Quebec should ‘ideally’ aim for 100000 immigrants per year, says CPQ

Not surprising. Just as in English Canada, some of the biggest boosters of increased levels are from the business community, both large and small:

Quebec should aim to welcome 100,000 immigrants per year, according to the Conseil du patronat (CPQ).

The number is almost twice the threshold set by the Quebec government.

The CPQ made the request in a white paper on immigration made public Monday.

A little over a week ago, the Conseil du patronat, along with employer organizations, had instead suggested a threshold of 80,000 newcomers per year to alleviate labour shortages.

But in its white paper, the CPQ now believes that Quebec should ideally aim for 100,000 immigrants.

According to recent data, there are no less than 240,000 positions to be filled throughout Quebec. The economic community is pushing the Legault government to admit more immigrants.

Despite the government’s current efforts to fill jobs, nearly a quarter of the current vacancies cannot be filled, which represents 300,000 jobs over the next five years, the CPQ calculates.

Immigration is “both unavoidable and fully necessary,” the employers’ organization argues.

Source: Quebec should ‘ideally’ aim for 100000 immigrants per year, says CPQ

Chouinard: L’indolence d’Ottawa

Fairly representative of Quebec commentary. Challenge of course is likely USA disinterest in closing loophole given their immigration debates:

Le premier ministre François Legault a raison de s’impatienter face à l’indolence du gouvernement fédéral dans le dossier du chemin Roxham. Ce poste d’entrée terrestre est devenu une véritable voie de contournement pour des dizaines de milliers de demandeurs d’asile refoulés aux frontières en raison d’un accord désuet liant le Canada aux États-Unis. Cette situation doit changer.

Faut-il fermer le chemin Roxham ? Si Québec en arrive à cette demande un brin draconienne, à laquelle Ottawa a d’ailleurs immédiatement opposé une fin de non-recevoir, c’est que la voie de la raison n’aboutit pas. En effet, la renégociation de l’Entente sur les tiers pays sûrs (ETPS) traîne en longueur, ce qui a pour résultat de créer un refoulement de demandeurs d’asile aux portes du Canada. L’ETPS, en vigueur depuis 2004, permet au Canada de refuser les demandes formulées à un poste frontalier canado-américain officiel, et de retourner les réfugiés vers les États-Unis, considéré comme un pays « sûr ».

Conséquence ? Au poste frontalier non officiel situé non loin du passage de Lacolle, une centaine d’entrées irrégulières par jour se font au Québec, selon les données avancées par le ministre québécois de l’Immigration, Jean Boulet. Si le ministre plaide pour la fermeture des vannes, c’est qu’il a sous les yeux des données qui annoncent une flambée des passages. Depuis la réouverture du chemin Roxham, le 21 novembre dernier, 13 600 personnes ont traversé au Québec pour échapper aux États-Unis et à la crainte d’être retournées dans leur pays d’origine. Sur ce nombre, 10 800 ont formulé une aide financière de dernier recours, selon les données de Québec.

Le Québec déploie donc énergie et ressources financières pour assurer aux réfugiés toutes les bases de la survivance — un toit, de la nourriture, un revenu minimum, des soins médicaux. Si au moins le processus de régularisation du statut de ces arrivants était fluide et efficace ! Mais non, Québec affirme devoir attendre en moyenne 11 mois chaque fois qu’un permis de travail est demandé. En pleine pénurie de travailleurs, il ne peut même pas bénéficier immédiatement d’une main-d’œuvre pourtant disponible. La situation est doublement absurde.

En 2018, 18 500 personnes sont passées par le chemin Roxham. L’année suivante, quelque 16 000. Après deux ans de fermeture du chemin pour cause de pandémie, la réouverture de l’automne a déjà permis le passage de plus de 7000 personnes. Québec extrapole qu’il pourrait devoir ouvrir sa porte à 35 000 personnes cette année, bien qu’on n’en soit pas certains.

Dans le dossier délicat et complexe de l’immigration, où le Québec et le Canada ne cohabitent pas sur un terrain d’harmonie parfaite, il est facile d’opposer les vertus humanitaires aux arguments de nature économique : pas assez de soutien financier, pas suffisamment de logements, pas de permis de travail ne pèseront pas lourd dans la balance à côté d’une menace de mort planant sur certains demandeurs d’asile dans leur pays natal. Le sort incertain de ces personnes, si d’aventure elles étaient retournées là d’où elles viennent, est préoccupant, tel que l’a démontré la juge Ann Marie McDonald dans un jugement de la Cour fédérale de juillet 2020.

En demandant la fermeture de cette route non officielle, devenue par défaut un poste-frontière bidon, le Québec milite dans les faits pour le retour aux règles de l’art. Ça n’annonce pas la fermeture des portes, mais plutôt un encadrement qui pourra éviter qu’il se retrouve avec un flux incontrôlable de citoyens dont il doit prendre soin, le temps que leur demande soit analysée en bonne et due forme. C’est là aussi que le bât blesse, car les processus d’immigration encadrés par le gouvernement fédéral sont ralentis par un manque de ressources et d’inadmissibles lourdeurs administratives.

Bien que la réputation du Canada soit enviable dans le monde quant au processus équitable de traitement des demandes d’asile, ces manquements concrets ont fini par créer un corridor d’attente aux conséquences lourdes tant pour les individus que pour les autorités responsables, comme le Québec. Cela fait des années que la crise migratoire mondiale a créé un peu partout des zones de réfugiés positionnés aux frontières du pays d’accueil en attente d’un statut, d’une réponse, d’un avenir. La voie parallèle créée sur le chemin Roxham, en réaction à un accord bilatéral qui n’a plus raison d’être, n’est pas si différente.

Reste en trame de fond une querelle historique entre le Québec et le Canada autour du dossier de l’immigration, qui est de compétences partagées, n’en déplaise à François Legault. Son espoir de posséder en cette matière les « pleins pouvoirs » a essuyé une récente rebuffade, mais sa préoccupation d’être plus en contrôle, ne serait-ce qu’en vertu d’un désir de sauvegarde du français, est justifiée. Tout comme son souhait de voir se régler le dossier du chemin Roxham.

Source: L’indolence d’Ottawa

Le conflit Québec-Ottawa au sujet du chemin Roxham se poursuit

Not surprising. More comprehensive article than in English press:

Justin Trudeau n’a pas mordu, mercredi, aux demandes renouvelées de Québec, qui réclame la fermeture du passage frontalier du chemin Roxham. La situation est pourtant insoutenable, selon le gouvernement de François Legault.

Québec prévoit qu’au rythme actuel, plus de 35 000 demandeurs d’asile se présenteront à ce point de la frontière canado-américaine cette année. C’est beaucoup trop, soutient le gouvernement Legault, qui a appelé mercredi le fédéral, pour une deuxième fois en moins de cinq mois, à « arrêter ce flux quotidien ».

« On veut que [les passages] se fassent de manière ordonnée, régulière et légale. On est rendus à un stade où on excède nos capacités », a indiqué le ministre québécois de l’Immigration, Jean Boulet, à l’Assemblée nationale.

L’élu de la CAQ évalue la capacité d’hébergement du Québec à 1150 demandeurs. « On y est, ou à peu près », a-t-il dit en mêlée de presse. Et, avec l’été, le gouvernement Legault ne s’attend pas à voir le flux de migrants diminuer. « Il y a une augmentation actuellement », a souligné le premier ministre mercredi.

« [Roxham], c’est une passoire ; c’est reconnu à l’échelle internationale, a déploré le ministre Boulet. Ça ne peut pas continuer comme ça. »

Nouvel accord en immigration ?

À Ottawa, le gouvernement de Justin Trudeau n’a pas voulu s’engager, mercredi, à barrer la route aux migrants qui se présentent au sud de la Montérégie.

Il assure que les négociations avec les États-Unis en vue de la signature d’une nouvelle entente en immigration vont bon train. « Je sais qu’il y a des progrès avec les ressources qu’on a mises sur ce point [de passage] particulier à la frontière », a précisé en point de presse le ministre fédéral de la Sécurité publique et ex-ministre de l’Immigration, Marco Mendicino. Il assure que le chemin Roxham est « un dossier qui est très important » pour son gouvernement, et dit qu’il « collabore toujours avec le gouvernement Legault ».

Son collègue de l’Immigration, Sean Fraser, a répété que le gouvernement devait « respecter les droits des demandeurs d’asile » et suivre « des normes légales » quant à leur accueil.

En chœur, les quatre principaux partis à l’Assemblée nationale ont exigé qu’Ottawa revoie l’Entente sur les tiers pays sûrs, l’accord qui régit la traversée des demandeurs d’asile au Canada.

Entré en vigueur en 2004, le pacte autorise le Canada, dans les faits, à refuser toute demande d’asile effectuée à un poste officiel à la frontière canado-américaine sous prétexte que les États-Unis sont un pays « sûr ». Ne pouvant donc pas passer par les postes douaniers qui parsèment la plus longue frontière terrestre du monde, les migrants ont historiquement été refoulés vers des points de passage irrégulier comme celui du chemin Roxham, ce qui concentre donc leur arrivée au Québec.

Jean Boulet veut voir le gouvernement fédéral à la table de négociation avec les États-Unis au plus vite afin qu’ils revoient cette entente. Or, jusqu’ici, Ottawa s’est traîné les pieds, a-t-il avancé mercredi. « Cette entente-là, ou on la met de côté, ou on la redéfinit, ou on la modernise. Et à cet égard-là, Ottawa a énormément de travail à faire », a-t-il affirmé.

Des appuis à la position caquiste

En exigeant la fin des demandes d’asile au chemin Roxham, la CAQ rejoint les arguments du Parti québécois (PQ), qui insiste depuis le début de la semaine pour que soit réglée la situation dans ce coin de la Montérégie. « Qu’on encourage les passages illégaux seulement au Québec et que ça atteigne des dizaines et des dizaines de milliers d’entrées par année, c’est de faire porter au Québec un fardeau administratif […] qui n’a aucune logique », a clamé le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, en matinée.

Le Bloc québécois a entrepris de transposer les demandes du gouvernement québécois à Ottawa. Le parti d’Yves-François Blanchet a déposé une motion devant le Parlement, mercredi, pour demander au gouvernement qu’il suspende cette entente avec les États-Unis « et qu’elle réclame le passage des migrants par les voies régulières partout au Canada et, conséquemment, la fermeture du chemin Roxham ».

La motion a été battue, faute d’obtenir l’unanimité.

« La capacité d’accueil responsable de l’État québécois a des limites dont il faut tenir compte — sauf si on veut, en effet, faire déborder la capacité québécoise en [matière] d’accueil, d’intégration et de francisation », a expliqué le chef bloquiste, Yves-François Blanchet.

Le Parti conservateur du Canada a aussicritiqué l’approche du gouvernement libéral, jugée trop laxiste. « Si nous voulons limiter l’arrivée de toutes ces drogues et armes illégales, nous avons besoin d’investir plus dans nos points d’entrée et de sécuriser le chemin Roxham », a déclaré la députée conservatrice manitobaine Raquel Dancho.

Des bémols

Pour le Parti libéral du Québec, la position défendue par le gouvernement caquiste, le PQ et le Bloc a quelque chose d’« inhumain ». « La moindre des choses, ici, c’est à mon avis de démontrer une certaine humanité face à des personnes qui sont démunies », a soutenu le député libéral Carlos Leitão.

Québec solidaire craint pour sa part qu’une fermeture unilatérale du chemin Roxham ne fasse que mettre en danger les quelques dizaines de milliers de demandeurs d’asile qui se présenteront à la frontière québécoise cette année. « Ça [déplace] le problème vers des endroits inconnus, ça [fera] encore davantage de demandeurs d’asile qui vont traverser n’importe où, sans aucun contrôle », a signalé le porte-parole du parti en matière d’immigration, Andrés Fontecilla.

Québec n’en est pas à sa première sortie pour demander la fermeture de ce passage frontalier. En décembre, le ministre Boulet était passé par Twitter pour dénoncer la menace que poseraient les arrivées par ce point sur le système de santé québécois. L’élu s’était partiellement rétracté dans les jours suivants, et avait admis que « la qualité humaine » de son message n’était « pas optimale ».

Plus de 10 600 demandeurs d’asile se sont présentés au chemin Roxham depuis le début de l’année, selon les données du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration.

Source: Le conflit Québec-Ottawa au sujet du chemin Roxham se poursuit

Globe article:

Quebec is asking the federal government to close a popular, unofficial border crossing south of Montreal because the province can’t handle the number of asylum seekers entering the country, but refugee advocates are rejecting Quebec’s claims.

More than 100 refugee claimants are entering Quebec every day from the United States through a rural path called Roxham Road, Premier François Legault told reporters Wednesday.

“It’s unacceptable,” Legault said at the legislature. “It’s impossible because we don’t have the capacity.”

The federal government takes 14 months to study an asylum claim and in the meantime, Quebec has to house and care for would-be refugees and school their children, the premier said.

“We cannot afford to give services,” Legault said, adding that if the current pace continues, Quebec will not have adequate housing for 36,000 new arrivals.

Refugee advocates, however, say they don’t accept the premier’s claim.

“What is Quebec’s capacity for compassion? For justice? It’s maybe not unlimited, but the capacity is there,” Paul Clarke, interim executive director of Action Réfugiés Montréal, said Wednesday in an interview.

Clarke, whose group sponsors and offers services to refugees, said that while it can be difficult for asylum seekers to find shelter in Montreal, he doesn’t think the situation is any better in other Canadian cities.

Quebec needs people, advocate says

Janet Dench, executive director of the Canadian Council for Refugees, said that during the pandemic, many people who had crossed the border at Roxham Road found work in Quebec’s long-term care homes.

“We not only have the capacity, but we also have the need, in fact, for more people,” she said in an interview Wednesday.

Part of the problem, she said, is the length of time it takes the federal government to issue work permits to asylum seekers.

“The federal government could alleviate things tremendously simply by giving work permits shortly after people arrive, so that they can get to work, and there are many jobs that they could very usefully fill,” Dench said.

The irregular border crossing at Roxham Road reopened in November after it was closed during the pandemic. Since the beginning of the year, the RCMP have intercepted 7,013 asylum seekers who have crossed irregularly into Quebec from the U.S. That number is up from 4,246 last year.

In 2019, more than 16,000 asylum seekers were intercepted by the RCMP after crossing irregularly into Quebec.

Legault said many of those who cross irregularly are ultimately not able to stay in Canada.

“You have to understand, the problem is that many of these people are not really refugees,” the premier said. “A refugee is someone who is physically at risk in their country. But the majority are not refugees; eventually, when the file is analyzed, they are refused, returned back home.”

Clarke said it’s not possible to determine which refugee claimants will be successful. “To say half of these people aren’t going to make it, well, which half, Mr. Legault?

“If he’s saying that, then he is acknowledging that people are coming to Canada and they do need protection. So how do you figure out which half?”

Under the 2004 Canada–United States Safe Third Country Agreement, refugee claimants who enter Canada outside an official port of entry must be processed in Canada and cannot be immediately returned to the U.S. Claimants who come through official entry points of entry, however, are sent back to the U.S.

Dench said closing the Roxham Road entry point would merely push people to cross at other points of entry — which would make it more difficult for the federal government to process asylum seekers.

“The reason they’re concentrated in Quebec is simply a matter of geography, because there is a large land border between the U.S. and Canada that people can cross over,” Dench said.

Federal Public Safety Minister Marco Mendicino told reporters Tuesday that a balance needs to be found.

“Resources have been provided for that particular issue at the border,” he said. “We are also in discussions with the U.S. to regulate the movements of any asylum seekers. This is part of the strategy in order to both defend the rights of refugees while at the same time protecting Quebec citizens.”

Source: Quebec asks feds to close Roxham Road, says province can’t handle influx of refugees

Indigenous leaders say Quebec’s language bill colonial, paternalistic

Of interest and a reminder that Indigenous rights can collide with Quebec linguistic and other policies:

Indigenous leaders in Quebec say the government’s French-language bill is destructive, paternalistic and could put the survival of First Nations languages at risk.

Bill 96 would push Indigenous students to pursue higher education outside the province, Ghislain Picard, chief of the Assembly of First Nations Quebec-Labrador, told reporters Tuesday in Quebec City.

“It’s a staggering irony, that the first inhabitants of the land in Quebec are being forced to study outside their territory; that’s something we find unacceptable,” Picard said at the legislature.

Bill 96 makes several amendments to Quebec’s signature language law, known as Bill 101. If passed, it would reinforce rules about the use of French in workplaces, the civil service and the justice system. The bill would also require students at the province’s English-language junior colleges to take three additional classes in French.

John Martin, chief of the Mi’kmaq council of Gesgapegiag, on the Gaspé peninsula, said many Indigenous communities were historically forced to speak English and that requiring young people to master a third language — French — would make it more difficult for them to succeed.

“If our communities are going to be able to flourish, education is a key component, but remember also that education has been used as one of the key factors in the assimilation of our people and the destruction of our cultures and the destruction of our languages, and that is why this government needs to sit down and listen to us,” Martin said.

“It is a destructive bill. It is a continuation of the kind of colonialism, paternalist and extinguishment activities that governments successively have conducted since their establishment on these territories.”

Kahsennenhawe Sky-Deer, grand chief of the Mohawk Council of Kahnawake, located near Montreal, said the bill could also impact access to justice.

“We do not want to see this bill move forward without any kind of exemption or consideration of Indigenous people, our languages, our cultures that have been here since time immemorial,” she said. “The way that this government is conducting itself is very dismissive and it disregards us and our long history and our presence on these lands.”

Sky-Deer said the Indigenous leaders want a meeting with Justice Minister Simon Jolin-Barrette, the minister responsible for the legislation. She said if the minister doesn’t meet with Indigenous leaders, community members will have to resort to taking other actions.

The Indigenous leaders were invited to the Quebec legislature by the opposition Liberals and Québec solidaire. While the Liberals have said they plan to vote against the bill, Québec solidaire co-spokesperson Manon Massé said her party plans to vote for it.

Source: Indigenous leaders say Quebec’s language bill colonial, paternalistic

Quebec opposition party wants non-polarized debate on immigration

While it appears that the PQ is likely to suffer further setbacks in the election, will be interesting to see if immigration becomes an issue in the election or related issues like Bill 21.

That being said, the questions they ask also apply to Canada’s immigration policies, where the impacts and externalities are not being discussed enough:

With five months to go before the provincial elections, the debate on immigration has been revived.

The Parti Québécois (PQ) is opposed to employer groups’ demand to increase the current 50,000 immigrants per year to 80,000, or even 90,000.

The sovereigntist party is calling for a “serious” discussion based on “factual and scientific” data.

PQ leader Paul St-Pierre Plamondon was reacting to the Conseil du patronat and Manufacturiers et exportateurs du Québec’s (MEQ) calls for a considerable increase in the annual immigration threshold to fill the labour shortage.

In a Canadian Press interview on Sunday, the PQ leader argued that despite the constant increases in the number of immigrants admitted to Quebec over the past 30 years, the demand for workers has nevertheless not subsided. The so-called solution has not solved the problem, he said.

What’s more, the considerable increase claimed would only increase the demand for services such as family doctors, places in public daycares (CPEs) and housing, said immigration lawyer Stéphane Handfield, who is the PQ candidate in Masson in the October elections.

“Are we doing new immigrants a favour if we don’t take these issues into account in our reception and integration capacity?” said Handfield.

SCIENCE OVER IDEOLOGY

“We want a debate based on science and not on ideology or false premises,” said St-Pierre Plamondon.

He called for caution to avoid any slippage in this debate, which has had unfortunate precedents.

“The simple fact of asking questions about raising the immigration threshold leads to innuendo about the intolerance of those who ask the questions, it creates a climate that is not serene,” said St-Pierre Plamondon.

“Historically, there has been a lot of ideology and stigmatization” on the issue of immigration, and this ends up harming “the right of Quebec to take its own direction,” said the PQ leader.

St-Pierre Plamondon criticized the suggestion that as soon as Quebec does not align itself with the Canadian federal model of admitting more and more newcomers, it is accused of being racist, even though immigration is partly within its jurisdiction.

QUESTIONS TO ASK

The PQ leader has many questions.

For example, does welcoming more immigrants create more wealth? Does it really increase the gross domestic product per capita?

“We want to study the macro-economy objectively,” he said, demanding more answers.

Handfield also wants to know what the impact of increased immigration is on the linguistic dynamics? What is the impact on the housing crisis? Does it lower the average age of the workforce?

“I’ve never seen a study that says here’s why we need 30,000 or 40,000 immigrants, or here’s how we manage to justify that number,” said Handfield. “How much does it cost to integrate each immigrant? We always hear the same thing: 80,000 immigrants per year and all the problems will be solved.”

Currently, there are no less than 240,000 vacant positions to be filled in Quebec, according to data from the Institut du Québec.

Employers’ associations are calling for a catch-up in immigration to make up for the labour scarcity and the delay caused by the closing of borders during the pandemic.

Their consensus is 80,000 per year, but MEQ president Véronique Proulx said the organization would be willing to go to 90,000, almost double the current threshold of 50,000 per year.

The Legault government has not given its official answer.

St-Pierre Plamondon reiterates that he is committed to setting the acceptable threshold for his party by the election campaign.

Source: Quebec opposition party wants non-polarized debate on immigration

Quebec tables bill on academic freedom, says no words off-limits in lecture halls

Yes, context matters:

Quebec’s higher education minister says legislation tabled today would allow “any word” to be uttered in university classrooms as long as it’s used in an academic context.

Danielle McCann told reporters Bill 32 is great news for Quebec students, including racialized students, because it preserves a high-quality learning environment in the province’s universities.

The bill draws on a committee report last December requested by the government in response to a scandal at University of Ottawa in 2020, when a professor was suspended for using the N-word during a class lecture.

At the time, Quebec Premier François Legault and Liberal Opposition Leader Dominique Anglade — who is Black — both said the university should have defended the professor for using the word in an academic context.

Bill 32 enshrines the right to teach, conduct research and share results, critique society and freely take part in the activities of professional university organizations.

The legislation requires universities to adopt an academic freedom policy and appoint a person responsible for implementing the policy.

The bill’s preamble defines academic freedom as “the right of every person to engage freely and without doctrinal, ideological or moral constraint in an activity through which the person contributes, in their field of activity, to carrying out the mission of such an educational institution.”

Source: Quebec tables bill on academic freedom, says no words off-limits in lecture halls

Richard: La loi sur la laïcité de l’état marque un progrès pour la société

An example of Quebec rhetoric in favour of Bill 21:

Bientôt, la Loi sur la laïcité de l’État sera à nouveau débattue en cour. Au crépuscule de ma vie et à l’occasion de mes 88 ans, permettez-moi d’appuyer publiquement cette loi amplement justifiée et visant un meilleur vivre-ensemble. On accuse la loi 21 d’être contre les religions. Elle est pourtant un instrument de paix, car la laïcité unit alors que les religions divisent. L’Histoire le prouve. Ceux qui sont contre la loi 21 font passer les religions avant la laïcité par ignorance.

Il n’y a pas que les Québécois de souche qui veulent la loi 21. De nombreux musulmans et musulmanes le veulent aussi. Ferid Racim Chikhi, un Algéro-Canadien immigré au Québec, connaît bien l’islamisme. En tant que musulman, il veut voir et vivre la laïcité au Québec. Dans son tout récent livre Fenêtre sur l’Islam, ses musulmans, ses islamistes, M. Chikhi sonne l’alarme et donne l’heure juste quant à l’aveuglement de nos gouvernements en ce qui a trait à une infiltration des islamistes qui est voulue et sournoise, avec en tête un plan défini pour imposer un jour à la société d’accueil rien de moins que la charia ! En 2005, Fatima Houda-Pepin, d’origine musulmane et alors députée libérale de La Pinière, était intervenue à la Chambre des députés pour que la demande pour la charia soit refusée.

La nécessité de la laïcité et de la loi 21 est une évidence. Refuser la loi 21, c’est s’opposer au progrès de la société, c’est revenir aux siècles passés, où le pouvoir des décisions était entre les mains des chefs religieux comme les imams, les rabbins et les évêques plutôt que sous la responsabilité des gouvernements élus par le peuple. Si c’est cela que le Canada veut, pas le Québec, qui, au prix d’une longue lutte, a réussi à séparer l’Église et l’État. Il n’est pas question de retourner en arrière !

Un des problèmes est aussi le préambule de la Constitution canadienne, qui évoque la suprématie de Dieu. C’est une honte ! Un texte d’une telle importance pour la nation doit être inclusif et respecter le fait qu’au Canada et dans toutes les provinces, il n’y a pas que des croyants, mais aussi des agnostiques et des athées.

Ce que l’on ignore aussi, c’est que, bien qu’il y ait des femmes qui revendiquent le droit de porter le voile pendant les heures de travail, il y a aussi des femmes musulmanes qui espèrent pouvoir enfin l’enlever grâce à l’application de la loi 21. C’est ce que plusieurs d’entre elles auraient confié secrètement à une autorité scolaire. Et cela, elles ne peuvent le dire ouvertement sous peine de représailles.

Le maire de Brampton, Patrick Brown, qui se présente comme candidat dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada, a organisé une levée de fonds pour financer la contestation de la loi québécoise sur la laïcité. Il soutient qu’un jour, au Canada, un premier ministre sera forcé de présenter des excuses officielles pour l’adoption et l’application au Québec de la loi 21. Or, si un jour, l’ignorance fait place au savoir, il se pourrait fort bien que ce soit lui qui doive s’excuser auprès du peuple québécois pour avoir tenté de l’empêcher de l’appliquer !

Les opposants à la laïcité disent ne pas vouloir briser le rêve d’une femme voilée, mais ils sont prêts à briser l’espoir de millions de citoyennes et de citoyens du Québec, dont le mien.

Pourquoi favoriser une société théocratique, laquelle est contraire à la vérité de la science, plutôt que de consentir au gain sociétal apporté par la loi 21 ? La laïcité comporte une neutralité commune consentie par les Québécoises et les Québécois, qui construit lentement mais sûrement la paix du Canada, dont tous pourront bénéficier.

Source: La loi sur la laïcité de l’état marque un progrès pour la société

ICYMI: Craintes de voir l’anglais «éradiqué» du Québec

Of note:

Le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, a trouvé la « formule parfaite » pour « éradiquer » la minorité anglophone du Québec, avertit la présidente du Quebec Community Groups Network (QCGN), Marlene Jennings. Elle ne sait plus en quelle langue le dire pour être prise au sérieux.

« Réveillez-vous ! » lance l’ex-députée fédérale de 1997 à 2011, cherchant à secouer l’apathie des Québécois face aux offensives linguistiques menées à Québec — et à Ottawa — sur la foi, selon elle, de la « fabulation » selon laquelle la langue française est « en danger » dans les milieux de travail.

Le gouvernement est pourtant catégorique : la proportion de travailleurs qui accordent une place prédominante au français au travail s’est effritée au Québec au fil des 15 dernières années, passant de 82 % en 2006 à 79,7 % en 2016.

L’abandon du projet d’agrandissement du cégep Dawson ainsi que le gel des programmes conduisant au diplôme d’études collégiales (DEC) ou encore à l’attestation d’études collégiales (AEC) en anglais prévu dans la version amendée du projet de loi 96 entraîneront des conséquences « pernicieuses » pour les communautés anglophones du Québec, précise Marlene Jennings dans un entretien avec Le Devoir. Il y aura de moins en moins de professionnels « bilingues » dans le réseau de la santé, illustre-t-elle au bout d’une table de conférence dans les quartiers de QCGN dans le centre-ville de Montréal.

« On n’est pas stupides [les caquistes] sont en train d’étrangler le système », ajoute la directrice générale de QCGN, Sylvia Martin-Laforge.

Simon Jolin-Barrette promettait d’assurer le « respect le plus complet des institutions de la communauté anglo-québécoise » lors du dévoilement du projet de loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français (projet de loi 96) en mai 2021.

Le groupe de pression soupçonne le gouvernement caquiste de réduire la « communauté anglo-québécoise » — qui est en droit de recevoir des services en anglais, selon lui — à la « communauté historique d’expression anglaise », ce qui exclut près de 500 000 Québécois anglophones, dont les immigrants provenant d’un État anglophone comme la Grande-Bretagne ou la Jamaïque, par exemple.

D’ailleurs, Marlene Jennings se dit lasse d’entendre que la minorité anglophone du Québec est « la mieux traitée », alors que les Québécois d’expression anglaise sont « sous-employés » et « sous-payés ». « La seule minorité linguistique qui se rapproche, qui a les mêmes statistiques dévastatrices, ce sont les Acadiens et les francophones du Nouveau-Brunswick, les seuls. Mais, on ne parle jamais de ça », dit la première personne noire à avoir représenté une circonscription québécoise à la Chambre des communes.

Les projets de loi signés par Simon Jolin-Barrette (96) et par Ginette Petitpas Taylor (C-13) exacerberont à coup sûr non seulement les inégalités économiques entre anglos et franco, mais aussi les tensions sociales, est persuadée Marlene Jennings.

Coût pour le Québec

« Ce n’est pas que l’affaire des anglos, des minorités, c’est l’affaire des francophones », soutient Sylvia Martin-Laforge, selon qui le renforcement de la loi 101 par « 96 » et « C-13 » ne se fera pas sans coût économique et moral pour le Québec.

Les patronnes du QCGN n’arrivent pas à croire que le gouvernement Trudeau puisse donner la possibilité aux entreprises privées de compétence fédérale présentes au Québec de mener « leurs communications avec les consommateurs » dans le respect de la Charte de la langue française du Québec — que Simon Jolin-Barrette s’emploie à blinder notamment au moyen des dispositions de dérogation aux chartes des droits et libertés.

« Quand je vois nos chartes [des droits et libertés] suspendues, et on n’est pas en situation de guerre, on n’est pas en Ukraine […], je suis découragée », indique Marlene Jennings au Devoir, ce qui n’est pas sans rappeler son gazouillis du 24 février, aujourd’hui disparu. La Montréalaise exprimait son étonnement de voir François Legault appuyer la démocratie ukrainienne face à l’assaut de la Russie alors qu’il a la « volonté de suspendre tous les droits et libertés de tous les Québécois avec son projet de loi 96 ».

« J’ai une grande gueule et j’en suis fière. I’m a Jennings et une Garand ! » s’exclame la « femme noire d’origine ethnique diverse » dans des locaux presque vides. Marlene Jennings est le fruit de l’union d’un homme noir émigré de l’Alabama et d’une femme blanche francophone, dont les ancêtres, français et belges, avaient défriché le Manitoba, dont un aux côtés du grand défenseur des Autochtones et de la langue française Louis Riel. « J’ai toujours été en faveur de Louis Riel », précise-t-elle.

Marlene Jennings, qui s’enorgueillit aussi d’avoir voté, en 1976, pour le chef du Parti québécois René Lévesque dans la circonscription de Taillon, et ce, même si sa mère « voulait [la] tuer », mène aujourd’hui la résistance au nom de la minorité linguistique anglophone du Québec. Et elle fait flèche de tout bois.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, n’est pas épargné. L’ex-élue du Parti libéral du Canada l’accuse de « rompre avec les valeurs fondamentales de notre société canadienne », dont celle de la dualité linguistique, en conférant aux travailleurs des entreprises privées de compétence fédérale du Québec notamment « le droit d’effectuer leur travail et d’être supervisés en français » et « le droit de recevoir toute communication et toute documentation […] en français ». « On a des employés anglophones qui travaillent [dans une banque] en français, mais pour une raison ou une autre, ils voudraient avoir leurs communications en anglais. Ils n’auront pas ce droit-là avec C-13 dans son format actuel. Alors quel genre d’atmosphère, de climat de travail ça va créer ? » demande Marlene Jennings, qui se défend d’être une « angryphone », comme la dépeignent ses détracteurs.

Mauvais « timing »

Marlene Jennings attribue la faible mobilisation contre les projets de loi 96 et C-13, à commencer au sein des communautés anglophones du Québec, aux occasions de socialisation — les discussions sur l’actualité autour de la machine à café du bureau, par exemple — qui se sont faites rares durant la pandémie de COVID-19, mais aussi, plus largement, à la montée de l’individualisme et de la désinformation dans la société canadienne.

Cela dit, la présidente de QCGN a pris bonne note de la décision du Parti libéral du Québec de s’opposer à l’adoption du projet de loi 96, qui a été officialisée par sa cheffe, Dominique Anglade, lors d’une visite du cégep Dawson il y a près d’un mois. « Je suis contente qu’elle se soit finalement ralliée, avec ses députés. Elle ne peut plus reculer là-dessus maintenant », fait remarquer Marlene Jennings. Le PLQ n’a pas mis son cahier de « 27 propositions pour l’avenir de la langue française » au rebut pour autant, lui signale Le Devoir. « Ça, c’est toute une autre question. »

Source: https://www.ledevoir.com/politique/quebec/688341/projet-de-loi-96-craintes-de-voir-l-anglais-eradique-du-quebec?utm_source=infolettre-2022-03-19&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Québec tarde à simplifier la venue de certains travailleurs temporaires en demande

Of note, appears more with respect to Quebec changes than the feds:

Le gouvernement Legault peine à tenir ses promesses pour amener des renforts de l’étranger à un Québec en pénurie de main-d’œuvre. Le Devoir a appris que des métiers peu spécialisés mais faisant l’objet d’une forte demande ne se trouvent pas, comme cela était prévu, sur la nouvelle liste des professions ayant accès au traitement simplifié pour l’octroi d’un permis de travail temporaire, ce qui inquiète les employeurs.

