Mélanie Joly: révolutionner la fonction publique pour freiner l’érosion du français

Will be interesting to see the details and how this understandable push will be balanced with efforts to increase representation at senior levels of Indigenous peoples and visible minorities:

Aux prises avec une fonction publique qui ne respecte « pas toujours » la Loi sur les langues officielles et un réseau diplomatique anglicisé, la ministre Mélanie Joly dit avoir donné un « coup de barre » et montré une« volonté politique claire » pour freiner l’érosion du français dans la machine fédérale, au pays et dans le monde. Passées plutôt inaperçues lors du dépôt de son « document de réforme » sur le français, des propositions spécifiques au secteur public pourraient, si elles se réalisent, créer une petite révolution au sein du gouvernement.

« Les gens savent très bien qu’il y a une culture qui fait en sorte que, normalement, quand une personne parle anglais autour de la table et qui ne parle pas français, tout le monde s’ajuste », dit la ministre Mélanie Joly pour illustrer des problèmes bien ancrés dans la culture de l’administration publique. En entretien téléphonique avec Le Devoir, celle qui a hérité du portefeuille des langues officielles fin 2019 dit vouloir envoyer un message aux fonctionnaires : cette culture doit changer.

Lors du dépôt, en février, de son « document de réforme », que la ministre appelle parfois son « livre blanc », le gros de l’attention médiatique a été consacré au fait que le gouvernement libéral exprime son désir d’utiliser désormais la Loi sur les langues officielles pour protéger le français aussi auQuébec, et non seulement comme langue minoritaire dans le reste du pays. Cela, pour atteindre une « égalité réelle » entre le français et l’anglais d’un océan à l’autre.

Or, de nombreux passages du document de 30 pages laissent entrevoir un changement assez radical dans la manière dont les deux langues sont appelées à être mises sur un pied d’égalité au sein des bureaux du gouvernement fédéral, dont presque la moitié des employés francophones des régions bilingues disent qu’ils se sentent mal à l’aise de s’exprimer en français. De grandes sections sont aussi consacrées à l’importance du rôle du français dans la conduite de la diplomatie canadienne dans le monde, après qu’une enquête du Devoir eut révélée que la haute direction d’Affaires mondiale Canada est constituée essentiellement d’anglophones faisant accéder d’autres anglophones aux postes les plus importants.

Exigence du français

Selon la vision de la ministre Joly, le gouvernement doit abolir le double standard des exigences linguistiques entre, d’une part, les francophones desquels on exige une excellente maîtrise de l’anglais écrit pour accéder à des postes de gestion et, d’autre part, les anglophones pour qui un français simplement fonctionnel peut très bien faire l’affaire. Pour ce faire, les exigences linguistiques sont appelées à être rehaussées, et plus de formation doit être offerte pour mettre à niveau les fonctionnaires. « Il faut aussi une bonne maîtrise du français écrit [en plus de la bonne maîtrise de l’anglais]. C’est ça, l’idée. C’est ça, le réel bilinguisme », explique Mélanie Joly.

Encore faut-il assurer un suivi auprès des différentes branches administratives du gouvernement fédéral. « Le problème qu’on avait, c’est que c’était une loi [sur les langues officielles] qui n’était pas toujours respectée », dit la ministre. Puisqu’ils sont isolés chacun dans leur coin, les ministères ont pris la mauvaise habitude de ne pas prendre toujours au sérieux leurs obligations en matière de langues officielles, a-t-elle constaté, rapports administratifs à l’appui. « C’est comme si, chaque fois, il fallait que j’appelle mes collègues pour savoir s’ils avaient fait le suivi, ou [comme si] l’équipe et moi voyions dans leurs propositions qu’il y avait des choses quine fonctionnaient pas au niveau des langues officielles », se rappelle-t-elle.

