Québec refuse de traiter plus vite la résidence permanente des réfugiés reconnus

Not great…:

Le ministre Roberge l’a confirmé : Québec rejette la main tendue d’Ottawa et ne traitera pas en accéléré les dossiers des réfugiés déjà acceptés qui attendent depuis des années leur résidence permanente.

Alors que les délais sont actuellement de près de 10 ans, cette décision aura des « conséquences terribles » sur l’intégration et la réunification des familles, selon des organismes et avocats en immigration.

« C’est très décevant », déplore Stephan Reichhold, directeur général de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI). « C’est même de la discrimination, pour ces [réfugiés] résidant au Québec, de ne pas leur permettre de bénéficier d’un programme fédéral. »

En novembre dernier, le gouvernement canadien avait annoncé une initiative ponctuelle qui visait à traiter au cours des deux prochaines années les quelque 115 000 dossiers — à l’époque — de réfugiés reconnus comme personnes à protéger. Pour Ottawa, accorder la résidence permanente en priorité à ces personnes vise « à accélérer la pleine intégration et l’obtention de la citoyenneté ».

“Le gouvernement du Québec avait été invité à participer à l’initiative, puisqu’environ 36 000 de ces réfugiés se trouvent au Québec et que le délai d’obtention de la résidence permanente pour cette catégorie est de plus de 9 ans (112 mois) en date d’aujourd’hui. Pour le reste du Canada, ce délai est de 17 mois.

Dans un message de son cabinet, le ministre Jean-François Roberge indique qu’il ne souhaite pas traiter ces demandes hors seuils. « Afin de respecter nos cibles, nous avons décidé de ne pas participer à cette initiative d’Ottawa. Libre au gouvernement fédéral de camoufler la hausse massive de l’immigration en créant des catégories hors seuil et en évitant de les compter dans les chiffres officiels », a-t-on déclaré.

Invité à dire ce qu’il pensait de ce refus de Québec, le cabinet de la ministre fédérale de l’Immigration, Lena Metlege Diab, a plutôt renvoyé la balle au ministère, qui explique la lenteur du traitement par les cibles que le Québec s’est fixées en vertu de l’Accord Canada-Québec. …

Source: “Québec refuse de traiter plus vite la résidence permanente des réfugiés reconnus

Minister Roberge confirmed it: Quebec rejects Ottawa’s outstretched hand and will not process the files of already accepted refugees who have been waiting for years for permanent residence.

While the deadlines are currently nearly 10 years, this decision will have “terrible consequences” on the integration and reunification of families, according to immigration organizations and lawyers.

“This is very disappointing,” laments Stephan Reichhold, Director General of the Consultation Table of Organizations for Refugees and Immigrants (TCRI). “It is even discrimination, for these [refugees] living in Quebec, not to allow them to benefit from a federal program. ”

Last November, the Canadian government announced a one-time initiative to address over the next two years the approximately 115,000 refugee cases — at the time — recognized as persons in need of protection. For Ottawa, granting permanent residence as a priority to these people aims to “accelerate full integration and the achievement of citizenship”.

“The Government of Quebec had been invited to participate in the initiative, since about 36,000 of these refugees are in Quebec and the deadline for obtaining permanent residence for this category is more than 9 years (112 months) as of today. For the rest of Canada, this period is 17 months.

In a message from his cabinet, Minister Jean-François Roberge indicates that he does not wish to process these requests outside the threshold. “In order to respect our targets, we decided not to participate in this Ottawa initiative. The federal government is free to camouflage the massive increase in immigration by creating out-of-threshold categories and avoiding counting them in official figures,” it was said.

