QS: des divisions autour du port de signes religieux

Not terribly surprising that the QS divisions reflect Quebec society at large. Will be interesting to see how and if resolved:

Des lignes de fracture sont apparues au grand jour dans les rangs de Québec solidaire (QS), samedi, alors que le parti s’apprête à redéfinir sa position sur la laïcité.

Des membres de partout au Québec sont réunis à Montréal depuis vendredi à l’occasion du Conseil national de la formation, le premier depuis les élections du 1er octobre. Le rassemblement vise à faire le point sur la campagne historique qui a mené à l’élection de 10 députés solidaires.

Mais en parallèle, les délégués entament une réflexion sur l’enjeu explosif de la laïcité. En mars, ils seront appelés à redéfinir la position du parti sur l’interdiction des signes religieux dans la fonction publique. Et déjà, les clivages étaient apparents samedi.

« Ça peut être très déchirant », a convenu Lise Boivin, coordinatrice du Collectif pour la laïcité de Québec solidaire.

Ce groupe milite pour une interdiction complète des signes religieux dans l’ensemble de la fonction publique, une position plus ferme encore que celle de la Coalition avenir Québec. Mme Boivin fait valoir que les employés de l’État ne peuvent afficher leur appartenance à un parti politique. Selon elle, il devrait en être de même pour la religion.

« La religion, c’est une idéologie aussi. On est libre d’adopter celle qu’on veut. Mais quand on est au service des citoyens, on ne devrait pas afficher notre appartenance religieuse. »

À l’autre bout du débat, on trouve l’ancienne candidate dans Mont-Royal-Outremont, Ève Torres. Cette musulmane féministe porte le voile. Elle souhaite que l’aile parlementaire du parti cesse de défendre le compromis Bouchard-Taylor, qui propose l’interdiction des signes religieux aux fonctionnaires en position de coercition comme les policiers, les juges et les gardiens de prison.

« Ce n’est pas ma position personnelle, a affirmé Mme Torres. Pour moi, il est évident, en tant que féministe, que personne très engagée pour la justice sociale, pour moi il n’y a pas de compromis possible parce que j’ai bien conscience de l’impact que ça a. »

Les tenants des deux positions ont disposé des tables dans le collège de Maisonneuve, où se tient le Conseil national. Ils distribuent des tracts aux membres, qui recevront demain un document de réflexion sur le sujet.

ÉCHANGE ET DISCUSSION

La co-porte-parole de QS Manon Massé ne craint pas que la laïcité sème la discorde au sein de ses troupes.

« Ce que ça démontre, c’est que QS n’est pas le parti dogmatique qu’on tend à vouloir dépeindre. Il y a de la vie, il y a de l’échange, il y a de la discussion. Ce n’est pas tout le monde qui pense pareil et c’est ce qu’on veut permettre avec le cahier de réflexion. »

Les députés interrogés samedi matin n’ont pas manifesté le désir de changer leur position sur le compromis Bouchard-Taylor.

« Moi, je suis à l’aise de défendre cette position en ce moment, a résumé la députée de Sherbrooke, Christine Labrie. Mais je trouve qu’effectivement, ça vaut la peine de se poser la question à savoir si c’est encore la meilleure position. »

« Ma position, c’est le compromis Bouchard-Taylor, a renchéri le député de Jean-Lesage, Sol Zanetti. C’est ça qu’on défend. Il est possible que ce soit maintenu, il est possible qu’on diffère. »

« SENSIBLE »

Émilise Lessard-Therrien, qui représente Rouyn-Noranda-Témiscamingue, s’est dite à l’aise avec la position actuelle du parti. Elle s’attend cependant à un débat vigoureux dans les rangs solidaires au cours des prochains mois.

« Possiblement que ça va être quelque chose de sensible, a-t-elle reconnu. Mais en même temps, on peut juste l’appréhender. On ne l’a pas vécu encore et ça va se passer au cours des prochains mois. »

Source: QS: des divisions autour du port de signes religieux

La CAQ et la laïcité, ou un début laborieux

A reminder of the more global approach to integration and reasonable accommodation of the Bouchard-Taylor Commission, with appropriate caution to the incoming CAQ government:

Lors de son élection, François Legault a promis d’être un premier ministre rassembleur et de sortir le Québec de la polarisation entre souverainistes et fédéralistes qui a marqué le débat politique des cinquante dernières années. Son premier geste fut de ramener à l’avant-plan une polarisation entre la gauche et la droite, d’une part, et entre Montréal et les régions, d’autre part, ce qui sera le trait distinctif de son mandat.

On ne pourra reprocher à M. Legault de manquer de cohérence. Il l’avait promis : il le fera. Le gouvernement caquiste va légiférer pour interdire le port de signes religieux dans la fonction publique pour les personnes en situation d’autorité. Jusque-là, il n’y a pas de quoi s’affoler et crier à la montée de l’intolérance et du populisme au Québec. D’autres nations ont fait le choix assumé de la laïcité dans les relations de l’État avec ses citoyens. Le rapport final de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, rendu public en 2008, recommandait d’ailleurs l’interdiction du port des signes religieux pour les agents de l’État en situation de coercition : juges, procureurs de la Couronne, policiers, gardiens de prison, président et vice-présidents de l’Assemblée nationale.