Dans sa nouvelle version, promise d’ici la fin de l’année 2021, la Loi sur les langues officielles devrait bénéficier non seulement d’un commissaire qui aura plus de pouvoirs pour faire appliquer ses recommandations, mais aussi d’une « unité » au sein du Conseil du Trésor qui aura pour mission de faire respecter la loi auprès de tous les employés.

« Il faut être capable de trouver une façon pour que, lorsqu’on est francophone, on puisse exercer notre travail en français au sein de notre fonction publique », fait valoir Mélanie Joly. Se basant sur les grands progrès réalisés au cours des 50 dernières années pour rendre l’État fédéral bilingue, alors qu’il peinait autrefois à donner des services en français, la ministre Joly croit que son document de travail donne un « coup de barre » à l’administration, lui indiquant les orientations du prochain chantier visant à l’égalité au sein des employés.

« Maintenant, on sait que le système n’est pas parfait, et on peut bâtir à partir de nos acquis pour nous assurer qu’il n’y a pas d’érosion du français au sein de notre fonction publique, alors que ce sont de nouvelles générations de fonctionnaires qui rejoignent les rangs des ministères et qu’elles ont eu accès à des cours d’immersion en français [au Canada anglais]. »

Dans le reste du monde

Le 18 mars dernier, les quatre sous-ministres d’Affaires mondiales Canada ont conjointement signé une lettre, envoyée à tous les employés, qui réaffirme que « le bilinguisme fait partie intégrante du Canada » et que l’organisation « a le rôle unique de représenter les intérêts et les valeurs du pays sur la scène internationale dans les deux langues officielles ».

« Nous incitons tous les employés à utiliser davantage le français et nous demandons à tous les gestionnaires de donner l’exemple dans leurs propres communications », peut-on lire dans le courriel obtenu par Le Devoir. Il ne s’agit pas d’un hasard. La conduite de la diplomatie en français est explicitée à de nombreuses reprises dans le document de réforme que la ministre Joly a présenté en février. « Ça a des impacts et c’est normal que notre fonction publique réagisse. Elle voit venir [les changements] et elle s’adapte parce qu’on a dit qu’on allait déposer un projet de loi », indique la ministre.

Tout en faisant le constat d’« une migration vers l’anglais pour tout le monde, pour tous les peuples », Mélanie Joly souhaite essentiellement tirer profit du caractère bilingue du Canada dans les relations avec les autres pays, ainsi que contribuer davantage aux instances internationales qui en font la promotion, comme l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

« On est dans un monde où, essentiellement, on a tout avantage à développer des accords de libre-échange, des ententes culturelles, à créer des ponts entre les nations. Si on ne le fait pas, d’autres vont le faire. Donc, pourquoi ne pas utiliser nos racines, ce qui nous unit comme francophonie ? »

Mélanie Joly précise que les nombreux éléments abordés dans son document de réforme ne se retrouveront pas nécessairement tous dans la nouvelle Loi sur les langues officielles promise par le gouvernement Trudeau, qu’ils pourraient prendre d’autres formes. Par exemple, le souhait de donner un coup de pouce à la vie en français dans la capitale, Ottawa, sera plutôt traduit par des aides financières. Il est également toujours trop tôt pour savoir si le droit de travailler en français dans les entreprises privées de compétence fédérale au Québec sera inclus au projet de loi ou s’il fera partie d’une éventuelle réforme du Code canadien du travail. Un groupe d’experts mandaté pour se pencher sur la question doit remettre ses conclusions le 8 mai.

Source: Mélanie Joly: révolutionner la fonction publique pour freiner l’érosion du français

Diversity is on a collision course with bilingualism at Canada’s top court

Tend to agree:

Should all Supreme Court of Canada judges — or at least the next one — be bilingual? Should the next vacancy go to a Black, brown or Indigenous jurist, whether they are bilingual or not, to reflect Canada’s population in all its diversity?

It’s a legal dilemma wrapped up in a language debate, tinged with electoral politics, and an existential question about what kind of country Canada is.

The Trudeau government has kicked off both.

