Le ministre fédéral attend le «go» de Québec pour accueillir plus d’immigrants

Of interest:

Il considère que son gouvernement est le plus ambitieux de tous les temps en matière d’immigration, et n’attend qu’une hausse des cibles du Québec pour y faire venir plus de nouveaux arrivants. Le nouveau ministre fédéral de l’Immigration, Sean Fraser, a partagé avec Le Devoir sa vision de ce qu’il compte faire avec le système d’immigration canadien.

Délais colossaux, accumulation de dossiers non traités, qualité des services décriée, règles changeantes : le ministère fédéral de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté (IRCC) a été l’un des plus critiqués depuis le début de la pandémie. C’est pourtant l’une des fiertés du gouvernement Trudeau, dit M. Fraser, qui convient que « faire croître le système au rythme et à l’envergure que nous souhaitons va créer certains défis ».

Jeune député de 37 ans, ministre depuis octobre, il a grandi dans une communauté rurale de la Nouvelle-Écosse, où le dépeuplement n’a pu être freiné que par un apport de nouveaux arrivants dont les familles regarnissent peu à peu les écoles. « L’immigration va toucher tous les aspects de la vie telle que nous la connaissons ici au Canada, pour tout avenir prévisible. »

Il y a rarement eu autant d’emplois disponibles dans notre histoire, note-t-il à propos de la pénurie de main-d’œuvre. Pour se remettre économiquement de ces derniers mois difficiles, sa solution est donc de miser sur davantage d’immigration.

Hausse des cibles québécoises

Qu’en est-il pour le Québec ? « Je crois que le Québec est conscient du besoin de recourir à l’immigration pour s’assurer que les entreprises trouvent des travailleurs », expose le nouveau responsable du dossier à Ottawa.

Le Québec a diminué ses cibles d’immigration depuis 2019, au moment où Ottawa ambitionne d’accueillir un nombre record de 1,2 million d’immigrants d’ici 2023. La province est en rattrapage après la diminution des arrivées en 2020 à cause de la pandémie, mais accueille quand même moins que sa part démographique.

Sean Fraser se garde de critiquer la province, mais formule quelques encouragements à faire plus. « S’ils veulent augmenter ce nombre, croyez-moi, je suis plus que prêt à collaborer avec eux », dit M. Fraser, qui rappelle que c’est la province qui transmet ses cibles au gouvernement fédéral.

Le ministre Fraser s’apprête justement à rencontrer, jeudi, son homologue québécois, le ministre Jean Boulet, avec lequel il se dit prêt à discuter de « n’importe laquelle de ses priorités ».

Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement de François Legault a énoncé à plusieurs reprises sa volonté de « rapatrier » la totalité du programme des travailleurs étrangers temporaires. Pour le ministre fédéral, les rôles seront « toujours partagés », mais il garde la possibilité pour Québec de « signaler les candidats prioritaires » pour les postes temporaires.

Réfugiés afghans

Autre dossier chaud dont hérite le ministre Fraser : l’accueil de 40 000 réfugiés afghans, une promesse électorale des libéraux déjà entachée de retards.

Actuellement, à peine 10 % des réfugiés promis sont bel et bien arrivés au Canada. « Aujourd’hui, c’est 4700 [réfugiés afghans arrivés]. D’ici la fin de la semaine, il y en aura 520 de plus », précise-t-il, en disant croire que le programme prendra sa vitesse de croisière.

Pas question, selon lui, de comparer l’opération afghane à celle de réinstallation des réfugiés syriens en 2015. « Nous n’avons pas de présence en Afghanistan », a rappelé le ministre, en évoquant la difficulté de composer avec les talibans. « Ils n’ont aucune expertise en logistique et en déplacement de personnes, ils ne savent pas comment gérer un aéroport de manière professionnelle, l’infrastructure sur le terrain n’est tout simplement pas là. »

Les 25 000 réfugiés syriens réinstallés par un gouvernement libéral précédent étaient pour la plupart dans des camps administrés par les Nations unies. Cette fois, « l’un des principaux goulots d’étranglement est la capacité de nos partenaires sur le terrain à référer des réfugiés ».

Une machine mal huilée ?

Toutes catégories confondues, 1,8 million de dossiers seraient toujours en attente de traitement, selon IRCC. Au Québec, environ 50 000 personnes attendent leur résidence permanente, et les délais sont de trois ans en moyenne, soit bien plus longs qu’ailleurs au Canada.

Ce problème de délais a été exacerbé par la pandémie, avance Sean Fraser. L’une des solutions est le virage numérique du système, qui traite encore des dossiers sur papier à l’heure actuelle. Il souhaite également embaucher encore plus de personnel pour traiter les dossiers.

« Mais on ne fait pas pivoter un navire de 90 degrés en 10 secondes », insiste le ministre. « Vous devez le prendre centimètre par centimètre et vous déplacer aussi rapidement que possible, de manière à maintenir la capacité de fonctionnement du système. »

Immigration francophone

Encore faut-il que le pays réussisse à faire venir des immigrants francophones. Plus de 75 000 d’entre eux auraient été nécessaires pour maintenir le poids des francophones hors du Québec, a récemment souligné le commissaire aux langues officielles.

Plusieurs politiciens québécois ont aussi vu une « discrimination » dans la hausse du taux de refus de permis des étudiants africains francophones, comme Le Devoir l’a révélé.

« Ce n’est certainement pas une décision délibérée de réduire l’immigration francophone, mais il est clair que nous avons un problème sur lequel nous devons travailler », concède le ministre Fraser. Avec l’énergie du nouveau venu dans ces dossiers, il dit cependant y voir « une opportunité » : les étudiants étrangers s’intègrent bien, tant sur les plans linguistique que professionnel, mentionne-t-il.

Une autre avenue pour augmenter cette immigration est de se tourner vers des bassins de réfugiés francophones, dit M. Fraser.

Le nouveau ministre refuse de brosser un portrait pessimiste du système d’immigration canadien. Il défend les critères « objectifs » utilisés pour juger les candidats à l’immigration, mais il convient que ceux-ci engendrent « un résultat systémique » envers les ressortissants des pays les plus pauvres. Il faut donc aller au-delà de ce résultat, dit-il, sans compromettre la protection du système en place.

« Il n’y a pas, à travers le monde, de pénurie de gens qui veulent devenir Canadiens, et nous restons une destination de choix », conclut-il.

Source: Le ministre fédéral attend le «go» de Québec pour accueillir plus d’immigrants

Quebec’s population is changing, but the makeup of the province’s police forces is not, data shows

Lag in most police forces across the country last time I checked, as institutions change more slowly than the population:

In Repentigny, a suburban community east of Montreal, it’s rare to see a person of colour in a police uniform. In fact, there are only two.