Le véritable scandale n’est pas qu’un gouvernement élu tente de mettre en application les recommandations d’une commission qui a sillonné le Québec, pour en arriver à une série de recommandations justes et raisonnables afin de concilier l’interculturalisme et la laïcité ouverte distinctive du Québec avec les exigences d’intégration et de francisation des nouveaux arrivants. Le véritable scandale réside dans la procrastination crasse des gouvernements libéraux de Jean Charest et de Philippe Couillard, qui ont négligé pendant de trop nombreuses années de donner suite aux recommandations. Le fait que Charles Taylor se soit dissocié du rapport depuis n’enlève en rien à la lucidité du diagnostic de l’époque et à la pertinence de l’ouvrage. Nous n’en serions pas là, à rejouer dans le vieux film identitaire post-Bouchard-Taylor, si les libéraux avaient accordé un peu plus de poids aux préoccupations de la majorité francophone.

Il y a toutefois un hic dans la démarche de François Legault. Sans en avoir fait un enjeu de fond de la campagne électorale, il s’éloigne de l’esprit et de la lettre du rapport Bouchard-Taylor en voulant désormais interdire le port des signes religieux pour le personnel de l’État en situation d’autorité (et non de coercition), ce qui revient à inclure dans un éventuel projet de loi les enseignants. Qui plus est, M. Legault menace de limoger les fonctionnaires qui ne se conformeront pas à la nouvelle directive, quitte à utiliser la disposition de dérogation au passage. Gérard Bouchard et Charles Taylor ne s’étaient jamais rendus aussi loin dans leurs réflexions.

La proposition caquiste dévie donc du consensus social arraché à la dure en 2008, sans guère de justification. Malgré le passage du temps, Le Devoirsoutient l’application des recommandations du rapport Bouchard-Taylor. Pas plus, pas moins.

Les fondements du « vivre-ensemble » n’étaient guère menacés à l’époque. Ils ne le sont pas plus aujourd’hui. François Legault s’apprête à légiférer pour régler un « problème » par anticipation, soit l’émergence d’un contingent de femmes voilées dans l’appareil d’État. Disons-le, la femme voilée est encore la mère de tous les maux dans ce débat politique à géométrie variable sur la laïcité. Qu’adviendra-t-il du crucifix à l’Assemblée nationale ? Celui-là semble bénéficier d’une clause de droits acquis.

Le gouvernement Legault rouvre des blessures mal cicatrisées. Déjà, le président de la Fédération autonome de l’enseignement, Sylvain Mallette, a indiqué que les écoles publiques n’avaient nullement besoin de ce nouveau « psychodrame ». « Interdire le port de signes religieux, ça ne donne pas plus de services aux élèves », a-t-il dit. La démarche du gouvernement Legault accentuera à coup sûr le clivage entre Montréal et le reste du Québec, la métropole se trouvant dans une situation unique en matière de diversité et de cohabitation. Des groupuscules de gauche ont déjà fait leur nid, avec bien des maladresses et des raccourcis intellectuels : la CAQ est raciste, liberticide, antiféministe. Un danger social dénoncé avec véhémence lors d’une manifestation contre le racisme dimanche à Montréal.

Dans ce climat de polarisation exacerbée, que vaut encore le rapport Bouchard-Taylor ? Cet ouvrage mesuré assoyait la légitimité de l’interculturalisme dont se réclame François Legault, tout en ratissant plus large. Les nationalistes contemporains ont réduit le débat au port de signes religieux, alors que MM. Bouchard et Taylor élargissaient la réflexion sur les accommodements raisonnables à l’intégration des nouveaux arrivants au marché du travail, à la francisation, à la régionalisation de l’immigration, à la reconnaissance des diplômes et à la lutte contre les inégalités et la discrimination.

Vivement cette approche holistique, réalisée avec doigté et pondération en lieu et place de la précipitation et de l’approximation. À moins de vouloir à tout prix un nouveau psychodrame.

Source: La CAQ et la laïcité, ou un début laborieux

Laïcité: Couillard reçoit froidement un appel de l’opposition, Philippe Couillard rejette l’accusation de racisme systémique lancée par QS (appointments)

Two articles of interest. First, despite the Quebec shootings, the opposition parties continue to play identity politics, deliberately or inadvertently:

M. Couillard a déclaré dans un point de presse que l’enjeu du port de ces symboles est un phénomène inexistant dans le cas des fonctionnaires qui disposent d’un pouvoir de coercition.