Ainsi, 37 professions de niveau C, selon la classification nationale des professions, comme chauffeurs de transport, manutentionnaires et opérateur de machinerie lourde, ne figurent toujours pas sur cette liste publiée le 24 février dernier bien que Jean Boulet, ministre de l’Immigration et du Travail, eût annoncé il y a quatre mois qu’elles y seraient.

Soumises à une très forte demande, les professions de préposés aux bénéficiaires, aides-infirmières et aides-soignantes ne sont pas non plus sur la liste. Selon le site Internet du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, les « travaux [pour ajouter ces professions de niveau C] se poursuivent avec le gouvernement fédéral ».

Dans d’autres secteurs en forte pénurie de main-d’œuvre, certaines professions demandant un peu plus de qualifications (niveau B) ont carrément été retirées de la liste, ce qui suscite l’incompréhension tant chez les employeurs que chez les firmes de recrutement et spécialistes en immigration. « J’ai été surprise de voir que le poste de superviseur des ventes avait été supprimé de la liste », souligne Béatrice Lemay, avocate en immigration chez Immétis. Plusieurs de ses clients sont des entreprises dans le domaine du commerce au détail, un secteur où les postes de caissiers, de vendeurs et de commis aux ventes sont très difficiles à pourvoir. « Il y a de l’incompréhension des deux côtés. C’est pourtant un secteur avec une grosse pénurie de main-d’œuvre et on s’est retrouvés avec encore moins de solutions », note-t-elle.

La profession de boulanger-pâtissier devait être rajoutée à la liste, mais elle n’y est finalement pas, bien que plusieurs propriétaires de boulangeries aient dénoncé un grave problème de recrutement l’an dernier dans Le Devoir. D’autres professions de catégorie B, comme surveillant de transport routier ou dessinatrice de mode, attendent aussi d’être réhabilitées sur la liste.

Au total, tous niveaux confondus, 71 professions, considérées comme « en déficit important de main-d’œuvre » par Québec et la Commission des partenaires du marché du travail, devaient être ajoutées sur la liste du traitement simplifié, dont la moitié avait été retirée de la liste par le gouvernement Legault lui-même.

Délais trop longs

À l’heure actuelle, faire venir un travailleur étranger est un processus qui peut prendre jusqu’à un an. Il faut d’abord que l’employeur fasse une étude d’impact sur le marché du travail afin de prouver qu’il comble un réel besoin et qu’aucun Canadien n’est disponible pour l’emploi. Cette démarche, qui coûte 1000 $ par travailleur qu’on veut faire venir, peut prendre de quatre à cinq mois. Une demande de permis de travail met autant de temps à être traitée par le fédéral.

De plus, l’employeur doit aussi avoir préalablement affiché pendant au moins un mois le poste et démontrer que personne ici n’a répondu à l’appel. Cette dernière démarche n’est toutefois pas obligatoire si la profession en question figure sur la liste de traitement simplifié. Celle-ci permet également à un employeur de faire venir autant de travailleurs qu’il veut et d’octroyer des contrats de 36 mois au lieu de 24, ce qui peut faciliter l’accès à la résidence permanente.

Ho Sung Kim, vice-président d’AURAY Sourcing Immigration, explique que la déception a été grande chez certains de ses clients qui attendaient impatiemment ces changements qui devaient contribuer à réduire les délais pour faire venir des travailleurs étrangers temporaires. « Je vois mal pourquoi on attend autant », estime-t-il. Selon lui, même si ça débloquait rapidement, il est déjà trop tard pour que les employeurs puissent faire venir des travailleurs pour la saison estivale. « Ça n’irait pas avant 2023. » Il aurait fallu que les changements à la liste soient faits à l’automne dernier, a-t-il ajouté.

Problèmes informatiques

Le ministre Jean Boulet dit avoir été informé que, si la trentaine de professions de niveau C tarde à être ajoutée à la liste, c’est qu’Emploi et Développement social Canada, qui est responsable du Programme des travailleurs étrangers temporaires, « a rencontré des enjeux informatiques » [sic]. Il demeure vague sur l’échéancier, indiquant qu’Ottawa devrait être en mesure de respecter « au cours des prochaines semaines » l’entente de principe conclue en août dernier, et qui a été annoncée de manière plus détaillée par le ministre le 1er novembre.

Lors de cette dernière annonce faite il y a quatre mois, le ministre Boulet affirmait au Devoir que ces assouplissements représentaient « la plus grande avancée du Québec en matière d’immigration temporaire » depuis 1991. Des quatre assouplissements négociés, deux ont déjà été mis en œuvre : l’exemption de l’affichage pour certaines professions demandant peu de qualifications (niveau D) a été réalisée en décembre dernier, et la hausse du seuil de 10 à 20 % de travailleurs étrangers permis pour les entreprises de certains secteurs, notamment le commerce de détail, les soins de santé et hébergement, est entrée en vigueur un mois plus tard.

Selon Ho Sung Kim, le « vrai » problème demeure les trop grands délais de traitement du gouvernement fédéral, qui gère le Programme des travailleurs étrangers temporaires. « Même si on a des assouplissements et un traitement simplifié, c’est réduire le délai de traitement du permis de travail qui va aider les entreprises. Parce que leur besoin de main-d’œuvre est déjà pour hier. »

Interrogé sur ses « problèmes informatiques », Emploi et Développement social Canada s’est contenté d’indiquer qu’il « demeure déterminé à travailler avec le Québec pour aider la province à répondre à ses besoins en main-d’œuvre tout en garantissant les droits et la protection des travailleurs ».