Pierre Richard Thomas, a local advocate, said Black residents often feel like they aren’t treated equally.

“For an adult or a young teen, seeing a police officer is worrying. It’s frustrating,” said Thomas, a spokesperson for Lakay Média, a Haitian community organization.

The situation in Repentigny is among the most extreme examples of the gap in representation between Quebec police and the general population, an analysis by CBC News shows.

Only two per cent of the police service in Repentigny identifies as a visible minority, and none as Indigenous, compared with 12 per cent of the general population.

CBC requested the latest figures on staffing from 12 police services across the province and compared them to the latest census data from 2016 for the areas they serve.

Suburbs becoming more diverse

The results show police officers across the province remain overwhelmingly white, even as visible minorities (the term used by Statistics Canada and police to describe people of colour) account for a growing percentage of those living in Montreal and municipalities farther afield.

The fast-expanding suburbs outside the city, in particular, are becoming more racially diverse.

But the police services remain mostly white, even though recruiting officers from a wider variety of backgrounds is a stated goal of the provincial government.

The chart below illustrates the divide between police services and the populations they serve, with the RCMP’s Quebec division coming closest to being representative of the population.

Quebec police forces don’t reflect population they serve

Representation of Indigenous and visible minorities among police is far lower than in the general population.

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The issue of racial inequity in policing was thrust to the forefront again this week, after a video captured Quebec City police officers dragging, hitting and pinning down Black youths in the snow.

Five officers were suspended in connection with the incident. The Quebec City police service, which has come under scrutiny in the past for a lack of diversity and allegations of racial profiling, is investigating.

Quebec City police did not provide up-to-date statistics this week, but as of June 2020, it had no Black officers out of a total of 853. According to the most recent census figures, there were more than 12,300 Black residents in Quebec City, accounting for 2.4 per cent of the city’s population.

Findings from CBC’s analysis include:

  • Thérèse-De Blainville and Deux-Montagnes have only one officer each who identify as visible minorities.
  • Châteauguay has the most representation of visible minorities and Indigenous people of any of the 12 police services.
  • Laval and Montreal have the widest discrepancy between their populations and police services.
  • There has been little change since CBC’s last analysis of police data in 2016, although the number of visible minorities in Montreal police is up by two percentage points.

Troubling, but not surprising, expert says

Akwasi Owusu-Bempah, an expert in policing and an assistant professor in sociology at the University of Toronto, reviewed the data.

He said the findings are troubling but not surprising — given similar gaps in representation have been documented across Canada.

Research has found that a greater diversity in police departments improves trust in those institutions.

But there’s also no clear indication it leads to more equitable policing.

“I don’t think that the diversification of police agencies is necessarily a panacea to dealing with all of the issues of racial and other forms of bias that we have. But I do think that representation is important,” said Owusu-Bempah, an adviser on anti-Black racism to the Canadian Civil Liberties Association.

“It’s something that we should be striving for.”

Improved oversight of police and better training are also crucial, said Rashawn Ray, a senior fellow at the Brookings Institution and a sociology professor at the University of Maryland.

“Police officers, regardless of their race or their gender, their background, they’re trained in a similar way. They’re socialized to police people in a similar way,” said Ray, who oversees a training program that uses virtual reality simulations to improve equity in policing.

He added, though, that the mere optics of more people of colour in uniform can build a stronger relationship with the communities police serve.

Hiring a challenge, police say

Repentigny typifies the struggles seen in smaller municipalities outside Montreal. A report released by academic researchers in September found Black residents were 2.5 to three times more likely to be stopped by local police than their white counterparts.

In the wake of those findings and the shooting death of a Black man last August, the Repentigny police service announced a five-year plan that includes a commitment to “inclusive” hiring practices.

But the police service said it will take time to make changes, given they rarely have full-time jobs available and don’t offer the potential for career advancement as a job in a bigger city.

“As a smaller police service with limited possibilities of advancement, hiring in itself is a challenge for us,” said Éric Racette, assistant director of the police service.

“This being said, we acknowledge that we must do better to increase those numbers.”

Quebec police services have tried to address the problem with programs aimed at encouraging people of colour and Indigenous people to become officers.

The Montreal police and the Quebec provincial police are among those taking part in a fast-track program through the provincial police academy in Nicolet aimed at bringing in a more diverse range of hires, including women.

In separate statements, both police services said they were committed to improving the diversity of their ranks.

Nine per cent of Montreal police identify as visible minorities, compared with 33 per cent of the city’s general population. The provincial police are nearly entirely white, with only three per cent identifying as visible minorities.

A spokesperson for Montreal police said the service is “increasing its resources and efforts to interest young people in police careers, particularly those from ethnocultural and Indigenous communities” in order to “be like the population it serves.”

Montreal police launched a recruitment campaign last May urging Montrealers, including women and people of colour, to “become an agent of change.”

Change in approach needed, advocate says

If police want to improve trust and help citizens feel less fearful, they’ll have to change the way they operate, said Margaret Wilheim, an anti-racism advocate in Châteauguay, on Montreal’s South Shore.

Wilheim recently helped a Black community consultation group look at systemic racism in Châteauguay. The consultation group heard about instances of racial profiling, allegations of excessive service and increased scrutiny during traffic stops.

While Wilheim is encouraged that Châteauguay has a higher percentage of Indigenous people and people of colour than other municipal police services, she said better representation isn’t enough on its own.

“Then you have to look at retention and better policing practices so people don’t feel like they are being questioned arbitrarily,” she said.

Although police services often lament the difficulty in attracting people of colour, Wilheim said they need to be proactive and remove barriers to inclusion.

“It’s easy to say we have the problem, but maybe [they] should look at some of [their] practices, hiring retention, training programs,” said Wilheim.

In Repentigny, hiring more Black officers needs to be paired with real change from the public administration on down so the Black community feels like it’s being treated fairly, said Thomas.

“It has to come from above,” said Thomas, who is looking for a clear signal from the newly elected mayor and counsellors that it is committed to rebuilding trust between the Black community and the police.

“We need a new approach,” he said. “This is 2021 and society is changing. Everything is changing. We can’t stay stuck in the policing of the 1950s.”

