Tolérance ou laïcité | Rioux

Christian Rioux of Le Devoir continues his critique of the more open attitudes of Gérard Bouchard and Charles Taylor, and Rioux reiterates his support for a strict form of laïcité:

Au lieu d’instaurer un espace public qui ignore les croyances et proclame non seulement la liberté religieuse, mais de conscience, dans ce type de régime — que l’on pourrait appeler « de tolérance » —, les religions ont progressivement appris à cohabiter. Cette tradition a toujours été dominante au Canada depuis l’Acte de Québec (1774) qui a supprimé l’obligation faite aux catholiques d’abjurer pour obtenir un emploi de l’État. Ici, ce n’est pas le peuple souverain qui instaure un espace laïque où les citoyens sont égaux, mais les religions qui négocient la paix sociale avec le prince. C’est dans cette tradition que s’inscrivent les organisations musulmanes et antiracistes qui réclament aujourd’hui l’interdiction de blasphémer.

Implicitement, c’est aussi dans cette tradition, et non dans celle de la laïcité, que se placent des intellectuels comme Gérard Bouchard et Charles Taylor, pour qui la laïcité se négocie en partie à la pièce. En érigeant en dogme le régime des « accommodements », ils prolongeaient la vieille tradition des « moyenneurs », comme on disait au XVIe siècle, qui pour rétablir la concorde acceptaient de négocier la place des religions minoritaires dans l’espace public. Outre le fait que ce régime exclut évidemment les athées, il accorde aux religions un statut particulier, d’ailleurs reflété par la Constitution canadienne. Contrairement aux autres formes d’idéologies, les religions sont en effet les seules autorisées à négocier de tels aménagements. On n’imagine pas les marxistes réclamer le droit de ne pas insulter Marx.

Tolérance ou laïcité | Le Devoir.

La Loi sur la laïcité encore au programme de Couillard | Le Devoir

Couillard maintaining the focus on fundamentalism, not the headgear of public servants:

« On va légiférer. Mais, encore une fois, c’est faire un amalgame qui m’apparaît non seulement risqué, mais inapproprié. Clairement, la relation entre le code vestimentaire et les événements terroristes a été montrée en France comme étant inexistante. On confond deux enjeux », a-t-il d’abord lancé.

« C’est ce genre d’amalgame qu’il faut absolument éviter. Comme on l’avait dit à l’époque, on se trompe de cible. La cible, c’est le fanatisme, c’est le terrorisme, c’est la radicalisation », a-t-il ajouté.

Il a tout de même insisté sur l’importance d’exprimer clairement la neutralité de l’État au Québec. « Ce qui est important, c’est d’assurer la neutralité des institutions de l’État. On a dit qu’on le ferait et on le fera. Également, d’adopter des mesures, par exemple, qui vont, sur le plan du Code civil entre autres, lutter contre l’intégrisme ou les manifestations de l’intégrisme au Québec », a dit M. Couillard.

La Loi sur la laïcité encore au programme de Couillard | Le Devoir.

Charte de la laïcité: «une clause grand-père» prévaudra |Drainville

Quebec Public Administration

From 2011 National Household Survey

This will hardly help integration in Quebec. The above chart shows just how limited the number of visible minorities are among federal employees in Quebec and particularly in the Quebec provincial and municipal governments (a similar pattern is found in Quebec’s education system, particularly elementary and secondary schools and CEGEPs):

«Il faut avancer, a résumé M. Drainville en entrevue. On ne peut pas s’empêcher d’avancer parce qu’il y a des actes de terrorisme qui sont posés chez nous ou ailleurs dans le monde. Quand on fait cela, ils gagnent. On ne doit pas se faire dicter nos débats et nos choix démocratiques par les extrémistes.»

Quelques jours avant la pause des Fêtes, M. Drainville a promis de dévoiler au début 2015 une version plus «souple», plus «consensuelle» de la Charte de la laïcité qu’il a défendue l’an dernier. Il a fait valoir que, si le gouvernement péquiste minoritaire avait pu mener son projet de loi à terme, il aurait dû en venir à un compromis avec la Coalition avenir Québec.

Selon nos informations, la nouvelle charte prévoira que l’interdiction de porter des signes religieux, la mesure phare de la première version, ne s’appliquera qu’aux futurs employés de l’État. Aucun employé actuel ne serait obligé de s’y conformer.

Charte de la laïcité: «une clause grand-père» prévaudra | MARTIN CROTEAU ET DENIS LESSARD | Politique québécoise.

The Interview: Philippe Couillard on Quebec’s future – And the Values Charter

Paul Wells ask Quebec Premier Couillard on the values charter:

Q: People have the impression that with the PQ’s election loss, the charter of values is a dead letter. But don’t you have your own plan to bring in something comparable?

A: A big mistake in politics is to think that because an issue appears to have been settled, it doesn’t exist anymore. You just sweep it under the rug and pretend it doesn’t exist. Not only in Canada but in other countries where we have to rely on immigration for our growth, the question of coexistence of values in communities is important. It has to be dealt with.

The difference between our approach and the PQ’s is: our approach is not discriminatory. What we could not tolerate in their approach was job discrimination being introduced, and defining “neutrality” as forbidding any religious signs, which frankly is something we find totally unacceptable.

But we always said that certain principles have to be clarified. One is the question of the face. I think this is a line in the sand for many Quebecers and Canadians: That if you’re going to give services or receive services, your face should be uncovered. That’s about all we’re going to do, and frankly all that needs to be done.

The mistake of the PQ, and I think it was by design, was to go too far. Using this as a wedge issue, trying to revive a very ethnic brand of nationalism in Quebec. At the end of the day, it’s great news for Quebec that it didn’t work in their favour.

The Interview: Philippe Couillard on Quebecs future – Macleans.ca.

Charte des valeurs: Lisée aurait démissionné plutôt que de l’appuyer | Le Devoir

Well, that’s a change. He didn’t show any reserve when in Government:

Jean-François Lisée a désavoué, mercredi, le défunt projet de charte des valeurs de son collègue Bernard Drainville. Six mois après la défaite du gouvernement minoritaire de Pauline Marois et le naufrage de la charte, le candidat pressenti à la direction du Parti québécois prétend qu’il avait des objections majeures à l’endroit du projet de loi 60, tel que conçu.

Le député de Rosemont a déclaré qu’à défaut d’un assouplissement dans les dispositions de la charte, il n’aurait pas hésité à quitter ses fonctions de ministre en guise de protestation.

«Je trouvais que la charte était une très grande avancée dans la marche vers une plus grande laïcité de l’État, mais j’étais favorable à une application très graduelle», a expliqué M. Lisée lors d’une mêlée de presse.

«Je considérais qu’il n’était pas acceptable humainement que des employés qui avaient travaillé pour l’État pendant plusieurs années soient menacés de congédiement ou de sanctions parce qu’on avait décidé de changer les règles en cours de route. […] Il me semblait impossible d’appuyer une partie de la législation qui allait soumettre des gens à des pressions et à un stress terrible», a-t-il précisé.

…. L’ancien ministre responsable de la région de Montréal semblait pourtant à l’aise lorsqu’il défendait publiquement le projet de charte aux côtés de M. Drainville, ministre responsable du projet de loi.

En outre, à l’automne 2013, il cosignait une lettre dans le New York Times avec M. Drainville dans laquelle il faisait l’apologie de la charte, en la comparant au concept du «mur entre l’État et la religion», attribué à l’ancien président américain Thomas Jefferson.

Il écrivait que «le fait de demander aux employés de la fonction publique de ne pas porter de signes ostentatoires pendant qu’ils sont au travail» constituait «la suite logique» du processus de laïcisation en cours au Québec depuis les années 1960.

Charte des valeurs: Lisée aurait démissionné plutôt que de l’appuyer | Le Devoir.

Jonathan Kay: Petty language spats have all but vanished in Quebec since Marois’ ouster

While anecdotal, and drawing from those of similar views, Jon Kay’s lengthy column on how the tone has changed in Quebec following the defeat of the PQ and their Quebec Values Charter is worth a read:

Much has been written about the PQ’s insidious impact on Quebec politics. What has been less remarked upon — in other provinces, at least — is how thoroughly the shrill nastiness of Ms. Marois and her administration seeped into the everyday life of ordinary Quebecers. On the subway, in restaurants, at gas stations, interactions between English and French, Jew and gentile, Muslim and non-Muslim, became more fraught. In one notorious case, at the cafeteria of Montreal’s Jewish General Hospital, a worker became so enraged when a customer refused to speak French that she allegedly assaulted him with a thrown tomato sandwich. English-language social media and radio call-in shows were full of similar stories. Then came the April 7 election, and suddenly the stories stopped.

A reminder of the effect that Government rhetoric can have on how people perceive their relations with others, and their being accepted by wider society.

Jonathan Kay: Petty language spats have all but vanished in Quebec since Marois’ ouster

La diversité sera «le défi de ce siècle», dit Couillard

Quite a change in tone from the PQ government and its Values Charter – Couillard’s remarks on the Saint-Jean:

Après plusieurs mois de débats sur la Charte des valeurs et le multiculturalisme, le premier ministre a mis de lavant sa vision dun Québec «fier», mais «en transition. «Sa belle et forte identité est définie notamment par notre langue commune, notre culture qui rayonne tant, nos valeurs sociales distinctes, notre régime juridique, a-t-il exposé. Le défi de ce siècle sera de conjuguer cette identité avec une diversité croissante. Une identité québécoise distincte, forte, partagée par tous les Québécoises et Québécois de toutes régions et de toutes origines. Voilà notre projet et notre avenir.»

M. Couillard a souligné que le Québec «de millions de familles» dici avait débuté par«un navire, un avion pris vers lespoir dun avenir meilleur». «Notre date darrivée au Québec peut être différente, mais notre fierté à légard de notre peuple nous réunit tous, parce quensemble, nous sommes le Québec», a-t-il ajouté.

La diversité sera «le défi de ce siècle», dit Couillard | Philippe Teisceira-Lessard | Politique québécoise.

La peur des immigrants, une tendance au 450?

Interesting and somewhat surprising study on Quebec francophones who feel culturally threatened by immigrants and new Canadians. Suburban dwellers feel more threatened than those in the regions, likely reflecting less diversity than in Toronto’s 905 equivalent:

Pourcentage des francophones qui se sentent culturellement menacés par les immigrants:

  • Montréal 37 %
  • Couronne Nord 47 %
  • Rive-Sud 43 %
  • Régions éloignées 41 %

La peur des immigrants, une tendance au 450? | Hugo Pilon-Larose | Montréal.

The charter may be gone, but Quebecs identify crisis remains – Patriquin

Foreshadowing the fall debates? Managing this will be challenging. What will be interesting to see is whether the PQ tries again to use this as a wedge issue (despite limited traction during the election) or try to build back the more inclusive PQ of the past):

Having returned to power, the Liberals will soon unveil new legislation regarding the wearing of religious garb in the public sector. As with all issues relating to identity, the party will do so begrudgingly, if only to stave off another “reasonable accommodations” debacle it can only lose, and to starve the opposition PQ of a potent talking point. In all likelihood, that legislation will be some version of Bill 94.

And that could well be a problem.Any legislation of this nature stands a good chance of provoking another divisive spleen-venting within Quebec society—if not a court challenge. Flashpoints are easy to come by. Among them were the frosted windows at a Montreal YMCA. In 2007, the community centre agreed to partially cover their street-level windows, so that little Jewish boys would be spared the sight of naked, sweaty flesh.

Fanned by the Journal’s tabloidy outrage, this agreement made between a group of citizens and a private enterprise was quickly and wrongly spun into a cautionary tale of “immigrants” the Hasidim have actually been here for over half a century asking too much of the state. Then there was the outrage over the cabane à sucre that dared offer its Muslim clients a prayer space and pork-free baked beans.

A reaction to this faux-debate, Bill 94 was cursed with some decidedly flighty language. The bit about having one’s face uncovered while giving or receiving a government service wasn’t actually a rule but a “practice.” It made no mention of what would happen if someone deviated from this practice by, say, wearing a niqab to school. Further, any requested exemption from the “practice” would be denied if it meant compromising “security, communication or identification”—a broad stroke far too open to interpretation.

“Bill 94, sensibly interpreted, did not lead to a general prohibition against having a covered face,” McGill constitutional law professor Robert Leckey points out. “What I worry about, though, is that even adopting such legislation, passing into law the ‘practice’ of showing the face, might lead some officials to think that they should refuse accommodations as a matter of course.”

Finally, there’s the matter of the media, the Journal in particular, which will probably frame Liberal legislation as “Bill 60 lite,” as Leckey says. It’s an uncomfortable truth: wretched as it may have been, the Charter was popular in Quebec—particularly amongst the vote-rich Baby Boomer generation. The Liberals know this. In trying to appease Quebecers’ insecurity, one can only hope even pray the government doesn’t stoke their irrational fears once again.

The charter may be gone, but Quebecs identify crisis remains – Macleans.ca.

Front commun contre un «djihad juridique»

More on the Dalila Awada case against Louise Mailloux, former PQ candidate, who in her blog wrote that kosher and halal foods were a “conspiracy to enrich rabbis and imams and fund religious wars” (PQ reaps the intolerance it sowed with values charter). Pauline Maurois never dissociated herself from Mme. Mailloux’s commentary (Radical Islam is ‘a risk,’ Marois says, PQ candidate intolerance).

Reminds me of Ezra Levant’s crusade against human rights commissions and court cases, and the concern about the possible chilling effect on free speech:

Pour l’avocat de Mme Mailloux, Me Jean Bernier, la poursuite-bâillon est un recours judiciaire qui vise surtout à « décourager le militantisme ». La poursuite contre Mme Mailloux et ses acolytes militants laïques est la plus récente d’une « série de poursuites stratégiques » ayant pour cible des personnes qui ont participé au débat public, notamment sur le projet de charte de la laïcité, croit-il. « Voici maintenant qu’on veut déplacer un débat essentiellement politique devant les tribunaux. »

Not a great fan of recourse to the Courts in these cases as it is better that this be resolved in the political arena. The defeat of the PQ, its values charter, and Mme. Gouin have more impact.

Front commun contre un «djihad juridique» | Le Devoir.