Canada updates list of study programs that qualify international students for work permits

Further tightening:

To better align immigrant selection with Canada’s labour market needs, Ottawa is refining what academic programs are going to qualify international students for the coveted postgraduation work permit.

The Immigration Department has updated its eligibility list, adding 119 new fields of study and removing 178 others based on jobs with long-term shortages. A total of 920 coded programs remain eligible.

The Liberal government has been criticized for the soaring number of international students, who had increasingly used the international education program to come and work in Canada in order to ultimately earn permanent residence in the country.

Many international students enrolled in general programs at institutions that former immigration minister Marc Miller called “diploma mills,” studying in subjects that had no relevance to what’s needed in the labour market.

Last November, the Immigration Department started requiring international students in nondegree programs (programs other than bachelor’s, master’s or doctoral degrees) to complete a program in an eligible field of study to qualify for the postgraduation work permit.

As part of the plan to improve the integrity of the international education system, Miller not only capped the number of study permits issued, but also restricted the access to postgraduation work permits, which could be valid for up to three years and provided the incentive for people to study in Canada.

“It is not the intention of this program to have sham commerce degrees and business degrees that are sitting on top of a massage parlour,” Miller told reporters at a news conference last year. “This is something we need to rein in.” 

According to CIC News, an online media outlet on Canadian immigration, the additional qualifying programs cover health care and social services, education and trades.

However, it said, many of the agricultural and agri-food programs such as farm management and crop production were removed from the list, along with Indigenous education, student counselling and personnel services, environmental studies, building/property maintenance, drywall installation, solar energy technology, airframe mechanics and aircraft maintenance technology, among others.

The Immigration Department says students who applied for a study permit before June 25, 2025, will still be eligible for postgraduation work permits if their field of study was on the list when they applied for their study permit even if it has since been removed.

Source: Canada updates list of study programs that qualify international students for work permits

Entre réussite et intégration, un Québec fou de tous ses enfants

Interesting read by a former teacher:

…Mon premier contrat dans mon champ — l’histoire et la géographie — était dans une grande école secondaire du quartier défavorisé Côte-des-Neiges. J’ai partagé certaines appréhensions concernant le secteur avec des collègues, et ils m’ont tous répondu une variation de la formule suivante : Côte-des-Neiges, c’est un secret bien gardé.

Les défis linguistiques y sont importants, mais la population scolaire y est réceptive, les jeunes souvent polis et travaillants. C’était il y a dix ans. J’avais plus de deux cents élèves et une seule qui n’était pas issue de l’immigration.

Cette école n’avait rien d’un « ghetto » : on y retrouvait plus de soixante nationalités représentées. Dans les corridors, on entendait l’anglais, l’espagnol, l’arabe ou le tagalog. La valorisation du français était au cœur du projet éducatif.

Les élèves s’exprimaient aussi entre eux dans la langue de Molière, la seule qu’ils avaient tous en commun. Un français certes teinté d’accents de banlieues françaises ou de franglais. Une langue qui ne les avait pas préparés à comprendre L’erreur boréale, que j’ai dû traduire, mimer et rembobiner lors du chapitre sur le territoire forestier.

L’équipe d’accueil et de francisation comptait sur des enseignants intimement qualifiés : pour plusieurs, le français avait aussi été une langue étrangère. Grâce à leur formation et leur expérience, ces enseignants savaient que l’apprentissage d’une langue s’effectue en complémentarité et non en concurrence avec les autres langues connues.

Plusieurs recherches montrent que des pédagogies plurilingues, mobilisant les autres langues des élèves, soutiennent efficacement l’apprentissage du français. En plus de leurs effets positifs sur le plan cognitif, ces pratiques renforcent le lien maître-élève.

Or, comme l’ont souligné plusieurs chercheuses en commission parlementaire, certains articles du projet de loi 94 visant notamment à renforcer la laïcité risquent de compromettre ces interactions dans la langue maternelle de l’élève.

Les pratiques d’accueil

La francisation des élèves ne se limite pas aux classes d’accueil. Il existe les services intensifs d’accueil et de soutien à l’apprentissage du français (SASAF), qui incluent un soutien quotidien en classe ordinaire et les classes d’accueil.

Les services de soutien linguistique d’appoint en francisation (SLAF) s’adressent quant à eux aux élèves intégrés en classe ordinaire dont l’acquisition du français est bien amorcée.

Les critères de classement et les choix de services varient d’un centre de services scolaire à l’autre. Notons que le MEQ n’a fixé aucun nombre minimal d’heures hebdomadaires de SLAF à offrir. L’accès aux services professionnels, comme l’orthopédagogie ou la psychoéducation, peut aussi être limité lorsqu’une direction considère que la classe d’accueil constitue le service de soutien.

Certaines directions imposent aux enseignants d’attendre que l’élève soit francisé avant de soumettre une demande de services complémentaires. Certaines disent vouloir éviter la suridentification. N’en demeure qu’avec la hausse du nombre d’élèves ayant un parcours scolaire interrompu, des retards importants ou des parcours migratoires difficiles, ce retard d’accès pèse lourd à la fois sur les élèves et sur le personnel.