Invited to say what he thought of this refusal of Quebec, the office of the Federal Minister of Immigration, Lena Metlege Diab, instead sent the ball back to the ministry, which explains the slow treatment by the targets that Quebec has set itself under the Canada-Quebec Agreement. …

Loi renforçant la laïcité: Des travailleuses du soutien scolaire perdent leur emploi à cause de leur voile

Concrete impact:

« Il y a effectivement 4 démissions et 8 ruptures du lien d’emploi associé au projet de loi 94. Les organismes publics comme les centres de services scolaires sont tenus d’appliquer celle-ci », a indiqué Mélanie Poirier, porte-parole du CSSMI, dans un courriel adressé à La Presse. Nos autres questions sont restées sans réponse.

Selon Annie Charland, présidente du Secteur soutien scolaire de la FEESP-CSN, toutes les personnes qui ont ainsi perdu leur emploi étaient des surveillantes ou des éducatrices en milieu scolaire. Toutes ont refusé de ne plus porter leur voile.

« Pour ces femmes, c’est une énorme déception », souligne Annie Charland, en entrevue avec La Presse

Elles ont étudié là-dedans et on leur enlève la dignité de pouvoir gagner leurs vies.

Selon des documents transmis par la CSN à La Presse, le CSSMI a envoyé fin janvier une note à tous les membres de son personnel rappelant les nouvelles obligations légales encadrant le port de signes religieux, à la suite de l’adoption du projet de loi 94, le 30 octobre dernier….

Source: Loi renforçant la laïcité Des travailleuses du soutien scolaire perdent leur emploi à cause de leur voile

“There are indeed 4 resignations and 8 terminations of the employment relationship associated with Bill 94. Public bodies such as school service centers are required to apply it, “said Mélanie Poirier, spokeswoman for the CSSMI, in an email sent to La Presse. Our other questions remained unanswered.

According to Annie Charland, President of the School Support Sector of the FEESP-CSN, all the people who lost their jobs as a result were school supervisors or educators. All refused to no longer wear their veil.

“For these women, this is a huge disappointment,” says Annie Charland, in an interview with La Presse.

They studied there and they are deprived of the dignity of being able to earn their living.

According to documents sent by the CSN to La Presse, the CSSMI sent a note at the end of January to all members of its staff recalling the new legal obligations governing the wearing of religious signs, following the adoption of Bill 94, on October 30th….

Depuis la fin du PEQ, les immigrants francophones se tournent vers d’autres provinces

Not surprising:

…“« Le fait qu’il y ait potentiellement des francophones qui, ne pouvant pas obtenir la résidence permanente au Québec, choisissent de s’installer dans une autre province est certainement une occasion », explique Kimberly Jean Pharuns, directrice générale de l’Observatoire en immigration francophone du Canada.

Les organismes de défense du fait français partout au pays martèlent depuis des années que l’immigration francophone est l’une des solutions pour rétablir le poids démographique des francophones au pays. La ministre de l’Immigration, Lena Metlege Diab, a promis de rétablir la proportion de francophones au Canada d’ici 2029, notamment en augmentant les cibles fédérales d’immigration francophone hors Québec.

La fin du PEQ pourrait-elle aider cet objectif ? Oui et non, selon Kimberly Jean Pharuns. « Les choses ne sont pas aussi simples, parce qu’il faut vraiment prendre en considération la nécessité d’avoir un bon niveau d’anglais pour pouvoir s’intégrer sur le marché du travail à l’extérieur du Québec, résume-t-elle. Ce n’est pas comme si tous les gens qui avaient prévu de s’installer au Québec pouvaient, en claquant des doigts, s’en aller au Manitoba ou en Saskatchewan. »

“Le Canada atteint depuis quatre ans ses cibles d’immigration francophone hors Québec. En 2026, 5000 places seront réservées pour les francophones voulant s’installer ailleurs qu’au Québec.”

Source: Depuis la fin du PEQ, les immigrants francophones se tournent vers d’autres provinces

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Nadeau | Une aubaine!

