Idées | Islamophobie ou islamocécité?

Useful distinction from secularists:

Un comité de la Chambre des communes recommande que les cégeps et les universités augmentent la représentation des professeurs musulmans pour lutter contre l’islamophobie. Cette suggestion fait écho à celle d’Amira Elghawaby, représentante spéciale du Canada chargée de la lutte contre l’islamophobie. En septembre dernier, son appel avait suscité une vive réaction au Québec, et l’Assemblée nationale avait réclamé sa démission, tout comme elle l’avait fait en janvier 2023 en raison de propos jugés offensants envers les Québécois à la suite de l’adoption de la Loi sur la laïcité de l’État.

Bien que cette mesure s’inscrive dans une démarche de discrimination positive, il convient de se demander si cette discrimination, même qualifiée de « positive », est véritablement bénéfique.

Depuis l’attaque du Hamas contre Israël en octobre 2023 et la contre-offensive des troupes israéliennes dans la bande de Gaza qui se poursuit depuis, l’antisémitisme est, de façon flagrante, la forme de racisme la plus visible au pays, selon les plus récents chiffres publiés par Statistique Canada. Bien qu’ils ne représentent que 1 % de la population canadienne, les juifs ont été victimes de 70 % de tous les actes criminels haineux fondés sur la religion.

Si l’on peut compatir à la cause palestinienne, il n’en reste pas moins que cette communauté est marginale au Canada, tandis que la diaspora juive, enracinée depuis des siècles, est au cœur de notre histoire. Dans ce contexte, une représentante spéciale pour lutter contre l’antisémitisme ne serait-elle pas plus pertinente, direz-vous ?

Il appert qu’il y en a une depuis 2020. C’est Deborah Lyons qui occupe présentement le poste d’envoyée spéciale pour la préservation de la mémoire de l’Holocauste et la lutte contre l’antisémitisme. Mais d’elle, on a eu très peu d’écho.

Plus largement, nous suggérons qu’aucun poste officiel ne soit associé à une minorité particulière, afin d’éviter une fragmentation accrue de notre société.

Il est également crucial de rappeler que la religion n’est pas une race. Tandis que la foi, souvent héritée dans l’enfance, peut évoluer ou être abandonnée, la race est immuable et n’est pas sujette à choix ou à transformation. Assimiler l’islamophobie à une forme de racisme revient donc à confondre deux concepts fondamentalement différents.

Par ailleurs, si les Nations unies et la plupart des gouvernements occidentaux, y compris canadien et français, considèrent que l’islamophobie se définit par la peur, les préjugés et la haine envers l’islam et les musulmans, nous observons qu’elle cible d’abord les islamistes, ce qui est une distinction essentielle pour éviter tout amalgame.

Plusieurs figures musulmanes influentes au Canada, telles que Nadia El-Mabrouk, Ensaf Haidar et, plus récemment, Fatima Aboubakr, dénoncent d’ailleurs vigoureusement les dérives islamistes. Enfin, exprimer des préoccupations quant à une religion, en particulier quant à ses variantes intégristes, ne relève aucunement d’une « phobie ». Bien au contraire, il s’agit d’une attitude rationnelle, fondée sur une vigilance légitime et parfois salutaire.

S’il est rarement acceptable de s’en prendre à des individus, critiquer des idées ou des comportements reste légitime. Les récents actes de vandalisme commis par des groupes islamistes lors de manifestations propalestiniennes vont à l’encontre des valeurs pacifiques qui définissent le Canada. De plus, des professeurs ont été suspendus au Québec pour avoir promu des enseignements contraires aux principes de laïcité. Les prières dans des lieux publics, un autre exemple de pratique controversée, suscitent également des mesures correctives de la part du gouvernement québécois.

Le premier ministre Trudeau n’en est pas à un paradoxe près. D’une part, il se positionne comme un ardent défenseur des droits LGBTQ+ et de l’égalité des sexes. D’autre part, il s’allie régulièrement à des figures dont les discours et pratiques sont ouvertement contraires à ces valeurs fondamentales. Alors que le discours haineux est interdit au Canada, l’article 319 (3) b du Code criminel offre une exemption troublante : un discours homophobe ou sexiste peut être permis s’il s’appuie sur des motifs religieux. Cette exception, critiquée à plusieurs reprises par le ministre québécois de la Justice, révèle une contradiction profonde dans l’application des principes d’égalité et de justice.

En fin de compte, le problème du Canada ne réside pas tant dans l’islamophobie que dans l’islamocécité : une cécité volontaire et complaisante face aux dérives islamistes, qui fragilise nos principes démocratiques et compromet la défense de nos valeurs fondamentales. Refuser de confronter ces enjeux, c’est accepter de sacrifier les acquis de la liberté, de l’égalité et de la justice sur l’autel du multiculturalisme.

Romain Gagnon, David Rand, Andréa Richard, Normand Baillargeon, Francois Dugré et Michel Virard Les auteurs sont respectivement administrateur des Sceptiques du Québec et auteur d’«Et l’homme créa Dieu à son image»; président des Libres penseurs athées et auteur d’«Un simulacre de laïcité»; lauréate du prix Condorcet-Dessaulles et autrice d’«Au-delà de la religion»; membre émérite du Conseil de l’Ordre de l’excellence en éducation du Québec et auteur de «Le Québec en quête de laïcité»; administrateur du Rassemblement pour la laïcité; président de l’Association humaniste du Québec.

Source: Idées | Islamophobie ou islamocécité?

A House of Commons committee recommends that CEGEPs and universities increase the representation of Muslim professors to fight Islamophobia. This suggestion echoes that of Amira Elghawaby, Canada’s special representative for the fight against Islamophobia. Last September, her appeal aroused a strong reaction in Quebec, and the National Assembly called for her resignation, just as it did in January 2023 because of remarks deemed offensive to Quebecers following the adoption of the Act on the Secularism of the State.

Although this measure is part of a positive discrimination approach, it is important to ask whether this discrimination, even described as “positive”, is truly beneficial.

Since Hamas’ attack on Israel in October 2023 and the Israeli troops’ counter-offensive in the Gaza Strip that has continued since, anti-Semitism has been blatantly the most visible form of racism in the country, according to the most recent figures published by Statistics Canada. Although they represent only 1% of the Canadian population, Jews have been victims of 70% of all hate crimes based on religion.

