Quebec minister refuses to sign off on new, controversial history course

Positive move:

A proposed high school history course that critics said ignored minorities in Quebec and promoted a rigid, nationalist ideology will not be implemented province wide as planned, the Education Department confirmed Thursday.

Instead, the department will make changes to the program to better reflect the province’s cultural and linguistic minorities, according to a government official as well as other well-placed sources.

The contentious plan was introduced by the Parti Quebecois government before it lost the 2014 election and was being piloted in a few Quebec schools.

Department spokeswoman Marie-Eve Dion said schools that want to try piloting the new program in August 2016 will be allowed to do so while all others will stick to the old curriculum until further notice.

“Many consultations have been done and improvements are constantly being implemented,” she said in an email. “The goal is to make the course as representative and inclusive as possible.”

The program was to be introduced province wide in the 2016-17 school year, which begins in late August.

“This is absolutely good news,” said Sylvia Martin-Laforge, head of the Quebec Community Groups Network, a federally funded organization that advocates for the province’s anglophone community.

“We understand that the minister was not happy with the material. It would seem that people were eager (in the Education Department) to roll out this program and the minister had the courage to say ‘No. We will not roll this out.’”

The proposed two-year program, called History of Quebec and Canada, was widely panned by First Nations groups, as well as by cultural and linguistic minority communities across the province.

Documents obtained by The Canadian Press revealed that non-European francophone immigrants are scantily mentioned.

In the guidelines teachers use to craft their lesson plans, Confederation in 1867 is not a theme, but tucked into the larger section called “1840-1896: The formation of the Canadian federal system.”

Moreover, the only discussion of former prime minister Pierre Trudeau, considered the father of multiculturalism in Canada, is in the context of him “inviting the provincial governments to reopen the Canadian Constitution,” after which Quebec left “empty-handed.”

Martin-Laforge said “we can only hope that the depictions of minority communities will not be stereotypical and that the new program doesn’t characterize us as bad guys.”

Jacques Beauchemin, who helped write the proposed curriculum, told The Canadian Press earlier this year the purpose of the program was to remove mentions about Quebec being a diverse society that promotes multiculturalism.

Source: Quebec minister refuses to sign off on new, controversial history course – Macleans.ca

La situation démographique avive les enjeux de l’immigration au Québec

Good overview of Quebec demographics and the some of the challenges to its immigration policies:

Alors que le taux de fécondité poursuit son déclin et que le vieillissement de la population s’accentue au Québec, l’enjeu de l’accueil des immigrants est placé à l’avant-plan, suscitant des débats sur l’économie, l’identité, la culture et la langue dans la province.

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a annoncé à la fin du mois dernier que l’indice synthétique de fécondité s’était établi à 1,6 enfant par femme en 2015 – une baisse de 1 % par rapport au niveau de 2014 -, marquant un recul pour la sixième année consécutive.

Bien que ce chiffre ne semble pas anormalement bas, la province doit aussi tenir compte du vieillissement de la population et du manque de main-d’oeuvre qualifiée.

Québec estime qu’environ 1,1 million de travailleurs auront pris leur retraite entre 2013 et 2022, et selon un document récemment publié par le ministère de l’Immigration, cette situation «souligne la nécessité de réaffirmer le rôle de l’immigration et de sa contribution au Québec».

Cependant, les immigrants ne sont pas répartis équitablement partout dans la province. Selon Statistique Canada, d’ici 2031, les minorités visibles représenteront 31 % de la population de Montréal, mais pas plus de 5 % ailleurs au Québec.

Le démographe de l’Université de Montréal Marc Termote se dit «très, très inquiet» des divisions culturelles et linguistiques entre la métropole et le reste des municipalités québécoises.

«C’est une cassure vraiment profonde entre Montréal et le reste du Québec», a-t-il constaté.

Il a cité l’exemple de Brossard, en banlieue sud de Montréal, qui abrite plus d’immigrants que Québec, la capitale et la deuxième ville la plus populeuse de la province.

M. Termote s’est par ailleurs désolé que tous les gouvernements répandent le «mythe» voulant que l’augmentation des niveaux d’immigration aide à combler le manque de main-d’oeuvre.

«Toutes les études montrent que l’impact économique de l’immigration est nul», a-t-il soutenu.

