Quebec election: Immigration becomes political fodder as parties spar over ‘capacity’

More takes on the Quebec immigration election debates. Appears, however, that immigration has receded somewhat as a focus of the campaign. But the hope of the Conseil du patronat for discussions “in a calm, factual and rational way” is likely a stretch:

The head of a major employers’ group in Quebec says an election campaign is not the time to have a serious discussion about immigration.

Campaign slogans and political messages aren’t suited for rational conversations about how newcomers contribute positively to the economy, Karl Blackburn, president and CEO of the Conseil du patronat du Québec, said in a recent interview.

“And we are very much aware that these are sensitive issues, particularly around language,” Blackburn said.

But three weeks in, party leaders have not shied away from putting immigration front and centre in the Quebec campaign. The debate has so far been su

Blackburn, meanwhile, says Quebec has the capacity — and desperately needs — to accept up to 100,000 immigrants a year in order to address labour shortages that are negatively affecting the quality, price and availability of goods and services across Quebec. That number is a non-starter for Legault, whose party has a commanding lead in the polls and who wants to keep the level of immigrants at 50,000 per year — the maximum, he says, that Quebec can integrate properly and teach French.

Political scientists and economists, however, say there isn’t any research that offers definitive answers to the question of how many immigrants a society — including Quebec — can welcome.

For Pierre Fortin, professor emeritus of economics at Université du Québec à Montréal, Blackburn’s number is “wacky” and would bring “administrative chaos” to society. Increasing immigration levels to more than 80,000 a year, he said, risks creating “xenophobia and racism” toward immigrants and pushing voters into the arms of people who would drastically cut the number of newcomers to the province.

But Mireille Paquet, political science professor at Concordia University, strongly challenged that theory, adding that the research is inconclusive.

“What we know for sure,” she said, “is that what causes the backlash (against immigrants) is not, per se, the number of immigrants but feelings of insecurity in the non-immigrant population, and that feeling can be brought up by public policies, such as cutting social services … it’s something politicians can address,” she said in a recent interview.

Paquet said the idea that there is a limited “capacity to integrate” is often touted by restrictionists and people on the right as a reason to curtail immigration. The debate, she said, should not be around the rate of arrival or the number of annual immigrants, but on what the government is going to do to ease feelings of insecurity in the local population.

“It also depends on what is our expectation of integration,” she said. “What is good integration? That has changed over time, and that will continue to change.”

The debate over immigration during the election campaign has also focused on whether more newcomers would help solve the labour shortages plaguing the province. 

Parti Québécois Leader Paul St-Pierre Plamondon says it won’t, and he is promising to cut immigration to 35,000 a year and only accept people who already speak French. The Liberals’ number is 70,000 newcomers a year, and Québec solidaire says it wants to accept up to 80,000 immigrants a year in order to have enough people to help build its ambitious climate change projects.

Fortin is adamant that immigrants do not address labour shortages but could even exacerbate them. Even if a company solves its labour problems by hiring foreigners, he said, those newcomers will be looking to spend money, consume services and products, seek health care, and enrol their children in school.

That extra spending creates demand and requires more production from Quebec companies, Fortin said. “You solve a shortage in one area and it reappears in another.”

His solution, however, is not politically palatable — especially during an election campaign. The only way to solve labour shortages, he said, is to increase unemployment.

Blackburn, for his part, is calling on whichever party wins on Oct. 3 to convene a forum with stakeholders to discuss — in a calm, factual and rational way — the best way to address the labour shortages that he says are causing billions in dollars of losses to companies across the province.

“We should not see immigrants as consumers of public services,” Blackburn said. “They are here to contribute to the economic vitality of Quebec.”

Source: Quebec election: Immigration becomes political fodder as parties spar over ‘capacity’

Le malentendu sur l’impact économique de l’immigration

A relatively rare article on Quebec immigration that focuses more on the economics than the existential jurisdictional issues, and one that counters many of the false arguments in favour of ongoing increases in immigration levels:

Du point de vue économique, l’immigration n’est pas la catastrophe que certains prétendent ni la panacée que d’autres espèrent, préviennent des experts. En fait, disent-ils, elle aurait finalement assez peu d’impacts sur l’économie en général et sur la pénurie de main-d’œuvre en particulier.

François Legault a soulevé un tollé cette semaine en déclarant que si le Québec n’obtenait pas plus de pouvoirs d’Ottawa en immigration, il risquait le même sort que la Louisiane en matière de défense du français. Il a également fermé la porte à l’idée d’augmenter le seuil annuel d’immigration de 50 000 à 58 000. « On pense qu’on a atteint la capacité d’intégration », a déclaré le premier ministre.

