Des cours de francisation jugés inefficaces

Basic level versus advanced level for professionals. Likely unrealistic to expect immigrant language training to cover the latter (just think of the mixed success of federal official language training for anglophones trying to learn French and the amount of time required).

Much better to address during selection process (as current Express Entry give weight to language):

Les programmes de francisation ne sont pas efficaces pour permettre aux immigrants de bien s’intégrer au marché du travail et à la société québécoise, déplore Nima Madani, immigrant d’origine iranienne installé au Québec depuis 2015.

En suivant les débats autour de l’accueil des nouveaux arrivants, cet ingénieur mécanique de 40 ans a l’impression, comme beaucoup d’autres immigrants, que les chefs politiques ne comprennent pas vraiment les enjeux et qu’ils proposent des solutions sans lien avec la réalité.

«Ils parlent du taux élevé d’échec aux cours de francisation, mais personne n’a comme priorité de les améliorer», souligne-t-il, se basant sur ce qu’il a vécu depuis son arrivée à Montréal.

La CAQ propose d’abord de réduire le nombre d’immigrants, tandis que le PQ veut exiger qu’ils connaissent mieux le français à leur arrivée.

«Mais on a tellement de choses à faire quand on se prépare à quitter notre pays, c’est très exigeant», témoigne Nima Madani.

«Les politiciens ne semblent pas savoir comment ça se passe pour un immigrant qui arrive. La majorité fait de gros efforts pour s’intégrer, mais on a l’impression d’être abandonnés, même en étant très motivé pour apprendre le français.»

Inquiétude

Ses observations sur les lacunes en francisation sont corroborées par plusieurs études, notamment celle du Conseil supérieur de la langue française (CSLF), publiée en février dernier, ainsi que par le dernier rapport de la Vérificatrice générale du Québec, dévoilé en novembre 2017. «L’offre de francisation de base ne permet pas aux immigrants d’atteindre un niveau de maîtrise de la langue suffisamment élevé pour réaliser une intégration socioprofessionnelle réussie», a démoncé le CSlF dans son rapport sur La francisation et l’intégration professionnelle des personnes immigrantes.

De nombreux immigrants sont inquiets de ce qu’ils entendent depuis le début de la campagne électorale, renchérit Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).

«Ils se sentent dénigrés, alors que plusieurs font de gros efforts pour apprendre le français et que les inscriptions aux cours de francisation augmentent, dit-il. Certains se demandent s’ils devront quitter le Québec si la CAQ prend le pouvoir.»

Le test des valeurs proposé par François Legault cause aussi de l’irritation. «M. Legault ne semble pas réaliser qu’on fait déjà tout ce qu’il demande, note Nima Madani. Dans les entrevues de sélection, nous sommes interrogés sur les valeurs québécoises.»

Il rappelle aussi que la demande de certificat de sélection du Québec inclut la signature d’une Déclaration portant sur les valeurs communes de la société québécoise. «Si je n’étais pas d’accord, je ne serais pas venu au Québec», fait-il remarquer.

Les immigrants invisibles

Alors que le thème de l’accueil des immigrants occupe une place centrale dans la campagne électorale, on a peu entendu les nouveaux arrivants se prononcer eux-mêmes sur cet enjeu, alors qu’ils sont les premiers concernés.

Sollicités pour ce reportage, les représentants du Regroupement des organismes de francisation du Québec ont décliné notre demande d’entrevue, préférant «ne pas se mêler de politique», a expliqué un porte-parole.

Nima Madani veut contribuer au débat de façon constructive en témoignant de son expérience d’immigrant très motivé à apprendre le français: il a suivi plusieurs sessions de cours à Téhéran, en plus de deux séjours d’un mois à Paris dans des programmes d’immersion, pour se préparer à son arrivée au Québec.

«On m’a dit que mon français était assez bon, même si j’avais encore besoin de cours de francisation, raconte-t-il. Mais les cours ici ne sont pas efficaces, les progrès sont beaucoup trop lents pour atteindre un niveau suffisant pour travailler. Et quand on a terminé le programme de francisation, c’est très difficile de trouver des cours pour continuer de progresser.»

Trop élevé d’élèves par classe, trop peu de temps consacré à la conversation, méthodes d’enseignement archaïques et inefficaces, groupes composés d’élèves aux objectifs disparates, peu adaptés aux besoins des travailleurs qualifiés, horaires qui ne conviennent pas à tous, faibles moyens financiers des élèves… La liste des observations de M. Madani est longue!

«Je ne veux pas avoir l’air de chiâler!», dit-il, dans un français teinté d’un très léger accent, en hésitant à peine sur certains mots. «Les professeurs étaient très gentils et accueillants, mais certains n’enseignaient simplement pas bien. C’était un monologue. C’est bien que les cours soient gratuits, mais il faut surtout qu’ils soient performants.»

Autre aberration, selon lui: les enseignants donnaient à l’avance aux élèves les questions des examens du ministère de l’Immigration visant à vérifier les acquis.

Pour continuer ses progrès en français, M. Madani s’est inscrit à un cours à HEC-Montréal et a trouvé des Québécois avec qui se pratiquer.

«Dans mon réseau, dans la communauté iranienne, la plupart des gens parlent anglais, alors je ne peux pas compter sur mon entourage pour pratiquer», souligne-t-il.

Il se désole aussi de voir que l’on ne parle pas de cinéma québécois, ni de littérature ou de chanson dans les cours de francisation, mais qu’on apprend aux élèves comment se débrouiller si leur lavabo coule.

«Tout est fait en fonction de survivre et non de vivre, dit M. Madani. On ne parle jamais de ce qui est agréable dans la culture québécoise. Je n’ai jamais eu de lavabo qui coule depuis que je suis arrivé ici, ça ne me sert à rien pour entrer en contact avec les Québécois!»

***

UN GUICHET UNIQUE QUI SE FAIT ATTENDRE

Un projet de guichet unique pour faciliter l’accès aux cours de francisation, dans les cartons du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) depuis plus de 15 ans, n’a toujours pas vu le jour, malgré des années de travaux. Un contrat de plus de 200 000$ a même été accordé en 2009 pour la mise en place de ce guichet unique, visant à simplifier l’inscription aux cours, qui peuvent être offerts dans les commissions scolaires, les cégeps ou les organismes communautaires. Le ministère promet maintenant que ce service sera implanté en 2019. «Depuis août 2017, le MIDI est devenu la porte d’entrée unique pour les personnes immigrantes admissibles à l’allocation de participation et aux cours à temps complet, qu’ils soient offerts par un partenaire du MIDI ou en commission scolaire», note cependant une porte-parole du ministère, soulignant que le dernier budget prévoyait 50 millions sur cinq ans pour bonifier les services.

MAUVAISE NOTE POUR LA FRANCISATION

Les principales lacunes des cours de français destinés aux immigrants:

«La capacité de communiquer en français ne garantit pas l’intégration professionnelle et sociale, certes, mais ce facteur constitue néanmoins le premier élément d’intégration à la société québécoise.»

«L’hétérogénéité de la composition des groupes de francisation est considérée comme un frein à l’apprentissage de la langue.»

«Même s’ils reçoivent une allocation, il n’est pas rare que des immigrants qui suivent le programme de francisation soient obligés de travailler en même temps.»

Source: Conseil supérieur de la langue française, La francisation et l’intégration professionnelle des personnes immigrantes, février 2018.

«La vaste majorité des participants aux cours de français du ministère n’ont pas atteint le seuil d’autonomie langagière, lequel facilite l’accès au marché du travail et permet d’entreprendre des études postsecondaires. Les personnes immigrantes qui ont commencé des cours de français offerts par le Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) en 2015 ont atteint ce seuil dans une proportion de 9,1% à l’oral et de 3,7 et 5,3% à l’écrit.»

«Le MIDI ne mesure pas le délai d’attente réel des personnes immigrantes entre leur demande d’inscription et le début d’un cours à temps complet. De plus, il ne collige pas de données sur les raisons des désistements et l’information qu’il collecte au sujet des motifs d’abandon de cours durant une session est incomplète.»

Source: Rapport du Vérificateur général du Québec sur la francisation des personnes immigrantes, novembre 2017.

Source: Des cours de francisation jugés inefficaces

Des demandeurs d’asile revendiquent l’accès aux services de garde subventionnés

I understand the logic as labour market permits, school attendance and healthcare already available to claimants. However, given shortage of childcare spaces, expect some political pushback.

Will be interesting to see how Commission responds:

Dans une démarche inusitée, des demandeurs d’asile portent plainte pour discrimination devant la Commission québécoise des droits de la personne et de la jeunesse, parce qu’ils n’ont pas accès aux services de garde subventionnés, a appris La Presse.

Cette exclusion oblige plusieurs d’entre eux à refuser un emploi et les contraint à vivre de l’aide sociale, ce qui retarde leur processus d’intégration.

Parallèlement, dans une lettre ouverte, un comité qui regroupe une quarantaine de demandeurs d’asile appelle le gouvernement à ouvrir les garderies subventionnées aux personnes en attente de statut.

Une réglementation laissant place à interprétation a longtemps permis aux demandeurs d’asile d’inscrire leurs enfants dans un CPE. Dans une directive envoyée en avril dernier, le ministère de la Famille a clairement fermé cette brèche.

Les demandeurs d’asile n’ont pas non plus accès aux remboursements anticipés du crédit d’impôt qui aident les familles à faible revenu à assumer les frais des garderies privées. Concrètement, cela exclut des centaines d’enfants nouvellement arrivés au Québec du réseau des garderies.

Cette politique «nous empêche d’accéder à la francisation et à l’emploi, nous isole avec nos enfants de la société qu’on voudrait activement intégrer et affecte surtout les femmes demandeuses d’asile», déplore le comité des demandeurs d’asile dans sa lettre ouverte, qui réclame l’accès aux CPE et aux versements anticipés du crédit d’impôt pour frais de garde.

Effets dévastateurs

La politique d’exclusion a un effet «dévastateur» sur les familles, dénoncent les demandeurs d’asile.

C’est ainsi qu’une des plaignantes, Blessing, Nigériane de 30 ans arrivée au Québec en avril dernier, a dû refuser deux offres d’emploi, l’une dans une usine de matériel électrique, l’autre dans un centre d’appels, parce qu’elle n’avait pas les moyens de payer une garderie privée pour son enfant de 4 ans.

«Je me sens coincée, impuissante et déprimée», confie la demandeuse d’asile, qui préfère taire son nom de famille et qui veut gagner sa vie en attendant que la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) statue sur son sort – ce qui peut prendre jusqu’à 18 mois.

Au lieu de ça, déplore-t-elle, elle est dépendante de l’aide sociale.

Un autre plaignant, Vladimyr Mathieu, arrivé d’Haïti en juin 2017, vit une situation particulière. Son fils né à Montréal n’a pas accès au service de garde. Pourtant, il est citoyen canadien. Sa fille aînée, née en Haïti, a été admise en garderie avant la directive d’avril dernier, et continue à profiter de son droit acquis – pourtant, elle n’est pas citoyenne. La garderie qu’elle fréquente est disposée à accueillir son petit frère, mais Québec refuse de contribuer aux frais. La demande d’inscription a donc été rejetée.

Pour que Valdimyr et sa femme, qui occupent tous deux un emploi, puissent continuer à travailler, ils se sont résolus à faire garder leur plus jeune enfant, âgé de 1 an, par un voisin, une situation que les deux demandeurs d’asile jugent insatisfaisante.

«Je ne comprends pas, le système nous demande de travailler, nous recevons un permis de travail, mais nous n’avons pas accès aux garderies; c’est comme si on nous disait de rester sur l’aide sociale pour prendre soin de nos enfants», déplore Valdimyr Mathieu.

Au total, six demandeurs d’asile vivant des situations semblables, à un moment où les délais de traitement des dossiers s’allongent, ont demandé à la Commission des droits de la personne d’examiner leur plainte.

L’exclusion des services de garde est discriminatoire, tout particulièrement pour les femmes, qu’il s’agisse de mères seules ou de conjointes étant les plus susceptibles de rester à la maison pour prendre soin des enfants, soutient le comité de demandeurs d’asile dans sa lettre ouverte.

«Les travailleurs temporaires ont bien accès aux garderies, alors que les demandeurs d’asile, qui disposent d’un permis de travail, en sont exclus, je ne comprends pas la logique de cette politique», s’étonne l’une des signataires de la lettre ouverte, l’avocate Claude-Catherine Lemoine, selon qui ce traitement à géométrie variable n’a pas de raison d’être et entraîne à moyen terme des coûts sociaux importants.

«C’est complètement contre-productif, ça pénalise non seulement les familles, mais aussi la société québécoise, parce que ça retarde l’apprentissage du français et l’intégration au marché du travail», croit Stephan Reichhold, de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes.

«En barrant l’accès aux CPE aux demandeurs d’asile, on se tire simplement dans le pied», résume-t-il.

Écoles, mais pas les garderies

Depuis l’adoption du projet de loi 144, à la fin de 2017, tous les enfants, incluant ceux des demandeurs d’asile, ont accès au système scolaire. «Si on veut être cohérent, on devrait étendre ça aux garderies», plaide Geneviève Binette, du Comité d’aide aux réfugiés.

D’autant plus que ce n’est pas par manque de places que les garderies refoulent les enfants de demandeurs d’asile, mais à cause d’une politique gouvernementale.

La quarantaine de demandeurs d’asile qui ont formé le comité demandant l’accès aux services de garde ont dû surmonter des résistances intérieures, souligne Rachel Shugart, du Collectif Bienvenue, qui vient en aide aux nouveaux arrivants.

Membre, à titre personnel, du comité formé par les demandeurs d’asile, Rachel Shugart souligne que plusieurs d’entre eux viennent de pays qui ne respectent pas les droits. La démarche était «effrayante pour eux, ils se sentent inquiets, nerveux», selon Rachel Shugart.

Mais ces nouveaux venus en attente de statut sont aussi déterminés à accéder aussi vite que possible à l’autonomie financière et à ne plus dépendre de l’aide de l’État.

Source: Des demandeurs d’asile revendiquent l’accès aux services de garde subventionnés

Chantal Hébert: Quebec provides a warning that Scheer should be careful about making immigration a campaign theme

Good insightful column as usual:

Andrew Scheer’s Conservatives may want to push pause on plans to make immigration a signature federal campaign theme next fall long enough to take stock of the turn in the Quebec election conversation.

Coalition Avenir Québec Leader François Legault thought he was reaching for a low-hanging fruit when he embraced the issue. With less than two weeks to go until the Oct. 1 vot,e it has turned into a poisoned apple.

Since midcampaign, the CAQ has lost a significant amount of support.

The latest Léger sounding — done between last Thursday’s French-language debate and Monday’s English-language debate — found a six-point drop in the party’s lead among the francophone voters who will determine the outcome of the election.

Legault’s hopes for a governing majority are fading fast. It could still get worse. With the last leaders’ face-off set for Thursday, only half of his supporters say their choice is final.

The decline in CAQ fortunes essentially comes down to one issue: immigration and the party’s bid to both reduce Quebec’s overall intake of immigrants and accelerate, by coercive means if necessary, their integration into the province’s French-language mainstream.

Under the party’s plan, Quebec would cut its annual intake of immigrants by one fifth and those who after three years fail to meet the province’s language requirements would be made to leave. (It remains unclear how that would be achieved.)

At the time the policy was conceived last spring, Legault and his brain trust believed they had come up with a winning combination, a way to tap into longstanding francophone concerns over the preservation of Quebec’s French-language identity without alienating the province’s non-francophone voters.

Instead the plan has become a millstone.

Many voters are repulsed by the coercive regimen his party is proposing to impose on future immigrants. Others question the notion that Quebec’s immigration intake should be reduced.

On the latter, Legault has managed to run afoul of the mayors of Montreal and Quebec City and of many smaller towns spread out across the province.

They are all arguing that with Quebec plagued by labour shortages caused by the fast-aging of its population, the time is particularly ill chosen to cut down on immigration.

The Léger poll found Quebecers divided over the issue with 45 per cent in favour of a reduction and 47 per cent against.

But with the bulk of the province’s chattering class along with his election rivals aligned against his proposals, Legault is clearly losing the air war.

He has been in damage-control mode for most of the past week, scrambling to put the issue of his own signature policy to rest. But with every new explanation, there have been more questions as to how much actual thinking has gone into the crafting of the CAQ’s immigration platform and what the many unanswered issues it raises say about the party’s competence to run a government.

As the Léger poll was putting a number on the rising toll Legault’s decision to fight part of the campaign on the immigration minefield is taking on his party’s fortunes, the Conservative opposition in the House of Commons was accusing the Trudeau government of having eroded voters’ confidence in Canada’s immigration policy.

But in the province where the issue has been top of mind for weeks — the very place that is ground zero for the influx of irregular border crossers transiting from the U.S. to Canada — the evidence suggests otherwise.

For the first time in decades, there is an expanding Quebec audience, outside of the already diverse Montreal area, supporting the notion that immigration is part of the solution to the province’s economic challenges.

At the same time, the federal Conservative party’s summer-long effort to highlight the irregular refugee issue has had little or no echo in the provincial campaign. The refugee file started to drop from the Quebec radar around the time the Trump’s administration’s policy of separating the children of illegal immigrants to the U.S. from their parents surfaced in the media. That is probably not a complete coincidence.

And then for all the talk about Prime Minister Justin Trudeau losing the argument over irregular border crossings, it has so far had no significant impact on his party’s fortunes. At the end of a difficult summer for his government, his ruling party continues to enjoy a prohibitive lead in Quebec. At the national level, the gap between the leading Liberals and the Conservatives has widened.

There is a reason why mainstream provincial and federal parties have rarely if ever made immigration a major campaign plank in the past. As Legault’s experience is demonstrating, it is easy to lose control of the narrative.

Source: Chantal Hébert: Quebec provides a warning that Scheer should be careful about making immigration a campaign theme

Quebec: Rich investors granted Canadian residency despite fake documents and dubious assets, ex-officials say

Good in-depth reporting. Investor immigration programs invite abuse as the former federal and Prince Edward Island programs also attest. In Quebec’s case, back door entry to British Columbia and Ontario with minimal benefits:

Some rich foreigners seeking Canadian residency under a special Quebec program for wealthy investors couldn’t point to the province on a map, while others submitted fake documents or disguised their assets — yet many of them were still accepted for immigration, former civil servants say.

The officials, charged with administering the Quebec Immigrant Investor Program (QIIP), say they were sometimes pressured into ignoring signs that applicants’ fortunes were founded on corruption or other ill-gotten gains.

“It’s a program that has lots of gaps, that permits people with dubious or even illicit business to launder money through the program and to buy themselves citizenship inexpensively,” said one former immigration officer.

Numerous current and former civil servants in Quebec spoke to Radio-Canada’s investigative program Enquête on condition of anonymity, revealing what they see as major flaws in an immigration program that has granted permanent residency to tens of thousands of people since it began in 1986.

QIIP applicants must have at least $2 million in assets and agree to loan $1.2 million of that to the Quebec government interest-free for five years. The government invests the money and uses the interest to provide grants to small- and medium-sized businesses.

“We were under a lot of pressure to approve applicants in order to meet annual financial targets,” said one ex-bureaucrat.

Staff were overwhelmed

The federal government used to have a similar immigration track for rich investors seeking to settle in Canada, but shut it down in 2014 due to concerns about its effectiveness.

The Quebec version still accepts 1,900 people a year, plus their family members, with two-thirds coming from mainland China. Last year alone, more than 5,000 people obtained their permanent residency through the program.

All of the applications from China would’ve pass through Quebec’s immigration office in Hong Kong, until it closed last year. The office was overwhelmed by the workload, with staff working 60 to 70 hours a week to keep up, according to the former officials who spoke to Enquête.

The provincial government allotted seven hours to screen each application — including verifying that applicants had come by their fortunes honestly. But as one former immigration officer said: “It takes time to do proper due diligence, and we didn’t have it.”

Officials’ suspicions could be raised by any number of things, including copycat submissions.

“The applicants were all heads of sales, then became assistant managers,” the ex-bureaucrat said. “The first time you have an applicant like that, you tell yourself, ‘Why not.’ Then you get 10, 20, 30 more from the same immigration consultant. It raises serious doubts about their back story.”

In the early 2000s, the Quebec government hired an outside firm to help vet applications. It was found that more than 65 per cent of them contained forged documentation.

And according to data obtained under Quebec’s access-to-information law, from 2013 to 2017, a total of 1,783 immigrant investor applications were rejected by the province’s officers in Hong Kong due to faked documents.

‘Really shocked me’

But even as dodgy candidates were flagged, immigration officers say they felt pressure to overlook many applications with apparent shortcomings.

One former bureaucrat recalled rejecting a candidate on suspicions their assets were corruptly obtained. His boss instructed him to be more lenient next time because corruption existed in Quebec too.

We knew they weren’t coming to Quebec and we also knew they weren’t going to learn French.– Former immigration official

Around the same time, the Charbonneau Commission was investigating corruption and collusion in Quebec’s construction industry. “It really shocked me to hear that,” he said.

Another civil servant said they were told by a senior official at Quebec’s Immigration Ministry not to dig too deep into each applicant’s background. Some immigration staff bowed to those pressures and accepted more applicants, the people interviewed by Enquête said, while others refused.

Government claims credit for job creation

In a statement, Quebec’s Immigration Ministry said its vetting process is effective at maintaining the integrity of the immigrant-investor program. It said applicants and their assets are examined multiple times: by financial institutions that help recruit them, by governmental financial analysts, and by immigration personnel. Finally, FINTRAC, the federal financial intelligence agency, verifies the funds that successful applicants lend to the Quebec government.

The province also says the program has had important economic benefits, allowing for $695 million in grants to small- and medium-sized businesses since 2000 — which it says has translated into tens of thousands of jobs.

But those numbers may be overly rosy.

Grants from the Quebec Immigrant Investor Program are limited to a maximum of 10 per cent of a business’s expansion or modernization project. Nevertheless, Investment Quebec, the provincial agency that administers the grants, counts all the jobs created or saved by the expansion projects it supports — meaning the employment gains seem to be inflated by a factor of 10.

Investment Quebec maintains it’s a standard method of calculating and it doesn’t deem every one of those jobs to stem from its grants.

Westward bound

Perhaps the most controversial aspect of QIIP is that while it’s meant to draw wealthy investors to la belle province, the vast majority who have taken up residency in Canada under the program settle in other provinces.

As part of the process, applicants have to sign two forms declaring their intention to reside in Quebec.

But once in Canada, the law allows anyone to move freely. Data reported earlier this year by Global News shows that 85 per cent of Quebec’s immigrant investors — since the program began in 1986 — have ended up in British Columbia and Ontario. Only 10 per cent remained in Quebec.

“We’re way off our immigration targets under this program,” said Suzanne Ethier, who served as Quebec’s associate deputy minister of immigration from 2005 to 2006.

“We knew they weren’t coming to Quebec and we also knew they weren’t going to learn French,” said one of the former bureaucrats who helped run the program.

Quebec Immigration Minister David Heurtel told reporters in March that he wasn’t fazed by this tendency. “Even if an immigrant investor goes elsewhere in Canada, their money stays here,” he said.

Other provinces aren’t so keen to welcome Quebec’s immigrants, though, and to bear the costs of providing health care and education. Freedom-of-information records obtained by Enquêteshow the B.C. government complained to Quebec several times in 2015 and 2016

Former federal immigration minister Chris Alexander, who served in Stephen Harper’s last government, said he brought up the issue with his Quebec counterparts, and while they “recognized there were problems, they weren’t ready to move forward with any changes.”

Quebec has since taken steps to retain more of its immigrant investors, Heurtel said, including prioritizing applicants from francophone countries and sending out videos and brochures promoting living in Quebec.

But that hasn’t been enough to alter how the program’s critics see things.

“The Quebec Immigrant Investor Program is a scam from start to finish. I think that everyone who’s involved in the program knows that,” said Ian Young, the Vancouver correspondent for Hong Kong’s South China Morning Post newspaper and a seasoned observer of immigration patterns from China to Canada.

“I think that includes policy-makers, the people who facilitate it and the immigrants themselves.”

Source: Rich investors granted Canadian residency despite fake documents and dubious assets, ex-officials say

L’Institut du Québec remet les pendules à l’heure en immigration

Good initiative in presenting the data:

Parce que plusieurs données sur l’immigrationsont semées à tort et à travers en cette campagne électorale, l’Institut du Québec (IdQ) a cru bon de remettre les pendules à l’heure en publiant une « mise à jour » pour clarifier certaines informations. Car si certains politiciens confondent encore des statistiques, d’autres ne prennent pas le soin de les mettre en contexte.

L’IdQ travaille sur les thèmes de l’intégration des immigrants au marché du travail depuis un certain temps, mais a senti une certaine urgence à préciser certaines données. « En voyant à quel point c’est devenu important dans les élections, surtout la question des seuils migratoires et la rétention, […] on a senti que notre mission était de sortir rapidement », a dit Mia Homsy, directrice de l’IdQ, auquel s’associent le Conference Board du Canada et HEC Montréal. « Je ne suis pas certaine des chiffres que [les chefs de partis] utilisent. Je vois aussi qu’ils essaient d’en éviter certains… ce n’est pas toujours clair. »

Le taux de rétention

Mme Homsy invite à ne pas confondre « solde migratoire net », qui est la somme de la migration internationale (entrées et sorties) et de la migration interprovinciale (entrées et sorties) qu’on soit immigrant ou natif, et taux de rétention, qui mesure le nombre d’immigrants encore au Québec plusieurs années après leur arrivée. Ce que pourrait avoir fait le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, qui se plaît à répéter que, des 50 000 immigrants qu’il accueille, le Québec en perd 13 000. Parle-t-il du solde migratoire net, qui est de 12 600 ?

M. Legault pourrait avoir plutôt fait allusion aux 26 % d’immigrants qui ont quitté le Québec, mais, dans ce cas, il omet de préciser que c’est entre 2006 et 2015 (soit sur 9 ans). Ce qu’il ne dit pas non plus, c’est que ces chiffres sont du ministère de l’Immigration et se basent sur les renouvellements de la carte d’assurance maladie, qui ne tiennent pas compte des décès et des non-renouvellements volontaires.

Les chiffres publiés par l’Institut du Québec, qui se basent sur les déclarations de revenus, ont une connotation beaucoup plus positive : seulement 18 % des immigrants arrivés entre 2005 et 2015 auraient quitté la province. Et le Québec se classe 4e au Canada pour son taux de rétention. « J’avais en tête que c’était catastrophique, mais on n’est quand même pas si loin de l’Ontario », a déclaré Mme Homsy. Selon le rapport, le taux de rétention sur cinq ans est encore plus encourageant, soit 84,3 %, et il constituerait une nette amélioration par rapport à il y a 15 ans.

Peu de francophones

Le chef de la CAQ et celui du Parti québécois, Jean-François Lisée, ont aussi répété que trop peu d’immigrants (42 %) parlent français à leur arrivée au Québec. Or, ils omettent souvent de préciser que cette donnée est pour 2017 seulement, année où le Québec a reçu beaucoup de réfugiés. En 2016, 48 % des personnes qui arrivaient ici parlaient le français, et en 2015, 56 %.

Brahim Boudarbat, professeur à l’École des relations industrielles de l’Université de Montréal, fait remarquer que, pour avoir l’heure juste, il faudrait uniquement s’intéresser à la catégorie des immigrants économiques, car ce sont eux qui sont sélectionnés avec, notamment, le critère de la langue française. Et là, toutefois, les politiciens n’auraient pas tort de s’alarmer sur la proportion d’immigrants francophones, qui sont en diminution constante depuis ces dernières années, passant de 67 % en 2012 à 53 % en 2016. « Ça, c’est un problème, puisqu’on voit que ça baisse », dit-il. Le ministère de l’Immigration a reconnu qu’elle avait admis un plus grand nombre de personnes déclarant uniquement connaître l’anglais, notamment parce que l’adéquation entre les besoins du Québec dans certains secteurs d’emploi et les compétences des travailleurs migrants était devenue plus importante que le seul critère de la langue.

Seuils et chômage

M. Boudarbat fait remarquer que les partis parlent peu de régionalisation, mais débattent beaucoup des seuils d’immigration. « On s’attendrait à ce que les libéraux, qui ont un discours de pénurie de main-d’oeuvre, parlent d’augmenter les seuils, mais ils ne le font pas. Moi, j’interprète ça comme une réduction », indique le professeur. « Dans sa tête, [le chef Philippe Couillard] pense sans doute à 60 000-65 000, mais il ne le dit pas, parce qu’il serait obligé de le justifier, comme le font les autres partis. »

Pour sa part, le chef de la CAQ justifie son intention d’accueillir moins d’immigrants en répétant que le taux de chômage parmi cette population est de 15 % dans les cinq premières années. Or, s’il est effectivement de 14,1 %, comparativement à 9,1 % en Ontario, ce taux a tendance à diminuer, étant donné la conjoncture économique favorable. Après avoir oscillé entre 10 % et 13 % depuis 2007, le taux de chômage des immigrants âgés de 25 à 54 ans atteignait 8,7 % l’an dernier. « Les employeurs vont désormais considérer un CV d’immigrant qu’ils auraient peut-être mis sous la pile il y a 15 ans, voyant que leur production est compromise », avance Mia Homsy.

Pour un portrait plus juste de la situation, les politiciens devraient toutefois s’intéresser de plus près à certaines données qui ne ressortent pas souvent, soit le taux de surqualification et la provenance des immigrants. « Les gens des pays musulmans ont un taux de chômage plus élevé », rappelle M. Boudarbat.

Source: L’Institut du Québec remet les pendules à l’heure en immigration

Legault s’emmêle à nouveau – On immigration and particularly citizenship

While the first part points out his lack of knowledge, it is the latter part where he is effectively promoting a separate Quebec version of citizenship with longer residency requirements (3 years to become a Permanent Residents, then the 3 year citizenship residency requirement) along with yet again, a Quebec Values Charter that is more revealing.

He also needs to consider the demographic and financial implications of reduced immigration that Chantal Hébert recently pointed out (By campaigning to cut immigration, Quebec’s opposition parties are playing politics with their province’s future):

François Legault reconnaît ne pas connaître sur le bout des doigts les étapes à franchir par un immigrant pour obtenir sa citoyenneté canadienne.

« Ce bout-là, je n’aurais pas gagné Génies en herbe », a-t-il laissé tomber lors d’une conférence de presse dimanche.

Le chef de la Coalition avenir Québec faisait allusion aux « bonnes questions » posées la veille par un reporter sur le système d’immigrationcanadien. À l’une d’elles, il avait répondu qu’un résident permanent n’a qu’à passer « quelques mois » au pays avant de devenir citoyen canadien. Or, c’est au moins trois ans.

« J’ai lu pas mal toute la nuit là-dessus », a mentionné le chef caquiste, tout en disant maîtriser les ressorts de l’immigration ― ou à tout le moins « l’essentiel, oui ».

Pourtant, le favori des sondages a encore confondu, dimanche, les conditions d’obtention de la résidence permanente et celles de la citoyenneté. En effet, M. Legault a dit qu’un résident permanent doit faire l’objet d’une enquête de sécurité et d’un examen médical avant de demander la citoyenneté, oubliant de dire qu’il doit aussi réussir l’examen de citoyenneté, qui porte notamment sur la géographie, l’histoire sociale, culturelle et politique du Canada, et démontrer qu’il a une « connaissance suffisante » de la langue française ou anglaise. « On va prendre votre question en délibéré », a lâché M. Legault, au terme d’un échange de quelques minutes sur le sujet.

Le chef de la CAQ a dit ne pas croire que les réponses erronées ou incomplètes qu’il a données sur le sujet aux médias nuisent à sa crédibilité. « Les Québécois, ce qu’ils veulent savoir, c’est : “Est-ce qu’on veut 40 000 ou 50 000 immigrants par année ?” La CAQ, c’est 40 000. Les libéraux, c’est 50 000. Les Québécois, ce qu’ils veulent savoir, c’est : “Est-ce que les immigrants, à l’avenir, vont devoir réussir un test de valeurs et un test de français ?” Ils savent qu’avec la CAQ, la réponse, c’est oui. Avec le Parti libéral, c’est non. C’est ça que les Québécois veulent savoir. C’est ça la crédibilité d’un chef de parti. Puis, quand je suis concret et pragmatique, je pense que les Québécois comprennent très bien ce que je dis », a-t-il affirmé à la presse.

Dans cet esprit, M. Legault a réitéré dimanche sa promesse de soumettre les nouveaux arrivants à un test de connaissance de français et des valeurs québécoises, dont la réussite serait une condition à l’obtention d’un certificat de sélection du Québec (CSQ).

D’ailleurs, selon lui, l’examen de citoyenneté préparé par le gouvernement fédéral ― qui constitue un « bon test », à ses yeux ― « vient comme montrer que ce n’est pas si effrayant que ça ce [que la CAQ] demande ». « Pourquoi ce test, au fédéral, serait acceptable et le nôtre pas acceptable ? » a-t-il demandé.

Citoyen canadien en 6 ans ?
Selon l’engagement de la CAQ, il faudrait environ six ans à un immigrant pour obtenir un passeport canadien au Québec ― trois ans pour obtenir un CSQ et la résidence permanente, plus trois ans pour la citoyenneté canadienne ―, comparativement à trois ans dans le reste du Canada. « Le français sera toujours vulnérable au Québec, en Amérique du Nord. Donc, oui, il y aura des exigences plus grandes au Québec que dans le reste du Canada », a soutenu François Legault.

Source: Legault s’emmêle à nouveau

Parrainage de réfugiés syriens: des citoyens passent la nuit dehors

A good news story that Quebec is far from monolithic in its views on immigration and refugees:

Des Québécois ont passé la nuit d’hier à aujourd’hui devant les locaux du ministère de l’Immigration afin de s’assurer que leur demande de parrainage de réfugiés syriens soit parmi les 750 qui seront acceptées pour étude dès la réouverture du programme aujourd’hui.

La file d’attente devant les bureaux du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion du Québec (MIDI) a commencé vers 16h, hier. Le premier sur place est arrivé avec une chaise et de quoi passer la nuit dans la rue. «On n’a pas le choix d’être ici si on veut être sûr que notre demande passe», a-t-il confié, vers 21h.

Derrière lui, à cette heure-là, neuf autres personnes attendaient rue Notre-Dame, certains sur de petites chaises, d’autres munis de leur sac de couchage.

Depuis janvier 2017, le volume important de demandes de parrainage de réfugiés syriens a forcé le MIDI à arrêter momentanément le programme. Dès aujourd’hui, les demandeurs pourront de nouveau soumettre leur dossier.

Les portes ouvrent ce matin à 8h30. En tout, 750 dossiers de parrainage seront étudiés par le Ministère. Seulement 100 pourront être déposés par des particuliers qui souhaitent parrainer un groupe de deux à cinq personnes. C’est surtout les parrains pour cette catégorie de dossier qui étaient en file hier. «On imagine qu’il va y avoir bien plus que 100 personnes, donc je m’assure de ma place pour que le messager prenne ma place demain», explique une dame, cinquième en ligne, installée dans une chaise pliante.

Stratégie commune

Tous ont la même stratégie : attendre leur messager, qui prendra la relève pour déposer leur dossier. Car aucun dossier remis en mains propres ne sera accepté, les documents devront obligatoirement être déposés par service de messagerie.

«Moi, il est là avec moi déjà», a lancé une femme, pointant l’homme à ses côtés. Elle a payé le messager pour la nuit, afin d’être certaine que sa demande soit parmi les premières déposées.

«Le fait de devoir venir faire la ligne comme ça démontre qu’il n’y a pas assez de place pour les demandes de parrainage», a observé une jeune femme, assise sur son sac de couchage, à côté d’une amie. «Ceux qui n’auront pas notre chance vont devoir attendre une autre année, a-t-elle ajouté. Mais on parle de réfugiés, et beaucoup d’entre eux ne peuvent pas attendre un an.»

«Chacun pour soi»

«Je ne suis vraiment pas confiante, j’ai peur qu’administrativement, ce soit le chaos demain», a avoué une des personnes en ligne. Autour d’elle, plusieurs ont hoché la tête, en signe d’approbation.

Elle a également indiqué craindre un grand désordre à l’ouverture des portes du ministère. «On ne sait pas ce qui va arriver quand la file va s’étendre et qu’il y aura plus de demandes que ce qu’ils vont accepter.»

«Ce que je trouve dommage, c’est que ça nous oblige à être chacun pour soi, pour s’assurer sa place, alors qu’on veut tous aider des gens», ajoute une autre dame, à ses côtés.

Hier soir, les quelques personnes en file ont inscrit leur nom, en ordre sur une feuille, pour avoir une liste de leur ordre d’arrivée. «C’est très informel, on ne sait même pas si ça va être respecté», s’est-elle inquiétée.

«Je pense que le Ministère fait de son mieux, a quant à lui affirmé le premier citoyen dans la file. Mais ça pourrait être mieux organisé, c’est certain, car la demande est vraiment très haute par rapport au nombre de places. Beaucoup de dossiers se sont accumulés depuis l’arrêt du programme.»

Chantal Hébert: Will Quebec be the next province to use the ‘notwithstanding’ clause?

Likely inevitable:

Chances are Ontario’s Doug Ford will not for long be the only premier to bypass the Charter of Rights and Freedoms to push through a controversial item on his legislative agenda.

Depending on the outcome of the Quebec Oct. 1 election, Prime Minister Justin Trudeau’s home province could be next.

But if that were to happen it would not be as a result of a domino effect triggered by Ford’s use of the ‘notwithstanding’ clause of the Constitution to have his way in the legal battle over the size of Toronto’s next municipal government.

The prospect of a move along similar lines was part of Quebec’s longstanding debate over the place of religious rights in a secular society before this week’s developments at Queen’s Park.

A Coalition Avenir Québec or a Parti Québécois government would scrap the controversial Liberal law that prescribes public services be received and dispensed with one’s face uncovered.

They would replace the so-called veil ban with the imposition of a secular dress code on public servants deemed to be in a position of authority. The list includes judges, prison guards, teachers and, in the case of the PQ, child care workers.

If the courts found that approach to be unconstitutional, CAQ and PQ leaders François Legault and Jean-François Lisée have both said they would have no qualms about using the notwithstanding clause to forge ahead.

At midcampaign, the notion that two of the main contenders for government in Quebec would not let the Charter stand in the way of their secularism agendas has not emerged as a wedge issue. That’s not a hill Philippe Couillard’s Liberals want to risk dying on between now and Oct. 1.

Their government’s veil ban has yet to be enforced. The courts have suspended its application until a challenge to its constitutionality has been adjudicated. Based on his previous statements, Couillard would not — should his party win power next month and the courts invalidate its veil law — be inclined to salvage it by using the notwithstanding clause.

But the premier is also on record as saying that the notwithstanding clause exists for a purpose; that it is there to be used by governments. And indeed, the Quebec Liberals have done exactly that in the not-so-distant past.

In 1988, the government of then-premier Robert Bourassa overruled a Supreme Court ruling that found the province’s French-only sign law to be in breach of the Charter. That cost Quebec’s Liberal government a critical amount of goodwill on the constitutional front. It contributed to the 1990 demise of the Meech Lake Accord. It also earned the province a black eye in many international circles. When the clause expired five years later, Bourassa’s government did not renew it. Instead it belatedly aligned the sign law with the Supreme Court’s prescriptions.

Now, as then, the federal government has the power to disallow a provincial law. But that power has not been used since 1943 and, by all indications, the current prime minister is no more inclined to dust it off than his father was at the time of the introduction of the PQ’s language law in the late seventies.

On Tuesday, Trudeau said he would leave it to Ontario voters to judge whether Ford’s decision to reach for the biggest hammer in the constitutional toolbox to quash opposition to his bid to shrink Toronto’s municipal government in the middle of an election campaign was appropriate.

If the prime minister used the constitutional levers at his disposal to intervene in the dispute between Queen’s Park and Toronto city hall, he would set himself up to do likewise if the next Quebec government ever does suspend some of the Charter rights enjoyed by the province’s religious minorities.

It is hard to think of anything more likely to trigger an all-out Ottawa/Quebec brawl than a move by a federal government to nullify a law passed in the National Assembly.

The notwithstanding clause is more widely seen as a legitimate tool in Quebec than anywhere else in Canada. But it would be simplistic to conclude that repeated use has normalized the practice. The province’s difficult history with constitutional politics and the autonomist instincts of its francophone majority largely account for the difference.

It is too early to know whether Ford’s use of the notwithstanding clause will start a trend that will spread to other provincial capitals or, on the contrary, make reaching out for it more politically toxic everywhere. But without support to do away with the clause from either Ontario or Quebec, it is not about to be written out of the Constitution.

Source: Chantal Hébert: Will Quebec be the next province to use the ‘notwithstanding’ clause?

By campaigning to cut immigration, Quebec’s opposition parties are playing politics with their province’s future

Great piece by Chantal Hébert, pointing out the sweetheart deal that Quebec has with respect to funding for immigrant integration and how it compares with federal funding to other provinces.

The numbers tell the story. Last time I looked, the federal government transferred $345 million to Quebec (2016-17 budget). While comparisons are inexact, the 2015-16 Rapport annuel de gestion of Quebec’s Ministère de l’immigration, de la diversité et de l’inclusion indicates about $97 million in direct program spending for language training (francisation) and integration services (65 percent of the total budget of about $150 million). 

Quite a gap!

Among Canada’s larger provinces, none is greying faster than Quebec. For the first time in its modern history, the province is struggling with labour shortages. To varying degrees all its regions including Montreal are affected.

Those shortages are projected to become more acute as the last of the baby boomers retire over the coming decade. Attracting workers from other provinces —as Alberta, Ontario or British Columbia routinely do — is less than an optimal solution. There is not in the rest of Canada a big supply of skilled workers readily able to function in French.

Why then are the province’s two main opposition parties campaigning on a promise to cut down on immigration?

If elected to power on Oct. 1, the currently leading Coalition Avenir Québec would reduce the number of immigrants coming to the province by 20 per cent as of its first year in office.

A CAQ government would also force newcomers, who do not after three years meet a government-set level of proficiency in French, to leave Quebec.

For its part, the Parti Québécois would limit admission to applicants who are already fluent in French. At this point, less than half of Quebec’s annual immigration intake falls in that category.

Under either plan, the number of immigrants admitted to the province would decline significantly.

By virtue of a longstanding federal-provincial agreement, Quebec selects all its immigrants except for those who apply for refugee status from inside Canada or who qualify under the family reunification program. But the citizenship process itself remains a federal responsibility and the national norms set by Ottawa apply in all provinces.

Quebec awards more points to applicants who are already fluent in French; it also proactively tries to woe them.

If there were a neglected pool of would-be immigrants — with the language skills the PQ considers essential — somewhere in the world, the province would have already found it.

On its face, the CAQ’s proposal to expel from Quebec those who fail to meet its language requirements is unconstitutional. The Charter of Rights and Freedoms guarantees the right of permanent residents to move from one province to another as they see fit.

But even if it did not, the proposition that the federal government — regardless of the party in power — should undertake to remove immigrants from Quebec to forcibly settle them elsewhere in Canada or, alternatively, to send them back to their country of origin would be dead on arrival on Parliament Hill.

Indeed, if CAQ Leader François Legault does become premier this fall, he might want to question the wisdom of shining a spotlight on the Quebec/Canada immigration accord, especially in a federal election year.

The agreement was last renegotiated in the immediate aftermath of the demise of the Meech Lake Accord — at a time when then-prime minister Brian Mulroney was desperate to blunt the impact of the failure of his constitutional bid in Quebec. It can be amended but not terminated by the federal government.

There is a reason why no Quebec government — including the PQ-led ones — has wanted to reopen the deal. It is one of the most advantageous federal-provincial agreements ever struck in the history of the federation.

It includes an escalator clause that ensures the funds Ottawa transfers to Quebec for immigration purposes do not decrease from year to year.

After more than two decades, there is a significant gap between the money Quebec receives per capita for integration purposes versus the funds transferred to the other provinces. That gap is larger than the extra costs involved in offering French-language training services. One would think no Quebec government would go out of its way to highlight this.

But then to look to common sense for the rationale of the PQ and the CAQ’s immigration proposals is to look in the wrong place.

By casting immigration as a threat to Quebec’s francophone identity, the CAQ and the PQ are playing to an audience of swing nationalist voters who could make or break their respective hopes on Oct. 1.

In this spirit, at mid-campaign Legault is casting his immigration platform as a firewall designed to prevent a French-language Quebec from disappearing within two or three generations.

There are no statistics to support the CAQ leader’s doomsday scenario. Quebec requires all immigrant children to be schooled in French until the end of high school. Even if their parents never managed to master the language, they would.

Were a future Quebec government to deliberately decrease its immigration intake even as the other provinces go the other way, it would be at a cost not only to its economy but also to its demographical weight and its influence in the federation.

Source: By campaigning to cut immigration, Quebec’s opposition parties are playing politics with their province’s future

What’s with Islamophobia in Quebec?

Good commentary by Phil Gurski, noting the impact that this kind of discourse has on security agency efforts to engage with Muslim Canadians:

“Islam should be banned like we ban pit bulls.” You read that right. This was a Twitter post by an erstwhile candidate for the Parti Québeécois in the upcoming Quebec election. Suffice it to say he is no longer on the PQ slate. But let me repeat what he wrote: “Islam should be banned like we ban pit bulls.” Wow. It is hard to say anything about that beyond disgust that someone would (a) actually think this and (b) actually Tweet it. Talk about a career killer.

Or not.

There appears to be a disturbing amount of Islamophobia in the province of Quebec. This irrational fear, despite the actual presence of Islamist extremists, a topic I will return to below, is manifest in a variety of ways, ranging from ridiculous calls to ban stoning to the killing of Muslims at worship. Somewhere in the middle, lies a gaggle of self-styled patriot groups such as La Meute who claim to be standing on guard against the dangers posed by migrants, many of whom are Muslim.

What is driving this hatred for Islam? That indeed is a very good question. Is it the changing nature of Quebec society from centuries of white francophone Catholicism to a much more multicultural polity? Is it tied to the vestiges of separatism, a desire that appears, at least as far as all the major political parties are concerned, to be all but dead? These attitudes are not limited to Quebec but when Québécois francophones hold and pronounce them they do seem to get more attention in Canadian media. This is perhaps a shortcoming of how we recognize and report what is ‘newsworthy’ in this country.

We could dismiss all of this as hateful discrimination and move on, much the same as everyone seems to have a boorish relative who says stupid things, but gets away with them because no one wants to cause a family rift by challenging them. This, of course, is not an optimal response: hatred directed at any one group should always be called out for what it is in view of what is sometimes called the ‘broken window theory’: i.e. the notion that if you ignore early signs of disorder they will only get worse. I am not drawing a direct line between Islamophobic rhetoric and the shooting at the Québec City mosque in January 2017 but it is nonetheless important to reject racism in all its forms.

Those who hold these views will often point to terrorism as justification for their fears and demands for a cap on immigration. Here they both are sadly mistaken and yet have a point. Even a cursory glance at terrorism in Canada over the past few decades demonstrates quite clearly that not only is violent extremism thankfully a rarity in our country but the single largest successful attack was actually perpetrated against Muslims, not by them—Alexandre Bissonnette’s rampage in 2017. At the same time, there was an attack in Quebec by a Muslim in 2014, this one by Martin Couture-Rouleau, a convert to Islam albeit originally a Québécois de souche. There have also been other Quebec Muslims who have left to join terrorist groups abroad and some may return one day to carry out violence back home. So yes, the fear is real even if it is minimally supported by data.

The problem remains that even if there are violently radicalized Quebec Muslims they are but a handful and outweighed by tens of thousands of others. It is simply wrong to paint all with the same brush just because a few engage in violence. Furthermore, by engaging in discriminatory practices against an entire community for the sins of a tiny part, it forces that majority to circle the wagons out of a sense of self protection. This has serious implications for any collaboration and cooperation between Quebec Muslims and those agencies tasked with investigating real threats, such as CSIS and the RCMP.

Racism is racism and has no part in Canada. Let’s not bury our heads in the sand over this.

Source: What’s with Islamophobia in Quebec?