While we can sympathize with the Palestinian cause, the fact remains that this community is marginal in Canada, while the Jewish diaspora, rooted for centuries, is at the heart of our history. In this context, wouldn’t a special representative to fight anti-Semitism be more relevant, you would say?

It appears that there has been one since 2020. Deborah Lyons currently holds the position of special envoy for the preservation of Holocaust memory and the fight against anti-Semitism. But from her, we had very little echo.

More broadly, we suggest that no official position be associated with a particular minority, in order to avoid increased fragmentation of our society.

It is also crucial to remember that religion is not a race. While faith, often inherited in childhood, can evolve or be abandoned, race is immutable and is not subject to choice or transformation. Assimilating Islamophobia to a form of racism therefore amounts to confusing two fundamentally different concepts.

Moreover, while the United Nations and most Western governments, including Canadian and French, consider Islamophobia to be defined by fear, prejudice and hatred towards Islam and Muslims, we observe that it targets Islamists in the first place, which is an essential distinction to avoid any amalgamation.

Several influential Muslim figures in Canada, such as Nadia El-Mabrouk, Ensaf Haidar and, more recently, Fatima Aboubakr, vigorously denounce Islamist excesses. Finally, expressing concerns about a religion, especially about its fundamentalist variants, is in no way a “phobia”. On the contrary, it is a rational attitude, based on legitimate and sometimes salutary vigilance.

If it is rarely acceptable to attack individuals, criticizing ideas or behaviors remains legitimate. The recent acts of vandalism committed by Islamist groups during pro-Palestinian demonstrations go against the peaceful values that define Canada. In addition, professors have been suspended in Quebec for promoting teaching contrary to the principles of secularism. Prayers in public places, another example of a controversial practice, also give rise to corrective measures by the Quebec government.

Prime Minister Trudeau is not at a paradox. On the one hand, he positions himself as an ardent defender of LGBTQ+ rights and gender equality. On the other hand, he regularly allies himself with figures whose speeches and practices are openly contrary to these fundamental values. While hate speech is prohibited in Canada, section 319 (3) b of the Criminal Code offers a disturbing exemption: homophobic or sexist speech may be allowed if it is based on religious motives. This exception, repeatedly criticized by the Quebec Minister of Justice, reveals a profound contradiction in the application of the principles of equality and justice.

In the end, Canada’s problem lies not so much in Islamophobia as in Islamoblindness: a voluntary and complacent blindness in the face of Islamist excesses, which weakens our democratic principles and compromises the defense of our fundamental values. To refuse to confront these issues is to accept to sacrifice the achievements of freedom, equality and justice on the altar of multiculturalism.

Bouchard: Laïcité, méfions-nous du va-t-en-guerre

Always interesting to read Bouchard, with his sensible analysis and recommendations:

Je suis fermement opposé aux pratiques qui viennent d’être exposées dans nos écoles. Elles sont nettement contraires aux valeurs de notre société et il faut y mettre fin. Mais de quelle façon ?

Parti en guerre contre l’islamisme (« On va se battre ») comme si une vague déferlait sur le Québec, M. Legault veut immédiatement sortir l’artillerie lourde : durcir la Loi sur la laïcité de l’État, l’enchâsser dans une constitution, utiliser la disposition de dérogation, « sortir » la religion des écoles et des lieux publics. Il y a certes un problème, mais une intervention précipitée, mal calibrée, pourrait l’aggraver plutôt que de le régler. Nous connaissons mal la situation, des enquêtes viennent tout juste de commencer. Voici quelques questions à considérer.

1) Quelle est l’ampleur du problème ? Gardons-nous de généraliser hâtivement. Nous savons actuellement que moins de vingt écoles sont concernées. Est-ce la pointe de l’iceberg ? Ou l’iceberg lui-même ? Qu’en est-il des 2757 établissements primaires et secondaires recensés au Québec ? Et qu’en est-il des universités et des cégeps ? Nous l’ignorons.

En passant, ce que nous savons des dérapages provient du travail des médias. Sinon, quand le public en aurait-il été informé ?

2) Quelle est la source du problème ? Les situations dénoncées peuvent être imputables à diverses causes : a) les responsables, à tous les niveaux décisionnels, en étaient informés, mais ont choisi de les cacher ; b) les responsables immédiats le savaient et ont fait leur devoir, mais leurs messages se sont « perdus » plus haut ; c) des responsables, à un niveau quelconque, ont jugé que les pratiques concernées ne méritaient pas qu’on s’y attarde ; d) des acteurs, victimes d’intimidation, se sont tus. Encore là, nous ne savons pas.

Il s’agissait peut-être de peu de choses au départ. Le problème a pu s’accentuer à la faveur de l’inaction prolongée des gestionnaires. Dans le cas de l’école Bedford, on sait que les transgressions avaient cours depuis sept ans. Il est troublant que le ministère de l’Éducation n’ait pas été saisi de ces écarts ou que, l’ayant été, il n’ait rien fait.

3) Un problème d’intégration culturelle ? Il paraît clair que des éléments très localisés (jusqu’à preuve du contraire) d’un fondamentalisme islamique s’activent dans les écoles. Fondamentalisme ? J’entends par là le fait de a) reconnaître une priorité absolue à des valeurs religieuses ; b) se fermer à tout assouplissement ; c) s’adonner à l’endoctrinement.

Ce semble être un phénomène neuf ici. Aucune mention n’en a été faite au cours des nombreuses consultations conduites auprès de la communauté scientifique et auprès du grand public par la commission que j’ai coprésidée avec Charles Taylor.

Nous faisons face à un choc culturel. Qu’il soit ou non le fait d’une nouvelle génération, il témoigne d’un rejet de valeurs primordiales promues par notre société. Nous devons mieux connaître les conditions dans lesquelles des catégories de croyants en viennent à se comporter d’une manière inacceptable dans des institutions aussi névralgiques que le système scolaire.

4) Interdire les prières en public ? Qu’entend-on exactement par là ? On parle des attroupements de fidèles accomplissant un rituel religieux sur un trottoir ou une place. Qu’est-ce qu’un attroupement : deux personnes ? Cinq ? Dix ? Visera-t-on aussi le dévot qui, devant l’oratoire Saint-Joseph, s’arrête pour faire une génuflexion et le signe de la croix ? Qu’entend-on par « lieux publics » ? Par « prières » ? Comment démêler le religieux et le spirituel ? Et qu’advient-il des droits fondamentaux ? Enfin, toutes les religions seront-elles visées ? On aura noté que le premier ministre ne parle que des « islamistes ».