Selon le MEQ, alors qu’il y a deux fois plus d’élèves en classe d’accueil qu’il y a dix ans, on en compte trois fois plus en classe ordinaire bénéficiant d’un soutien d’appoint sans qu’aucune norme minimale ne soit établie à cet effet. Les critères de classement demeurent souvent opaques ; le service d’appoint est-il réellement suffisant pour ces élèves ? Plus d’uniformité et de transparence sont nécessaires.

Qui sont les élèves issus de l’immigration ?

À la parution, en 2015, de l’ouvrage de Marie Mc Andrew et du groupe de recherche Immigration, équité et scolarisation (GRIES), La réussite éducative des élèves issus de l’immigration, ceux-ci représentaient 26 % de la population scolaire. Dix ans plus tard, ce chiffre est passé à 36 %.

Tous n’ont pas besoin de services de francisation. C’est notamment le cas de plusieurs élèves dits de deuxième génération, les plus nombreux (22 % de ces 36 %), dont le recours aux SASAF est resté stable depuis dix ans, voire a légèrement diminué. Un élève de deuxième génération est un élève né ici dont au moins un parent est né à l’extérieur du Québec. Fait marquant, le nombre d’élèves immigrants dont la langue maternelle est le français est en hausse — ils composent près de la moitié du groupe en 2025 (43 % contre 37 % en 2015). Les groupes de langue arabe, anglaise ou espagnole sont, eux, restés stables.

Les élèves issus de l’immigration fréquentent davantage l’école privée au secondaire que les non-immigrants (24,5 % contre 20,5 %), une donnée influencée par la forte présence des élèves de deuxième génération dans le réseau privé. Toutefois, le rôle du privé dans l’accueil et la francisation des élèves de première génération tend à diminuer.

Citoyenneté québécoise

Comment évalue-t-on l’intégration d’une personne à sa société d’accueil ? Lorsque cette question est soulevée, les critères objectifs sont parfois maigres. Pour les élèves québécois, deux indicateurs pourraient toutefois nous servir de repères : la réussite scolaire et le choix de la langue d’enseignement au postsecondaire.

Selon l’Observatoire des inégalités, en 2016, le taux de diplomation des élèves de deuxième génération était de 88 %, alors qu’il était de 83 % pour les élèves non issus de l’immigration. Quant aux élèves de première génération ayant immigré dès le primaire, leur taux de réussite est passé de 75 % à 84 % entre 2008 et 2016.

Bien que les défis soient nombreux, plusieurs facteurs propres à la population immigrante expliqueraient cette réussite, dont l’approche scolaire parentale. En 2015, le GRIES notait que le caractère sélectif des politiques d’immigration québécoises, visant un objectif d’établissement permanent, contribuait à la stabilité des familles, à la légitimité de la présence des immigrants, ce qui favorisait la réussite.

Après leur passage en système scolaire francophone, comme le veut la loi 101, 50 % des inscrits allophones au collégial choisissaient les études en français en 2007. Cela passait à 66 % en 2021, selon l’OQLF. Sur cette même période, le choix des jeunes francophones pour le collégial en français est lui passé de 95 % à 93 %. Considérant ce facteur, l’intégration des jeunes allophones à la société québécoise tend à s’améliorer.

Afin d’accentuer l’adhésion à la culture francophone, dans un rapport bien documenté sur les dynamiques linguistiques du monde scolaire, le commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, proposait notamment des mesures comme le développement de programmes de jumelages entre écoles de différentes régions du Québec, approche souvent mise de côté au profit d’expériences internationales.

Les élèves issus de l’immigration créent-ils « une pression énorme sur nos écoles » ? Les politiques d’immigration, nommément celles d’immigration temporaire, ont accentué leur nombre, surtout depuis 2022.

Reste que leur présence à la hausse s’inscrit de façon prévisible depuis plusieurs années, que ces élèves sont aussi globalement résilients, engagés dans leurs études, en preuve leur taux de réussite, qu’ils sont de plus en plus francophones et qu’ils sont aussi de plus en plus nombreux à choisir le français pour la suite de leur parcours scolaire.

Investir ambitieusement dans l’accueil et la francisation des élèves est incontournable pour la nation québécoise et ce n’est pas uniquement une question d’argent : c’est aussi reconnaître l’effet d’émulation positive qu’ont plusieurs de ses élèves sur l’ensemble du système, laisser les professionnels utiliser les meilleures pratiques, comme les références à la langue et à la culture maternelles, sans y voir de menace à la société d’accueil ou favoriser des démarches peu systématisées, comme le jumelage interrégional.

Mon passage en milieu pluriethnique m’a notamment appris que l’amour de la langue ne peut se développer qu’au travers du respect et de l’affection qu’on porte à ceux qui la parlent.

Source: Entre réussite et intégration, un Québec fou de tous ses enfants

McWhorter: Viewed From Any Angle, This Station Is a Wonder and an Inspiration

Money quote: “That feeling of hunger to see, to know, that sense of awe and joy — that is what education should foster.”

…Which is why it depresses me endlessly when these goals narrow in the way they so often do today. So many teachers or professors seem to think that during the short time we have students under our influence, our primary job is to instruct them in how to illuminate injustice.

The field of education, for example, is a rich subject — “How many miles to the heart of a child?” asked the lead character in Kurt Weill and Maxwell Anderson’s 1949 musical “Lost in the Stars.” But in “What’s College For?” the author Zachary Karabell describes something sadly familiar these days: a professor focused on telling students how America’s educational apparatus perpetuates class stratification.

The film critic David Denby, in “Great Books,” his volume about Columbia University’s core curriculum, described an instructor whose only apparent interest in Aristotle was in condemning his sexism and racism, rather than exploring the broader scope of his writings. I once sat in on a course about Black film in which the main theme class after class was how each movie exemplified negative stereotypes. The artistry, the richness, the reasons the films were meaningful to Black people were considered of lesser interest. Rachmaninoff’s piano concertos, every word of George Eliot’s “Middlemarch,” William Levi Dawson’s “Negro Symphony” from start to finish — all of these can be laboriously interpreted as demonstrations of the abuse of power. But doing so misses their true value.

I would hate to see anyone put that kind of teaching to use when entering Michigan Central Station — to internalize the idea that upon encountering that magnificence, one’s thoughts should be primarily about injustice. Certainly the Black porters there worked under less than ideal conditions; white passengers often saw them as barely human. (The convention back in the day was to call all Black porters “George,” because who cared what they called themselves?) It’s important to remember these facts. But even amid that bigotry, Black people had the same capacity as white people to see beauty. And they have the same capacity today.

On the way to Michigan Central, I was talking with a Black guy named Anton who had grown up nearby. As the building came into view, rising so majestically into the day’s overcast sky and set diagonally to the main road, I shouted, “Goddamn!” At the very same second, Anton exclaimed “Look at that! There it is, man!”

That feeling of hunger to see, to know, that sense of awe and joy — that is what education should foster.

Source: Viewed From Any Angle, This Station Is a Wonder and an Inspiration

These Words Are Disappearing in the New Trump Administration

Quite a list, including many I would classify as descriptive and objective, and some that merely correct silly language (e.g., breastfeed + people, breastfeed + person, chestfeed + people, chestfeed + person, pregnant people, pregnant person):

As President Trump seeks to purge the federal government of “woke” initiatives, agencies have flagged hundreds of words to limit or avoid, according to a compilation of government documents.

  • accessible
  • activism
  • activists
  • advocacy
  • advocate
  • advocates
  • affirming care
  • all-inclusive
  • allyship
  • anti-racism
  • antiracist
  • assigned at birth
  • assigned female at birth
  • assigned male at birth
  • at risk
  • barrier
  • barriers
  • belong
  • bias
  • biased
  • biased toward
  • biases
  • biases towards
  • biologically female
  • biologically male
  • BIPOC
  • Black
  • breastfeed + people
  • breastfeed + person
  • chestfeed + people
  • chestfeed + person
  • clean energy
  • climate crisis
  • climate science
  • commercial sex worker
  • community diversity
  • community equity
  • confirmation bias
  • cultural competence
  • cultural differences
  • cultural heritage
  • cultural sensitivity
  • culturally appropriate
  • culturally responsive
  • DEI
  • DEIA
  • DEIAB
  • DEIJ
  • disabilities
  • disability
  • discriminated
  • discrimination
  • discriminatory
  • disparity
  • diverse
  • diverse backgrounds
  • diverse communities
  • diverse community
  • diverse group
  • diverse groups
  • diversified
  • diversify
  • diversifying
  • diversity
  • enhance the diversity
  • enhancing diversity
  • environmental quality
  • equal opportunity
  • equality
  • equitable
  • equitableness
  • equity
  • ethnicity
  • excluded
  • exclusion
  • expression
  • female
  • females
  • feminism
  • fostering inclusivity
  • GBV
  • gender
  • gender based
  • gender based violence
  • gender diversity
  • gender identity
  • gender ideology
  • gender-affirming care
  • genders
  • Gulf of Mexico
  • hate speech
  • health disparity
  • health equity
  • hispanic minority
  • historically
  • identity
  • immigrants
  • implicit bias
  • implicit biases
  • inclusion
  • inclusive
  • inclusive leadership
  • inclusiveness
  • inclusivity
  • increase diversity
  • increase the diversity
  • indigenous community
  • inequalities
  • inequality
  • inequitable
  • inequities
  • inequity
  • injustice
  • institutional
  • intersectional
  • intersectionality
  • key groups
  • key people
  • key populations
  • Latinx
  • LGBT
  • LGBTQ
  • marginalize
  • marginalized
  • men who have sex with men
  • mental health
  • minorities
  • minority
  • most risk
  • MSM
  • multicultural
  • Mx
  • Native American
  • non-binary
  • nonbinary
  • oppression
  • oppressive
  • orientation
  • people + uterus
  • people-centered care
  • person-centered
  • person-centered care
  • polarization
  • political
  • pollution
  • pregnant people
  • pregnant person
  • pregnant persons
  • prejudice
  • privilege
  • privileges
  • promote diversity
  • promoting diversity
  • pronoun
  • pronouns
  • prostitute
  • race
  • race and ethnicity
  • racial
  • racial diversity
  • racial identity
  • racial inequality
  • racial justice
  • racially
  • racism
  • segregation
  • sense of belonging
  • sex
  • sexual preferences
  • sexuality
  • social justice
  • sociocultural
  • socioeconomic
  • status
  • stereotype
  • stereotypes
  • systemic
  • systemically
  • they/them
  • trans
  • transgender
  • transsexual
  • trauma
  • traumatic
  • tribal
  • unconscious bias
  • underappreciated
  • underprivileged
  • underrepresentation
  • underrepresented
  • underserved
  • undervalued
  • victim
  • victims
  • vulnerable populations
  • women
  • women and underrepresented