On the same day it announced the launch of a search for an Ontario jurist to take the seat of soon-to-retire Justice Rosalie Abella, the Liberal government said it plans to put into law Prime Minister Justin Trudeau’s practice of appointing only “functionally bilingual” judges to the top court.

It was a campaign commitment, and with a whiff of a possible election in the air, Trudeau is ticking off political boxes.

But the “how?” he proposes to do it is less clear. And advocates of greater diversity say mandatory bilingualism will block many qualified candidates from being elevated to the Supreme Court.

Six months ago the Canadian Association of Black Lawyers wrote an open letter to the Trudeau government urging swifter action to address systemic anti-Black racism throughout the justice system and noting “only three Black judges have been appointed under the Trudeau-led government.”

Raphael Tachie, senior counsel for TD Financial Group and president of the association, in an interview said the top court should be a bilingual institution but the requirement “that each individual justice be bilingual disqualifies a lot of really qualified Black and racialized jurists that we think would be great appointments to the court.”

Many practising outside Quebec have not been exposed to French language or training, or “come to the language later on in life and might not always be as proficient as they ought to be. That’s the challenge,” he said, adding “I think the court can compensate for that,” using translators and interpretation. He urges Trudeau to look beyond the Ontario Court of Appeal to lower courts and the bar: “You need to elevate your talent,” he said.

Brad Regehr, the first Indigenous lawyer to lead the Canadian Bar Association, says the same is true for Indigenous candidates who “already face systemic barriers in terms of achieving that proficiency in official languages.” Regehr says it’s time for Trudeau to name someone who is Black, Indigenous or a person of colour to the Supreme Court.

A member of the Peter Ballantyne Cree Nation in Saskatchewan who lives and practices law in Winnipeg, Regehr argues that Canada is “not just a bijuridical state where there’s English common law and French civil law; Indigenous legal traditions form part of the law of Canada and that seems to be forgotten or ignored and the only way you’re going to get any perspective on that is by having an Indigenous judge.”

Both want Trudeau to walk his progressive talk, and do something concrete to promote reconciliation and diversity.

Right now, the Supreme Court of Canada is the only federally-appointed court that is exempt from the Official Languages Act which says all Canadians must be able to access services in federal courts in either English or French. In other words, it puts the onus on federal courts to provide bilingual services, not on prime ministers to appoint only bilingual judges. The Liberals propose to drop the exception.

Trudeau does not intend to change the Supreme Court Act which sets out the eligibility criteria for judicial appointments to the top court.

Rachel Rappaport, a spokesperson for Justice Minister David Lametti, says the bilingual services exemption for the Supreme Court “was never intended to be permanent.”

In 1988 Conservative justice minister Ray Hnatyshyn said during debates on the Official Languages Act that, “It is probably in the national interest at this time that we not put any constraints on the court in the way in which it does its business.” He said that “until we reach a more developed stage of bilingualism across the country,” governments should be able pick from among “the best people who are unilingual, in both languages.”

There have been at least 10 bills introduced over the past 10 years to require top judges be bilingual, according to Jean-Christophe Bédard-Rubin, a doctoral candidate at University of Toronto’s faculty of law. None has passed.

But unilingualism has had an impact, says Bédard-Rubin, who with a colleague has done the first empirical study of the impact of unilingualism on the Supreme Court’s operations. They analyzed cases from 1969 to 2013. In an interview, he said, “There tends to be a linguistic separation of labour at the Supreme Court.”

Despite access to interpreters and translation, anglophone judges “will sit more and write more in cases argued in English and francophone judges will sit more and write more on cases argued in French. And this is regardless of their areas of expertise,” he said. Unilingual judges are less assertive on cases argued in another language and litigants “might lose that expertise” where unilingual judges stand down or just “go with the flow.”

“The general picture that emerges is that language proficiency superimposes itself as another kind of legal specialization in the inner-working of the court,” he wrote.

