Premières coupes à l’aide sociale versée aux demandeurs d’asile

Of note:

Le gouvernement Legault a commencé à réduire le soutien social offert aux demandeurs d’asile présents au Québec en abolissant une allocation de quelques dizaines de dollars par mois offerte à ceux qui reçoivent de l’aide sociale. Des dizaines de milliers de personnes seront touchées.

L’aide supprimée consiste en un « ajustement » offert aux demandeurs d’asile pour compenser le fait qu’ils n’ont pas accès au crédit de solidarité comme les autres prestataires de l’aide sociale. La somme accordée oscille entre 15 $ et 30 $ par mois, selon la situation du prestataire (en couple, en colocation ou pas).

La ministre responsable de la Solidarité sociale, Chantal Rouleau, a adopté à la fin de mai un règlement qui prévoit l’abolition de cette mesure à compter du 1er octobre.

Cette coupe survient alors que le gouvernement Legault menace de sabrer l’aide sociale aux demandeurs d’asile si Ottawa refuse de réduire leur nombre au Québec. La semaine dernière, le premier ministre François Legault déclarait de nouveau ne rien exclure en la matière, y compris « revoir l’aide sociale pour certaines personnes immigrantes temporaires »….

Source: Premières coupes à l’aide sociale versée aux demandeurs d’asile

Locaux de prières à Dawson et Vanier: Une étude importante absente du rapport d’enquête

Interesting omission:

« Il y a un manque de nuance flagrant dans ce rapport », constate Frédéric Dejean, professeur au département de sciences des religions de l’Université du Québec à Montréal.

Spécialiste des questions religieuses, il reste perplexe devant certaines observations faites sur les locaux de prière dans le rapport d’enquête visant les collèges Dawson et Vanier, dévoilé la semaine dernière.

Surtout, il s’étonne de voir que ses travaux, qui portent précisément sur cette question, ne figurent nulle part dans le document.

Avec deux autres professeurs de l’Université de Sherbrooke, M. Dejean a étudié il y a quelques années les pratiques d’accommodements religieux dans les établissements d’enseignement supérieur, dont les locaux de prière.

La demande venait directement des ministères de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, qui ont financé l’étude.

Au total, les chercheurs ont mené une centaine d’entrevues dans 17 cégeps et universités à travers la province, qui ont servi à élaborer un guide sur les accommodements religieux destiné aux intervenants et aux gestionnaires.

Les résultats de l’étude ont été transmis au gouvernement caquiste en 2019. « On a fait un travail qui donnait un état des lieux assez juste en matière de locaux religieux », affirme Frédéric Dejean.

Le rapport d’enquête sur les collèges Dawson et Vanier, rédigé par des fonctionnaires de la Direction des enquêtes du ministère de l’Enseignement supérieur, n’en fait pourtant aucune mention, bien qu’il s’attarde longuement sur la question des locaux de prière

Pour le chercheur, c’est un problème. Certaines informations rapportées ne correspondent pas à ce qu’il a observé dans ses recherches.

Conclusion sans base scientifique

Un passage du rapport affirme que les locaux de prière ne font « qu’alimenter un climat de radicalisation, de repli communautaire et de méfiance réciproque à l’intérieur du cégep ».

Cette information, présentée « comme une vérité qui ne se discute pas », n’a aucune base scientifique, soutient Frédéric Dejean.

Elle provient d’une lettre ouverte signée par un groupe de militantes québécoises en faveur de la laïcité publiée dans les médias en 2023, comme le rapportait La Presse.

« Ce n’est pas du tout un texte de recherche », critique le professeur.

Plus loin, le rapport soutient que les salles de prière peuvent être vues « comme un privilège, voire un élément facilitant la radicalisation et le prosélytisme », encore une fois sans référence. 

Frédéric Dejean déplore que le rapport ne s’appuie pas sur des données probantes pour aborder « un sujet aussi sensible et complexe ».

Selon ses recherches, la réalité est beaucoup plus nuancée. « Il y a énormément de cégeps, universités qui ont des locaux religieux. Dans la plupart des institutions, ça se passe très, très bien. »

S’ils peuvent parfois représenter un « irritant », les accommodements religieux ne constituent pas un « problème majeur » au sein des établissements d’enseignement, concluait l’étude à laquelle il a participé. 

Mais il ne faut pas « non plus être complètement naïf », souligne le professeur, qui travaillait au collège de Maisonneuve lorsqu’un groupe d’élèves radicalisés étaient partis combattre en Syrie. 

Pour cette raison, l’étude recommandait aux directions qui fournissaient des espaces de prière d’effectuer un suivi serré de leur utilisation. 

Il est à noter que les collèges Dawson et Vanier n’ont pas participé à l’étude. L’échantillonnage incluait toutefois d’autres établissements anglophones, comme le collège Champlain. 

Laïcité de l’État

Contacté par La Presse, le cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, a affirmé qu’il ne commenterait pas la façon dont a été réalisée une enquête indépendante.

Commandée par la ministre, l’enquête visait à évaluer si les collèges Vanier et Dawson avaient pris toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des élèves, dans le contexte du conflit explosif au Moyen-Orient.

Le rapport a finalement conclu que les deux cégeps anglophones ont agi en conformité avec les encadrements légaux et ministériels.

Il a toutefois ouvert la porte au gouvernement pour qu’il resserre certains règlements et lois s’appliquant à l’ensemble du réseau collégial, notamment la Loi sur la laïcité de l’État.

À la sortie du rapport, la ministre Pascale Déry a déclaré qu’elle n’hésiterait pas à « encadrer ou corriger certaines pratiques ».

Source: Locaux de prières à Dawson et Vanier Une étude importante absente du rapport d’enquête

“There is a glaring lack of nuance in this report,” says Frédéric Dejean, a professor in the Department of Religious Sciences at the Université du Québec à Montréal.

A specialist in religious issues, he remains perplexed by some observations made on the prayer rooms in the investigation report for Dawson and Vanier colleges, unveiled last week.

Above all, he is surprised to see that his work, which deals precisely with this issue, does not appear anywhere in the document.

With two other professors from the University of Sherbrooke, Mr. A few years ago, Dejean studied the practices of religious accommodation in higher education institutions, including prayer rooms.

The request came directly from the Ministries of Education and Higher Education, which funded the study.

In total, the researchers conducted about 100 interviews in 17 CEGEPs and universities across the province, which were used to develop a guide on religious accommodations for stakeholders and managers.

The results of the study were transmitted to the Caquist government in 2019. “We did a job that gave a fairly fair inventory in terms of religious premises,” says Frédéric Dejean.