«On est encore une fois en train de mettre sur la table un débat pour un enjeu inexistant, a-t-il dit. Je l’avais dit il y a quelques années: à ce que je sache, il n’y a pas de policier qui porte de signes religieux au Québec. Il n’y en a pas plus aujourd’hui. On est en train d’entreprendre un débat sur un enjeu qui est plus qu’hypothétique, qui est inexistant.»

Selon le premier ministre, l’attentat qui a fait six morts dans une mosquée de Québec, la semaine dernière, ne doit pas faire dévier le débat vers la place de la laïcité dans les services publics.

«Le problème d’horreur qu’on a vécu au Québec, la semaine dernière, c’est le racisme et la xénophobie poussés à la violence extrême, a-t-il dit. C’est ça l’enjeu. Il ne faut pas le retourner et voir qu’on va régler le problème en restreignant les droits de certaines personnes dans la société.»

M. Couillard a tout de même affirmé qu’il sera possible pour l’opposition de discuter de ses propositions lors de la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 62, proposant l’obligation du visage découvert dans les services publics.

«On aura des arguments importants, mais je pense que personne ne s’attend à ce qu’on mette nos principes de côté ou qu’on marchande nos principes», a-t-il dit.

Source: Laïcité: Couillard reçoit froidement un appel de l’opposition | Alexandre Robillard | Politique québécoise

Same story in the Globe:  Debate over wearing religious symbols returns to Quebec 

Secondly, the Quebec government comes under attack for the tiny number of visible minority government appointments (the provincial equivalent to GiC federal appointments, where visible minorities form 6.1 percent – see Governor in Council Appointments – 2016 Baseline):

Le gouvernement rejette les accusations de racisme systémique dans ses nominations, mais reconnaît qu’il y a un problème.

Le premier ministre Philippe Couillard estime en effet qu’«il y a beaucoup de progrès à faire au Québec».

C’est Québec solidaire qui a accusé lundi le bureau du premier ministre de racisme systémique dans ses nominations. Selon le parti de gauche, les personnes issues de minorités constituent seulement 2 % des 400 à 500 nominations par année effectuées par le Conseil exécutif.

Dans un point de presse mardi en ce jour de rentrée parlementaire, M. Couillard a dit qu’il ne pensait pas que c’était le cas.

Il a toutefois ajouté qu’il y a beaucoup de progrès à faire et que c’est clair quand on regarde les chiffres d’accès à la fonction publique des communautés culturelles.

La ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Kathleen Weil, a réagi à l’accusation. Selon elle, il ne s’agit pas de racisme systémique, mais elle a admis qu’il y avait un problème.

Source: Philippe Couillard rejette l’accusation de racisme systémique lancée par QS | Patrice Bergeron | Politique québécoise

 

Quebec: Des points de vue divergents sur la laïcité de l’État

Some initial commentary before the start of Quebec’s hearings on Bill 62, which bans face covering (i.e., niqab, burka)in the delivery and reception of public services:

Des points de vue opposés se feront entendre lors des consultations qui s’amorcent mardi en commission parlementaire sur le projet de loi 62 favorisant le respect de la neutralité religieuse de l’État et visant notamment à encadrer les demandes d’encadrements religieux dans certains organismes, réponse du gouvernement Couillard au projet péquiste de charte de la laïcité.

« C’est un débat qui divise mais qui fait avancer, comme les débats sur l’avortement, sur la peine de mort ou sur l’aide médicale à mourir », a souligné la juriste Julie Latour, qui comparaîtra en commission parlementaire au nom du regroupement Juristes pour la laïcité et la neutralité religieuse de l’État.

La Commission des institutions a prévu neuf jours d’audiences cet automne au cours desquelles 42 groupes et individus seront entendus, un nombre qui est appelé à augmenter puisque l’horaire prévoit des ajouts.

C’est la quatrième fois que le gouvernement québécois tente de faire adopter un projet de loi pour préciser la neutralité religieuse de l’État et définir des balises pour l’octroi d’accommodements raisonnables dans le secteur public et parapublic. Les deux projets de loi précédents, 63 et 94, présentés par le gouvernement Charest ont été abandonnés tandis que la défaite du Parti québécois en 2014 a clos l’épisode du projet de loi 60 sur la charte « affirmant les valeurs de laïcité » défendu par le gouvernement Marois.

À l’entrée du Conseil des ministres mercredi dernier, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui pilote le projet de loi 62 a indiqué que le gouvernement avait en main « des avis juridiques solides » à l’appui de cette nouvelle tentative législative. Elle a dit souhaiter que le nouveau chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée, reste fidèle aux propos qu’il a tenus lors de la course à la chefferie : le candidat jugeait que le projet de loi était un pas en avant et qu’il fallait l’adopter.