There’s another twist. Some legal scholars suspect that the Liberals are trying to do through a back door (via the Official Languages Act) what they may not be able to do through the front door (via the Supreme Court Act): that is, rewrite the eligibility rules for judges. That’s because in 2014, the Supreme Court of Canada ruled Parliament “cannot unilaterally modify the composition or other essential features of the court,” saying it requires a constitutional amendment.

Gerard Kennedy, assistant professor in the faculty of law at the University of Manitoba, said it’s debatable whether making bilingualism mandatory is the kind of “essential” characteristic that is protected by the Constitution. And if the Liberals took that route, he said it would quickly become very divisive. “By amending the Official Languages Act, it draws less attention to it.”

But the government seems to have allowed itself some wiggle room — at least for the next appointment. There is one Ontario vacancy coming open on July 1, and another one within two years when Michael Moldaver will turn 75.

The languages law reform document states in drafting the change, the government is weighing the appointment of Indigenous judges to the Supreme Court of Canada along with case law on the court’s “composition and eligibility criteria.”

Meanwhile, the Liberals are using their plan it as a “political chip” as Bédard-Rubin calls it, part of a political strategy to paint the Conservatives as soft on bilingualism.

Trudeau challenged Conservative Leader Erin O’Toole outright in the Commons two weeks ago to commit to naming only bilingual judges on the top court, claiming Conservatives do “not support bilingualism in Canada.”

Conservative justice critic Rob Moore declined an interview request but in an email said, “Conservatives expect appointments to the Supreme Court of Canada are based on competency and legal excellence. Bilingualism or a commitment to learn or improve one’s French will also be a key principle in appointments to the Supreme Court for a future Conservative government.”

The NDP and the Bloc Québécois have long called for bilingual Supreme Court judges.

It’s not clear if the latest proposal will come to pass before a federal election, whenever it comes.

Source: ANALYSIS Diversity is on a collision course with bilingualism at Canada’s top court

Le français décline comme langue seconde de préférence

While the overall support for bilingualism is strong, the growing lack of interest in learning a second language, whether French or another language, is worrisome in an era of greater mobility and globalization:

Si le bilinguisme officiel continue à bénéficier d’un très fort appui au pays, la préférence pour l’apprentissage du français comme langue seconde a décliné, surtout chez les jeunes. En fait, la simple idée qu’il importe de maîtriser une deuxième langue, peu importe laquelle, chute en popularité, au grand étonnement de certains experts.

Ce sont là quelques-unes des conclusions d’un sondage réalisé par six instituts de recherche, qui ont voulu tâter le pouls des Canadiens sur le concept de dualité linguistique, alors que l’on souligne en 2019 le 50e anniversaire de l’adoption de la première Loi sur les langues officielles.

La nouvelle encourageante, selon l’auteur du rapport, c’est que 82 % des répondants se disent en faveur de la politique du bilinguisme officiel au pays – un pourcentage qui se maintient depuis le début des années 2000, au fil des diverses enquêtes menées sur la question.

« L’opposition n’est pas en croissance. J’étais un peu trop jeune pour sonder en 1969, mais j’imagine que l’opposition aurait été supérieure. Et il y a plein de partis politiques qui aimeraient avoir l’appui de quatre personnes sur cinq », relève Andrew Parkin, du Mowat Center, en entrevue avec La Presse.

L’enthousiasme face à la dualité linguistique et à son enchâssement dans la législation fédérale, sous le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau, est nettement moins présent en Alberta, où 3 personnes sur 10 ont affirmé désapprouver le fait que le Canada ait deux langues officielles.

Il n’y a là rien de « surprenant », souligne Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au département de science politique du Collège militaire royal du Canada, à Kingston. « On sait qu’historiquement, l’Alberta, ç’a été un terreau fertile pour des partis qui avaient des positions assez fortes contre le bilinguisme, dont le Parti réformiste », explique-t-elle dans un entretien téléphonique.

UN AUTRE BILINGUISME

Pas de quoi tirer la sonnette d’alarme, donc. En revanche, un aspect du sondage fait allumer un voyant rouge au tableau de cette spécialiste en langues officielles : le déclin de la préférence pour le français comme langue seconde.

