Éthique et culture religieuse: contre tous les dogmatismes | Le Devoir

Good defence of the Quebec ethics and religious culture course by Christine Cossette who teaches it:

Je dis aussi à mes élèves que le doute fait partie de la foi et la rend plus intelligente en l’éloignant des dogmatismes. La foi n’est pas une évidence ; elle doit se soumettre constamment à l’esprit critique. Je la présente donc non pas comme une instance qui dit quoi penser, mais plutôt comme celle qui donne des outils pour mieux penser sa vie. C’est alors que la religion est au service de l’homme et non le contraire.

Ce que le volet Culture religieuse m’autorise à faire, c’est de mettre en lumière le nécessaire travail d’exégèse sur les textes sacrés. En étudiant par exemple la question de l’origine de la vie, je vois le darwinisme et j’analyse le contexte d’écriture des récits de la Genèse qui peuvent, s’ils sont lus mot à mot, mener à de l’obscurantisme. Mes élèves comprennent donc que, dans ces textes, scientifiques et bibliques, deux discours se côtoient mais ne s’opposent pas et qu’un scientifique peut donc être croyant ou non.

Le cours d’ECR m’offre aussi l’occasion de parler de la spiritualité qui est la commune condition humaine (qu’on soit religieux ou pas). En effet, l’être humain n’a pas nécessairement besoin de se lier à une quelconque divinité pour vivre de valeurs qui le grandissent. La spiritualité appartient à l’homme dans son humanité la plus profonde, précisément parce qu’il porte en lui un mystère qui le dépasse. L’occasion est belle ici de parler de ceux qui ont ouvert d’incroyables chemins d’humanité grâce à leur foi, à leur générosité ou à leur réflexion philosophique.

La mondialisation, avec ses limites et ses grandeurs, nous oblige à réfléchir sur l’avenir de l’humanité : comment en arriver à sauver un espace de dialogue entre chacun de nous ? Le combat n’est plus à faire entre les athées et les croyants, mais bien entre les esprits ouverts et les esprits dogmatiques qui, eux, prétendent connaître la Vérité. Or, on sait que le dogmatisme se cache autant dans le monde religieux que dans l’univers anti-religieux. « Pour mener ce combat pour la liberté et pour la tolérance, dit Comte-Sponville, nous avons besoin de faire la paix entre croyants et incroyants, de nous allier contre notre ennemi commun, qui n’est pas la religion, qui n’est pas l’athéisme, mais qui est le dogmatisme. »

Le cours d’ECR me permet de proposer cet espace de réflexion pour une humanité plus respectueuse des uns et des autres. Il me donne cette possibilité aussi de présenter ce que l’orthodoxe Olivier Clément appelle le « noyau de feu » de chacune des grandes religions en mettant en lumière ce qui les unit. Après tout, n’est-il pas honnête de dire que d’autres avant nous ont laissé des trésors pour vivre en humanité ?

J’aime donner ce cours. J’estime qu’il contribue à former des citoyens justes, courtois et à l’esprit critique. Mais je suis fatiguée de lire toutes les inepties qu’on peut en dire. Je rêve du jour où, enfin, ses détracteurs se donneront la peine de lire, non pas les cahiers d’exercices, mais bien le programme tel qu’il a été pensé, tout en précisant qu’il devrait être un peu plus balisé pour obliger ses professeurs à toujours plus de rigueur à travers l’apprentissage de fondements philosophiques, historiques et théologiques.

ICYMI Immigration au Québec: les Syriens détrônent les Français | Pierre-André Normandin | National

 

Les données obtenues auprès du ministère de l'Immigration... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

Latest immigration statistics from Quebec showing the impact of Syrian refugees:

Les données obtenues auprès du ministère de l’Immigration du Québec démontrent qu’un nouvel arrivant sur 7 lors du 1er semestre de 2016 était originaire de Syrie.

L’arrivée massive de réfugiés syriens au début de 2016 a profondément modifié le visage de l’immigration au Québec. Les Syriens ont en effet détrôné les Français comme principal groupe d’immigrants, selon les données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Le bilan démographique du Québec, publié aujourd’hui par l’ISQ, dresse le portrait de l’immigration dans la province. Les données obtenues auprès du ministère de l’Immigration du Québec démontrent qu’un nouvel arrivant sur 7 lors du 1er semestre de 2016 était originaire de Syrie.