Pour Louis-Philippe Lampron, professeur de droit à l’Université Laval, le projet de loi 62 consiste pour l’essentiel en « une redite » du projet de loi 94 présenté en 2010. « C’est essentiellement une codification du droit canadien actuel sur la neutralité religieuse de l’État », estime-t-il. À cela s’ajoute la même disposition que dans le projet de loi 94 sur l’obligation d’avoir le visage découvert pour fournir ou recevoir des services de l’État, que ce soit dans les écoles, dans les centres de la petite enfance (CPE) et les garderies subventionnées, dans le réseau de la santé et pour les autres services publics. Un accommodement à ce sujet devra être refusé pour « des motifs portant sur la sécurité, l’identification ou le niveau de communication requis ». Mentionnons qu’il n’est aucunement question de signes religieux.
Au moment des consultations sur le projet de loi 94, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) avait exprimé un « malaise » relativement à cette interdiction qui portait, sans le dire, sur des signes religieux. « On peut même dire que ça vise explicitement un symbole religieux d’une religion [l’islam] », a fait observer Louis-Philippe Lampron. « Il y a des raisons de croire que ça pourrait être contesté. » Ou que l’interdiction ne s’applique pas en raison de l’octroi d’accommodements.
Pour sa part, Me Julius Grey, bien qu’il s’oppose au multiculturalisme et qu’il soit en faveur de la laïcité, est contre l’interdiction des signes religieux, sauf pour les agents de l’État qui détiennent un pouvoir de coercition (juges, policiers, agents correctionnels, etc.), comme le recommandait la commission Bouchard-Taylor. Il trouve inconcevable qu’on puisse priver quelqu’un de soins médicaux, quelles que soient les circonstances.
Pour Julie Latour, le projet de loi 62 est « un jalon ». À ses yeux, il manque à la neutralité religieuse de l’État et à la laïcité un socle juridique qui passe par l’enchâssement de leur principe dans la Charte des droits et libertés de la personne.

Source: Des points de vue divergents sur la laïcité de l’État | Le Devoir

Some of the notable absences from the hearings:

Faux départ pour la commission parlementaire sur le projet de loi 62 concernant la neutralité religieuse de l’État. Une vingtaine de groupes et d’experts que les députés voulaient entendre ont décliné l’invitation. Et pas les moindres : notamment Gérard Bouchard et Charles Taylor, qui ont présidé la commission sur les accommodements religieux.

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, y voit malgré tout une bonne nouvelle. Le refus de tous ces groupes «envoie un signal qu’ils sont confortables avec la version présentée par le gouvernement, ce qui n’était pas le cas» pour le projet de charte des valeurs du Parti québécois, a soutenu sa porte-parole, Isabelle Marier St-Onge.

Or, en entrevue à La Presse, Gérard Bouchard a assuré qu’il n’a pas changé d’avis sur le port de signes religieux, une position qui va plus loin que ce que propose Mme Vallée. Comme on peut le lire dans le rapport de la commission qu’il a coprésidée, il recommande d’interdire ces signes chez les agents de l’État dotés d’un pouvoir de coercition (policiers, gardiens de prison, procureurs de la Couronne et juges). Le projet de loi 62 précise seulement que les services publics doivent être donnés et reçus à «visage découver», une mesure qui cible le voile intégral.

«Mes idées sur la laïcité sont bien connues, et je m’en tiens toujours aux propositions que nous avons émises il y a huit ans. Je n’aurais que répété ce qui est écrit dans le rapport pour l’opposer à ce qui peut être écrit dans le projet de loi. Je ne voyais pas mon utilité, parce que je n’ai rien à ajouter», affirme M. Bouchard.

 Horaire modifié

L’horaire des auditions, qui débutent mardi à Québec, a été revu à la toute dernière minute en raison des multiples refus de témoigner. Ce cafouillage est d’autant plus étonnant que le projet de loi 62 a été déposé par Mme Vallée il y a longtemps, en juin 2015.

Une vingtaine de groupes refusent de discuter de neutralité religieuse

And English language coverage in the Globe:

The new legislation, “An Act to foster adherence to State religious neutrality and, in particular, to provide a framework for religious accommodation requests in certain bodies,” tabled by the Liberals last year, would make it illegal to give or receive government services if a person’s face is covered. Since no Quebec public employees mask their faces, according to the government, the bill would effectively target Muslim women who wear the niqab or burka.

 Justice Minister Stéphanie Vallée said when introducing the legislation that it was required “for security, identification and communication purposes.”

She has been unable to say how many women wear face veils in the province.

Bill 62 is the latest iteration of Quebec’s efforts to impose official secularism in the public domain (though the new legislation would allow the crucifix over the speaker’s chair in the National Assembly to remain in place).

The bill is seen as a more moderate version of the former Parti Québécois government’s derided “charter of values,” which had set out to ban turbans, kippas, head scarves and other religious displays among Quebec’s civil servants. The bill is believed to have contributed to the PQ’s defeat at the polls in 2014.

The Liberals’ bill would allow for religious accommodations as long as they fit certain sets of guidelines, such as being “consistent” with the equality of men and women.

Still, some groups question the need for the law and say it unfairly targets minority women, who could be excluded from accessing public services.

“How necessary is all of this?” Amira Elghawaby of the National Council of Canadian Muslims said. “How many women might actually be wearing the face veil in Quebec? I doubt that it’s a huge critical mass.” She said that re-opening the issue creates a “malaise.”

“There should really be no suspension of people’s human rights based on popular sentiment toward a religious practice,” Ms. Elghawaby said.

 Hearings to begin on proposed Quebec law targeting veiled women 

Patrick Weil : « Qu’on laisse en paix les femmes voilées » | L’Opinion

As always, sensible and nuanced commentary by Weil:

Patrick Weil, historien et politologue, est directeur de recherche au CNRS et au centre d’histoire sociale du XX e siècle à Paris I. Considéré comme l’un des meilleurs spécialistes des questions de laïcité et d’immigration en France, il a participé aux travaux de la commission Stasi qui rendit en 2003 un rapport sur l’application du principe de laïcité. Il est notamment l’auteur de Qu’est-ce qu’un Français ? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution, Gallimard.

Est-il vrai que le port du voile islamique explose en France ?

Non. La religiosité se développe. Le voile se présente sur de nouveaux territoires car des femmes le portent et frappent aux portes des entreprises et de tous les métiers qualifiés, mais il ne se développe pas et il n’explose pas. Son port peut d’ailleurs avoir des sens différents. Il peut être porté sous la pression des pairs ou de certains membres de la famille. La personne qui le porte parfois le fait pour ne pas être harcelée dans son propre milieu tout en étant très libre dans sa tête et ses amitiés. En gros, je mets le voile et je ne me fais pas em… par la famille. Parfois elle le porte en toute bonne foi, par tradition familiale ou au contraire en réaction à un milieu non croyant ou non pratiquant.

Et après tout, cela ne nous regarde pas, comme ne nous regardent pas les opinions et les pratiques religieuses d’aucun de nos concitoyens. Violent-elles la loi en portant un voile ? non. Alors, qu’on les laisse en paix. Tant que nos compatriotes musulmans n’auront pas droit à l’indifférence qui passe d’abord par le silence des politiques, alors on ne fera que renforcer – par solidarité, fierté ou sentiment de discrimination – les comportements que l’on veut réduire.

Que le ministre de l’Intérieur s’attaque aux violations de notre laïcité qui sont les plus sérieuses sans être les plus visibles : les pressions sur les mineures par exemple. Ou encore le phénomène qui se développe, si l’on en croit certaines études, de mariages religieux soit avant le mariage civil soit sans mariage civil. La loi ne permet aujourd’hui de punir les officiants mais pas ceux qui se marient. Si demain la loi pénalisait ceux qui se marient religieusement avant de se marier civilement, cela ne serait pas choquant du tout. Le mariage civil à la mairie, célébré devant la communauté des citoyens, avant l’éventuel mariage religieux, c’est au fondement de la laïcité, depuis 1792.

Est-il pertinent d’ouvrir un débat sur le port du voile à l’université ?

Pour la commission Stasi, il n’était pas question d’interdire les signes religieux dans les Universités – comme cela vient d’être proposé – ou ailleurs dans le monde des adultes : les adultes ont des moyens pour se défendre que les enfants n’ont pas. Ils peuvent aller en justice et protéger leur liberté de conscience plus facilement.

Il faut le rappeler : la plus importante de nos lois, la loi de 1905, assure la liberté de conscience, sépare l’Etat et les Eglises, mais elle n’est pas une loi antireligieuse. Elle laisse sa place à la religion, à toutes les religions et à toutes les options spirituelles. C’est une loi négociée entre les socialistes de l’époque et l’Eglise catholique de France. Elle a ensuite été – temporairement – rejetée par le Vatican, avant que l’Eglise ne l’accepte et ne finisse par en faire tous les éloges. Sous ce régime de laïcité, la neutralité envers les croyances religieuses n’est imposée qu’à l’État et ses serviteurs, au sein de la sphère politique et depuis 2004, aux élèves des écoles publiques. Elle n’est pas imposée dans d’autres sphères publiques.

Source: Patrick Weil : « Qu’on laisse en paix les femmes voilées » | L’Opinion

And for background on the French government’s position:

The French government has defended municipal bans on body-covering Muslim ‘burkini’ swimwear but called on mayors to try and cool tensions between communities.

Three Mediterranean towns — Cannes, Villeneuve-Loubet and Sisco on the island of Corsica — have banned the burkini, and Le Touquet on the Atlantic coast is planning to do the same.

The mainly conservative mayors who have imposed the ban say the garment, which leaves only the face, hands and feet exposed, defies French laws on secularism.

The socialist government’s minister for women’s rights, Laurence Rossignol, supported the bans.

 “The burkini is not some new line of swimwear, it is the beach version of the burqa and it has the same logic: hide women’s bodies in order to better control them,” Rossignol told French daily Le Parisien in an interview.

France, which has the largest Muslim minority in Europe, estimated at 5 million, in 2010 introduced a ban on full-face niqab and burqa veils in public.

