Labeaume: Le Québec qui se métisse

Thoughtful and realistic commentary by former mayor of Quebec city:

…Il nous faudra faire la paix avec ce Québec d’aujourd’hui, accepter qu’il ait changé, irrémédiablement. Il est certes différent, voire déstabilisant pour beaucoup de Québécois, mais pas nécessairement pour nos enfants, et les leurs, pour qui cette mixité devient la normalité acquise.

Et je le répète, cette posture mentale ne veut pas dire abandonner ce combat de résistance pour conserver notre culture francophone, la faire partager, la faire grandir et continuer à célébrer les traditions qui nous sont chères. Comme elle ne traduit aucune naïveté.

Mais nous ne convaincrons pas ces enfants issus de l’immigration de se joindre à notre lutte culturelle en remettant en question leur appartenance, ou celle de leurs parents, à un statut de membre de plein droit de ce que nous estimons être la nation québécoise.

Toute manifestation d’intolérance envers ceux-là deviendra créatrice de métastases sociales et nous magasinera des lendemains problématiques en termes de cohésion sociale.

Source: Le Québec qui se métisse

… We will have to make peace with this Quebec of today, accept that it has changed, irremediably. It is certainly different, even destabilizing for many Quebecers, but not necessarily for our children, and theirs, for whom this mix becomes acquired normality.

And I repeat, this mental posture does not mean abandoning this struggle of resistance to preserve our French-speaking culture, share it, make it grow and continue to celebrate the traditions that are dear to us. As it does not translate any naivety.

But we will not convince these children from immigration to join our cultural struggle by questioning their belonging, or that of their parents, to a full member status of what we believe to be the Quebec nation.

Any manifestation of intolerance towards them will become the creator of social metastases and will give us problematic tomorrows in terms of social cohesion.

Élargissement de la laïcité: Québec impose le visage découvert à tous, de la garderie à l’université

Hard not to agree with banning the niqab but other religious symbols that don’t cover the face are another matter:

Cette nouvelle obligation vaudra à la fois pour la petite enfance, pour les étudiants au niveau postsecondaire et pour l’ensemble des employés de ces établissements, selon les informations obtenues par La Presse. Il faut s’attendre à ce que cette mesure s’applique également aux établissements privés. La Loi sur le renforcement de la laïcité à l’école, adoptée plus tôt cet automne, interdit déjà aux élèves et au personnel scolaire au primaire et au secondaire d’avoir le visage couvert.

Le ministre responsable de la Laïcité, Jean-François Roberge, doit déposer jeudi un projet de loi en ce sens, après avoir confirmé plus tôt cet automne qu’il interdirait le port de signes religieux aux éducatrices des centres de la petite enfance (CPE) et des garderies subventionnées, ainsi que dans les services de garde en milieu familial qui relèvent d’un bureau coordonnateur. Les éducatrices déjà en poste qui portent un signe religieux bénéficieront d’un droit acquis.

Aucun recensement n’aurait été fait pour savoir combien de personnes dans le réseau éducatif portent un signe religieux couvrant l’ensemble du visage, comme le voile intégral. 

Mais gouverner, c’est prévoir ce qui pourrait arriver, explique une source gouvernementale, qui n’est pas autorisée à parler du projet de loi, puisque celui-ci n’est pas encore déposé. Le Québec n’est pas à l’abri d’une éventuelle multiplication de tels signes religieux, souligne cette source.

Depuis 2017, la Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l’État, adoptée sous les libéraux, prévoit que « le membre du personnel d’un organisme public doit exercer ses fonctions à visage découvert ». La personne qui reçoit un service public a pour sa part l’obligation d’avoir le visage découvert lorsqu’il y a « une interaction » avec un employé.

Avec la loi que présentera cette semaine Jean-François Roberge, une telle personne devra montrer son visage en tout temps pendant son parcours éducatif.

Pas d’interdiction du voile intégral en public

Malgré l’adoption d’une résolution par les militants caquistes demandant au gouvernement d’interdire à quiconque de cacher son visage en public, Jean-François Roberge ne bannira pas le voile intégral de l’espace public.

Au congrès annuel de la Coalition avenir Québec (CAQ) à Gatineau, en septembre, les militants s’étaient prononcés à 152 contre 150 pour « interdire aux personnes, en tout temps, de cacher leur visage dans l’espace public ». Le ministre responsable de la Laïcité avait voté en faveur de cette résolution et s’était même présenté au micro pour inviter les gens à l’appuyer.

« On voulait de la diversité, de la mixité au Québec, que les gens aillent les uns envers les autres, qu’ils échangent, qu’ils apportent des éléments de leur culture, s’intègrent. Est-ce que ça peut se faire avec le visage caché ou couvert ? […] On peut se poser la question », avait-il dit.

« Il est tout à fait normal qu’on se pose la question pour une question de sécurité publique et de vivre-ensemble », avait ajouté M. Roberge….

Source: Élargissement de la laïcité Québec impose le visage découvert à tous, de la garderie à l’université

Des Français désormais sans statut après avoir omis de fournir un test de français

All they had to do was provide proof of attendance at a French-language secondary or post-secondary institution:

…Mais un nouveau règlement d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) venait d’entrer en vigueur le 1er novembre 2024, au tout début du mois : les candidats au PTPD doivent désormais démontrer une compétence linguistique minimale en anglais ou en français.

« Étant de nationalité française — et ayant suivi des études en français, pour mon mari — , nous pensions être exemptés de cette condition », explique Sandrine Théron. Elle souligne aussi que, dans le portail d’IRCC où elle remplissait sa demande, il n’y avait aucun endroit prévu pour déposer le test de langue obligatoire. « Ce n’est toujours pas le cas d’ailleurs », ajoute-t-elle. Aucune attestation de réussite de test de français n’est donc déposée.

« Tout s’écroule »

L’été dernier, huit mois après l’envoi de leur demande, leur vie a basculé : le renouvellement des permis de Jacques et de Sandrine est refusé en raison de ce document manquant. Conséquence ? Ils perdent immédiatement le droit de travailler. « Quelque part, tout s’écroule », laisse tomber Sandrine Théron. « On se retrouve un peu démunis parce que sans activité professionnelle, on n’a plus de salaire. Alors, qu’est-ce qu’on fait ? »

La famille Villanueva-Théron est d’autant plus sous le choc qu’IRCC n’a pas envoyé de lettre d’intention de refus, comme c’est souvent le cas, pour donner une chance aux requérants de fournir les documents manquants. « Autour de nous, ça nous a été expliqué par le fait qu’il y a une volonté de durcir les règles et que, maintenant, dès qu’un dossier n’est pas [complet], quelle que soit la raison, il est rejeté. »

L’avocate en droit de l’immigration Krishna Gagné constate effectivement que le système « ne pardonne pas » même dans le cas d’une faute qui peut être en apparence mineure. « Demander un test de français à un Français d’origine… On est carrément en “Absurdistan”, mais c’est obligatoire », avance-t-elle.

Source: Des Français désormais sans statut après avoir omis de fournir un test de français

… But a new Immigration, Refugees and Citizenship Canada (IRCC) regulation had just entered into force on November 1, 2024, at the very beginning of the month: PTDP candidates must now demonstrate a minimum language proficiency in English or French.

“Being of French nationality – and having studied in French, for my husband – we thought we were exempt from this condition,” explains Sandrine Théron. She also points out that, in the IRCC portal where she was completing her application, there was no place to submit the mandatory language test. “This is still not the case,” she adds. No certificate of success in the French test is therefore filed.

“Everything is collasing”

Last summer, eight months after sending their application, their lives turned upside down: the renewal of Jacques and Sandrine’s permits was refused because of this missing document. Consequence? They immediately lose the right to work. “Somewhere, everything collapses,” says Sandrine Théron. “We find ourselves a little destitute because without professional activity, we no longer have a salary. So, what do we do? ”

The Villanueva-Théron family is all the more shocked that IRCC did not send a letter of intent to refuse, as is often the case, to give applicants a chance to provide the missing documents. “Around us, it was explained to us by the fact that there is a desire to tighten the rules and that, now, as soon as a file is not [complete], whatever the reason, it is rejected. ”

Immigration lawyer Krishna Gagné indeed notes that the system “does not forgive” even in the case of a fault that may be apparently minor. “Ask a French test from a Frenchman of origin… We are downright in “Absurdistan”, but it’s mandatory,” she says.

Les immigrants réclament une clause de droits acquis pour le PEQ

Understandable. Always creates problems when rules and regulations change without grandfather clauses or other transition measures:

Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, a provoqué une onde de choc dans la communauté immigrante en annonçant la semaine dernière l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), une voie rapide pour accéder à la résidence permanente. Appelant à une vaste mobilisation à Québec lundi, des candidats à l’immigration réclament le rétablissement du PEQ et une clause de droits acquis (communément appelée clause « grand-père » sous l’influence de l’anglais) pour ceux et celles qui sont déjà sur le territoire, et dont le rêve québécois est désormais menacé….

Au cabinet du ministre Roberge, on dit comprendre les inquiétudes, mais on indique qu’aucune clause de droits acquis n’est envisagée. Les demandes reçues avant la suspension du programme seront traitées et toutes les nouvelles demandes devront être transmises par l’entremise du nouveau PSTQ, où « les diplômés du Québec qui ont une expérience de travail et les travailleurs étrangers déjà sur le territoire » seront favorisés.

Source: Les immigrants réclament une clause de droits acquis pour le PEQ

François Legault gonfle les chiffres sur les faux demandeurs d’asile

Quelle surprise:

Pour justifier ses politiques, le premier ministre François Legault a répété jeudi que la moitié des demandeurs d’asile réclamaient le statut de réfugié sous de faux motifs, alors que des données officielles récentes démontrent plutôt que de 22 % à 39 % des dossiers sont rejetés pour cette raison.

« On sait de façon historique que la moitié ne sont pas de vrais demandeurs d’asile », a dit M. Legault lors de la période de questions à l’Assemblée nationale.

Le premier ministre répondait alors à une question de la co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, sur le manque de ressources pour les itinérants. « Il y a plusieurs causes à la crise de l’itinérance qu’on vit actuellement », a-t-il répondu avant d’évoquer les problèmes de santé mentale, la crise du logement et l’afflux de demandeurs d’asile.

« On en a fait beaucoup, mais la demande explose », a-t-il dit, avant d’affirmer que « la moitié des demandeurs d’asile ne sont pas de vrais demandeurs d’asile ».

Plus prudent, son ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, avait soutenu en matinée que « de 40 % à 50 % […] ne sont pas de réels demandeurs d’asile »….

Source: François Legault gonfle les chiffres sur les faux demandeurs d’asile

To justify his policies, Prime Minister François Legault repeated on Thursday that half of asylum seekers were claiming refugee status on false grounds, while recent official data show rather that 22% to 39% of applications are rejected for this reason.

“We know historically that half are not real asylum seekers,” said Mr. Legault during the question period in the National Assembly.

The Prime Minister was then answering a question from Québec solidaire’s co-spokeswoman, Ruba Ghazal, on the lack of resources for itinerants. “There are several causes for the homelessness crisis we are currently experiencing,” he replied before mentioning mental health problems, the housing crisis and the influx of asylum seekers.

“We have done a lot, but demand is exploding,” he said, before saying that “half of asylum seekers are not real asylum seekers.”

More cautious, his Minister of Immigration, Jean-François Roberge, had maintained in the morning that “40% to 50% […] are not real asylum seekers”….

Le Devoir editorial: Dialogue de sourds [immigration]

Biting editorial that notes the substantive convergence despite the ongoing politicization:

Les gouvernements d’Ottawa et de Québec parlent tout à coup la même langue en matière d’immigration. Après des années de profonds désaccords, entre l’accueil pléthorique obstiné du fédéral et les inquiétudes québécoises ignorées, tous deux s’entendent désormais, sous la gouverne recadrée du premier ministre canadien Mark Carney, sur les objectifs à cibler et les correctifs à apporter. Une soudaine convergence qui n’a toutefois pas mis fin à leur dialogue de sourds entêté.

La présentation des cibles d’immigration fédérales dans le premier budget de Mark Carney aurait pu être rédigée par le gouvernement caquiste de François Legault lui-même. Le « nouveau gouvernement du Canada », comme il prend encore le soin de se qualifier près de sept mois après son élection, reconnaît que le système d’immigration fédéral « n’est plus viable ». Le rythme d’accueil des dernières années « a commencé à dépasser la capacité habituelle du Canada à absorber et soutenir les nouveaux arrivants ». « Nous reprenons le contrôle », annoncent les libéraux, afin de ramener les seuils « à des niveaux acceptables ». Un choix de mots qui aurait été perçu par ces mêmes libéraux, il y a à peine un an, comme un désaveu de leurs valeurs et de leur ADN.

Or, en cette nouvelle ère, au fédéral comme au Québec, cette réduction de l’accueil passe par les nouveaux immigrants temporaires, tandis que l’accueil d’immigrants économiques permanents et la pérennisation de résidents temporaires déjà sur place sont privilégiés.

Qu’importe cette nouvelle harmonie idéologique, la Coalition avenir Québec de François Legault n’allait tout de même pas renoncer à une énième salve à l’endroit d’Ottawa, surtout dans le contexte de ses déboires actuels. Le choix de Québec de retenir le scénario de réduction de son immigration le plus modéré fut donc imputé au toujours commode adversaire fédéral, au lieu qu’il reconnaisse franchement, comme cela avait été entendu en commission parlementaire, qu’une réduction radicale des niveaux d’immigration en deçà de la cible retenue de 45 000 admissions permanentes (par rapport à 61 000 cette année) aurait été malavisée dans le présent contexte économique.

Québec s’inquiète, à juste titre, du plafond de 10 % de travailleurs à bas salaire imposé par Ottawa à toutes les entreprises, y compris en région, et déplore le fait que sa demande de droit acquis hors Montréal ou Laval n’a toujours pas été acceptée. La ministre fédérale de l’Immigration, Lena Diab, brille certes par son absence, et le bureau de M. Carney s’illustre dans ce dossier par son indolence. En coulisses, la CAQ et Ottawa s’entendent pourtant sur l’urgence de protéger ces emplois et les entreprises qui en dépendent en région. Ce qu’il reste à ficeler, c’est la solution.

Or, reconnaître la complexité de la situation aurait été plus ardu et moins payant que de marquer des points politiquement. D’autant que la CAQ évite ainsi d’avoir à justifier que ses seuils d’immigration permanente ne bougent à peu près pas, au bout du compte — outre la réduction découlant de l’élimination du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) —, pour ne se chiffrer qu’à peine en dessous de la précédente cible de 50 000 admissions.

D’autres gouvernements, avant la CAQ, ont ciblé l’accueil d’immigrants permanents selon le secteur et la région d’emploi — comme le prévoit le Programme de sélection des travailleurs qualifiés se substituant au PEQ et désormais comptabilisé à même la cible annuelle. Le gouvernement Legault devra néanmoins dissiper les craintes de délais en contrepartie exacerbés.

L’arithmétique créative est par ailleurs la même du côté d’Ottawa, où la « stabilisation » de l’immigration permanente est en fait une augmentation camouflée. Le plafond de 380 000 nouveaux résidents permanents par année, de 2026 à 2028, est plus élevé que l’était la cible de 365 000 prévue pour 2027 par l’ancien premier ministre Justin Trudeau. Seuil d’accueil auquel Mark Carney ajoute de surcroît 148 000 résidents permanents sur deux ans, en offrant ce statut à 115 000 réfugiés et 33 000 travailleurs temporaires. De part et d’autre, chacun fait bien dire ce qu’il veut à ses tableaux de colonnes de chiffres.

Quant à l’immigration temporaire, Ottawa la sabre de presque moitié (370 000 admissions d’ici 2028), tandis que Québec, qui l’inclut enfin à sa planification pluriannuelle, annonce qu’il la retranchera quelque peu, de 13 % par rapport à 2024 (quoique cette cible de 175 000 admissions dans quatre ans ne soit en réalité inférieure que de près de 1000 par rapport à cette année). Là encore, Québec modère son resserrement non pas en avouant répondre ainsi aux gens d’affaires qui ne peuvent s’en passer, mais plutôt en prétextant une réduction fédérale réclamée à grands cris, mais jugée trop importante aujourd’hui.

La CAQ et les libéraux fédéraux 2.0 se rejoignent davantage que ne veulent l’admettre les troupes de François Legault. Il ne leur reste plus qu’à se parler pour mieux s’arrimer. Si tant est que, pour les caquistes, améliorer l’accueil en terre québécoise, et non pas leur propre sort, soit réellement ce qui leur tient le plus à cœur.

Source: Dialogue de sourds

The Ottawa and Quebec governments suddenly speak the same language when it comes to immigration. After years of profound disagreements, between the obstinate reception of the federal government and the ignored Quebec concerns, both now agree, under the guidance of Canadian Prime Minister Mark Carney, on the objectives to be targeted and the corrections to be made. A sudden convergence that, however, did not end their dialogue of deaf-stubborn.

The presentation of federal immigration targets in Mark Carney’s first budget could have been written by François Legault’s Caquist government itself. The “new government of Canada”, as it still takes care to qualify itself almost seven months after its election, recognizes that the federal immigration system “is no longer viable”. The pace of reception in recent years “has begun to exceed Canada’s usual ability to absorb and support newcomers”. “We are regaining control,” the Liberals announce, in order to reduce the thresholds “to acceptable levels”. A choice of words that would have been perceived by these same liberals, just a year ago, as a disavowal of their values and DNA.

However, in this new era, both in federal and Quebec, this reduction in reception goes through new temporary immigrants, while the reception of permanent economic immigrants and the perpetuation of temporary residents already on site are preferred.

No matter this new ideological harmony, François Legault’s Coalition avenir Québec was still not going to give up yet another salvo against Ottawa, especially in the context of its current setbacks. Quebec’s choice to retain the most moderate immigration reduction scenario was therefore attributed to the always convenient federal opponent, instead of frankly recognizing, as had been heard in the parliamentary committee, that a radical reduction in immigration levels below the target of 45,000 permanent admissions (compared to 61,000 this year) would have been misreceived in the current economic context.

Quebec is rightly concerned about the 10% ceiling for low-wage workers imposed by Ottawa on all businesses, including in the region, and deplores the fact that its application for rights acquired outside Montreal or Laval has still not been accepted. The Federal Minister of Immigration, Lena Diab, certainly shines with her absence, and the office of Mr. Carney is distinguished in this file by his indolence. Behind the scenes, however, the CAQ and Ottawa agree on the urgency of protecting these jobs and the companies that depend on them in the region. What remains to be tied up is the solution.

However, recognizing the complexity of the situation would have been more difficult and less rewarding than scoring politically. Especially since the CAQ thus avoids having to justify that its permanent immigration thresholds do not move, in the end of the day — in addition to the reduction resulting from the elimination of the Quebec Experience Program (PEQ) — to be just below the previous target of 50,000 admissions.

Other governments, before the CAQ, targeted the reception of permanent immigrants by sector and region of employment — as provided for in the Skilled Worker Selection Program replacing the PEQ and now counted against the annual target. The Legault government will nevertheless have to dispel fears of exacerbated delays in return.

Creative arithmetic is also the same on the Ottawa side, where the “stabilization” of permanent immigration is in fact a camouflaged increase. The ceiling of 380,000 new permanent residents per year, from 2026 to 2028, is higher than the target of 365,000 set for 2027 by former Prime Minister Justin Trudeau. Reception threshold to which Mark Carney adds an additional 148,000 permanent residents over two years, offering this status to 115,000 refugees and 33,000 temporary workers. On both sides, everyone makes his tables of columns of numbers say what he wants.

As for temporary immigration, Ottawa knows it by almost half (370,000 admissions by 2028), while Quebec City, which finally includes it in its multi-year planning, announces that it will subtract it somewhat, by 13% compared to 2024 (although this target of 175,000 admissions in four years is actually only almost 1,000 lower than this year). Again, Quebec is moderating its tightening not by confessing to responding to business people who cannot do without it, but rather by pretexting a federal reduction that was called for, but considered too important today.

The CAQ and the Federal Liberals 2.0 join more than François Legault’s troops want to admit. All they have to do is talk to each other to better get together. If only, for the Caquistes, improving the welcome in Quebec land, and not their own fate, is really what is most important to them.

Les nouvelles cibles d’immigration de Québec alimentent les critiques

Expected reactions:

Même s’il s’agit du plus généreux des trois scénarios, admettre 45 000 permanents au Québec est « très mauvaise nouvelle » voire une « tragédie » pour les élus de l’opposition, des représentants d’organismes et des gens d’affaire. Avec les nouvelles cibles de Québec, l’obtention d’une résidence permanente pourrait mettre plus de trois décennies dans certaines catégories d’immigration.

« J’ai fait le calcul, on va passer à 36 ans de délais de traitement entre les arriérés et la cible du ministre. Dans la catégorie des réfugiés reconnus, on passe à 12 ans de délais de traitement avec son nouveau plan. Ça n’a aucun sens, c’est complètement déconnecté », a déclaré le député de Québec solidaire, Guillaume Cliche-Rivard.

Le député libéral de l’Acadie André A. Morin a pour sa part dit trouver « inhumain » les longs délais, notamment pour la réunification familiale. Ceux-ci pourraient être de 4 ans au minimum, puisque l’inventaire est de 42 000 dossiers et que le plan de Québec propose d’en admettre 10 000 par année. « Avec ces seuils [de 45 000] on évite la catastrophe, mais on est loin d’être sortis de l’auberge », a-t-il soutenu. « Le gouvernement n’a pas écouté, il a fait fausse route. »

La Table de concertation des organismes au service des réfugiés et immigrants (TCRI) croit pour sa part que les délais de la nouvelle planification pluriannuelle 2026-2029 qui vient d’être rendue publique par le gouvernement est une « tragédie » sur le plan des délais. « C’est complètement inacceptable. Ce n’est pas [avec de tels délais] que les personnes vont s’intégrer et mener une vie normale. On parle de milliers de personnes qui vont attendre. Ça aura un impact sociétal d’avoir autant de gens dans des statuts précaires », a dit son directeur Stephan Reichhold.

Dans l’opposition, seul le Parti québécois a exprimé une vue contraire, indiquant qu’il fallait plutôt diminuer les cibles d’immigration permanente à 35 000. Le député péquiste d’Arthabaska, Alex Boissonneault, n’est pas d’avis que son scénario pourrait mettre à mal l’économie dans les régions. « L’immigration ne règle pas la pénurie de main-d’œuvre. C’est la même chose pour les entreprises en région et même, souvent, ça peut exacerber le problème parce que ces gens-là qui viennent en grand nombre avec leurs conjoints, leurs conjointes, avec les enfants, vont consommer aussi des biens et des services », a-t-il dit….

Source: Les nouvelles cibles d’immigration de Québec alimentent les critiques

Even if this is the most generous of the three scenarios, admitting 45,000 permanent employees in Quebec is “very bad news” or even “tragic” for opposition elected officials, representatives of organizations and business people. With Quebec City’s new targets, obtaining permanent residence could take more than three decades in certain immigration categories.
“I did the math, we will go to 36 years of processing time between the arrears and the minister’s target. In the category of recognized refugees, it goes to 12 years of processing time with its new plan. It doesn’t make any sense, it’s completely disconnected, “said Québec solidaire MP Guillaume Cliche-Rivard.
The Liberal MP of Acadie André A. Morin, for his part, said he found long delays “inhumane”, especially for family reunification. These could be at least 4 years, since the inventory is 42,000 files and the Quebec City plan proposes to admit 10,000 per year. “With these thresholds [of 45,000] we avoid disaster, but we are far from being out of the hostel,” he said. “The government didn’t listen, it went the wrong way. ”
The Consultation Table of Organizations for Refugees and Immigrants (TCRI) believes for its part that the deadlines of the new multi-year planning 2026-2029 that has just been made public by the government are a “tragedy” in terms of deadlines. “This is completely unacceptable. It is not [with such delays] that people will integrate and lead a normal life. We are talking about thousands of people who will wait. It will have a societal impact to have so many people in precarious statuses, “said its director Stephan Reichhold.
In the opposition, only the Parti Québécois expressed a contrary view, indicating that it was better to reduce the permanent immigration targets to 35,000. The Péquista MP for Arthabaska, Alex Boissonneault, is not of the opinion that his scenario could damage the economy in the regions. “Immigration does not solve the labor shortage. It’s the same for companies in the region and even, often, it can exacerbate the problem because these people who come in large numbers with their spouses, their spouses, with children, will also consume goods and services,” he said….

Québec prévoit accueillir 45 000 immigrants permanents par année

Greater relative restraint compared to federal government, along with tighter language requirements and ending the transition from temporary to permanent resident transition program:

Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, a déposé jeudi la Planification de l’immigration 2026-2029. Il avait procédé plus tôt cet automne à des consultations publiques à ce sujet. M. Roberge a finalement opté pour la cible d’immigration à l’étude la plus élevée, à 45 000, alors que les autres scénarios prévoyaient des seuils de 25 000 ou de 35 000 immigrants par année.

Concernant l’immigration permanente, c’est-à-dire l’immigration économique, les regroupements familiaux et les réfugiés, le gouvernement caquiste prévoit admettre entre 43 000 et 47 000 immigrants dès 2026, comparativement aux 57 210 à 61 220 personnes qui auront été admises en 2025 selon les prévisions du ministère.

Pour protéger le français, Québec vise désormais « une proportion de plus de 77 % de connaissance du français chez les personnes issues de l’immigration permanente ». Il est aussi prévu « d’accroître la part des personnes issues de l’immigration permanente déjà présentes au Québec pour que celle-ci représentent 65 % ou plus des admissions à la fin de la période ». Le gouvernement veut par ailleurs que l’immigration économique représente 64 % de l’ensemble des admissions permanentes.

Dans tous les cas, Québec prévient qu’il « pourra ajuster les seuils d’immigration permanente avant la fin de la présente planification pluriannuelle » en fonction du nombre d’immigrants temporaires admis par le fédéral et de la situation économique.

Immigration temporaire

En matière d’immigration temporaire, il est prévu de réduire le nombre de résidents non permanents « en visant à terme un nombre maximal de 65 000 titulaires de permis dans le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), 110 000 titulaires de permis dans le Programme des étudiants étrangers (PÉE), ce qui représente une réduction globale de 13 % par rapport à 2024 ».

Les travailleurs étrangers temporaires « qui ont séjourné plus de trois ans au Québec de façon continue ou cumulative » devront à l’avenir démontrer une certaine connaissance du français oral.

« Des exemptions sont prévues pour les [travailleurs] agricoles, en raison de leur contribution active à la sécurité alimentaire, les ressortissants étrangers occupant un emploi pour le compte d’un bureau d’une division politique d’un État étranger […] et les employés des organisations internationales non gouvernementales reconnues par le Québec, car celles-ci bénéficient de certaines exemptions aux obligations de la Charte de la langue française », explique le gouvernement.

Autrement, « les vérifications de la connaissance du français débuteront le 17 décembre 2028 ».

La fin du PEQ

Autre importante décision du gouvernement Legault : le populaire Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui a été suspendu en octobre 2024, est officiellement aboli. La forte popularité du programme, pour lequel les admissions étaient en continu et sans plafond, faisait en sorte que les cibles d’immigration du gouvernement étaient dépassées. La voie rapide pour obtenir la résidence permanente devient désormais le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).

Par contre, « toutes les demandes présentées avant la fin [du PEQ] seront traitées […] et le ministère continuera de recevoir et de traiter les demandes » jusqu’au 19 novembre prochain.

« Avec la réduction des seuils d’admission et la nécessité de renforcer l’efficacité de l’État, la coexistence de plusieurs programmes destinés aux travailleurs qualifiés n’est plus pertinente », justifie Québec.

Le gouvernement prolonge également jusqu’au 31 décembre 2026 la suspension de certaines demandes au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) pour les régions de Montréal et de Laval seulement. Québec affirme vouloir ainsi « freiner l’augmentation du nombre de résidents non permanents [RNP] dans les deux régions où le bassin de main-d’œuvre disponible est plus important, tout comme les défis reliés à la pérennité du français »….

Source: Québec prévoit accueillir 45 000 immigrants permanents par année

La Presse take on federal plan:

Est-ce un changement de philosophie ?

Oui. Le Canada passe d’une logique de croissance démographique rapide à une approche de croissance maîtrisée et sélective. Le discours du budget lie désormais immigration, productivité, souveraineté économique et sécurité nationale. « C’était une erreur de monter à 500 000 immigrants permanents au cours des deux dernières années. C’est ce qui a créé une certaine déstabilisation », explique Me Patrice Brunet, qui se spécialise dans l’immigration.

Qu’en est-il de l’immigration francophone hors Québec ?

Ottawa fixe une cible de 10,5 % de résidents permanents francophones établis à l’extérieur du Québec d’ici 2028, contre 9 % en 2026. Le gouvernement mise sur un recrutement accru dans les pays d’Afrique francophone et sur l’élargissement des services d’accueil et d’intégration en français.

Source: Ottawa entreprend un virage majeur

Reichhold | Québec doit respecter les droits fondamentaux en immigration permanente et temporaire

Quebec settlement sector perspective:

…Les politiques d’immigration, animées par un esprit utilitariste tant au fédéral qu’au Québec, renforcent ainsi les discriminations systémiques des programmes existants et des processus d’accès à la résidence permanente.

La planification de l’immigration temporaire et permanente doit rompre avec le discours anti-immigrant grandissant dans le monde et à nos portes, qui débouche sur la mise en œuvre de procédures arbitraires et répressives envers toute personne racisée. Québec doit offrir des voies d’accès à la résidence permanente dont les étapes sont lisibles et prévisibles. Cela suppose aussi d’améliorer les moyens pour l’accès à la francisation, avec une responsabilisation des employeurs, ainsi que les subventions pour les organismes travaillant auprès des personnes migrantes et immigrantes. Il faut montrer aussi que le Québec est prêt à intervenir auprès des employeurs abusant de la vulnérabilité des personnes migrantes et immigrantes.

Nous voulons renouer avec l’esprit d’une société qui revendique la justice sociale et une égalité réelle entre ses habitants. C’est pourquoi nous exigeons d’afficher notre volonté d’accueil. Les personnes migrantes et immigrantes ont en effet toujours contribué à la richesse de notre « société distincte ».

Amel Mokhtar et Stephan Reichhold, Le premier est membre du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTTI); le second est directeur général de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), et la Campagne québécoise pour la régularisation et la justice migrante.*

Source: Idées | Québec doit respecter les droits fondamentaux en immigration permanente et temporaire

Globe editorial: The rights of Quebeckers aren’t a political plaything

Indeed:

…In Canada, the human rights protected by the Charter are tempered by the first clause of the 1982 Constitution, but “only to such reasonable limits prescribed by law as can be demonstrably justified in a free and democratic society.”

The notwithstanding clause is likewise an attempt to balance the power of the courts with that of elected officials.

But as a legal constitution, it starts from the premise that individual rights are paramount and are embedded in law. Quebec’s proposed bill is a political constitution that starts from the opposite premise: that the majority needs protection from a minority of others who might not share its language and beliefs, and that these protections should be embedded in the quicksand of political necessity.

To make that happen, the proposed constitution gives vast powers to the Quebec National Assembly and the politicians in it and then shields itself from judicial oversight. The rights of Quebeckers would thus be subject to the whims of elected officials who answer only to the needs of their electoral fortunes.

Quebeckers clearly want their government to defend their language and culture. But universal human rights of equality and liberty are not some confection of English Canada. Quebeckers should demand that Mr. Legault scrap a law that would turn their fundamental freedoms into the playthings of politicians. 

Source: The rights of Quebeckers aren’t a political plaything