Chris Selley: Latest outrages over Muslims give a preview of Quebec’s next referendum

Sigh:

…One might ask him the same about all manner of other religious rites parents impose upon their children, and one might even get a consistent answer. Quebec feminist icon Louise Mailloux once equated baptism and circumcision with rape. When Mailloux ran for the PQ in 2014, then leader Pauline Marois said she “respect(ed) the fact that she has that point of view.”

St-Pierre Plamondon complained, too, about a sign welcoming people to Montreal’s City Hall that features a woman wearing the hijab. “Clearly the issue of religious invasion of public space does not stop at Bedford School,” he wrote.

So, yet again, the goalposts have shifted. The old deal was if you speak French and integrate into society, you’re welcome to practice any religion you like. The more recent deal, under 2019’s Bill 21, is that if you want to wield state power for a living — as a police officer, Crown prosecutor, prison guard or teacher — then you also have to remove any religious symbols while you’re on the job.

Now the mere presence of a hijab on a little girl in a library, or anywhere in public, is problematic in Quebec.

Those who’ve always believed Bill 21 wasn’t punitive enough, including St-Pierre Plamondon, have concluded that Bill 21 must be toughened in response to the scandal at the Bedford elementary school. And it all could have been avoided if the school board had just done its bloody job.

Expect a third referendum to boil down to this: linguistic and religious freedom versus restrictions thereof. That can’t not be ugly — and it won’t work for the Yes side. The referendum would fail, and Canada would still include an even-more-divided Quebec that’s even more out of step with the rest of Canada’s concepts of linguistic and religious freedom.

Source: Chris Selley: Latest outrages over Muslims give a preview of Quebec’s next referendum

Les enseignants en francisation en ont très gros sur le coeur

Unravelling, at least partly, of francisation?

« Outré », « dégoûtée », « jeté à terre », « en colère » : les émotions sont fortes pour les enseignants en francisation, qui ont subi de nombreuses fermetures de classes dans les dernières semaines. Sortant de leur réserve habituelle, plusieurs racontent l’impression d’un « échec de toute la société » au-delà de la perte de leur emploi, comme l’exprime l’enseignante Valérie Fortier.

Des centaines de classes de francisation ont été ou sont en train d’être annulées en cours d’année dans les centres de services scolaires. Dans certaines régions, comme en Estrie et en Abitibi, des écoles de francisation ferment tous leurs services.

Le ministre québécois de l’Immigration, Jean-François Roberge, a évoqué mardi des « enjeux financiers » pour expliquer ces fermetures, se défendant de franciser moins d’immigrants cette année. C’est en fait un changement dans les règles budgétaires qui est à l’origine de cette situation. Le réseau scolaire est responsable d’environ 40 % des cours de francisation, le reste étant sous la gouverne du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI)….

Source: Les enseignants en francisation en ont très gros sur le coeur

“Outraged”, “disgusted”, “thrown to the ground”, “angry”: emotions are strong for teachers in Frenchization, who have suffered many class closures in recent weeks. Coming out of their usual reserve, many tell the impression of a “failure of the whole society” beyond the loss of their job, as expressed by teacher Valérie Fortier.

Hundreds of francization classes have been or are being canceled during the year in school service centers. In some regions, such as Estrie and Abitibi, Frenchization schools close all their services.

Quebec’s Minister of Immigration, Jean-François Roberge, spoke on Tuesday about “financial issues” to explain these closures, defending himself from Frenchizing fewer immigrants this year. It is actually a change in the budgetary rules that is at the origin of this situation. The school network is responsible for about 40% of francization courses, the rest being under the guidance of the Ministry of Immigration, Francisation and Integration (MIFI)….

ICYMI: Les annulations de cours de francisation se multiplient sur la couronne nord faute de budget

Of note:

Les réductions budgétaires en francisation du ministère de l’Éducation sèment la consternation dans la couronne nord de Montréal, qui connaît un boom d’immigration. Au Centre de services scolaire (CSS) des Mille-Îles, ce sont 90 % des cours de francisation aux adultes qui ont été annulés et une vingtaine de postes qui ont été éliminés. Quant aux étudiants, eux, ils ne savent pas vers qui ou quoi se tourner.

Depuis la semaine dernière, « c’est la panique » chez l’organisme ABL Immigration, explique son directeur intérimaire, Alain Marginean.

L’organisme de Saint-Eustache est inondé d’appels depuis que le CSS des Mille-Îles a annulé presque toute son offre de cours de francisation des adultes en cette rentrée scolaire. Seulement trois classes, plutôt que 14, ont été ouvertes, et ce, uniquement pour la moitié de l’année.

« Ça appelle en continu depuis jeudi dernier », relate M. Marginean, un cadre du réseau collégial à la retraite.

ABL Immigration organise des activités de socialisation pour les nouveaux arrivants et offre différents services de soutien — comme aider les gens à s’inscrire aux cours de francisation offerts par le CSS.

Le directeur Marginean a l’impression de retourner en arrière. « Ça dépasse mon entendement. J’en ai vu, des conneries, mais ça, ça dépasse l’entendement », dit-il à propos des réductions imposées par Québec en francisation. Car, cette année, les ministères de l’Éducation et de l’Immigration ont décidé de limiter les budgets destinés aux cours de francisation donnés par les CSS.

Des parcours et une intégration freinés

Sehriban Naman et son mari — deux réfugiés kurdes — s’apprêtaient à commencer leur classe de francisation de niveau 5 (il y en a 12) quand ils ont appris la nouvelle. Ils sont découragés. « Mon mari ne peut pas se trouver de travail parce qu’il n’a pas la langue », explique la dame.

Le couple réside à Sainte-Marthe-sur-le-Lac depuis 2023. Dans leur pays d’origine, la Turquie, les deux enseignaient. Mme Naman espère maintenant s’occuper de garde d’enfants ; son mari souhaite devenir plombier. « Pour trouver une bonne job, je dois prendre le français au niveau 5, 6 ou 7. Mais, maintenant, je ne peux pas », dit-elle.

La CSS des Mille-Îles confirme avoir dû abolir 21 postes d’enseignants en francisation cet automne. « Nous avons l’obligation de nous gouverner avec les règles budgétaires 2024-2025 du ministère de l’Éducation », a indiqué sa porte-parole par écrit. « Chacune de ces personnes a été contactée par l’équipe de direction […] et un second suivi a été fait par l’équipe des ressources humaines afin de leur offrir un autre poste. »

Dans une lettre ouverte au Devoir, des professeurs parlent de restrictions « sauvages, injustifiables et incohérentes » ordonnées par le gouvernement Legault. « Environ 250 nouveaux arrivants ne seront pas francisés cette année dans notre région. Ils devront retourner sur les listes d’attente interminables de Francisation Québec », déplorent-ils. « Si on se fie aux différentes mesures et lois mises en place pour protéger les valeurs, la langue et la culture d’ici par ce même gouvernement, c’est contre-productif. »

Les réductions décrétées par Québec touchent l’ensemble des CSS, mais l’effet sur l’offre de cours de francisation varie selon les endroits. Plus au nord des Laurentides, à Saint-Jérôme, le CSS de la Rivière-du-Nord ne rapporte aucun changement dans l’offre. Idem au CSS des Laurentides, basé à Saint-Agathe-des-Monts.

Mais à Repentigny, dans Lanaudière, le CSS des Affluents a dû réduire de 50 % son offre de cours en francisation, privant ainsi 200 élèves de cours et 20 enseignants de leur poste. Au CSS des Patriotes, basé à Saint-Bruno-de-Montarville, le nombre de cours offerts est passé de vingt l’an dernier à sept cet automne.

Plusieurs directions de CSS qui disent avoir maintenu leur offre de cours affirment toutefois qu’elles ne prendront peu ou pas en charge de nouveaux groupes. C’est entre autres le cas des CSS Marguerite-Bourgeoys (à Montréal), des Navigateurs (à Québec), des Chênes (à Drummondville) et des Hauts-Cantons (en Estrie).

D’autres, comme le CSS de Sherbrooke, tablent sur une résolution du problème cet automne, au risque de devoir fermer des classes plus tard cette année.

Des solutions de rechange limitées

Depuis le début, le gouvernement Legault défend sa décision en plaidant que la demande en francisation est trop forte. En seulement deux mois, ce printemps, le nombre d’adultes inscrits en francisation dans le réseau québécois a atteint 26 656, alors qu’on en comptait 34 060 pour tout l’exercice 2023-2024.

Or, M. Marginean plaide que des régions comme la sienne en pâtissent beaucoup plus que d’autres.

Cela fait seulement quelques années que des cours de francisation sont offerts localement à Saint-Eustache et à Saint-Thérèse, fait-il valoir, et il a fallu se battre pour les obtenir. « Ça fait trois ans qu’on a gagné ça. On n’est pas intéressés à envoyer les gens à Laval ou à Saint-Jérôme. »

Le ministère de l’Immigration avait affirmé au Devoir à la mi-août que le nouvel organisme Francisation Québec (FQ) dirigeait les étudiants déboutés vers des solutions de rechange. « L’équipe de FQ […] surveille de près les capacités de tous les partenaires, dont les CSS. Lorsqu’un centre informe avoir atteint sa capacité, l’équipe procède à un aiguillage des élèves vers d’autres partenaires ayant de la capacité, que ce soit des CSS, des cégeps, des universités ou des organismes à but non lucratif. »

« Rappelons que les services de FQ s’appuient aussi sur des cours offerts en ligne », signalait-on aussi.

