Dutrisac: Le pis-aller (Temporary Foreign Workers and Quebec agreement and exception for their children to study in French)

More complaints regarding IRCC’s treatment of Quebec applicants. Not seeing much evidence in the data for Temporary Foreign Workers:

En août dernier, Québec et Ottawa concluaient une entente en vue d’alléger les exigences que le gouvernement fédéral impose aux entreprises qui recourent à des travailleurs étrangers temporaires (TET) dans certains types d’emplois. Le ministre québécois du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, vient de dévoiler les détails des assouplissements qui découlent de cette entente et qu’il demande maintenant au fédéral d’avaliser.

Ces mesures, qui feront l’objet d’un projet pilote, sont particulières en ce sens qu’elles ne visent pas seulement des emplois qualifiés à 100 000 $ par an dont rêve François Legault, mais aussi des gagne-pain modestes dans des domaines toutefois frappés par des pénuries de main-d’œuvre.

À la fin octobre, la Commission des partenaires du marché du travail, un organisme qui regroupe patrons et syndicats, a dégagé un consensus et confectionné une liste de 71 métiers et occupations qui doivent faire l’objet d’un traitement simplifié des demandes. Le commerce de détail, l’hébergement, la restauration et la transformation alimentaire font partie des secteurs favorisés. On y trouve des caissiers d’épicerie, des manutentionnaires, des préposés à l’entretien, des manœuvres et des serveurs, mais aussi des opérateurs de machinerie, dont les postes sont mieux rémunérés.

Un des problèmes touchant ces travailleurs étrangers, c’est qu’ils se voient accorder par le gouvernement fédéral des permis de travail dits « fermés », c’est-à-dire liés à un seul employeur, ce qui les rend vulnérables et les expose à des abus de la part de patrons exploiteurs. Cette situation est exacerbée par le fait que ces travailleurs ne connaissent pas leurs droits et peuvent avoir de la difficulté à communiquer en français ou en anglais.

Le ministre s’est montré sensible à la situation. Il a fait adopter des modifications à la Loi sur les normes du travail assorties d’un règlement sur les agences de recrutement auxquelles les entreprises font appel. Ces agences, dont les pratiques, dans certains cas, étaient douteuses, doivent désormais détenir un permis. Elles sont dans l’obligation de fournir aux travailleurs une description des conditions de travail relatives à leur emploi ainsi que des documents d’information de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qui portent sur leurs droits et les obligations de l’employeur. Ces documents existent maintenant en français, en anglais et en espagnol.

Comme il l’a fait pour les travailleurs étrangers agricoles, le ministre a formé au sein de la CNESST une escouade TET vouée à enquêter sur les plaintes concernant d’éventuels abus et contraventions aux normes du travail.

Sans que ce soit une garantie que les travailleurs seront toujours bien traités, il s’agit d’une nette amélioration. En outre, les employeurs se sont engagés, même pour les emplois moins rémunérés, à fournir aux nouvelles recrues le transport, le logement et la couverture de la Régie d’assurance maladie du Québec (RAMQ).

Cet afflux accru de travailleurs étrangers, dans la région de Montréal du moins, réjouira les commissions scolaires anglophones, qui trouveront sans doute, quand les travailleurs sont accompagnés de leur famille, un certain nombre d’enfants pour peupler leurs écoles. Contrairement aux immigrants, ces travailleurs temporaires ne sont pas soumis à la Charte de la langue française et peuvent envoyer leurs enfants à l’école anglaise.

C’est une anomalie qu’il faudrait corriger. Le gouvernement Legault voudrait d’ailleurs qu’Ottawa lui cède la gouverne du programme des TET, qu’il pourrait harmoniser avec ses responsabilités en matière d’immigration. À cet égard, Le Journal de Montréal nous apprenait que Service Canada ne répond plus à la demande en provenance des entreprises du Québec. Celles-ci doivent toujours produire une fastidieuse « étude d’impact sur le marché du travail » pour chacun des emplois offerts, tandis que les fonctionnaires fédéraux n’arrivent pas à traiter les dossiers en temps utile.

Le recours aux travailleurs étrangers temporaires est un pis-aller qui témoigne d’un système d’immigration grippé. Le programme québécois Arrima, qui consiste à lancer des invitations à des candidats à l’immigration en fonction des besoins du marché de travail, n’est pas fonctionnel. De toute façon, Immigration Canada, dont le dysfonctionnement est manifeste, ne parvient même pas à accorder la résidence permanente aux dizaines et dizaines de milliers d’immigrants détenteurs d’un certificat de sélection du Québec qui sont déjà sur le territoire québécois. En recruter de nouveaux par le truchement d’Arrima ne ferait qu’ajouter aux inexcusables délais, de 28 mois en moyenne, dont est responsable le gouvernement fédéral.

Source: Le pis-aller

About Andrew
Andrew blogs and tweets public policy issues, particularly the relationship between the political and bureaucratic levels, citizenship and multiculturalism. His latest book, Policy Arrogance or Innocent Bias, recounts his experience as a senior public servant in this area.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

%d bloggers like this: