Idées | Ce qu’il faut comprendre des hypothèques islamiques du budget Trudeau

More of an explainer than advocacy although notes the difficulty of separating out halal mortgages from other banking products and, for the purists, of obtaining a halal mortgage from a non-halal financial situation:

Le nouveau budget fédéral a annoncé des mesures visant à améliorer l’accès à la propriété. Parmi les mesures annoncées figure l’option d’offrir aux consommateurs intéressés de confession musulmane des produits financiers parallèles comme les prêts hypothécaires dits « halal ». Le document du budget n’a pas offert plus de détails à ce propos, laissant la porte ouverte à des interprétations multiples. Nous proposons dans ce qui suit de répondre à des questions d’importance sur le sujet, que ce soit pour le consommateur ou pour les institutions financières et les organismes de réglementation provinciaux et fédéral.

Qu’entend-on par hypothèque « halal » ?

Il s’agit d’un contrat d’hypothèque « spécial » dans la mesure où ses dispositions sont conformes aux préceptes et à la doctrine de la religion musulmane. Le principe de base est que l’institution financière émettrice du prêt hypothécaire ne doit pas facturer explicitement de l’intérêt (ou l’usure) parce qu’il s’agit d’une pratique qui n’est pas permise par l’islam. La doctrine explique que l’interdiction de la pratique de l’usure vise à protéger les gens qui se trouvent dans le besoin d’emprunter de l’argent parce que cela empirerait leur situation financière et les maintiendrait dans la pauvreté.

Il importe de mentionner que même si la pratique de l’intérêt n’est pas permise, la structure du prêt « halal » est construite de façon que les institutions financières puissent quand même faire de l’argent. Par exemple, la formule dite « Ijara » est équivalente à un contrat de location-achat où l’emprunteur paierait des mensualités équivalentes à un loyer jusqu’à paiement complet du prix de la propriété. Ou encore la formule « Musharaka », selon laquelle l’emprunteur gagne progressivement un pourcentage de la propriété à mesure qu’il effectue ses paiements. Il y a également une formule connue sous le nom « Murabaha », où l’emprunteur achète la propriété à un prix majoré dès le départ, puis paie des mensualités pour rembourser cette somme majorée.

Dans tous les cas mentionnés ci-haut, les paiements seront du même ordre que ceux d’un prêt hypothécaire traditionnel, avec un petit supplément qui reflète le coût engagé par l’institution financière pour offrir ce type « spécial » de produits financiers. C’est comme consommer bio ou végétalien ou écolo : ça coûte un peu plus cher que consommer de façon classique. Au fond, le consommateur accepte de payer une prime pour satisfaire ses préférences, qu’elles soient gastronomiques ou écologiques ou religieuses.

Pourquoi le gouvernement fédéral a-t-il choisi précisément ce type de produits financiers pour l’inclure dans son budget ?

Une partie des musulmans du Canada seraient certainement bien disposés à payer un peu plus cher pour avoir une hypothèque halal. Plus le marché des produits financiers est compétitif, moins cher il sera. Ce type de produits financiers est surtout important pour les musulmans pratiquants, puisqu’ils sont plus orthodoxes dans la pratique de leur foi. Ceux-ci représenteraient moins de 1 % de la population canadienne.

Dans ce sens, l’effet de cette disposition sur le marché de l’immobilier, sur la rentabilité bancaire et sur l’accès à la propriété serait plutôt mineur. Par ailleurs, ces produits visant plutôt la faction pratiquante des musulmans du Canada, cela permettrait de les intégrer au système bancaire canadien, dont les opérations sont assujetties au suivi et à la surveillance des autorités réglementaires pertinentes (BSIF et CANAFE au niveau fédéral, en plus des organismes provinciaux).

L’intégration financière est importante pour les organismes de réglementation puisqu’elle augmente la transparence des transactions effectuées par les différents opérateurs financiers. Si une partie de la population n’a pas accès aux services financiers sur un certain marché, le marché canadien dans notre cas, elle tendra à aller chercher un autre marché qui la servira. Les marchés de la finance islamique dans les pays de l’Asie du Sud-Est ainsi qu’au Moyen-Orient sont prolifiques et offrent des services financiers conformes à la charia.

C’est précisément ce genre de scénarios où des consommateurs canadiens sont servis par des marchés hors Canada que les organismes de réglementation essaient d’éviter.

Qu’est-ce que cette nouvelle disposition dans le budget implique, une fois implantée ?

Des coûts, des coûts et des coûts !

Les institutions financières devront se doter de l’infrastructure technologique pour intégrer ces produits dans leurs systèmes. Elles devront aussi se doter de l’expertise juridique et financière pour pouvoir servir cette clientèle. La facture sera vraisemblablement refilée aux clients.

Les organismes de réglementation devront également se doter de ressources ayant l’expertise en la matière afin de pouvoir exercer efficacement leurs mandats de surveillance. Un aspect essentiel dans les produits financiers islamiques est le partage du risque entre le prêteur et l’emprunteur (« profit and loss sharing).

Cette dimension a des implications sur le risque pris par les institutions financières et, par ricochet, sur leurs niveaux de capitalisation, qui demanderaient à être rajustés pour tenir compte du risque lié à ces produits nouveaux. Les coûts engagés par les organismes de réglementation sont d’habitude refilés aux institutions financières afin que les contribuables n’en héritent pas. Les institutions financières les refileront aux consommateurs en fonction des produits financiers offerts à leurs clients.

En somme, comment peut-on évaluer cette initiative énoncée dans le budget fédéral ?

Sur le plan politique, elle envoie certes un signal attrayant à la population de confession musulmane, indépendamment de son intention d’avoir (ou pas) une hypothèque halal. L’initiative serait perçue comme un signe de considération envers les musulmans canadiens, surtout dans le contexte global où le Canada avait offert son soutien à Israël dans le conflit qui a suivi l’attaque perpétrée par le Hamas en octobre. Il s’agit ainsi d’une tentative habile de se racheter auprès de la communauté musulmane, qui se sentirait plutôt trahie par la politique étrangère canadienne plutôt pro-israélienne.

Par ailleurs, sur les plans économique et financier, l’incidence est mineure puisque la population visée par cette disposition du budget ne représente pas plus de 1 % du marché des prêts hypothécaires.

Enfin, il faut dire que l’approche adoptée par le gouvernement fédéral est un peu hâtive, ce qui explique les limites de l’initiative. En fait, un prêt hypothécaire halal ne peut se faire, si l’on se fie à la doctrine, par une banque non islamique. C’est comme faire un ragoût avec de la viande halal et non halal mélangée : le tout combiné n’est évidemment plus halal. Ensuite, un prêt hypothécaire halal ne peut se faire sans l’ouverture d’un compte chèques ou d’un compte d’épargne. Ces comptes seraient-ils halal ? Il faudra donc créer ces produits au même titre que les hypothèques halal.

En outre, tout compte d’une institution financière canadienne est protégé par le système d’assurance-dépôts du Canada (ou l’équivalent provincial). Le fait est que l’assurance est un concept non halal, ce qui implique qu’il faudrait créer l’équivalent islamique (appelé « takaful »).

Tout cela pour dire que l’initiative des hypothèques halal proposée par le fédéral n’est que la pointe de l’iceberg de tout un système, et que pour qu’un consommateur pratiquant accepte d’y adhérer (toujours selon la doctrine du texte coranique), il faudra lui proposer le « combo » halal : il n’acceptera pas un produit islamique par-ci et d’autres non islamiques par-là.

Source: Idées | Ce qu’il faut comprendre des hypothèques islamiques du budget Trudeau

David | Le multiculturalisme financier, Clark: The Bloc’s fake freakout over halal mortgages is ridiculous

Starting with on cue, commentary in Le Devoir and Bloc “outrage” in Parliament:

Paul St-Pierre Plamondon a sans doute péché par anachronisme quand il a dénoncé « une action concertée pour nous effacer ». En revanche, il faut reconnaître au gouvernement Trudeau un remarquable talent pour la provocation.

Après son offensive prébudgétaire dans les champs de compétence des provinces, le budget lui-même contenait une autre trouvaille : la possibilité d’introduire les « hypothèques islamiques » dans le système bancaire canadien.

Il ne suffisait pas qu’Ottawa se prépare à appuyer la contestation de la Loi sur la laïcité de l’État devant la Cour suprême ; il lui fallait aussi agiter ce chiffon rouge devant le taureau. Après tout, si la religion peut avoir sa place dans les institutions publiques, pourquoi pas dans les banques, n’est-ce pas ?

Comme il fallait s’y attendre, le gouvernement Legault n’a pas tardé à réagir. « Nous sommes clairement mal à l’aise avec cette idée », a déclaré le ministre responsable de la Laïcité, Jean-François Roberge. « Traiter différemment, d’un point de vue bancaire, les personnes selon leurs croyances religieuses est en contradiction des choix qu’a faits le Québec. » La laïcité est un des rares sujets sur lesquels la Coalition avenir Québec peut encore espérer rallier une majorité de Québécois.

Sans surprise, le Parti québécois a aussi signifié son opposition, mais le Parti libéral et Québec solidaire (QS), tous deux opposés à la loi 21, sont manifestement embarrassés. « Nous allons prendre le temps d’étudier l’enjeu avant de nous prononcer », a déclaré le député libéral de Marguerite-Bourgeoys, Frédéric Beauchemin, tandis que QS préfère attendre de voir si le gouvernement Trudeau décidera d’aller de l’avant lors de la mise à jour économique de l’automne prochain. Et prier pour qu’il se ravise.

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Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a dénoncé ce qui constituerait à ses yeux « un dangereux précédent », qui serait créé pour des raisons purement « clientélistes » par un gouvernement cherchant à « racoler le vote de la minorité musulmane canadienne et québécoise ».

Les hypothèques islamiques ou « halal », qui remplacent le paiement d’intérêts par d’autres formes de frais, ne font pas l’unanimité au sein même de la communauté musulmane, qui en débat depuis des années. En 2009, le groupe saoudien AlBassam House avait demandé au gouvernement Harper l’autorisation d’ouvrir une première banque offrant ce service au Canada, ce que ne permet pas la loi.

Après avoir longuement examiné la question, la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) avait écarté cette possibilité qui n’intéresse encore aucune des grandes banques. Ceux qui souhaitent contracter une hypothèque de type halal conforme à la charia peuvent s’adresser à des coopératives musulmanes.

Un des opposants les plus acharnés à ce sujet, que le Bloc québécois a pris à témoin, est Tarek Fatah, fondateur du Congrès musulman du Canada, à ne pas confondre avec le Conseil national des musulmans canadiens, vivement opposé à la loi 21.

Ce journaliste d’origine pakistanaise, qui a eu une carrière passablement mouvementée, a notamment milité pour le Nouveau Parti démocratique, dont il a claqué la porte parce qu’il le jugeait trop accueillant pour les islamistes.

Déjà, il y a quinze ans, il s’était réjoui du rejet des hypothèques islamistes par la SCHL. « Cela cible des musulmans vulnérables et marginalisés, à qui l’on dit que, s’ils font affaire à des non-musulmans, ils iront en enfer. C’est comme l’Église catholique du XIIIe siècle », disait-il.

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Au reste, comme dans le cas du port du voile, l’interdiction de l’intérêt résulterait d’une interprétation discutable du Coran par le mouvement islamiste. C’est plutôt « l’usure » que proscrirait le livre saint, c’est-à-dire un taux d’intérêt excessif.

Tous n’ont pas les mêmes réserves. Aux critiques de M. Fatah, le magazine Maclean’s avait opposé celles d’un professeur de l’Université de Toronto, Walid Hejazi, selon lequel le Canada avait tout intérêt à s’ouvrir à la « finance islamique ».

La demande va aller en augmentant et le Canada risque d’être écarté d’un marché mondial qui va atteindre des centaines de milliards, plaidait-il. Selon lui, l’hypothèque islamique est un produit financier comme les autres qui peut être utilisé aussi bien par un musulman ou un non-musulman.

Outre l’aspect économique, permettre à des gens d’avoir accès à un financement compatible avec leurs convictions religieuses « serait cohérent avec les valeurs fondamentales du Canada et notre fière histoire », ajoutait M. Hejazi. La question est de savoir si cela est cohérent avec celles du Québec.

La possibilité d’introduire des considérations religieuses dans le système financier n’avait pas été discutée lors du débat sur la laïcité, mais elle aurait probablement soulevé un tollé. Justin Trudeau ne cherche sans doute pas à provoquer volontairement le Québec. C’est simplement que ce dernier ne fait pas partie de sa vision du Canada. N’empêche qu’il joue avec le feu.

Source: Chronique | Le multiculturalisme financier

Clark provides a suitable riposte:

….Yet Bloc Leader Yves-François Blanchet and some of his MPs issued dark warnings that three paragraphs in last week’s budget will set Canada – and therefore Quebec – on a slippery slope into sharia law.

This is dumb. Or disingenuous. Probably both.

The budget passage in question indicated that the mandarins of Finance Canada will explore possible ways to expand access to halal mortgages and other “alternative financing products.”…

Source: The Bloc’s fake freakout over halal mortgages is ridiculous

Regg Cohn: India’s anti-Muslim citizenship law is discriminatory and disappointing — but not surprising

One of the better articles on the law:

…Modi’s BJP followers (and their historical antecedents) argue they are not merely throwing off the yoke of British colonial rule, which retreated in 1947. No, his supporters insist they are uprooting — decolonizing — a more enduring form of historical domination by India’s Moghul conquerors who imported Islam centuries ago, long before the British era.

That is one of the complications of the decolonization paradigm — the push for purification can easily go further back in time. People can keep peeling back layers of colonization and conquest until they reach their target, which is why Modi’s Hinduization movement is less concerned with the idea of white supremacy than Islamic hegemony.

There’s yet another conceptual challenge for Hindutva’s critics (of which I am one). India is far from alone in embracing religiosity or ethnicity as the measure of who shall qualify for citizenship or be disqualified, who will be welcomed with open arms or herded into closed camps.

Israel is increasingly criticized for religious discrimination for granting automatic sanctuary to Jewish immigrants under its Law of Return, enacted after its founding in 1948 (in the post-Holocaust era when Jews still faced pogroms in parts of Eastern Europe and persecution much of the Middle East). That Israel, as a Jewish state, privileges Jews is one of the reasons many critics claim “Zionism is racism.”

Yet it is a curious double standard. For India is only the latest in a long line of countries that prioritize religion in a way that Canadians — who welcome people of all faiths — perhaps cannot fathom.

Religion has been the raison d’être of the Islamic Republic of Pakistan, the Islamic Republic of Iran, and the Islamic Emirate of Afghanistan. Lebanon has kept its Palestinian refugees in camps since they fled their homes in 1948, long restricting their permitted occupations lest an influx of Sunni Muslims alter the country’s delicate religious balance — or compete for coveted jobs (after protests, those restrictions were partly eased in recent years).

Bhutan, a little-known kingdom nestled in the Himalayas along India’s northern border, has long been seen as a Buddhist paradise despite its mistreatment of Hindu refugees fleeing strife in neighbouring Nepal (shunting them into camps for years without letting them settle, for fear of changing the kingdom’s ethnic makeup). Germany has long recognized ethnicity for citizenship, regardless of place of birth — granting automatic status to those with German blood who “resettle” in Deutschland.

Against that backdrop, India’s new discriminatory citizenship law is surely disappointing, but hardly surprising — and assuredly not unique. It merely reminds us of the complexity of ethnic identity and religious rivalry around the world — and how historical grievances are so easily transformed into political grudges and legal cudgels.

Source: India’s anti-Muslim citizenship law is discriminatory and disappointing — but not surprising

ICYMI: Ibbitson: Canada’s foreign policy and its domestic politics on Israel’s war against Hamas are shifting

Indeed. Riding demographics highlight the relative importance of religious minorities, particularly the contrast between Canadian Jews and Canadian Muslims:

….The Liberals have tried to keep both Jewish and Muslim constituencies onside. But as last week’s vote suggests, they increasingly accord a high priority to the rights of Palestinians and to the Muslim community in Canada.

As with other religious communities, Muslims are hardly monolithic. Someone who comes to Canada from Senegal may have different values and priorities than a Canadian who comes from Syria or Pakistan or Indonesia.

And the plight of Palestinians in Gaza may not be the only issue influencing Muslims, who struggle with inflationinterest rates and housing affordability as much as other voters.

Many new Canadians come from societies that are socially conservative. Some Muslim voters may be uncomfortable with the Liberal Party’s strong support for the rights of LGBTQ Canadians.

Finally, Muslim voters for whom supporting the rights of Palestinians is the ballot question may be drawn more to the NDP than the Liberals.

Regardless, the days of Liberal/Conservative bipartisan consensus in support of Israel are over. This is the new lay of the land.

Source: Canada’s foreign policy and its domestic politics on Israel’s war against Hamas are shifting

Khan: Women’s rights advocates should stand up for victims on both sides of the Israeli-Palestinian conflict 

A welcome revision to her earlier post neglecting Israeli victims, one that has been all too common in much commentary and activism:

….Recognizing the suffering of “the other side” is not a sign of weakness, but rather, a recognition of our shared humanity. We all want human dignity, security and a better future for our children. Let’s work on healing the pain. This will entail difficult conversations that forge a path toward justice for all aggrieved parties.

Source: Women’s rights advocates should stand up for victims on both sides of the Israeli-Palestinian conflict

Quebec’s latest Bill 21 ruling fuels debate on notwithstanding clause

Next likely stop Supreme Court of Canada, which would oblige the government and political parties to take less equivocal public stand, and reinforce the political and public divisionss:

….For groups that challenged the law, the ruling was a disappointment.

“I think it’s important for everybody that we take note of the devastating impact the notwithstanding clause has when it’s used by a government to violate the rights of marginalized communities in a particular location,” said Noa Mendelsohn Aviv, the executive director of the Canadian Civil Liberties Association.

Mendelsohn Aviv said that while there were a number of reasons the clause was included by drafters of the Constitution — “it was never meant as anything other than a last resort. We don’t think it’s a legitimate use of the notwithstanding clause to use it to violate fundamental rights of minorities.”

But for supporters of the religious symbols ban, the decision was a victory for democracy.

“The Court of Appeal is explicitly saying that this is about democracy, that the notwithstanding clause is not something that violates rights, it’s not something that goes against democracy,” said Guillaume Rousseau, a lawyer for Mouvement laïque québécois, a group that intervened in the case to support the government. “It’s part of our democracy and it’s up to the elected officials to decide.”

Source: Quebec’s latest Bill 21 ruling fuels debate on notwithstanding clause

Rahim Mohamed: National Muslim group demands MPs denounce Israel or face wrath

We shall see the extent the relevant priority that this issue has in 2025 in relation to other issues, and what percentage of Muslim voters decline to vote or vote NDP (CPC harder pro-Israel line). Seen some analysis of the Michigan results that the absolute number of uncommitted not out of line with traditional numbers.

That being said, there are 114 ridings where Muslims form more than 5 percent of the electorate.

… Liberal party insiders were no doubt looking at the Michigan primary results with trepidation. The backlash among Muslim voters to the Stephen Harper government’s niqab ban for citizenship ceremonies and “barbaric cultural practices” hotline likely played a role in helping the Justin Trudeau-led Liberals secure a surprise majority in 2015. Since then, the party has made relations with the community a priority. Trudeau himself stages regular photo-ops at mosques, no doubt savouring every chance he gets to flex his sock game in a setting where shoes are prohibited.

But Trudeau, who appeared to be losing his touch with Muslim Canadians even before Oct. 7, now looks to be in freefall with the community. His multiple calls for a “sustainable ceasefire” in Gaza haven’t been enough to placate intransigent pro-Palestinian activists, who’ve even mobbed the prime minister in public settings. Trudeau has likewise found mosques to be less receptive to him than normal in recent months.

For now, Trudeau doesn’t appear to be too worried about the prospect of a Ramadan mosque ban. When asked on Thursday about the open letter, Trudeau said he’d visit any mosque that would extend him the invitation and gave no indication that he’d publicly commit to the terms enumerated in the statement. Yet Trudeau can’t be overjoyed about the prospect of having to keep his socks firmly in shoe during Islam’s holiest month, especially after seeing Biden’s humiliation in Michigan.

The results of Michigan’s just-held Democratic primary hint that the war in Gaza has triggered a rising tide among Muslim voters in the U.S. Whether electorally vulnerable members of Parliament cede to the demands of the NCCM and its affiliates or risk being shut out of mosques during a critical month for Muslim outreach could be an indication of just how strong the pull of this tide is in Canada.

Source: Rahim Mohamed: National Muslim group demands MPs denounce Israel or face wrath

Idées | L’exception religieuse du Code criminel canadien

Increased focus of debate in Quebec, with Bloc reintroducing a bill to remove this exception (Le Bloc québécois redépose son «projet de loi Charkaoui»). One of my more awkward moments in government occurred while visiting a mosque as part of outreach and finding Charkaoui present.

That being said, making such a change, and implementing it consistently across all religions, would likely be close to impossible:

Ottawa doit impérativement agir pour contrer les propos haineux qui sont à la hausse depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Or, le Code criminel canadien protège les personnes qui fomentent volontairement la haine ou l’antisémitisme, lorsque leurs propos sont exprimés de bonne foi et fondés sur un texte religieux auquel ils croient. 

L’abrogation de cette exception religieuse du Code criminel, qui met d’ailleurs aussi à mal la neutralité religieuse de l’État canadien, semble donc une étape indispensable pour la sécurité et le bien-être des Canadiens.

C’est dans cette optique que le Bloc Québécois a déposé, en novembre dernier, le projet de loi C-367 visant à « colmater » une « brèche complaisante » du Code criminel qui autorise les discours haineux ou antisémites lorsqu’ils sont fondés sur la religion. Malheureusement, ce projet de loi est resté lettre morte, n’ayant même pas été considéré dans l’ordre des priorités du gouvernement fédéral.

Le Bloc québécois vient de relancer le débat en déposant, en ce début de session parlementaire, un deuxième projet de loi pour éliminer l’exception religieuse du Code criminel. Les députés fédéraux seront donc de nouveau appelés à se prononcer sur le sujet.

Rappelons que ce n’est pas la première fois qu’Ottawa fait la sourde d’oreille sur ce sujet. En effet, en 2017-2018, plus de 1500 personnes avaient signé une pétition demandant l’abrogation de cette exception religieuse. La réponse du gouvernement était alors inadéquate puisque la jurisprudence R. c. Keegstra (1990) évoquée pour justifier son refus d’abrogation datait d’avant l’introduction de cette exception religieuse dans le Code criminel en 2004.

L’association des Libres penseurs athées, à l’origine de la pétition de 2017-2028, avait pourtant fait valoir que :

1. Les textes de plusieurs des principales religions du monde comportent des propos qui dénigrent et prônent la haine contre les incroyants, les femmes, les homosexuels ou certains groupes ethniques ou raciaux, des propos qui parfois appellent à la violence, voire à la violence mortelle.  

2. Les religions constituent donc une importante cause de propagande haineuse contre plusieurs groupes.  

3. La liberté de religion des uns ne doit pas avoir préséance sur les droits fondamentaux des autres et ne doit jamais, en aucun cas, menacer ni l’intégrité physique ni la vie des membres des groupes visés par les propos haineux dans ces textes religieux.

Plus récemment, c’est le discours de l’imam Adil Charkaoui, prononcé le 28 octobre 2023 lors d’une manifestation pro-palestinienne près de la Place des Arts, à Montréal, qui a sensibilisé les politiciens à l’égard de l’existence de l’exception religieuse du Code criminel. Ce dernier avait proclamé, en arabe : « Allah, charge-toi de ces agresseurs sionistes. Allah, charge-toi des ennemis du peuple de Gaza. Allah, recense-les tous, puis extermine-les. Et n’épargne aucun d’entre eux ! »

À l’époque, même le premier ministre Justin Trudeau avait condamné les propos de l’imam Charkaoui tout en affirmant, cependant, que le Canada « a déjà des règles très sévères contre l’incitation à la haine, au génocide et à la violence ». 

Qu’attend le gouvernement fédéral pour éliminer cette exception religieuse qui semble protéger de tels discours haineux ? Son inaction à cet égard est d’autant plus étonnante que la lutte contre le discours haineux est une priorité du gouvernement actuel.

Espérons que le deuxième projet de loi du Bloc québécois demandant l’abrogation de l’exception religieuse sera mieux accueilli et fasse partie des priorités du gouvernement pour la session d’hiver 2024.

L’autrice est retraitée de la Commission canadienne des droits de la personne. Elle signe ce texte à titre personnel.

Source: Idées | L’exception religieuse du Code criminel canadien

Buruma: The growing threat of messianic politics

Leave it to others with more expertise to assess the validity of the reasons but agree with the threat as we see in so many places:

…The reason why so many democracies are now threatened by messianic politics is not because organized religion has gained in strength. In fact, I think the opposite is true. In most Western democracies, at least, church authority has almost entirely collapsed. This is true even in the U.S.: while most people still consider themselves to be believers in one faith or another, many American Christians, especially those who are drawn to Trump as a saviour, follow freelance preachers or spiritual entrepreneurs.

In many parts of Europe, where right-wing populism is on the rise, the erosion of church authority starting in the 1960s cast adrift people who used to go to church regularly and looked to their priests and pastors to tell them how to vote. Today, they are anxious and bewildered by demographic, political, social, sexual, and economic changes, and are seeking a saviour to lead them to a simpler, more certain, and more secure world. There are plenty of power-hungry demagogues more than willing to cater to this desire.

Source: The growing threat of messianic politics

Conford: Israelis and Palestinians are both trapped by the dangerous fantasies of history

One of the best commentaries I have seen, thoughtful and balanced:

… For years, the right-wing in Israel – and Hamas in their way – have promulgated the notion that the peace process was an illusion, a mirage. But what events have shown is that the delusion, the Fata Morgana, was that there could ever be normality without finding a peaceful, negotiated settlement to the issue. Polls back in 1993 – before a cruel wave of Hamas suicide bombings and the assassination of Israeli prime minister Yitzhak Rabin undermined belief in the possibility – had support for a peace treaty among both Palestinians and Israelis running above 65 per cent.

Since then, the far right in Israel and Hamas have shared the same goal: to put a halt to any possibility of the peaceful division of the land into mutually recognized stable states of Israel and Palestine. Even in the past few weeks, Mr. Netanyahu has boasted how he has stopped a Palestinian state from coming into existence in the past and how he will also in the future, arguing that the Hamas attack shows why he is right to do so.

It is exactly this thinking which has brought us to where we are now.

The sole way to escape the cycle of violence is to clearheadedly renounce all the maximalist and eliminationist fantasies and the dehumanizing caricatures that have led, and will continue to lead, to the horrifying shedding of the blood of thousands of men, women and children….

M.G. Conford is the writer and director of the documentaries Through The Eyes Of EnemiesNot On Any Map, and Fragments of Jerusalem. He is an associate professor of film at Toronto Metropolitan University

Source: Israelis and Palestinians are both trapped by the dangerous fantasies of history