Sehriban Naman a jeté un regard sur les cours offerts à Laval, mais doute de pouvoir s’y inscrire. « C’est très loin et il faut que je fasse garder mes enfants près d’ici. »

Un autre étudiant de Saint-Eustache avec qui Le Devoir s’est entretenu, Enrique (qui a demandé que l’on utilise un pseudonyme, par crainte de nuire à son dossier d’immigration), dit, quant à lui, avoir essayé les cours en ligne sans grand enthousiasme. « Personne n’aime ça », dit-il. « La francisation, c’est pas juste la langue : c’est connaître des gens, être en immersion. »

Ces derniers mois, l’homme d’origine nicaraguayenne a commencé à travailler en soirée comme opérateur de machine dans une entreprise des environs, tout en suivant des cours de francisation le jour. « C’est important de continuer les cours, dit-il, parce qu’il y a beaucoup de choses que je ne comprends pas au travail. »

Source: Les annulations de cours de francisation se multiplient sur la couronne nord faute de budget

Computer translation:

The French budget cuts of the Ministry of Education are sowing consternation in the northern crown of Montreal, which is experiencing an immigration boom. At the Centre de services scolaires (CSS) des Mille-Îles, 90% of adult francization courses were canceled and about twenty positions were eliminated. As for the students, they don’t know who or what to turn to.

Since last week, “it’s panic” at the ABL Immigration organization, explains its interim director, Alain Marginean.

The Saint-Eustache organization has been flooded with calls since the CSS des Mille-Îles canceled almost all of its offer of adult francization courses this school year. Only three classes, rather than 14, were opened, and only for half the year.

“It’s been calling continuously since last Thursday,” says Mr. Marginean, a retired college network executive.

ABL Immigration organizes socialization activities for newcomers and offers various support services — such as helping people enroll in francization courses offered by the CSS.

Director Marginean feels like he’s going back. “It’s beyond my understanding. I’ve seen some bullshit, but that’s beyond comprehension, “he says about the reductions imposed by Quebec in francization. Because, this year, the Ministries of Education and Immigration have decided to limit the budgets for francization courses given by the CSS.

Braked courses and integration

Sehriban Naman and her husband – two Kurdish refugees – were about to start their level 5 francization class (there are 12) when they heard the news. They are discouraged. “My husband can’t find a job because he doesn’t have the language,” explains the lady.

The couple has lived in Sainte-Marthe-sur-le-Lac since 2023. In their country of origin, Turkey, they both taught. Ms. Naman now hopes to take care of the child; her husband wants to become a plumber. “To find a good job, I have to take French at level 5, 6 or 7. But now I can’t,” she says.

The CSS des Mille-Îles confirms that it had to abolish 21 teacher positions in Frenchization this fall. “We have the obligation to govern ourselves with the 2024-2025 budget rules of the Ministry of Education,” his spokeswoman said in writing. “Each of these people was contacted by the management team […] and a second follow-up was made by the human resources team to offer them another position. ”

In an open letter to Le Devoir, teachers speak of “wild, unjustifiable and incoherent” restrictions ordered by the Legault government. “About 250 newcomers will not be Frenchized this year in our region. They will have to return to the endless waiting lists of Francisation Québec,” they lament. “If we rely on the various measures and laws put in place to protect the values, language and culture here by this same government, it is counterproductive. ”

The reductions decreed by Quebec affect all CSS, but the effect on the offer of francization courses varies by location. Further north of the Laurentians, in Saint-Jérôme, the CSS de la Rivière-du-Nord does not report any change in the offer. Ditto to the CSS des Laurentides, based in Saint-Agathe-des-Monts.

But in Repentigny, in Lanaudière, the CSS des Affluents had to reduce its offer of francization courses by 50%, thus depriving 200 students of classes and 20 teachers of their posts. At CSS des Patriotes, based in Saint-Bruno-de-Montarville, the number of courses offered increased from twenty last year to seven this fall.

However, several CSS managements who say they have maintained their course offerings say that they will take little or no support for new groups. This is the case, among others, of CSS Marguerite-Bourgeoys (in Montreal), Navigators (in Quebec City), Chênes (in Drummondville) and Hauts-Cantons (in the Eastern City).

Others, such as the Sherbrooke CSS, are counting on a resolution of the problem this fall, at the risk of having to close classes later this year.

Limited alternative solutions

From the beginning, the Legault government defended its decision by arguing that the demand for francization is too strong. In just two months, this spring, the number of adults registered for francization in the Quebec network reached 26,656, while there were 34,060 for the entire 2023-2024 financial year.

However, Mr. Marginean argues that regions like his suffer much more than others.

It has only been a few years that francization courses have been offered locally in Saint-Eustache and Saint-Thérèse, he argues, and it was necessary to fight to obtain them. “It’s been three years since we won that. We are not interested in sending people to Laval or Saint-Jérôme. ”

The Ministry of Immigration had told Le Devoir in mid-August that the new organization Francisation Québec (FQ) was directing rejected students to alternative solutions. “The FQ team […] closely monitors the capabilities of all partners, including CSS. When a center informs that it has reached its capacity, the team refers students to other partners with capacity, whether CSS, CEGEPs, universities or non-profit organizations. ”

“Remember that FQ services also rely on courses offered online,” it was also reported.

Sehriban Naman took a look at the courses offered in Laval, but doubts that he can register. “It’s very far and I have to have my children looked after near here. ”

Another student from Saint-Eustache with whom Le Devoir talked, Enrique (who asked for a pseudonym to be used, for fear of harming his immigration file), says he tried the online courses without much enthusiasm. “Nobody likes it,” he says. “Francization is not just language: it is knowing people, being immersed. ”

In recent months, the man of Nicaraguan origin has started working in the evening as a machine operator in a nearby company, while taking francization courses during the day. “It’s important to continue classes,” he says, “because there are many things I don’t understand at work. ”

Teachers say immigrants not to blame as Quebec links teacher shortage to newcomers

Interesting that have not seen similar stories from other provinces, the vast majority of whom have higher levels of immigrants:

Quebec’s school year started on a familiar note: thousands of teaching spots were unfilled, and the provincial government had to defend itself for its failure to solve the problem.

But as politicians continue to point to immigration — a common justification for the province’s ills — as the main culprit, education experts say newcomers are not the underlying cause of the widespread teacher shortages.

“There has been a significant increase in the number of children who need a teacher because of the explosion in the number of immigrants,” Quebec Premier François Legault told reporters last week, despite also mentioning working conditions and salaries as other reasons the education system is lacking personnel.

In mid-August, Quebec Education Minister Bernard Drainville said there were 20,000 more students enrolled than last year, about 80 per cent of whom are newcomers to the province. With about 5,700 teaching positions unfilled, he called on the federal government to “get control of the immigration process to reduce temporary immigration in Quebec, particularly asylum seekers.”

Statistics from last week showed 1,957 teaching positions across the education system had yet to be filled.

Drainville’s math, however, doesn’t add up, says Diane Querrien, professor in the department of French studies at Montreal’s Concordia University.

“Even if you go with the worst-case scenario, meaning that the 20,000 more students are all immigrants, it doesn’t make sense,” Querrien said, explaining that dividing that figure by the roughly 5,700 unstaffed positions would mean hiring one teacher for groups of only three to four students.

The Canadian Press asked the Quebec Education Department for clarity, but it did not respond to a request for comment.

Immigration, Querrien added, doesn’t explain why some outlying regions, which receive fewer immigrants than do big cities, are also short on teachers — and have been for years.

Mélanie Hubert, president of teachers union Fédération autonome de l’enseignement, says it’s true that a rise in the number of immigrant children requires more staff in French-language schools. But Quebec has done little to replace a generation of retiring teachers, she lamented.

“As long as we have a lot of people retiring and fewer people coming out of university, we’re bound to have a shortage of teachers. And that’s something we could have planned for,” she said.

“Maybe we wouldn’t be in the situation we’re in now, and we’d be able to absorb the number of students arriving from immigrant families.”

A teacher shortage is also being felt in the province’s English schools, despite the fact Quebec’s strict language laws force the vast majority of immigrants to enrol their children in the French system.

Steven Le Sueur​, president of the Quebec Provincial Association of Teachers, said the uptick in immigrant students has had “minimal” impact on Quebec’s English schools and yet they are still searching for qualified teachers. As of Friday, Le Sueur​ said 200 positions were unfilled.

Poor working conditions and low pay over the past two decades has resulted in fewer people entering teaching programs and many educators throwing in the towel shortly after they enter the system. “We’re losing 25 per cent of our new teachers within the first five years, so it’s something that needs to be addressed,” Le Sueur​ said.

University of Sherbrooke professor Philippa Parks, who studies the reasons teachers leave the profession, thinks Le Sueur​’s 25 per cent estimate might be on the conservative side; she said the statistics vary, but it could be as high as 50 per cent.

Immigration is “a drop in the bucket,” Parks said. “I think it’s a little bit of dog whistling and disingenuous here because it is one of many factors.”

The main one, she said, is teachers not getting the support and training needed in the classroom, especially after reforms bringing students with learning and physical disabilities who had previously been educated separately into the same classrooms as the general population.

The other issue, Parks says, is that teaching is no longer the middle-class profession with status it used to be. “I started teaching in 1998 and I could buy a house. I actually put down a down payment with my salary as a teacher and of course things have changed dramatically.”