Bonne chance aux spécialistes qui rédigeront les nouvelles directives. Et bonne chance à ceux et celles qui devront les appliquer.

5) « Sortir » le religieux des écoles ? Comment procédera-t-on ? Il faudra distinguer l’endoctrinement et l’enseignement des religions, statuer sur les anciens séminaires laïcisés subventionnés par l’État et qui abritent une chapelle encore active. Et si notre premier ministre est cohérent, il devra fermer les écoles religieuses. Osera-t-il le faire ? Sinon, qui le prendra au sérieux ?

Selon un texte de Radio-Canada (avril 2022), notre gouvernement subventionnerait cinquante établissements privés ayant « une vocation religieuse explicite ».

6) Quoi faire ? Comment ? Comment contrer les expressions répréhensibles de convictions profondément enracinées dans le religieux ? Cette tâche appelle de la prudence et du doigté dictés par une approche réfléchie, expérimentée. Possédons-nous les outils psychologiques et sociologiques requis ?

Nous avons un centre de prévention de la radicalisation créé par la Ville de Montréal depuis une dizaine d’années. Il a fait ses preuves, surtout à l’échelle des individus, sauf erreur. Disposons-nous d’une expertise spécifique sur le plan collectif ? Saurons-nous traiter correctement des réalités aussi complexes, potentiellement explosives ?

7) Une déchirure sociétale à la française ? Des interventions à l’emporte-pièce pourraient donner à court terme l’illusion d’un succès, mais elles pourraient aussi activer le feu qu’on voulait éteindre. Évitons, si possible, de reproduire ici la situation de la France : un clivage profond, terreau de violences, devenu ingérable.

Au premier ministre de jouer…

Quel parti va prendre M. Legault ? Cédant à l’émoi du moment et en quête d’un gain électoral facile, va-t-il choisir d’en découdre et risquer de provoquer un durcissement, d’ériger un mur ? Ou optera-t-il pour la prudence afin d’y voir plus clair avant d’agir ?

Ce texte n’est pas une invitation à la complaisance ou à la mollesse. C’est une invitation à donner une chance à la prévention (sensibilisation, mises en garde, négociations, mises au pas, sanctions au besoin) avant de recourir à l’artillerie lourde. C’est une invitation à bien baliser le parcours avant de s’y engager. Et n’excluons pas que le cadre juridique actuel, appliqué rigoureusement, puisse offrir les moyens de ramener les choses à l’ordre. C’est ce que croient plusieurs juristes.

Source: Laïcité, méfions-nous du va-t-en-guerre

I strongly oppose the practices that have just been exposed in our schools. They are clearly contrary to the values of our society and must be put to an end. But in what way?

Gone to war against Islamism (“On va se battre”) as if a wave was sweeping over Quebec, Mr. Legault immediately wants to take out the heavy artillery: toughen the Law on the Secularism of the State, enshrine it in a constitution, use the exemption provision, “take” religion out of schools and public places. There is certainly a problem, but a hasty, poorly calibrated intervention could aggravate it rather than solve it. We do not know much about the situation, investigations have just begun. Here are some questions to consider.

1) What is the extent of the problem? Let us be careful not to generalize hastily. We currently know that less than twenty schools are affected. Is this the tip of the iceberg? Or the iceberg itself? What about the 2757 primary and secondary schools identified in Quebec? And what about universities and CEGEPs? We do not know it.

By the way, what we know about skids comes from the work of the media. Otherwise, when would the public have been informed?

2) What is the source of the problem? The situations denounced can be attributed to various causes: a) those responsible, at all decision-making levels, were informed, but chose to hide them; b) the immediate officials knew it and did their duty, but their messages were “lost” above; c) those responsible, at some level, judged that the practices concerned did not deserve to be dwelling on; d) actors, victims of intimidation, fell silent. Again, we don’t know.

It may have been a few things at the beginning. The problem may have been exacerbated by the prolonged inaction of managers. In the case of the Bedford School, we know that the transgressions had been taking place for seven years. It is disturbing that the Ministry of Education has not been seized of these discrepancies or that, having been, it has done nothing.

3) A problem of cultural integration? It seems clear that very localized elements (until proven otherwise) of Islamic fundamentalism are being activated in schools. Fundamentalism? I mean a) recognizing absolute priority to religious values; b) closing to any relaxation; c) indocting indoctrination.

It seems to be a new phenomenon here. No mention of this was made during the many consultations conducted with the scientific community and with the general public by the commission that I co-chaired with Charles Taylor.

We are facing a cultural shock. Whether or not it is the fact of a new generation, it testifies to a rejection of primordial values promoted by our society. We need to better understand the conditions under which categories of believers come to behave in an unacceptable way in institutions as neuralgic as the school system.

4) Prohibit prayers in public? What exactly do we mean by that? There is talk of crowds of worshippers performing a religious ritual on a sidewalk or square. What is a crowd: two people? Five? Ten? Will we also aim at the devotee who, in front of the Saint-Joseph oratory, stops to make a genuflection and the sign of the cross? What is meant by “public places”? By “prayers”? How to disentangle the religious and the spiritual? And what happens to fundamental rights? Finally, will all religions be targeted? It will have been noted that the Prime Minister only speaks of “Islamists”.

Good luck to the specialists who will write the new guidelines. And good luck to those who will have to apply them.

5) “Take out” the religious from schools? How will we proceed? It will be necessary to distinguish the indoctrination and the teaching of religions, to rule on the old secularized seminars subsidized by the State and which house a chapel that is still active. And if our prime minister is consistent, he will have to close religious schools. Will he dare to do it? Otherwise, who will take it seriously?

According to a text from Radio-Canada (April 2022), our government would subsidize fifty private institutions with “an explicit religious vocation”.

6) What to do? How? How to counter the reprehensible expressions of convictions deeply rooted in the religious? This task calls for prudence and tact dictated by a thoughtful, experienced approach. Do we have the necessary psychological and sociological tools?

We have a radicalization prevention center created by the City of Montreal for about ten years. It has proven itself, especially at the level of individuals, unless I am mistaken. Do we have specific expertise at the collective level? Will we be able to properly deal with such complex, potentially explosive realities?

7) A French societal tear? Cookie-cutter interventions could give the illusion of success in the short term, but they could also activate the fire we wanted to put out. Let’s avoid, if possible, reproducing here the situation of France: a deep cleavage, a breeding ground for violence, which has become unmanageable.