«Il y aura des pénuries, mais ce seront des pénuries très ponctuelles, dans des secteurs bien spécifiques. Et ce n’est pas en ajoutant 10 000 immigrants de plus qu’on va régler cette pénurie-là. (…) Ce n’est pas par une politique générale qu’on règle le problème», a-t-il ajouté.

Montréal a du mal à intégrer les immigrants qu’elle a déjà accueillis, alors que le taux de chômage pour les résidants nés à l’extérieur du pays se situe à 11 %, comparativement à sept pour cent pour ceux qui sont nés au Canada.

Par rapport aux autres provinces, le Québec contrôle davantage ses politiques d’immigration. La province sélectionne ses immigrants en fonction de la langue; 61,3 % des immigrants arrivés entre 2010 et 2014 étaient francophones.

Cette politique aide à préserver le caractère distinctif du Québec, mais elle crée également des tensions, selon M. Termote.

«Le bassin d’immigration francophone, ce n’est pas la France, la Belgique ou la Suisse francophone. Le bassin francophone, c’est essentiellement l’Afrique francophone – l’Afrique subsaharienne et le Maghreb -, ce qui a des implications (culturelles)», a-t-il indiqué.

Mais il y a aussi des conséquences politiques, a souligné Daniel Weinstock, directeur de l’Institut de recherche sur les politiques sociales et de santé de McGill.

Selon M. Weinstock, la province est témoin d’un «évidemment» de la position nationaliste modérée sur l’immigration et la diversité qui avait caractérisé les discours politiques dans la province, depuis les années 1960 et au temps de René Lévesque.

Il y a une forte division entre le gouvernement libéral, qui souhaite augmenter les niveaux d’immigration à 60 000 personnes par année et les sélectionner selon leur potentiel économique, et l’opposition, qui s’inquiète de leur intégration dans la province.

«Il y avait une sorte de consensus à l’idée que le Québec est une société immigrante, une société francophone et qu’être un citoyen québécois signifiait l’acceptation de ce contrat», a-t-il expliqué.

Ce discours change, dit-il, puisque désormais, certains Québécois veulent aller plus loin que de protéger la langue, ils veulent «protéger tous les aspects de la culture québécoise que certains immigrants, même s’ils parlent français, ne partagent pas».

Source: La situation démographique avive les enjeux de l’immigration au Québec | Giuseppe Valiante | National

Procès pour terrorisme: «l’islamophobie» n’est pas une raison pour cacher la preuve au public

Good decision:

La Cour du Québec a réitéré le droit fondamental à un procès public jeudi et rejeté la demande de deux accusés de terrorisme, qui souhaitaient qu’une partie de la preuve amassée contre eux soit cachée au public sous prétexte qu’elle risque de compromettre leur droit à un procès équitable en alimentant « l’islamophobie » et « le climat de panique » au Québec.

La requête avait été présentée par Sabrine Djaermane et El-Madhi Jamali, deux anciens élèves du collège de Maisonneuve arrêtés il y a un an et accusés d’avoir tenté de rejoindre un groupe terroriste à l’étranger et d’avoir planifié un attentat à Montréal.

En attente de leur procès, tous deux souhaitaient empêcher la publication d’éléments de preuve résumés par les enquêteurs de la GRC dans une demande pour obtenir un mandat de perquisition.

Leur demande s’appuyait sur le témoignage d’une témoin experte, Valérie Amiraux, sociologue et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en étude du pluralisme religieux à l’Université de Montréal. Avec l’aide de deux collègues, cette dernière a produit un rapport de 22 pages sur l’effet que pourrait avoir la divulgation de la preuve au sein de la population québécoise.

Dans son rapport, la professeure souligne que l’image publique des musulmans s’est considérablement altérée depuis le 11 septembre 2001, « notamment par l’effet du traitement médiatique des informations ». Elle ajoute qu’il existe « une antipathie généralisée vis-à-vis des musulmans au Canada » et que « l’islamophobie s’est banalisée au Québec » dans la foulée des débats sur les accommodements raisonnables et la Charte des valeurs. Le contexte s’apparente à ce que certains sociologues appellent une « hystérie politique ».