Despite recent salary increases — 17.4 per cent over five years — after thousands of teachers went on strike in the province last year, Le Sueur​ and Parks say it will take time to attract more teachers to the profession and more needs to be done to make the day-to-day lives on educators easier.

University of Ottawa emeritus professor François Rocher, who researches immigration and Quebec nationalism, says the current teacher shortage is “just another example of how Coalition Avenir Québec has framed the issue of immigration.”

“Immigration has been used as a cause for many other ‘problems’ that we have seen in Quebec,” he said, adding that the CAQ has also pinned blame on immigrants for the province’s housing crisis, a decline in the use of French in Quebec and increased demands for health-care services.

Source: Teachers say immigrants not to blame as Quebec links teacher shortage to newcomers

Fréchette et Roberge comme cautions nationalistes à l’Énergie et à l’Immigration

Some analysis of the new Quebec immigration minister:

….À l’Immigration, l’arrivée de Jean-François Roberge est vue comme un moyen d’aligner les orientations du ministère avec le programme nationaliste de la Coalition avenir Québec (CAQ). Pour certains, Mme Fréchette — qui est ex-présidente-directrice générale de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal — est perçue comme étant trop près des demandes des associations patronales, qui réclament des hausses radicales des niveaux d’immigration.

Cela ne l’a pas empêchée de « livrer les commandes » qui lui ont été passées par la CAQ, observe une source du milieu économique. Ex-péquiste, Mme Fréchette avait claqué la porte du gouvernement Marois en 2014, incapable de défendre la Charte des valeurs que son parti allait proposer en campagne électorale.

Les talents de Mme Fréchette à l’Immigration ont été remarqués au bureau du premier ministre. La ministre a su calmer le jeu, surtout après le tollé causé par une affirmation de son prédécesseur. En pleine campagne électorale, en 2022, Jean Boulet avait déclaré que « 80 % des immigrants s’en vont à Montréal, ne travaillent pas, ne parlent pas français ou n’adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise ».

À l’aube d’élections fédérales, et vu l’explosion de l’immigration temporaire, les troupes de François Legault estiment que le moment est venu d’être plus revendicateur, plus « politique » dans ce ministère. Jean-François Roberge, notamment responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, apparaît tout désigné.

M. Roberge, ex-ministre de l’Éducation, fait partie de la frange nationaliste de la CAQ. « Jean-François, c’est un grand nationaliste, un enseignant, quelqu’un qui a à coeur le français », a dit à son sujet M. Legault après son assermentation. Dans ses fonctions actuelles, M. Roberge a notamment négocié une entente sur les langues officielles avec Ottawa. Quant à Christine Fréchette, elle est diplômée en administration et en relations internationales. Elle est souvent décrite comme une femme pugnace, mais discrète, capable d’obtenir les résultats qu’elle recherche….

Source: Fréchette et Roberge comme cautions nationalistes à l’Énergie et à l’Immigration

Computer translations:

…. At Immigration, the arrival of Jean-François Roberge is seen as a means of aligning the ministry’s orientations with the nationalist program of the Coalition avenir Québec (CAQ). For some, Ms. Fréchette — who is the former President and Executive Officer of the East Montreal Chamber of Commerce — is perceived as being too close to the demands of employers’ associations, which are calling for radical increases in immigration levels.

This did not prevent her from “delivering the orders” placed with her by the CAQ, observes a source from the economic community. Ex-Péquiste, Mrs. Fréchette slammed the door of the Marois government in 2014, unable to defend the Charter of Values that her party would propose in the election campaign.

Ms. Fréchette’s talents in Immigration were noticed in the Prime Minister’s office. The minister was able to calm the game, especially after the outcry caused by a statement by her predecessor. In the middle of the election campaign, in 2022, Jean Boulet said that “80% of immigrants go to Montreal, do not work, do not speak French or do not adhere to the values of Quebec society”.

On the eve of federal elections, and given the explosion of temporary immigration, François Legault’s troops believe that the time has come to be more demanding, more “political” in this ministry. Jean-François Roberge, in particular responsible for Canadian Relations and Canadian Francophonie, appears to be designated.

Mr. Roberge, former Minister of Education, is part of the nationalist fringe of the CAQ. “Jean-François is a great nationalist, a teacher, someone who cares about French,” said Mr. Legault after his oath. In his current duties, Mr. In particular, Roberge negotiated an agreement on official languages with Ottawa. As for Christine Fréchette, she has a degree in administration and international relations. She is often described as a pugnacious, but discreet woman, capable of obtaining the results she is looking for….

A related article, Le milieu de l’immigration craint que Roberge ne soit qu’un «ministre à temps partiel»

Nommer au ministère de l’Immigration Jean-François Roberge, qui détient déjà les portefeuilles de la Langue française et des Relations canadiennes, est « un choix cohérent » pour le gouvernement caquiste actuel, qui prône un nationalisme identitaire et économique et qui est engagé dans un bras de fer avec Ottawa. Mais l’Immigration est un véritable « monstre », qui demande une expertise complexe qui va au-delà des questions de langue et de main-d’oeuvre, indiquent des acteurs du milieu. M. Roberge est-il l’homme de la situation ?

« Je ne suis pas certain qu’il est très connaissant de tous les dossiers en immigration », dit Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), qui représente plus de 150 organismes communautaires. Il rappelle que, au point de vue du budget et du nombre d’employés, c’est la francisation qui occupe le plus de place au sein du ministère de l’Immigration. « J’imagine que c’est surtout ça qui va intéresser [le ministre]. On va voir. On va laisser une chance au coureur. »

M. Reichhold craint surtout que l’immigration ne reçoive pas toute l’attention qu’elle mérite. « Ce sera un ministre à temps partiel et, pour nous, c’est toujours très handicapant », dit-il. Il cite comme exemple des prédécesseurs de Christine Fréchette : Jean Boulet, qui était aussi ministre de l’Emploi, du Travail et de la Solidarité sociale, et Nadine Girault, qui avait aussi la responsabilité des Relations internationales et de la Francophonie. « Le plus gros problème, on l’a vécu avec Jean Boulet, c’est l’absence du ministre. »

Il dit toutefois avoir été bien servi avec la ministre Fréchette, dont l’immigration était l’unique responsabilité. « Elle maîtrisait bien ses dossiers, et même si on n’était pas toujours d’accord, il était possible d’avoir de bons échanges avec elle, raconte M. Reichhold. Je ne sais pas dans quelle mesure M. Roberge va être à l’écoute, mais on espère avoir de bonnes relations avec lui. »

Au début de l’année, Jean-François Roberge avait suscité l’ire de plusieurs immigrants et personnes travaillant dans le milieu en déclarant que le grand nombre de demandeurs d’asile menaçait les services et pourrait aller jusqu’à compromettre l’identité québécoise. Aura-t-il un accueil plus tiède du milieu ? « Difficile à dire », avance M. Reichhold. « Il calquait son discours sur celui du premier ministre. Ça va freiner ses ardeurs [de devenir] ministre de l’Immigration. Il va comprendre que ce n’est pas à son avantage de tenir ce type de propos. »

Le portefeuille de l’Immigration, « pas un cadeau »

Professeure adjointe au Département de science politique de l’Université de Montréal, Catherine Xhardez fait aussi remarquer que la ministre sortante avait réussi à piloter habilement les dossiers de l’Immigration pour plaire aux diverses « coalitions » — économiques, identitaires — de la Coalition avenir Québec. « Elle avait réussi à gagner le respect et la confiance de plusieurs groupes et à naviguer entre eux. C’est ça qui est le plus difficile. Ça va constituer un défi pour le nouveau ministre », dit la chercheuse spécialiste en politiques publiques et en immigration.

Le défi sera aussi de gagner la confiance des acteurs de la première ligne. « Quand on devient ministre de l’Immigration, on est confronté à toute cette complexité. C’est tellement hétéroclite. Il y a beaucoup de programmes. C’est un monstre, l’Immigration. Ce n’est pas un cadeau », constate-t-elle. C’est là une occasion pour le nouveau ministre de se plonger dans la réalité du terrain. « C’est son défi et en même temps une opportunité de gérer mieux, en synergie et de manière plus holistique », croit Mme Xhardez.

Et l’immigration, c’est beaucoup plus que de la francisation. « Pour être en mesure de négocier, il faut connaître sur le bout des doigts les programmes, les chiffres, comprendre les accords et rester compétitif par rapport au reste du Canada, et ça veut dire aussi comprendre les employeurs, le patronat, le milieu des affaires et comprendre les problèmes de terrain dans l’accueil et la disponibilité des services. »

Source: Le milieu de l’immigration craint que Roberge ne soit qu’un «ministre à temps partiel»

Appointing Jean-François Roberge, who already holds the French Language and Canadian Relations portfolios, to the Ministry of Immigration, is “a coherent choice” for the current Caquist government, which advocates identity and economic nationalism and is engaged in a tug-of-war with Ottawa. But Immigration is a real “monster”, which requires complex expertise that goes beyond language and labor issues, say actors in the field. Mr. Is Roberge the man of the situation?