The investigation report on Dawson and Vanier Colleges, written by officials from the Investigations Directorate of the Ministry of Higher Education, does not mention this, although it dwells at length on the issue of prayer rooms

For the researcher, this is a problem. Some of the information reported does not correspond to what he observed in his research.

Conclusion without scientific basis

A passage in the report states that the prayer rooms “only feed a climate of radicalization, community withdrawal and mutual distrust within the CEGEP”.

This information, presented “as a truth that cannot be discussed”, has no scientific basis, says Frédéric Dejean.

It comes from an open letter signed by a group of Quebec activists in favor of secularism published in the media in 2023, as reported by La Presse.

“This is not a research text at all,” criticizes the professor.

Further on, the report argues that prayer rooms can be seen “as a privilege, even an element facilitating radicalization and proselytism”, again without reference.

Frédéric Dejean regrets that the report does not rely on evidence to address “such a sensitive and complex subject”.

According to his research, the reality is much more nuanced. “There are a lot of CEGEPs, universities that have religious premises. In most institutions, it’s going very, very well. ”

If they can sometimes represent an “irritating”, religious accommodations are not a “major problem” within educational institutions, concluded the study in which he participated.

But we must not “be completely naive either,” says the teacher, who worked at Maisonneuve College when a group of radicalized students went to fight in Syria.

For this reason, the study recommended that directions that provided prayer spaces closely monitor their use.

It should be noted that Dawson and Vanier Colleges did not participate in the study. However, the sampling included other English-speaking institutions, such as Champlain College.

Secularism of the State

Contacted by La Presse, the office of the Minister of Higher Education, Pascale Déry, said that it would not comment on the way in which an independent investigation was carried out.

Commissioned by the Minister, the investigation aimed to assess whether Vanier and Dawson Colleges had taken all the necessary measures to ensure the safety of students, in the context of the explosive conflict in the Middle East.

The report finally concluded that the two English-speaking CEGEPs acted in accordance with the legal and ministerial frameworks.

However, he opened the door to the government to tighten certain regulations and laws that apply to the entire collegiate network, including the Act respecting the Secularism of the State.

At the release of the report, Minister Pascale Déry said that she would not hesitate to “frame or correct certain practices”.


Québec révise ses critères de résidence permanente pour les immigrants économiques

A noter:

Il est de nouveau possible, depuis cette semaine, d’emprunter une des principales voies d’accès vers l’immigration permanente au Québec. Et le gouvernement Legault a fixé de nouveaux critères de sélection mercredi.

Comme annoncé le mois dernier par le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration du Québec, Jean-François Roberge, le Programme de sélection des travailleurs qualifiés du Québec (PSTQ) est rouvert. Dès ce mois-ci, Québec transmettra de nouveau des invitations à présenter une demande de sélection permanente par le biais de ce canal, la principale porte d’entrée pour l’immigration économique au Québec.

Suspendu depuis l’automne dernier, le PSTQ a été revu de fond en comble par le ministre Roberge le printemps dernier. Il en a publié les critères et le système de pointage dans la Gazette officielle du Québec mercredi.

Les travailleurs déjà installés avantagés

Comme il l’avait affirmé précédemment, le gouvernement priorisera les profils d’immigrants déjà établis au Québec dans sa sélection des futurs résidents permanents québécois. Une personne qui a travaillé plus de 48 mois au Québec obtiendra 160 points, le maximum atteignable, alors qu’une personne qui travaille en territoire québécois depuis moins d’un an n’en obtiendra aucun.

Auparavant, un immigrant commençait à accumuler des points après six mois de travail en territoire québécois. Le total maximal de points, accordé à ceux qui avaient occupé un emploi au Québec sur une durée d’au moins quatre ans, était de 100.

Avec ce nouveau système, le gouvernement de François Legault souhaite favoriser l’accession au statut de résident permanent de davantage de travailleurs déjà installés au Québec.

Ceux qui parlent français et qui habitent à l’extérieur du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal auront aussi de meilleures chances d’être sélectionnés.

Un ressortissant étranger pourra en effet se voir accorder jusqu’à 200 points selon sa compréhension et sa production écrites et orales en français. S’il choisit d’immigrer avec un époux ou un conjoint de fait, ce dernier pourra contribuer au pointage, qui sera toutefois de 160 au maximum. Une compréhension du français de niveau 1 à 4, sur 12 paliers, ne produira aucun point.

Les personnes immigrantes ayant séjourné, travaillé ou étudié à l’extérieur de Montréal toucheront également des points supplémentaires, selon la durée de leur implication.

Comme c’était le cas auparavant, les personnes plus jeunes se verront récompensées avec un pointage plus élevé (100 points ou plus pour les moins de 33 ans). Celles qui ont un diplôme universitaire également, et d’autant plus s’il a été obtenu au Québec (200 points pour un diplôme universitaire québécois de troisième cycle).

Ni PEQ ni parrainage collectif

Toute personne souhaitant accéder à la résidence permanente par le biais du PSTQ doit déposer une « déclaration d’intérêt » à travers le système d’immigration Arrima. Une fois reçue, celle-ci est classée selon le système de pointage en vigueur.

À l’heure actuelle, le PSTQ est une des rares portes d’entrée accessibles vers l’immigration permanente.

Le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui vise lui aussi à accélérer l’accession de diplômés et de travailleurs temporaires à un statut permanent, fait l’objet d’un moratoire. Il est donc impossible de déposer de nouvelles demandes. Même chose pour le programme de parrainage collectif.

Jean-François Roberge affirme que ces gels permettront « de respecter les cibles de sélection prévues au plan d’immigration du Québec pour 2025 ».

Après avoir accueilli autour de 67 000 immigrants permanents en 2025 (soit le seuil attendu), le gouvernement souhaite réduire radicalement ses cibles en 2026. Cet automne, il soumettra à la consultation des scénarios de cibles à 25 000, 35 000 et 45 000 nouveaux arrivants permanents.

Source: Québec révise ses critères de résidence permanente pour les immigrants économiques

It is again possible, since this week, to use one of the main access routes to permanent immigration in Quebec. And the Legault government set new selection criteria on Wednesday.

As announced last month by Quebec’s Minister of Immigration, Francisation and Integration, Jean-François Roberge, the Quebec Skilled Worker Selection Program (QPS) is reopening. Starting this month, Quebec will again send invitations to apply for permanent selection through this channel, the main gateway for economic immigration to Quebec.

Suspended since last fall, the PSTQ was thoroughly reviewed by Minister Roberge last spring. He published the criteria and the score system in the Gazette officielle du Québec on Wednesday.