Good critique of some Quebec immigration discourse:

..Au temps où Gérald Godin était ministre des Communautés culturelles et de l’Immigration, il écrivait ceci dans sa lettre type adressée aux immigrants : « Avec tous les Québécois, je me réjouis de votre arrivée chez nous. Je suis persuadé que votre dynamisme est le meilleur gage de votre adaptation à notre collectivité. Bienvenue au Québec. » Et il ajoutait ces mots : « Nous vous attendions. »

En plusieurs pays, le mépris envers les immigrants est aujourd’hui inouï. Pas une semaine ne passe sans que l’on désigne « les étrangers » comme les coupables commodes de tous les maux. Rien de plus facile que de crier au loup. Mais il faut distinguer les faits des fantasmes qu’entretient une idéologie de repli : pendant qu’elle désigne les étrangers comme coupables, elle épargne toute l’année les milliardaires qui se croient tout permis, comme l’affaire Epstein le montre.

La suspension d’une mesure d’immigration comme le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) profite désormais au reste du Canada, qui pourra attirer les immigrants francophones rejetés du Québec. Radio-Canada nous apprend que le nombre d’immigrants temporaires francophones du Québec qui cherchent désormais à s’installer ailleurs a quadruplé en un an. Plusieurs expliquent ce départ par l’abolition controversée du PEQ.

“Tout en répétant que la francophonie canadienne a des allures de mouroir, les nationalo-conservateurs québécois se privent paradoxalement de ceux qui pourraient l’aider à vivre. Ils dénoncent le déclin, mais ferment la porte à ceux qui pourraient l’enrayer. Ils invoquent la protection d’une culture, tout en sabotant les conditions mêmes de sa régénération et de sa transmission.

À force de confondre protection et fermeture, identité et repli, ces gens-là en viennent à transformer un projet de société en forteresse médiévale. Ce faisant, ils condamnent lentement mais sûrement ce qu’ils prétendent sauver. Qui en tire profit ?

Source: Nadeau | Une aubaine!

.. At the time when Gérald Godin was Minister of Cultural Communities and Immigration, he wrote this in his standard letter addressed to immigrants: “With all Quebecers, I look forward to your arrival with us. I am convinced that your dynamism is the best guarantee of your adaptation to our community. Welcome to Quebec. “And he added these words: “We were waiting for you. ”

In many countries, contempt for immigrants is now unheard of. Not a week goes by without being designated “foreigners” as the convenient culprits of all evils. Nothing is easier than shouting wolf. But it is necessary to distinguish the facts from the fantasies of a retreat ideology: while it designates foreigners as guilty, it spares billionaires all year round who believe everything is allowed, as the Epstein case shows.

The suspension of an immigration measure such as the Quebec Experience Program (QEP) now benefits the rest of Canada, which may attract Francophone immigrants rejected from Quebec. Radio-Canada informs us that the number of temporary French-speaking immigrants from Quebec who are now looking to settle elsewhere has quadrupled in one year. Many explain this departure by the controversial abolition of the PEQ.

“While repeating that the Canadian Francophonie looks like dying, the Quebec National Conservatives paradoxically deprive themselves of those who could help it live. They denounce the decline, but close the door to those who could stop it. They invoke the protection of a culture, while sabotaging the very conditions of its regeneration and transmission.

By dint of confusing protection and closure, identity and retreat, these people come to transform a society project into a medieval fortress. In doing so, they slowly but surely condemn what they claim to save. Who benefits from it?

Quebec’s bid to limit public prayer felt in far-flung parts of the province

Reality check:

…But Mr. Roberge said police are reluctant to act when people use prayer as a form of protest, for fear of being seen as infringing on their Charter rights. “The guidelines are not clear enough in situations involving religious demonstrations,” he told the committee. The minister declined an interview request. 

The scope of the new legislation is wide-ranging. In addition to tackling public prayer, it would extend the province’s workplace ban on religious symbols to anyone working in daycares, colleges, universities and private schools. Quebec’s original secularism law, which is now being challenged at the Supreme Court of Canada, banned religious symbols for some public-sector employees, including elementary and high school teachers, police officers and judges. 

