Le PQ suggère des mesures pour améliorer l’intégration des immigrants | Politique québécoise

The PQ appears to be stepping back from identity politics post Quebec mosque killing and proposing some positive and concrete integration measures:

Dans la foulée de l’attentat au Centre culturel islamique de Québec, le 29 janvier, le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, a présenté, lundi, une série de mesures destinées à améliorer l’intégration des immigrants et à combattre le racisme et la discrimination au Québec.

«Au cours de la dernière semaine, il y a eu une prise de conscience nationale extrêmement forte des difficultés d’intégration de plusieurs Québécois d’origines diverses – particulièrement, mais pas exclusivement maghrébine -, une prise de conscience très forte qu’il y avait dans notre société des traces de racisme et de discrimination qu’il convient de faire reculer», a affirmé M. Lisée en conférence de presse à Montréal.

Le plan d’action comporte une vingtaine de mesures touchant l’emploi, le logement, l’éducation et la francisation, notamment.

On y retrouve, entre autres, des propositions pour assurer une meilleure reconnaissance des diplômes et des compétences des immigrants, qui sont aux prises avec des taux de chômage beaucoup plus élevés que la moyenne des Québécois. Ces propositions impliquent le déblocage de goulots persistants que l’on retrouve chez certains ordres professionnels et dans les institutions d’enseignement, par exemple.

Certaines mesures visent aussi à contrer la discrimination à l’embauche, notamment en interdisant l’exigence d’une première expérience de travail canadienne, qui crée un cercle vicieux auquel il est impossible d’échapper lorsqu’un candidat nouvellement arrivé se cherche un premier emploi.

Le PQ propose également d’instaurer des amendes salées dans les cas de discrimination pour l’obtention d’un emploi ou d’un logement, parallèlement à des mesures de soutien financier pour l’incitation à l’embauche d’immigrants et à l’offre de stages.

«Il n’existe aucune amende pour quelqu’un qui est pris en flagrant délit de discrimination à l’embauche. Ça n’a pas de sens», a soutenu le chef péquiste.

De plus, il suggère de donner plus de mordant au programme d’embauche des minorités par l’État québécois en insistant sur les objectifs à atteindre, notamment par le biais de la discrimination positive.

Le PQ, qui a déjà fait part de son intention de mettre au rancart le cours d’éthique et culture religieuse, veut remplacer celui-ci par un cours sur la citoyenneté qui toucherait un ensemble de notions sociales, incluant, entre autres, le fait religieux, l’égalité entre les hommes et les femmes, la démocratie, la sexualité et autres.

«Ce cours doit avoir comme objectif de promouvoir une culture de l’antiracisme et contre la discrimination», a dit M. Lisée.

Le Parti québécois insiste également sur les mesures de francisation et l’intégration d’un plus grand nombre d’immigrants dans les conseils d’administration d’organismes publics et parapublics, parmi les candidats et employés des partis politiques et dans les manifestations culturelles.

Source: Le PQ suggère des mesures pour améliorer l’intégration des immigrants | Pierre Saint-Arnaud | Politique québécoise

Des musulmans demandent une meilleure intégration sur le marché de l’emploi

Multiculturalism - Implementing Diversity and Inclusion - Dec 2016.008.pngQuebec has the poorest economic outcomes for visible minorities:

Plus tôt cette semaine, le vice-président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Labidi, a évoqué les efforts vains d’une des victimes de l’attentat, Azzaddine Soufiane, à trouver un emploi à son arrivée dans la province. Celui qui a tenté d’arrêter le tireur, au moment de la fusillade, avait donc décidé d’ouvrir un magasin, avait dit M. Labidi aux journalistes.

« Allez aux présentoirs de chauffeurs de taxi et vous verrez des post-doctorants et des personnes détenant des maîtrises puisque nous ne trouvons pas d’emplois ici », avait-il lancé.

Un programmeur informatique de formation qui est arrivé d’Algérie en 2011, Bachreir Ikhlef, était au départ « plein d’énergie » quand il est arrivé dans sa province d’accueil, a raconté le chauffeur de taxi de 37 ans alors qu’il attendait son prochain passager à quelques kilomètres de la Place d’Youville.

Un conseiller en orientation lui avait suggéré d’obtenir un diplôme au Québec afin d’agrémenter son curriculum vitae.

« Nous étions 25 à avoir commencé le programme, a dit celui qui avait alors opté pour un certificat en programmation. Et à la fin, seulement 12 d’entre nous l’ont fini. »

« Ni moi ni un type venant de la Tunisie n’avons pu obtenir un stage. Aucun d’entre nous n’a trouvé un travail dans notre domaine », a ajouté M. Ikhlef.

Selon l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) — un groupe de réflexion connu pour ses positions plutôt portées à gauche du spectre politique —, 43 % des immigrants étaient surqualifiés, en 2016, pour l’emploi qu’ils occupaient.

« Mêmes démons »

Jeudi, lors de la cérémonie funéraire qui se tenait à Montréal, le premier ministre Philippe Couillard a souligné que la société québécoise « a les mêmes démons auxquels d’autres font face », mentionnant notamment la xénophobie, l’exclusion et le racisme.

Il a appelé les employeurs à engager des personnes en se basant sur leurs compétences et non leur nom de famille, demandant tout haut pourquoi le taux de chômage était plus élevé parmi les immigrants.

Le chauffeur de taxi Taoufik Essekkouri — arrivé du Maroc en 2010 — espère de son côté que ces mots mèneront à des actions concrètes, faisant valoir en entrevue que la surqualification des nouveaux arrivants par rapport à leur emploi est un problème connu depuis longtemps, mais qui tarde à être résolu.

Source: Des musulmans demandent une meilleure intégration sur le marché de l’emploi | Le Devoir

Dix ans après Bouchard-Taylor, tant reste à faire

Good summary by journalists Stéphane Baillargeon, Robert Dutrisac
and Lisa-Marie Gervais:

Québec annonçait il y a dix ans la formation de la commission Bouchard-Taylor. Les deux présidents livrent leur bilan et Le Devoir constate les retards et les échecs dans l’application de plusieurs recommandations centrales.

La « réalité alternative » a la cote par les nouveaux temps trumpiens qui courent, mais les faits sont têtus. Les faits disent, par exemple, que l’organisme Ensemble pour le respect de la diversité, qui fait la promotion du respect des différences, ne reçoit à peu près plus rien de l’État québécois.

Deux ministères (Éducation et Affaires autochtones) fournissent maintenant 4 % des quelque 630 000 $ du budget annuel de fonctionnement. Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion du Québec (le MIDI) fournit par contre 30 000 $ par année pour deux ans pour un projet de lutte contre la radicalisation.

Nous sommes contents d’avoir du soutien pour les petits projets, mais notre mission n’est pas appuyée

« Nous avons subi une baisse énorme », résume Marie-Ève Paiement, qui assume l’intérim à la direction de l’organisme montréalais, qui, en 20 ans, a donné plus de 10 000 ateliers, visité 965 écoles, rencontré près de 340 000 jeunes du Québec et du Canada. « La recommandation qui nous concerne dans le rapport de la commission Bouchard-Taylor n’a malheureusement pas été appliquée, dit-elle. Nous sommes contents d’avoir du soutien pour les petits projets, mais notre mission n’est pas appuyée. »

En 2004, la Fondation pour la tolérance (l’ancien nom d’Ensemble pour la diversité) tirait le tiers de ses revenus des subventions au fonctionnement. C’était avant la commission Bouchard-Taylor et avant que son rapport de 2008 recommande précisément d’augmenter le soutien financier à ce genre d’organisme et à la Fondation en particulier.

Un autre exemple ? La commission recommandait aussi « d’accorder une attention particulière à la Capitale-Nationale de façon à en faire un deuxième pôle métropolitain d’accueil des nouveaux venus ». Vérification faite, le MIDI a annulé le fonds d’aide à la régionalisation des immigrants il y a trois ans.

« Le Québec est la seule province au Canada où la population immigrante s’installe presque exclusivement dans sa métropole, dit Jean-Luc Gélinas, du Service d’orientation et d’intégration des immigrants au travail (SOIT) de Québec. Les professionnels immigrés ne vont pas là où sont les emplois : ils se dirigent presque tous vers Montréal, où ils ne sont pas assurés de trouver du travail en fonction de leurs compétences et de leur formation. »

Le document déposé en 2008 listait 37 recommandations. Dès novembre 2009, un an après le dépôt du rapport, des porte-parole gouvernementaux affirmaient que 80 % des recommandations avaient fait l’objet d’un suivi.

Jusqu’au départ du premier ministre Jean Charest en 2012, le directeur général de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), Stephan Reichhold, produisait un « Bulletin de performance » pour suivre l’application des recommandations. Il évaluait en 2010 que 6 % des stratégies proposées étaient concrétisées. « Je ne penserais pas que ç’a ait beaucoup changé », dit-il au Devoir.

Dans un article publié en 2014 dans le livre L’interculturel au Québec (PUL), le sociologue François Rocher, de l’Université d’Ottawa, estimait pour sa part qu’environ le tiers (37 %) des recommandations avaient été mises en oeuvre. La note positive n’était accordée qu’à 7 des 24 plans jugés prioritaires.

Bref, les bilans ne semblent pas très favorables, et les deux présidents eux-mêmes trouvent aussi, dans les entrevues accordées au Devoir, que les choses traînent.

Le professeur Gérard Bouchard fait directement référence à ce bilan très mitigé. Charles Taylor souligne que deux secteurs concrets font particulièrement défaut, celui de la reconnaissance des compétences et des diplômes et celui de l’intégration comme telle.

Les vérifications effectuées par Le Devoir au sujet d’une dizaine de recommandations décrites comme prioritaires il y a dix ans pointent aussi vers du laxisme, des lacunes, voire des régressions.

Interculturalisme et laïcité. La commission demandait que le modèle de l’interculturalisme soit inscrit dans une loi. Ce modèle diffère du multiculturalisme en ce sens qu’il met l’accent sur la diversité, mais autour d’un noyau francophone. Les commissaires proposaient également l’adoption d’un livre blanc afin de lancer une vaste consultation sur la laïcité dite ouverte.

Dix ans plus tard, il n’y a pas de loi sur l’interculturalisme, pas plus que de livre blanc. Nous en sommes à la quatrième mouture de projets de loi qui ont voulu circonscrire la laïcité — les libéraux préfèrent la notion plus canadian de neutralité religieuse de l’État — et les accommodements religieux. Toutes ces tentatives furent vaines sauf, évidemment, le projet de loi 62, dont on a retardé l’étude en commission parlementaire en raison du climat actuel teinté par l’attentat.

Intégration des immigrants. Le souhait était d’intensifier « la reconnaissance des compétences et des diplômes acquis à l’étranger ». Yann Hairaud, directeur général de la Clef pour l’intégration au travail des immigrants de Montréal (CITIM), juge qu’« il n’y a pas eu de suite à cette recommandation » malgré quelques efforts notables, dont la mise en place d’un mécanisme de traitement des plaintes des décisions prises par les ordres professionnels. Ce problème concerne environ un immigrant au Québec sur dix, soit plus ou moins 4500 personnes par année.

Le Québec compte 46 ordres qui réglementent la profession de plus de 385 000 membres. Une dizaine d’entre elles (dont les médecins, les ingénieurs ou les infirmières) totalisent 80 % des demandes de reconnaissance, avec des taux d’acceptation très variables. Les obstacles viennent par exemple des coûts imposés pour les examens, de la difficulté de trouver des formations d’appoint ou des stages.

Inégalités et discriminations. Les commissaires ont conclu que l’État devrait porter une attention particulière à la lutte contre les crimes haineux et a exigé plus de ressources et de moyens pour les organismes de lutte contre la discrimination, notamment à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Or, si le budget annuel est resté stable (environ 15 millions de dollars), 33 postes ont été abolis, passant de 161 à 128 (équivalents à temps complet) au cours des dix dernières années. Un service-conseil en matière d’accommodements raisonnables a été mis en place en 2008 pour aider les décideurs.

Pratiques d’harmonisation. Une attention particulière devait être portée à la déjudiciarisation du traitement des demandes d’accommodement ou de la formation des enseignants. Ces formations, qui datent d’avant la commission, sont toujours aussi nombreuses

« Peut-être que, dans les commissions scolaires en région, où l’immigration est plus récente, il y a plus de besoins », dit Marie McAndrew, professeure à la Faculté des sciences de l’éducation à l’Université de Montréal et spécialiste des questions de multiethnicité. « Mais dans les grosses commissions scolaires, à Montréal, […] c’est clair que l’expertise est là. »

Source: Dix ans après Bouchard-Taylor, tant reste à faire | Le Devoir

Quebec’s Response to Hate: More Tolerance – The New York Times

NYT editorial notes the contrast between Canada and the US (but no reason to be smug):

No society is immune to acts of terrorism, especially by a lone wolf driven by deep hatreds. The United States has known many mass shootings; Norway had the mass murderer Anders Behring Breivik; in France last July, a man drove a truck into a crowd in Nice, killing dozens; the list could go on and on. When they strike, the measure of a wounded society is how it responds.

On Sunday, Quebec City was struck when, officials say, a 27-year-old student named Alexandre Bissonnette, known to be a right-wing extremist, walked into a mosque, began shooting and killed six people. The shock across Canada was immediate and tangible: Tolerance is a proud theme in Canadian identity — the country has taken in nearly 40,000 Syrian refugees since late 2015 when Prime Minister Justin Trudeau took office. Now Canadians were wondering how this could have happened, and what it means — a question made more acute by their widespread revulsion at President Trump’s actions to block Muslims from the United States.

The response of Quebec’s premier, Philippe Couillard, is worth noting. “Every society has to deal with demons,” he said. “Our society is not perfect. None is. These demons are named xenophobia, racism, exclusion. They are present here. We need to recognize that and act together to show the direction we want our society to evolve.”

That was what Canadians sought to do. Thousands gathered at memorial services across the country, including Mr. Trudeau on Monday. Speaking earlier to Parliament, he addressed the more than one million Muslim Canadians: “Thirty-six million hearts are breaking with yours,” he said, referring to the population of Canada. “Know that we value you.”

In sad contrast, the reaction from Mr. Trump’s White House was to use the shootings to justify its anti-immigrant policies. The attack was a “terrible reminder,” said the White House press secretary, Sean Spicer, of why America’s actions must be “proactive, rather than reactive.” The logic, or illogic, seemed to be that if Muslims had been kept out of Canada, they would not have been killed.

Canada is not perfect; it, too, has its demons, as Mr. Couillard said. But the response of a democratic society must be to reaffirm its fundamental faith in freedom, including the freedom to practice one’s faith and cultural traditions. In Quebec, the demons took a terrible toll, but the country’s commitment to inclusion was, if anything, strengthened.

Lise Ravary: It took a massacre in a mosque, but Quebecers now see the darkest side of their identity crisis

It should not have taken this incident or this long for commentators like Ravary to become more mindful and self-aware, but better late than never.

But yet she still uses the language “at war” rather than strongly opposed, unacceptable or other words.

Words matter:

The killing and maiming of Muslim men in prayer in Québec City Sunday night raises many questions. Some of those questions are extremely uncomfortable for Quebecers.

Over time, we will find out more about the motives of the alleged killer, Alexandre Bissonnette, but such tragedies do not occur in a vacuum. Knowing why it happened is as important as finding out why the first deadly terrorist attack against Muslims by a non-Muslim in the West happened in Quebec.

My gut reaction to the news was “That’s not us!” I tweeted it. Replies from other commenters came fast and furious. “Oh yes, it is. Quebec is a racist society. Islamophobia and anti-Semitism are rampant.”

It’s sad that many Canadians genuinely believe this; I won’t even begin to try and change their minds here. Uniquely racist Quebec is an alternative fact. Even so, in the aftermath of this tragedy, not asking what role, if any, Quebec society played a role in this tragedy would be doing Quebecers a great disservice.

It may be too soon to start laying the cultural blame for this crime but already, politicians such as Parti Québécois leader Jean-François Lisée, have admitted that they may have gone too far in their criticism of Muslims in Quebec. Premier Couillard is asking for a change of tone. He’s right.

As a conservative columnist at war with religious extremism and political Islam in particular, I will keep myself in check. When denouncing Islamism, I always insist that my comments do not apply to Muslims as a people or to Islam as a faith.

I realized last Sunday that many readers don’t see the difference, some because they can’t. Others because they won’t. Media must take this into consideration. Some are blinded by racism and other by fear. Not so much fear of Muslims the quintessential fear that Quebecers have of disappearing as a nation.

Source: Lise Ravary: It took a massacre in a mosque, but Quebecers now see the darkest side of their identity crisis | National Post

Les braises de l’intolérance | Le Devoir

Good analysis by Michel David on how Quebec has yet to come to terms with diversity and the need to avoid identity politics:

Il n’est jamais facile de comprendre les motivations profondes d’un individu qui décide d’assassiner ses semblables, mais on doit certainement s’interroger sur les conditions qui peuvent l’encourager à commettre un acte aussi barbare que le massacre de la mosquée de Québec.

François Legault, que le premier ministre Couillard avait accusé de « souffler sur les braises de l’intolérance », a raison de dire que de telles tragédies ne doivent pas nous faire renoncer à débattre des moyens de combattre l’extrémisme, mais le discours politique qu’on entend au Québec depuis dix ans a pour le moins manqué de nuance. Certes, l’exemple xénophobe de Donald Trump risque d’être contagieux, mais le « code de vie » d’Hérouxville date de janvier 2007 et la boîte de Pandore ne s’est jamais refermée depuis.

Le débat sur la laïcité est tout à fait légitime, mais la crainte de l’extrémisme islamique a eu pour effet de créer une confusion dont l’ensemble de la communauté musulmane est devenue la victime. Une confusion qui a été trop souvent entretenue et exploitée à des fins politiques.
Une triste coïncidence a voulu que le drame de Québec survienne à quelques jours du dixième anniversaire de la création de la commission Bouchard-Taylor, qui visait précisément à empêcher pareils dérapages.
Force est de reconnaître que nous avons collectivement échoué. La « vigoureuse prise de conscience » que la commission voulait provoquer au sein de la société n’a pas eu lieu. La réponse politique n’est pas venue non plus. Depuis la crise des accommodements raisonnables de 2006-2007, aucun gouvernement n’a réussi à légiférer pour donner suite aux recommandations pourtant très modérées de son rapport.
On a sévèrement reproché au gouvernement Marois d’avoir semé la division avec son projet de charte des valeurs. Après la défaite du PQ, ceux qui siégeaient à la table du Conseil des ministres s’en sont désolidarisés les uns après les autres, mais quelqu’un croit-il sérieusement que quelqu’un aurait démissionné si elle avait été adoptée, comme l’a prétendu Jean-François Lisée ?
Il est vrai que le projet de Bernard Drainville ratissait beaucoup trop large, mais la plupart des gens ne prêtent pas une grande attention aux détails d’un projet de loi. C’est surtout le ton du débat et les malheureux amalgames auxquels il peut donner lieu qu’on retient.
Durant les audiences en commission parlementaire, le président du Conseil musulman de Montréal, Salam El Menyawi, avait été moins choqué qu’attristé par le témoignage de la famille Pineault-Caron, de retour d’un voyage au Maroc, où elle avait été horrifiée de voir des hommes « prier à quatre pattes, à terre sur un petit tapis » et qui ne comprenait pas que le maire Coderre laisse « des al-Qaïda, des n’importe quoi » s’installer à Montréal.
« On a besoin d’éduquer la population. C’est triste parce que les gens qui ne connaissent rien à notre religion vont se fier à ces commentaires », avait dit le président. Alors que la commission Bouchard-Taylor proposait la création de programmes qui favoriseraient un rapprochement, le discours politique contribue trop souvent à un éloignement qu’on déplore seulement quand il tourne à la tragédie.
Jean-François Lisée n’est pas un islamophobe, mais il a clairement voulu profiter de l’islamophobie ambiante quand il a associé Alexandre Cloutier à Adil Charkaoui durant la course à la chefferie du PQ. Il n’a pas davantage contribué à alléger le climat en déclarant qu’une burka pouvait cacher un AK-47.
« Tant que plusieurs d’entre eux éprouveront un vif sentiment d’insécurité pour la survie de leur culture, ils seront moins sensibles aux problèmes des immigrants et des minorités ethniques », soulignait la commission Bouchard-Taylor, y voyant l’origine de la crise qui avait entraîné sa création.
Le premier ministre Couillard avait raison d’insister sur l’attention qu’il faut porter au choix des mots, notamment dans le discours politique, mais le devoir de ceux qui gouvernent est aussi de conjurer dans toute la mesure du possible cette insécurité qui tenaille les Québécois.
M. Couillard accuse ses adversaires d’attiser l’intolérance, mais que fait-il lui-même pour les rassurer. Qu’il s’agisse de langue, de laïcité ou d’intégration des immigrants, son gouvernement donne toujours l’impression de chercher à en faire le minimum.
Même dans le projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État, on a trouvé le moyen de faire en sorte que la règle voulant que les services publics soient livrés et reçus à visage découvert puisse être contournée. Ce laisser-faire est aussi une façon de souffler sur les braises.
Malgré l’ampleur du drame de dimanche, le Québec a une remarquable tradition de tolérance. En raison de leur histoire et de leur environnement géopolitique, les Québécois sont néanmoins habités par une insécurité culturelle permanente.

Quebec media, politicians express regret over Islam rhetoric in wake of mosque attack

Hopefully, a lasting lesson, not just an immediate one:

Across the province, political operators and media stars offered a range of regrets and conciliatory statements for their failure to take into account the weight carried by their constant analysis of the faith, practices and extremist fringes of Islam dating back more than 10 years.

Journal de Montréal columnist Lise Ravary wrote she has come to realize many citizens fail to catch the nuance between extremism and simple religious devotion in her writing as she has argued for a more secular state.

Parti Québécois Leader Jean-François Lisée admitted he has gone too far sometimes. His party long pushed for legislation that would limit religious accommodation in the province and restrict religious symbols and clothing in interactions with the state. Mr. Lisée once warned the burka – a head-to-toe covering some Muslim women wear – is a security risk because it could conceal firearms for a terrorist attacker.

“It wasn’t a good idea to bring that idea into the Quebec debate,” Mr. Lisée told reporters Tuesday. “It’s not easy to be Muslim in the 21st century. We could turn down our language while still debating our values.”

The Bloc Québécois federal party quietly took down an ad from the 2015 election that depicted a niqab – an all-covering black Muslim veil – transforming into a puddle of oil.

As for “radio poubelle” or “trash radio” as critics call it, Quebec City Mayor Régis Labeaume said the province must “reject … those who enrich themselves with hatred.”

One emotional talk radio host in the city admitted Tuesday to an airwave obsession with radical Islam and expressed his shame that his address book was empty when he needed to talk to local Muslim citizens. “I don’t think a week passes that I don’t talk about their religion, about radical Islam. When I wanted to talk to our own [Muslim] people, I figured out we don’t know any. We didn’t have a number,” said Sylvain Bouchard, morning host on FM93. Mr. Bouchard is far from the meanest host on Quebec City airwaves, and several of his competitors angrily denied going too far.

Muslims in Quebec City and across the province were buoyed by large public rallies of support in recent days but they wonder how much the public debate can change.

“Trash radio constantly wants to talk about Islam and it does us immense harm. We are a small community here and huge numbers of people listen to that radio. They see us, they don’t talk to us, they think we’re monsters,” said Yassin Boulnemour, a friend and co-worker of Abdelkrim Hassane, a 41-year-old father of two who was killed in the attack. “If you want to show us your solidarity, stop listening to the radio.”

Majdi Dridi, an organizer with the Quebec arm of the Muslim Association of Canada, said he hopes authorities will take more seriously routine acts of hate and Islamophobia the community encounters. “It’s time now to fine our points of commonality instead of talking about differences and how to accommodate them.”

Not all of the political and media actors are ready to forget about their agenda for limiting the place of Islam in the public sphere. Bernard Drainville, the former PQ member cabinet minister who in 2013 drafted the failed charter of values that would have limited religious dress in the public service among other measures, took to his current TV and radio commenting gigs to say the debate must go on – after a respectful pause.

Source: Quebec media, politicians express regret over Islam rhetoric in wake of mosque attack – The Globe and Mail

Incorrect Fox News tweet on Quebec City mosque attack earns scorn of PMO

Appropriate quick action by PMO. Expect this will not be the last time that these kinds of corrections and messages will be needed and which I suspect will be more effective than general messaging or statements:

The director of communications for the Prime Minister’s Office has written to Fox News, asking it to remove a tweet that she says is “dishonouring” the victims of the Quebec City mosque shooting.

Kate Purchase sent the letter to Bill Shine, co-president of Fox News Channel, asking the organization to remove a tweet that incorrectly reported the suspect in the shooting was of “Moroccan origin.”

Fox News responded by saying it regretted the error and would delete the tweet.

Amid the chaos that characterized the initial hours after the shooting, the incorrect information was also reported by a number of Canadian news organizations, including CBC News.

The Fox tweet only mentioned one possible shooter, while other organizations reported that there were two possible shooters, including one that was of Moroccan origin. Fox ‘s tweet contained text across an image of Prime Minister Justin Trudeau saying “We condemn this terror attack on Muslims.”

While two men were initially arrested, police have only charged 27-year-old Alexandre Bissonnette. The second man, 19-year-old Mohamed Belkhadir, was not involved in the shooting but rather was a witness to the attack that left six dead.

A link contained in the Fox News tweet leads readers to a story about the shooting in which Fox explains that its initial reporting on the incident later proved to be incorrect.

But Purchase wanted that tweet updated to reflect the most recent information.

“Sadly, this misleading information has been left to stand on the Fox News Channel’s Twitter account and continues to circulate online even now,” Purchase wrote.

“These tweets by Fox News dishonour the memory of the six victims and their families by spreading misinformation, playing identity politics, and perpetuating fear and division within our communities.”

Fox News Tweet

A screengrab of the tweet by Fox News, which went out Monday. (@FoxNews/CBC)

Purchase goes on to say that Canada is an “open, welcoming” country and a “nation of millions of immigrants and refugees.”

Moving beyond the tweet, Purchase says that “we need to remain focused on keeping our communities safe and united, instead of trying to build walls and scapegoat communities.

“If we allow individuals and organizations to succeed by scaring people, we do not actually end up any safer. Fear does not make us safer,” she says. “It makes us weaker. Ramping up fear and closing our borders is not a solution. It distracts from the real issues that affect people’s day to day life.

“For all of these reasons, we ask that Fox News either retract or update the tweet to reflect the suspect’s actual identity.”

Late Tuesday, FoxNews.com managing director Refet Kaplan issued a statement saying the organization regretted the error and had made moves to correct it.

“FoxNews.com initially corrected the misreported information with a tweet and an update to the story on Monday,” Kaplan said in the statement. “The earlier tweets have now been deleted. We regret the error.”

Source: Incorrect Fox News tweet on Quebec City mosque attack earns scorn of PMO – Politics – CBC News

Montréalais soupçonné de terrorisme: «Ils ont tout fait pour me radicaliser» 

Interesting testimony by one radicalized Québécois, and the contribution that feeling second-class made in his radicalization journey:

Les parents de Wassim, des immigrants algériens, ne sont pas particulièrement religieux, dit-il. Lui s’est tourné vers la religion vers l’âge de 18 ans, notamment parce qu’il dit ne pas avoir trouvé sa place dans la société québécoise.

« J’ai grandi dans Côte-des-Neiges et après dans Outremont, et les gens étaient toujours en train de m’emmerder. Ils me disaient de retourner dans mon pays. Ils me demandaient si je parlais français. Je suis né à Montréal. Où est-ce qu’ils voulaient que je retourne ? Avec des histoires comme ça, j’ai commencé à détester tout le pays. »

Le jeune homme raconte s’être souvent senti traité comme un citoyen de deuxième classe. « On se sent pas chez nous. T’as pas les mêmes chances. T’es pas traité de la même façon tant que t’es pas comme eux, dit-il. Tu vas voir les Québécois et ils te rejettent. J’ai dit OK, je vais revenir à mes origines. »

« Je le dis sans vouloir insulter, mais les anglophones sont plus gentils avec nous. » Il raconte avoir été marqué, adolescent, par « l’affaire Hérouxville » en 2007, alors que le conseil municipal du village de la Mauricie avait adopté un code de conduite pour les immigrants, et par les accommodements raisonnables. Il a suivi le débat entourant la charte des valeurs à distance, en 2014.

« C’est juste au Québec que ça arrive. Ça confirme ce que je pense. Je ne sais pas si je serais parti si j’avais grandi dans une autre province. »

Se considère-t-il comme un radical ? « Pourquoi est-ce qu’un juif qui va se battre pour son peuple n’est pas vu comme radical ? Ça n’a pas de sens. Selon la définition du gouvernement canadien, oui, je suis radical. Je ne mentirai pas. Mais à mes yeux, je ne suis pas radical. Je ne suis pas extrémiste. Pour moi, être radicalisé, c’est quand t’es tellement obtus dans tes opinions que tu n’acceptes rien d’autre. Je ne suis pas comme ça. »

Il affirme qu’il soutiendrait n’importe quel État où la loi islamique est appliquée, mais qu’il est contre le groupe armé État islamique. « Ils sont hors de l’islam. Ils sont devenus fous. »

Jamais il ne reviendra au Canada, dit-il.

Des membres du groupe soupçonné dans l’affaire de la prise d’otages, aucun n’a été arrêté, mais l’enquête se poursuit.

ICYMI: Quebec City guide to help integrate newcomers derided as insulting, infantilizing

Does seem that this guide would have benefited from greater care in its design and emphasis. That being said, it is an effort to capture some unwritten aspects of integration but not whether the content reflects evidence or is based upon the assumptions of the authors:

Immigrants who settle in Quebec City are being offered a new guide to explain local customs, and the authors spare no detail in telling the newcomers how to fit in – for example, refrain from committing incest, wash with soap and use underarm deodorant to “control perspiration and bad odours.”

The guide from city hall was made public last week and has already been condemned as insulting and paternalistic.

“It’s a good idea to prepare something intelligent to help immigrants, but the way it was done is infantilizing,” Anne Guérette, municipal opposition leader in Quebec City, said on Sunday.

Quebec City is one of 13 municipalities across Quebec designated by the province to settle refugees from Syria. While Montreal remains the overwhelming destination of choice for newcomers, more than 550 state-sponsored refugees landed in Quebec City, 400 of them from Syria.

To help them integrate, city hall unveiled a guide last week, “Québec, Une ville pour moi” (Quebec City, A city for me) that spells out “common values” and ways of life in the province’s second-largest city. Some of the values, such as the equality of men and women, are commonly recognized in Canada. Other rules in the booklet, whose contents were first reported in Le Journal de Québec, seem to treat newcomers as if they are joining the civilized world for the first time, or have never bathed.

The section on “Hygiene and body care,” which is accompanied by a diagram of a dark-haired man with a beard, advises brushing one’s teeth at least twice a day “with a toothbrush and toothpaste.” Hand-washing is a must, “especially after going to the bathroom,” among other occasions. Socks and underwear should be washed after each use. And when washing one’s body, “pay particular attention to underarms, feet and intimate parts.”

For household rules, the guide counsels limiting kitchen odours through the use of an oven vent, and removing shoes inside the house to avoid disturbing one’s neighbours. In yet another rule aimed at removing “bad odours,” the guide helpfully suggests opening a window.

Mayor Régis Labeaume defended the guide in Quebec City last week, calling it “completely normal.”

“We could have just talked about sorting household garbage, but that is not enough,” Mr. Labeaume said. “There are practices, ways, traditions that are different,” he said. “There are laws and rules that exist here that might be different from the countries of origin of immigrants. So it’s better to go this far.”

The tips out of Quebec City come as the country debates the notion of defining “Canadian values,” as the country integrates large numbers of newcomers, and as Conservative leadership candidate Kellie Leitch has proposed screening would-be immigrants for “anti-Canadian values.”

Quebec City’s guide, which received funding from the provincial immigration ministry, also has a section on family violence. It says using violence against your spouse violates the Criminal Code, as is using “unreasonable” force or using a belt or ruler to punish your child. Sexual consent is necessary even among married couples. Incest is a crime.

“For example: Brother + sister = illegal. Parent + child = illegal,” the guide spells out.

The guide is being distributed to organizations working with immigrants and refugees. Chantal Gilbert, a city councillor whose responsibilities include minority ethnic communities, says the individual sections can be made available to groups depending on their particular needs.

“There are communities to whom things won’t necessarily apply,” she said. “There are communities that might come from a place that is exactly the same culture as us, though they might need to know how things work for schooling. Even a French person from France comes here and can’t figure out the schooling for their children.”

Source: Quebec City guide to help integrate newcomers derided as insulting, infantilizing – The Globe and Mail