Dans ce contexte, le dévoilement de certains éléments de preuve est « problématique », conclut-elle, car « ces éléments […] sont particulièrement susceptibles d’aider à tracer des liens entre l’islamophobie, le climat de panique et le sentiment d’insécurité ».

FRONT COMMUN DES MÉDIAS

Les avocats de La Presse, Québecor et de Radio-Canada ont fait front commun pour s’opposer à cette requête au nom de la liberté d’expression et des principes établis qui veulent que la justice soit publique au Canada.

La juge Lori Renée Weitzman leur a donné raison. La magistrate a résumé l’affaire à un conflit entre deux droits fondamentaux protégés par la Charte canadienne des droits et libertés : le droit des accusés à un procès juste et équitable, et le droit à la liberté d’expression.

La juge reconnaît que la témoin experte possède une grande expertise en sociologie et traite d’enjeux réels.

«Nul besoin d’un expert en sociologie pour affirmer qu’en 2016 au Québec, la population musulmane confronte des préjugés et stéréotypes à leur égard.»

Extrait du jugement

Mais pour la cour, l’existence de ces préjugés ne justifie pas de restreindre l’accès du public aux procédures judiciaires. « Sans minimiser l’étendue de l’expertise de Mme Amiraux, la faille dans son opinion est qu’elle extrapole des données qu’elle maîtrise parfaitement en sociologie pour arriver à une conclusion portant sur le système de droit criminel canadien, sans avoir les connaissances requises dans ce domaine », poursuit la juge.

Elle rappelle que selon la Cour suprême, « la bonne administration de la justice comprend le droit prévu par l’article 11 (d) de la Charte, qui garantit un procès public, et le droit à ce que les médias aient accès au procès et rapportent ce qui s’y déroule ».

Source: Procès pour terrorisme: «l’islamophobie» n’est pas une raison pour cacher la preuve au public | Vincent Larouche | Procès

La langue au Québec, un casse-tête pour l’immigrant

More on Quebec’s francophone immigration challenge:

L’intégration en emploi des nouveaux arrivants francophones pose problème, surtout pour ces immigrants qui ne parlent pas anglais. Le taux de chômage des immigrants (admis depuis cinq ans ou moins) qui ne parlent que le français — en plus, souvent, de leur langue maternelle autre — atteint 23 %. Mais ceux-ci restent au Québec dans une proportion qui dépasse 85 %, contrairement aux immigrants qui parlent anglais et qui sont beaucoup plus mobiles.

La discrimination dont font preuve les employeurs ainsi que les problèmes de reconnaissance des compétences nuisent à l’embauche de ces immigrants francophones. Mais l’exigence généralisée du bilinguisme en emploi représente un autre frein pour eux. Dans ce contexte, doit-on prévenir les candidats à l’immigration du Maghreb, de la Côte d’Ivoire ou du Sénégal qu’ils devront apprendre l’anglais s’ils désirent s’installer dans la région de Montréal ? La ministre croit que non. « Nous, on ne peut pas lancer un autre message [qu’au Québec, ça se passe en français], a affirmé Kathleen Weil au Devoir. On veut attirer des gens qui veulent vivre en français au Québec. »

Le MIDI agira sur trois plans : choisir davantage de candidats qui parlent français (95 % des candidats sélectionnés — issus l’immigration dite économique — disent parler français), favoriser une meilleure adéquation avec le marché du travail grâce à un nouveau mode de sélection et, enfin, renforcer les services de francisation et d’intégration. En matière de francisation, après les coupes des deux dernières années, le MIDI peut compter en 2016 sur 4 millions de plus par rapport à 2015.

La langue de travail

Mais le MIDI ne peut rien au regard de la langue de travail des immigrants. Le chômage chez les immigrants francophones, « c’est sûr que c’est désolant », juge la ministre. « Le mot n’est pas trop fort. On travaille tellement fort pour aller chercher des gens qui parlent français. »

Source: La langue au Québec, un casse-tête pour l’immigrant | Le Devoir

Le Québec peine à retenir ses immigrants anglophones

More on Quebec’s challenge in retaining skilled immigrants who are more mobile, given language and skills, than refugees:

Près de la moitié des immigrants choisis par le Québec pour répondre aux besoins du marché du travail partent pour d’autres cieux si, à leur arrivée, ils parlent l’anglais mais pas le français.