“I’m not sure he’s very knowledgeable about all immigration issues,” says Stephan Reichhold, director of the Table for Concertations for Refugees and Immigrants (TCRI), which represents more than 150 community organizations. He recalls that, from the point of view of the budget and the number of employees, it is the francization that occupies the most space within the Ministry of Immigration. “I imagine that this is mainly what will interest [the minister]. We’ll see. We’ll give the runner a chance. ”

Mr. Reichhold fears above all that immigration will not receive all the attention it deserves. “It will be a part-time minister and, for us, it is always very disabling,” he says. He cites as an example Christine Fréchette’s predecessors: Jean Boulet, who was also Minister of Employment, Labour and Social Solidarity, and Nadine Girault, who was also responsible for International Relations and La Francophonie. “The biggest problem, we experienced it with Jean Boulet, is the absence of the minister. ”

However, he says he was well served with Minister Fréchette, whose immigration was the sole responsibility. “She mastered her files well, and even if we did not always agree, it was possible to have good exchanges with her,” says Mr. Reichhold I don’t know to what extent Mr. Roberge will be listening, but we hope to have good relations with him. ”

At the beginning of the year, Jean-François Roberge had aroused the ire of several immigrants and people working in the environment by stating that the large number of asylum seekers threatened the services and could go so far as to compromise Quebec identity. Will he have a lukewarm welcome from the environment? “Hard to say,” says Mr. Reichhold “He modelled his speech on that of the Prime Minister. It will curb his ardor [to become] Minister of Immigration. He will understand that it is not to his advantage to make this type of comment. ”

The Immigration portfolio, “not a gift”

Catherine Xhardez, an assistant professor in the Department of Political Science at the Université de Montréal, also notes that the outgoing minister had managed to skillfully manage immigration issues to please the various “coalitions” – economic, identity – of the Coalition avenir Québec. “She had managed to gain the respect and trust of several groups and navigate between them. That’s what’s the most difficult. It will be a challenge for the new minister, “says the researcher specializing in public policy and immigration.

The challenge will also be to gain the trust of front-line actors. “When you become Minister of Immigration, you are faced with all this complexity. It’s so heterogeneous. There are many programs. It’s a monster, Immigration. It’s not a gift,” she says. This is an opportunity for the new minister to immerse himself in the reality of the field. “This is his challenge and at the same time an opportunity to manage better, in synergy and in a more holistic way,” believes Ms. Xhardez.

And immigration is much more than francization. “To be able to negotiate, you have to know the programs, the numbers, understand the agreements and remain competitive with the rest of Canada, and it also means understanding employers, employers, the business community and understanding the field problems in the reception and availability of services. ”

‘We were ahead of the parade’: Canada is following Quebec’s lead on tightening immigration

My Quebec friends and experts, point out the hypocrisy given that Quebec also jumped on the Temporary Foreign Workers bandwagon.

With only two years experience in politics, Quebec Immigration Minister Christine Fréchette may be a political upstart, but she seems to be the spearhead of Canada’s immigration policy.

And now, with a mini cabinet shuffle likely on Thursday, François Legault could entrust her with yet another major file: the economy.

Since Fréchette took over as immigration minister in 2022, she has not been the most vocal or flamboyant minister but she has been trusted with one of her boss’s most cherished priorities. And again and again, Canada has followed Fréchette’s lead on immigration.

She was at the heart of a united front among the provinces on the asylum seekers file, she pushed Ottawa to impose a visa on Mexican nationals to enter the country and obtained a reimbursement of $750 million for the costs incurred in processing asylum seekers between 2021 and 2023.

The agreement, announced by Prime Minister Justin Trudeau and Premier François Legault in June, stung the premier of British Columbia, who denounced a double standard between Quebec and Western Canada.

“If this is a federal program to support newcomers, it needs to be in place nationally,” said Premier David Eby.

Yet since Legault became premier, the relationship between Quebec and the other provinces has rarely been as aligned on the issue.

In 2018, Legault wanted to limit the amount of immigrants Quebec takes in every year. Quebec has an accord with the feds that gives it more power than other provinces to select newcomers. The move, at the time, was criticized in the province, but also elsewhere in the country at a time when the Trudeau government had an open-arms approach to immigration.

In an interview with the National Post, Christine Fréchette underlined how her party was a “pioneer” of the idea that Canada welcomes too many immigrants and that it must review its thresholds.

“Two years ago, we were practically the only ones to hold this discourse, and the rest of Canada accused us of being too rigid and almost anti-immigration,” she said.

These days, the CAQ’s vision of immigration is gaining traction elsewhere. “We were clear-sighted in this matter. We were ahead of the parade. We were the ones who shed light on the debate with what it could generate as negative impacts for Quebec in terms of perception,” she added.

For instance, Conservatives Leader Pierre Poilievre recently said the country “needs to have a growth rate that is below the growth in housing, health care and employment.”

In the province, the Liberal Party of Quebec, which used to accuse the CAQ of blowing “on the coals of intolerance” because of its stance on immigration, has recently said it wanted more control because “under the CAQ, we saw an uncontrolled increase in new arrivals.”

Even the Liberals in Ottawa are adjusting. The Trudeau government is currently targeting about half a million new permanent residents a year, a sharp increase from about 300,000 a year when the Liberals came to power in 2015.

But Immigration Minister Marc Miller has already announced a plan to reduce the number of non-permanent immigrant by about 20 per cent over the next three years. He also wants to decrease the temporary resident population to about five per cent of Canada’s total. It currently stands at nearly seven per cent.

“Now that the rest of Canada is starting to endorse a vision that is close to that of Quebec, that we cannot open the doors without counting, I hope that this will positively change the image of Quebec,” Fréchette said.

CAQ officials even said that Fréchette’s work gave them the impression that she was Canada’s real minister of immigration.

“I think if that’s a compliment, then good for her,” said Miller in a phone call with the National Post. “I know we have a role to make things work, and I certainly have been accused, I think unfairly, of wanting to change the shape of Quebec. So maybe it’s a backwards insult to her.”

The feeling is far from unanimous in Quebec, as in Ottawa, but in both capitals, sources are quick to emphasize to what extent she is competent and in control of her files.

The vision of Quebec and how it sees the role of immigrants and immigration, in addition to its resistance towards its federal counterpart tees up “really difficult relationships,” according to Miller.

But he salutes Fréchette’s dedication in attending meetings with other provinces to make her point of view known and push for reforms.

“Whether (Fréchette is) calling the shots, (that) certainly isn’t the case,” he said.

In an interview, Fréchette said she doesn’t really feel like a federal minister, but she emphasized how effective her government has been.

She doesn’t want the federal job, saying she’s “happy that minister Miller is in charge” and that he has a lot to do in his portfolio.

However, it’s a portfolio that could quickly slip away from her. On Wednesday, Quebec’s “super minister” who oversees economic and energy issues, Pierre Fitzgibbon, confirmed he was stepping down after earlier reports sent the province into a political tizzy. “Fitz” is a key player in the plan to entice electric vehicle battery plants to Quebec that has been making headlines in the province for the past few years.

Fréchette’s name was soon circulating as a successor. A source told the National Post that she would gladly take charge of this economic file. Fréchette, who has a background in economics, is “ready for changes,” the source said.

“Be patient,” said Legault at a press conference when asked if Fréchette was on the list to succeed Fitzgibbon. He also confirmed that he would make a ministerial adjustment on Thursday in Quebec City.

Source: ‘We were ahead of the parade’: Canada is following Quebec’s lead on tightening immigration

Lisée | Le Khmer bleu

Another interesting article by Lisée. May suggest BQ is concerned about apparent increase in support of Conservatives in Quebec but his points about vitriol are valid:

Lorsque Stephen Harper a pris le pouvoir en 2006, une de ses tâches les plus délicates était de maintenir l’unité d’un caucus de 124 députés. Certains des membres provenaient de l’ancien Parti conservateur, plus centriste, d’autres de l’ancien Reform Party, plus radicalement conservateur.

Le député de Nepean-Carleton, Pierre Poilievre, avait 26 ans. Il était le plus jeune député de la Chambre. Chaque mercredi au caucus conservateur, il se présentait au micro pour prêcher la bonne parole du conservatisme fiscal.

Poilievre avait des alliés. C’est que, la veille du caucus s’était réuni un groupe de députés partageant la même vision des choses, et déterminés à coordonner leur action pour contrebalancer l’influence des centristes, ces dépensiers, ces mous, ces libéraux égarés dans la grande tente de Harper. Le groupe avait débattu du nom qu’il devait se donner. Poilievre avait suggéré le « Liberty Caucus ». D’autres avaient proposé « True Blue ». Mais le député de Saskatchewan Andrew Scheer et l’Ontarienne Cheryl Gallant se disputent la paternité du nom finalement choisi : les Khmers bleus.

L’appellation est audacieuse, car elle renvoie aux Khmers rouges, les communistes cambodgiens qui ont à leur actif d’avoir torturé et assassiné plus d’un million et demi de leurs concitoyens — 25 % de la population du pays — entre 1975 et 1979. Vous me savez charitable, je conclurai donc que ce choix n’attestait pas d’une volonté d’assassiner leurs adversaires politiques. Seulement de les torturer. Je veux dire : psychologiquement. Au fond, ils exprimaient ainsi leur penchant pour l’intransigeance idéologique. C’est déjà assez chargé, merci. Détail intéressant : Maxime Bernier en était membre.

Harper était ravi de l’existence du groupe. Selon Andrew Lawton, qui raconte cet épisode dans son récent Pierre Poilievre: A Political Life (Sutherland), le premier ministre a indiqué à un des Khmers bleus que « les Red Tories et les députés québécois [deux groupes souvent indiscernables] étaient ceux qui réclamaient le plus d’attention dans les rencontres et exerçaient par conséquent une influence disproportionnée ».