Source: Quebec’s population is changing, but the makeup of the province’s police forces is not, data shows

Trudeau promet « un examen détaillé » du refus d’étudiants africains francophones

PM comment of note:

Le premier ministre Justin Trudeau assure procéder à « un examen détaillé » des répercussions qu’ont les critères des programmes fédéraux sur la composition de l’immigration. Faisant référence au refus massif d’étudiants africains francophones, il a affirmé lors de la période des questions à la Chambre des communes mercredi « que ces rapports sont particulièrement inquiétants ».

Le Devoir révélait récemment que les taux de refus de permis d’études pour les ressortissants des pays du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest ne cessent de grimper. Certains candidats qui répondent à tous les critères sont ainsi empêchés de poursuivre leurs études au Québec.

M. Trudeau répondait mercredi à l’intervention du chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet. Sous le « prétexte » que les agents d’immigration ne croient pas que ces étudiants rentreront chez eux après leurs études, ils sont refusés, a-t-il dit. « C’est un grave procès d’intention. Une forme de discrimination à dénoncer, qui nuit aux échanges et au développement de l’Afrique », a ajouté M. Blanchet, exhortant le gouvernement à intervenir.

« Nous n’allons tolérer aucune discrimination systémique », a rétorqué le premier ministre, rappelant qu’il a reconnu qu’il en existe « dans toutes nos institutions à travers le pays ». L’examen détaillé des répercussions des programmes d’immigration servira à garantir que tous les demandeurs sont traités « de manière équitable », a-t-il avancé.

Le taux de refus pour tous les pays d’origine est en outre beaucoup plus élevé dans la province que dans le reste du Canada, un phénomène qui préoccupe toute la classe politique québécoise. Il est « inacceptable » qu’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) « nous prive d’étudiants africains francophones correspondants en tout point au profil d’immigrant qu’on souhaite attirer au Québec, notamment pour développer nos régions, soutenir nos cégeps et pallier […] la pénurie de main-d’œuvre », a notamment écrit sur Twitter la députée du Parti québécois Méganne Perry Melançon.

Des problèmes documentés

Le nouveau ministre fédéral de l’Immigration, Sean Fraser, a également promis la semaine dernière de vérifier « personnellement » que les préjugés inconscients des fonctionnaires de son propre ministère ne font pas en sorte de discriminer les Africains francophones souhaitant venir étudier au pays.

Un rapport fédéral publié en octobre révélait que son ministère fait face à des problèmes de racisme à l’intérieur même de sa bureaucratie. Des fonctionnaires utiliseraient des clichés ouvertement racistes dans leurs conversations et des préjugés guideraient les embauches et les promotions.

IRCC échoue par ailleurs toujours à atteindre les cibles fixées pour l’accueil d’immigrants francophones au Québec et hors Québec, a aussi alors rappelé M. Fraser, malgré la pénurie de main-d’œuvre que connaît le pays.

Mardi, un nouveau rapport du commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, en a remis une couche : le Canada aurait dû admettre au moins 75 839 immigrants francophones de plus hors du Québec depuis 2008 pour maintenir le poids démographique du français dans les provinces à majorité anglophone.

Au Québec, les principaux bassins de recrutement des étudiants francophones africains font face à des taux de refus de permis d’études de plus de 80 %. La France arrive souvent en tête de liste des pays d’origine des étudiants étrangers. Depuis 2018, elle partage toutefois la première position avec l’Inde, d’où la majorité des ressortissants choisissent plutôt de poursuivre des études en anglais.

Source: Trudeau promet « un examen détaillé » du refus d’étudiants africains francophones

Yakabuski: Amid Quebec labour crunch, Legault spurns business demands for more immigrants

A natural experiment: as the rest of Canada increases immigration, Quebec adapts a more restrictive approach.

Will be interesting to contrast Quebec economic outcomes with those of the other provinces, particularly with respect to productivity and income, over the coming years:

Generations of Quebeckers were once forced to leave home for work, fleeing to Ontario or New England for a job, as their native province grappled with a chronic unemployment problem.

Until the turn of the century, Quebec’s jobless rate consistently exceeded the Canadian average by several percentage points. The spread with Ontario stood at as much as five points in the 1980s and never shrank below three points before 2000.

That was then. A falling birth rate, a fast-aging population and lower immigration levels than in the rest of Canada have since combined to make Quebec’s labour market the country’s second tightest after British Columbia.

Quebec’s unemployment rate stood at 5.6 per cent in October, compared with 7 per cent in Ontario and 6.7 per cent nationally. At 3.8 per cent, the unemployment rate in Quebec City was the lowest of any census metropolitan area in the country.

Premier François Legault considers this a nice problem to have.

“You have to admit it’s good news for [Quebec’s] 4.5 million workers because it puts upward pressure – and we’ve seen it for the past three years – on salaries,” the Premier said last week. “I’d rather have a lack of workers than a lack of jobs.”

Quebec businesses do not see it that way, however. They describe an acute labour shortage – there are currently more than 220,000 job vacancies in the province – as the biggest obstacle to economic growth. The province’s manufacturers have foregone $18-billion in revenues in the past two years because they could not find enough workers to fill orders. Many businesses are closing for lack of employees.

Last week, five of Quebec’s main business groups joined with the Union des municipalités du Québec to demand Mr. Legault’s Coalition Avenir Québec government boost immigration levels to prevent the current labour shortage from getting even worse. In addition to working with the federal government to accelerate the application process for temporary foreign workers, the groups want the province to permanently boost the number of permanent residents it accepts each year and do more to get newcomers to settle outside the greater Montreal area to more remote regions where the worker shortage has reached crisis levels.

Karl Blackburn, the head of the province’s main employers’ group, le Conseil du patronat du Québec (CPQ), called the province’s labour shortage “an economic catastrophe,” and called on Finance Minister Eric Girard to introduce new measures to address the labour crunch in next week’s fall economic statement.

Mr. Legault, who was elected in 2018 on a signature promise to temporarily cut immigration levels, continues to push back against such demands. The Premier emphasized automation, job training and digitization last week while outlining his government’s strategy for easing the labour shortage and boosting productivity.

Mr. Legault has made closing the wealth gap between his province and Ontario – Quebec’s per-capita gross domestic product remains about 13 per cent lower – his government’s top economic priority. As a result, he has insisted that bringing in more immigrants, who typically start off making less than the average full-time salary of $56,000, would only make this task harder.

“Immigration might be part of the solution, but we have to realize that, at 50,000 [immigrants] a year, we have reached our capacity for integration,” Mr. Legault said. “If we want the next generations to continue speaking French, there is a limit to the number of immigrants we can accept.”

Under a decades-old agreement with Ottawa, Quebec establishes its own immigration targets and selects economic immigrants. The federal government is responsible for choosing newcomers who come to the province as refugees or under the family reunification program.