C’est ce que révèle une analyse, datée de juin 2015, de la Direction de la planification, de la recherche et des statistiques du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI).

Ainsi, dans la catégorie de l’immigration économique, c’est-à-dire les candidats sélectionnés en raison de leurs qualifications professionnelles, 46 % des immigrants admis entre 2004 à 2013 et qui ne parlaient que l’anglais (en plus, souvent, de leur langue maternelle) avaient quitté le Québec en 2015.

À des fins de comparaison, 84 % des immigrants qui connaissaient le français mais pas l’anglais à leur arrivée restent au Québec. Ce pourcentage baisse à 73 % pour les immigrants qui parlent à la fois le français et l’anglais, et à 68 % pour les nouveaux arrivants qui ne connaissent ni l’une ni l’autre de ces langues.

Connaissance du français

Si on se fie à ses données, miser sur des immigrants dont les qualifications professionnelles sont élevées, mais qui ne connaissent pas le français, comme le souhaite le milieu des affaires, n’est peut-être pas une stratégie gagnante. Lors des consultations sur le projet de loi 77 sur l’immigration en février, le Conseil du patronat du Québec (CPQ), la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et l’Association des manufacturiers et exportateurs du Québec (AMEQ) ont tous plaidé pour un allégement des exigences en matière de connaissance du français pour privilégier l’adéquation entre les compétences professionnelles des candidats et les besoins du milieu du travail. Ainsi, l’AMEQ a demandé qu’on permette aux employeurs d’embaucher des travailleurs immigrants qui ne connaissent pas le français afin de contrer les pénuries de main-d’oeuvre.

L’importance du pays d’origine

D’une façon globale, le quart des 50 000 immigrants qu’accueille le Québec — ou 12 500 personnes — choisit de partir, le plus souvent pour s’installer dans les autres provinces canadiennes. Paradoxalement, ce sont les immigrants sélectionnés par le MIDI qui sont les plus susceptibles de quitter le Québec — près de 30 % d’entre eux s’en vont — même si ce sont les mieux outillés pour se trouver un emploi. Les réfugiés, qui ne sont pas sélectionnés en fonction de leurs compétences professionnelles, mais pour des motifs humanitaires, sont plus nombreux en proportion à rester : 80 % d’entre eux le font.

La provenance des immigrants importe. Les deux tiers des immigrants sélectionnés en provenance du Pakistan s’en sont allés, le même pourcentage ou presque que celui des immigrants de l’Inde. Seulement la moitié des immigrants en provenance de Chine et d’Iran choisissent de s’établir ici.

Selon Stephan Reichold, de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), deux raisons peuvent expliquer que des immigrants admis au Québec décident de s’installer ailleurs au Canada. Ils peuvent avoir dans d’autres provinces de la famille et des amis qui les invitent à les rejoindre. Ou encore ce sont les circonstances économiques — le chômage — qui les incitent à partir. M. Reichold a cité l’exemple de réfugiés du Bhoutan, installés dans la région de Joliette, qui s’en sont allés faute d’emplois. « Ils ne sont pas partis de gaieté de coeur. Ils aimaient la qualité de vie au Québec », a-t-il relaté.

Source: Le Québec peine à retenir ses immigrants anglophones | Le Devoir

High-school students need to learn more about Holocaust to dissuade teens from joining ISIL, group says

One effort to improve awareness:

“It’s very topical: we’re talking about 17-year-olds and 16-year-olds being lured into ISIS,” said Berger. “The question is, if these students were educated about genocide, that would certainly help to a large degree.”

Kyle Matthews of the Montreal Institute for Genocide and Human Rights Studies is supporting Berger’s initiative.

“It struck me that we’re not teaching our youth enough about genocide when we have Canadian and Quebec youth leaving to commit genocide overseas,” said Matthews.

“Something is missing in our core education when not just a couple of a bad apples but a significant number are embracing an ideology that encourages slaughter (and) extinction.”

Matthews says it is important to preserve the memory of such massacres: there are no survivors left of the Armenian genocide and Holocaust survivors are elderly and dying.

Genocide education is sporadically available around the country. The Toronto District School Board has offered a course since 2007 that investigates examples of genocide in the 20th and 21st centuries, including Armenia, the Holocaust and Rwanda.