Rossignol said the burkini had sparked tensions on French beaches because of its political dimension.

“It is not just the business of those women who wear it, because it is the symbol of a political project that is hostile to diversity and women’s emancipation,” she said.

‘It is not just the business of those women who wear it’: France defends growing number of ‘burkini’ bans

Laïcité: Lisée défend son «approche graduelle» 

Further to yesterday’s article (Gérard Bouchard désapprouve Lisée à la direction du PQ), the reply by Lisée:

Contrairement à Gérard Bouchard, Jean-François Lisée est convaincu que son plan pour contrer la présence de signes religieux dans la fonction publique passerait l’épreuve des tribunaux.

En entrevue avec La Presse, mardi, le candidat à la succession de Pierre Karl Péladeau a défendu son «approche graduelle» en matière de laïcité.

Le candidat à la direction du Parti québécois (PQ) propose de commencer par exprimer aux fonctionnaires «la préférence de l’Assemblée nationale» pour l’absence de signes religieux dans «un signal clair», avant de laisser les organismes publics où un consensus existe les interdire carrément à l’embauche. Le tout accompagné d’un respect des droits acquis pour les employés embauchés avant l’entrée en vigueur d’une éventuelle loi Lisée.

«Est-ce que c’est compliqué? Oui. C’est plus compliqué de respecter le rythme des Québécois que d’agir avec du mur-à-mur. Mais je me fonde sur la lente marche du Québec vers plus de laïcité depuis les années 60», a-t-il dit en entrevue téléphonique.

«C’est très progressif. Je veux continuer à ce rythme-là. On marche vers plus de laïcité, mais sans brusquer les choses», dit M. Lisée.

En entrevue avec La Presse, le réputé sociologue Gérard Bouchard avait encensé le programme d’Alexandre Cloutier, en plus de critiquer durement celui de son adversaire Jean-François Lisée.

L’approche de ce dernier «ressemble étrangement à la Charte des valeurs», a-t-il évalué. C’est une attaque en règle contre celui qui s’est dissocié peut-être le plus radicalement du projet de Bernard Drainville après la défaite péquiste de 2014.

Peu importe cette prise de distance. Avec les propositions de Lisée, «on est encore en violation de droits, de notre charte. On ne s’éloigne pas beaucoup des controverses, on rouvrirait ce panier de crabes», a dit craindre M. Bouchard. «Cela nous amène plus en arrière qu’en avant.»

«Moi, je suis en désaccord total avec l’évaluation de M. Bouchard», a répliqué le député de Rosemont au téléphone. «Je pense qu’on ne peut absolument pas dire que la Cour suprême du Canada refuserait les mesures que je propose. Est-ce qu’il y aurait contestation? Bien sûr. Il y a toujours contestation de tout.»

Source: Laïcité: Lisée défend son «approche graduelle» | Philippe Teisceira-Lessard | Politique québécoise

France’s Real Crisis Is About More Than Just Refugees | TIME

More on the French integration challenges and how laïcité has not helped:

“France is a diverse open minded society, but France also as a collective country has a dark history that they have to acknowledge. But not it’s really just about looking at the past, but facing up to the past in order to claim a common future. That’s still missing in France,” says Amel Boubekeur, a researcher on European Islamic issues at Grenoble University. “I believe that it is something that the U.K. has dealt with much more successfully than France, though it wasn’t the same experience—it was a less violent one. “

France utterly rejected the notion that being French included women covering their heads. Enshrined in its laws is the concept of laicité, or secularization. France moved to protect its culture and in the years since has, for the most part, banned Muslim girls from wearing headscarves to school. To level the playing field, they also banned Christian and Jewish symbols, including yarmulkes. Almost every year since there have been French-Muslim protests to allow their girls to wear foulards to school. The protests ebbed and flowed with the news: after the invasion of Iraq they found new life and have only grown since.

But this enforced secularism isn’t unique to France. In 2009, Antwerp in Belgium moved to ban foulards in schools, a move that spread across Belgium, though not uniformly. At the same time, a new Islamist group, Sharia4Belgium, flourished by opposing the prohibitions on head scarves in the name of religious and civil liberties. The ban “was a major rally point for organizations like Sharia4Belgium,” says Guy Van Vlierden, editor of a blog on Belgian foreign fighters. “A lot of spontaneous action started for that. That has driven a lot of young people into the arms of terrorism, that’s very clear.”

Sharia4Belgium, like many French extremist recruiters and imams, preyed on the immigrants’ sense of not belonging—of unsuccessful assimilation—even when those immigrants were second or third generation. It was the sense of being robbed of their “roots” that set the Kouachi brothers down their destructive path toward Al-Qaeda, that would prove fatal for the employees of Charlie Hebdo.