The new bill would also prohibit prayer and other religious practices in public institutions, effectively banning prayer rooms at Quebec colleges and universities. 

Critics say the legislation is a thinly veiled attempt to exploit anti-Muslim sentiment for political gain. In a brief presented to the committee, the National Council of Canadian Muslims said Quebec Muslims “feel less and less that they belong” in the province. 

Bishop Poisson said there’s no reason to treat religious demonstrations any differently from other public events. “We must be careful not to build a society where the laws prohibit everything except what is permitted,” he said. 

“I want to live in a country where everything is permitted except what is prohibited. There’s a big difference.”

Source: Quebec’s bid to limit public prayer felt in far-flung parts of the province

André Pratte: Quebec’s slow disappearance from federal politics

ICYMI:

…Demographics is not the only reason Quebec’s influence in Canada is and will be diminishing, unless the province’s politics undergo a substantive change. Quebecers have not voted to separate from Canada in a referendum, but they have separated in some of their attitudes. In the Trump era, belonging to Canada may matter as a shield against the American president’s nonsensical threats. But otherwise, “les Québécois” appear less interested in our nation’s evolution than ever in my lifetime.

Quebec political leaders invest little time in engaging with their counterparts in Ottawa and in provincial capitals, except when specific files require it. The result is that very few politicians across the country have a deep understanding of Quebec’s part in Canada’s diversity. Additionally, recruiting highly qualified French-speaking Quebecers to work in the federal government is a challenge often lamented in Ottawa.

Justin Trudeau appointed a Governor General who does not speak French, a choice that, in earlier decades, would have been criticized not only in Quebec. There is pressure, for instance from the Alberta Premier, to appoint Supreme Court justices who cannot speak one of our country’s two official languages (guess which language it is?). Because of this lack of leadership at the national level, and as a result of French Canada’s relative decline, fewer Canadians value official bilingualism as a plus for our nation. A 2024 Léger poll showed that bilingualism was seen as positive by 70 per cent of Quebecers but only 35 per cent of Canadians outside Quebec. The Prime Minister’s rosy reimagining of Canadian history has no effect on today’s worrisome reality.

The demographic trends at play in Quebec will not only diminish its political weight. Population stagnation and aging threaten the province’s economic growth and fiscal situation. According to the economists at Desjardins, “the sustainability of Quebec’s welfare state model could be challenged.” Quebec’s leaders and population will face serious challenges in the coming years; their contribution to the federation will be the least of their concerns.

Quebecers’ votes played a crucial part in Mark Carney’s election win last year. But such scenarios, where Quebec has a significant impact on the shape of Canada’s federal government, will become fewer and far between. Because of high immigration levels outside Quebec, Canada is changing fast; in 2050, it will comprise close to 49 million people, many of them recent immigrants with no knowledge of French and understandably little attachment to the country’s bilingual status.

Source: André Pratte: Quebec’s slow disappearance from federal politics

Immigration: Vers une campagne électorale agitée

Not going to be a “vivre ensemble” campaign:

…Mais surtout, politiquement, le chef du PQ risque de se retrouver du mauvais côté du débat public. Vendredi, les porte-parole de plus d’une vingtaine d’organismes de la société civile, des municipalités aux syndicats en passant par les employeurs, les institutions d’enseignement et les producteurs agricoles, ont tenu une conférence de presse.

Tous demandent la même chose. Qu’on ne renvoie pas ailleurs dans le monde des immigrants que le Québec a choisis : des francophones, déjà établis, bien intégrés, et qui, le plus souvent, ont des compétences recherchées, ici et maintenant.

En fait, si certains de nos politiciens font le mauvais choix, c’est beaucoup à cause de vieux réflexes populistes qui sont aujourd’hui dépassés. Ils ont encore de vieilles croyances et voient les immigrants comme des « voleurs de jobs ».

Mais tant les pénuries de main-d’œuvre que le vieillissement de la population sont des phénomènes qu’on ne peut plus ignorer. Il faut aussi dire que certaines perceptions ont beaucoup changé depuis la pandémie, quand notre système de santé a été tenu à bout de bras par ceux qu’on a appelés nos « anges gardiens ».

Par ailleurs, même la question du danger pour l’avenir du français tient de moins en moins la route. Aujourd’hui, parmi les immigrants que le Québec a choisis, ils sont plus de 80 % à parler français avant même d’arriver chez nous.

Alors pourquoi deux de nos partis politiques, la CAQ et le PQ, s’enferment-ils encore dans un discours aussi inquiet – quand ce n’est pas carrément hostile – envers l’immigration ?

Mauvais instincts de la part de la CAQ, certainement. D’ailleurs, le premier ministre a un discours nettement différent de celui de ses collègues plus jeunes. Chose certaine, il n’y a plus personne pour reprendre le mantra de la CAQ quand elle est arrivée au pouvoir : « En prendre moins, mais en prendre soin ».

Au PQ, on choisit plutôt les experts ou les conseillers qui disent ce que l’on veut entendre, en particulier sur la crise du logement, que l’on attribue presque exclusivement à l’immigration.

Mais c’est faire exception de nouveaux phénomènes comme les « rénovictions », les logements offerts sur des plateformes comme Airbnb et la mauvaise performance historique du Québec quant à la construction de nouveaux logements, surtout quand on le compare au reste du Canada.

Rien de tout cela n’annonce une campagne électorale positive sur un enjeu comme l’immigration, qui exige précisément qu’on en discute dans une certaine sérénité.

Source: Immigration: Vers une campagne électorale agitée

… But above all, politically, the leader of the PQ may find himself on the wrong side of the public debate. On Friday, spokespersons for more than twenty civil society organizations, from municipalities to unions to employers, educational institutions and agricultural producers, held a press conference.

They all ask for the same thing. That we do not send elsewhere in the world of immigrants that Quebec has chosen: Francophones, already established, well integrated, and who, most often, have skills sought after, here and now.

In fact, if some of our politicians make the wrong choice, it is much because of old populist reflexes that are now outdated. They still have old beliefs and see immigrants as “job thieves”.

But both labor shortages and an aging population are phenomena that can no longer be ignored. It must also be said that some perceptions have changed a lot since the pandemic, when our health system was held at arm’s length by those we called our “guardian angels”.

Moreover, even the question of the danger to the future of the Frenchman holds less and less. Today, among the immigrants that Quebec has chosen, more than 80% speak French before they even arrive at home.

So why do two of our political parties, the CAQ and the PQ, still lock themselves in such a worried speech – when it is not downright hostile – towards immigration?

Bad instincts on the part of the CAQ, certainly. Moreover, the Prime Minister has a very different speech from that of his younger colleagues. One thing is certain, there is no one left to take up the mantra of the CAQ when it came to power: “Take less, but take care of it”.

In the PQ, we choose instead the experts or advisors who say what we want to hear, especially on the housing crisis, which is attributed almost exclusively to immigration.

But this is an exception to new phenomena such as “renovations”, housing offered on platforms such as Airbnb and Quebec’s poor historical performance in the construction of new housing, especially when compared to the rest of Canada.

None of this announces a positive election campaign on an issue such as immigration, which precisely requires that it be discussed with a certain serenity.

Renforcement de la laïcité: Le Barreau propose d’encadrer l’usage de la disposition de dérogation

Of note, good to see this pushback. But we will see whether the current or future Quebec governments would support a framework that would limit their action:

Dans un mémoire qui a été soumis lundi aux députés chargés d’étudier le projet de loi 9 sur le renforcement de la laïcité, l’ordre professionnel des avocats – dont la mission est la protection du public et la défense de la primauté du droit – note que le gouvernement de François Legault utilise la disposition de dérogation (aussi nommée la clause de souveraineté parlementaire ou clause nonobstant) pour une sixième fois.