En fait, le Québec accueille déjà bien plus d’immigrants que cela chaque année, a rappelé l’Institut du Québec dans une étude mercredi. Si on tient compte de l’immigration temporaire, on parlait même d’un gain record de presque 93 500 nouveaux arrivants en 2019. Or, les besoins de main-d’œuvre sont tellement grands au Québec que cela n’a pas empêché, au fil des ans, une amélioration spectaculaire de l’intégration économique des immigrants reçus. Elle se voit notamment par le recul marqué de leur retard en matière de taux d’emploi et de rémunération par rapport aux autres travailleurs.

Ces faits montrent bien l’ampleur des besoins de l’économie québécoise, qui est aux prises avec un vieillissement marqué de la population, avait fait valoir le mois dernier le Conseil du patronat dans un livre blanc sur l’immigration. « Nous faisons face à une pénurie de main-d’œuvre sans précédent, mais nous ne nous donnons pas toutes les chances de la surmonter », avait déclaré son président et chef de la direction, Karl Blackburn, avant d’en appeler notamment au rehaussement des seuils d’immigration permanente « à au moins 80 000 personnes par année pour les quatre prochaines années ».

Impact modeste

Tous ces débats tendent à exagérer l’impact de l’immigration sur l’économie en général et sur la pénurie de main-d’œuvre en particulier, observe l’économiste émérite de l’Université du Québec à Montréal Pierre Fortin dans un mémoire d’une quarantaine de pages réalisé à la demande du ministère de l’Immigration du Québec.

Se basant sur des synthèses de la recherche ainsi que sur de nouvelles analyses de son cru, il constate d’abord qu’il « n’existe aucune preuve scientifique que la croissance du niveau de vie des Canadiens réagirait positivement (ou négativement) à une expansion accélérée de l’immigration ». C’est que ce niveau de vie ne dépend pas seulement de l’augmentation du produit intérieur brut (PIB) que génère mécaniquement une hausse du nombre de travailleurs, mais aussi de l’augmentation du PIB par habitant. Or, la taille de la population et le poids qu’y occupe l’immigration ont, à terme, une influence nulle sur la croissance de cette richesse par habitant.

L’immigration n’a pas non plus la capacité d’altérer substantiellement l’actuel vieillissement de la population canadienne, dit Pierre Fortin, citant une étude de l’Institut C.D. Howe. D’abord parce que les immigrants finissent eux aussi par vieillir, comme tout le monde, et aussi parce qu’ils font souvent venir leurs parents auprès d’eux. En fait, pour stopper la hausse constante de la proportion des 65 ans et plus dans la population, avait estimé C.D. Howe, il faudrait tripler les cibles annuelles d’immigration au Canada pour 2024, en les faisant passer de 451 000 à 1,4 million de personnes.

Enfin, si l’accueil de travailleurs étrangers peut répondre aux besoins urgents et particuliers de certaines entreprises, l’immigration, en général, ne peut avoir qu’un effet globalement modeste sur le problème de pénurie de main-d’œuvre, ont constaté des experts. C’est que les immigrants qui viennent occuper des postes vacants deviennent aussi des consommateurs et finissent, « à l’autre bout du circuit économique », par stimuler la demande de travailleurs en retour.

Au-delà de l’économie

Et il n’y a pas que des considérations économiques, bien sûr, souligne Pierre Fortin. Il faut aussi tenir compte du poids démographique du Québec dans le Canada, de la défense du fait français et du risque de dérapage xénophobe.

« Cela dit, l’immigration doit progresser. Elle est une formidable source de renouvellement et de progrès culturel et humain. Elle rend possible une société plus diversifiée, dynamique et ouverte au monde. Elle est notre contribution au combat mondial contre les inégalités de revenu et de richesse », conclut néanmoins l’économiste dans son mémoire. « Mais il faut comprendre que l’immigration optimale n’est pas l’immigration maximale. »

Source: Le malentendu sur l’impact économique de l’immigration

Dutrisac: De grandes ambitions postnationales [Immigration and Quebec]

Regarding the medium and longer-term impact of increased immigration in the rest of Canada in contrast to relatively static numbers for Quebec, along with some of the fallacies that characterize the government’s reliance on high immigration levels to strengthen the economy and address an aging population.

Le gouvernement Trudeau voudrait bien que le Québec hausse ses seuils d’immigration pour qu’ils se rapprochent des cibles canadiennes, puisqu’Ottawa compte accueillir un nombre record d’immigrants au cours des prochaines années.