Already installed workers at an advantage

As stated earlier, the government will prioritize immigrant profiles already established in Quebec in its selection of future Quebec permanent residents. A person who has worked more than 48 months in Quebec will get 160 points, the maximum attainable, while a person who has worked in Quebec territory for less than a year will not get any.

Previously, an immigrant began to accumulate points after six months of work in Quebec territory. The maximum total of points, granted to those who had held a job in Quebec for a period of at least four years, was 100.

With this new system, the government of François Legault wishes to promote the access to permanent resident status of more workers already settled in Quebec.

Those who speak French and who live outside the territory of the Communauté métropolitaine de Montréal will also have a better chance of being selected.

A foreign national may indeed be awarded up to 200 points according to his written and oral understanding and production in French. If he chooses to immigrate with a spouse or common-law partner, the latter may contribute to the score, which will however be a maximum of 160. An understanding of French from level 1 to 4, on 12 levels, will not produce any points.

Immigrants who have stayed, worked or studied outside of Montreal will also receive additional points, depending on the duration of their involvement.

As was the case before, younger people will be rewarded with a higher score (100 points or more for those under 33). Those who also have a university degree, and even more so if it was obtained in Quebec (200 points for a Quebec postgraduate university degree).

Neither PEQ nor collective sponsorship

Anyone wishing to access permanent residence through the PSTQ must file a “declaration of interest” through the Arrima immigration system. Once received, it is classified according to the current pointing system.

Currently, the PSTQ is one of the few accessible gateways to permanent immigration.

The Quebec Experience Program (QEP), which also aims to accelerate the access of graduates and temporary workers to permanent status, is subject to a moratorium. It is therefore impossible to submit new applications. Same thing for the collective sponsorship program.

Jean-François Roberge says that these freezes will make it possible to “meet the selection targets set out in Quebec’s immigration plan for 2025”.

After welcoming around 67,000 permanent immigrants in 2025 (the expected threshold), the government wants to radically reduce its targets in 2026. This fall, it will submit target scenarios to 25,000, 35,000 and 45,000 permanent newcomers for consultation.

Une réflexion sur la laïcité dans les cégeps s’impose

Discussion of some of the excesses of student organizations:

….« Comment peut-on considérer qu’une salle de prière constitue un droit acquis dans un collège qui doit respecter les articles 2 et 3 de la Loi sur la laïcité de l’État stipulant que les principes de la laïcité doivent être respectés en fait et en apparence ? » demandent avec raison les enquêteurs.

En effet, bien que les établissements d’enseignement supérieur ne soient pas soumis à la directive du ministère de l’Éducation (MEQ) interdisant les pratiques religieuses dans les écoles, ceux-ci sont néanmoins tenus de respecter les principes de la laïcité, dont la neutralité religieuse. Mais voilà, l’ambiguïté persiste : la neutralité religieuse consiste-t-elle à accommoder toutes les religions, ou bien à n’en accommoder aucune ? Concrètement, dans le cas des lieux de prière, faut-il, comme le suggère l’agente des services sociaux du collège Vanier, répondre aux demandes religieuses des étudiants de toutes les confessions ou bien, comme l’exprime clairement la directive du MEQ, n’en considérer aucune ?

Dans cette directive du MEQ, on peut lire que « l’aménagement de lieux utilisés à des fins de pratiques religieuses dans une école […] est incompatible avec le principe de la neutralité religieuse de l’État ». L’interdiction de salles de prière y est notamment justifiée par le respect de la liberté de conscience des élèves qui doivent être protégés contre les pressions directes ou indirectes les incitant à se conformer à une pratique religieuse, et parce que de tels accommodements sont de nature à entraver le bon fonctionnement des écoles.

Tous ces arguments sont également valables pour les cégeps. Bien que plus âgés, les étudiants sont pour la plupart toujours mineurs à leur arrivée au collège. Par ailleurs, on ne peut ignorer que ces salles de prière ne sont pas toujours des lieux de recueillement paisibles, mais deviennent parfois des foyers de radicalisation et des lieux de recrutement pour des conflits à l’étranger.

Songeons, par exemple, au collège de Maisonneuve, qui fut, en 2015, le foyer de recrutement d’étudiants pour le djihad en Syrie. Afin de répondre à leur demande, la direction du cégep avait mis à la disposition des étudiants une salle pour les prières du vendredi, ce qui n’a fait qu’alimenter le climat de radicalisation, de repli communautaire et de méfiance réciproque à l’intérieur du cégep.

En conclusion de leur rapport, les enquêteurs recommandent de « mettre en place les mécanismes appropriés afin de s’assurer du respect et de l’application des articles 2 et 3 de la Loi sur la laïcité de l’État ». On ne peut que seconder cette recommandation ! Mais encore faut-il que la neutralité religieuse soit clairement définie, non pas comme une porte ouverte à toutes les demandes religieuses, mais bien comme l’absence de toute reconnaissance de celles-ci et du prosélytisme religieux dans les cégeps.

Et pour commencer, aucune accréditation ne devrait être accordée à un club étudiant à vocation religieuse. Du reste, la Loi sur les cégeps ne prévoit aucunement une telle chose.

Source: Une réflexion sur la laïcité dans les cégeps s’impose

Québec demande au nouveau gouvernement fédéral sa collaboration en immigration

Of note:

Québec demande à Ottawa de plafonner à 200 000 le nombre de résidents non permanents qui relèvent exclusivement du gouvernement fédéral sur son territoire. Dans une lettre envoyée à ses homologues, le ministre québécois de l’Immigration demande aussi que les régions québécoises soient épargnées par le tour de vis imposé aux entreprises qui embauchent des travailleurs temporaires.

Une « clause de type grand-père » doit s’appliquer aux compagnies en région qui ont embauché des travailleurs étrangers, affirme le ministre Jean-François Roberge dans une lettre dont Le Devoir a obtenu copie.

Le fédéral a décrété l’automne dernier que les employeurs pourront embaucher cette catégorie d’immigrants jusqu’à hauteur de 10 % de leur effectif total, alors que la limite était auparavant de 20 % pour la plupart des industries.

« Le refus de traitement des demandes dans les régions métropolitaines de recensement où le taux de chômage est plus élevé [est une] mesure efficace », explique-t-il. Laval et Montréal n’ont plus besoin de nouveaux travailleurs, alors que « le maintien du niveau de TET [travailleurs étrangers temporaires] dans certaines régions est crucial pour de nombreuses entreprises confrontées à d’importants enjeux de main-d’œuvre ».

Ottawa a déjà commencé à refuser de renouveler des permis temporaires dans les régions centrales de Montréal et de Laval.