Mr. Legault’s government recently announced it would seek to bring in 70,000 immigrants in 2022. But the one-time boost would only to make up for a shortfall of newcomers experienced in 2020 and this year because of the pandemic. Despite the one-shot increase, Quebec will continue to receive far fewer immigrants relative to its population than Ontario, B.C. and Alberta.

To keep pace with the rest of the country, Quebec, which accounts for 22.5 per cent of the Canadian population, would need to increase the number of immigrants it accepts to 90,000 starting this year and increase the level annually after that.

In 2019, Quebec accepted only 40,565 immigrants, or 11.9 per cent of the 341,180 permanent residents admitted to Canada that year. Its share is set to rise temporarily to 17 per cent next year, but will fall below 12 per cent again starting in 2023 as Ottawa increases the national immigration target to 421,000.

Beyond the current labour crunch, the CAQ’s immigration policy will leave the province even less well equipped to face the budgetary pressures caused by an increasingly aging population. At 19.7 per cent, the proportion of Quebeckers over the age of 65 exceeded the national average of 18 per cent in 2020. Quebec also has fewer residents under the age of 20 than the rest of Canada, while the size of its working-aged population has been shrinking.

Mr. Legault, who is up for re-election in 2022, continues to portray immigration as a threat to Quebec’s distinct culture. But his policies are damaging his province’s economic prospects and reducing its political influence within Canada. How can that be good for Quebec’s cultural survival?

Source: https://www.theglobeandmail.com/business/commentary/article-amid-quebec-labour-crunch-legault-spurns-business-demands-for-more/

À quoi peut-on s’attendre au chemin Roxham? 

Quebec advocate perspective. Will be interesting to see how fast and how far numbers climb:

Entre 2017 et 2019, 95 % des personnes ayant présenté une demande d’asile à la frontière terrestre canadienne l’ont fait au Québec, et pratiquement toutes au chemin Roxham, où l’on ne trouve aucun poste frontalier officiel. Près de 18 mois après l’avoir interdit en raison de la pandémie, le gouvernement fédéral permet, depuis dimanche dernier, aux personnes qui traversent la frontière entre les postes frontaliers de déposer une demande d’asile. À quoi peut-on s’attendre à la suite de cette réouverture ?

Pour répondre à cette question, il faut retourner aux années prépandémie. La transformation du chemin Roxham en point névralgique de cette frontière n’est pas une coïncidence : elle découle de plusieurs décennies de politiques migratoires qui visent à empêcher l’arrivée spontanée de demandeurs d’asile. Répondant à une anxiété liée au fonctionnement du système fédéral d’asile dans les années 1990, ces politiques ont pris une tournure antiterroriste à la suite des attentats du 11 septembre 2001. Cette année-là, le Canada et les États-Unis se sont mis d’accord sur la Déclaration pour une frontière intelligente, dont fait partie l’Entente sur les tiers pays sûrs (ETPS). Mise en place en 2004, l’ETPS permet de renvoyer la majorité des demandeurs d’asile qui se présentent à la frontière canado-américaine vers les États-Unis.

Cette entente est à l’origine de ce que l’on a appelé la « crise migratoire » du chemin Roxham. En effet, parmi les exceptions qu’elle prévoit, l’ETPS ne s’applique pas aux personnes qui traversent la frontière à un endroit autre qu’un point d’entrée. En raison de sa situation géographique et à la faveur de la conjoncture politique, le chemin Roxham s’est imposé en tant que principal point d’entrée non officiel au Canada. Si les premières arrivées se sont déroulées de manière chaotique, les autorités ont par la suite mis en place certains dispositifs permettant d’accueillir ces personnes de façon ordonnée. Néanmoins, cet arrangement temporaire a permis aux autorités canadiennes d’exercer une surveillance sur les arrivées irrégulières, de garder un certain contrôle sur ces personnes et, ultimement, d’examiner leurs demandes de façon à respecter les droits des demandeurs d’asile ainsi que la législation canadienne.

Durant les premières semaines de la pandémie, le Canada a presque entièrement fermé sa frontière terrestre aux demandeurs d’asile. Alors que le gouvernement a par la suite rétabli les quelques exceptions à l’ETPS, les personnes se présentant entre les points d’entrée officiels ne pouvaient toujours pas déposer leur demande, étant renvoyées aux États-Unis dans l’attente du moment où les autorités leur permettraient de venir le faire. Bien que l’Agence des services frontaliers du Canada ait commencé à contacter ces personnes en août dernier, cette fermeture fait en sorte que de nouveaux chemins plus reculés sont maintenant empruntés. Du côté américain, des organismes d’aide aux réfugiés déplorent les conditions difficiles dans lesquelles se retrouvent les personnes qui attendent de pouvoir déposer leur demande.

La levée de cette exception annoncée dimanche aura des conséquences au chemin Roxham et ailleurs le long de la frontière terrestre. Il s’agit d’un bon moment pour considérer l’abrogation de l’ETPS et ainsi permettre aux demandeurs d’asile de se présenter directement aux postes frontaliers. Sinon, les images de 2017 risquent de revenir à la une de nos journaux : des familles entières qui se présentent de façon irrégulière au chemin Roxham, leurs valises à la main, puisque cela constitue leur unique option pour demander le statut de réfugié au Canada. Ou, pire encore, des demandeurs d’asile qui, comme ce fut le cas en 2017, périssent dans les régions rurales enneigées des Prairies à la recherche d’un passage entre deux postes frontaliers. Ce jeu du chat et de la souris entre les autorités et les demandeurs d’asile ne sert finalement personne.

Source: https://www.ledevoir.com/opinion/idees/649125/demandeurs-d-asile-a-quoi-peut-on-s-attendre-au-chemin-roxham?utm_source=infolettre-2021-11-23&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Quebec: Les francophones discriminés [international students]

More commentary.

Checked Quebec numbers: CEGEP international student enrolment up more than 5 times (de 2 899 en 2009-2010 à 16 505 en 2019-2020) compared to university enrolment that only doubled during the same period (de 24 504 en 2009-2010 à 48 406 en 2019-2020). http://www.education.gouv.qc.ca/colleges/enseignants-et-personnel-de-college/references/enseignement-superieur/portrait-statistique-des-etudiants-internationaux-a-lenseignement-superieur/

But the relative shift from French to English CEGEPs is notable, irrespective of any discrimination issues:

Le Québec bataille pour sa place d’État francophone fier depuis des lustres au sein d’un Canada qui n’en a généralement que faire, soupirant d’ennui entre deux réformettes de façade. À divers niveaux, tous les gouvernements du Québec se sont préoccupés des combats à livrer pour résister aux assauts bien vigoureux de l’anglais, entre autres dans le champ de l’éducation. Le gouvernement de François Legaultveut d’ailleurs donner plus de mordant à la loi 101, car la fronde anglophone n’a jamais été aussi vive.