Dans une entrevue accordée au Devoir mercredi, le nouveau ministre fédéral de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Sean Fraser, a voulu encourager le Québec à augmenter le nombre d’immigrants qu’il reçoit. « Je crois que le Québec est conscient du besoin de recourir à l’immigration pour s’assurer que les entreprises trouvent des travailleurs », a-t-il déclaré.

Juste avant l’arrivée des libéraux de Justin Trudeau au pouvoir, en 2015, le nombre d’immigrants admis au Canada, sous le gouvernement Harper, variait entre 250 000 et 260 000 par an. En 2019, avant la pandémie, ce nombre était passé à 341 000. Après une chute à 184 000 immigrants en 2020 en raison de la pandémie, les seuils repartent à la hausse pour atteindre 401 000 cette année, 411 000 en 2022 et 421 000 en 2023. Ces derniers chiffres tiennent compte d’un certain rattrapage, mais l’intention, c’est de devenir le gouvernement canadien le plus ambitieux de tous les temps en matière d’immigration, comme l’a signalé le ministre Fraser.

Au Canada anglais, l’organisme Century Initiative tente de convaincre le gouvernement Trudeau d’admettre graduellement de plus en plus d’immigrants pour atteindre les 500 000 en 2026, avec comme objectif ultime de faire passer la population canadienne de 38,5 millions à 100 millions en 2100. Le Canada serait plus fort et aurait plus d’influence sur le plan mondial, avance ce groupe de pression, les Canadiens seraient plus riches, les coffres de l’État seraient mieux garnis, les pénuries de main-d’œuvre ne seraient qu’un mauvais souvenir et le vieillissement de la population serait stoppé.

Ces représentants de l’intelligentsia canadienne-anglaise ne sont pas les seuls à croire que l’admission débridée d’immigrants contribuera à accroître la richesse du pays et à réduire le vieillissement de la population. C’est le discours que tient généralement le milieu des affaires.

Or, comme l’ont montré les chercheurs Parisa Mahboubi et Bill Robson, de l’Institut C.D. Howe, cités par l’économiste Pierre Fortin, l’effet de l’immigration sur le vieillissement de la population est marginal. C’est plutôt la participation accrue des travailleurs de 60 ans et plus, comme au Japon, par exemple, qui est le moyen le plus susceptible de réduire les effets du vieillissement sur le marché du travail et les finances publiques.

À Ottawa, on n’hésite pas à lier l’immigration à un accroissement de la richesse du pays. À cet égard, il ne faut pas oublier que ce n’est pas la grosseur de la tarte qui importe, mais bien la grosseur de la part qui revient à chacun. Autrement dit, c’est le produit intérieur brut (PIB) par habitant dont il faut se soucier. Ainsi, les Néerlandais, dont le pays accueille relativement peu d’immigrants, sont plus riches que les Allemands, qui en ont admis davantage. Il n’y a pas de corrélation.

Quant à l’idée qu’une forte immigration soulagerait les pénuries de main-d’œuvre, c’est « un pur sophisme », nous dit Pierre Fortin. L’immigration accroît le bassin de main-d’œuvre, mais aussi le nombre de consommateurs de biens et de services du commerce et de services publics. Certes, une sélection précise des immigrants peut aider à pourvoir des postes de travailleurs qualifiés en forte demande. Mais augmenter tous azimuts les seuils d’immigration comme le gouvernement Trudeau l’envisage peut accroître le chômage chez les nouveaux arrivants.

La question de la pénurie de logements commence sérieusement à se poser. Comme les immigrants s’établissent en majorité dans les grands centres urbains, une pression intenable s’exerce sur le marché immobilier, comme on peut le constater à Toronto, à Vancouver et, dans une moindre mesure, à Montréal.

C’est sans compter la situation bien particulière du Québec. La politique d’immigration du gouvernement Trudeau fait fi du poids démographique du seul État à majorité francophone de la fédération. S’il fallait suivre le rythme imposé par Ottawa, qui plus est sans qu’il y ait eu de débat, ce n’est pas 50 000 immigrants par an que le Québec devrait accueillir, mais bien 95 000 et davantage, une impossibilité. Déjà, il n’y a pas suffisamment d’immigrants qui choisissent de vivre en français au Québec. Dans le reste du Canada, ce n’est pas un enjeu : tous les nouveaux arrivants, quelle que soit leur langue maternelle, finissent par parler anglais et vivre en anglais. Y compris les francophones, d’ailleurs.

Cette politique d’immigration, poussée par un élan multiculturaliste et postnational, ne convient pas au Québec, qui ne pourra plus très longtemps se contenter de demi-pouvoirs en matière d’immigration.

Source: https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/653859/ottawa-et-l-immigration-de-grandes-ambitions-postnationales?utm_source=infolettre-2021-12-11&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne