Nicolas | L’absurde mathématique des générations
2026/09/08 Leave a comment
Would have thought she would understand the practical reality of generation data in terms of understanding economic and social outcomes and how well different groups and generations are doing. Of course, in her case, as in others, it is not simple given mixed ancestries which of course, become more mixed over generations:
Il faut avouer que, quand le terme « immigrant de deuxième génération » a fait irruption dans la campagne électorale cette semaine, ça fut pour moi, et pour un grand nombre d’entre nous, une étrange expérience. Par « nous », je veux dire celles et ceux que les mots concernent au premier chef.
D’abord, il était fascinant de constater que le terme même — « immigrant de deuxième génération » — ne frappe pas le gros bon sens de tous comme un oxymore. Si je suis née à l’hôpital de Hull, comment puis-je être une immigrante ?
Ensuite, j’ai compris qu’un glissement de sens et de vocabulaire s’opère sans même que la plupart ne le remarquent. La nation serait-elle en train de faire évoluer ses mathématiques ? Parce que moi, qui suis née ici, j’ai pensé toute ma vie qu’une personne qui venait vivre ici était un immigrant qui devenait Québécois. Et, donc, un Québécois de première génération. Et que les enfants de cette première génération de Québécois étaient des Québécois de deuxième génération. Tout comme on peut être Québécois depuis cinq, sept ou douze générations.
Parler d’« immigrant de deuxième génération » (ou, pire, d’« immigré »), c’est un vocabulaire beaucoup plus répandu en France. À droite, voire à l’extrême droite, on nous parle d’« immigrés de troisième génération » pour éviter de nommer comme Français des gens dont la famille est venue en France, pour la plupart, plusieurs générations après que la France elle-même les eut envahis chez eux.
Vous savez, la France n’est pas forcément extraordinaire en tout. Nous sommes tout à fait libres de choisir judicieusement ce qui nous inspire dans ce pays. Tout comme on laisse les Français s’imaginer que le deuxième étage d’un immeuble est en fait le premier, je crois qu’on peut tout à fait les laisser compter à leur manière et garder la nôtre sur un ensemble d’aspects de la vie sans que ça pose problème.
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Source: Nicolas | L’absurde mathématique des générations
It must be admitted that when the term “second-generation immigrant” broke into the election campaign this week, it was a strange experience for me, and for many of us. By “we”, I mean those whose words concern in the first place.
First, it was fascinating to see that the very term – “second-generation immigrant” – does not strike everyone’s common sense like an oxymoron. If I was born at Hull Hospital, how can I be an immigrant?
Then, I understood that a shift in meaning and vocabulary takes place without even most noticing it. Is the nation changing its mathematics? Because I, who was born here, thought all my life that a person who came to live here was an immigrant who was becoming Quebecer. And, therefore, a first-generation Quebecer. And that the children of this first generation of Quebecers were second-generation Quebecers. Just as you can be Quebecers for five, seven or twelve generations.
Talking about “second generation immigrant” (or, worse, “immigrant”) is a much more widespread vocabulary in France. On the right, or even on the extreme right, we are called “third-generation immigrants” to avoid naming as French people whose family came to France, for the most part, several generations after France itself had invaded them at home.
You know, France is not necessarily extraordinary in everything. We are completely free to choose wisely what inspires us in this country. Just as we let the French imagine that the second floor of a building is actually the first, I believe that we can completely let them count in their own way and keep ours on a set of aspects of life without it being a problem.