Pendant que sur le front politique le discours est à la défense du fait français, le terrain regorge d’incohérences qui ne commandent que de l’indignation. Comment en effet concilier ces deux données ? L’explosion spectaculaire du nombre d’étudiants internationaux dans les collèges du Québec — en hausse de 369 % en dix ans — a surtout profité aux établissements d’enseignement de langue anglaise. Mais en moins de deux ans, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a refusé 35 642 candidats originaires des principaux pays francophones du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest qui voulaient venir étudier au Québec.

Une première analyse brute des données dévoilées la semaine dernière par la journaliste du DevoirSarah R. Champagne donne à penser que le « système », dans son gigantisme et son indolence bureaucratique, effectue de la discrimination à l’entrée. Ouvrir les vannes à des étudiants anglophones venus de l’Inde et les accueillir à pleines portes dans des établissements privés non subventionnés de Montréal ? Que oui ! Mais accepter des candidats inscrits à des études supérieures en provenance du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, deux zones francophones ? Que nenni !

Les taux de refus pour ces deux bassins de locuteurs pourtant très francophones « frôlent les 100 % », dénoncent des avocats en immigration, qui ne s’expliquent pas le quasi-automatisme dans le rejet de candidatures pourtant bien défendues — dossier financier très solide, entre autres critères observés par les ministères de l’Immigration. Un nouveau système de tri automatique des candidatures en vigueur depuis 2018 serait-il en partie la cause de ces refus en bloc ? Personne ne peut le certifier, mais cela pourrait par exemple expliquer que, sur la base de revenus moyens par habitant très peu élevés dans certains pays d’Afrique, des dossiers de grande qualité présentés par des individus soient écartés avant même d’être analysés. Cette question mérite d’être creusée.

Plus on cherche à comprendre cette grande absurdité, plus on s’enfonce dans les contradictions. Celle-ci par exemple : un couple congolais au dossier financier plus que bien ficelé a reçu sa réponse de refus en l’espace d’une semaine en provenance des autorités canadiennes — déjà de quoi faire sourciller quand on sait que la question des délais interminables dans le traitement des dossiers d’immigration constitue le principal problème dénoncé par Québec. L’argument qu’on leur a donné ? L’agent d’immigration n’a pas été convaincu qu’ils quitteraient le Canada après leurs études. Quitteraient, oui. Pourtant, les politiques officielles et l’énergie déployée tant par le gouvernement du Québec que par celui du Canada vont dans le sens complètement contraire : celui de travailler au maintien des étudiants étrangers en sol québécois après la fin de leurs études. Que comprendre de ce cirque ?

Pour les mêmes pays d’origine, le Québec voit ses taux de refus plus élevés qu’ailleurs au Canada, ce qui s’expliquerait en partie par une méconnaissance des agents d’immigration du système collégial québécois, certains dossiers étant refusés sur la base d’une mauvaise liaison entre la demande d’étude et le cheminement scolaire du candidat. C’est à n’y rien comprendre : les cégeps existent depuis 1967 au Québec.

Le Québec, qui perd ici pied et contrôle sur une immigration potentielle de qualité en son propre sein, aurait raison de vociférer et de revendiquer la pleine maîtrise sur les flux d’entrée en ses frontières. Mais il devra aussi pratiquer un sérieux auto-examen. S’il n’a rien à voir avec le refus de candidatures francophones en provenance de pays du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, c’est quand même dans sa propre cour que s’est jouée l’augmentation faramineuse d’étudiants étrangers anglophones — parfois même inscrits dans des cégeps francophones.

Dans une étude publiée par l’Institut de recherche en économie contemporaine, Éric N. Duhaime brosse un portrait statistique sans équivoque : alors que le recrutement d’étudiants étrangers au collégial s’était toujours historiquement tourné vers des bassins francophones, la tendance s’est inversée depuis 2017 environ. En 2019, « plus de la moitié des étudiants internationaux du réseau collégial provenaient de l’Inde (7687), dépassant les effectifs de la France (4072) ». Marché lucratif, détournement de mission pour le réseau de l’éducation et… impact significatif sur la langue d’usage dans les rues de Montréal, qu’on le veuille ou non.

Source: https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/649134/etudiants-etrangers-les-francophones-discrimines?utm_source=infolettre-2021-11-23&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Ottawa refuse de plus en plus de francophones, surtout venus d’Afrique

Similar perceptions and data as seen elsewhere in Canada.

While the disparities in rejection rates raise legitimate questions, disparities themselves do not necessarily mean non-objectivity or bias, just the need to take a closer look to assess or re-assess criteria:

Alors que le nombre d’étudiants étrangers anglophones augmente au Québec, les taux de refus pour des pays africains ne cessent de grimper, et certains dossiers « impeccables » sont refusés. Des candidats répondant pourtant aux critères sont ainsi empêchés de poursuivre leurs études ici, déplorent-ils.

Leurs avocats en immigration dénoncent ces taux « qui frôlent le 100 % » pour certains pays du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, deux bassins de locuteurs du français. « Il arrive fréquemment qu’un candidat aux études démontre une capacité financière de 100 000 $ pour la durée de son programme, qu’il a son acceptation de l’université, mais il est quand même refusé », note l’avocate québécoise Krishna Gagné.

Le taux de refus global est aussi beaucoup plus élevé au Québec que dans le reste du pays, selon les données fournies au Devoir par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). La différence est attribuable entre autres aux principaux bassins de recrutement pour la province, par rapport au reste du Canada.

En moins de deux ans, entre janvier 2020 et septembre 2021, Ottawa a ainsi refusé 35 642 candidats des principaux pays francophones du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest qui voulaient venir au Québec. Pendant ce temps, le nombre d’étudiants en provenance de l’Inde — qui se destinent majoritairement à des cours en anglais — a atteint des sommets, notamment dans le réseau collégial québécois.

Parmi les témoignages recueillis, figure celui du couple Dorothée et Mboungou, originaire de République du Congo. Ils racontent avoir présenté des preuves de leur argent disponible dans des comptes en euros et en monnaie locale. Appartements en location qu’ils possèdent, maison, voiture, entreprise, parcelles de terre ; ils ont également fait évaluer tous leurs biens, en plus de devoir voyager trois fois dans le pays voisin pour faire prendre leurs empreintes digitales par un centre autorisé par le Canada.

« Nous ne sommes pas des nécessiteux au Congo, il ne faut pas croire que tous les Africains sont d’une pauvreté extrême », résume la mère de famille qui travaille pour la multinationale Total depuis 14 ans. Ils ont demandé d’utiliser uniquement leur prénom, de crainte de nuire à une future demande de permis d’études.

« À partir du moment où on a déposé tous les papiers, il s’est passé à peine une semaine avant le refus, comme si la réponse était déjà toute faite », note Dorothée. « Est-ce que c’est une discrimination ? On s’attendait à une étude objective de notre dossier », ajoute-t-elle.

Des raisons contradictoires

Leur dossier était pourtant « impeccable », insiste leur avocate québécoise, Krishna Gagné, mais Ottawa les a refusés. Le principal motif invoqué ? L’agent d’immigration n’était pas convaincu qu’ils quitteraient le Canada à la fin de la période d’études, comme le veut le règlement sur l’immigration.

Ce motif semble « entièrement contradictoire » pour Me Gagné. En effet, les politiques d’immigration tant provinciales que fédérales encouragent de plus en plus les étudiants étrangers à rechercher un statut permanent après l’obtention de leur diplôme.

Ottawa a ouvert cette année de nouvelles voies d’accès à la résidence permanente pour les étudiants étrangers diplômés d’une institution d’enseignement canadienne, soit 40 000 places attitrées. Lors de l’annonce en avril, le ministre de l’Immigration d’alors, Marco Mendicino, disait vouloir permettre « à ceux qui ont un statut temporaire de planifier leur avenir au Canada ». « Nous voulons que vous restiez », avait-il déclaré.

Québec est aussi très actif en matière d’opération de séduction à l’étranger. Seulement en 2021, le gouvernement a conclu des ententes de près de six millions de dollars avec diverses organisations pour « l’attraction et la rétention » d’étudiants étrangers.

« Il existe nombre d’incitatifs pour que les gens restent après leurs études, donc cette raison [évoquée par les agents d’IRCC] contrevient au discours politique et à ces efforts. On dénonce cet aspect », souligne aussi Francis Brown, directeur des affaires internationales de la Fédération des cégeps.

Le couple congolais n’avait pour sa part pas l’intention de rester. Le père de famille espérait qu’un diplôme canadien donne un élan international à sa carrière et à son entreprise : « Il voulait tout simplement sortir un peu du cadre national, même si sa boîte fonctionne très bien », a confié au Devoir son épouse.

« Seulement avec l’argent qu’on a dépensé pour les démarches, on aurait pu payer toute une scolarité en France », soupire la femme. Mboungou a d’ailleurs déjà décroché une maîtrise en France en 2020 à l’Université Lumière Lyon avec des démarches de permis d’études « beaucoup plus simples ».

Le Québec pénalisé ?

« On ne fait pas le poids face à d’autres systèmes d’immigration », fait valoir M. Brown. Il rappelle notamment que les récents délais de traitement des permis d’études se sont encore allongés cette année, ce qui a été déploré par le gouvernement de François Legault dans une lettre transmise au fédéral.

Le Québec est pénalisé par rapport au reste du Canada en raison de ses bassins de recrutement francophones en Afrique. L’Algérie, le Sénégal et le Cameroun figurent par exemple parmi les six premiers pays d’origine des étudiants étrangers au Québec et ont connu des taux de refus de plus de 80 % en 2020 et en 2021. Le Maroc figure au 4e rang en importance sur le plan du nombre d’étudiants, mais son taux de refus est moins élevé en moyenne que ceux des autres pays africains.

D’autres ressortissants à destination du Québec se font rejeter par Ottawa à hauteur de 80 à 90 %, comme ceux de la Guinée, du Bénin, du Togo et de la République démocratique du Congo.

Dans les autres provinces, l’Inde représente une grande partie du bassin d’étudiants étrangers, mais son taux de refus est beaucoup moins élevé que pour ces pays africains francophones. Il n’a été que de 30 % pour les neuf premiers mois de 2021, soit nettement sous celui des pays d’origine pour le Québec.

Qui plus est, le taux de refus des candidats d’un même pays d’origine est parfois plus élevé au Québec que dans le reste du Canada. En 2020, les demandes de la Côte d’Ivoire ont par exemple été refusées à 75 % au Québec et à 68 % dans le reste du Canada.

Ce fossé s’explique en partie par une « méconnaissance de la place du réseau collégial dans le système d’enseignement supérieur » par IRCC, selon la Fédération des cégeps. Plusieurs étudiants se font ainsi refuser un permis d’études dans un cégep « parce que l’agent considère que la demande ne concorde pas avec le parcours, sur la base du cheminement scolaire », dit Francis Brown.

Une personne avec l’équivalent d’un baccalauréat universitaire par exemple serait considérée comme trop « avancée » par un agent d’immigration pour faire une technique dans un cégep. Les étudiants africains s’inscrivent pourtant dans des programmes « avec un taux de placement très élevé », insiste Nathalie Houde, conseillère en recrutement à l’international pour le Cégep de Jonquière. C’est le cas dans des filières industrielles, par exemple, où les demandes d’admission de la part des Québécois sont en baisse, mais qui connaissent pourtant de graves pénuries de main-d’œuvre.

En août dernier, cinq étudiants acceptés par ce cégep avec des bourses d’excellence se sont vu refuser l’accès au Canada, relate-t-elle. « C’était une situation absurde et excessivement difficile », poursuit-elle. La bourse, octroyée par Québec, couvrait les frais de scolarité plus élevés pour les étrangers ainsi que des frais de subsistance. Quatre d’entre eux ont finalement pu arriver à temps pour la session d’automne.

Le taux de refus a en outre augmenté depuis 2017, ce qui indique que la situation empire au lieu de s’améliorer, note Me Krishna Gagné et d’autres membres de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration (AQAADI). Le fossé entre les refus au Québec et au Canada s’est aussi accru globalement, selon les données d’IRCC.

Source: https://www.ledevoir.com/societe/education/648552/etudiants-etrangers-ottawa-refuse-de-plus-en-plus-de-francophones-surtout-venus-d-afrique?utm_source=infolettre-2021-11-19&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Wiseman: Taking on Quebec’s nationalists

Refreshing and courageous questioning:

The inability of Air Canada CEO Michael Rousseau to speak French should raise a bigger question: why is Air Canada headquartered in Montreal? Based on the volume of flights, Air Canada’s de facto hub is Toronto. If geography is a consideration for a head office, Air Canada might want to think about relocating to Winnipeg where most of the corporation’s overhaul and maintenance work was done before being shifted to Montreal by Pierre Trudeau’s government in 1968. Outrage followed, damaging national unity: police had to clear a path for Trudeau as the airline’s Winnipeg employees swarmed around him, shouting anti-Quebec slogans at a Liberal fundraiser.