« On voit que les Canadiens croient encore au bilinguisme, mais que ce bilinguisme-là, ce n’est pas nécessairement le bilinguisme français-anglais. »

– Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au département de science politique du Collège militaire royal du Canada

La tendance est plus particulièrement marquée chez les 18 à 34 ans, d’après l’enquête que les instituts de recherche rendront publique aujourd’hui. En 2001, parmi les anglophones hors Québec de cette tranche d’âge qui disaient juger important que leurs enfants apprennent une autre langue, 75 % déclaraient que ce devait être la langue de Molière. En 2019, cette proportion est passée à 61 %.

L’apprentissage de l’une ou l’autre des deux langues officielles – l’anglais pour les francophones (88 %) et le français pour les anglophones (67 %) – reste le choix de prédilection des répondants. Mais des langues autres que les officielles ont maintenant la cote. Chez les allophones, 18 % préconisent l’apprentissage de langues chinoises pour leurs enfants. Chez les anglophones, 6 % miseraient sur l’espagnol.

UNE LANGUE SUFFIT

Mais la trouvaille la plus étonnante du sondage est ailleurs, soit dans la réponse à la question : « Dans quelle mesure est-il important pour vous que vos enfants (si vous en avez) apprennent à parler une deuxième langue ? » Dans toutes les tranches d’âge, partout au pays, on a constaté un déclin – plus ou moins marqué selon la province – du nombre de personnes qui jugeaient l’aptitude très ou assez importante.

« On aurait pensé [dans un contexte de mondialisation] que les Canadiens jugeraient encore plus pertinent d’apprendre une autre langue. Il faut faire attention en interprétant les résultats : une majorité le pense toujours, mais la tendance est à l’inverse de ce que l’on prévoyait », fait remarquer Andrew Parkin.

Le politologue Rémi Léger ne peut malgré tout s’empêcher d’y voir quelque chose de préoccupant. « Sur la durée, sur 20, 30, 40 ans, est-ce que cette tendance va se maintenir ? », soulève en entrevue celui qui enseigne la science politique à l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique.

D’autant plus que la tendance s’est inversée chez les répondants de 18 à 34 ans. « Alors que les Canadiens plus jeunes étaient auparavant plus susceptibles que les plus âgés à dire qu’il était important que leurs enfants apprennent une autre langue, ce n’est plus le cas », note-t-on dans le rapport. Ils étaient 86 % d’anglophones hors Québec à le penser en 2001, et voici qu’en 2019, ils ne sont plus que 69 %.

C’est un mystère qu’espère élucider Andrew Parkin dans une prochaine enquête.

Méthodologie et crédit

Le sondage a été réalisé en ligne dans les provinces et par téléphone dans les territoires auprès d’un échantillon représentatif de 5732 Canadiens âgés de 18 ans et plus entre le 14 décembre 2018 et le 16 janvier 2019. Le projet est une collaboration du Centre Mowat, de la Canada West Foundation, du Centre d’analyse politique – Constitution et fédéralisme, de l’Institut de recherche en politiques publiques, de l’Environics Institute for Survey Research et du Brian Mulroney Institute of Government.

Source: Le français décline comme langue seconde de préférence

John Ivison: Concerns raised as Liberals consider tougher French requirements for public servants

Good discussion by Ivison of some of the issues involved:

Canada is blessed with a bilingual public service – a bureaucracy mildewed with caution and capable of stifling innovation in both official languages.

We are, in fact, better at stopping things happening than anyone – Canada is number one in the International Civil Service Effectiveness Index.

Yet, nearly five decades after the passage of the Official Languages Act, the public service is not bilingual enough, it seems.

A new report by two senior bureaucrats, commissioned by the Clerk of the Privy Council Michael Wernick, has found many public servants working in bilingual regions do not feel comfortable using their language of choice at work.

