Le projet de cimetière musulman à Saint-Apollinaire est rejeté | Le Devoir

Relatively close vote and small number of voters. Unfortunate:

Le projet de cimetière musulman à Saint-Apollinaire, près de Lévis, a été rejeté dimanche à l’issue d’un vote serré d’une quarantaine d’électeurs.

Au total, 36 des 49 personnes appelées à se prononcer sur la création de ce cimetière se sont présentées au bureau de vote.

Dix-neuf de ces 36 électeurs ont voté contre le projet, soit seulement trois de plus que ceux qui ont voté pour. Un autre bulletin a été rejeté.

Le projet visait à construire un cimetière musulman sur la rue Laurier, à côté d’un site funéraire multiconfessionnel déjà existant près de l’autoroute 20. Il était piloté par la grande mosquée de Québec, qui a été frappée par l’attentat du 31 janvier au cours duquel six musulmans ont été tués.

La consultation concernait seulement les voisins immédiats du projet, soit 49 des 6000 habitants de la municipalité située à 35 kilomètres au sud-ouest de Québec.

Bernard Ouellet, maire de Saint-Apollinaire, a avoué sa déception à l’annonce des résultats, seulement 15 minutes après la fermeture du bureau de vote.

« Je suis déçu. Je pense que c’est surtout la peur et la désinformation qui a guidé le choix des gens, mais je ne crois pas que ce soit le racisme », a-t-il confié.

Quant au peu de citoyens qui avaient à se prononcer sur cette délicate question, le maire estime que le processus, bien que démocratique, n’était pas idéal.

« La loi est faite pour se prononcer sur un type de zonage. Ici, ce n’est pas l’usage du terrain qui était contesté, c’est le mot “musulman”, donc les électeurs n’ont pas rejeté un cimetière, ils ont rejeté un cimetière musulman », a souligné M. Ouellet.

Tous perdants

Les opposants au projet étaient toutefois loin de célébrer leur victoire dimanche soir. « Non seulement tout le monde est perdant, mais lundi on va être jugés et pointés du doigt. Ce qui arrive à Saint-Apollinaire, c’est triste, ça divise les gens au sein des familles, personne n’a gagné ce soir », a commenté en pleurs Sonny Létourneau, qui représentait le comité du « non ».

Mme Létourneau estime que les citoyens de Saint-Apollinaire ont fait preuve d’ouverture. « On a proposé que ce soit un cimetière multiconfessionnel. Même lorsqu’on a obtenu les signatures nécessaires pour le référendum, on a demandé que le projet soit mis sur la glace pour que tout le monde puisse discuter et trouver un terrain d’entente », a-t-elle souligné.

La semaine dernière, le principal défendeur du projet et secrétaire du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Kesri, avait exprimé le souhait que l’administration municipale ne tienne pas compte du résultat si celui-ci était négatif.

« On ne peut pas céder pour une poignée. Ils ont le pouvoir de ne pas aller en référendum, donc si on peut faire appliquer cela, pourquoi ne pas le faire ? » avait-il déclaré à La Presse canadienne.

«Insensé»

Dimanche, il retenait son indignation avec peine.

« Je suis un peu déçu, c’est normal. Comment voulez-vous que 19 [personnes] viennent arrêter un projet pour plusieurs milliers de personnes ? Ce n’est pas une consultation pour dire si on va ramasser les ordures le matin ou l’après-midi, quand même. C’est une demande importante. On ne peut pas se baser sur un refus de 19 [personnes]. C’est insensé. C’est incroyable. »

Le maire Ouellet ignore ce que réserve l’avenir pour le moment.

« Je n’ai pas de prochaine étape en vue. On va faire un résumé au cours de la semaine prochaine avec les gens de la mosquée », a-t-il dit.

Bernard Ouellet s’est consolé en se disant qu’au moins, le référendum était un point de départ pour parler des musulmans au Québec et mieux s’informer sur leur mode de vie.

Le promoteur du centre funéraire Harmonia responsable du projet, Sylvain Roy, était présent dans la salle lors du dévoilement des résultats.

Il n’a toutefois pas voulu commenter la situation.

Dans les dernières semaines, il avait affirmé se battre « contre le racisme ».

« Ils sont contre l’implantation d’une culture dans un milieu qu’ils veulent conserver 100 % québécois », avait-il déclaré.

Le week-end dernier, l’entreprise funéraire Lépine-Cloutier a annoncé qu’elle consacrerait une partie de son cimetière multiconfessionnel de Saint-Augustin-de-Desmaures, tout près de Québec, aux personnes musulmanes. Environ 500 lots leur sont dorénavant réservés.

Source: Le projet de cimetière musulman à Saint-Apollinaire est rejeté | Le Devoir

Cimetière musulman: Saint-Apollinaire sous tension | Le Devoir

Hard to understand the nature of the opposition and we will know on Sunday the results of the referendum:

On saura dimanche si le projet de cimetière musulman de Saint-Apollinaire sera accepté ou non par référendum. Plongée malgré elle au coeur du délicat débat identitaire, la petite ville espère maintenant qu’elle n’en sortira pas trop désunie ou étiquetée.

« Dans n’importe quelle petite communauté comme la nôtre, tu aurais eu le même débat », a dit le maire Bernard Ouellet lors d’une rencontre à son bureau mardi. « J’ai reçu des courriels des quatre coins de la province là-dessus. »

Pour lui, le débat qui secoue la petite ville aurait dû se faire à une plus grande échelle. « Que voulez-vous, c’est nous qui sommes au bâton avec ça… »

Saint-Apollinaire se trouve dans la région de Chaudière-Appalaches, à une trentaine de minutes de Québec. La consultation a ceci de particulier que seulement 47 personnes sur 6000 habitants pourront voter, puisque les anciennes règles encadrant les référendums municipaux ne permettent qu’aux voisins immédiats de se prononcer.

Ces dernières semaines, les camps du «Oui» et du «Non» se sont succédé dans le rang de la Prairie-Grillée pour rallier les électeurs. « On est rendus à sept visites, sans compter les fois où on n’était pas là », a raconté un résidant favorable au projet qui a préféré taire son nom. Pourquoi rester anonyme ? « Parce que j’ai des voisins qui se sont prononcés contre, je ne veux pas brasser tout ça. […] Ma plus grande crainte, c’est pour Saint-Apollinaire. C’est une belle municipalité, et j’ai peur qu’on lui accole une étiquette. »

De l’autre côté du rang, un jeune homme nous a carrément envoyés paître. « Je ne veux rien savoir », a-t-il lancé sans préciser s’il ne voulait rien savoir du cimetière… ou des médias.

Rappelons que le projet vise à construire un cimetière musulman à côté d’un site funéraire multiconfessionnel déjà existant près de l’autoroute. Il est piloté par la grande mosquée de Québec, celle-là même qui a été frappée par l’attentat du 31 janvier.

« On se bat contre le racisme », affirme sans ambages le promoteur Sylvain Roy du centre funéraire Harmonia. « Ils sont contre l’implantation d’une culture dans un milieu qu’ils veulent conserver 100 % québécois. »

Photo: Francis Vachon Le DevoirSylvain Roy, du centre funéraire Harmonia, offre le terrain derrière lui pour la réalisation du cimetière musulman espéré depuis longtemps par la grande mosquée de Québec.

« Les gens ont véhiculé toutes sortes de faussetés, déplore-t-il. On a dit que les musulmans enterraient leurs morts sans cercueil, trop près de la surface du sol… Tout ça, c’est faux. »

Le voisin immédiat du complexe funéraire, M. Henri Baril, ne voit quant à lui aucun problème à cette cohabitation éventuelle. « Ça ne devrait déranger personne, on a tous droit à un enterrement respectueux », résume-t-il. « De toute façon, que ce soit des musulmans, des Anglais, des Italiens, des Russes, des catholiques ou des non-catholiques, on meurt tous un jour. »

Que voulez-vous, c’est nous qui sommes au bâton avec ça…

Bernard Ouellet, maire de Saint-Apollinaire

Le « Non » pressenti

Sur place, la plupart des gens s’attendent à une victoire du « Non ». « J’ai bien peur que ça ne passe pas, nous a dit le maire. Je serais agréablement surpris si ça fonctionne. »

Le propriétaire d’Harmonia est du même avis. « Si les gens favorables vont voter, ça risque de passer, mais d’habitude, les gens qui sont contre vont plus voter. »

M. Baril, lui, croit que les opposants ne sont « pas si nombreux », mais se font « plus entendre ». Il a aussi trouvé les partisans du « Non » très insistants lors de leur passage chez lui. « C’était presque du harcèlement. Ça ne finissait plus. »

De son côté, la représentante du comité du « Non », Sunny Létourneau, dit n’avoir aucune idée des résultats auxquels on doit s’attendre. Cette commerçante aussi a hâte qu’on passe à autre chose. « Ça crée un malaise terrible dans la municipalité. Ça crée des divisions, des tensions familiales. »

Si certains membres de son groupe n’ont pas hésité à tenir des propos ouvertement racistes dans le débat, Mme Létourneau se défend bien d’en être.

« On ne dit pas non aux musulmans, on dit non au projet actuel de la mosquée [de Québec]. » « Je ne veux pas qu’on associe le comité du “Non” au racisme, parce qu’il y en a seulement quelques-uns. On dit non à un changement de zonage, ce n’est pas juste pour une question religieuse. »

Elle-même dit qu’il ne faut pas « mettre tous les musulmans dans le même panier ». En entrevue, elle s’interroge sur l’expertise d’Harmonia à faire des enterrements et dit craindre que les gens de la grande mosquée de Québec négligent l’entretien de leur cimetière une fois qu’il sera installé.

La grande mosquée de Québec devrait selon elle s’insérer dans un cimetière multiconfessionnel comme à Saint-Augustin, où des familles ont acquis des lots dans un cimetière catholique. Elle a d’ailleurs pris part à l’inauguration du carré musulman à Saint-Augustin.

Or c’est complètement différent, rétorque M. Roy. « La communauté musulmane veut un cimetière confessionnel, une terre sacrée où ils peuvent déposer leurs morts selon les principes du Coran. » Le porte-parole de la mosquée, Mohammed Kesri, a d’ailleurs été choqué d’entendre que l’initiative de Saint-Augustin constituait un cimetière musulman.

Quand on fait remarquer qu’il aurait pu miser sur un lieu plus habitué à la présence d’immigrants que Saint-Apollinaire, M. Kesri rétorque qu’il n’avait pas le choix. « Ça fait 10 ans, 15 ans qu’on cherche. C’est la seule place où on a eu une offre ! » dit-il.

Les résultats du référendum doivent être dévoilés dimanche vers 20 h. Les terrains de ce genre son si ardus à trouver, assure M. Kesri, que même si le « Non » l’emporte, il est prêt à continuer à défendre le projet à Saint-Apollinaire. « Mais c’est sûr que si le 17 il y a un maire quelque part près de Québec qui nous dit que c’est possible d’établir un cimetière musulman ailleurs, ce sera avec plaisir ! »

Un premier cimetière musulman dans la région de Québec | Le Devoir

The less controversial cemetery proposal and one that recognizes Canadian (and Quebec) Muslims:

Près de six mois après l’attentat à la grande mosquée de Québec, un premier cimetière musulman a été officiellement inauguré, dimanche, dans la région de la Capitale-Nationale.

Une portion du cimetière Les Jardins Québec appartenant à l’entreprise funéraire Lépine Cloutier Athos, à Saint-Augustin-de-Desmaures, sera dorénavant réservée aux défunts de confession musulmane.

En entrevue à La Presse canadienne, le président de Lépine Cloutier Athos, Yvan Rodrigue, a indiqué que 500 lots sont maintenant réservés aux citoyens de foi musulmane et qu’il sera possible d’augmenter ce nombre.

« On a commencé avec une section de 500 lots, mais selon les besoins, nous pourrons agrandir », a-t-il indiqué.

Une solution locale

M. Rodrigue a expliqué que son entreprise a instauré le service afin de « répondre à un besoin de plus en plus criant » pour les gens de l’est du Québec qui n’avaient que deux options — soit être rapatriés dans leur pays d’origine ou être enterrés dans un cimetière musulman à Montréal.

« Il y a des gens qui sont ici depuis plusieurs générations et ce n’est pas toutes les familles qui veulent que le corps soit rapatrié au pays d’origine, donc c’est important qu’ils aient une solution locale », a justifié M. Rodrigue.

L’initiative a toutefois été prise sans la participation du Centre culturel islamique de Québec, qui mène un autre projet de cimetière à Saint-Apollinaire.

Le secrétaire du Centre, Mohamed Kesri, a récemment expliqué au journal Le Soleilque cette nouvelle section de cimetière, à Saint-Augustin-de-Desmaures, ne comblait pas les besoins de la communauté. Selon lui, la majorité des gens préfèrent savoir que leurs proches sont enterrés à un endroit possédé par la communauté et où les rites et coutumes sont suivis.

Une controverse religieuse s’invite au Parc Safari [Muslim call to prayer for private event]

The “sugar shack” type controversy of 2017:

Le Parc Safari a lancé un appel au calme, mardi, après avoir été la cible de réactions virulentes sur les réseaux sociaux dans la foulée d’un événement organisé sur place par des musulmans, dimanche.

L’Association musulmane du Canada avait réservé un espace dans le jardin zoologique pour tenir un rassemblement de 900 personnes. En fin d’après-midi, un appel à la prière a été lancé à l’aide d’un mégaphone, ce que certains visiteurs n’ont pas apprécié.

L’événement a été filmé et diffusé sur Youtube.

Après avoir reçu «plusieurs plaintes», le Parc Safari a tenté de calmer le jeu sur sa page Facebook. «Le Parc Safari est désolé que la liberté de religion ait pu offenser des gens, a écrit l’entreprise. En aucun cas, cela n’était l’objectif recherché.»

Au cours d’un entretien téléphonique avec La Presse, mardi, le propriétaire du Parc Safari, Jean-Pierre Ranger, a assuré que le volume sonore du mégaphone respectait les règles et qu’il n’était pas susceptible d’importuner significativement les autres visiteurs.

«La vidéo montre un moment où quelqu’un avec un mégaphone fait un appel à la prière. Bien oui, et puis? Ç’a duré cinq minutes. Ils n’ont pas dérangé 5000 personnes», dit M. Ranger.

Des centaines de personnes ont réagi à la publication du Parc Safari sur Facebook. Certains ont soutenu que l’événement n’avait pas sa place parce que le Parc Safari n’est pas un «lieu de culte» et que la religion «doit se vivre à la maison». D’autres ont salué l’«ouverture» et le «courage» de l’entreprise.

«Il y a un malaise»

Les regroupements et entreprises qui réservent un espace au Parc Safari ne paient pas de frais spéciaux, mais chaque participant doit débourser le tarif d’entrée, qui oscille entre 26 et 39 $, plus taxes. M. Ranger reconnaît qu’il courtise les communautés culturelles, et ce, depuis des années. Les publicités du Parc Safari sont traduites en 20 langues.

«Je ne me mêle pas du contenu éditorial des événements, pourvu que les gens ne se promènent pas tout nus, qu’ils ne font pas d’orgies et qu’ils ne deviennent pas ivres», a énuméré l’homme d’affaires de 73 ans.

«Je ne suis pas heureux de la situation parce que si on pouvait l’éviter, ce serait mieux, mais ça nous permet de constater qu’il y a un malaise», a-t-il poursuivi en faisant référence à l’inconfort que vivent certains Québécois à l’égard des musulmans.

Haroun Bouazzi, coprésident de l’Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec, s’est indigné des commentaires de certains internautes, qu’il a qualifiés de «haineux».

«Ce n’est qu’une preuve de plus qu’il y a des groupes hyperactifs sur les réseaux sociaux qui carburent à la haine des minorités religieuses et principalement des minorités musulmanes», a commenté M. Bouazzi.

«Il est évident que ce non-événement, ça n’a rien à voir avec la laïcité parce que le Parc Safari n’est pas une institution de l’État», a-t-il ajouté.

Source: Une controverse religieuse s’invite au Parc Safari | Sylvain Larocque | Actualités

English version below:

A Quebec safari park that welcomed a Muslim community group Sunday and allowed afternoon prayers to be held on its site has become the target of “racist and hateful” comments after a short video of the gathering was posted online.

In a message posted on its Facebook page, Parc Safari in Hemmingford, Que. denounced the intolerant response and said it was “sorry if freedom of religion had offended some people.”

Park president and owner Jean-Pierre Ranger said Wednesday that the online abuse is coming from a minority of Quebecers who don’t understand what happened at his facility.

“Intolerance is a factor that occurs, but it’s a small percentage,” he said in an interview. “In some way, education will eventually bring the level of understanding a little higher, and there will be less stress in our society.”

The task of inter-cultural education does not usually fall to a zoo, but in Quebec flare-ups of intolerance can occur in unlikely places.

The province’s 2007 debate over reasonable accommodation featured outrage over Muslims being served pork-free meals and given prayer space at a maple sugar shack and Hasidic Jews being provided a kosher refrigerator at a pediatric hospital.

On Sunday, the Centre Communautaire Laurentien, part of the Muslim Association of Canada, organized an outing to the Parc Safari to celebrate the end of Ramadan and Canada’s 150th anniversary. The event had initially been scheduled for July 1 but was postponed because of rain.

About 950 people took part, and they were provided a small roped-off section of the park for a picnic. When the time arrived for afternoon prayers, the group used a loudspeaker.

A user going by the name guindon87 posted a 46-second video to YouTube in which people are seen at a distance gathering for prayer and Arabic words are faintly heard coming over a loudspeaker. The poster, whose YouTube contributions include a video describing Montreal activist Jaggi Singh with a racist slur, wrote that the Hemmingford prayers showed “a serious lack of respect for Quebec and Quebecers.”

The video had attracted 45,000 views Wednesday morning and was picked up by TVA news and other media outlets in the province.

Samer Elniz, manager of the Centre Communautaire Laurentien, said he found the reaction to his group’s visit “ bizarre” and particularly troubling because they were there in part to celebrate Canada.

“Personally, I go into public parks and I see Christians conducting a mass, I see baptisms. That doesn’t bother me, even if I am Muslim,” he said. “I like seeing the diversity, seeing people doing as they wish. There are countries where you don’t have those rights.”

Source: Quebec safari park defends religious freedom following ‘hateful’ response to Muslim visit

Les questions de diversité divisent les péquistes

The PQ coming to terms with diversity, and its preference for a softer “encouragement” approach than one with more fixed objectives and processes:

Les 400 délégués du Parti québécois ont refusé dimanche d’appuyer les propositions phares destinées à attirer plus de Québécois d’adoption et de jeunes contenues dans le rapport « Faire partie de la solution » de Paul St-Pierre Plamondon.

Après que l’exécutif national eut rejeté les appels de l’ex-candidat à la chefferie du PQ à réserver des postes dans les exécutifs de circonscription à des personnes issues de la diversité, les délégués d’un conseil national spécial ont voté dimanche contre une proposition édulcorée proposant de « favoris [er] la présence d’au moins une personne de la diversité » dans cette instance.

Selon un militant de Saint-Henri–Saint-Anne, le PQ a raté une occasion en or d’« envoyer un bon message d’ouverture », et ce, moins d’un mois après avoir été taxé par des membres de Québec solidaire de « porter en lui » la « bête » du racisme.

Les délégués avaient été convoqués à Drummondville afin d’entériner la feuille de route d’accession vers l’indépendance avalisée par tous les membres des Organisations unies pour l’indépendance (OUI Québec). Mais, entre-temps, Québec solidaire a renié sa signature au bas de l’entente de principe. Le PQ s’adapte à cette « nouvelle conjoncture politique », a souligné le président sortant du PQ, Raymond Archambault.

Dans ce premier Conseil national « post-convergence », la déléguée de l’exécutif péquiste de la circonscription de Vachon, Marie Imatta Pierre-Lys, a appelé ses confrères et consoeurs à battre la proposition de M. St-Pierre Plamondon, puis à déployer toute leur énergie à rédiger un « beau programme qui va inclure tout le monde » en vue des élections générales de 2018. « Avant tout, je me considère comme une Québécoise. Que je sois noire ou femme, mes intérêts sont comme [ceux] de toutes les autres personnes. Si je me présente à un poste de conseillère, [il ne faut]pas que je sois favorisée parce que je suis noire, mais par d’autres qualités que j’ai », a-t-elle déclaré lors du débat.

L’émissaire de l’exécutif de Berthier, Patrick Gaétan Parent, a aussi voté contre la proposition de l’exécutif national, estimant que le concept de « diversité » prête à différentes interprétations : il n’est pas seulement ethnoculturel. « La diversité, c’est beaucoup plus que ça. C’est pas juste d’être noir. Ça, ça se voit vite quand on est noir », a-t-il illustré, suscitant des rires amusés… et des rires gênés.

Le résultat du vote, à main levée, était flou. « Proposition rejetée », a pourtant lancé le président d’assemblée sous le regard ébahi de M. St-Pierre Plamondon. « Je pensais qu’il [le vote] avait passé », a-t-il dit dans un impromptu de presse dimanche soir. Il a attribué le rejet de sa proposition principalement à l’intervention de Mme Pierre-Lys. « Ç’a beaucoup influencé le débat. C’est une bonne nouvelle dans la mesure où quelqu’un issu de la diversité au sein du PQ nous dit : il n’y a aucun problème au Parti québécois sur le plan de la diversité », a-t-il affirmé à moins de 15 mois des prochaines élections générales.

Il ne se satisfait pas pour autant du refus opposé à cette proposition centrale de son rapport « Faire partie de la solution » par les délégués. D’ailleurs, l’avocat promet de revenir à la charge avec une proposition similaire au congrès national du PQ en septembre prochain. « Malgré les succès individuels que certains ont pu avoir […], on a de l’ambition, on veut plus de diversité. Donc, je continue à penser qu’il faut mettre des mesures pour favoriser des places à des Québécois d’adoption ou des Québécois issus de la diversité. »

Quotas ou pas, la volonté du PQ de recruter en grand nombre des Québécois issus de la diversité culturelle (16 % de la population québécoise) qui partagent à la fois ses « valeurs », ses « propositions » et son « objectif indépendantiste » est réelle, a fait valoir le chef du parti, Jean-François Lisée. Il s’est fixé dimanche l’« objectif » de présenter au moins 20 candidats issus des communautés culturelles (sur 125) aux prochaines élections générales. « Je ne dirais pas qu’il y aura un quota, a-t-il précisé. C’est un souhait. C’est un objectif. » Mais, chose certaine, ces candidats ne seront pas tous dépêchés dans des circonscriptions imprenables, a promis le chef péquiste.

Source: Les questions de diversité divisent les péquistes | Le Devoir

Couillard lance une offensive constitutionnelle tranquille

High risk strategy.  PM Trudeau indicated yesterday no interest, other provincial reactions likely the same.

This would also force Quebec to have a more formal definition of interculturalism, and acknowledge the civic integration commonalities with multiculturalism rather than the habitual caricature.

In terms of the five historic demands, Quebec obtained greater powers and funding for immigration in 1979 (English link Quebec plans to reopen constitutional debate, launch coast-to-coast discussion):

On croyait bien que plus personne, dans la classe politique canadienne, ne voulait prononcer le mot constitution. Mais c’est faux, désormais.

Le Québec a décidé de relancer le débat constitutionnel, selon ce qu’a appris La Presse canadienne. Le gouvernement Couillard va lancer une vaste offensive à travers le pays pour convaincre les Canadiens de la justesse de ses revendications.

Il veut ainsi créer les conditions favorables à la reprise d’éventuelles négociations constitutionnelles. À terme, si le Québec obtient la reconnaissance souhaitée, il pourrait donc adhérer à la Loi constitutionnelle de 1982.

L’approche privilégiée est essentiellement pédagogique. Pas de couteau sur la gorge. Aucune échéance fixée. On veut surtout communiquer, convaincre, expliquer.

Le premier ministre Philippe Couillard aura mis quelques années à étayer sa pensée sur le sujet, à préciser son argumentaire et à rédiger une brique de près de 200 pages.

Ce document, dont La Presse canadienne a obtenu copie, est intitulé Québécois, c’est notre façon d’être Canadiens et constitue la toute première politique du gouvernement Couillard « d’affirmation du Québec et des relations canadiennes ».

En devenant chef du Parti libéral du Québec, en 2013, M. Couillard, fédéraliste convaincu, s’était engagé à reprendre les « discussions » constitutionnelles avec le Canada, dans le but de voir le Québec « réintégrer la famille canadienne ».

Québec souhaite faire sauter le « tabou » qui entoure tout le débat constitutionnel, depuis l’échec du référendum d’octobre 1995, car « le Québec et le Canada semblent prêts pour un changement de paradigme » à ce sujet.

Le Québec cherche à obtenir du Canada la reconnaissance formelle de la nation québécoise, de son identité propre, un geste politique qui, peut-on lire dans le document, ferait en sorte « que les Québécois ne se sentiraient plus exilés au sein de leur propre pays ».

Dans le document, lancé à l’occasion des célébrations entourant le 150e anniversaire de la fédération canadienne, le gouvernement Couillard reprend à son compte toutes les revendications traditionnelles du Québec et s’approprie, en les actualisant, les fameuses cinq conditions préalables fixées par le gouvernement de Robert Bourassa en 1986 :

reconnaissance du Québec comme société distincte ;

limites au pouvoir fédéral de dépenser ;

garantie d’une représentation québécoise à la Cour suprême ;

droit de veto sur les modifications constitutionnelles ;

pouvoirs accrus en matière d’immigration.

« Si le contexte politique et constitutionnel a beaucoup changé depuis leur formulation, elles demeurent une illustration concrète des garanties constitutionnelles qui doivent découler d’une reconnaissance adéquate de la Nation québécoise », estime le premier ministre Couillard, 30 ans plus tard.

Détourner l’attention

Cette nouvelle politique qu’annoncera jeudi M. Couillard est une stratégie pour détourner l’attention tandis que ses liens avec l’ancien collecteur de fonds libéral Marc-Yvan Côté ont fait la manchette dans les derniers jours, accusent certaines formations politiques.

« Disons que ça laisse croire qu’on tente de faire oublier certaines révélations en relançant le débat constitutionnel alors que personne ne s’y attendait », souligne le député de Québec solidaire Amir Khadir.

Un avis partagé par la députée indépendante à Québec et chef du Bloc québécois à Ottawa, Martine Ouellet.

« Il semble utiliser une stratégie pour essayer de faire oublier ses liens d’amitié avec Marc-Yvan Côté », soutient Mme Ouellet.

Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec n’ont pas souhaité commenter mercredi.

À Ottawa, le cabinet du premier ministre canadien, Justin Trudeau, n’avait pas commenté mercredi.

Approche pédagogique

À la stratégie passée du couteau sur la gorge, en vogue depuis les années 1970, le gouvernement Couillard opposera donc une main tendue. Loin des rapports de force qui ont jalonné les relations Québec-Ottawa en ce domaine depuis des décennies, son approche sera essentiellement pédagogique, axée sur le dialogue et la persuasion, destinée à « nous faire mieux comprendre » du reste du pays.

« Il faut donc travailler à rétablir ce que les Québécois ont toujours voulu depuis 1867, soit un Canada qui les accepte pour ce qu’ils sont », peut-on lire dans le document, rédigé par plusieurs personnes sous la supervision du ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier.

Les discussions à venir ne seront pas uniquement centrées sur une « ronde Québec », mais pourraient inclure notamment les revendications des autochtones ou aborder d’autres enjeux. Le gouvernement Couillard tient aussi à promouvoir le concept de fédéralisme asymétrique, ainsi qu’à étendre celui d’« interculturalisme » comme modèle d’intégration des immigrants au Québec.

Le Québec ne veut plus être perçu comme la province qui fait bande à part dans la fédération. Le gouvernement Couillard veut rebâtir un lien de confiance et s’engage donc désormais à assurer une « présence soutenue » d’un bout à l’autre du pays. Cette participation « proactive » du Québec se verra sur toutes les tribunes, dans les forums politiques, dans les milieux universitaires, auprès des groupes d’affaires et sociaux, dans les médias traditionnels et sociaux, en fait, partout où la voix du Québec doit être entendue pour refléter la vision et les ambitions de son gouvernement. Surtout, on cherchera à faire la démonstration que le Québec est un partenaire actif de la mosaïque canadienne.

Le document adopte une perspective historique des relations Québec-Ottawa, sous l’angle du besoin toujours croissant exprimé par le Québec d’affirmer son identité nationale, d’afficher sa différence, notamment linguistique, et d’étendre ses pouvoirs. Il insiste sur le partage des compétences entre Ottawa et les provinces, et sur la nécessité de respecter scrupuleusement ce partage pour assurer le bon fonctionnement de la fédération.

Signe que le gouvernement Couillard prend très au sérieux son objectif de faire rayonner ses revendications constitutionnelles et ses positions politiques partout au Canada dans l’année qui vient, il va procéder à des changements dans la structure gouvernementale.

Le Secrétariat québécois des relations canadiennes (SQRC) prendra le relais du Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes (SAIC), avec des unités Québec-Canada créées dans tous les ministères, pour s’assurer que chacun d’eux profite de toutes les tribunes possibles dans leur secteur d’activités à travers le pays.

Source: Couillard lance une offensive constitutionnelle tranquille | Le Devoir

Le PQ n’est pas raciste, mais il doit faire une «introspection», dit QS 

Valid point:

Le Parti québécois n’est pas « raciste », mais il doit faire une « introspection » sur la charte des valeurs, a affirmé mardi la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, qui a refusé de se dissocier des propos tenus par certains membres de son parti.

La direction du PQ a écrit lundi au comité de coordination de QS, le sommant de se dissocier des accusations de racisme lancées à son endroit par des militants solidaires. Ces propos ont été tenus il y a 10 jours lors du débat sur une alliance électorale des deux partis indépendantistes, projet qui a finalement été rejeté.

À son arrivée à l’Assemblée nationale, mardi, Mme Massé a indiqué qu’à ses yeux, le PQ n’est pas raciste. Mais elle a ajouté un bémol.

« Il a une introspection à faire sur les actions qu’il a posées, sur les impacts que ça a eus », a-t-elle indiqué.

La porte-parole solidaire a refusé de lancer la pierre aux membres de son parti qui ont réagi avec virulence à l’idée de s’associer au parti responsable de la charte.

« Je crois profondément qu’il y a des gens qui ont la peau noire, qu’il y a des gens qui portent le hijab qui sont et qui ont été discriminés, a dit Mme Massé. Et ils et elles associent ça à l’atmosphère qu’a laissé planer au Québec la charte des valeurs. »

« Pour moi, que quelqu’un qui vit une situation nomme les choses telles qu’ils la vivent, je peux comprendre, a-t-elle ajouté. Je ne suis pas pour dire: “Tu as tort”. Je suis qui, moi, pour dire “Tu as tort” ? »

Insulte

Quelques minutes plus tôt, le chef péquiste Jean-François Lisée a accusé la direction de QS d’avoir cautionné des propos inacceptables en refusant de modérer les commentaires émis par ses militants pendant le débat sur la convergence. Ce faisant, elle a insulté les membres du PQ et tous les Québécois qui appuient ses positions en matière de laïcité et d’identité, a dénoncé M. Lisée.

« Tout le monde a pu comprendre que Québec solidaire avalisait ce genre de propos », a dit le chef péquiste.

« Ce que ça voulait dire, c’est que tous ceux qui au Québec pensent qu’il faut faire des pas en avant pour la laïcité, baliser les accommodements religieux, d’interdire des signes religieux pour certaines catégories de personnel, tous ces gens-là, selon Québec solidaire, sont xénophobes et racistes », a-t-il ajouté.

Source: Le PQ n’est pas raciste, mais il doit faire une «introspection», dit QS | Martin Croteau | Politique québécoise

Quebec byelection poster denouncing Canadian multiculturalism upsets some people – 660 NEWS

Fringe party but reflects some of the popular misconceptions about multiculturalism (not unique to Quebec):

A candidate in a Quebec provincial byelection has triggered controversy with a campaign poster that criticizes Canadian multiculturalism and shows a photo of a woman wearing a niqab.

Alexandre Cormier-Denis is running for the Parti independantiste in the Montreal riding of Gouin.

The poster has the slogan Choose Your Quebec above two photos of the same woman — one in which she is sporting a blue tuque with the Fleur-de-lis and the other in which she is wearing a niqab.

Below the photos it is written Canadian Multiculturalism, No Thanks.

Police withdrew the poster from outside a subway station after they received complaints but it was put back up outside another one because Cormier-Denis is a registered candidate in the May 29 vote.

Cormier-Denis says multiculturalism ghettoizes immigrants in their own communities.

“So while an election should be the time to give voters real choices, it is considered scandalous for a candidate to dare question the multiculturalist order that Ottawa imposes on Quebec,” he wrote on Twitter.

“The journalistic caste seems incapable of imagining it is possible to get out of this multiculturalist model without it being morally reprehensible.

“Yet, by shutting them off in their communities of origin, English-Canadian multiculturalism is actually closer to real racism.”

Haroun Bouazzi, co-president of a Muslim and Arab group that is in favour of secularity, called the poster anti-Muslim and said he believes voters in Gouin will categorically reject Cormier-Denis next Monday.

“But if he gets five per cent it would be enormous, a disaster,” Bouazzi said in an interview. “But we’re urging people in Gouin to show that Quebec isn’t ready to import racist slogans and posters from France.”

Bouazzi called on Montreal Mayor Denis Coderre and Premier Philippe Couillard to launch a concerted anti-racist campaign.

The byelection is being held to replace Quebec solidaire’s Francoise David, who quit politics earlier this year. Former student leader Gabriel Nadeau-Dubois is hoping to retain the seat for the left-wing party. His opponents include the Liberals’ Jonathan Marleau and the Green party’s Alex Tyrrell.

Source: Quebec byelection poster denouncing Canadian multiculturalism upsets some people – 660 NEWS

Précarité des jeunes migrants: Ottawa et Québec se font rassurants

Interesting discussion regarding young refugees and the degree to which settlement and related services are adequately meeting their needs:

Tandis que l’organisme Dans la rue constate un nombre grandissant de jeunes nouveaux arrivants en situation précaire, les autorités se font rassurantes quant à l’intégration des immigrants, réfugiés et sans-papiers au

Tandis que l’organisme Dans la rue constate un nombre grandissant de jeunes nouveaux arrivants en situation précaire, les autorités se font rassurantes quant à l’intégration des immigrants, réfugiés et sans-papiers au Canada.

Réunies vendredi à l’occasion d’une soirée-bénéfice pour l’organisme et son nouveau partenariat avec le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), la ministre fédérale du Développement international, Marie-Claude Bibeau, et la ministre provinciale de l’Immigration, Kathleen Weil, ont surtout imputé ces cas «qui tombent entre les mailles du filet» à des traumatismes vécus par certains demandeurs d’asile dans leur pays d’origine.

La ministre Weil dresse un portrait élogieux de la prise en charge des nouveaux arrivants par le gouvernement, puis par le milieu communautaire et la société civile.

En entrevue avec La Presse canadienne, Marie-Claude Bibeau a pour sa part tenu à souligner qu’avec quelque 46 700 réfugiés réinstallés l’an dernier, le Canada n’en accueille qu’un nombre «relativement modeste».

«J’ai été au Liban et en Jordanie où, dans certaines villes, la population a doublé, a-t-elle illustré. Vous imaginez la pression que ça vient mettre sur les services publics?»

Au-delà de la compassion, l’aide humanitaire relève d’un «enjeu de paix et de sécurité mondiale», a avancé la ministre, dont les propres parents avaient accueilli une famille de Vietnamiens à l’époque de la vague de «boat people».

Mme Bibeau rétorque en outre à ceux qui remettent en question l’utilité de l’aide humanitaire que celle-ci permet d’éviter que des conflits prennent de l’ampleur et exacerbent la crise des migrants.

La ministre Weil renchérit qu’il s’agit d’un enjeu qu’il faut approcher «en amont comme en aval».

Quant aux sans-papiers – qu’elle aborde comme un dossier totalement distinct -, Mme Weil assure qu’on ne leur bloque pas totalement l’accès aux réseaux de la santé et de l’éducation.

«Mais c’est un peu normal qu’il y ait des gens qui tombent entre deux chaises», croit-elle.

«Arriver en tant que réfugié dans un nouveau pays est toujours une gageure», fait valoir Jean-Nicolas Beuze, de HCR Canada.

Si certains parviennent à tirer profit des services sociaux ou bénéficient déjà d’un réseau de proches, d’autres se heurtent à la barrière de la langue et parfois à un puissant choc culturel, a-t-il poursuivi.

M. Beuze souligne également la précarité économique de bon nombre de réfugiés, tandis que, globalement, la moitié d’entre eux sont en fait des mineurs.

«Les gens arrivent sans un sou en poche, surtout quand ils se sont déplacés à travers le monde. Ils ont souvent dépensé toutes leurs économies», a ajouté M. Beuze.

Le représentant de HCR au Canada félicite lui aussi le gouvernement québécois pour son système qu’il juge «très solidaire vis-à-vis les nouveaux arrivants».

Dans le cadre du partenariat avec Dans la rue, l’agence onusienne combinera son expertise au soutien psychosocial apporté par l’organisme qui vient en aide aux jeunes en situation d’itinérance ou de précarité. Cette association entre «un organisme qui oeuvre au coin de la rue et un autre, à l’autre bout du monde», dans les mots de Julien Nepveu-Villeneuve, de l’Association du jeune Montréal, vise à améliorer les interventions auprès des nouveaux arrivants, comme les cinquante jeunes qui ont fait appel à Dans la rue l’an dernier seulement.

La directrice générale de Dans la rue, Cécile Arbaud, fait état de la grande complexité des cas de certains jeunes qui ne parlent parfois ni français ni anglais, et qui ne sont pas dotés des papiers d’identité nécessaires pour avoir droit à l’aide sociale ou trouver un logement.

Le PQ, la diversité et le nationalisme civique

Good overview by Robert Dutrisac of the ongoing challenge facing the PQ (and fussing on words doesn’t solve their existential question of who is “nous”):

On connaît la suite : Pauline Marois a amorcé un virage identitaire qui culminait dans la maladroite charte sur les valeurs dites « québécoises » — des valeurs, en réalité, occidentales, voire universelles. Le PQ réaffirmait tout de même le caractère pluraliste de la nation québécoise.

Avec cette concordance culturelle, Jean-François Lisée délaisse l’interculturalisme cher à Gérard Bouchard. Il juge que la notion officielle de l’interculturalisme, telle que définie par le gouvernement libéral, est trop molle puisqu’elle ne fait pas référence à un tronc commun bâti au Québec au fil de l’histoire. Pour certains d’ailleurs, dont Charles Taylor et Daniel Marc Weinstock, l’interculturalisme n’est qu’une version du multiculturalisme canadien.

Ce concept ressemble beaucoup à la « convergence culturelle » de Fernand Dumont qu’a reprise le PQ de René Lévesque en 1981. Cette politique, intitulée « Autant de façons d’être Québécois », avait pour objectif de rassembler les cultures ethniques sous l’égide de la majorité, ce qui peut se résumer par leur assimilation.

Selon Jean-François Lisée, la concordance culturelle n’a pas de visées assimilatrices, mais préconise plutôt « la formation d’une collectivité inclusive » dans laquelle « chaque citoyen et chaque génération effectue son parcours identitaire comme il ou elle l’entend ». Mais les Québécois de toutes origines sont appelés à partager « une différence vitale » caractérisée par la langue française et un récit historique singulier. À cela s’ajoutent des éléments civiques comme l’égalité entre les hommes et les femmes, la démocratie, la solidarité et un « cheminement vers un État laïque ».

Ce concept de concordance sera difficile à expliciter en campagne électorale ; il est heureusement associé à des mesures concrètes pour favoriser la réussite des immigrants en luttant, notamment, contre la discrimination à l’embauche et le racisme.

Ce n’est pas d’hier que le PQ a des relations ardues avec les communautés culturelles. Lors de la campagne référendaire de 1980, René Lévesque avait vexé des Italo-Québécois indépendantistes — c’est l’écrivain Marco Micone qui raconte l’anecdote — en déclarant : « La majorité francophone décidera elle-même de son avenir. »Évidemment, il y a eu par la suite « les votes ethniques » de Jacques Parizeau et ce « nous » qui avait voté à 60 % pour le Oui.

Le projet de nationalisme civique, qu’ont porté Gilles Duceppe au Bloc québécois et Gérald Larose, visait à éviter ces écueils. Mais le problème, c’est que le nationalisme civique au Québec ne veut pas dire grand-chose. La nation québécoise, au sein de l’ensemble canadien, n’a pas le monopole des principes démocratiques et des droits de la personne. Sans l’existence de cette majorité francophone au parcours historique singulier, le projet souverainiste perdrait toute pertinence.

Avec cette approche, le PQ a le mérite de la franchise. Pour rejoindre les communautés culturelles — et il doit s’y consacrer activement —, le mouvement souverainiste n’a d’autre choix que de se présenter tel qu’il est : un mouvement qui promeut un projet d’émancipation d’une nation pluraliste, auquel sont conviés tous les Québécois.

Source: Le PQ, la diversité et le nationalisme civique | Le Devoir