Il s’agit du principal groupe d’immigrants à s’installer au Québec. Cette proportion est nettement plus forte que la part d’immigration observée en 2015. La Syrie représentait 5,9% de toute l’immigration l’année dernière.

En 2015, le principal groupe d’immigrants provenait de la France. Ceux-ci ont représenté 9,2% de toutes les personnes ayant décidé de quitter leur pays pour s’installer au Québec. L’arrivée des Français dans la belle province ne s’est pas tarie en 2016, au  contraire. Ceux-ci représentaient au premier semestre tout près d’un immigrant sur dix.

Alors que l’immigration en provenance de Syrie augmente rapidement, l’Institut note une baisse du nombre de personnes venant s’établir au Québec en provenance de l’Iran, de l’Algérie et d’Haïti. Ces pays ont longtemps été une importante source d’immigration pour la province.

Le portait de l’immigration au Québec est sensiblement différent de celui du reste du Canada. Les Philippines fournissent le principal contingent d’immigrants pour le pays, suivi par l’Inde. Ces deux pays ne figurent pas parmi les principaux groupes d’immigrants au Québec.

Part de l’immigration par pays

Rang 1er semestre de 2016 2015
1. Syrie: 14,5 % France: 9,2 %
2. France: 9,9 % Chine: 7,4 %
3. Chine: 6,7 % Iran: 7,3 %
4. Iran: 5,2 % Syrie: 5,9 %
5. Haïti: 4,6 % Algérie: 5,5 %

Identity politics returns to Quebec: Patriquin

Martin Patriquin’s balanced take on Quebec’s Bill C-62 (banning face covering when providing or receiving public services):

Quebec is home to a majority population of about 6.6 million French speakers, where about three-quarters of the 50,000 immigrants who arrive here every year settle in the region of Montreal. The city is multicultural and multilingual. The rest of the province is largely white and French.

The populism resulting from this unique demographic circumstance, which surfaced in the 2007 election campaign, had a distinctly Trumpian narrative to it. To wit: the political elites in Quebec City were corrupt and out of touch. Immigration had turned Montreal into a Babylonian hellhole, and threatened to do the same to the hinterland. By throwing out the first and radically curtailing the second, Quebec would be . . . well, it would be great again.

Two political parties, first the right-of-centre Action démocratique du Québec (ADQ) and then the Parti Québécois, attempted to harness this resentment. Both failed miserably. The ADQ ceased existing in 2012, while the PQ suffered one of the worst defeats in its history in 2014.

Still, issues of immigration and religion remain a stubborn constant in Quebec politics. Both the PQ and the Coalition Avenir Québec, the successor to the ADQ, have introduced plans to cut immigration levels. Both have equated the rise in immigration under successive Liberal governments to the decline of French in the province—a contention disproved by several recent Quebec government studies.

PQ Leader Jean-François Lisée said burqas should be banned before “a jihadist uses one to hide his movements.” The CAQ recently ran an advertisement suggesting the chador would become commonplace in Quebec classrooms should either the Liberals or the PQ form the next government. (In truth, body-covering Muslim garb is about as rare in Quebec as Maple Leafs fans.)

Yet despite all this rhetoric over the last 10 years, Quebec remains a comparatively welcoming province. At 3.2 per 100,000, police-reported hate crimes in the province are below the national average of 3.7—and well below Ontario’s average of 4.8, according to the most recent Statistics Canada data.

It is in the crucible of the debate that the province has developed guidelines for so-called “reasonable accommodations” of religious and cultural practices. In 2017, Quebec’s National Assembly will vote on Bill 62, which would compel anyone giving or receiving a public service to do so with their face uncovered—unless the temperature, not religion, dictates otherwise. It is the second time in six years that the province has attempted to pass such a thing.