Il fallait leur faire contrepoids. Un des membres du groupe, l’Albertain Rob Anders, se souvient que les rencontres produisaient chaque fois un consensus. « Puis nous nous présentions au caucus le matin suivant pour le marteler pendant les 30 secondes allouées à chaque député ». Un des Red Tories, Peter MacKay, décrit le jeune Poilievre comme un « faucon » se jetant comme sur une proie sur toute nouvelle dépense gouvernementale. Maintenant que Pierre Poilievre est dans l’antichambre du pouvoir, un trait de caractère s’impose, aiguisé par les années qui passent : l’intransigeance. Nous sommes en présence d’un homme politique volontaire, constant, d’une intelligence vive. Mais aussi d’un homme qui devait être absent, ou distrait, ou dissident, le jour où fut enseigné l’art de la nuance. Le jour aussi où il fut question de civilité, d’empathie, de « fair-play ».

Comme les Khmers cambodgiens, mais sans leur goût pour l’hémoglobine, Poilievre est partisan de l’affrontement total, de la terre brûlée, de l’annihilation (politique) de l’ennemi. J’en tiens pour preuve qu’il n’a pas le moindre scrupule à utiliser l’insulte personnelle et le mensonge pour arriver à ses fins.

L’insulte ? Affirmer que le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, est « un vendu » et que la seule raison pour laquelle il tient le gouvernement Trudeau au pouvoir n’est pas, comme il le dit, pour assurer aux Canadiens une assurance dentaire ou des médicaments gratuits, mais pour s’assurer de toucher sa pension, relève d’une volonté de détruire une réputation. Pas un programme, pas une idéologie, pas une proposition trop coûteuse : une réputation.

Le mensonge ? Cet été, le parti de Poilievre a diffusé une publicité peignant Singh comme un élitiste aimant les montres de luxe (il en a deux, reçues en cadeau), les BMW (vrai), les vestons bien coupés (vrai) et qui a fait ses études à Beverly Hills. Oups. La publicité omet de dire que c’est Beverly Hills, dans le Michigan. La volonté de tromper l’auditeur est patente. On y apprend aussi que Singh est un vendu, car il a décidé « de se joindre à Trudeau pour augmenter les taxes, les crimes et le coût de l’habitation ». En échange, il peut rester député jusqu’en 2025 pour ainsi « toucher sa pension de deux millions de dollars ».

Une pension de deux millions ? C’est beaucoup. En fait, il ne pourra la toucher qu’en 2035. En fait, elle ne sera que de 45 000 $ par an. Pour arriver à deux millions, il faut présumer qu’il ne mourra qu’à 90 ans, ce qui est vraisemblable, mais nullement scandaleux.

Beaucoup d’énergies sont investies par Poilievre et son équipe de Khmers bleus pour détruire l’adversaire, à l’aide d’exagérations — ce qui est courant — et de mensonges — ce qui n’était pas encore normalisé dans le discours politique canadien. Poilievre est un agent de propagation de l’irrespect mutuel.

En avril dernier, à la frontière du Nouveau-Brunswick, Poilievre a vu de sa voiture un groupe de manifestants arborant un drapeau « Fuck Trudeau ». Il s’est arrêté pour les saluer et leur a dit, au sujet du premier ministre : « Tout ce qu’il dit est de la bullshit. Tout, sans exception. » Peut-on imaginer Joe Clark, Brian Mulroney, même Stephen Harper aller gaiement à la rencontre de gens portant un message aussi grossier, les encourager et manquer à ce point de respect pour leur adversaire politique ? La réponse est évidemment non.

Au moment où les Américains pourraient (j’insiste sur le conditionnel) tourner la page sur dix ans de vitriol, les Canadiens s’apprêtent, l’an prochain, à entrer dans la zone de fiel.

Source: Chronique | Le Khmer bleu

Computer translation:

When Stephen Harper took power in 2006, one of his most delicate tasks was to maintain the unity of a caucus of 124 MPs. Some of the members came from the former Conservative Party, more centrist, others from the former Reform Party, more radically conservative.

The deputy of Nepean-Carleton, Pierre Poilievre, was 26 years old. He was the youngest member of the House. Every Wednesday at the conservative caucus, he appeared at the microphone to preach the good word of fiscal conservatism.

Poilievre had allies. It is that, the day before the caucus, a group of deputies had met who shared the same vision of things, and determined to coordinate their action to counterbalance the influence of the centrists, these spendthrift, these soft, these liberals lost in Harper’s large tent. The group had debated the name it had to give itself. Poilievre had suggested the “Liberty Caucus”. Others had proposed “True Blue”. But Saskatchewan MP Andrew Scheer and Ontario Cheryl Gallant are fighting for the authorship of the name finally chosen: the Khmer Blue.

The name is bold, because it refers to the Khmer Rouge, the Cambodian communists who have tortured and murdered more than one and a half million of their fellow citizens – 25% of the country’s population – between 1975 and 1979. You know me charitable, so I will conclude that this choice did not attest to a desire to assassinate their political opponents. Only to torture them. I mean: psychologically. Basically, they expressed their penchant for ideological intransigence. It’s already busy enough, thank you. Interesting detail: Maxime Bernier was a member.

Harper was delighted with the existence of the group. According to Andrew Lawton, who recounts this episode in his recent Pierre Poilievre: A Political Life (Sutherland), the Prime Minister told one of the Khmer Blue that “the Red Tories and Quebec deputies [two often indistinguishable groups] were those who demanded the most attention in the meetings and consequently exerted disproportionate influence”.

They had to be counterweighted. One of the members of the group, the Albertan Rob Anders, remembers that the meetings produced a consensus each time. “Then we presented ourselves to the caucus the next morning to hammer it during the 30 seconds allocated to each deputy.” One of the Red Tories, Peter MacKay, describes the young Poilievre as a “hawk” throwing himself like a prey on any new government spending. Now that Pierre Poilievre is in the anteroom of power, a character trait is necessary, sharpened by the passing years: intransigence. We are in the presence of a strong-willed, constant politician with a lively intelligence. But also of a man who must have been absent, or distracted, or dissident, on the day the art of nuance was taught. Also the day when there was talk of civility, empathy, “fair play”.

Like the Cambodian Khmers, but without their taste for hemoglobin, Poilievre is a supporter of total confrontation, of the scorched earth, of the (political) annihilation of the enemy. I take it as proof that he has no qualms about using personal insult and lies to achieve his ends.

The insult? To say that the leader of the New Democratic Party (NDP), Jagmeet Singh, is “sold out” and that the only reason he holds the Trudeau government in power is not, as he says, to provide Canadians with dental insurance or free medication, but to ensure that he receives his pension, is a desire to destroy a reputation. Not a program, not an ideology, not a proposal that is too expensive: a reputation.

The lie? This summer, Poilievre’s party broadcast an advertisement painting Singh as an elitist who loves luxury watches (he has two, received as a gift), BMWs (real), well-cut jackets (true) and who studied in Beverly Hills. Oops. Advertising omits to say that it is Beverly Hills, Michigan. The desire to deceive the listener is patent. We also learn that Singh is a sold out, because he has decided “to join Trudeau to increase taxes, crimes and the cost of housing”. In exchange, he can remain a deputy until 2025 to “receive his pension of two million dollars”.

A pension of two million? That’s a lot. In fact, he will not be able to touch it until 2035. In fact, it will only be $45,000 per year. To get to two million, we must assume that he will only die at 90, which is likely, but in no way scandalous.

A lot of energy is invested by Poilievre and his team of Blue Khmers to destroy the opponent, using exaggerations – which is common – and lies – which was not yet normalized in Canadian political discourse. Poilievre is a spreading agent of mutual disrespect.

Last April, on the New Brunswick border, Poilievre saw from his car a group of demonstrators flying a “Fuck Trudeau” flag. He stopped to greet them and told them, about the Prime Minister: “Everything he says is bullshit. Everything, without exception. “Can we imagine Joe Clark, Brian Mulroney, even Stephen Harper cheerfully meeting people carrying such a rude message, encouraging them and disrespecting their political opponent so much? The answer is obviously no.

At a time when Americans could (I insist on the conditional) turn the page on ten years of vitriol, Canadians are preparing, next year, to enter the bile zone.

Les exigences en français pour les travailleurs temporaires se font attendre, Requirements in French for temporary workers are long overdue

A noter. Another government having implementation issues:

Le gouvernement de François Legault, qui avait annoncé en novembre 2023 ses intentions d’exiger une connaissance minimale du français chez les travailleurs temporaires, n’a toujours pas déposé le règlement qui le lui permettra.

Le cabinet de la ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Christine Fréchette, a confirmé mardi au Devoir ne pas avoir encore déposé les modifications réglementaires nécessaires à l’imposition de nouvelles exigences en français pour les quelque 60 000 immigrants du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) actuellement sur le territoire québécois. Un projet de règlement sera déposé « cet automne », a-t-on assuré.

Sur son site Web, vendredi, la Coalition avenir Québec (CAQ) s’était pourtant félicitée d’avoir posé « de nombreuses actions importantes […] pour mieux réguler l’immigration temporaire » depuis son arrivée au pouvoir. Parmi celles-ci : avoir « exigé la connaissance du français pour renouveler les permis de travail temporaires ».

Cela fait près de dix mois que le premier ministre, François Legault, a officialisé, en conférence de presse à Québec, ses intentions de rendre le renouvellement d’un permis de travail conditionnel à la maîtrise de la langue française.