Source: These Words Are Disappearing in the New Trump Administration

Le Devoir Éditorial | Un laboratoire pour le Québec [laïcité in education]

Legitimate concerns regarding Bedford and the influence of more fundamentalist Muslim educators:

L’école Bedford nous a offert un concentré des dangers qui guettent l’école québécoise : déni de laïcité, refus de l’égalité hommes-femmes, gouvernance scolaire anémiée, mépris des besoins particuliers de certains élèves et incompétence pédagogique. Ce quintette délétère est au cœur du plan d’action rendu public vendredi. Les experts Jean-Pierre Aubin et Malika Habel invitent le gouvernement Legault à faire de Bedford l’aiguillon d’une réforme qui dépasse les frontières de cette école prise en otage par un clan dominant d’enseignants d’origine principalement maghrébine.

Leur ambition est justifiée. Un si grand mal ne saurait s’accommoder d’une réponse simpliste. Même s’il constitue un cas atypique tant par sa gravité que par son intensité, Bedford n’est pas un cas unique, comme en témoignent la poignée d’enquêtes ouvertes dans la foulée de la mise au jour du scandale, et alors que 11 de ses professeurs sont toujours en examen, avec plein salaire. Cela en fait au contraire le laboratoire idéal pour tester les limites des leviers prévus à la Loi sur l’instruction publique (LIP).

Si on arrive à Bedford à faire en sorte de clarifier une fois pour toutes la différence « entre discipline et violence », entre « bienveillance et laxisme », entre « difficultés d’apprentissage et paresse intellectuelle », comme le prescrivent les deux experts, c’est qu’on sera en mesure de faire de même partout au Québec. Qui s’élèverait contre cet objectif à l’heure où l’école connaît une telle crise de confiance ?

L’accent a été largement mis sur la proposition de soumettre l’ensemble des enseignants québécois à une évaluation de leurs compétences tous les deux ans. À raison, c’est l’épine dorsale de ce plan, qui cherche à rétablir les équilibres délicats entre la nécessaire préservation de l’autonomie professionnelle de l’enseignant et l’indispensable assurance de sa responsabilisation.

De telles évaluations sont courantes dans la plupart des milieux de travail. Pour les parents comme pour les élèves, cette mesure fait miroiter la promesse d’un programme enfin suivi à la lettre et d’un climat en classe conforme aux attentes. Pour les enseignants eux-mêmes, elle ouvre la porte à une uniformisation des pratiques professionnelles, ce qui évitera, par effet de domino, qu’une majorité ait à souffrir les guerres de chapelle que des groupes minoritaires voudraient leur imposer, comme ce fut le cas à Bedford.

Bien accueillie par le ministre de l’Éducation comme par le Centre de services scolaire de Montréal, la mesure, et plus largement le plan d’action qui l’encourage, a suscité quelques réticences, notamment de la part de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui s’élève contre l’imposition généralisée de solutions forgées sur mesure pour Bedford. À ses yeux, les leviers législatifs existants sont suffisants pour superviser et évaluer adéquatement le travail des enseignants. Si cela n’a pas été fait à Bedford — et si ce n’est pas toujours fait ailleurs, comprend-on entre les lignes —, c’est « faute de temps et de ressources », argue la CSQ.

Il est vrai que la pénurie de personnel et les compressions dans les services aux élèves mettent en péril la qualité éducative du réseau. Le ministre de l’Éducation aurait tort de s’imaginer qu’il peut effacer ces facteurs fragilisants de l’équation. Mais ce que conclut le rapport d’enquête comme le plan d’action, c’est qu’il est aussi trop facile pour les directions d’écoles de passer outre aux leviers législatifs actuels, que ce soit par manque de temps, faute de conviction ou même sous la pression d’un corporatisme malavisé.

C’est pourquoi vouloir mettre les écoles à l’abri de dérives comme celles qui ont permis l’instauration d’un climat de peur et d’intimidation à Bedford passe par un dépoussiérage législatif, défendent les deux experts. Ceux-ci prescrivent notamment l’ajout d’une clarification des concepts de culture et de religion dans la loi. Partisans d’une ligne franche, ils recommandent d’y inscrire noir sur blanc que l’école doit être préservée de toute manifestation du fait religieux, pendant et après les classes. Ils suggèrent aussi d’évaluer la possibilité d’y intégrer l’obligation de parler français dans tous les espaces susceptibles d’être fréquentés par les élèves.

Ce faisant, le duo fait preuve d’une bonne dose de courage en affirmant sans détour ce que plusieurs, y compris des intervenants en éducation, se refusent à reconnaître. À savoir que les leviers prévus dans la LIP ne suffisent plus, dans le contexte explosif de 2025, à offrir aux élèves un milieu d’apprentissage sain et sécuritaire à l’abri de toute forme d’intimidation ou de violence.

Ce plan, qui s’accompagne d’un projet pilote pour en tester les grandes lignes, compte, en plus de ses impératifs législatifs costauds, des appétits financiers qui risquent de poser de grands défis au ministre. Bernard Drainville jongle déjà avec la « discipline » prescrite par le ministre des Finances pour affronter un contexte budgétaire jugé difficile, sinon sombre. Il ne faudrait pas que cette ligne dure ait le dessus sur un dépoussiérage dont on ne devrait pas faire l’économie pour les élèves du Québec.

Source: Éditorial | Un laboratoire pour le Québec

Bulgutch | Canada’s international student crisis was predicted — and ignored

Indeed:

…All of this is bad news. But what I find remarkable about the frenzy to deal with the apocalypse is that it was all foreseeable. In fact, it was foreseen. And no one did anything about it.

An advocacy group called One Voice used the Freedom of Information Act to unearth, “internal government documents,” warning that, “international student tuition has been increasingly supporting the financial sustainability of post-secondary education institutions.”

But who needed some internal secret document to figure that out? The 2022 report of Ontario’s auditor-general, which is freely available, was released with the usual fanfare, and was covered extensively in the media, said this: “Relying heavily on international student fees makes universities more susceptible to steep and sudden drops in revenue that could result when global circumstances and federal immigration policies change, and international student intake declines.”

It could not have been said more clearly.

In the movies, when some scientist discovers that an asteroid is going to collide with our planet and destroy us all, the powers-that-be spring into action, and figure out how to prevent disaster.

In real life, either no one read the auditor-general’s report, or everyone concluded it was best to keep taking in all that foreign money today and worry about tomorrow only after the asteroid hits.

We could blame the universities and colleges, but it’s hard to do that. They were hungry for foreign tuition money because the Ontario government doesn’t support them nearly enough.

Last year, a panel of experts appointed by the government itself noted that provinces outside Ontario provide universities an average of $20,772 per full-time student. Ontario coughs up $11,471. To catch up — that is to be just average — would require spending another $7 billion a year. Ontario has responded by promising $1.3 billion over three years. 

The Colleges and Universities minister called that an “historic investment.” She also told the schools they were stuck with a tuition freeze first imposed in 2019 for at least three more years.

Most people would be hard pressed to come up with the name of the auditor general of Ontario. People who dig into the government’s books are not superheroes. They’re just public servants in a relatively small department (total budget — $26,194,700) who report on whether taxpayers are getting value for their money.

That 2022 auditor general’s report by Bonnie Lysyk concluded that the government of Ontario had, “no clear strategy or long-term vision for the post-secondary sector.”

It appears the auditor general’s report was worthy of an A-plus.

Source: Opinion | Canada’s international student crisis was predicted — and ignored

Matthew Lau: Education, not racism, drives the difference in earnings between races

What Lau fails to consider are the barriers that affect education levels and enrolment in STEM disciplines. The numbers are correct but the analysis is overly simplistic:

Significant federal program spending is premised on the idea that visible minorities in Canada are systemically disadvantaged.

Take the latest: Earlier this fall, the federal government released a 45-page anti-racism strategy for 2024-2028, which “aims to tackle systemic racism and make our communities more inclusive and prosperous.” Such a strategy is necessary, according to the government, because systemic racism exists throughout our institutions and “[perpetuates] a position of relative disadvantage for racialized persons.”

But where is the evidence for this premise? Not in the income statistics.

Directly contradicting the idea that visible minorities are systemically oppressed, a new Statistics Canada study shows many Canadians from minority backgrounds thrive and even do better on average than their white counterparts.

The StatCan study started with 1996 and 2001 census data, used T1 and T4 tax files and other data to measure cumulative earnings over 20 years among Canadian-born men and women from four racial cohorts — white, South Asian, Chinese, and Black — and found minorities outperforming the majority population.

Specifically, among Canadian-born men, cumulative earnings over 20 years were highest on average among Chinese men ($1.58 million in 2019 dollars), followed by South Asian men ($1.51 million). Only Black men ($1.06 million) earned less than white men ($1.31 million).

Clearly, if Chinese and South Asian men have higher earnings power than white men, it is difficult to conclude Canada is systemically racist against minorities.