Berger, a filmmaker and university lecturer, carries on her mother’s message in her own school presentations on the Holocaust — one in which Kazimirski still figures prominently through a posthumous video testimonial about the harrowing experiences she endured.

In her school visits, Berger learned that teachers are afraid to teach it and don’t have the tools.

“An ethics teacher came up and told me that kids are graduating from Grade 11 without knowing what the word genocide means,” Berger recounted.

About 18 months ago, she founded The Foundation for the Compulsory Study of Genocide in Schools. In Quebec, Berger is lobbying for changes to a textbook for a course called “Contemporary World” to include a full chapter on genocide instead of the current few paragraphs. She also wants help for teachers.

Berger says a meeting with Education Minister Sebastien Proulx is scheduled for early May and that a previous petition as well as meetings with provincial legislators and teachers’ unions have been positive.

David Birnbaum, the legislative assistant to Proulx, has helped Berger navigate Quebec bureaucracy and bring the matter to the attention of the national assembly.

Birnbaum said academic studies suggest a relatively high level of ignorance about the Holocaust and genocide in general, but adds the matter is tackled in the current Quebec curriculum.

“There are a range of places … where the Holocaust and the concept of genocide are mentioned and it’s always a challenge to make changes to the program,” Birnbaum said.

“But my own priority is to make sure that Heidi Berger gets to make her case as clearly and directly as she can.”

Quebec title: Une Québécoise réclame une formation sur le génocide dans les écoles

Source: High-school students need to learn more about Holocaust to dissuade teens from joining ISIL, group says | National Post

Quebec: Les cibles (levels) migratoires occultent les vrais enjeux, disent les experts

Quebec academics try to focus the immigration debate (over levels) to the more fundamental issues:

« Cette question de chiffres mise sur la table par le premier ministre, c’est plus pour lancer une polémique, insiste Michèle Vatz-Laaroussi, professeure titulaire à l’École du travail social à l’Université de Sherbrooke sous les murmures approbateurs de l’assistance. Parce que dans la réalité, ce seuil ne sort pas de nulle part, il est le résultat de nombreuses discussions et de rapports d’experts. Ça ne relève pas juste de la ministre. Mais c’est certain que ça fait image. »« C’est un débat vain, renchérit son collègue de l’Université de Sherbrooke, le professeur adjoint à la Faculté de droit Guillaume Rousseau sous les regards entendus de ses collègues. Quand vient le temps de parler d’immigration, le chiffre qui devrait attirer notre attention ne devrait pas être le seuil, mais plutôt le taux d’immigration. » En ce sens, le Québec n’a pas à rougir, soutient celui qui s’est souvent penché sur les questions identitaires. « Je vous assure que nous ne sommes pas fermés, bien au contraire. Même si on décidait de geler ces fameux seuils, le taux d’immigration du Québec demeurerait très élevé par rapport aux autres pays de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques]. »

Tout comme Guillaume Marois, M. Rousseau estime d’ailleurs que c’est dans la mise en oeuvre de la politique que le bât blesse. « La question ne devrait pas être : est-ce qu’on augmente le nombre d’immigrants admis ou non ? mais plutôt comment on le fait ? comment on peut bien le faire ? » À son sens, des investissements majeurs devront être faits rapidement pour faciliter l’emploi des nouveaux arrivants, leur francisation et leur régionalisation. « Est-ce qu’on a tendance à limiter le débat de l’immigration à la grande région de Montréal ? Oui, absolument ! Peut-être que la solution serait que le prochain ministre de l’Immigration vienne des régions », lance-t-il en riant, suscitant les applaudissements nourris de la foule.

Source: Les cibles migratoires occultent les vrais enjeux, disent les experts | Le Devoir

L’anglais mieux que le français pour les immigrants

More on language and immigration in Quebec.

No surprise that in Montreal, where most settle, only speaking French is a disadvantage. But the difference is significant, and overall, Quebec immigrant economic integration is the weakest of the larger provinces:

Les nouveaux arrivants qui ne parlent que le français éprouvent plus de difficulté à se dénicher un emploi au Québec que ceux qui ne connaissent que l’anglais. Le taux de chômage de ces immigrants francophones est de 40 % supérieur à celui de ces nouveaux arrivants anglophones.

C’est ce qui ressort de la compilation, obtenue par Le Devoir, que le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) a faite à partir de l’Enquête nationale auprès des ménages de Statistique Canada de 2011 et de 2006.
Ainsi, le taux de chômage des immigrants récents — ceux qui sont arrivés depuis cinq ans ou moins — qui ne parlent que l’anglais atteint 16 %, alors qu’il se gonfle à 23 % chez les mêmes immigrants récents qui ne parlent que le français, pour une différence d’un peu plus de 40 %.

Dans les premières années suivant leur arrivée, les unilingues francophones (comme leur langue maternelle n’est pas le français pour la plupart, ils sont en fait bilingues) sont affligés du même taux de chômage que les immigrants allophones qui ne connaissent ni le français ni l’anglais. En revanche, ces nouveaux arrivants allophones, souvent des femmes, participent peu au marché du travail.
De leur côté, les immigrants récents anglophones qui ne connaissent pas le français font aussi bien sur le marché du travail que les nouveaux arrivants qui connaissent les deux langues officielles du Canada.

Dans la région de Montréal, ces immigrants anglophones peuvent compter sur des entreprises prêtes à les accueillir. Vingt-huit pour cent des immigrants travaillent le plus souvent en anglais, note l’économiste Brahim Boudarbat, de l’Université de Montréal, un des auteurs avec Gilles Grenier, de l’Université d’Ottawa, du volumineux rapport remis au MIDI en novembre 2014 et intitulé L’impact de l’immigration sur la dynamique économique du Québec.

« Les immigrants qui ne parlent que le français n’ont accès qu’à 40 % des emplois » au Québec, relève Brahim Boudarbat.

Bilinguisme exigé

Une des raisons qui expliquent les difficultés dans le marché du travail des nouveaux arrivants francophones, c’est l’exigence généralisée du bilinguisme, surtout dans la région de Montréal. « C’est clair que c’est un problème », a signalé Michèle Vatz-Laaroussi, professeure en travail social à l’Université de Sherbrooke. « Les immigrants francophones qui arrivent n’ont pas cette qualification-là. » Les organismes en immigration réclament depuis longtemps des cours gratuits pour ces francophones, mentionne-t-elle.

Les employeurs ont souvent « la mauvaise habitude » d’exiger le bilinguisme « par automatisme », souligne Anait Aleksanian, directrice générale du Centre d’appui aux communautés immigrantes de Bordeaux-Cartierville (CACI). Il faut souvent « négocier » avec les employeurs afin qu’ils acceptent d’embaucher un immigrant qui ne parle pas anglais quand la connaissance de cette langue n’est pas nécessaire, relate-t-elle. L’organisme donne 43 classes de français par session et cinq classes d’anglais, toutes à temps partiel. Les cours de français sont gratuits, mais il y a des frais d’environ 100 $ par session pour les cours d’anglais.

Georgina Kokoun, coordonnatrice du Regroupement des organismes en francisation du Québec (ROFQ), constate que la plupart des offres d’emplois dans la région de Montréal mentionnent l’exigence du bilinguisme. « On voit rarement des postes où on demande juste le français. Il faut être bilingue. »

« J’ai une amie du Sénégal qui m’a dit : “L’immigration au Québec, c’est du dol, c’est comme une arnaque. On te dit que tu peux travailler au Québec en français comme tu le fais dans ton pays.” »

Discrimination

La discrimination est un autre facteur qui explique la situation. Dans une correspondance avec Le Devoir, le MIDI le reconnaît d’emblée.

Les immigrants francophones qui ne parlent pas anglais proviennent essentiellement du Maghreb ou de l’Afrique noire. « Ce sont des minorités visibles et on fait le lien entre Maghreb et musulmans, fait observer Michèle Vatz-Laaroussi. Il y a plusieurs études qui le démontrent : il y a vraiment un phénomène de discrimination [à l’endroit] de ces populations dans l’emploi. »

Source: L’anglais mieux que le français pour les immigrants | Le Devoir

ICYMI: Le Centre de prévention de la radicalisation fait l’objet de pressions

The Centre is off to a rocky start. There may be some lessons here for the planned federal Office of the Community Outreach and Counter-radicalization Coordinator:

Le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence de Montréal (CPRMV), créé il y a un an pour aider les proches et les personnes à risque d’être radicalisées, fait l’objet de pression et d’attaques cinglantes de la part de certains musulmans qui l’accusent d’être partial et de critiquer « sans ménagement la pensée islamique ».

Les critiques déposées par cette minorité à l’égard du CPRMV ne sont pas nouvelles, mais cette semaine, la vigueur de leurs attaques a redoublé d’ardeur, allant jusqu’à entraîner le départ d’une de ses chercheuses, accusée d’être « schizophrène » et d’« être tout sauf objective concernant la pensée et les courants religieux, musulmans, qu’elle dit étudier ».

Le site Muslim News a en effet mis en ligne jeudi après-midi un texte non signé, critiquant vertement le choix du CPRMV d’avoir recruté la chercheuse et spécialiste de la radicalisation Mounia Ait Kabboura, en février dernier. Le texte « Quelle mouche a piqué les anti-radicaux ? » est une salve virulente visant à miner la crédibilité de la nouvelle recrue.

Source: Le Centre de prévention de la radicalisation fait l’objet de pressions | Le Devoir

Dans les coulisses de la francisation: Language and integration

Quebec debates over the francisation of immigrants and the number leaving Quebec (without asking why):

«Québec peine à franciser ses immigrants », apprenait-on il y a quelques mois. Le genre de manchettes qui donne froid dans le dos, vu l’importance de la chose pour l’avenir du Québec. Quand le français se porte mal, tout le monde se retrouve un peu amoché, car la langue est, jusqu’à nouvel ordre, notre seul projet de société. En même temps, la loi 101 n’a jamais été une baguette magique. La francisation est-elle vraiment plus difficile aujourd’hui ?

À en croire une femme qui en fait son pain et son beurre depuis sept ans, le diagnostic n’est pas du tout exagéré. « Tout a changé », dit-elle, se référant à la fois au nouveau programme du ministère (MIDI) et aux immigrants à qui elle enseigne. Cette femme — qui ne veut pas être identifiée « tellement tout est politique » — en a long à dire sur les coupes, mais aussi sur la nouvelle composition des classes. Depuis plus d’un an, 50 % des élèves sont iraniens, du jamais vu pour ce qui est d’une telle communauté.« On dépense une fortune pour des gens qui ont peu d’intérêt à apprendre le français », dit mon interlocutrice.

Les ressortissants iraniens, ainsi que chinois et indiens, sont les moins susceptibles de rester au Québec. Un sur deux quitte la province pour une autre quelques années après son arrivée. Le Québec a pourtant accueilli 6000 Iraniens en 2014, et plus de 3000 dans les neuf premiers mois de 2015, en première et deuxième position du palmarès des groupes reçus. Selon le MIDI, ce sont des immigrants qui auraient été refusés ailleurs au Canada après un changement de critères de sélection. Mais pourquoi accepterait-on des gens devenus inadmissibles au fédéral et qui sont, de plus, de moins bons candidats à la francisation ? « Les Latinos savent très bien où ils débarquent en arrivant ici, dit Mme F (pour francisation). Les Brésiliens et les Colombiens sont ceux qui semblent s’intégrer le mieux ; ils sont toujours une valeur ajoutée dans une classe. »

Les problèmes en francisation ne se limitent pas à la motivation de certains élèves. Le nouveau programme du MIDI fait aussi grincer des dents. D’abord, les établissements de francisation — des universités ou des cégeps très souvent — ne sont plus vus comme des « partenaires », mais plutôt des « mandataires », un peu comme nous ne sommes plus des « patients », mais des « clients » aux yeux du ministère de la Santé. Ensuite, les professeurs n’ont plus de pouvoir d’évaluation. Finis, les tests de classement et les notes en cours de route. À la manière Barrette, c’est le ministère qui décide désormais des niveaux de compétence (il y en a trois) et de l’évaluation finale. Résultats ? « On se retrouve avec des classes à deux, trois vitesses, et plus personne ne reprend une classe. Après le troisième niveau, ils sont souvent à peine capables de conjuguer un verbe », dit Mme F.

Source: Dans les coulisses de la francisation | Le Devoir