When Brian Mulroney’s Progressive Conservatives in 1987 awarded the lucrative CF-18 fighter maintenance and overhaul contract to a Montreal firm rather than to a Winnipeg firm whose bid was cheaper, technically superior, and recommended by the neutral federal bureaucracy, some westerners began to refer to Mulroney as Pierre Elliot Mulroney; he had broken his promise to award contracts based on business principles and not political expediency as he said the Trudeau Liberals had done.

Mulroney’s decision led directly to Preston Manning’s launch of the Reform Party, the first step leading to the demise of the Progressive Conservative party. In 1988, Mulroney’s government conditioned Air Canada’s privatization on its headquarters remaining in Montreal. Decisions by the Liberal and Progressive Conservative governments, their caucuses top heavy with Quebec MPs, discriminated in favour of Quebec.

After the Parti Québécois gained power in 1976 and the Quebec National Assembly passed the Charter of the French Language (Bill 101), making communicating in French with French-speaking staff at companies such as Sun Life Assurance mandatory, the company announced it was moving its headquarters from Montreal to Toronto. A political storm erupted; Michael Cassidy, the soon-to-become Ontario NDP leader called on Ontario’s Conservative minister of industry to resign for welcoming Sun Life’s relocation, while Trudeau said Bill 101 undermined Montreal’s historic role as a financial and commercial centre for national and international companies.

And that is what happened. Although both the Royal Bank of Canada and the Bank of Montreal kept their official “head office” in Montreal, not wanting to incur the wrath that Sun Life’s departure did, they shifted their management operations and “corporate headquarters,” their de facto head offices, to Toronto and to where their chief executives live. Trudeau warned that other companies might follow Sun Life’s lead if Bill 101 was not changed.

Justin Trudeau, who became Liberal leader and prime minister by the leverage his father’s name gave him, is not on the same page as his father.

Now, Quebec-based SNC-Lavalin CEO Ian Edwards has postponed a speech he was scheduled to give to Montreal’s Canadian Club. He knows that he will be pilloried as Rousseau has been for his deficiency in French, incurring a similar public relations nightmare. Rousseau and Edwards have said they will study French, but at their age—Rousseau is 61, Edwards 57—they will gain little practical command of it as a working language.

Although most of CNR’s operations are in Western Canada, its head office is also in Montreal. CNR CEO Jean-Jacques Ruest is a francophone but is soon to step down. Will candidates to replace Ruest be required to demonstrate that they are bilingual? Memphis-born Hunter Harrison, famous for introducing precision scheduled railroading and leading the CNR to record profits, promised to learn French when he was the corporation’s CEO, but there is no record of his ever having spoken it.

When the Official Languages Act was introduced in the 1960s, the Trudeau government assured Canadians that it simply entitled them to deal with and be served by the federal government and its crown corporations, like Air Canada and the CNR at the time, in their preferred official language. The law does not require their CEOs or board members of federally regulated industries to have a working command of both official languages.

The French language is not in danger in Quebec as Quebec nationalists would have you believe; the percentage of Quebecers speaking French at home has not declined. However, Quebec’s share of Canada’s population has been steadily shrinking, accelerated by François Legault’s Coalition Avenir Québec government which has cut the number of immigrants to the province.

Unilingual anglophones like myself have noticed how the federal political parties have tip-toed around Quebec and the CAQ’s positions, such as the ban on schoolteachers’ and public servants’ religious headgear, violations of the Charter of Rights. And there is Bill 96 which claims to unilaterally change the Canadian Constitution, which Pierre Trudeau said would last for a thousand years. Where, oh where is Justin Trudeau?

Had Erin O’Toole taken on Quebec’s nationalists, perhaps his Conservatives would have done better in the election. Kow-towing obviously didn’t work.

Nelson Wiseman is a professor emeritus of political science at the University of Toronto.

Source: Taking on Quebec’s nationalists

Dutrisac: Le pis-aller (Temporary Foreign Workers and Quebec agreement and exception for their children to study in French)

More complaints regarding IRCC’s treatment of Quebec applicants. Not seeing much evidence in the data for Temporary Foreign Workers:

En août dernier, Québec et Ottawa concluaient une entente en vue d’alléger les exigences que le gouvernement fédéral impose aux entreprises qui recourent à des travailleurs étrangers temporaires (TET) dans certains types d’emplois. Le ministre québécois du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, vient de dévoiler les détails des assouplissements qui découlent de cette entente et qu’il demande maintenant au fédéral d’avaliser.

Ces mesures, qui feront l’objet d’un projet pilote, sont particulières en ce sens qu’elles ne visent pas seulement des emplois qualifiés à 100 000 $ par an dont rêve François Legault, mais aussi des gagne-pain modestes dans des domaines toutefois frappés par des pénuries de main-d’œuvre.

À la fin octobre, la Commission des partenaires du marché du travail, un organisme qui regroupe patrons et syndicats, a dégagé un consensus et confectionné une liste de 71 métiers et occupations qui doivent faire l’objet d’un traitement simplifié des demandes. Le commerce de détail, l’hébergement, la restauration et la transformation alimentaire font partie des secteurs favorisés. On y trouve des caissiers d’épicerie, des manutentionnaires, des préposés à l’entretien, des manœuvres et des serveurs, mais aussi des opérateurs de machinerie, dont les postes sont mieux rémunérés.

Un des problèmes touchant ces travailleurs étrangers, c’est qu’ils se voient accorder par le gouvernement fédéral des permis de travail dits « fermés », c’est-à-dire liés à un seul employeur, ce qui les rend vulnérables et les expose à des abus de la part de patrons exploiteurs. Cette situation est exacerbée par le fait que ces travailleurs ne connaissent pas leurs droits et peuvent avoir de la difficulté à communiquer en français ou en anglais.

Le ministre s’est montré sensible à la situation. Il a fait adopter des modifications à la Loi sur les normes du travail assorties d’un règlement sur les agences de recrutement auxquelles les entreprises font appel. Ces agences, dont les pratiques, dans certains cas, étaient douteuses, doivent désormais détenir un permis. Elles sont dans l’obligation de fournir aux travailleurs une description des conditions de travail relatives à leur emploi ainsi que des documents d’information de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qui portent sur leurs droits et les obligations de l’employeur. Ces documents existent maintenant en français, en anglais et en espagnol.