Europe is a society still grappling with its minority groups, even thousands of years later; just look at the Catalonian and Scottish pushes for independence. It’s also a continent of ancient, beautiful cultures that are fighting to survive within the bigger entity of the European Union; many of the things that make a nation a nation have been subsumed: currency, borders, even to some degree, military action. One means of resistance for France is to protect, at all costs, what makes French people French at a time when its cultural traditions seem under threat — both from the top, with the economic necessity of the European Union, and from the bottom, with the waves of immigrants, and the foulards in the schools. In an increasingly existential crisis, France is attempting to assimilate by force: no foulards, expel radical imams, speak French not Arabic, learn the Marseillaise. But the more they win, the more they lose.

“There has to be some nurturing otherwise people feel like second class citizens, when they’re only invited to speak out against terrorism but say nothing else,” says Boubekeur. “They will say: ‘I have other opinions, other voices and I have the right to express opinions that aren’t loyal to France if I want to do so.’ When you can’t speak to the mainstream, you withdraw from the mainstream.” Culture wars have no winners.

Source: France’s Real Crisis Is About More Than Just Refugees | TIME

La laïcité à la française se cherche: Abdennour Bidar

Reflections on the French model of laïcité, of importance given its reflection is some Quebec discourse:

Beaucoup de Québécois vouent un culte quasi religieux à la laïcité à la française. Allons-y voir. Comment se porte-t-elle ? « Mal », répond Abdennour Bidar, lui-même pur produit de la république laïque, docteur en philosophie, enseignant (2004-2012), membre de l’Observatoire de la laïcité et chargé de mission pour la « pédagogie de la laïcité » à la direction de l’enseignement scolaire du ministère de l’Éducation nationale.

Mais encore ? « La laïcité en France se porte mal au sens où on ne trouve pas un consensus national sur la façon d’appliquer son principe, de telle sorte qu’il nous serve dans une société multiculturelle, qu’il prouve son efficacité à nous faire vivre ensemble, à la fois avec et au-delà de nos différences, autour d’un certain nombre de valeurs partagées. Il n’y a pas du tout consensus autour de cette question qui nous divise sans arrêt. »

M. Bidar était à Montréal la semaine dernière à l’invitation de l’organisme Pour les droits des femmes du Québec. Il a donné des conférences et participé à des débats dans le cadre du Festival du monde arabe, notamment sur le thème du blasphème, de la censure et de l’autocensure.

« Notre modèle est en crise, poursuit-il. On tient toujours au principe qui permet, selon la formule, à ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas de vivre ensemble avec les mêmes droits et devoirs. Seulement, on n’arrive pas à l’appliquer et ça tire de tous les côtés. »

Pour lui, deux extrêmes « phagocytent » le champ du débat public. Il y a d’un côté les tenants d’une laïcité extrêmement dure qui voudraient chasser toute expression du religieux hors des espaces publics. De l’autre côté, il y a un certain nombre de mouvements religieux qui voudraient faire de la laïcité un principe de neutralité laissant s’exprimer dans l’espace public à peu près n’importe quelles revendications religieuses.

Résultat : la laïcité qu’il dit « équilibrée » se retrouve coincée entre les deux extrêmes. Cette option « ferait justice à l’unité et la multiplicité », selon la formule du philosophe. L’équilibre idéalisé reconnaîtrait le droit à la différence et se soucierait en même temps de fabriquer du commun.

N’est-ce pas l’option multi ou interculturaliste développée ici, au Canada et au Québec ? « C’est vraiment la recherche de l’équilibre qui m’importe, répond le Français. Je ne sais pas si ici vous y arrivez. Mais je peux dire qu’en France on n’y arrive pas du tout. Ce n’est pas seulement une question d’organisation spatiale, de ghettos ou pas. Est-ce qu’on vit vraiment les uns avec les autres ? Après Charlie [Hebdo], on s’est rendu compte qu’on n’arrivait plus à fabriquer du commun. »

Source: La laïcité à la française se cherche | Le Devoir

In France, post-Charlie debate hits a new level of vitriol: Yakabuski

Konrad Yakabuski on French debates.

Unless you know your French history, the country’s debate over secularism and freedom of expression can be difficult to follow at times. In Mr. Todd’s view, French secularism is really a form of “zombie Catholicism” and a manifestation of the country’s inability to live up to its officially pluralistic values. It’s one thing to stand up for free speech. It’s quite another to celebrate the systematic piling on of a disenfranchised minority. Some disgruntled members of PEN expressed similar discomfort after the organization recently gave an award in New York for “freedom of expression courage” to Charlie Hebdo.

Days before the release of Mr. Todd’s book, a 15-year-old girl in Reims was kicked out of class for wearing a full-length skirt deemed by her teachers to be in contravention of a ban on religious symbols in public schools. The girl had removed her Muslim head scarf before entering class, in accordance with French law. But her teachers did not like her “proselytizing” attitude.

“The personnel asks that students dress in a manner that is respectful of secularist principles before entering the establishment,” the school administration said after the incident hit the news. “If any students were invited to change their attitude and clothing, no one was excluded.”

