-d’œuvre. De l’autre, le gouvernement Trudeau poursuit une politique des plus agressives, n’ayant peu à se soucier des questions d’intégration et de langue, le Canada dépassant désormais largement l’Australie à titre de champion mondial de l’immigration. Voilà deux solitudes, même en immigration.

Source: https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/598926/immigration-les-deux-solitudes?utm_source=infolettre-2021-04-16&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Faut-il vraiment réduire les seuils d’immigration?

Taking issue with the PQ position on reduced immigration levels (similar to Lisée’s arguments posted earlier):

Dans une lettre parue le 9 avril, l’économiste et président du Parti québécois, Dieudonné Ella Oyono, affirmait que, devant la rareté de main-d’œuvre qui touche plusieurs secteurs de l’économie québécoise, « augmenter les seuils d’immigration n’est pas une solution soutenable à long terme, ni du point de vue économique (chômage élevé) ni du point de vue social (pression sur les services publics). » Cette conclusion nous semble toutefois fondée sur des prémisses erronées.

La position que défend M. Oyono se base sur un examen du taux de chômage des immigrants reçus au Canada entre 2016 et 2020. Or, on devrait plutôt faire remonter l’analyse à 2006, puisque les données publiées à cet égard par Statistique Canada remontent à cette année. Il en ressort un portrait plus complet et on évite ainsi la comparaison avec 2020, une année atypique en raison de la pandémie.

Entre 2006 et 2019, le taux de chômage des immigrants reçus âgés de 15 ans et plus a diminué de 45 % au Québec, passant de 12,8 % à 7 %. Cette diminution s’est observée chez toutes les catégories d’immigrants, des plus récemment arrivés aux plus anciennement établis. Le taux de chômage de la population née au pays a pour sa part diminué de 38 % durant cette période, passant de 7,4 % à 4,6 %.

La raison de cette embellie est fort simple : depuis la crise de 2008, la croissance de l’économie a été soutenue, les baby-boomers ont quitté par milliers la population active après avoir atteint l’âge de la retraite, et le nombre de postes vacants dans les entreprises du Québec s’est multiplié, dont une majorité pour des emplois requérant peu de formation ou d’expérience. Cette situation a profité aux personnes récemment entrées sur le marché du travail, dont les personnes immigrantes.

Dans ce contexte, pourquoi se priverait-on de la contribution de celles et ceux qui ont le projet de s’installer au Québec, notamment pour pouvoir y vivre en français ? Selon un argument souvent mis en avant, plus le nombre de personnes immigrantes augmente dans un pays, plus il deviendrait difficile de les intégrer. Dans une étude parue en 2019, l’IRIS montrait au contraire que les États qui affichent les proportions les plus grandes d’immigrants sont aussi ceux qui les intègrent le mieux sur le plan économique. On le voit d’ailleurs en Ontario où, comme le souligne M. Oyono lui-même, le taux de chômage des immigrants reçus est plus bas qu’au Québec, alors que la province de Doug Ford accueille, toutes proportions gardées, plus d’immigrants que celle de François Legault.

Quant à l’argument voulant que les personnes immigrantes représentent une charge pour les finances publiques, mentionnons au contraire qu’à mesure que les années passent et que leur participation au marché du travail s’accroît, leur contribution au Trésor public (et donc au financement des services publics) augmente elle aussi.

Certes, les inégalités persistantes entre travailleurs immigrants et natifs exigent, comme le souligne là encore M. Oyono, que l’on se donne les moyens d’y remédier. Augmenter le nombre de cours de francisation et faciliter la reconnaissance des diplômes et des expériences acquis à l’étranger sont bien entendu des mesures qui font partie de la solution, mais lutter contre la discrimination en emploi, qui touche particulièrement les personnes racisées, l’est tout autant.

L’immigration ne pourra à elle seule remédier au manque de main-d’œuvre que connaît le Québec et qui s’accentuera dans les années à venir, étant donné le vieillissement de la population. Par contre, réduire les flux migratoires en provenance de l’étranger ne fera qu’aggraver le problème. Inversement, il faut éviter de voir les personnes qui souhaitent s’installer au Québec comme une simple force de travail au service des entreprises et plutôt les considérer comme des citoyennes et des citoyens à part entière qui apportent beaucoup plus qu’ils ne coûtent à la société d’accueil. C’est là une des clés de leur intégration.

Peut-être y a-t-il des raisons politiques qui en poussent certains, à l’instar de M. Oyono, à rejeter l’idée d’une hausse des seuils d’immigration. Cependant, les raisons sociales et économiques le plus souvent invoquées pour défendre une telle position reposent sur une analyse inexacte de la situation des personnes immigrantes au Québec.

Source: Faut-il vraiment réduire les seuils d’immigration?

Lisée: Éloge de la pénurie de main-d’oeuvre

A contrarian view to what appears to be the general consensus in English Canada in favour of increased immigration:

On l’entend déjà, la musique de la pénurie de main-d’œuvre, avant même que la pandémie nous tourne le dos. On l’entend dans les questions posées par la cheffe libérale. Dans les déclarations patronales, chez quelques économistes et chroniqueurs. Il manque tellement de main-d’œuvre dans tellement de secteurs, va le refrain, qu’il faut de suite doubler, tripler, quadrupler l’immigration.

Si seulement on faisait venir 30 000 infirmières, on réglerait notre problème ! Mais 30 000, réparties sur le territoire, c’est l’équivalent de la population de Chambly. Les enfants de ces infirmières vont exacerber la pénurie d’enseignants, non ? Qu’à cela ne tienne. Faisons venir 30 000 enseignants. Mais ne devra-t-on pas bâtir des maisons pour loger ces 60 000 nouveaux Québécois ? Ce qui va accroître la pénurie dans la construction. D’accord pour ajouter 30 000 ouvriers (ne pas oublier les soudeurs). Mais on a maintenant dépassé la population totale de Repentigny. On vient d’aggraver la pénurie dans le secteur manufacturier, dans les technologies de l’information, dans les transports. Bon, je pense que vous saisissez. Une méta-étude (Longhi et coll.) montre qu’il faut 49 salariés pour répondre aux besoins générés par 50 nouveaux citoyens. Il en reste un, un seul, pour pourvoir un emploi jusque-là vacant. Ma calculatrice est formelle : en suivant cette équation, pour pourvoir par l’immigration les 150 000 postes vacants au Québec, il faudrait 7,5 millions d’immigrants.

Qu’on me permette de citer un de nos plus brillants économistes, Carlos Leitão : « Pour la pénurie de main-d’œuvre, la solution numéro un reste la formation de la main-d’œuvre. On peut toujours aller chercher des immigrants dans des domaines spécialisés, mais l’immigration ne réglera pas la pénurie de main-d’œuvre de façon générale. » Je note qu’il n’a pas répété cette vérité scientifique depuis qu’il a rejoint le Parti libéral du Québec.

L’immigration est un excellent moyen pour faire grossir l’économie en soi (mais pas pour enrichir les citoyens en moyenne), pour tirer légèrement les salaires vers le bas (un grand objectif patronal), pour montrer de la solidarité internationale. Dans une société dont la langue est en déclin rapide, une immigration de langue étrangère est un accélérateur, plutôt qu’un frein, de la chute.

Ce dont on parle trop peu, par contre, ce sont les avantages de la pénurie de main-d’œuvre.

Les salaires montent. Lorsque le chômage était à 8 %, en 2010, l’augmentation réelle des salaires ne fut que d’un demi pour cent. Dix ans plus tard, avec un chômage à 5 %, les salaires réels ont crû de 5 %, un record. La pénurie de main-d’œuvre renverse le rapport de force patrons-salariés en faveur des salariés. Une bonne chose.

N’avez-vous pas été frappés par le fait que plus de 10 000 Québécois ont répondu présents à une offre d’aller changer des couches d’aînés lorsqu’on leur a promis 26 $ l’heure ?

La pauvreté recule. En 2010 il y avait 365 000 adultes prestataires de l’aide sociale. Dix ans plus tard, ils ne sont plus que 130 000, une réduction sensationnelle des deux tiers, et dont seulement 83 000 ne présentant aucune contrainte à l’emploi. Du jamais vu. Et une preuve que lorsque les emplois sont disponibles et que les salaires montent, les assistés sociaux ne demandent pas mieux que d’aller au boulot. Cela a des conséquences sur la sortie de la pauvreté. Le nombre de Québécois à faible revenu (mesure du panier de consommation) est passé de 975 000 en 2006 à 705 000 en 2016, une réduction de près de 30 %.