Comme il l’a fait pour les travailleurs étrangers agricoles, le ministre a formé au sein de la CNESST une escouade TET vouée à enquêter sur les plaintes concernant d’éventuels abus et contraventions aux normes du travail.

Sans que ce soit une garantie que les travailleurs seront toujours bien traités, il s’agit d’une nette amélioration. En outre, les employeurs se sont engagés, même pour les emplois moins rémunérés, à fournir aux nouvelles recrues le transport, le logement et la couverture de la Régie d’assurance maladie du Québec (RAMQ).

Cet afflux accru de travailleurs étrangers, dans la région de Montréal du moins, réjouira les commissions scolaires anglophones, qui trouveront sans doute, quand les travailleurs sont accompagnés de leur famille, un certain nombre d’enfants pour peupler leurs écoles. Contrairement aux immigrants, ces travailleurs temporaires ne sont pas soumis à la Charte de la langue française et peuvent envoyer leurs enfants à l’école anglaise.

C’est une anomalie qu’il faudrait corriger. Le gouvernement Legault voudrait d’ailleurs qu’Ottawa lui cède la gouverne du programme des TET, qu’il pourrait harmoniser avec ses responsabilités en matière d’immigration. À cet égard, Le Journal de Montréal nous apprenait que Service Canada ne répond plus à la demande en provenance des entreprises du Québec. Celles-ci doivent toujours produire une fastidieuse « étude d’impact sur le marché du travail » pour chacun des emplois offerts, tandis que les fonctionnaires fédéraux n’arrivent pas à traiter les dossiers en temps utile.

Le recours aux travailleurs étrangers temporaires est un pis-aller qui témoigne d’un système d’immigration grippé. Le programme québécois Arrima, qui consiste à lancer des invitations à des candidats à l’immigration en fonction des besoins du marché de travail, n’est pas fonctionnel. De toute façon, Immigration Canada, dont le dysfonctionnement est manifeste, ne parvient même pas à accorder la résidence permanente aux dizaines et dizaines de milliers d’immigrants détenteurs d’un certificat de sélection du Québec qui sont déjà sur le territoire québécois. En recruter de nouveaux par le truchement d’Arrima ne ferait qu’ajouter aux inexcusables délais, de 28 mois en moyenne, dont est responsable le gouvernement fédéral.

Source: Le pis-aller

Yakabuski: Quebec and France join forces against cancel culture

Yakabuski points out the irony given the cancel culture aspects of their policies and the intolerance of Bill 21:

When France’s education minister, Jean-Michel Blanquer, learned that a francophone Ontario school board had held a book-burning ceremony involving titles banned because of their negative portrayal of Indigenous people, he contacted his Quebec counterpart to commiserate.

Mr. Blanquer, who has been on a mission to turn back the tide of “cancel culture” on French university campuses, was incredulous at the news – which made the pages of the prestigious Paris-based Le Monde – of the Providence school board’s “flame purification” ceremony.

Included among the books incinerated during the ceremony – held in 2019, but which only came to light last month in a Radio-Canada report – were titles from the cartoon collections Tintin, Lucky Luke and Asterix, beloved by generations of young francophones on both sides of the Atlantic.

The result of Mr. Blanquer’s commiserating with Quebec Education Minister Jean-François Roberge was a joint op-ed, published last week in Quebec and France, denouncing the “pernicious influence of a culture of intolerance and erasure” embodied by the book-burning.

“We have a duty to prepare our youth to exercise active, respectful and enlightened citizenship. A citizenship that allows for debate, the opinions of others, the confrontation of ideas and the questioning of all our beliefs,” Mr. Blanquer and Mr. Roberge wrote. “That is why we affirm with force and conviction that public schools, the first line of defence against ignorance and darkness, must be the preferred location for the construction of a common civic project.”

The op-ed was just Mr. Roberge’s opening salvo in his own crusade against wokeism in Quebec public schools. Two days later, the Coalition Avenir Québec minister announced his government would introduce a new “Quebec culture and citizenship” (QCC) course to replace the “ethics and religious culture” (ERC) curriculum now taught in public schools.

The current ERC course was adopted by former premier Jean Charest’s Liberal government in 2008, a decade after Quebec replaced its Catholic and Protestant school boards with linguistic ones. The ERC, which replaced the catechism courses that had long been taught in French Catholic schools, aimed to familiarize primary and secondary school students with the panoply of religions practised in Quebec. But critics have long argued that the course is an affront to modern Quebec’s secularist values.

That is an exaggeration. Even the children of non-believers should understand the influence of religion in the lives of most people, and the role the Catholic faith played in shaping modern Quebec. But the anti-clericalism espoused by francophone intellectuals since the Quiet Revolution has hardened attitudes toward the separation of church and state in Quebec.

The Mouvement laïque québécois (MLQ), an organization dedicated to the “total secularization of the state and public institutions in Quebec,” called the abolition of the ERC course “a breath of fresh air.” The ERC, the MLQ said, has been “an aberration and a disaster on the social level.”

Given its populist leanings, the CAQ government to which Mr. Roberge belongs is not particularly popular in Quebec intellectual circles. But Quebec nationalists and intellectuals have found common ground when it comes to secularism.

Both support Bill 21, though for different reasons. Nationalists see the law that prohibits some public-sector employees from wearing religious symbols as an assertion of Quebeckers’ distinct identity in the face of the multicultural ethos that prevails elsewhere in Canada. Intellectuals see it as protection against the incursion of religion in the public square, which they argue should be a faith-free zone.

The CAQ government’s move to replace the ERC with a new Quebec culture and citizenship course is similarly welcomed by nationalists as a blow to multiculturalism and an affirmation of Quebec’s dominant francophone identity. In a video promoting the new curriculum, Premier François Legault says the new course will lead to “a prouder Quebec.”

Mr. Legault’s re-election in 2022 is about as close as you can get to a sure thing in Canadian politics. And his plan to push ahead with the new course will certainly not hurt his chances.

Still, there is something deeply disturbing about the CAQ’s exploitation of Quebeckers’ cultural insecurity for political gain. It is one thing to express concern about the pernicious effects of cancel culture on democratic debate or the excesses of a multiculturalism that denies the existence of a core national identity. But it is quite another to depict critics of Bill 21 and the new citizenship course as an existential threat to the survival of the Quebec way of life, as Mr. Legault and his ministers do.

It almost makes you wonder whether Mr. Roberge even read his own op-ed.

Source: Opinion: Quebec and France join forces against cancel culture