It’s up to the Prime Minister to play…

Which side will Mr. Legault? Giving in to the emotion of the moment and in search of an easy electoral gain, will he choose to fight and risk causing a hardening, erecting a wall? Or will he opt for caution in order to see more clearly before acting?

This text is not an invitation to complacency or softness. It is an invitation to give prevention a chance (awareness, warnings, negotiations, steps, sanctions if necessary) before resorting to heavy artillery. It is an invitation to mark the course before committing to it. And let’s not rule out that the current legal framework, rigorously applied, can offer the means to bring things back to order. This is what many lawyers believe.



Québec exige la fin de l’exemption religieuse pour la propagande haineuse

Thorny issue, given some of the examples where appears needed and others where more questionable:

Ottawa a démontré peu d’ouverture à une demande du ministre de la Justice du Québec, Simon Jolin-Barrette, qui ne veut plus que le Code criminel permette à des individus de se livrer à de la propagande haineuse « sous le couvert de la foi ». Pour toute réponse, le gouvernement Trudeau a suggéré au ministre québécois de collaborer à l’avancement d’un projet de loi fédéral sur « les préjudices en ligne ».

Le ministre Jolin-Barrette a envoyé une lettre jeudi à son homologue canadien, Arif Virani, afin de lui demander d’abroger deux articles du Code criminel qui contreviennent, selon son interprétation, au principe de laïcité de l’État.

Ces articles — 319 (3) (b) et 319 (3.1) (b) — font partie d’une courte de liste d’exceptions pouvant être évoquées face à des accusations d’avoir fomenté volontairement la haine ou l’antisémitisme. Ils permettent à un accusé de se défendre en faisant valoir le fait d’avoir, « de bonne foi, exprimé une opinion sur un sujet religieux ou une opinion fondée sur un texte religieux auquel il croit », ou d’avoir « tenté d’en établir le bien-fondé par argument ».

De l’avis du ministre Jolin-Barrette, « cette justification est actuellement exploitée pour légitimer des propos discriminatoires ou incendiaires sous le couvert de la foi ». « Ce genre de discours contribue à un climat toxique, menaçant la sécurité et le bien-être des personnes visées », a-t-il écrit au ministre Virani.

Le cabinet du ministre Virani a fait suivre une réponse au Devoir. La directrice adjointe aux communications, Chantalle Aubertin, y a écrit qu’en guise d’« action décisive », Ottawa avait présenté la Loi sur les préjudices en ligne, « une mesure globale visant à lutter contre la propagation des discours haineux, tant en ligne que dans nos communautés ».

« Nous apprécions les observations du ministre Jolin-Barrette et restons déterminés à travailler ensemble pour trouver des solutions », a-t-elle ajouté. « Nous l’encourageons à collaborer avec les parlementaires afin de soutenir l’avancement de la Loi sur les préjudices en ligne en comité, garantissant ainsi que nous disposons des outils nécessaires pour combattre efficacement la haine », a ensuite suggéré Mme Aubertin….

Source: Québec exige la fin de l’exemption religieuse pour la propagande haineuse

Ottawa has shown little openness to a request from Quebec’s Minister of Justice, Simon Jolin-Barrette, who no longer wants the Criminal Code to allow individuals to engage in hateful propaganda “under the guise of faith”. For any response, the Trudeau government suggested that the Quebec minister collaborate in the progress of a federal bill on “online damage”.

Minister Jolin-Barrette sent a letter on Thursday to his Canadian counterpart, Arif Virani, asking him to repeal two articles of the Criminal Code that, according to his interpretation, contravene the principle of secularism of the State.

These articles – 319 (3) (b) and 319 (3.1) (b) – are part of a short list of exceptions that can be raised in the face of accusations of having voluntarily fomented hatred or anti-Semitism. They allow an accused to defend himself by asserting the fact that he has, “in good faith, expressed an opinion on a religious subject or an opinion based on a religious text in which he believes”, or that he has “tried to establish its merits by argument”.

In the opinion of Minister Jolin-Barrette, “this justification is currently exploited to legitimize discriminatory or incendiary remarks under the guise of faith”. “This kind of speech contributes to a toxic climate, threatening the safety and well-being of the people targeted,” he wrote to Minister Virani.

Minister Virani’s office forwarded a response to the Duty. Assistant Director of Communications, Chantalle Aubertin, wrote that as a “recisive action,” Ottawa had introduced the Online Injuries Act, “a comprehensive measure to combat the spread of hate speech, both online and in our communities.”

“We appreciate Minister Jolin-Barrette’s comments and remain determined to work together to find solutions,” she added. “We encourage her to work with parliamentarians to support the progress of the Online Damages Act in committee, thus ensuring that we have the necessary tools to effectively combat hatred,” Ms. Aubertin then suggested.

Le Devoir editorial: Le racisme vu autrement

Of note:

En définitive, Haroun Bouazzi s’est disqualifié comme porte-étendard de la lutte contre le racisme au Québec. Ce serait cependant une grave erreur de nier l’existence des disparités de traitement et des iniquités qui minent les conditions du vivre-ensemble. Le profilage racial perdure au sein de la police malgré les condamnations et les plans d’action. Le gouvernement Legault s’entête à ne pas reconnaître l’existence du racisme systémique, en jouant sur les mots, alors que des commissions d’enquête, des jugements des tribunaux supérieurs, des rapports ou études produits par des organismes gouvernementaux nomment le problème et suggèrent des mesures pour l’endiguer. L’immigration a le dos large pour expliquer les nombreuses carences du filet de sécurité sociale et les carences dans les services publics, alors qu’il s’agit de phénomènes multifactoriels. La réconciliation avec les peuples autochtones avance à reculons…

Le repli communautariste sous-jacent à l’analyse d’Haroun Bouazzi ne forme pas une base acceptable pour un débat fécond. Il faut tout de même trouver un espace pour entendre la détresse et l’inquiétude des Québécois issus de la diversité ou des Premières Nations. Ils ont droit à la pleine égalité, à leur voix discordante aussi pour dénoncer les imperfections qu’il incombe de nommer, dans un débat public qui doit demeurer vigoureux et respectueux, de part et d’autre.

Source: Le Devoir editorial: Le racisme vu autrement

.. Ultimately, Haroun Bouazzi disqualified himself as the standard-bearer of the fight against racism in Quebec. However, it would be a serious mistake to deny the existence of the disparities in treatment and inequities that undermine the conditions of living together. Racial profiling persists within the police despite convictions and action plans. The Legault government insists on not recognizing the existence of systemic racism, playing on words, while commissions of inquiry, judgments of higher courts, reports or studies produced by government agencies name the problem and suggest measures to stem it. Immigration has a broad back to explain the many deficiencies in the social safety net and the deficiencies in public services, while these are multifactorial phenomena. Reconciliation with indigenous peoples is moving backwards…

The communitarian retreat underlying Haroun Bouazzi’s analysis does not form an acceptable basis for a fruitful debate. It is still necessary to find a space to hear the distress and concern of Quebecers from diversity or First Nations. They have the right to full equality, to their discordant voice also to denounce the imperfections that must be named, in a public debate that must remain vigorous and respectful, on both sides.

Carbo | Quel gâchis! [francisation]

On the problems with Quebec’s francisation cutbacks and an interesting and creative example of advanced levels:

Le 4 avril 2024, une grosse bordée de neige s’abat sur Montréal, de celles qui nous rappellent qu’on ne peut jamais tenir le printemps pour acquis dans notre belle province. Mon collègue et moi garons tant bien que mal la voiture en face du centre de francisation William-Hingston, du Centre de services scolaire de Montréal. Nous avons rendez-vous avec les élèves du niveau 8, le niveau le plus avancé en classe de francisation. Nous y sommes attendus pour y faire de l’improvisation. Les élèves ont écrit les thèmes qui vont inspirer nos saynètes et ils pourront se joindre à nous, si le coeur leur en dit.

En grimpant les escaliers vers la salle où aura lieu notre atelier de démonstration, j’entends d’autres élèves qui parlent français entre eux avec leurs accents du bout du monde. Tous discutent de cette tempête de neige imprévue. Une élève appliquée utilise le terme « congère » et un sympathique professeur lui apprend l’expression « banc de neige ». Elle rit. Mimant la hauteur de la neige, elle demande, incertaine : « On dit un banc parce qu’on peut s’asseoir dessus ? » Le professeur acquiesce en rigolant à son tour.

Une fois dans la salle de classe, je regarde les étudiants arriver, souriants et de tous âges, venus du monde entier. On se lance sans plus tarder et on improvise devant eux en toute simplicité. Les thèmes qu’ils ont composés sont drôles, pertinents et surtout inspirants. Certains viendront même jouer avec nous. Leur maîtrise du français est impressionnante. Ils ont de jolis traits d’esprit. Faire rire dans une langue étrangère démontre une bonne connaissance de cette dernière, mais aussi plusieurs acquis en matière de références culturelles. Je sors de là ébahie par leur intelligence, leur vocabulaire et leur humour.

Je mesure tous les efforts qu’ils ont déployés pour réussir à s’intégrer dans leur société d’accueil et l’aplomb avec lequel ils parlent notre langue. Je suis aussi admirative du travail des professeurs. On peut percevoir leur engagement dans la progression de leurs apprenants et leur fierté devant leur réussite.

Si je vous raconte cette matinée dans un centre de francisation, c’est parce que l’avenir de ces lieux d’apprentissage essentiels semble menacé par les priorités budgétaires du gouvernement caquiste. Pourtant, ce gouvernement a placé le français au coeur de ses préoccupations. Il a même renforcé sa protection en adoptant la loi 96 en 2022. Cette mise à jour de la Charte de la langue française précise que tous les services publics devront être rendus en français pour tous les nouveaux arrivants et les réfugiés (sauf exception) qui sont au Québec depuis six mois. Or, six mois, même si on étudie à temps plein, c’est bien peu pour maîtriser une langue, a fortiori si on ferme des classes de francisation à proximité.

Bien sûr, le nombre d’élèves a augmenté avec le flux migratoire, mais, justement, je pense qu’il est urgent d’augmenter le financement pour la francisation et l’intégration. Malheureusement, on procède à des coupes ou à des remaniements arbitraires, ce qui, selon les estimations,laisse plus de 10 000 élèves sans rien. On estime qu’environ 113 enseignants ont perdu leur emploi. C’est une catastrophe sous plusieurs angles.

Je sais bien que la bourse de l’État n’est pas un sac magique duquel on peut faire apparaître des millions de dollars. En revanche, lorsqu’un gouvernement ne cesse de nous rappeler la fragilité du français, lorsqu’il commande des rapports sur l’évolution de la situation linguistique à l’Office québécois de la langue française ou encore qu’il demande des études sur la situation des langues parlées au Québec à l’Institut de la statistique, je m’attends à ce qu’il intervienne en amont pour contrer le déclin de notre langue commune.

En tâtant le terrain auprès d’amis qui travaillent dans l’univers de la francisation et de l’intégration, et qui observent avec scepticisme, voire avec inquiétude, les choix du ministère, j’apprends que cette branche de l’enseignement est malmenée depuis plusieurs années, et pas uniquement sous ce gouvernement. J’ai compris qu’une multitude d’activités incluses dans le programme ont disparu au fil des ans. Des expériences qui aidaient les étudiants à s’intégrer à notre culture, comme une visite de la ville de Québec, des épluchettes de blé d’Inde, de l’autocueillette de pommes, etc.

De plus, le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration semble chercher à réduire le nombre de classes physiques pour augmenter l’offre virtuelle. Mais apprendre en groupe dans un même lieu, c’est tellement plus vivant ! On peut rebondir sur ce que vient de dire le professeur, échanger de manière spontanée, participer aux discussions de corridors. On apprend mieux en classe qu’isolé devant un écran impersonnel. C’est d’ailleurs ce que me confirme mon ami, qui est lui-même professeur. Il constate que ses élèves progressent beaucoup plus rapidement lorsqu’ils sont en présentiel plutôt qu’en ligne.

Il y a fort à parier que je ne serai plus invitée à faire de l’impro dans une classe de francisation. Bien sûr, cela me rend un peu triste, mais ce qui me rend le plus furieuse, c’est de penser que ces merveilleux adultes pleins de bonne volonté et de courage, qui pourraient contribuer à notre société à leur plein potentiel, seront privés des services de professeurs compétents et motivés. Au lieu de voir un formidable investissement dans les classes de francisation, le gouvernement semble désormais y voir une vulgaire dépense. Moi, je vois là un immense gâchis.

Source: Carbo | Quel gâchis! [francisation]

On April 4, 2024, a big snow line fell on Montreal, one of those that remind us that we can never take spring for granted in our beautiful province. My colleague and I park the car in front of the William-Hingston francization center, of the Montreal School Service Center. We have an appointment with students at level 8, the most advanced level in the francization class. We are expected there to improvise. The students have written the themes that will inspire our skits and they will be able to join us, if the heart tells them.

As I climb the stairs to the room where our demonstration workshop will take place, I hear other students who speak French among themselves with their accents from the end of the world. Everyone is talking about this unexpected snowstorm. An applied student uses the term “congère” and a friendly teacher teaches her the expression “snow bench”. She laughs. Mimicking the height of the snow, she asks, uncertain: “We say a bench because we can sit on it? The teacher nods laughing in turn.

Once in the classroom, I watch the students arrive, smiling and of all ages, from all over the world. We start without further delay and improvise in front of them with ease. The themes they have composed are funny, relevant and above all inspiring. Some will even come to play with us. Their command of French is impressive. They have nice wits. Making people laugh in a foreign language demonstrates a good knowledge of the latter, but also several achievements in terms of cultural references. I leave there amazed by their intelligence, vocabulary and humor.

I measure all the efforts they have made to succeed in integrating into their host society and the aplomb with which they speak our language. I also admire the work of the teachers. We can perceive their commitment to the progress of their learners and their pride in their success.

If I tell you this morning in a francization center, it is because the future of these essential places of learning seems threatened by the budgetary priorities of the Caquist government. However, this government has placed French at the heart of its concerns. He even strengthened his protection by adopting Law 96 in 2022. This update of the Charter of the French Language specifies that all public services must be rendered in French for all newcomers and refugees (with exceptions) who have been in Quebec for six months. However, six months, even if you study full-time, is very little to master a language, especially if you close Frenchization classes nearby.

Of course, the number of students has increased with the migratory flow, but, precisely, I think it is urgent to increase funding for francization and integration. Unfortunately, arbitrary cuts or rearrangements are being carried out, which is estimated to leave more than 10,000 students with nothing. It is estimated that about 113 teachers have lost their jobs. It’s a disaster from many angles.

I know that the state exchange is not a magic bag from which you can show millions of dollars. On the other hand, when a government keeps reminding us of the fragility of French, when it orders reports on the evolution of the linguistic situation from the Office québécois de la langue française or when it requests studies on the situation of languages spoken in Quebec from the Institut de la statistique, I expect it to intervene upstream to counter the decline of our common language.

By trying the ground with friends who work in the world of francization and integration, and who observe with skepticism, even with concern, the choices of the ministry, I learn that this branch of education has been mistreated for several years, and not only under this government. I understand that a multitude of activities included in the program have disappeared over the years. Experiences that helped students integrate into our culture, such as a visit to Quebec City, Indian wheat peels, self-picking apples, etc.

In addition, the Ministry of Immigration, Francisation and Integration seems to be seeking to reduce the number of physical classes to increase the virtual offer. But learning in a group in the same place is so much more lively! We can bounce back on what the teacher has just said, exchange spontaneously, participate in corridor discussions. We learn better in class than in isolation in front of an impersonal screen. This is also what my friend confirms to me, who is himself a teacher. He notes that his students progress much faster when they are in person rather than online.

It is a safe bet that I will no longer be invited to improvise in a francization class. Of course, it makes me a little sad, but what makes me most furious is to think that these wonderful adults full of good will and courage, who could contribute to our society to their full potential, will be deprived of the services of competent and motivated teachers. Instead of seeing a formidable investment in francization classes, the government now seems to see it as a vulgar expense. I see a huge mess here.

Clark: Sprinkle a little notwithstanding on every governing headache [medical schools and mobility rights]

Clever critique:

…That implies its use should be judicious, and not an easy shortcut to a policy goal. Yet there has been a growing willingness to use it to brush aside Charter inconveniences – sometimes to replace the need to file a court appeal or draft new legislation that meets a policy objective without unreasonably infringing on Charter rights.

It’s true that Quebec’s political culture is different. For a period after the 1982 repatriation of the Constitution, the Parti Québécois government invoked the clause on every bill as a protest. There was never as much of a taboo on the use of the notwithstanding clause.

But Mr. Legault has in the past used it to override the enshrined rights in Quebec’s own Charter of Human Rights and Freedoms, too. It has become an easy reflex.

Source: Sprinkle a little notwithstanding on every governing headache

Khan: Montreal’s hijab decision shows how institutions fail to protect Muslim women 

Largely gets it right but laïcité affects other religions and religious “headgear” as well (e.g., Sikhs, Jews). Most advertising these days features ethnic diversity but less so with respect to religious diversity:

Oct. 27 marked the beginning of a hebdomadis horribilis for Muslim women in Canada, as they learned they could not depend on civil institutions to include and protect them.

Let’s begin in Montreal. Appearing on the current affairs show Tout le Monde en Parle, Montreal Mayor Valérie Plante was asked about a pencil-sketch poster featuring a hijab-clad woman standing between two men. The sign says “Welcome to city hall.” Some had expressed discomfort with the sign for showing religious garb in a municipal building. Ms. Plante acknowledged the discomfort, reiterated the laïque (lay) nature of city hall, and stated that the sign would be removed.

The Mayor’s message was clear: all people are welcome at City Hall, except if you wear a hijab. This hits deep. I arrived in Montreal at the age of three from India. I experienced first-hand the openness, inclusivity and vibrancy of a special city, which allowed me to thrive in the dynamism of a francophone culture. The decision to remove a welcome sign because it features a woman in hijab goes against everything I know and love about Montreal.

This issue is part of a larger debate in Quebec about laïcité, which is distinct from secularism. The latter has its roots in Anglo-Saxon philosophy, where the individual has inalienable rights free from state intrusion. The former has roots in the views of philosopher Jean-Jacques Rousseau, where the individual obtains freedom through the state. In secularism, the state cannot favour any one religion; in laïcité, it cannot be seen as promoting any religion. During the Quiet Revolution, Quebec society methodically removed the hegemonic influence of the Catholic Church, which was seen as particularly detrimental to women. As Quebec lurches toward institutional laïcité today, it seems unbothered that just as the Catholic Church refused to uphold, let alone acknowledge, the personal agency of women, so too does laïcité. For the target of this debate in Quebec over the past two decades has been women in hijab….

Source: Montreal’s hijab decision shows how institutions fail to protect Muslim women

Quebec schools want exemption from foreign student cap, but Immigration Minister unmoved

More on international students in Quebec:

Public post-secondary institutions in Quebec say they should be exempt from the government’s plan to cut international students, claiming it could hurt their ability to attract top talent, but the immigration minister shows no sign of backing down.

Jean-Francois Roberge said Tuesday it’s “not reasonable” to think the government could reduce the number of foreign students in Quebec without including universities and public colleges, known as CEGEPs. Last month, Roberge tabled legislation that would give the government broad discretion to cap foreign student enrolment at Quebec schools based on region, institution and program of study.

Universities and CEGEPs say the Quebec government has encouraged them to recruit more international students in recent years, especially from French-speaking countries, only to do an about-face as part of its effort to stem the flow of non-permanent residents.

They say the government should leave them alone and instead target institutions that might be abusing the system. When Roberge announced the bill, he said some private colleges were using education as “a business model to sell Quebec and Canadian citizenship.”

But on Tuesday, Roberge made clear the bill isn’t just about tackling abuse. “We know we want to reduce the number of students and do it well,” he told reporters in Quebec City. “To think we could do all that without the CEGEPs and universities being part of the equation, I think that’s not reasonable.”…

Source: Quebec schools want exemption from foreign student cap, but Immigration Minister unmoved


Le gel de l’immigration permanente, une «catastrophe», selon les experts

Meanwhile, in Quebec:

Catastrophe », « choc », « urgence » : au-delà de la confusion semée par l’annonce du quasi-gel de l’immigration permanente au Québec la semaine dernière, des experts invitent à voir le sentiment de panique qui se répand chez les immigrants.

La CAQ s’est « prise à son propre jeu » en politisant l’immigration, disent aussi deux chercheuses. Difficile maintenant d’agir en toute « cohérence » avec le discours politique, alors que les pressions économiques et humanitaires s’exercent de tous côtés, souligne par exemple Danièle Bélanger.

« C’est une catastrophe pour ces personnes qui ne peuvent plus changer de statut », remarque cette professeure à l’Université Laval et titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les dynamiques migratoires mondiales. « Il n’y a aucune allusion aux effets de tout ça sur les personnes, comme si ça n’existait pas. On corrige un peu le fichier Excel et on met ça dans le broyeur », poursuit-elle.

« On parle de personnes qui arrivent ici et jouent le jeu des règles de l’immigration. Ça implique très souvent de grands changements de vie. Puis, du jour au lendemain, ces règles changent. J’ai pu observer un fort sentiment de trahison », remarque quant à elle Capucine Coustere.

Aujourd’hui chercheuse postdoctorale à l’Institut de recherche sur les migrations et la société de l’Université Concordia, Mme Coustere a consacré sa thèse à étudier les transitions entre un statut temporaire et la résidence permanente. « Les mesures concernent largement des personnes qui sont déjà ici et vont augmenter les délais pour des personnes qui sont temporaires, avec tout ce que ça implique », dit-elle, du point de vue tant de la restriction des droits que de la précarité.

Exode canadien et « urgence »

Des observateurs ainsi que le gouvernement fédéral ont déjà souligné que les resserrements récents de l’immigration temporaire et permanente pourraient augmenter le nombre de personnes qui se retrouvent dans un cul-de-sac : certaines se tourneront vers une demande d’asile, et d’autres pourraient rester sans statut sur le territoire.

D’autres immigrants encore, qui viennent de perdre la possibilité de s’installer définitivement — du moins durant le gel —, pourraient aussi décider de partir vers les autres provinces canadiennes. Le ministre fédéral de l’Immigration, Marc Miller, a d’ailleurs rehaussé la cible d’immigration francophone dans le reste du pays.

C’est d’ailleurs déjà parmi les options que les avocats en immigration soumettent à leurs clients, dit sans détour l’avocat en immigration Patrice Brunet. « Évidemment, moi, je préfère que les bons candidats restent au Québec, mais c’est au client de choisir ce qui est dans son intérêt », note-t-il en entrevue. Les changements dans le reste du Canada « sont moins intempestifs », et l’accès à la résidence « beaucoup plus rapide et sûr ».

« En ce moment, on traite beaucoup le sujet comme des chiffres, comme des inventaires de marchandise, mais ce sont des humains », ajoute-t-il aussi.

Son équipe et lui-même en ce moment transmettent « un sentiment d’urgence » à leurs clients qui sont « extrêmement stressés », tant les particuliers que les entreprises : « Déposez aussitôt que vous êtes admissibles. On ne sait pas si à minuit le programme pourrait être suspendu pour une période indéterminée. »

Des modèles qui s’entrechoquent

L’avocat n’est pourtant pas du tout contre un modèle d’immigration souvent appelé « à deux étapes », au contraire. Obtenir la résidence permanente depuis l’étranger est un système « d’un autre temps » à ses yeux.

Il y a en effet une part croissante des résidents permanents sélectionnés à même le « bassin » de temporaires. Et Jean-François Roberge, ministre de l’Immigration du Québec, a avancé, dans toutes les annonces, vouloir raffermir cette tendance. Le fait « d’essayer » un emploi et un milieu de vie au Québec permet de mieux « aligner » les demandes des employeurs et les attentes des employés, avance M. Brunet.

«Être temporaire, c’est se fréquenter avant de se marier. Il y a moins de pression et, si ça ne marche pas, j’ai toujours l’option de repartir », dit-il.

La professeure Danièle Bélanger se dit quant à elle « très partagée » sur cette idée. Les indicateurs économiques montrent bel et bien que ceux qui font cette transition en ayant déjà vécu ici coûtent moins cher à l’État et ont un meilleur taux d’emploi ainsi que des salaires supérieurs.

« Mais, d’un point de vue humain, c’est un régime migratoire qui comporte un coût humain élevé », décrit-elle. Les immigrants temporaires, peu importe leur programme, vont endurer beaucoup de choses pour arriver à cette « carotte » de la résidence permanente : « Et ce qu’on voit maintenant est que cette carotte est extrêmement volatile », dit Mme Bélanger….

Source: Le gel de l’immigration permanente, une «catastrophe», selon les experts

Disaster”, “shock”, “emergency”: beyond the confusion sown by the announcement of the quasi-freeze of permanent immigration in Quebec last week, experts invite you to see the feeling of panic that is spreading among immigrants.

The CAQ has “taken on its own game” by politicizing immigration, two researchers also say. It is now difficult to act in complete “coherence” with political discourse, while economic and humanitarian pressures are exerted from all sides, underlines Danièle Bélanger, for example.

“It’s a disaster for those people who can no longer change their status,” says this professor at Laval University and holder of the Canada Research Chair on Global Migration Dynamics. “There is no allusion to the effects of all this on people, as if it did not exist. We correct the Excel file a little and put it in the grinder, “she continues.

“We are talking about people who come here and play the game of immigration rules. It very often involves big changes in life. Then, overnight, these rules change. I was able to observe a strong feeling of betrayal, “remarks Capucine Coustere.

Now a postdoctoral researcher at the Institute for Research on Migration and Society at Concordia University, Ms. Coustere devoted her thesis to studying the transitions between a temporary status and permanent residence. “The measures largely concern people who are already here and will increase the deadlines for people who are temporary, with all that it implies,” she says, from the point of view of both the restriction of rights and precariousness.

Canadian exodus and “emergency”

Observers and the federal government have already pointed out that the recent tightening of temporary and permanent immigration could increase the number of people who find themselves in a cul-de-sac: some will turn to an asylum application, and others could remain without status on the territory.

Still other immigrants, who have just lost the opportunity to settle permanently — at least during the freeze — may also decide to leave for other Canadian provinces. The Federal Minister of Immigration, Marc Miller, has also raised the target of Francophone immigration in the rest of the country.

It is already among the options that immigration lawyers submit to their clients, says immigration lawyer Patrice Brunet. “Obviously, I prefer that the good candidates stay in Quebec, but it’s up to the client to choose what is in his interest,” he notes in an interview. Changes in the rest of Canada “are less untimely”, and access to the residence “much faster and safer”.

“At the moment, we treat the subject a lot as numbers, as merchandise inventories, but they are human,” he also adds.

His team and himself are currently transmitting “a sense of urgency” to their customers who are “extremely stressed”, both individuals and companies: “Depose as soon as you are eligible. It is not known if at midnight the program could be suspended for an indefinite period. ”

Models that clash

However, the lawyer is not at all against an immigration model often called “two-step”, on the contrary. Obtaining permanent residence from abroad is a system “from another time” in his eyes.

There is indeed a growing share of permanent residents selected from the temporary “basin”. And Jean-François Roberge, Quebec’s Minister of Immigration, put forward, in all the announcements, that he wanted to strengthen this trend. “Trying” a job and a living environment in Quebec makes it possible to better “align” employers’ demands and employee expectations, says Mr. Brunette.

“To be temporary is to hang out before getting married. There is less pressure and, if it doesn’t work, I always have the option to leave,” he says.

Professor Danièle Bélanger says she is “very divided” on this idea. Economic indicators do show that those who make this transition having already lived here cost the state less and have a better employment rate as well as higher wages.

“But, from a human point of view, it is a migratory regime that has a high human cost,” she describes. Temporary immigrants, regardless of their program, will endure a lot to get to this “carrot” of permanent residence: “And what we see now is that this carrot is extremely volatile,” says Ms. Bélanger….

David | L’obligation de cohérence

Coherance always difficult to achieve, both within policy areas and between them:

…Jean-François Roberge s’est récrié quand on lui a demandé si son annonce était une réaction au plan de réduction présenté lundi dernier par le PQ, mais il est difficile de croire qu’il lui a fallu des semaines pour préparer le sien, qui consiste essentiellement à décréter un moratoire et à reporter les décisions difficiles au printemps.

Qu’il s’agisse d’immigration ou de laïcité, la Coalition avenir Québec est en voie d’être supplantée par le PQ sur le terrain de l’identité de la même façon qu’elle avait réussi à supplanter le Parti libéral du Québec sur celui de l’économie. La protection de cette identité ne se limite pas à la seule chicane avec Ottawa.

Le gouvernement Legault a aussi une obligation de cohérence. Il ne peut pas continuer à tenir les nouveaux arrivants pour responsables de tous les maux, de la crise du logement à celle de la DPJ, en passant par l’engorgement des hôpitaux, des écoles et des garderies, sans faire quoi que ce soit pour en limiter l’afflux.

Pour un gouvernement qui avait justifié la hausse des seuils d’immigration par un recrutement accru de francophones et la francisation des autres, il est également difficile d’expliquer pourquoi les centres de services scolaires sont forcés de fermer des classes de francisation un peu partout au Québec, faute de s’être vu attribuer des budgets suffisants.

Selon le commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, ce sont précisément les nouvelles exigences relatives à la connaissance du français imposées aux immigrants qui ont fait exploser la demande en francisation. « La demande est trop élevée parce qu’il y a trop de résidents temporaires non francophones », convient M. Roberge.

Malheureusement, la cohérence et les intérêts politiques ne font pas toujours bon ménage. Quand les porte-parole des entreprises, particulièrement en région, vont faire le siège des députés caquistes et leur expliquer qu’elles risquent de fermer si on les prive de leur main-d’oeuvre immigrante, M. Legault en arrivera peut-être à la conclusion qu’une baisse analogue à celle qu’a décrétée Ottawa est finalement bien assez grosse.

Source: David | L’obligation de cohérence

.. Jean-François Roberge cried out when asked if his announcement was a reaction to the reduction plan presented last Monday by the PQ, but it is difficult to believe that it took him weeks to prepare his, which essentially consists of decreeing a moratorium and postponing difficult decisions to the spring.

Whether it is immigration or secularism, the Coalition avenir Québec is in the process of being supplanted by the PQ in the field of identity in the same way that it had succeeded in supplanting the Quebec Liberal Party on the economy. The protection of this identity is not limited to the chicane with Ottawa alone.

The Legault government also has an obligation of consistency. He cannot continue to hold newcomers responsible for all ills, from the housing crisis to that of the DPJ, through the congestion of hospitals, schools and daycare centers, without doing anything to limit the influx.

For a government that had justified the increase in immigration thresholds by increased recruitment of Francophones and the francization of others, it is also difficult to explain why school service centers are forced to close francization classes throughout Quebec, for lack of sufficient budgets.

According to the Commissioner for the French Language, Benoît Dubreuil, it was precisely the new requirements for the knowledge of French imposed on immigrants that caused the demand for francization to explode. “Demand is too high because there are too many non-French-speaking temporary residents,” agrees Mr. Roberge.

Unfortunately, consistency and political interests do not always go well together. When the spokespersons of companies, especially in the regions, go to besiege the Caquist deputies and explain to them that they risk closing if they are deprived of their immigrant workforce, Mr. Legault may come to the conclusion that a decline similar to the one decreed by Ottawa is ultimately quite large.