This is the kind of radical-secularist overkill Mr. Todd finds so disturbing. “Let’s leave France’s Muslims alone,” he said in an interview published in the magazine L’Obs. “Let’s not do to them what we did to the Jews in the 1930s by putting them all in the same boat, regardless of their degree of integration. … Let’s stop forcing Muslims to think of themselves [only] as Muslims.”

A colleague warned Mr. Todd he wouldn’t have “a single friend” in France after his book came out. It’s looking like he was right.

For a different take on Todd’s book and his accusations of hypocrisy regarding those demonstrating their solidarity with Charlie Hebdo, see Le simplisme d’Emmanuel Todd démonté par la sociologie des « Je suis Charlie ».

And for a more sophisticated understanding of French laïcité, see my earlier post, Olivier Roy on Laicite as Ideology, the Myth of ‘National Identity’ and Racism in the French Republic.

In France, post-Charlie debate hits a new level of vitriol – The Globe and Mail.

Olivier Roy on Laicite as Ideology, the Myth of ‘National Identity’ and Racism in the French Republic

A really good interview with Olivier Roy,  Head of the Mediterranean Program at the European University Institute, on French laïcité and how it has become transformed from a judicial principle to an ideology.

Well worth reading given the parallels in Quebec and how French debates migrate across the Atlantic.

Thanks to Arun with a View for bringing this interview (and many others) to my attention:

In the beginning, the law of 1905 was simply a judicial principle, it was not understood as a set of norms and values. Why? Because at the time, the believers and non-believers shared the same values—on family, on homosexuality, morality, modesty, etc.—there was a common set of ethics, culture. As Jules Ferry said, a laic teacher was not meant to say anything which might shock a religious head of family.

What’s different today is the moral cleavage which emerged in the 1960s, that is not related to Islam but to religion in general. From the 1960s, there is a secular ethic which diverges significantly from the religious ethic – sexual freedom, gay marriage, IVF, etc.—this is why the laicite, which was a principle of neutrality turned into an ideology affirming values – under the principle of tolerance, the idea that one must accept blasphemy, homosexuality, feminism, etc., which has never been central to the Catholic Church.

There is a disconnect between the dominant culture and religion, which means that communities of faith feel themselves minorities in the contemporary western world and that’s why they ask to be protected from the majority—there are two tendencies among people of faith.

The first is “reconquer,” demanding that the state take into account Christian values, such as forbidding abortion, or if deemed impossible, requesting an exemption, such as a believer not being made to perform a gay marriage, undertake abortion, etc.—today there is a clear disassociation between secularized culture and religions, and when I say laicite has become an ideology, rather than accept this diversity, laicite is demanding that the believer share in these secular values—this is the tension.

For example, take the Charlie Hebdo affair. The slogan “Je suis Charlie” can have two meanings: one of solidarity, opposing the attacks and terrorism, but the second meaning refers to an approval of Charlie—and many believers cannot say that they approve Charlie. They condemn the killings but cannot necessarily approve of Charlie’s images—it is what the Pope said, he was very clear, when he said he was against blasphemy, not that it was a question of law, but he opposed blasphemy, especially gratuitously.

There was a very strong reaction in France among secularists who thought it scandalous that the Pope speak in this fashion. Today there is a laic intolerance. From the principle of the separation of state and religion, we have moved to the idea that everyone must share the ideals of the Republic but which are in fact very recent values and which are a consequence of profound social changes since the 1960s. Laicite no longer accepts diversity.

… It is a model which is essentially French, because even in countries which have adopted it officially, such as Mexico or Turkey. In Turkey although everyone speaks of laicite, the constitution is not secular because religion is organized by the department for religious affairs. Kemalist Turkey preserved the Department of Religious Affairs to control religion, specifically Islam—it is not laicite. Similarly in Mexico, there is a “French style” laicite, but it is clear that religion, especially Catholicism, plays a much bigger part in society than it can in France, so in all countries there is a national dimension, a historical dimension, there is a national question over the issue of religion and the state. If you take a country like Denmark where less than ten percent of people practice a religion, Danes will tell you they are Lutherans because it is the religion of the state—but they do not practice, they do not care at all. So it is an extremely secular country although officially there is no separation between state and society so each country in my view invents its compromise to manage the relations between the church, state, and society.

I do not think in particular that laicite in its current version, as an ideology, can be positive for any country, I think it has gone too far–but we can conceive of a secular constitution, in the sense of distinguishing religion and politics, which works well in a religious society. Take the example of the United States. There you have a total separation, but no president can be elected if he does not believe in God. Look at Bosnia, created specifically to be a Muslim state for the Muslims of Yugoslavia, is totally secular—which does not mean that there is a Muslim community which functions very well in laicite, which is blossoming in a secular framework. The issue is not the laicite as a constitutional principle of separation, I think this can function very well, the problem is when laicite constructs itself as an anti-religious ideology.

Olivier Roy on Laicite as Ideology, the Myth of ‘National Identity’ and Racism in the French Republic.