Rioux: Quel «dérapage»? [on Premier Legault’s comments on social cohesion]

Le Devoir’s European correspondent Christian Rioux comparing EU social cohesion concerns with those of Premier Legault.

While recognizing the differences between Canada’s (and Quebec’s) immigration selection systems and integration programs and those of EU countries, he nevertheless reverts to the same social cohesion concerns without examining the effects of Quebec political discourse and legislation that have contributed to social exclusion, not social cohesion:

« Couvrez ce sein que je ne saurais voir », disait le Tartuffe. Convenons que ses héritiers modernes ont des formules moins élégantes que celles de Molière. Ces temps-ci, ils préfèrent parler de « dérapage ». Mais l’effet est le même. Il consiste à écarter du débat tout propos un peu dérangeant dès lors qu’il aborde une question litigieuse. L’étiquette vaut à elle seule condamnation.

Ainsi en va-t-il des récents propos de François Legault sur l’immigration. Pourtant, qu’y a-t-il de plus banal que d’affirmer comme l’a fait le premier ministre la semaine dernière qu’une forte immigration peut nuire à la « cohésion nationale » ?

On comprend que dans un pays « post-national » comme le Canada, où l’immigration a été sacralisée, ces propos créent la polémique. Mais, vu d’Europe, où le débat est ancien et plus nourri, il est évident que l’immigration massive pose partout et toujours un défi à la cohésion nationale.

Cela se vérifie à des degrés divers dans la plupart des pays européens. En France, sous l’effet d’une immigration incontrôlée et très largement issue du monde arabo-musulman, on a assisté depuis de nombreuses années à un véritable morcellement du pays. Dans toutes les grandes villes sont apparues des banlieues islamisées autrement appelées ghettos. Pas besoin de s’appeler Marine Le Pen pour le constater. Interrogé par des collègues du Monde en 2014, le président François Hollande lui-même n’avait pas hésité à le reconnaître. « Je pense qu’il y a trop d’arrivées, d’immigration qui ne devrait pas être là », disait-il. Et celui-ci de conclure : « Comment peut-on éviter la partition ? Car c’est quand même ça qui est en train de se produire : la partition. » (Un président ne devrait pas dire ça…, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Stock).

Certains diront évidemment qu’en France, ce n’est pas pareil. Soit. Tournons donc nos yeux vers un pays plus à notre échelle.

Avec ses 10 millions d’habitants, son économie de pointe, son climat boréal, son amour du consensus et son parti pris en faveur de l’égalité hommes-femmes, la Suède partage plusieurs points communs avec le Québec.

Il n’y a pas longtemps, dans ce petit paradis nordique, celui qui s’inquiétait de l’immigration massive était accusé de « déraper », quand il n’était pas traité de raciste. Les Suédois regardaient de haut des pays comme la France et le Danemark, soupçonnés de xénophobie. Jusqu’à ce que la réalité les rattrape. La flambée des émeutes ethniques, comme en France, et l’irruption de la violence dans les banlieues ont vite fait de les ramener sur terre. Aujourd’hui, de la social-démocratie à la droite populiste, les trois grands partis estiment qu’il en va justement de la « cohésion nationale ». C’est pourquoi ce pays, qui a toujours été particulièrement généreux à l’égard des réfugiés, a radicalement resserré ses critères d’admission et a multiplié les mesures d’intégration. L’élection sur le fil d’une majorité de droite, finalement confirmée mercredi, ne fera que conforter cette orientation.

Les belles âmes ont beau détourner le regard, en Suède comme en France, il est devenu évident qu’un lien existe (même s’il n’explique pas tout) entre l’immigration incontrôlée et la croissance d’une certaine criminalité. Les événements récents du printemps au Stade de France, où des centaines de supporters britanniques se sont fait détrousser à la pointe du couteau par des dizaines de délinquants, ont forcé le ministre de l’Intérieur à reconnaître ce dont les habitants de la Seine-Saint-Denis se doutaient depuis belle lurette.

La Suède aussi a connu une explosion de la petite criminalité et des règlements de compte entre gangs. Elle a notamment enregistré une croissance des morts par balle parmi les plus fortes en Europe. Aujourd’hui, même la gauche sociale-démocrate l’admet. Et elle s’est résolue à augmenter les effectifs policiers. Contrairement à la France, cette prise de conscience fait aujourd’hui un certain consensus dans la classe politique.

Cela n’a rien à voir avec la peur de l’Autre. Comme nombre de Français, les Suédois ont dû se rendre à l’évidence et cesser d’envisager l’immigration comme une simple question morale. Les peuples ont le droit de réglementer l’immigration sans se faire traiter à chaque fois de raciste par une gauche morale et une droite libérale qui en ont fait leur Saint-Graal.

Bien sûr, l’immigration n’est pas la même en France, en Suède et au Québec. À cause de son histoire et de sa position en Europe, la France connaît une forte immigration illégale et de regroupement familial. Naïvement et par générosité, la Suède a ouvert toutes grandes ses portes aux réfugiés et elle n’a jamais contrôlé son immigration économique. Le Québec, où l’équilibre linguistique est plus que précaire, subit des quotas d’immigration parmi les plus élevés au monde et une immigration temporaire hors de contrôle.

Il n’empêche que, malgré ces différences réelles, les mêmes causes produisent partout les mêmes effets. Ce n’est souvent qu’une question de temps.

Lentement, depuis une décennie, tous les tabous de la mondialisation se sont effrités. Ceux qui ont vécu les années 1980 se souviennent de l’enthousiasme et de la naïveté qui accompagnaient cette nouvelle phase d’expansion du capital. Nous n’en sommes plus là. L’immigration de masse demeure le dernier mythe encore vivace de cette époque.

Source: Quel «dérapage»?

Senior officials in Ottawa advised to focus on the majority to counter populism, documents show

So the centre is moving back to social cohesion and away from social inclusion?

Social cohesion was the term preferred by the Conservative government and was reflected in their greater emphasis on integration in a variety of policy areas, including multiculturalism and citizenship.

IMO, the two are intimately related, cohesion without inclusion is at best a mirage:

Newly released documents show senior government officials were advised to “bring the focus back to the majority” — instead of on diversity values — in public communications to counter the threat of populism in Canada.

The task force deputy ministers heard this idea during meetings last year looking at what the government could do to guard against a possible rise in extremism and populism domestically.

The group was told to encourage more public conversations and debate focused on “us” rather than “us-versus-them” narratives to foster “social cohesion.”

A briefing note prepared for the senior civil servants warned that if only “marginalized populations are considered,” the result would be that “others feel as if they do not matter.”

“Social cohesion must become a new lens of policymaking. In order to achieve this, the government needs to build connections across difference, foster greater empathy and bring the focus back to the majority (i.e. the middle groups),” officials wrote in the documents.

The suggestions originated from an international expert invited to speak to the deputy minister task force on diversity and inclusiveness in October 2018.

The Canadian Press obtained a copy of the presentation and other documents to the task force under the Access to Information Act.

Polarization in Canada

Tim Dixon, co-founder of the U.K.-based think-tank More in Common, told the task force that Canada is facing the same disruptive forces playing out in other countries that can fuel polarization and division — although Canada may be more resilient to these forces due to past successes in building an inclusive national identity.

He said polarization of opinion can cause some to become resentful of minority groups perceived to be getting special benefits, such as housing or social assistance, at others’ expense. These sentiments are most common among a majority of people who fit into a “middle group” category, marked by moderate views between the extremes of “cosmopolitans with open values” and “nationalists with closed values.”

That’s why Canada was advised to “build social solidarity” by avoiding pitting the interests of one group against another in public communications. Rather, Canada should “elevate the ‘more in common’ message and demonstrate the falsehood of narratives of division,” according to Dixon’s presentation.

The documents show that after the meeting, officials discussed ways the government could incorporate the advice into federal policy. One idea put forward was possibly using Canada’s school system, with its “massive integration power,” to educate and connect people in order to build more empathy and social cohesion, according to a summary of the discussion among deputies.

Focus on ‘shared values’

When it comes to future communications, deputy ministers stressed the need to “focus on shared values rather than diversity values when framing the social cohesion narrative,” the meeting summary says.

Prime Minister Justin Trudeau appears to have taken this advice to heart in his political messaging leading up to the federal election this October.

During a Liberal fundraising event last month, asked about countering populist sentiment in the campaign, Trudeau stressed the need to seek common ground and compromise among Canadians.

“We’ve always learned to listen to each other, find common ground figure out a way to move forward that brings people along,” Trudeau said at the July 18 event in Victoria.

“The idea is that we are a country of diversity, a country of a broad range of views and the responsibility we have is to try to bring those views together in a forward path. We can find things that Canadians understand are that right balance — and that, for me, is the counter to populism.”

Gesturing toward a group of pipeline protesters outside the event, Trudeau quipped that none of them was carrying signs promoting messages of compromise — a point he used to highlight that many of the loudest voices are on the peripheries and do not reflect the opinions of a majority of Canadians.

Social media are amplifying some of those voices, Trudeau added — another point echoed from the discussions and research studied by the task force.

Dixon’s presentation warned government officials they need to be mindful of how social media may distort data.

“The majority of people are not involved in the debate and do not like division, but it is those on social media who are most vocal and it could give disproportionate weight to certain issues.”

Source: Senior officials in Ottawa advised to focus on the majority to counter populism, documents show

French niqab law deserves support | Columnists | Opinion | Toronto Sun

While I have no patience for the niqab on any number of levels, as it is a rejection of an open and integrated society, an outright ban in all circumstances is another matter. A more selective approach where there are clear identification and security reasons (e.g., airports, public transport, government offices), or where the impact on social cohesion is significant (e.g., schools, citizenship ceremonies) is preferable.

In a democratic society, people have choices on how much to engage or not. And society has a choice on how far to accommodate such practices or not as well.

But when columnists state Saudi Arabia as a model for non-negotiations, the debate has sunk very low.

French niqab law deserves support | Columnists | Opinion | Toronto Sun.