What about the inverse? Does the data suggest Canada is systemically racist against white men? No. “The fact that Chinese and South Asian men have higher education levels than white men and are more likely to be in STEM fields is the single most important factor explaining why these two groups have higher cumulative earnings than white men,” the StatCan report found.

In other words: education, not racism, drives the difference in earnings.

So what happens when we control for education and other factors like employer size, industry, and geography? The earnings gap between white and Black men remains. As well, while Chinese and South Asian men out-earned white men, after controlling for education and other factors, white men actually earned more.

Alas, have we found evidence of systemic racism? Is this evidence that the country is systemically racist because these employers paid minorities less than their white counterparts with similar educational backgrounds?

There’s no hard evidence of this. First, discrimination by employers against visible minorities has been illegal for decades. Second, as the study itself even suggests, many factors affect earnings besides the ones researchers can observe and control for, including differences in social networks, job search methods, and preferences for certain working conditions, so automatically blaming racism doesn’t make much sense. Third, if Canada is systemically racist against minorities, how did Chinese and South Asian men find themselves overrepresented in the higher-paying STEM fields to begin with?

And if racism against Black Canadians is to blame for the earnings gap among men, what explains the fact that Black women earned more than white women? Among Canadian-born women, before controlling for education and other factors, the cohort that earned the least over two decades was white women ($0.80 million). Chinese women had the highest cumulative earnings ($1.14 million), followed by South Asian women ($1.06 million), and then Black women ($0.82 million). Is Canada full of racists who only discriminate against Black men but not Black women?

Another outcome of the StatCan analysis is that after controlling for the same factors (e.g. education), Chinese women out-earned white women — by $38,000, on average. So, do racist employers systematically favour white men over Chinese men, while also disfavouring white women relative to Chinese women?

The narrative that Canadians from visible minority backgrounds are systemically disadvantaged just doesn’t hold up to the data.

Moreover, this latest StatCan study only considered four groups (Chinese, South Asian, white, and Black) of Canadian-born individuals, but other StatCan research provides similar evidence against systemic racism. Weekly earnings data from 2016 show that in addition to Chinese and South Asian men, Canadian-born Japanese and Korean men had higher earnings than their white counterparts. Among women, seven of ten minority groups (Korean, Chinese, South Asian, Japanese, Filipino, “other visible minorities,” and Arab or West Asian) had higher average weekly earnings than the white population.

Simply, the earnings data do not provide evidence that Canada is a society that systemically disadvantages minorities. Rather, the data show the exact opposite. Politicians and bureaucrats might want to consider these facts before wasting large sums of taxpayer dollars drawing up lengthy “anti-racism” plans.

Source: Matthew Lau: Education, not racism, drives the difference in earnings between races

Québec exige la fin de l’exemption religieuse pour la propagande haineuse

Thorny issue, given some of the examples where appears needed and others where more questionable:

Ottawa a démontré peu d’ouverture à une demande du ministre de la Justice du Québec, Simon Jolin-Barrette, qui ne veut plus que le Code criminel permette à des individus de se livrer à de la propagande haineuse « sous le couvert de la foi ». Pour toute réponse, le gouvernement Trudeau a suggéré au ministre québécois de collaborer à l’avancement d’un projet de loi fédéral sur « les préjudices en ligne ».

Le ministre Jolin-Barrette a envoyé une lettre jeudi à son homologue canadien, Arif Virani, afin de lui demander d’abroger deux articles du Code criminel qui contreviennent, selon son interprétation, au principe de laïcité de l’État.

Ces articles — 319 (3) (b) et 319 (3.1) (b) — font partie d’une courte de liste d’exceptions pouvant être évoquées face à des accusations d’avoir fomenté volontairement la haine ou l’antisémitisme. Ils permettent à un accusé de se défendre en faisant valoir le fait d’avoir, « de bonne foi, exprimé une opinion sur un sujet religieux ou une opinion fondée sur un texte religieux auquel il croit », ou d’avoir « tenté d’en établir le bien-fondé par argument ».

De l’avis du ministre Jolin-Barrette, « cette justification est actuellement exploitée pour légitimer des propos discriminatoires ou incendiaires sous le couvert de la foi ». « Ce genre de discours contribue à un climat toxique, menaçant la sécurité et le bien-être des personnes visées », a-t-il écrit au ministre Virani.

Le cabinet du ministre Virani a fait suivre une réponse au Devoir. La directrice adjointe aux communications, Chantalle Aubertin, y a écrit qu’en guise d’« action décisive », Ottawa avait présenté la Loi sur les préjudices en ligne, « une mesure globale visant à lutter contre la propagation des discours haineux, tant en ligne que dans nos communautés ».

« Nous apprécions les observations du ministre Jolin-Barrette et restons déterminés à travailler ensemble pour trouver des solutions », a-t-elle ajouté. « Nous l’encourageons à collaborer avec les parlementaires afin de soutenir l’avancement de la Loi sur les préjudices en ligne en comité, garantissant ainsi que nous disposons des outils nécessaires pour combattre efficacement la haine », a ensuite suggéré Mme Aubertin….