“Le contexte mondial est actuellement marqué par une érosion préoccupante de l’état de droit. La réponse la plus robuste à une telle tendance ne doit pas provoquer l’affaiblissement des mécanismes de justification, de contrôle et de reddition de comptes, mais bien les renforcer. Une démocratie solide se reconnaît à l’obligation que se donne une société de respecter les règles qui la fondent.” Le Barreau du Québec

L’ordre professionnel rappelle que la disposition de dérogation était au départ un « compromis politique historique » dans le cadre du rapatriement de la constitution, en 1982. Or, si son utilisation devait être exceptionnelle, elle a été normalisée au cours des dernières années au Québec, notamment en matière de laïcité et de protection du français. Ottawa a déjà annoncé qu’il s’attardera à la question de son utilisation de façon préventive par le gouvernement québécois dans le cadre de la contestation de la loi 21 sur la laïcité qui sera entendue devant la Cour suprême au mois de mars.

« De mécanisme d’exception destiné à répondre à des situations particulières, la disposition de dérogation est devenue un outil de sécurisation politique mobilisé en amont de la contestation judiciaire et au détriment du dialogue constitutionnel », déplore pour sa part le Barreau.

Une loi-cadre « résolument québécoise »

Dans ce contexte, le Barreau du Québec propose au gouvernement d’adopter une loi-cadre pour assurer une « juste utilisation » de la disposition de dérogation. « Une telle solution sera rassembleuse, sécurisante sur le plan juridique, structurante sur le plan institutionnel, et résolument québécoise », estime l’ordre professionnel.

Une telle loi devrait comporter différents éléments pour assurer « le maintien d’un dialogue réel et soutenu entre le législateur et les tribunaux, tout en réaffirmant sans ambiguïté la souveraineté parlementaire du Québec ». Parmi ces éléments, le Barreau estime qu’il faudrait établir des « conditions strictes » à son recours, l’obligation pour le gouvernement d’expliquer les raisons qui justifient son utilisation, de consulter la société civile et de garantir un débat parlementaire sur la question.

Le Barreau suggère également qu’un seuil supérieur à la majorité simple des députés devrait être requis pour utiliser la disposition de dérogation (afin que la démarche soit transpartisane) et qu’un renvoi vers la Cour d’appel (le plus haut tribunal de la province) soit requis pour obtenir un avis sur la question, sans que celui-ci soit de nature à limiter la souveraineté parlementaire….

Source: Renforcement de la laïcité: Le Barreau propose d’encadrer l’usage de la disposition de dérogation

In a brief that was submitted on Monday to the deputies responsible for studying Bill 9 on the strengthening of secularism, the professional order of lawyers – whose mission is the protection of the public and the defense of the primacy of law – notes that the government of François Legault is using the derogation provision (also called the clause of parliamentary sovereignty or clause notwithstanding) for a sixth time.

“The global context is currently marked by a worrying erosion of the rule of law. The most robust response to such a trend should not cause the mechanisms of justification, control and accountability to weaken, but rather strengthen them. A solid democracy is recognized by the obligation that a society gives itself to respect the rules that base it.” The Quebec Bar

The professional order recalls that the derogation provision was initially a “historic political compromise” in the context of the repatriation of the constitution in 1982. However, if its use were to be exceptional, it has been standardized in recent years in Quebec, especially in terms of secularism and the protection of French. Ottawa has already announced that it will dwell on the issue of its preventive use by the Quebec government in the context of the challenge of Bill 21 on secularism that will be heard before the Supreme Court in March.

“From an exceptional mechanism intended to respond to particular situations, the derogation provision has become a tool for political security mobilized upstream of the judicial challenge and to the detriment of constitutional dialogue,” laments the Bar for its part.

A “resolutely Quebec” framework law

In this context, the Barreau du Québec proposes to the government to adopt a framework law to ensure a “fair use” of the derogation provision. “Such a solution will be unifying, legally secure, institutionally structuring, and resolutely Quebec,” believes the professional order.

Such a law should include different elements to ensure “the maintenance of a real and sustained dialogue between the legislator and the courts, while unambiguously reaffirming the parliamentary sovereignty of Quebec”. Among these elements, the Bar believes that “strict conditions” should be established for its appeal, the obligation for the government to explain the reasons that justify its use, to consult civil society and to guarantee a parliamentary debate on the issue.

The Bar also suggests that a threshold higher than the simple majority of MPs should be required to use the derogation provision (so that the approach is cross-party) and that a referral to the Court of Appeal (the highest court in the province) be required to obtain an opinion on the matter, without this being likely to limit parliamentary sovereignty.

Abolition du PEQ: Recruté par le Québec, courtisé ailleurs au Canada

Articles on the impact of ending the PEQ keep on coming:

…Le ministre Roberge promet désormais l’admission à la résidence permanente des quelque 6300 employés du réseau de la santé touchés. Pour le DBenard et son épouse, cette promesse reste théorique.

Dans le PSTQ, la reconnaissance de ses diplômes n’est pas prise en compte, dit le médecin.

« Au ministère de l’Immigration, on m’a dit que l’évaluation comparative demandée dans le portail Arrima est celle qui est faite par le ministère, Ce n’est pas mon cas, parce que mes diplômes médicaux ont été évalués par le Conseil médical du Canada. Mais on m’a dit que, de toute façon, ça change rien : ça n’apporte pas de points », précise le médecin.

« On m’a dit : “Le problème pour vous, c’est que le système est mal fait puisque vous êtes médecin à Montréal, que vous avez plus de 40 ans et que vous n’avez pas fait vos études au Québec, que vous n’avez pas de diplôme québécois. Donc, vous n’êtes pas reconnu à votre juste valeur par ce système-là”. »

Résultat : aucune invitation à déposer une demande à ce jour.

Pour atteindre le seuil de points plus élevé, il lui manque notamment :

  • Des points pour l’âge – un nombre très faible de points après 40 ans ;
  • Des points liés à la région, Montréal étant moins favorisée ;
  • Des points liés à ses diplômes.

On lui a même recommandé de passer des tests de français pour améliorer son pointage.

« Le français est ma langue. Et le test, c’est 500 $ par tête », note-t-il.

Son score se situe entre 540 et 600 points.

« On nous a dit : “Ne vous inquiétez pas, avec le PSTQ, ça va fonctionner.” Mais la plateforme n’est pas adaptée à notre situation. On est dans le flou », résume-t-il.

Courtisés ailleurs

Pendant ce temps, les offres se multiplient ailleurs au Canada : Ontario, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Alberta.

« Le problème, c’est au Québec, insiste-t-il. Quand on se renseigne dans les autres provinces, ils nous font un pont d’or. Ils nous disent clairement : “Si vous venez dans n’importe quelle province, francophone ou anglophone, peu importe, obtenir la résidence ne sera pas un souci.” »

Le couple n’a pourtant aucune envie de quitter Montréal.

« Bien sûr qu’on voudrait rester, dit le médecin. Tout se passe bien. Mais avec le PSTQ, il n’y a rien de certain. Et c’est ça qui est difficile. »

Source: Abolition du PEQ: Recruté par le Québec, courtisé ailleurs au Canada

… Minister Roberge now promises the admission to permanent residence of the approximately 6,300 employees of the health network affected. For Dr. Benard and his wife, this promise remains theoretical.

In the PSTQ, the recognition of his diplomas is not taken into account, says the doctor.

“At the Ministry of Immigration, I was told that the comparative evaluation requested in the Arrima portal is the one made by the ministry. This is not the case for me, because my medical degrees were evaluated by the Medical Council of Canada. But I was told that, anyway, it doesn’t change anything: it doesn’t bring points, “says the doctor.

“I was told: “The problem for you is that the system is poorly done since you are a doctor in Montreal, that you are over 40 years old and that you did not study in Quebec, that you do not have a Quebec diploma. So, you are not recognized at your true value by this system.” ”

Result: no invitation to file an application to date.

To reach the higher point threshold, it lacks in particular:

Points for age – a very low number of points after 40 years;

Points related to the region, Montreal being less favored;

Points related to his diplomas.

He was even advised to take French tests to improve his score.

“French is my language. And the test is $500 per head, “he notes.

Its score is between 540 and 600 points.

“We were told: ‘Don’t worry, with the PSTQ, it will work.” But the platform is not adapted to our situation. We are in the dark, “he summarizes.

Courted elsewhere

Meanwhile, offers are multiplying elsewhere in Canada: Ontario, Manitoba, New Brunswick, Alberta.

“The problem is in Quebec,” he insists. When we inquire in the other provinces, they make us a golden bridge. They tell us clearly: “If you come to any province, French-speaking or English-speaking, it doesn’t matter, getting the residency won’t be a problem.” ”

However, the couple has no desire to leave Montreal.

“Of course we would like to stay,” said the doctor. Everything is going well. But with the PSTQ, there is nothing certain. And that’s what’s difficult. ”

Face à la dévitalisation, les régions plaident pour l’immigration

Of note. Seeing some similarities in English Canada:

« Abolir le Programme de l’expérience québécoise, c’est fermer nos régions. C’est triste, la façon de voir du ministre de l’Immigration Jean-François Roberge », laisse tomber Vincent Bérubé, maire de La Pocatière.

Comme bien d’autres élus municipaux, il est aux premières loges pour voir les dégâts causés par l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et le resserrement des permis de travail au fédéral : des entreprises sont en difficulté, des commerces risquent de fermer et des services à la population sont menacés.

M. Bérubé est personnellement touché. Comme propriétaire d’un restaurant, il risque de perdre un chef cuisinier venu s’établir au Québec avec sa famille. « Son contrat de travail finit en décembre 2026. Avec tout le brouhaha… Ça génère chez lui tellement d’anxiété, et chez nous aussi », laisse-t-il tomber.

À quoi bon convaincre un immigrant de s’établir en région avec sa famille, lui trouver un logement et l’aider à s’intégrer, si on ne peut pas lui garantir qu’il pourra rester pour de bon ? se demande le maire de La Pocatière.

Vincent Bérubé, comme les 46 autres membres du conseil d’administration de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), a signé une lettre ouverte à François Legault, à Jean-François Roberge, et qui s’adresse aussi aux politiciens qui convoiteront un poste de premier ministre aux élections d’octobre1….

Source: Face à la dévitalisation, les régions plaident pour l’immigration

Abolishing the Quebec Experience Program is closing our regions. It’s sad, the way of seeing the Minister of Immigration Jean-François Roberge, “says Vincent Bérubé, mayor of La Pocatière.

Like many other municipal elected officials, he is in the front row to see the damage caused by the abolition of the Quebec Experience Program (PEQ) and the tightening of federal work permits: companies are in difficulty, shops risk closing and services to the population are threatened.

Mr. Bérubé is personally affected. As a restaurant owner, he risks losing a chef who came to settle in Quebec with his family. “His employment contract ends in December 2026. With all the noise… It generates so much anxiety in him, and in us too,” he says.

What is the point of convincing an immigrant to settle in the region with his family, find him housing and help him integrate, if we cannot guarantee that he will be able to stay for good? Wonders the mayor of La Pocatière.

Vincent Bérubé, like the other 46 members of the board of directors of the Fédération québécoise des municipalités (FQM), signed an open letter to François Legault, to Jean-François Roberge, and which is also addressed to politicians who will covet a position of Prime Minister in the October elections1…