The bill has its critics, and will almost certainly be the subject to a court challenge should it become law. Yet in limiting its reach to the public service, the legislation strikes a balance between religious freedom and state religious neutrality. (Such is decidedly not the case in France, where the very act of wearing a religious face covering in public is illegal.) The final vote on Bill 62 will take place outside the context of an election campaign, when instances of chest-thumping vitriol tend to be lower. The optimist hopes cooler heads will prevail.

While America is hardly new to the caustic politics of race and identity, it raced to new lows during the last presidential campaign. Trump’s victory has invigorated populist movements around the globe; suddenly, the world is awash in worry over immigration and religion.

In Quebec, this sort of thing is old hat. Long the outlier on the identity front in Canada, Quebec’s take on matters of religion and immigration suddenly seem sensible, even desirable, in a world of border walls and Muslim bans.

Opinion: Scorn for multiculturalism in Quebec yields troubling results

Quebec human rights lawyer Pearl Eliadis:

Interculturalism starts from the premise of the de facto precedence of Quebec’s majority culture over others. That practical reality was not supposed to have morphed into legal precedence, nor to have operated in a way that perpetuates the privileges of that majority. However there are troubling indications that it has done just that.

Other rights have been subordinated, including racial and religious equality. This is in part the result of Quebec’s brand of laïcité-lite that has imposed religious neutrality on non-majoritarian faiths and individuals as well as on the state. Equality and reasonable accommodation for minorities have become battlegrounds in the fight for “Quebec values.” The Supreme Court keeps having to intervene, as it did in the Multani decision in 2006 (to permit an observant Sikh boy to wear a sewn-in, concealed kirpan to school) and in several other cases after that.

In 2011, the National Assembly barred Sikhs from its precincts after having invited them to participate in a debate on reasonable accommodation. In 2013, there was the PQ’s nativist Charter of Values, Bill 60, built squarely on the foundations of Quebec values and interculturalism.

In 2015, the Quebec Liberals introduced Bill 62. It is nowhere as troubling as the Charter of Values, but it does weaken the flexibility of the public sector in accommodating religious minorities. Both Quebec’s human rights commission and the Quebec Bar Association have objected to several aspects of the bill.

As for the practical effect of protecting the “de facto precedence” of the majority, minorities are dealt with as satellite communities revolving around the “host society” until they are absorbed, effectively assimilated, and no longer seen as threats. Nowhere is the impact of this approach clearer than in the relatively poor employment prospects of immigrants in Quebec and, of course, in the low representation of minorities among the senior ranks of the Quebec public service. The issue is systemic and transcends party loyalties, and yet we continue to be forced to ask questions for which the answers are, depressingly, well known. How many senior appointments among Quebec’s public institutions, agencies and commissions are from racialized or ethnic minority backgrounds? How many are anglophones or allophones?

When the news about Thermitus [candidacy for the presidency of Quebec’s human rights commission] became public, the PQ quickly pivoted, perhaps mindful of the appalling optics, and said it would support the appointment. That is good news, even if it’s not yet clear whether Thermitus will get the job. But the broader issue of the rejection of multiculturalism in Quebec reminded me of something that Zadie Smith, the British-born novelist, said in November while accepting a literary prize: “The people who ask me about the ‘failure of multiculturalism’ mean to suggest that not only has a political ideology failed but that human beings themselves have changed and are now fundamentally incapable of living peacefully together despite their many differences.” That is not an outcome any of us should be prepared to accept.

Source: Opinion: Scorn for multiculturalism in Quebec yields troubling results | Montreal Gazette

Le cours d’éthique et de culture religieuse jugé sexiste | Le Devoir

Should have seen this coming – the challenge of how to improve awareness of different religions and their beliefs, a desirable goal in a diverse society, while placing these in the context of gender and other rights:

Le Conseil du statut de la femme (CSF) reproche au cours d’éthique et de culture religieuse d’enseigner les religions sans critiquer leur contenu sexiste. Dans un nouvel avis, il recommande que l’enseignement des religions soit séparé de celui de l’éthique, et joint au cours d’histoire.

Le cours ne « remet pas en question les pratiques sexistes au sein des religions » et se contente de décrire les récits religieux sans offrir de mise en contexte critique, déplore le CSF.