Source: Québec exige la fin de l’exemption religieuse pour la propagande haineuse

Ottawa has shown little openness to a request from Quebec’s Minister of Justice, Simon Jolin-Barrette, who no longer wants the Criminal Code to allow individuals to engage in hateful propaganda “under the guise of faith”. For any response, the Trudeau government suggested that the Quebec minister collaborate in the progress of a federal bill on “online damage”.

Minister Jolin-Barrette sent a letter on Thursday to his Canadian counterpart, Arif Virani, asking him to repeal two articles of the Criminal Code that, according to his interpretation, contravene the principle of secularism of the State.

These articles – 319 (3) (b) and 319 (3.1) (b) – are part of a short list of exceptions that can be raised in the face of accusations of having voluntarily fomented hatred or anti-Semitism. They allow an accused to defend himself by asserting the fact that he has, “in good faith, expressed an opinion on a religious subject or an opinion based on a religious text in which he believes”, or that he has “tried to establish its merits by argument”.

In the opinion of Minister Jolin-Barrette, “this justification is currently exploited to legitimize discriminatory or incendiary remarks under the guise of faith”. “This kind of speech contributes to a toxic climate, threatening the safety and well-being of the people targeted,” he wrote to Minister Virani.

Minister Virani’s office forwarded a response to the Duty. Assistant Director of Communications, Chantalle Aubertin, wrote that as a “recisive action,” Ottawa had introduced the Online Injuries Act, “a comprehensive measure to combat the spread of hate speech, both online and in our communities.”

“We appreciate Minister Jolin-Barrette’s comments and remain determined to work together to find solutions,” she added. “We encourage her to work with parliamentarians to support the progress of the Online Damages Act in committee, thus ensuring that we have the necessary tools to effectively combat hatred,” Ms. Aubertin then suggested.

Libre opinion | Bedford, la laïcité et le refus du silence mou

Of note:

Je suis nouvellement enseignant de français de 1re secondaire dans une école dont la population (tant d’élèves que d’enseignants) est à 90 % arabo-musulmane.

Je gérais récemment une crise avec ma direction d’école pour (1) avoir utilisé en classe à plusieurs reprises le mot en n (dans un contexte où un de mes élèves noirs l’avait lui-même d’abord utilisé, piégeant un de ses pairs en le lui faisant répéter pour mieux l’en accuser ensuite, et pour expliquer la différence entre citer et insulter), et (2) avoir fait mon coming out en classe (en saisissant une occasion qui m’était offerte de conscientiser mes élèves à cette réalité par mon exemple).

Dans la même conversation avec la direction, j’ai indiqué que, par intérêt et curiosité envers mes élèves et mes collègues, depuis mon embauche, j’avais commencé à lire le Coran.

La direction, déjà plutôt froide, s’est refroidie encore plus. On a dit ne pas vouloir devenir un deuxième Bedford, que l’école était laïque et qu’on n’y parlait pas de religion. Je suis resté bouche bée. On n’y parle pas de religion, mais la plupart des filles y portent le voile ; on n’y parle pas de religion, mais la plupart des garçons trop bavards s’y lancent des Inchallah ! d’un bout à l’autre de la classe ; on n’y parle pas de religion, mais quand on y a posé des pancartes contre l’homophobie, la transphobie, etc., elles ont été enlevées massivement, tant par le personnel que par les élèves.

Bref, si on n’y parle pas de religion, on ne fait pas grand-chose contre ses manifestations — des plus inoffensives aux plus nocives. C’est ce que fait le silence mou.

Je suis resté bouche bée parce que ce qui était impliqué, c’est que moi, le gai militant, je risquais d’imposer l’islamisme à mes élèves et dans mon école. Laissez-moi rire ! Quand j’étais à la Commission de la relève de la Coalition avenir Québec, je scandalisais plutôt par mon hyperlaïcité en proposant que la toponymie québécoise (noms de villes, de rues, etc.) soit débarrassée de ses « Saint » et de ses « Sainte ».

Ce que j’ai dit à la direction, après être resté bouche bée une demi-seconde, c’est que la laïcité ne consiste pas à nier l’existence de la religion, mais à chercher à ce que son emprise sur les décisions — politiques surtout, mais personnelles aussi — diminue de plus en plus. C’est une des missions que je me suis données comme enseignant, moi qui mets sur un pied d’égalité, dans mes échanges avec la classe, les mythes juifs, les mythes chrétiens, les mythes musulmans, etc.

Voilà ce qui arrive quand on se contente de s’efforcer de ne pas parler des choses : on a une réaction épidermique au nom d’une chose, sans comprendre ce qu’elle est au fond. C’est du fétichisme, c’est du totémisme, c’est de l’animisme. Les mots ne sont rien ; les choses sont tout. Craignez moins les mots et plus les choses. Parce qu’éviter de parler de religion est le meilleur moyen de faire le lit de l’intégrisme religieux.

Source: Libre opinion | Bedford, la laïcité et le refus du silence mou

I am a new 1st secondary French teacher in a school whose population (both students and teachers) is 90% Arab-Muslim.

I was recently managing a crisis with my school management for (1) having used the n-word several times in class (in a context where one of my black students had first used it himself, trapping one of his peers by making him repeat it to better accuse him then, and to explain the difference between quoting and insulting), and (2) having made my come out in class (by seizing an opportunity offered to me to make my students aware of this reality by my example).

In the same conversation with management, I indicated that, out of interest and curiosity towards my students and colleagues, since my hiring, I had started reading the Koran.

The direction, already rather cold, cooled even more. We said we didn’t want to become a second Bedford, that the school was secular and that we didn’t talk about religion. I was left speechless. We don’t talk about religion, but most girls wear the veil there; we don’t talk about religion, but most of the boys who are too talkative go into it inchallah! From one end of the class to the other; we do not talk about religion, but when we put up signs against homophobia, transphobia, etc., they were massively removed, both by staff and students.

In short, if we don’t talk about religion, we don’t do much about its manifestations – from the most harmless to the most harmful. This is what soft silence does.

I was left speechless because what was involved was that I, the gay activist, risked imposing Islamism on my students and in my school. Let me laugh! When I was in the Commission de la relève de la Coalition avenir Québec, I was rather scandalized by my hypersecularism by proposing that Quebec toponymy (names of cities, streets, etc.) be cleared of its “Saints” and “Saints”.

What I told the management, after remaining open-mouthed for half a second, was that secularism does not consist of denying the existence of religion, but in seeking that its grip on decisions – especially political, but also personal – decreases more and more. This is one of the missions I have given myself as a teacher, I who put on an equal footing, in my exchanges with the class, Jewish myths, Christian myths, Muslim myths, etc.

This is what happens when you just try not to talk about things: you have an epidermal reaction to the name of a thing, without understanding what it is basically. It’s fetishism, it’s totemism, it’s animism. Words are nothing; things are everything. Fear less words and more things. Because avoiding talking about religion is the best way to make the bed of religious indegrism.

ICYMI: Lisée | Le défroqué de la laïcité

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François Legault avait une décision lourde de sens à prendre cette semaine. Son parti allait-il garder le flambeau de la laïcité, dans la foulée de l’adoption il y a cinq ans de la loi sur ce sujet, ou allait-il signifier aux Québécois que sa soif de laïcisation était étanchée et qu’il n’irait pas plus loin ?

L’occasion est belle. Le Québec de 2024 continue à financer une cinquantaine d’écoles primaires et secondaires qui offrent, entre les mathématiques et le français, des cours où la religion — une religion, la bonne, évidemment — est inculquée aux enfants. Les traités internationaux protègent le droit des parents d’envoyer leurs enfants dans une école religieuse. Rien n’oblige cependant les États à les financer. Elles ne peuvent cependant ouvrir, au Québec, que si elles obtiennent une homologation, démontrant qu’elles offrent correctement le curriculum normal, avec des professeurs qualifiés, en plus de leur enseignement religieux. C’est pourquoi des écoles hassidiques à Montréal, ou une école catholique intégriste à Lévis, par exemple, font l’objet d’enquêtes et, parfois, de sanctions.

Dans la foulée du scandale de l’école Bedford, une école publique, donc laïque, qui, pendant sept ans, fut la cible d’entrisme religieux, le Parti québécois a présenté une motion offrant de franchir un nouveau pas dans la sécularisation de la nation : mettre fin aux subventions aux écoles privées religieuses. Que dit le ministère québécois de l’Éducation sur l’ampleur du phénomène ? Rien du tout. Il n’en tient pas le compte. Le dernier relevé crédible fut produit l’an dernier par la journaliste radio-canadienne Laurence Niosi : c’est à hauteur de 60 % que sont financées, selon son décompte, 27 écoles catholiques, 14 écoles juives, 4 écoles musulmanes, 2 écoles protestantes évangéliques, 2 écoles arméniennes et 1 école grecque orthodoxe. Pour un coût de 161 millions de dollars par an.

On savait Québec solidaire partant, depuis sa création, pour cette étape de la laïcisation. Le Parti libéral du Québec, lui, était réticent. Mais il a saisi l’occasion et a déclaré jeudi : « On est rendus là. » Il y aurait du Marwah Rizqy dans cette évolution que je ne serais pas surpris. Restait la Coalition avenir Québec (CAQ). Pensez-vous un instant qu’en leur for intérieur, Bernard Drainville et Jean-François Roberge, pour ne nommer qu’eux, souhaitent retarder le groupe ? À l’interne, à la CAQ, une source explique qu’on en a déjà assez sur le dos avec les cas comme ceux de Bedford, qu’on n’a pas un vrai portrait de la situation de ces autres écoles, qu’on ne veut pas ouvrir le débat plus large sur l’école à trois vitesses et que, si elles enseignent correctement le curriculum, pourquoi en vouloir aux écoles religieuses visées par la motion ?…

Source: Lisée | Le défroqué de la laïcité