À l’époque, la ministre Fréchette avait affirmé que les travailleurs du PTET — à l’exception de ceux qui travaillent dans les champs — devraient bientôt démontrer une connaissance de la langue de niveau quatre, c’est-à-dire être capables de « discuter avec leur entourage » de « sujets familiers ». Le gouvernement de Justin Trudeau a depuis emboîté le pas à Québec, en promettant d’appliquer les mêmes exigences aux immigrants inscrits au programme fédéral de mobilité internationale (PMI).

Après plusieurs questions du Devoir, mardi, le cabinet de la ministre de l’Immigration a finalement indiqué qu’il procéderait à la « prépublication du règlement cet automne », avec pour objectif que celui-ci entre en vigueur au cours de l’année 2025. Aucune explication n’a été fournie pour les retards constatés depuis près d’un an.

« Improvisation »

En entrevue, le porte-parole du Parti libéral du Québec (PLQ) en matière d’immigration, André A. Morin, a cependant accusé le gouvernement d’avoir « improvisé » dans le dossier. « C’est toujours le même problème avec la CAQ : des grosses annonces, puis après ça, il n’arrive rien », a-t-il déploré à l’autre bout du fil. « Pour moi, c’est un autre exemple du manque de planification et du manque de contrôle de la CAQ, que ce soit dans le domaine de l’immigration, de la francisation ou de l’intégration. »

Quoiqu’exaspéré, M. Morin se dit peu surpris d’apprendre que la mesure caquiste n’a toujours pas été mise en application. Il se permet d’ailleurs une hypothèse pour l’expliquer : « En matière de francisation, le gouvernement, actuellement, est incapable de répondre à la demande », a-t-il observé, mardi. « Il y a des gens que je connais qui veulent suivre des cours, mais qui ne sont pas appelés. »

Dans son rapport annuel déposé en mai, le commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, avait constaté d’importants retards dans l’offre de service chez Francisation Québec. À l’époque, la moitié des demandeurs attendaient toujours de suivre leur premier cours.

Interrogé mardi, le député de Québec solidaire Guillaume Cliche-Rivard a lui aussi raillé les retards du gouvernement en la matière. « Les bottines de la CAQ ne suivent pas les babines pour la protection du français », a-t-il affirmé dans une déclaration écrite.

« Ça fait des mois que les échecs de Francisation Québec font la manchette et que les travailleurs immigrants font la file pour apprendre le français. Protéger le français, ça ne passe pas seulement par des exigences, mais aussi par des résultats positifs en francisation », a-t-il lancé.

« La CAQ se vante d’être le parti qui en a le plus fait pour l’immigration francophone. Déjà qu’elle n’imposait qu’un niveau 4 aux travailleurs du PTET, on apprend que le règlement qui devait mettre cela en oeuvre n’a pas encore été déposé », a pour sa part dénoncé le porte-parole du Parti québécois en matière de langue française, Pascal Bérubé.

Son parti, a-t-il rappelé, doit déposer cet automne « un plan de réduction des immigrants temporaires afin de diminuer la pression sur le français, notamment ».

Source: Les exigences en français pour les travailleurs temporaires se font attendre

Computer translation

The government of François Legault, which had announced in November 2023 its intentions to require a minimum knowledge of French among temporary workers, has still not filed the regulation that will allow it.

The office of the Minister of Immigration, Francisation and Integration, Christine Fréchette, confirmed Tuesday to Le Devoir that she had not yet filed the regulatory amendments necessary to impose new requirements in French for the approximately 60,000 immigrants of the Temporary Foreign Worker Program (PTET) currently in Quebec territory. A draft regulation will be tabled “this fall,” it was assured.

On its website on Friday, the Coalition avenir Québec (CAQ) was pleased to have taken “many important actions […] to better regulate temporary immigration” since it came to power. Among these: having “required knowledge of French to renew temporary work permits”.

It has been almost ten months since the Prime Minister, François Legault, formalized, at a press conference in Quebec City, his intentions to renew a conditional work permit to master the French language.

At the time, Minister Fréchette had said that PTET workers – with the exception of those who work in the fields – should soon demonstrate a knowledge of the language of level four, that is, be able to “discuss with those around them” about “familiar subjects”. Justin Trudeau’s government has since followed in the footsteps of Quebec City, promising to apply the same requirements to immigrants enrolled in the federal International Mobility Program (PMI).

After several questions of the Duty, on Tuesday, the office of the Minister of Immigration finally indicated that it would proceed with the “pre-publication of the regulation this fall”, with the aim of it entering into force during the year 2025. No explanation has been provided for the delays noted for almost a year.

“Improvisation”

In an interview, the spokesperson for the Parti libéral du Québec (PLQ) on immigration, André A. Morin, however, accused the government of having “improvised” in the file. “It’s always the same problem with the CAQ: big announcements, then after that, nothing happens,” he lamented on the other end of the line. “For me, this is another example of the lack of planning and lack of control of the CAQ, whether in the field of immigration, francization or integration. ”

Although exasperated, Mr. Morin says he is not surprised to learn that the Caquist measure has still not been implemented. He also allows himself a hypothesis to explain it: “In terms of francization, the government is currently unable to respond to demand,” he observed on Tuesday. “There are people I know who want to take classes, but who are not called. ”

In his annual report submitted in May, the Commissioner for the French Language, Benoît Dubreuil, noted significant delays in the service offer at Francisation Québec. At the time, half of the applicants were still waiting to take their first course.

Asked on Tuesday, Québec solidaire MP Guillaume Cliche-Rivard also mocked the government’s delays in this regard. “The boots of the CAQ do not follow the babines for the protection of French,” he said in a written statement.

“The failures of Francisation Québec have been making headlines for months and immigrant workers have been queueing to learn French. Protecting French requires not only requirements, but also positive results in francization, “he said.

“The CAQ boasts of being the party that has done the most for Francophone immigration. Already that it imposed only level 4 on PTET workers, we learn that the regulation that was supposed to implement this has not yet been tabled, “denounced the spokesman for the French-language Party of the Quebec Party, Pascal Bérubé.

His party, he recalled, must submit this fall “a plan to reduce temporary immigrants in order to reduce the pressure on French, in particular”.

Ottawa resserre davantage que Québec le recours aux travailleurs temporaires à bas salaire

Quebec comparison:

Ottawa va resserrer l’accès aux travailleurs étrangers temporaires à bas salaire davantage que Québec. Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé trois changements en ce sens lundi matin, en marge de la retraite du cabinet fédéral, qui constituent un retour aux règles d’avant la pandémie.

Cette annonce suit celle faite par le premier ministre François Legault la semaine dernière, mais elle couvre plus large, tant géographiquement que pour les plafonds dans chaque industrie.

Québec va geler pour six mois l’accès au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) dès le 3 septembre, mais seulement pour l’île de Montréal. Les resserrements d’Ottawa entreront quant à eux en vigueur le 26 septembre et s’ajoutent à ceux déjà annoncés le printemps dernier, a évalué plus tard en matinée le ministre de l’Emploi, Randy Boissonnault.

Les mesures fédérales vont s’appliquer sans une fin déterminée : la révision du programme continue, précise plutôt le cabinet du ministre.

Les grands secteurs exemptés du resserrement fédéral seront les mêmes que ceux choisis par Québec : construction, santé, transformation alimentaire et du poisson. L’agriculture fait l’objet d’un autre volet du programme, et elle est donc également exclue.

Le « bas salaire » est défini par province selon le salaire médian, et est fixé à 27,47 $ l’heure pour le Québec.

Selon le taux de chômage

Les assouplissements ayant suivi la pandémie ont bien servi la communauté d’affaires, mais « l’économie d’aujourd’hui est différente », a dit M. Trudeau, citant l’inflation qui diminue et le chômage qui augmente.

C’est d’ailleurs le taux de chômage qui servira à déterminer les zones métropolitaines qui ne pourront plus participer au programme. Le gouvernement du Canada refusera de traiter les études d’impact sur le marché du travail (EIMT), la première étape pour les entreprises qui embauchent à l’étranger, qui concernent les villes où le taux de chômage est de 6 % ou plus.

D’après ce critère, et selon le taux de chômage au 1er juillet 2024, les villes de Laval et de Gatineau seraient exclues du programme, mais Québec ne les a pas mentionnées dans son annonce.

« Nous n’avons plus besoin d’autant de travailleurs étrangers temporaires. Nous avons besoin d’entreprises qui investissent dans la formation et les technologies, pas qui augmentent leur dépendance à une main-d’oeuvre à bas coût », a déclaré le premier ministre Trudeau. Il est temps d’investir dans les travailleurs canadiens, a-t-il rétorqué à « ceux qui se plaignent de la pénurie de main-d’oeuvre ».

C’est l’une des « pièces du casse-tête » pour faire passer de 7 % à 5 % la proportion totale d’immigrants temporaires par rapport à la population, a quant à lui déclaré le ministre de l’Immigration, Marc Miller, lors d’un point de presse tenu avec deux autres ministres, dont M. Boissonnault. D’autres mesures restent à annoncer, ont-ils précisé.

Cette proportion est d’environ 6,6 % au Québec, ce qui représente 597 000 immigrants temporaires, selon les dernières estimations de Statistique Canada.

Des plafonds différents

Le deuxième changement important constitue un autre retour en arrière : les employeurs pourront embaucher jusqu’à 10 % de leur effectif total dans le cadre du programme, comme c’était le cas de 2014 à 2022. La limite actuelle est de 20 % dans la plupart des industries.

La santé et l’agriculture ne connaissent pas de plafond à l’échelle du Canada.