Source: Québec tarde à simplifier la venue de certains travailleurs temporaires en demande

Québec loin de sa cible pour les réfugiés afghans

Of note (and not blaming the feds):

Six mois après la crise en Afghanistan, Québec peine à accueillir les 300 réfugiés afghans qu’il s’était engagé à recevoir, a constaté Le Devoir. Selon des chiffres fournis par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), à peine 89 d’entre eux se sont installés au Québec dans le cadre du Programme spécial pour les Afghans qui ont aidé le gouvernement du Canada au mois d’août dernier, alors qu’ils sont plusieurs milliers dans le reste du pays.

En comparant cette opération humanitaire à celle menée pour les Syriens en 2015-2016, où plus de 5000 réfugiés syriens avaient été accueillis par le Québec, force est d’admettre qu’elle n’a pas la même ampleur, admet Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI). « C’est quand même assez décevant. En août et septembre dernier, on pensait qu’on recevrait des milliers d’Afghans, la Ville de Montréal était hypermobilisée, et finalement très peu d’Afghans sont arrivés au Québec, dit-il. Au moins, [le gouvernement] aura essayé. »

Pour toute l’année 2021, hormis les 89 venus au Québec grâce au programme spécial du fédéral, 232 Afghans ont été admis comme réfugiés dans la province, à la suite de l’aboutissement de demandes de parrainages privés déposées au cours des années précédentes. La cible du gouvernement Legault pour 2021 est de 7500 réfugiés, toutes origines confondues.

Quant au gouvernement canadien, il disait la semaine dernière qu’il travaillait « d’arrache-pied » pour atteindre sa cible de 40 000 réfugiés afghans. Or, jusqu’ici, 7885 Afghans sont arrivés, soit 4600 dans le cadre du Programme spécial pour les Afghans ayant aidé le gouvernement et 3285 grâce à un autre programme humanitaire canadien destiné aux plus vulnérables (femmes leaders, personnes LGBTI, etc.).

Rétention difficile

Selon le MIFI, les réfugiés afghans venus au Québec dans le cadre du programme de réinstallation fédéral se sont surtout installés à Montréal, Longueuil et Brossard. Malgré le fait que Sherbrooke abrite la deuxième communauté afghane en importance, à peine 11 personnes, venues grâce au programme fédéral, y ont élu domicile, mais 52 réfugiés, entrés par la « voie régulière » que constituent les parrainages, s’y sont aussi installés. Alors que les premières familles arrivaient en septembre dernier, la directrice du Service d’aide aux néo-Canadiens (SANC) de l’époque, Mercedes Orellana, reconnaissait déjà qu’un nombre moins important que prévu allait s’installer en Estrie et au Québec en général.

À l’époque, une intervenante et interprète afghane du SANC s’était rendue à Toronto à la demande du MIFI pour tenter de convaincre les nouveaux arrivants de venir s’installer au Québec. Selon Mme Orellana, il était important de vérifier si la famille avait des attaches ou un intérêt particulier à venir s’installer dans une province comme le Québec qui a ses particularités, notamment la langue française. « C’est bien de vérifier, car ça va être un facteur de rétention pour plus tard », avait-elle indiqué. À l’étranger, le Canada est plus connu que le Québec.

Le MIFI explique aussi le déficit d’attraction du Québec par la popularité de grandes villes canadiennes. « Le Québec était prêt à accueillir plus de familles, cependant, il semble qu’une part importante des personnes réfugiées afghanes arrivées à ce jour ont préféré demeurer dans la grande région de Toronto, où des membres de leurs familles ou des proches étaient déjà installés », a déclaré Émilie Vézina, porte-parole du MIFI.

Un « manque d’ambition »

Le député de Québec solidaire et porte-parole en matière d’immigration, Andrés Fontecilla, estime que la cible d’accueil fixée était trop faible et ne reflétait pas les besoins. « Trois cents personnes nous apparaissaient très peu. À 4personnes par famille, ce n’est même pas 80 familles », a-t-il dit au Devoir. Il rappelle que, l’été dernier, accueillir les Afghans au Canada était une « urgence ». « On disait qu’on allait faire immigrer le plus grand nombre possible [d’Afghans]. Le résultat est vraiment décevant. »

Le député libéral Saul Polo déplore lui aussi le « manque d’ambition » du gouvernement du Québec. « Pour avoir été en contact avec un grand nombre de personnes afghanes, à Laval, mais aussi dans d’autres villes comme Sherbrooke, je peux dire qu’elles sont déçues et frustrées du manque d’ambition du gouvernement face à la situation afghane. Il semble que le gouvernement ne tient pas compte du fait que la communauté est prête à se mobiliser pour les accueillir et les intégrer. »

C’est ce qu’aimeraient justement faire Nancy Green-Grégoire et Clothilde Parent-Chartier, toutes deux membres de Tri-Parish + Friends for Refugees, un groupe de parrainage collectif (parrainage privé). Dans une lettre ouverte publiée en septembre dernier, elles demandaient que le parrainage collectif puisse être mis à contribution pour les Afghans, ce que les plafonds imposés ne permettaient pas. « Il y a des [gens] ici qui étaient prêts à parrainer et qui voulaient réagir rapidement, comme lors de la crise syrienne, mais ce n’était pas possible », rappelle Mme Parent-Chartier, en disant voir le parrainage collectif comme étant complémentaire au parrainage de l’État.

En 2020, le groupe a notamment parrainé une famille d’Afghans, réfugiée au Pakistan, qui n’est pas encore arrivée. Il a aussi déposé, le mois dernier, trois autres dossiers d’Afghans membres d’une même famille ayant fui au Pakistan, qui n’ont pas encore réussi à obtenir un statut officiel de réfugiés. « On ne sait pas s’ils vont répondre aux critères [du MIFI]. Vont-ils pouvoir bénéficier d’un traitement particulier alors que c’est très difficile pour eux d’obtenir une preuve du Haut-commissariat aux réfugiés ? » s’inquiète Mme Parent-Chartier.

Source: Québec loin de sa cible pour les réfugiés afghans