Ottawa cuts off financing to Edmonton centre for newcomers over sexual misconduct allegation

Appropriate:

Immigration Canada has lost its trust in an Edmonton centre for francophone newcomers and is putting an early end to its financing agreement, according to a letter sent to the organization after a sexual misconduct allegation against a former director surfaced.

The government’s decision was taken due to the “inaction” of the board of the Centre d’accueil et d’établissement du nord de l’Alberta (CAE) after it was alleged Georges Bahaya engaged in sexual misconduct toward a client.

Originally from the Democratic Republic of the Congo, the client accused Bahaya of victimizing her in 2010.

Bahaya was fired in June 2018. The CAE told Radio-Canada that Bahaya was fired without cause, in the interest of the people who obtain services from the centre.

The organization offers support and services to French speakers who have recently moved to northern Alberta.

In a letter dated Oct. 18, David Manicom, assistant deputy minister of settlement and integration, suggested that the board failed to adequately investigate the allegations.

“The actions, the statements and the inaction of the CAE’s board have caused the ministry to lose its trust in the organization,” Manicom wrote in the letter.

CBC has obtained a copy of the letter, which was sent to CAE interim director Béda Kaji-Ngulu.

“The board’s president [Paul Dubé] publicly defended the former director [Bahaya], even though no measures were taken to verify the allegations against him,” Manicom wrote.

The CAE hadn’t responded to the multiple concerns raised by the ministry when allegations of  Bahaya’s inappropriate behaviour first surfaced last January, reads the letter.

“Consequently, the ministry is not convinced that the CAE can offer services to newcomers in an environment that is safe and secure.”

Immigration Canada will end its financing of several million dollars in March 2019, according to the letter. The exact value of the current contract isn’t known, but under a three-year deal, from 2013 to 2016, the organization received about $3.5 million.

Manicom wrote that the CAE should start winding down its operations and advise staff that their employment will come to an end.

Community wants to ‘clean house’

Members of Edmonton’s francophone community met on Tuesday to discuss how to continue offering establishment services to newcomers.

“It’s important to have a welcoming organization that is run by and for francophones,” said Marc Arnal, president of the Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), a provincial body that oversees services for the francophone community.

The members of the CAE’s board must be replaced, Arnal said.

“It must be recognized that the situation was not handled the way it should have been.”

Community members hope “cleaning house” will convince Ottawa to reinstate the CAE’s financing.

But Dubé, the board’s president, has no intention of stepping down at this time.

He maintains that the board acted in good faith, and that Immigration Canada is overreacting to the situation.

“Isn’t there a disproportion between the accusations against the board and the punishment imposed?” Dubé said Wednesday at an open community meeting.

“Our intentions were those of responsible people, dedicated to their mandate.”

Source: Ottawa cuts off financing to Edmonton centre for newcomers over sexual misconduct allegation

Des cours de francisation jugés inefficaces

Basic level versus advanced level for professionals. Likely unrealistic to expect immigrant language training to cover the latter (just think of the mixed success of federal official language training for anglophones trying to learn French and the amount of time required).

Much better to address during selection process (as current Express Entry give weight to language):

Les programmes de francisation ne sont pas efficaces pour permettre aux immigrants de bien s’intégrer au marché du travail et à la société québécoise, déplore Nima Madani, immigrant d’origine iranienne installé au Québec depuis 2015.

En suivant les débats autour de l’accueil des nouveaux arrivants, cet ingénieur mécanique de 40 ans a l’impression, comme beaucoup d’autres immigrants, que les chefs politiques ne comprennent pas vraiment les enjeux et qu’ils proposent des solutions sans lien avec la réalité.

«Ils parlent du taux élevé d’échec aux cours de francisation, mais personne n’a comme priorité de les améliorer», souligne-t-il, se basant sur ce qu’il a vécu depuis son arrivée à Montréal.

La CAQ propose d’abord de réduire le nombre d’immigrants, tandis que le PQ veut exiger qu’ils connaissent mieux le français à leur arrivée.

«Mais on a tellement de choses à faire quand on se prépare à quitter notre pays, c’est très exigeant», témoigne Nima Madani.

«Les politiciens ne semblent pas savoir comment ça se passe pour un immigrant qui arrive. La majorité fait de gros efforts pour s’intégrer, mais on a l’impression d’être abandonnés, même en étant très motivé pour apprendre le français.»

Inquiétude

Ses observations sur les lacunes en francisation sont corroborées par plusieurs études, notamment celle du Conseil supérieur de la langue française (CSLF), publiée en février dernier, ainsi que par le dernier rapport de la Vérificatrice générale du Québec, dévoilé en novembre 2017. «L’offre de francisation de base ne permet pas aux immigrants d’atteindre un niveau de maîtrise de la langue suffisamment élevé pour réaliser une intégration socioprofessionnelle réussie», a démoncé le CSlF dans son rapport sur La francisation et l’intégration professionnelle des personnes immigrantes.

De nombreux immigrants sont inquiets de ce qu’ils entendent depuis le début de la campagne électorale, renchérit Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).

«Ils se sentent dénigrés, alors que plusieurs font de gros efforts pour apprendre le français et que les inscriptions aux cours de francisation augmentent, dit-il. Certains se demandent s’ils devront quitter le Québec si la CAQ prend le pouvoir.»

Le test des valeurs proposé par François Legault cause aussi de l’irritation. «M. Legault ne semble pas réaliser qu’on fait déjà tout ce qu’il demande, note Nima Madani. Dans les entrevues de sélection, nous sommes interrogés sur les valeurs québécoises.»

Il rappelle aussi que la demande de certificat de sélection du Québec inclut la signature d’une Déclaration portant sur les valeurs communes de la société québécoise. «Si je n’étais pas d’accord, je ne serais pas venu au Québec», fait-il remarquer.

Les immigrants invisibles

Alors que le thème de l’accueil des immigrants occupe une place centrale dans la campagne électorale, on a peu entendu les nouveaux arrivants se prononcer eux-mêmes sur cet enjeu, alors qu’ils sont les premiers concernés.

Sollicités pour ce reportage, les représentants du Regroupement des organismes de francisation du Québec ont décliné notre demande d’entrevue, préférant «ne pas se mêler de politique», a expliqué un porte-parole.

Nima Madani veut contribuer au débat de façon constructive en témoignant de son expérience d’immigrant très motivé à apprendre le français: il a suivi plusieurs sessions de cours à Téhéran, en plus de deux séjours d’un mois à Paris dans des programmes d’immersion, pour se préparer à son arrivée au Québec.

«On m’a dit que mon français était assez bon, même si j’avais encore besoin de cours de francisation, raconte-t-il. Mais les cours ici ne sont pas efficaces, les progrès sont beaucoup trop lents pour atteindre un niveau suffisant pour travailler. Et quand on a terminé le programme de francisation, c’est très difficile de trouver des cours pour continuer de progresser.»

Trop élevé d’élèves par classe, trop peu de temps consacré à la conversation, méthodes d’enseignement archaïques et inefficaces, groupes composés d’élèves aux objectifs disparates, peu adaptés aux besoins des travailleurs qualifiés, horaires qui ne conviennent pas à tous, faibles moyens financiers des élèves… La liste des observations de M. Madani est longue!

«Je ne veux pas avoir l’air de chiâler!», dit-il, dans un français teinté d’un très léger accent, en hésitant à peine sur certains mots. «Les professeurs étaient très gentils et accueillants, mais certains n’enseignaient simplement pas bien. C’était un monologue. C’est bien que les cours soient gratuits, mais il faut surtout qu’ils soient performants.»

Autre aberration, selon lui: les enseignants donnaient à l’avance aux élèves les questions des examens du ministère de l’Immigration visant à vérifier les acquis.

Pour continuer ses progrès en français, M. Madani s’est inscrit à un cours à HEC-Montréal et a trouvé des Québécois avec qui se pratiquer.

«Dans mon réseau, dans la communauté iranienne, la plupart des gens parlent anglais, alors je ne peux pas compter sur mon entourage pour pratiquer», souligne-t-il.

Il se désole aussi de voir que l’on ne parle pas de cinéma québécois, ni de littérature ou de chanson dans les cours de francisation, mais qu’on apprend aux élèves comment se débrouiller si leur lavabo coule.

«Tout est fait en fonction de survivre et non de vivre, dit M. Madani. On ne parle jamais de ce qui est agréable dans la culture québécoise. Je n’ai jamais eu de lavabo qui coule depuis que je suis arrivé ici, ça ne me sert à rien pour entrer en contact avec les Québécois!»

***

UN GUICHET UNIQUE QUI SE FAIT ATTENDRE

Un projet de guichet unique pour faciliter l’accès aux cours de francisation, dans les cartons du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) depuis plus de 15 ans, n’a toujours pas vu le jour, malgré des années de travaux. Un contrat de plus de 200 000$ a même été accordé en 2009 pour la mise en place de ce guichet unique, visant à simplifier l’inscription aux cours, qui peuvent être offerts dans les commissions scolaires, les cégeps ou les organismes communautaires. Le ministère promet maintenant que ce service sera implanté en 2019. «Depuis août 2017, le MIDI est devenu la porte d’entrée unique pour les personnes immigrantes admissibles à l’allocation de participation et aux cours à temps complet, qu’ils soient offerts par un partenaire du MIDI ou en commission scolaire», note cependant une porte-parole du ministère, soulignant que le dernier budget prévoyait 50 millions sur cinq ans pour bonifier les services.

MAUVAISE NOTE POUR LA FRANCISATION

Les principales lacunes des cours de français destinés aux immigrants:

«La capacité de communiquer en français ne garantit pas l’intégration professionnelle et sociale, certes, mais ce facteur constitue néanmoins le premier élément d’intégration à la société québécoise.»

«L’hétérogénéité de la composition des groupes de francisation est considérée comme un frein à l’apprentissage de la langue.»

«Même s’ils reçoivent une allocation, il n’est pas rare que des immigrants qui suivent le programme de francisation soient obligés de travailler en même temps.»

Source: Conseil supérieur de la langue française, La francisation et l’intégration professionnelle des personnes immigrantes, février 2018.

«La vaste majorité des participants aux cours de français du ministère n’ont pas atteint le seuil d’autonomie langagière, lequel facilite l’accès au marché du travail et permet d’entreprendre des études postsecondaires. Les personnes immigrantes qui ont commencé des cours de français offerts par le Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) en 2015 ont atteint ce seuil dans une proportion de 9,1% à l’oral et de 3,7 et 5,3% à l’écrit.»

«Le MIDI ne mesure pas le délai d’attente réel des personnes immigrantes entre leur demande d’inscription et le début d’un cours à temps complet. De plus, il ne collige pas de données sur les raisons des désistements et l’information qu’il collecte au sujet des motifs d’abandon de cours durant une session est incomplète.»

Source: Rapport du Vérificateur général du Québec sur la francisation des personnes immigrantes, novembre 2017.

Source: Des cours de francisation jugés inefficaces

ICYMI: Les immigrants se regroupent en banlieue comme à la ville

The changing patterns of settlement in greater Montreal:

Plus les années passent, plus les immigrants quittent Montréal pour s’établir dans les couronnes. Mais alors qu’on pourrait croire que c’est parce qu’ils s’intègrent et se fondent de plus en plus dans le paysage socioculturel québécois, le taux de concentration de ces populations demeure assez élevé, même en banlieue.

C’est ce qui ressort d’une mise en forme des données des derniers recensements de Statistique Canada, à deux semaines de la sortie des nouvelles tendances en immigration du recensement de 2016.

La théorie de l’assimilation spatiale prédit une sorte de disparition naturelle de la ségrégation, mais ce n’est pas nécessairement ce qu’on doit conclure en voyant que les immigrants s’installent en banlieue, indique René Houle, chercheur pour Statistique Canada.

« C’était le point de départ de notre étude. Avec la théorie de l’assimilation spatiale, on pouvait s’attendre à ce que les immigrants et les enfants des immigrants aient tendance à se disperser, mais ça ne marche pas comme ça », souligne-t-il.

Le chercheur, qui s’est intéressé à l’origine des immigrants et à leurs mouvements sur le territoire canadien, a mesuré l’indice de dissimilarité, soit la tendance des populations à se concentrer ou à se disperser sur le territoire. Son constat ? Les immigrants qui migrent hors de la métropole vont avoir tendance à se reconcentrer ailleurs. « Ce n’est pas parce que les immigrants vont en banlieue qu’ils se dispersent. »

Les Français, États-Uniens et Portugais seraient parmi les plus dispersés, alors que les Philippins, les Indiens et les Grecs seraient des populations plus concentrées.

Quartier homogène

Il serait toutefois hasardeux de conclure à une certaine ghettoïsation, soutient la sociologue à l’INRS-Urbanisation Annick Germain. « Dans l’image populaire, la concentration, ça renvoie à un cas de figure où il n’y a que des gens d’une même origine qui vivent dans le même voisinage. Or, ce n’est pas ce dont on parle. »

Si certains regroupements peuvent se faire en raison d’affinités linguistiques, c’était surtout au siècle dernier que les immigrants, notamment d’origine européenne, avaient tendance à s’installer dans un quartier plus homogène. Pour démontrer les réelles tendances à la co-ethnicité, il faudrait des analyses plus poussées, ajoute-t-elle.

Les immigrants, ces banlieusards

René Houle remarque que l’engouement pour la banlieue croît proportionnellement au nombre d’années passées au Québec. Même si les immigrants nouvellement arrivés s’installent d’abord à Montréal, « [la métropole] se vide pratiquement après trois générations ou plus », constate-t-il. Le prix élevé des loyers est un facteur, pas seulement pour les immigrants, d’ailleurs.

Fait intéressant : de manière encore très marquée, les immigrants s’établissent selon le fameux axe « est-ouest » du boulevard Saint-Laurent, selon leur affinité avec le français ou l’anglais. Un axe semble se prolonger de façon imaginaire dans les banlieues comme Laval et Longueuil, orientant l’installation de la même manière.

Source: Les immigrants se regroupent en banlieue comme à la ville | Le Devoir