On donne l’exemple du récit d’Abraham dans l’Ancien Testament et de ses rapports avec son épouse Sarah et la servante de qui il aura un enfant (Ismaël). Certains manuels, note le Conseil, rendent Sarah « responsable du viol » de la servante et« euphémisent » la violence sexuelle subie par cette dernière.
Les textes sur l’institution du mariage catholique posent le même problème, selon le CSF. On expliquera par exemple aux enfants que les interdits et les rites visent à mettre les femmes « au service de la communauté » en favorisant notamment la « stabilité de la famille ». Or, à nouveau, c’est décrit sans regard critique, plaide-t-on.
Même chose pour la pratique du « gèt » (acte de divorce) dans la religion juive qui est réservée aux hommes, ou des règles régissant l’habillement des femmes dans les religions musulmane ou hindoue.
« Aucun élément de contenu ne permet aux élèves de comprendre que les religions sont des institutions sociales certes significatives pour un grand nombre de personnes, mais qui ont été et demeurent responsables d’un grand nombre de violences envers les femmes, ainsi que du maintien de pratiques et de représentations inégalitaires. »
Le CSF propose donc que la religion soit enseignée dans le cadre du cours d’histoire plutôt que dans celui du cours d’éthique. L’éducation à l’égalité, à la citoyenneté et à la sexualité devrait quant à elle s’insérer dans le cours d’éthique durant tout le parcours primaire et secondaire.

L’avis s’en prend en outre au cours d’histoire, qui explique mal ou peu les luttes menées par les femmes. Ainsi, dans un manuel traitant de l’obtention du droit de vote en 1940, on écrit qu’Adélard Godbout leur a « accordé » sans expliquer qu’elles ont « lutté des années pour l’obtenir ». Certains efforts sont toutefois soulignés, tel l’ajout de personnages historiques féminins dans les manuels.

Des biais sexistes

L’organisme s’inquiète en outre de la persistance de certains biais sexistes chez les enseignants. On constate que ces derniers donnent trop de place aux stéréotypes selon lesquels les garçons sont meilleurs en mathématiques, plus physiques et ont plus besoin de bouger que les filles, alors que ces dernières seraient plus à l’aise dans le monde des sentiments, des émotions et de l’aide au prochain.
« Si le corps enseignant peut tenir compte de ces différences — dues à la socialisation différenciée des garçons et des filles —, il ne devrait pas les consolider, écrit le CSF. Au contraire, l’école devrait contribuer à contrecarrer les effets de la socialisation de genre en évitant de réserver certaines approches pédagogiques ou certaines activités aux filles et aux garçons. »
Pour l’affirmer, l’organisme s’appuie notamment sur un questionnaire mené auprès de 393 enseignants. Parmi les répondants, 80 % ont soutenu que les garçons avaient besoin de méthodes éducatives plus « dynamiques et actives ». Une enseignante du primaire citée dans l’avis raconte « qu’il y a des exemples qui parlent plus aux garçons (mise en situation parlant de hockey) et d’autres qui intéressent plus les filles (décoration pour traiter de l’aire par exemple). »

Cela pousse le Conseil à faire une série de recommandations, dont l’ajout à la formation des maîtres d’un cours obligatoire sur le thème des inégalités de sexe. Or, le milieu semble réticent. Mercredi, lors du dévoilement de l’avis à l’Université Laval, la vice-doyenne à la recherche Annie Pilote a expliqué qu’il n’y avait « pas de marge de manoeuvre » pour un tel ajout dans le programme et qu’il faudrait plutôt que cela s’insère dans la formation continue.

Inside Quebec’s far right: Take a tour of La Meute, the secretive group with 43,000 members

Worrisome, even if numbers still small (and mainstream parties like the CAQ and PQ that pander to these fears and play identity politics, need to reflect on their impact):

La Meute’s leaders are now attempting to translate the group’s online popularity into concrete political influence.

They hope to become a lobby group of sorts, dedicated to making Quebecers aware of the threat posed by Islamic fundamentalism.

“I don’t have the desire to live under Shariah. I don’t want to live under a totalitarian Islamic regime,” said Eric Venne, one of the group’s founders, a veteran of the war in Afghanistan who goes by Corvus, after the genus of crows, ravens and rooks.

“But we are heading that way. It may not look like it in 2016. Tomorrow, people might go, ‘Oh.’ But by then it will be too late.”

Where others sputtered, La Meute surged

Corvus started La Meute with Patrick Beaudry, another former soldier, in the fall of 2015, just as the first of 25,000 Syrian refugees began arriving in Canada.

At a sugar shack in the Beauce, south of Quebec City, the pair drew up plans for a hierarchical organization modelled on their military background.

They gave it a name to invoke the sense of camaraderie they felt was needed in the face of what they considered a grave existential threat. In an early communiqué, Corvus described the influx of refugees as a “Trojan horse” for Islamic terrorists.

La Meute is among dozens of social media groups, blogs and websites that have popped up in recent years to give voice to concerns about Islam in Quebec.

But where other groups sputtered, La Meute surged.

The group’s activities were initially confined to its secret Facebook page. But as the group grew — it had more than 40,000 members by the start of the summer — it diversified.

A non-profit organization was registered to serve as La Meute’s fundraising arm, and fundraisers that each drew 150 people were held in Quebec City and the Saguenay.

By August, the group was distributing pamphlets around the province. Later that month, Corvus and several fellow members disrupted an information session near Quebec City organized by a group of volunteers trying to host a family of Syrian refugees.

Source: Inside Quebec’s far right: Take a tour of La Meute, the secretive group with 43,000 members – Montreal – CBC News

L’État rate Latin American cible: La campagne publicitaire du ministère de l’Immigration fait rager des membres du comité consultatif sur la radicalisation

When advertising campaigns get it wrong:

« Assimilationniste »« négationniste », pleine de « clichés ». La campagne sur la diversité lancée lundi par le ministère de l’Immigration du Québec choque des leaders de la communauté musulmane. Au moins l’un d’eux, invités à siéger à une table de travail sur la prévention de la radicalisation, a annoncé son départ et d’autres songent à le faire, jugeant leur rôle inutile au sein de ce comité consultatif, a appris Le Devoir.

« La campagne me semble tout à fait grossière compte tenu de la responsabilité du ministère », a déclaré Haroun Bouazzi, président de l’Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec (AMAL-Québec). « D’un côté, on a la négation du racisme et de l’autre, la discrimination est abordée du bout des lèvres. » Furieux, ce Canado-Tunisien a quitté la Table de travail intersectorielle sur la prévention de la radicalisation menant à la violence, à laquelle il siégeait bénévolement à la demande du ministère de l’Immigration (MIDI), aux côtés d’une dizaine d’autres leaders de la communauté musulmane.

Au coût de 1,2 million, la première phase de la campagne « Ensemble, nous sommes le Québec » qui se déploiera sur cinq ans consiste pour l’instant en deux capsules vidéo, tournées par le réalisateur Ricardo Trogi et diffusées à la télé et sur Internet. Misant sur des modèles d’intégration réussis, on y voit le joueur de soccer de l’Impact Patrice Bernier, un Haïtien d’origine né à Longueuil, et la productrice et animatrice Alexandra Diaz, une Chilienne qui a grandi au Québec, parler de leur expérience d’immigrant de façon positive, faisant allusion aux jokes de Rock et Belles oreilles, au hockey et à la tarte au sucre.

« Le bon immigrant, dépeint par les deux publicités, ne doit pas seulement apprendre le français, il doit aussi connaître toutes les répliques de RBO par coeur. Le bon racisé ne doit pas se contenter d’être un bon joueur de soccer (le sport le plus pratiqué au Québec), il doit aussi savoir jouer au hockey », a déploré M. Bouazzi dans une lettre coup de gueule envoyée au MIDI.

Vernis interculturel

Siégeant également à cette table intersectorielle, Bochra Manaï, professeure et spécialiste d’études urbaines à l’Université d’Ottawa, croit que la campagne du ministère rappelle celles des années 1980-1990, où le Québec faisait encore du « vernis interculturel »« Ça me fait penser à [la vidéo] pour le 375e de Montréal, c’est complètement à côté de la plaque, dit-elle. Si, politiquement, on continue à faire dans le très superficiel, c’est qu’on ne comprend rien à l’époque dans laquelle on vit ». Elle appelle à plus de « courage » de la part du gouvernement. « Je ne vois pas qui on peut vraiment choquer aujourd’hui en faisait une pub d’un immigrant qui dit qu’il a du mal à se trouver une job parce qu’il s’appelle Mohamed », soutient Mme Manaï.

Ève Torrès, coordonnatrice de La Voie des femmes, s’étonne aussi que le gouvernement soit à ce point « frileux » en lançant une campagne aussi consensuelle. « On se moque de nous, s’indigne-t-elle. Nous, on pensait que le message était passé et qu’il y avait vraiment un éveil, une compréhension des enjeux et une envie de collaborer. Mais même après toutes ces années de collaboration des communautés, il n’y a rien qui sort. »

La professeure à l’UQAM, Maryse Potvin est d’avis que le gouvernement donne l’impression qu’il n’est pas à l’écoute. « Il semble ne pas entendre les voix qui lui demandent de prendre en charge certains problèmes de discrimination. Il fait simplement montrer des gens bien intégrés qui sont heureux d’être ici […] les gagnants, constate-t-elle. Le vivre-ensemble, c’est aussi être conscient qu’il y a des gens qui sont rejetés dans la société et dire un peu plus comment on va faire et ce qu’on a mis en oeuvre pour les aider. »

Exclus de la discussion

Certains membres de cette table de travail sur la radicalisation, fondée il y a deux ans à la demande du gouvernement Couillard, sont d’autant plus choqués qu’ils disent n’avoir jamais été consultés à propos de la campagne audiovisuelle. Ils n’ont été mis au courant que deux jours avant son lancement lundi dernier. « On est un peu le comité “ bonne conscience ”, qui légitime et valide ce que [le gouvernement] choisit de faire », indique Bochra Manaï. Elle se dit « choquée » que la table de travail, qui avait été lancée pour discuter des questions d’islamophobie et de radicalisation, n’ait rien produit de probant à cet effet. « Je suis la seule chercheuse qui siège. Il faut beaucoup plus de monde et de chercheurs. »

Il n’y a pratiquement que des Maghrébins qui siègent à cette table, et aucun musulman converti ou non francophone. Tous de bonne foi, ils ont même accepté de participer à une rencontre convoquée par le ministère le 12 septembre dernier… jour même de l’Aïd, qui est aux musulmans ce que Noël est aux chrétiens.

« On est là bénévolement pour s’assurer qu’on a un vrai vivre-ensemble, qui évite la xénophobie et l’exclusion, mais on n’a pas été écoutés », déplore une personne membre de cette table qui désire garder l’anonymat. Elle reconnaît toutefois que la ministre Kathleen Weil semble avoir « une volonté d’écouter nos propositions, mais ça ne se reflète pas dans les actions du ministère ».

Source: L’État rate la cible | Le Devoir

A short history of scapegoating Muslims in Quebec: Martin Patriquin

caq-adGood piece by Patriquin:

We are midway through Quebec’s election cycle, and predicable things are happening. Opposition parties begin to stake out positions on key issues, the importance of which are no doubt polled, focused grouped and otherwise scientifically developed. The most recent efforts of the Coalition Avenir Québec, the province’s second opposition party, can be seen in the charming advertisement above.

“Couillard and Lisée,” it reads, referring to Liberal Premier Philippe Couillard and Parti Québécois leader Jean-François Lisée, “[are] in favour of the chador for teachers in our schools.”

The ad has a stunned and/or befuddled-looking Couillard and Lisée staring at a woman wearing the Muslim garb. The message, in case it hasn’t yet hit you over the head, is that should you vote for either the Liberals or the PQ, your children will be put under the spell of a cadre of evil-looking Muslim women. Vote CAQ, and teachers will remain uncovered (and probably lily white, for that matter.)

It’s gross stuff, of course. It’s also crafty as hell. Both the PQ and the governing Liberals have said that anyone working for the state must do so with their faces uncovered “for security or identification reasons”, as a proposed Liberal law states. Because the chador wearer’s face remains uncovered, it wouldn’t fall under this stipulation. Ergo, so the intentionally blinkered CAQ reasoning goes, the Liberals (and the PQ, which will likely support the proposed law) much be in favour of the chador.

As gross as it is, the most recent CAQ gambit is hardly the first time a party has attempted to make political hay on the backs of Muslim women and other religious minorities. Who can forget this gem, from 2013?

20130910-140922-g

This was the so-called charter of Quebec values, the Parti Québécois’s electoral gambit leading up to the 2014 election. In many ways it is more offensive than the CAQ advertisement. The above image was part of a $2-million ad campaign for a bill introduced by an actual minister that would have been made law had the PQ won the 2014 election. The PQ didn’t win, but it wasn’t for lack of scraping the bottom of the barrel.

During the campaign, the party trotted out Janette Bertrand, a favoured vedette of the very Baby Boomers the PQ wished to recruit, to press flesh and insult minorities. Muslim doctors, she opined, allowed women to “die faster.” Swarthy men had taken over her swimming pool for religious reasons and kicked her out, depriving her of her ability to do aqua-gym exercises. “That’s why we need the charter,” she said. (I’m not making this up.)

Politics, not a sense of shame, caused the PQ to back away from the charter. It has just announced its “resolute, balanced and responsible approach” to Quebec identity that will see the party “build a better dialogue between its parliamentary wing and cultural communities.”

Yet PQ leader Lisée himself has hardly gone all Kumbaya—he’s just changed opinions once again. In 2013, taking great umbrage in something I wrote, Lisée wrote that the PQ’s charter could have flowed from the pen of Thomas Jefferson. Less than a year and one bruising electoral loss later, Lisée said he wouldn’t have supported the charter after all. About two months ago, he said that burqas must be banned “before a jihadist uses one to hide his movements.” Today, he reneged on the comment, saying it was wasn’t his best line. Translation: Lisée was all for scapegoating religious minorities before he was against it—and he may well be for it again, depending on how things go.

I’d be remiss if I didn’t include this pungent example of immigrant-baiting in Quebec.

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This is an election sign from the 2008 campaign of the ADQ, the precursor to the CAQ. “Decrease of the French language in Montreal,” it reads. “The track record of the PQ and Liberals: a 22 per cent increase in immigration. The ADQ’s solution: a natalist political plan and a freeze of immigration levels.”

By equating the supposed loss of French in Montreal with the increase in immigration, we have a major political party, the province’s official opposition at the time, scapegoating immigrants not for how they may dress but for what tumbles out of their mouths.

At the time, the PQ denounced the campaign, calling it worthy of France’s hard right Front National. Five years later, the PQ itself introduced the charter—supported by none other than Front National leader Marine Le Pen.

Chutzpah is a great word.

Lisée fait un pas de plus [expanding Bouchard Taylor approach to reasonable accommodation

Identify politics continues – Bouchard-Taylor plus education sector:

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a annoncé, jeudi, un virage identitaire qui va plus loin que ce qu’il proposait comme candidat à la chefferie en matière d’interdiction des signes religieux.

Au cours d’une conférence de presse, le chef péquiste a présenté le « consensus »auquel est parvenue son aile parlementaire au terme d’un débat de quelques heures mercredi, « une approche résolue, équilibrée et responsable », selon le document qui la décrit. En matière de port de signes religieux, la position reprend la recommandation de la commission Bouchard-Taylor, comme le prônait le candidat Lisée, c’est-à-dire une interdiction faite aux agents de l’État qui ont un pouvoir de contrainte — juges, policiers, gardiens de prison. Mais s’ajoutent à cette liste les enseignants du primaire et du secondaire, ainsi que les éducatrices dans les centres de la petite enfance et les garderies subventionnées. Comme candidat, Jean-François Lisée ne proposait qu’une « discussion » à ce sujet.