Au Québec, les secteurs de la fabrication de produits en bois, de meubles et de produits connexes ainsi que les services d’hébergement et de restauration sont encore affichés à 30 % en raison de certaines exemptions.

Il y a en outre 267 professions exemptées de ces plafonds dans la province, dont une partie sont à bas salaire. Cette liste de professions s’est élargie dans les dernières années, à la demande du gouvernement Legault. L’an dernier, en dehors de l’agriculture, ce sont 63 % des dossiers de travailleurs temporaires au Québec qui sont passés par ce traitement simplifié, sans que le poste soit d’abord affiché pour les travailleurs locaux.

Le cabinet de M. Boissonnault a néanmoins confirmé que les changements s’appliqueraient au Québec, tout en disant vouloir « travailler en étroite collaboration avec le gouvernement du Québec ».

Enfin, le dernier changement annoncé lundi concerne la durée maximale d’emploi, qui passera de deux ans à un an à l’échelle du Canada.

D’autres mesures demandées

Le volet des postes à haut salaire du même programme est aussi sous la loupe du gouvernement, dans le cadre d’un examen général accéléré qui va durer 90 jours. Le cabinet discutera du nombre de résidents permanents et des possibilités d’adapter les cibles, a aussi avancé le premier ministre Trudeau.

« Le fédéral suit l’exemple de notre gouvernement, soit de réduire le nombre de travailleurs étrangers temporaires là où de la main-d’oeuvre est disponible », a quant à elle écrit sur X la ministre provinciale de l’Immigration, Christine Fréchette.

Comme la semaine dernière, elle a exhorté Ottawa à agir sur les autres résidents non permanents, en particulier sur l’autre grand programme de travail temporaire, le Programme de mobilité internationale.

Ce retour aux règles prépandémiques n’est pas sans rappeler la réforme de 2014 du même programme de travailleurs étrangers temporaires. Le fédéral déplorait alors qu’un programme de « dernier recours » n’eût pas connu assez de limites et que certains employeurs aient, « au fil du temps, bâti leur modèle d’entreprise en fonction du [PTET] ».

Dominer l’ordre du jour

Pour Catherine Xhardez, professeure de science politique à l’Université de Montréal, ce n’est pas un hasard si les deux ordres de gouvernement agissent sur les mêmes « rouages » : « Ce sont comme des boulons qu’on peut resserrer. Et c’est le PTET qui en a le plus, même s’il y a des forces contraires sur la question à savoir si on veut les resserrer ou non. »

Le gouvernement est « sous pression populaire et économique », décrit-elle, et veut montrer qu’il agit, tant à Québec qu’à Ottawa. Les deux « jouent sur ce qu’ils peuvent », le levier étant toujours les EIMT. « C’est sûr qu’il y a un effet de communication, de vouloir se mettre à l’agenda pour montrer qui avance en premier », analyse la politologue.

Les autorités ont desserré ces rouages de l’immigration temporaire durant la pandémie, tant pour relancer l’économie que pour rattraper la baisse migratoire des années 2020 à 2022. Toutefois, c’est une addition de petites mesures, « sans vision globale », qui ont été mises en places, « sans qu’on se rende compte à quel point les chiffres étaient importants », voit-elle. Il y a bel et bien eu « un recours massif pas toujours très raisonné », selon elle.

L’immigration a contribué à relancer l’économie, ont souligné MM. Boissonnault et Miller en conférence de presse. La réplique viendra donc rapidement d’un acteur important de la politique d’immigration, souligne Mme Xhardez : les employeurs.

Les employeurs catastrophés

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) n’a en effet pas tardé à réagir à cette nouvelle annonce, à l’image du mécontentement affiché la semaine dernière. « Une nouvelle tuile s’abat sur les entreprises cette semaine. Elles auront peu de temps pour s’adapter, car les changements annoncés entreront en vigueur d’ici un mois », a déclaré Karl Blackburn, président et chef de la direction du CPQ.

Les dernières prévisions économiques étant « optimistes », dit-il, la demande en travailleurs pourrait repartir à la hausse. Ce programme n’est qu’un « dernier recours », à cause de la « paperasse et des procédures » qu’il représente, indique-t-il.

Le CPQ propose par ailleurs qu’on « facilite le maillage avec les entreprises » pour développer des compétences correspondant au marché du travail, notamment celles des demandeurs d’asile.

Source: Ottawa resserre davantage que Québec le recours aux travailleurs temporaires à bas salaire

Computer translation:

Ottawa will tighten access to low-wage temporary foreign workers more than Quebec. Prime Minister Justin Trudeau announced three changes in this direction on Monday morning, on the sidelines of the retirement of the federal cabinet, which constitute a return to pre-pandemic rules.

This announcement follows the one made by Prime Minister François Legault last week, but it covers more widely, both geographically and for the ceilings in each industry.

Quebec City will freeze access to the Temporary Foreign Workers Program (PTET) for six months as of September 3, but only for the island of Montreal. The Ottawa tightening will take effect on September 26 and are in addition to those already announced last spring, assessed Employment Minister Randy Boissonnault later in the morning.

Federal measures will apply without a specific purpose: the revision of the program continues, says the Minister’s office instead.

The major sectors exempted from federal tightening will be the same as those chosen by Quebec: construction, health, food processing and fish. Agriculture is the subject of another part of the program, and it is therefore also excluded.

The “low salary” is defined by province according to the median salary, and is set at $27.47 per hour for Quebec.

According to the unemployment rate

The relaxations that followed the pandemic have served the business community well, but “today’s economy is different,” said Mr. Trudeau, citing declining inflation and rising unemployment.

It is also the unemployment rate that will be used to determine the metropolitan areas that will no longer be able to participate in the program. The Government of Canada will refuse to deal with labour market impact studies (LMIAs), the first step for companies that hire abroad, which concern cities where the unemployment rate is 6% or more.

According to this criterion, and according to the unemployment rate as of July 1, 2024, the cities of Laval and Gatineau would be excluded from the program, but Quebec did not mention them in its announcement.

“We no longer need so many temporary foreign workers. We need companies that invest in training and technology, not that increase their dependence on a low-cost workforce, “said Prime Minister Trudeau. It’s time to invest in Canadian workers, he replied to “those who complain about the shortage of labor”.

This is one of the “pieces of the puzzle” to increase the total proportion of temporary immigrants in relation to the population from 7% to 5%, said Immigration Minister Marc Miller at a press briefing with two other ministers, including Mr. Boissonnault. Other measures remain to be announced, they said.

This proportion is about 6.6% in Quebec, which represents 597,000 temporary immigrants, according to the latest estimates by Statistics Canada.

Different ceilings

The second important change is another step backwards: employers will be able to hire up to 10% of their total workforce under the program, as was the case from 2014 to 2022. The current limit is 20% in most industries.

Health and agriculture do not have a ceiling across Canada.

In Quebec, the manufacturing of wood products, furniture and related products as well as accommodation and catering services are still displayed at 30% due to certain exemptions.

There are also 267 professions exempt from these ceilings in the province, some of which are low-wage. This list of professions has expanded in recent years, at the request of the Legault government. Last year, outside agriculture, 63% of temporary worker files in Quebec went through this simplified treatment, without the position being first posted for local workers.

The office of Mr. Boissonnault nevertheless confirmed that the changes would apply to Quebec, while saying he wanted to “work closely with the government of Quebec”.

Finally, the last change announced on Monday concerns the maximum duration of employment, which will increase from two years to one year across Canada.

Other measures requested

The high-wage positions part of the same program is also under the government’s scrutiny, as part of an accelerated general review that will last 90 days. The cabinet will discuss the number of permanent residents and the possibilities of adapting the targets, Prime Minister Trudeau also said.

“The federal government is following the example of our government, namely to reduce the number of temporary foreign workers where manpower is available,” Provincial Immigration Minister Christine Fréchette wrote on X.

Like last week, she urged Ottawa to take action on other non-permanent residents, in particular on the other major temporary work program, the International Mobility Program.

This return to pre-pandemic rules is reminiscent of the 2014 reform of the same temporary foreign workers program. The federal government then deplored that a “last resort” program had not known enough limits and that some employers have, “over time, built their business model according to the [PTET]”.

Dominate the agenda

For Catherine Xhardez, professor of political science at the Université de Montréal, it is no coincidence that the two levels of government act on the same “cogs”: “They are like bolts that can be tightened. And it is the PTET that has the most, even if there are opposing forces on the question of whether we want to tighten them or not. ”

The government is “under popular and economic pressure,” she describes, and wants to show that it is acting, both in Quebec City and Ottawa. The two “play on what they can”, the lever is always the LMIAs. “It is certain that there is a communication effect, of wanting to put yourself on the agenda to show who advances first,” analyzes the political scientist.

The authorities loosened these workings of temporary immigration during the pandemic, both to revive the economy and to make up for the decline in migration from 2020 to 2022. However, it is an addition of small measures, “without a global vision”, that have been put in place, “without us realizing how important the figures were,” she sees. There was indeed “a massive recourse not always very reasoned”, according to her.

Immigration has helped to revive the economy, stressed Mess. Boissonnault and Miller at a press conference. The reply will therefore quickly come from an important player in immigration policy, stresses Ms. Xhardez: employers.

Employers devastated

The Conseil du patronat du Québec (CPQ) was indeed quick to react to this new announcement, like the discontent displayed last week. “A new tile is falling on companies this week. They will have little time to adapt, as the announced changes will take effect within a month, “said Karl Blackburn, President and CEO of the CPQ.