Source: Québec demande au nouveau gouvernement fédéral sa collaboration en immigration

Quebec is asking Ottawa to cap the number of non-permanent residents who are exclusively under the federal government’s jurisdiction at 200,000. In a letter sent to his counterparts, the Quebec Minister of Immigration also asked that Quebec regions be spared the screwing imposed on companies that hire temporary workers.

A “grandfather-type clause” must apply to regional companies that have hired foreign workers, says Minister Jean-François Roberge in a letter of which Le Devoir obtained a copy.

The federal government decreed last fall that employers will be able to hire this immigrant category up to 10% of their total workforce, whereas the previous limit was 20% for most industries.

“The refusal to process applications in census metropolitan areas where the unemployment rate is higher [is a] effective measure,” he explains. Laval and Montreal no longer need new workers, while “maintaining the level of TET [temporary foreign workers] in some regions is crucial for many companies facing significant labour issues”.

Ottawa has already begun to refuse to renew temporary permits in the central regions of Montreal and Laval.

Le plurilinguisme des immigrants est-il nécessairement une menace pour le français?

Good analysis pour la Fête Nationale du Québec:

Des répondants qui cochent plusieurs cases à « langue maternelle ». Des jeunes scolarisés dans une langue, mais qui en utilisent une autre à la maison et une autre encore devant leur écran. Des conversations entre amis ou à la table familiale dans deux langues. Un appel du travail dans une troisième. En parallèle à l’évolution des usages du français, une équipe de chercheurs tente de sortir le plurilinguisme de l’angle mort des dynamiques linguistiques.



« On a tendance à avoir une vision un peu binaire : on est soit francophone, soit anglophone, dans cette idée de deux langues officielles avec deux peuples fondateurs, mais on constate déjà que de plus en plus de gens déclarent plus d’une langue maternelle », décrit le professeur en sociologie à l’Université Laval Richard Marcoux.



L’immigration internationale est en effet le facteur dominant — et même exclusif depuis l’an dernier — de la croissance de la population. Il importe donc de mieux saisir la complexité du bagage des immigrants, estime ce cotitulaire de la Chaire de recherche du Québec sur la situation démolinguistique et les politiques linguistiques.



Parmi les 10 premiers pays d’origine des immigrants permanents au Québec l’an dernier, on retrouve le Cameroun, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc, Haïti, la Côte d’Ivoire et le Liban. Ce sont des pays où certains usages du français existent, sans que les immigrants qui en viennent n’entrent dans la case de plus en plus étroite des francophones de langue maternelle.



Pour obtenir un portrait plus juste de l’état des choses, il faut dépasser les critères plus traditionnels comme la langue maternelle ou la langue parlée à la maison : « Ça ne suffit plus et c’est moins représentatif de l’immigration actuelle », juge celui qui préside aussi le Comité consultatif sur la statistique linguistique de Statistique Canada.



Ce « plurilinguisme dès la naissance » est encore mal saisi par les indicateurs les plus couramment cités. C’est différent, regarder la première langue parlée à la maison et considérer toutes celles qui sont parlées entre les murs privés, mettaient par exemple de l’avant M. Marcoux et ses collègues sociologues Jean-Pierre Corbeil et Victor Piché, dans une note de recherche de 2023.


« Ce qu’on constate, c’est que ces immigrants arrivent en disant : “Moi, ma langue maternelle, c’est l’arabe ET le français. J’ai été socialisé dans les deux langues, avec un univers qui se passait parfois dans l’une, parfois dans l’autre” », explique M. Marcoux plus en détail. « C’est différent de dire : “J’ai été élevé à Rabat, à Alger ou à Cotonou” », ajoute le professeur qui revient tout juste de Dakar, au Sénégal.

Cohabitation

Le plurilinguisme qu’il décrit colle à l’expérience de Hocine Taleb. Arrivé d’Algérie à 18 ans, il occupe maintenant, à l’aube de la trentaine, un emploi en informatique où il utilise majoritairement le français et, à l’occasion, l’anglais. Durant son enfance, il a été scolarisé en arabe à l’école publique. Il est exposé au français partout dans l’espace public, surtout à la télévision, et il parle kabyle avec sa famille et ses amis.

Alors quelle case coche-t-il ? « Techniquement, ma langue maternelle est le kabyle, mais aujourd’hui, je pense davantage en français que dans les autres langues », explique-t-il. Le kabyle reste la langue du dimanche chez ses parents, et celle qui décrit le mieux les plats délicieux préparés par sa mère.

Même s’il est au Québec depuis plus d’une décennie, on lui trouve encore le plus souvent un accent « de Français de France », un pays où il n’a pas vécu. Sa copine a des origines à la fois chinoise et québécoise ; elle a grandi d’abord en anglais puis en français, ce qui fait qu’ensemble, ils utilisent encore un mélange des deux.

C’est l’arabe finalement, « une langue imposée par l’école », qui est le moins présent dans ses journées, au point où il ne le parle pratiquement plus.

Un élan vers le français

Preuve s’il en est que l’on « naît de moins en moins francophone, on le devient », comme a déjà dit M. Marcoux lors d’une entrevue précédente. Il travaille notamment avec le professeur Koia Jean Martial Kouame, basé en Côte d’Ivoire, qui dit que le français est maintenant une langue africaine, un butin de guerre que les gens se sont réappropriés, tant au nord, à l’ouest qu’au centre de ce continent monumental.

Ensemble, ils tentent de préciser la place de la langue française dans une trentaine de métropoles différentes, toutes plurilingues. « Le français est la langue de communication, d’échange à Abidjan, mais pas à Bamako. À Dakar, on voit que la population se wolofise [parle de plus en plus la langue locale wolof], en même temps qu’elle se francise », note M. Marcoux.

Le Rwanda, parfois décrit comme ayant « basculé » du côté anglophone, n’a en fait jamais été francophone, note-t-il aussi, pour illustrer les nuances possibles. Les élites favorisent en effet l’anglais, mais les journaux, les banques et une partie de l’administration fonctionne beaucoup plus en kinyarwanda : « Depuis qu’on mesure, la proportion de francophones n’a jamais dépassé 8 % ! », note le professeur québécois.

C’est donc en quelque sorte deux élans inverses qu’il documente : du plurilinguisme vers le français en Afrique subsaharienne et au Maghreb, et du français vers plusieurs langues au Québec. Le point d’arrivée ? Une affirmation plurielle d’une langue décomplexée, un polycentrisme qui déplace le centre de gravité de la norme parisienne.

Pas une menace

À l’inverse de ce que les détracteurs de M. Marcoux tentent de lui coller comme étiquette, le chercheur affirme : « On part du consensus que le français est fragile et il a besoin d’une attention particulière. Mais on ne voit pas le plurilinguisme comme une menace à la langue. On dit seulement qu’il faut prendre la réalité en compte, et cette réalité est le plurilinguisme. »

Il n’est donc pas question, pour lui, de reculer sur les politiques déjà en place, surtout sur l’obligation d’envoyer ses enfants à l’école en français. Il veut plutôt qu’on cesse de voir la langue plurielle comme un facteur d’anglicisation ou de déclin du français. « On veut, nous aussi, que nos institutions continuent à fonctionner en français, mais on ne s’inquiète pas quand les gens échangent entre eux dans des conversations privées en arabe ou en espagnol. Ce n’est pas ça la menace à mes yeux », conclut l’expert.

Source: Le plurilinguisme des immigrants est-il nécessairement une menace pour le français?

Respondents who check several boxes in “mother tongue”. Young people educated in one language, but who use another at home and another in front of their screen. Conversations between friends or at the family table in two languages. A call from work in a third. In parallel with the evolution of French uses, a team of researchers is trying to get plurilingualism out of the blind spot of linguistic dynamics.

“We tend to have a somewhat binary vision: we are either French-speaking or English-speaking, in this idea of two official languages with two founding peoples, but we already see that more and more people declare more than one mother tongue,” describes the professor of sociology at Laval University Richard Marcoux.

International immigration is indeed the dominant – and even exclusive factor since last year – of population growth. It is therefore important to better grasp the complexity of immigrants’ baggage, says this co-holder of the Quebec Research Chair on the demolinguistic situation and language policies.

Among the top 10 countries of origin of permanent immigrants in Quebec last year, we find Cameroon, Tunisia, Algeria, Morocco, Haiti, Ivory Coast and Lebanon. These are countries where certain uses of French exist, without immigrants who come from them entering the increasingly narrow box of French-speaking mother tongues.

To get a fairer picture of the state of affairs, it is necessary to go beyond more traditional criteria such as the mother tongue or the language spoken at home: “It is no longer enough and it is less representative of current immigration,” says the one who also chairs the Statistical Canada Linguistic Statistics Advisory Committee.

This “multilingualism from birth” is still poorly grasped by the most commonly cited indicators. It’s different, looking at the first language spoken at home and considering all those that are spoken between private walls, put for example M. Marcoux and his fellow sociologists Jean-Pierre Corbeil and Victor Piché, in a 2023 research note.

“What we see is that these immigrants arrive saying: “Me, my mother tongue, is Arabic AND French. I was socialized in both languages, with a universe that sometimes happened in one, sometimes in the other,” explains Mr. Marcoux in more detail. “It’s different to say: “I was raised in Rabat, Algiers or Cotonou,” adds the teacher who has just returned from Dakar, Senegal.

Living with somebody

The plurilingualism he describes is in line with Hocine Taleb’s experience. During his childhood, he was educated in Arabic in public school. He is exposed to French everywhere in the public space, especially on television, and he speaks Kabyle with his family and friends.

So which box does it tick? “Technically, my mother tongue is Kabyle, but today, I think more in French than in other languages,” he explains. Kabyle remains the Sunday language of his parents, and the one that best describes the delicious dishes prepared by his mother.

Even though he has been in Quebec for more than a decade, he is still most often found with a “French” accent, a country where he has not lived. His girlfriend has both Chinese and Quebec origins; she grew up first in English and then in French, which means that together, they still use a mixture of the two.

It is finally Arabic, “a language imposed by the school”, which is the least present in his days, to the point where he hardly speaks it anymore.

A boost towards French

Proof if it is that we are “born less and less French-speaking, we become one”, as Mr. He works in particular with Professor Koia Jean Martial Kouame, based in Côte d’Ivoire, who says that French is now an African language, a war booty that people have reappropriated, both in the north, west and center of this monumental continent.

Together, they try to specify the place of the French language in about thirty different metropolises, all multilingual. “French is the language of communication, of exchange in Abidjan, but not in Bamako. In Dakar, we see that the population is Wolofing [speaking the local Wolof language more and more], at the same time as it is Frenchizing, “notes Mr. Marcoux

Rwanda, sometimes described as having “swung” to the English-speaking side, has in fact never been French-speaking, he also notes, to illustrate the possible nuances. The elites indeed favor English, but newspapers, banks and part of the administration work much more in kinyarwanda: “Since we measure, the proportion of French speakers has never exceeded 8%! “, notes the Quebec teacher.

It is therefore in a way two inverse impulses that it documents: from multilingualism to French in sub-Saharan Africa and the Maghreb, and from French to several languages in Quebec. The point of arrival? A plural affirmation of an uninhibited language, a polycentrism that displaces the center of gravity of the Parisian norm.

Not a threat

Contrary to what Mr. Marcoux’s critics try to label him, the researcher says: “We start from the consensus that French is fragile and needs special attention. But we do not see multilingualism as a threat to language. We only say that we must take reality into account, and this reality is multilingualism. ”

There is therefore no question, for him, of going back on the policies already in place, especially on the obligation to send his children to school in French. Rather, he wants us to stop seeing the plural language as a factor of Anglicization or decline of French. “We also want our institutions to continue to function in French, but we don’t worry when people exchange with each other in private conversations in Arabic or Spanish. That’s not the threat in my eyes, “concludes the expert.

Entre réussite et intégration, un Québec fou de tous ses enfants

Interesting read by a former teacher:

…Mon premier contrat dans mon champ — l’histoire et la géographie — était dans une grande école secondaire du quartier défavorisé Côte-des-Neiges. J’ai partagé certaines appréhensions concernant le secteur avec des collègues, et ils m’ont tous répondu une variation de la formule suivante : Côte-des-Neiges, c’est un secret bien gardé.

Les défis linguistiques y sont importants, mais la population scolaire y est réceptive, les jeunes souvent polis et travaillants. C’était il y a dix ans. J’avais plus de deux cents élèves et une seule qui n’était pas issue de l’immigration.

Cette école n’avait rien d’un « ghetto » : on y retrouvait plus de soixante nationalités représentées. Dans les corridors, on entendait l’anglais, l’espagnol, l’arabe ou le tagalog. La valorisation du français était au cœur du projet éducatif.

Les élèves s’exprimaient aussi entre eux dans la langue de Molière, la seule qu’ils avaient tous en commun. Un français certes teinté d’accents de banlieues françaises ou de franglais. Une langue qui ne les avait pas préparés à comprendre L’erreur boréale, que j’ai dû traduire, mimer et rembobiner lors du chapitre sur le territoire forestier.

L’équipe d’accueil et de francisation comptait sur des enseignants intimement qualifiés : pour plusieurs, le français avait aussi été une langue étrangère. Grâce à leur formation et leur expérience, ces enseignants savaient que l’apprentissage d’une langue s’effectue en complémentarité et non en concurrence avec les autres langues connues.

Plusieurs recherches montrent que des pédagogies plurilingues, mobilisant les autres langues des élèves, soutiennent efficacement l’apprentissage du français. En plus de leurs effets positifs sur le plan cognitif, ces pratiques renforcent le lien maître-élève.

Or, comme l’ont souligné plusieurs chercheuses en commission parlementaire, certains articles du projet de loi 94 visant notamment à renforcer la laïcité risquent de compromettre ces interactions dans la langue maternelle de l’élève.

Les pratiques d’accueil

La francisation des élèves ne se limite pas aux classes d’accueil. Il existe les services intensifs d’accueil et de soutien à l’apprentissage du français (SASAF), qui incluent un soutien quotidien en classe ordinaire et les classes d’accueil.

Les services de soutien linguistique d’appoint en francisation (SLAF) s’adressent quant à eux aux élèves intégrés en classe ordinaire dont l’acquisition du français est bien amorcée.

Les critères de classement et les choix de services varient d’un centre de services scolaire à l’autre. Notons que le MEQ n’a fixé aucun nombre minimal d’heures hebdomadaires de SLAF à offrir. L’accès aux services professionnels, comme l’orthopédagogie ou la psychoéducation, peut aussi être limité lorsqu’une direction considère que la classe d’accueil constitue le service de soutien.

Certaines directions imposent aux enseignants d’attendre que l’élève soit francisé avant de soumettre une demande de services complémentaires. Certaines disent vouloir éviter la suridentification. N’en demeure qu’avec la hausse du nombre d’élèves ayant un parcours scolaire interrompu, des retards importants ou des parcours migratoires difficiles, ce retard d’accès pèse lourd à la fois sur les élèves et sur le personnel.

Selon le MEQ, alors qu’il y a deux fois plus d’élèves en classe d’accueil qu’il y a dix ans, on en compte trois fois plus en classe ordinaire bénéficiant d’un soutien d’appoint sans qu’aucune norme minimale ne soit établie à cet effet. Les critères de classement demeurent souvent opaques ; le service d’appoint est-il réellement suffisant pour ces élèves ? Plus d’uniformité et de transparence sont nécessaires.

Qui sont les élèves issus de l’immigration ?

À la parution, en 2015, de l’ouvrage de Marie Mc Andrew et du groupe de recherche Immigration, équité et scolarisation (GRIES), La réussite éducative des élèves issus de l’immigration, ceux-ci représentaient 26 % de la population scolaire. Dix ans plus tard, ce chiffre est passé à 36 %.

Tous n’ont pas besoin de services de francisation. C’est notamment le cas de plusieurs élèves dits de deuxième génération, les plus nombreux (22 % de ces 36 %), dont le recours aux SASAF est resté stable depuis dix ans, voire a légèrement diminué. Un élève de deuxième génération est un élève né ici dont au moins un parent est né à l’extérieur du Québec. Fait marquant, le nombre d’élèves immigrants dont la langue maternelle est le français est en hausse — ils composent près de la moitié du groupe en 2025 (43 % contre 37 % en 2015). Les groupes de langue arabe, anglaise ou espagnole sont, eux, restés stables.

Les élèves issus de l’immigration fréquentent davantage l’école privée au secondaire que les non-immigrants (24,5 % contre 20,5 %), une donnée influencée par la forte présence des élèves de deuxième génération dans le réseau privé. Toutefois, le rôle du privé dans l’accueil et la francisation des élèves de première génération tend à diminuer.

Citoyenneté québécoise

Comment évalue-t-on l’intégration d’une personne à sa société d’accueil ? Lorsque cette question est soulevée, les critères objectifs sont parfois maigres. Pour les élèves québécois, deux indicateurs pourraient toutefois nous servir de repères : la réussite scolaire et le choix de la langue d’enseignement au postsecondaire.

Selon l’Observatoire des inégalités, en 2016, le taux de diplomation des élèves de deuxième génération était de 88 %, alors qu’il était de 83 % pour les élèves non issus de l’immigration. Quant aux élèves de première génération ayant immigré dès le primaire, leur taux de réussite est passé de 75 % à 84 % entre 2008 et 2016.

Bien que les défis soient nombreux, plusieurs facteurs propres à la population immigrante expliqueraient cette réussite, dont l’approche scolaire parentale. En 2015, le GRIES notait que le caractère sélectif des politiques d’immigration québécoises, visant un objectif d’établissement permanent, contribuait à la stabilité des familles, à la légitimité de la présence des immigrants, ce qui favorisait la réussite.

Après leur passage en système scolaire francophone, comme le veut la loi 101, 50 % des inscrits allophones au collégial choisissaient les études en français en 2007. Cela passait à 66 % en 2021, selon l’OQLF. Sur cette même période, le choix des jeunes francophones pour le collégial en français est lui passé de 95 % à 93 %. Considérant ce facteur, l’intégration des jeunes allophones à la société québécoise tend à s’améliorer.

Afin d’accentuer l’adhésion à la culture francophone, dans un rapport bien documenté sur les dynamiques linguistiques du monde scolaire, le commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, proposait notamment des mesures comme le développement de programmes de jumelages entre écoles de différentes régions du Québec, approche souvent mise de côté au profit d’expériences internationales.

Les élèves issus de l’immigration créent-ils « une pression énorme sur nos écoles » ? Les politiques d’immigration, nommément celles d’immigration temporaire, ont accentué leur nombre, surtout depuis 2022.

Reste que leur présence à la hausse s’inscrit de façon prévisible depuis plusieurs années, que ces élèves sont aussi globalement résilients, engagés dans leurs études, en preuve leur taux de réussite, qu’ils sont de plus en plus francophones et qu’ils sont aussi de plus en plus nombreux à choisir le français pour la suite de leur parcours scolaire.

Investir ambitieusement dans l’accueil et la francisation des élèves est incontournable pour la nation québécoise et ce n’est pas uniquement une question d’argent : c’est aussi reconnaître l’effet d’émulation positive qu’ont plusieurs de ses élèves sur l’ensemble du système, laisser les professionnels utiliser les meilleures pratiques, comme les références à la langue et à la culture maternelles, sans y voir de menace à la société d’accueil ou favoriser des démarches peu systématisées, comme le jumelage interrégional.

Mon passage en milieu pluriethnique m’a notamment appris que l’amour de la langue ne peut se développer qu’au travers du respect et de l’affection qu’on porte à ceux qui la parlent.

Source: Entre réussite et intégration, un Québec fou de tous ses enfants

La mairesse de Longueuil balise le «vivre-ensemble»

No major difference between interculturalism and multiculturalism as both forms of civic integration with minor differences at the operational level:

La Ville de Longueuil vient d’adopter une politique de « vivre-ensemble » basée sur l’interculturalisme, qui mise sur la primauté du français et de la laïcité dans l’espace public. Cette mesure vise aussi à rendre la cinquième ville en importance au Québec plus « inclusive » envers les minorités culturelles, qui forment le tiers de la population longueuilloise.

Cette politique considère la diversité comme une richesse et un « moteur d’innovation, de cohésion et de développement social et économique ». En énonçant des valeurs communes à tous les citoyens de Longueuil, ce plan se distingue du multiculturalisme canadien, qui « valorise la diversité culturelle dans une optique de cohabitation entre les groupes, sans affirmation d’un pilier majeur », précise le document, adopté la semaine dernière par le conseil municipal.

Signe des temps, la moitié du conseil municipal est formée d’élus issus de la diversité depuis le scrutin de 2021 — une première en plus de 360 ans d’histoire, souligne la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier. Un Conseil interculturel a été mis en place en 2022. Le Conseil a mené des consultations en vue d’élaborer cette politique d’interculturalisme. Plus d’une quinzaine de citoyens et d’experts ont témoigné.

La politique sur le vivre-ensemble instaure les principes d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI), dénoncés par ses critiques comme étant « wokes ». Il n’y a pourtant rien de scandaleux là-dedans : il s’agit simplement de garantir pour tout le monde l’accès aux ressources et aux occasions en matière d’emploi, de justice, de services et de logement, indique le document de la Ville.

Une approche « intersectionnelle », permettant d’identifier les citoyens selon leur genre, leur âge, leur orientation sexuelle ou leur handicap, fait aussi partie de la stratégie longueuilloise.

La mairesse précise qu’il est hors de question d’instaurer des « quotas » d’emplois réservés aux représentants de la diversité dans l’administration municipale. Les hommes blancs peuvent postuler pour tous les postes affichés par la Ville.

Inclusion en français

La politique prévoit néanmoins que l’interculturalisme soit « institutionnalisé » dans le fonctionnement de la Ville, « en intégrant la diversité culturelle dans toutes les sphères d’action municipale, des politiques aux services quotidiens ».

Par exemple, la Ville compte renforcer ses partenariats avec les organismes communautaires pour franciser les nouveaux arrivants. La Ville communique uniquement en français avec ses citoyens, mais Catherine Fournier prône la patience face aux immigrants qui peinent à maîtriser la langue officielle du Québec.

« On doit inclure les nouveaux arrivants en français », dit la mairesse. La Ville compte encourager la tenue d’événements, de festivals ou de spectacles mettant en valeur la diversité longueuilloise, pour rassembler les gens de toutes les origines. Des formations sur la diversité culturelle seront aussi offertes à des employés municipaux.

La politique prévoit une série d’autres initiatives pour valoriser la diversité longueuilloise. En matière de toponymie, l’apport de femmes ou de personnalités issues des minorités sera reconnu.

Source: La mairesse de Longueuil balise le «vivre-ensemble»

The City of Longueuil has just adopted a “living together” policy based on interculturalism, which relies on the primacy of French and secularism in public space. This measure also aims to make the fifth largest city in Quebec more “inclusive” towards cultural minorities, which make up a third of the population of Longueuil.

This policy considers diversity as a wealth and an “engine of innovation, cohesion and social and economic development”. By stating values common to all citizens of Longueuil, this plan is different from Canadian multiculturalism, which “values cultural diversity with a view to cohabitation between groups, without affirming a major pillar,” says the document, adopted last week by the city council.

Sign of the times, half of the city council has been made up of elected officials from diversity since the 2021 election – a first in more than 360 years of history, underlines the mayor of Longueuil, Catherine Fournier. An Intercultural Council was set up in 2022. The Council conducted consultations with a view to developing this policy of interculturalism. More than fifteen citizens and experts testified.

The policy on living together establishes the principles of equity, diversity and inclusion (EDI), denounced by its critics as being “wokes”. However, there is nothing scandalous about it: it is simply a matter of guaranteeing everyone access to resources and opportunities in employment, justice, services and housing, says the City’s document.

An “intersectional” approach, making it possible to identify citizens according to their gender, age, sexual orientation or disability, is also part of the Longueuil strategy.

The mayor specifies that it is out of the question to introduce “quotas” of jobs reserved for representatives of diversity in the municipal administration. White men can apply for all positions posted by the City.

Inclusion in French

Nevertheless, the policy provides for interculturalism to be “institutionalized” in the functioning of the City, “by integrating cultural diversity into all spheres of municipal action, from policies to daily services”.

For example, the City intends to strengthen its partnerships with community organizations to Frenchize newcomers. The City communicates only in French with its citizens, but Catherine Fournier advocates patience in the face of immigrants who struggle to master the official language of Quebec.

“We must include newcomers in French,” says the mayor. The City intends to encourage the holding of events, festivals or shows highlighting the diversity of Longueuil, to bring together people of all origins. Training on cultural diversity will also be offered to municipal employees.

The policy provides for a series of other initiatives to enhance the diversity of Longueuil. In terms of toponymy, the contribution of women or personalities from minorities will be recognized.

Inquiétude palpable au Québec devant la chute marquée du nombre d’étudiants internationaux

As elsewhere in Canada:

Le nombre de demandes d’admission d’étudiants internationaux dans les universités québécoises a chuté de près de moitié en un an au Québec. Une situation qui menace de nuire à la survie financière de plusieurs établissements, à la recherche scientifique et à la vitalité économique de plusieurs secteurs, montre une vaste étude obtenue par Le Devoir.

Le document, de plus de 230 pages, a été réalisé par le cabinet de conseil en management Volume 10, qui rendra celui-ci public mercredi au terme d’une démarche marquée par une importante collecte de données gouvernementales et universitaires de même que par la réalisation de plus d’une centaine d’entretiens avec des chanceliers d’université, des acteurs du milieu des affaires et des personnalités, parmi lesquelles figurent Pauline Marois, Jean Charest et le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion.

« Il n’y a tout simplement pas assez d’étudiants québécois qui poursuivent des études avancées en science. Quand j’étais chercheur, sans l’apport des étudiants internationaux, mon laboratoire n’aurait jamais pu connaître un tel succès international », a d’ailleurs déclaré M. Quirion dans un entretien accordé aux auteurs de ce rapport, le président de Volume 10, Félix-Antoine Joli-Coeur, et la chercheuse Leila Dhar.