Cette interdiction ne concernerait que les nouveaux employés ; Jean-François Lisée défend depuis longtemps leurs droits acquis. En outre, la proposition reprend le minimum du projet de loi 62 du gouvernement Couillard — les services de l’État donnés et reçus à visage découvert — et préconise l’interdiction du port du tchador pour tous les employés de l’État, ce qui fait partie des amendements qu’a réclamés le PQ au projet de loi.

La position consensuelle reprend des propositions qui avaient suscité la réprobation du candidat Alexandre Cloutier et de ses partisans Agnès Maltais et Maka Kotto. Ces derniers étaient au côté du chef, Agnès Maltais à titre de porte-parole en matière de laïcité et Maka Kotto comme président du caucus. La porte-parole pour l’immigration, Carole Poirier, complétait le tableau. « La course, déjà, est loin derrière nous », a dit Maka Kotto, qui avait accusé le candidat Lisée de chatouiller « la part sombre de nos âmes ».

Ainsi, un gouvernement du PQ fera la promotion d’un devoir de réserve pour les employés de l’État, « affirmant sa nette préférence pour la plus grande réserve dans l’affichage des convictions politiques, sociales, religieuses ou autres ». La position recycle aussi l’idée d’examiner l’opportunité d’interdire la burqa et le niqab dans l’espace public. Un comité formé de parlementaires et d’experts se pencherait sur les expériences étrangères à cet égard pour ensuite faire des recommandations au gouvernement. Le chef péquiste ne parle plus des mitraillettes qu’on peut cacher sous une burqa. Ce n’est pas sa meilleure citation, a-t-il reconnu.

À plusieurs reprises, Jean-François Lisée a laissé entendre qu’il se rapprocherait de la position défendue par Alexandre Cloutier, qui croit que la charte des valeurs péquiste a considérablement nui au PQ et qu’il fallait s’en tenir à Bouchard-Taylor. « Il y a une différence entre être candidat et être chef. Il va falloir trouver un point d’équilibre », avait dit le nouveau chef dans un point de presse le soir de sa victoire. « Je n’ai pas la réponse, mais probablement qu’Alexandre et moi, on va la trouver. »

Source: Lisée fait un pas de plus | Le Devoir

Quebec woman told to remove hijab in court appeals for legal clarification on right to wear religious attire

Hard to imagine her not winning this appeal. The hijab is not the niqab where the Supreme Court, in a convoluted ruling, stated should be case-by-case (Supreme Court niqab ruling: Veil can be worn to testify in some cases):

A Montreal woman who was told to remove her hijab by a judge is appealing a ruling that declined to clarify whether Quebecers have a right to wear religious attire in court, her lawyer said Wednesday.

Rania El-Alloul had sought a legal clarification from Quebec Superior Court after she was denied an appearance in a lower court because she was wearing a hijab.

Superior Court Justice Wilbrod Décarie ruled last month that the Quebec court judge’s decision went against the principles of Canadian law protecting freedom of religion.

But he also said that although El-Alloul’s treatment was regrettable, he could not guarantee she would be allowed to wear her hijab during future court appearances.

“Each case must be evaluated in light of the context that exists during the witness’s appearance,” he wrote in his decision.

On Wednesday, one of El-Alloul’s lawyers said this case-by-case approach creates insecurity for his client and anyone else who may need to access the justice system while wearing religious attire.

“She would have to be worried every time whether she’d be heard or not, which might induce her to settle cases she shouldn’t settle or not to go to court,” Julius Grey said in a phone interview.

Grey also believes Décarie erred when he ruled it was out of his jurisdiction to make a declaration on whether all litigants have the right to wear religious attire in court.

“When you have a Charter issue, the procedure should not have the effect of depriving someone of their rights,” he said.

A judge refused to hear El-Alloul’s case against the province’s auto insurance board in February 2015 because of her attire.

El-Alloul refused to remove her hijab and the case was put off. It was ultimately settled when the car was returned.

In a statement, El-Alloul said she wanted more than just confirmation the judge had been wrong.

“It isn’t enough that I have been vindicated,” she said. “It’s so important that the successful resolution of my case ensures that no one is ever humiliated the way I was and deprived of their rights.”

Grey said the appeal likely won’t be heard until late 2017.