La pénurie contribue à un cercle vertueux : moins de pauvreté signifie moins de problèmes de santé générés par cette pauvreté, moins de coûts sociaux, plus d’activité économique, plus de rentrées fiscales pour l’État, donc pour les dépenses publiques.

La discrimination à l’embauche recule. Il y a une décennie, le taux de chômage des immigrants arrivés chez nous depuis 5 à 10 ans était près du double (15 %) de celui des natifs québécois (8 %). Désormais à 6,1 %, ce taux s’approche de celui des natifs, à 4,5 %. C’est facile à comprendre : lorsqu’il y a des Mohammed et des Jean-Jacques dans les CV examinés, c’est Jean-Jacques qui gagne. Mais s’il n’y a plus que des Mohammed, le plus obtus des employeurs devra finir par l’appeler. Merci qui ? Merci la pénurie !

Elle fait aussi en sorte que les employeurs se tournent plus volontiers vers des salariés en situation de handicap, vers les programmes d’insertion de décrocheurs. Aucune politique d’insertion sociale n’est plus efficace que la pénurie. Aucune.

La productivité augmente. La clé de notre richesse collective repose sur notre capacité à augmenter la productivité par heure travaillée. Depuis des décennies, Québec cherche avec un succès mitigé à pousser nos PME à innover, à améliorer l’outil de travail, à hausser le niveau de formation des salariés. Longtemps, l’existence d’une main-d’œuvre abondante et à bon marché a nourri chez ces employeurs une désolante paresse. Mais s’il manque désormais d’employés pour répondre aux commandes, que font-ils ? Ils doivent se résoudre à automatiser, à robotiser, à former les salariés pour opérer ces technologies. Et puisque ces nouveaux procédés sont plus verts, ils contribuent à notre combat contre le réchauffement climatique. Aucune politique publique d’innovation n’est aussi efficace que la pénurie de main-d’œuvre.

On rattrape l’Ontario. C’est l’obsession de François Legault. Faire en sorte que le salaire moyen québécois brut rejoigne l’ontarien. (Je dis « brut », car, ajusté au coût de la vie, notre salaire moyen net a rattrapé l’ontarien depuis un bon bout de temps.) Ses amis patrons l’implorent d’ouvrir les vannes de l’immigration. car il leur manque un ingénieur ici, un soudeur là, des informaticiens un peu partout. Il doit leur résister. C’est la pénurie qui pousse tous les salaires vers le haut. On ne s’attend pas à ce que le premier ministre l’admette. Seulement à ce qu’il le sache et qu’il agisse en conséquence. Pour l’enrichissement, contre la pauvreté et la discrimination, la pénurie est son meilleur allié.

Source: Éloge de la pénurie de main-d’oeuvre

Un Français qui a échoué à un test de français pour immigrer au Québec dénonce un processus «trop sélectif»

Not aware of similar circumstances with English test but anecdotally I have heard immigrants with advanced English knowledge have bristled at having to pay for testing to become citizens:

Yohan Flaman est français et a fait toute sa scolarité en français. Arrivé au Québec en 2018, il a pourtant échoué à une partie du test de français pour obtenir sa résidence permanente. Il dénonce « un processus beaucoup trop sélectif », trop cher et « contre-productif », symptomatique selon lui des autres cafouillages récents du système d’immigration dans la province.

« Sincèrement, on dirait que c’est un examen qui est fait pour être raté », lance-t-il aujourd’hui après avoir réussi le test à son deuxième essai et déposé sa demande de résidence permanente. « Je m’étais dit que c’était dans la poche, mais les consignes sont tellement longues et certaines questions sont tirées par les cheveux. » Chaque section du test est également minutée de manière très serrée, ajoute-t-il.

Pour être sélectionné comme immigrant permanent à travers le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), un candidat doit en effet démontrer sa maîtrise du français. Il y a plusieurs façons de le faire : en ayant une scolarité de trois ans en français de niveau équivalent au secondaire, en prouvant la réussite d’un cours de francisation de niveau 7 ou encore en passant l’un des tests reconnus par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI).