Or, entre avril 2024 et avril 2025, l’ensemble des universités québécoises a enregistré en moyenne une baisse des demandes d’admission provenant de l’international de 45,9 %, montre ce rapport, qui associe cette chute à une série de décisions prises par Québec et Ottawa dans les dernières années.

Le gouvernement fédéral a notamment mis en place en janvier 2024 un plafond du nombre de permis d’études pouvant être remis à des étudiants internationaux à l’échelle du pays, venant ainsi réduire de 35 % la délivrance de ceux-ci par rapport à l’année précédente. Il a par la suite abaissé ce seuil maximal de 10 % en janvier dernier par rapport à 2024….

Source: Inquiétude palpable au Québec devant la chute marquée du nombre d’étudiants internationaux

The number of applications for admission from international students to Quebec universities has fallen by almost half in a year in Quebec. A situation that threatens to harm the financial survival of several institutions, scientific research and the economic vitality of several sectors, shows a large study obtained by Le Devoir.

The document, of more than 230 pages, was produced by the management consulting firm Volume 10, which will make it public on Wednesday at the end of an approach marked by an important collection of government and academic data as well as by the conduct of more than a hundred interviews with university chancellors, business actors and personalities, including Pauline Marois, Jean Charest and Quebec’s chief scientist, Rémi Quirion.

“There are simply not enough Quebec students pursuing advanced studies in science. When I was a researcher, without the contribution of international students, my laboratory could never have been so successful internationally, “said Mr. Quirion in an interview with the authors of this report, the president of Volume 10, Félix-Antoine Joli-Coeur, and researcher Leila Dhar.

However, between April 2024 and April 2025, all Quebec universities recorded an average decrease in international admission applications of 45.9%, shows this report, which links this fall to a series of decisions taken by Quebec and Ottawa in recent years.

In particular, the federal government implemented in January 2024 a ceiling on the number of study permits that can be issued to international students nationwide, thus reducing the issuance of them by 35% compared to the previous year. It subsequently lowered this maximum threshold by 10% last January compared to 2024….

Québec impose finalement une connaissance du français aux travailleurs temporaires

A noter:

Un an et demi après l’avoir annoncé, le gouvernement de François Legault a finalement déposé jeudi un règlement pour exiger une connaissance minimale du français chez les travailleurs temporaires — ce qui pourrait « avoir un impact indirect sur la compétitivité des entreprises au Québec », convient-il.

Le 1er novembre 2023, la ministre caquiste Christine Fréchette, alors à l’Immigration, avait soutenu en conférence de presse qu’elle demanderait aux immigrants participant au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) de démontrer au renouvellement de leur permis de travail une maîtrise du français de niveau 4 à l’oral.

À l’époque, la ministre, qui est aujourd’hui responsable du portefeuille de l’Économie, avait décrit ce niveau de connaissance du français comme la capacité à « discuter avec [son] entourage » de « sujets familiers ». Selon les documents officiels du gouvernement, les immigrants qui maîtrisent le niveau 4 à l’oral comprennent « le sens général de conversations brèves liées à des activités ou à des situations courantes ».

Jeudi matin, environ 19 mois plus tard, le projet de règlement du gouvernement Legault a finalement été publié dans la Gazette officielle du Québec. Il impose comme prévu la connaissance du niveau 4 pour les participants au PTET, le programme de travailleurs temporaires géré par Québec.

Une exception est toutefois accordée aux employés du secteur de l’« agriculture primaire ».

Une mesure appliquée à compter de 2028

Même si le règlement doit entrer en vigueur cet automne, l’exigence ne sera toutefois imposée qu’à partir de 2028. Le projet de règlement prévoit des mesures transitoires qui feront en sorte de reporter de trois ans les premières évaluations de la compétence en français. L’actuel ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, s’est inspiré de la durée maximale d’un permis de travail, qui est de 36 mois, pour offrir ce coussin aux travailleurs.

Dans son projet de règlement, le ministre de la Coalition avenir Québec convient que ces « modifications […] pourraient avoir un impact indirect sur la compétitivité des entreprises au Québec ». « Comme les autres provinces canadiennes n’imposent pas d’exigence linguistique aux travailleurs étrangers temporaires, ceux qui voudront, après un séjour de trois ans, occuper des emplois dans les entreprises québécoises auront une exigence de plus à satisfaire », a-t-il indiqué.

« En revanche, une meilleure connaissance du français favoriserait l’intégration en milieu de travail et de vie des travailleurs, contribuant ainsi à pourvoir durablement les postes vacants tout en soutenant l’activité économique au Québec », a ajouté l’élu.

Le gouvernement québécois exige déjà une certaine connaissance du français de la part des immigrants économiques permanents….

Source: Québec impose finalement une connaissance du français aux travailleurs temporaires

A year and a half after announcing it, François Legault’s government finally filed a regulation on Thursday to require a minimum knowledge of French among temporary workers – which could “have an indirect impact on the competitiveness of companies in Quebec,” he agrees.

On November 1, 2023, the Caquist Minister Christine Fréchette, then at Immigration, argued at a press conference that she would ask immigrants participating in the Temporary Foreign Worker Program (PTET) to demonstrate a mastery of oral level 4 French at the renewal of their work permit.

At the time, the minister, who is now responsible for the Economy portfolio, described this level of knowledge of French as the ability to “discuss with [her] entourage” “familiar subjects”. According to official government documents, immigrants who master level 4 orally understand “the general meaning of brief conversations related to routine activities or situations”.

Thursday morning, about 19 months later, the Legault government’s draft regulation was finally published in the Official Gazette of Quebec. As expected, it requires knowledge of level 4 for participants in the PTET, the temporary worker program managed by Québec.

However, an exception is granted to employees in the “primary agriculture” sector.

A measure applied from 2028

Even if the by-law is due to come into force this fall, the requirement will not be imposed until 2028. The draft regulation provides for transitional measures that will ensure that the first assessments of French proficiency are postponed by three years. The current Minister of Immigration, Jean-François Roberge, was inspired by the maximum duration of a work permit, which is 36 months, to offer this cushion to workers.

In his draft by-law, the Minister of the Coalition avenir Québec agrees that these “changes […] could have an indirect impact on the competitiveness of companies in Quebec”. “As other Canadian provinces do not impose a language requirement on temporary foreign workers, those who want, after a three-year stay, to occupy jobs in Quebec companies will have one more requirement to meet,” he said.

“On the other hand, a better knowledge of French would promote the integration of workers in the workplace and life, thus helping to permanently fill vacancies while supporting economic activity in Quebec,” added the elected official.

The Quebec government already requires some knowledge of French from permanent economic immigrants….