The latest economic forecasts being “optimistic”, he says, the demand for workers could rise again. This program is only a “last resort”, because of the “paperwork and procedures” it represents, he says.

The CPQ also proposes to “facilitate networking with companies” to develop skills corresponding to the labour market, in particular those of asylum seekers.

Le Devoir Éditorial | Sur la question de l’immigration, la stratégie des petits pas

Worth reading. Money quote: “Le dossier de l’immigration demande qu’on l’aborde avec franchise, lucidité, bienveillance et mesure. (The immigration file requires that it be approached with frankness, lucidity, benevolence and measure.)”

Lassé peut-être de vociférer son message à Ottawa sans être réellement entendu, le gouvernement du Québec a joint le geste à la parole cette semaine en annonçant deux mesures censées permettre de réduire le flux d’immigration temporaire. Un moratoire de six mois sur le programme des travailleurs étrangers temporaires à bas salaire, dans la région de Montréal ; et un projet de loi destiné à limiter le nombre d’étudiants étrangers par établissement d’enseignement.

Cette stratégie des petits pas ne contribuera pas à faire fléchir de beaucoup les tendances. Mais dans cette joute que se livrent sans résultats Québec et Ottawa sur le dossier migratoire, ce petit geste fait foi de grand symbole.

« Le fédéral ne manque pas une occasion de dire qu’il faudrait que [le Québec] donne l’exemple », a expliqué mardi le premier ministre François Legault, flanqué de sa ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Christine Fréchette. Québec a donc décidé de donner l’exemple. Responsable de 180 000 des 600 000 immigrants temporaires sis au Québec, le gouvernement de François Legault tente depuis des mois de convaincre Ottawa de l’aider à juguler les entrées, car, selon lui, elles exercent une « pression énorme » sur les services publics, la crise du logement et l’avenir du français à Montréal. Le moratoire et le projet de loi tout juste annoncés constituent l’exemple qu’offre Québec au fédéral, sur qui reposent les 420 000 autres entrées.

Les mesures annoncées ne changeront pas le portrait de manière radicale. Québec concède que le moratoire sur le programme des travailleurs étrangers temporaires à bas salaire (sous la barre des 27,47 $ l’heure) ne viserait, dans la région montréalaise ciblée, que 3500 personnes, sans plus. Quant au projet de loi visant à mieux encadrer l’entrée d’étudiants étrangers dans certains établissements, il cherche à faire diminuer le flot que représentent ces 120 000 étudiants, mais on ne sait pas de combien.

Ce geste symbolique constitue « un premier pas ». Qu’il ait des répercussions mathématiques importantes ou non, il vient confirmer une fois de plus l’encroûtement du dossier de l’immigration dans la joute Québec-Ottawa. Il révèle aussi une certaine mauvaise foi : le Québec a beau plaider aujourd’hui l’urgence nationale et faire porter le poids de plusieurs maux aux nouveaux arrivants, il ne faut pas reculer bien loin dans le temps pour constater qu’il a lui-même contribué au problème, puis a sciemment choisi d’en ignorer les incidences.

Novembre 2021. Le Devoir titre : « Québec veut stimuler l’immigration temporaire ». Sous la plume de notre journaliste spécialisée Sarah R. Champagne, une première phrase qui parle d’elle-même : « Québec presse Ottawa de faire sauter les plafonds de l’immigration temporaire. » Il y a donc moins de trois ans, l’urgence était tout autre : il s’agissait de rehausser les seuils de travailleurs étrangers temporaires dans 71 métiers et professions à bas salaire.

Les temps ont changé. Les chiffres confirment que, de 2021 à 2024, les migrants temporaires sont passés de 300 000 à 600 000. Une « explosion » que le système ne peut prendre en charge, fait valoir le premier ministre. « Ça fait mal à nos services publics [éducation et santé], ça fait mal à notre crise du logement, ça fait mal à l’avenir du français. » Même s’il se veut le plus « factuel » possible, le premier dirigeant du Québec use d’une rhétorique pour le moins glissante en laissant entendre que les engorgements que subit notre système sont le fait des nouveaux arrivants. C’est regrettable. « Je sais qu’il y en a que ça choque quand je dis ça, mais c’est factuel. »

Le gouvernement a raison d’agir pour ne pas aggraver une situation déjà sous haute tension. Il est également en droit de fouetter Ottawa pour obtenir un peu plus de soutien dans ce dossier — la régulation du nombre de demandeurs d’asile et une meilleure répartition de leur entrée sur le territoire canadien, le Québec en accueillant en ce moment plus de la moitié. Mais il est très discutable de tout faire porter sur les épaules du fédéral sans concéder sa propre part de responsabilité.

Où étaient le sentiment d’urgence et la pression intolérable sur les systèmes publics quand, au printemps 2023, en pleine étude des crédits de son propre ministère, la ministre Fréchette a choisi de rejeter la demande de l’opposition d’étendre la réflexion sur l’immigration au Québec aux travailleurs temporaires, aux étudiants étrangers et aux demandeurs d’asile, préférant se restreindre à l’immigration permanente seulement ? Où est la préoccupation pour l’avenir du français à Montréal quand on sait que la demande explose en francisation, signe d’une volonté d’intégration, mais que les budgets et l’offre sont en diminution ? Pourquoi avoir refusé de nommer la crise du logement quand il était encore temps d’agir pour en atténuer les effets ?

Gare aux envolées catastrophistes qui pourraient faire peser (trop) lourd sur les épaules des principaux intéressés. Ceux-ci ne sont coupables de rien d’autre que d’avoir voulu savoir s’il faisait bon vivre au Québec. Le dossier de l’immigration demande qu’on l’aborde avec franchise, lucidité, bienveillance et mesure.

Source: Éditorial | Sur la question de l’immigration, la stratégie des petits pas

Tired perhaps of shouting its message in Ottawa without really being heard, the Quebec government joined the gesture to the floor this week by announcing two measures supposed to reduce the flow of temporary immigration. A six-month moratorium on the low-wage temporary foreign workers program in the Montreal area; and a bill to limit the number of foreign students per educational institution.

This strategy of small steps will not help to bend trends much. But in this joust that Quebec and Ottawa are taking place without results on the migration file, this small gesture is a great symbol.

“The federal government does not miss an opportunity to say that [Quebec] should set an example,” explained Prime Minister François Legault on Tuesday, flanked by his Minister of Immigration, Francisation and Integration, Christine Fréchette. Quebec has therefore decided to set an example. Responsible for 180,000 of the 600,000 temporary immigrants in Quebec, François Legault’s government has been trying for months to convince Ottawa to help it curb entries, because, according to him, they exert “enormous pressure” on public services, the housing crisis and the future of French in Montreal. The moratorium and bill just announced are the example that Quebec offers to the federal government, on which the other 420,000 entries are based.

The measures announced will not radically change the portrait. Quebec concedes that the moratorium on the low-wage temporary foreign workers program (below $27.47 per hour) would target, in the targeted Montreal region, only 3,500 people, no more. As for the bill to better regulate the entry of foreign students into certain institutions, it seeks to reduce the flow represented by these 120,000 students, but it is not known how much.

This symbolic gesture is “a first step”. Whether it has significant mathematical repercussions or not, it confirms once again the encrusting of the immigration file in the Quebec-Ottawa joust. It also reveals a certain bad faith: although Quebec today advocates national urgency and carries the burden of several evils on newcomers, we must not go far back in time to see that it himself contributed to the problem, then knowingly chose to ignore its implications.

November 2021. Le Devoir headlines: “Quebec wants to stimulate temporary immigration”. Under the pen of our specialized journalist Sarah R. Champagne, a first sentence that speaks for itself: “Quebec urges Ottawa to blow up the ceilings of temporary immigration. So less than three years ago, the urgency was quite different: it was a question of raising the thresholds for temporary foreign workers in 71 low-wage trades and professions.

Times have changed. The figures confirm that, from 2021 to 2024, temporary migrants increased from 300,000 to 600,000. An “explosion” that the system cannot support, argues the Prime Minister. “It hurts our public services [education and health], it hurts our housing crisis, it hurts the future of French. Even if he wants to be as “factual” as possible, Quebec’s first leader uses a slippery rhetoric to say the least by suggesting that the congestions that our system undergoes are caused by newcomers. It’s regrettable. “I know it’s shocking when I say that, but it’s factual. ”

The government is right to act so as not to aggravate a situation already under high tension. He is also entitled to whip Ottawa to get a little more support in this file – the regulation of the number of asylum seekers and a better distribution of their entry into Canada, with Quebec currently welcoming more than half. But it is very questionable to put everything on the shoulders of the federal government without conceding its own share of responsibility.

Where was the feeling of urgency and intolerable pressure on public systems when, in the spring of 2023, in the middle of a study of her own ministry’s appropriations, Minister Fréchette chose to reject the opposition’s request to extend the reflection on immigration in Quebec to temporary workers, foreign students and asylum seekers, preferring to restrict herself to permanent immigration only? Where is the concern for the future of French in Montreal when we know that demand is exploding in francization, a sign of a desire for integration, but that budgets and supply are decreasing? Why did you refuse to name the housing crisis when there was still time to act to mitigate its effects?

Beware of catastrophic flights that could weigh (too) heavily on the shoulders of the main interested parties. They are not guilty of anything other than wanting to know if it was good to live in Quebec. The immigration file requires that it be approached with frankness, lucidity, benevolence and measure.