Pressé par le temps

Le niveau 7 (sur un total de 12) est considéré par le MIFI comme un niveau intermédiaire. Il implique de pouvoir communiquer à l’oral dans des situations partiellement prévisibles à propos de besoins courants. Quant au test, le niveau à atteindre est « B2 », soit intermédiaire avancé, ce qui implique de pouvoir donner « des avis argumentés » et de converser ou de comprendre un discours « de façon claire et détaillée ».

La section mesurant la compréhension orale du français a particulièrement donné du fil à retordre à Yohan Flaman : il faut répondre à 60 questions en 40 minutes (y compris les consignes données à l’oral), ce qui équivaut à moins de 40 secondes par question. « Je n’imagine pas combien ça peut être difficile pour quelqu’un qui apprend le français en plus de son travail à temps plein, dit-il. Je comprends qu’il faut un minimum, mais la barre est trop haute. »

L’homme de 39 ans se porte ainsi à la défense d’autres collègues qui ne sont pas francophones. Si même un Français peut échouer, alors le Québec se met clairement « les bâtons dans les roues », dit-il. Il va sans dire qu’un échec à ce test, qui coûte 240 $, a un effet domino sur le reste du dossier.

Maintenant que sa demande est déposée, M. Flaman n’est tout de même pas au bout de ses peines. Le Devoir révélait la semaine dernière qu’il faut actuellement compter entre 27 et 33 mois pour obtenir sa résidence permanente. « Beaucoup d’amis et de collègues sont dégoûtés et retournent en France », raconte celui qui admet avoir lui-même songé à repartir avec sa femme québécoise.

Il déplore surtout le fait de n’avoir « aucun interlocuteur » pour faire le suivi de son dossier d’immigration. « La seule chose que l’agent d’immigration peut te dire, c’est que ton dossier est en traitement. Toi, tu as juste le droit de fermer ta gueule », laisse-t-il tomber.

Une question délicate

Le jeune homme met au défi les Québécois d’essayer de passer ce genre d’épreuve, tout en soulignant l’ironie que ces tests soient envoyés en France pour être corrigés. Les deux entités qui administrent la passation de ces examens sont en effet enregistrées de l’autre côté de l’océan, soit France Éducation internationale et la Chambre de commerce et d’industrie de Paris.

Camionneur de longue distance depuis son arrivée avec un permis de travail temporaire, Yohan Flaman fait régulièrement des voyages du Centre-du-Québec vers les États-Unis. « Je me débrouille en anglais et, même si c’est parfois limité, l’important est de se comprendre », explique-t-il.

Comme plusieurs autres travailleurs temporaires, il considère donc que de nombreux secteurs d’emploi ne nécessitent pas une connaissance aussi élevée du français pour fonctionner et s’intégrer.

En effet, Le Devoir rapportait jeudi que plusieurs travailleurs temporaires et associations d’employeurs demandent à Québec d’assouplir les exigences de français pour certains programmes d’immigration économique dans la province. « Ce n’est vraiment pas l’ouvrage qui manque », dit M. Flaman.

La protection du français fait l’objet d’un large consensus au Québec, mais les emplois occupés par les travailleurs temporaires ne nécessitent pas toujours un français avancé. « C’est presque tabou. Selon moi, c’est une forme d’aveuglement puisque les Québécois eux-mêmes tombent vite dans l’anglais dans certains milieux de travail », observe quant à lui Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes.

Dans le cas où des immigrants temporaires ne parviendraient pas au niveau 7 en français, seul le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration a le pouvoir de contourner cette règle.

Pour l’instant, seul un programme pilote pour les travailleurs en intelligence artificielle qui gagnent plus de 100 000 $ par année permet de déroger à cette règle du français.

Source: Un Français qui a échoué à un test de français pour immigrer au Québec dénonce un processus «trop sélectif»

English version below:

If someone from France can fail Quebec’s French test for immigrants, how hard is it for a non-francophone to pass?

Yohan Flaman, 39, a truck driver from Limoges, France, who came to Quebec in 2018 under the Quebec Experience Program, wasn’t too nervous about taking the French test set by the department of Immigration, Francization and Integration.

Source: Immigrant from France fails Quebec’s French test for newcomers