The solution, according to Patrick Borbey, president of the Public Service Commission of Canada, and senior bureaucrat, Matthew Mendelsohn, is to raise the linguistic requirements for those in supervisory roles.

This sounds fair enough at first blush – people should be able to work in the language in which they can express themselves most easily. The complaint is that even when French is used, it is symbolic – typically introduced at the beginning or end of a discussion but not sustained.

However, the backdrop to this is a public service that is already over-represented in executive positions by French speakers. Twenty three per cent of Canadians identify French as their first language but 26 per cent of Canada’s 250,000 federal public servants are French speakers and fully 31 per cent of those in executive positions primarily speak French.

Raising the linguistic bar is likely to exacerbate the dominance of French speakers in the upper echelons of the public service – sparking more resentment inside the bureaucracy, where many view the existing requirements as an insurmountable hurdle to promotion.

The proposal is to raise the requirement for French oral expression and comprehension from level B to level C – a test which only 35-45 per cent of employees currently pass.

The Liberals point out that the move toward superior proficiency levels is just one of 14 recommendations made by Borbey and Mendelsohn – and none are likely to be adopted in isolation.

The hope is that by increasing training levels across the public service, proficiency would improve at all levels.

“We’re committed to ensuring English and French speaking Canadians have equal opportunities of employment and advancement in federal institutions, including through better and more accessible language training necessary to achieve higher language standards,” said Jean-Luc Ferland, press secretary to Scott Brison, president of the Treasury Board.

He blamed the Conservative government for cutting training budgets and said any proposed changes would be made in consultation with public sector unions.

That goes without saying since the report recommends the government fund increased training by “re-purposing” the $800 bilingualism bonus paid to public servants who meet the language requirements for their position. That goes without saying since the report recommends the government fund increased training by “re-purposing” the $800 bilingualism bonus paid to public servants who meet the language requirements for their position. (Full disclosure: my spouse qualifies for the bonus.)

Killing the bonus could prove counter-productive – many bureaucrats maintain their skills with the express purpose of passing their five-yearly language test and qualifying for the $800 bonus.

One wonders if Justin Trudeau would be mobbed by joyful civil servants in the future, as he was at the Global Affairs building two years ago, if he claws back the bilingualism bonus?

André Picotte, acting president of the Canadian Association of Professional Employees, said his union has not been consulted on what would constitute a hefty pay-cut for his members.

“There are several ways we can foster bilingualism in the work place. But not by axing benefits in place since the 1970s,” he said.

He called on the government to increase the training budget so that it is accessible to junior bureaucrats, who find it difficult to cultivate the language skills necessary for jobs requiring bilingualism.

It’s a long-standing criticism that language training is offered too late in the career of public servants, and is often allocated through performance management processes, with the result some staff never have access to in-person language training.

The report’s recommendations may mitigate some of those shortcomings – for example, the requirement for each institution or department to create a “personal language training account” to enable all employees to receive a certain number of hours of language training.

But outside of Quebec and New Brunswick, just eight per cent of Canadians are bilingual – for the vast majority, ordering quiche lorraine taxes their linguistic ability.

If the Liberals adopt a policy that makes the federal public service even less representative of the Canadian public than it is already, they will stoke the impression that the West, in particular, is being frozen out.

Source: National Post

Bilingualism boosts the brain at all ages

Bilingualism as the Canadian competitive advantage (not just French/English bilingualism):

For the brain, the combination of those tasks is complex and taxes the energy resources, said Ellen Bialystok, who runs a cognitive research lab at York. She first observed how bilingual children perform better in the 1980s.

“What a bilingual always has to do is draw attention to the right language, and keep that other active language out of the way. Now the system that selects, inhibits, and switches is the executive function system. That means that every time a bilingual opens their mouth, they’re using their executive function system. Its getting practised, it’s getting fortified, and its becoming more efficient,” Bialystok said.

Aside from the social and cultural benefits of bilingualism, there’s also a payoff later in life as memory begins to fail in everyone. Those who are bilingual build up networks in the brain’s frontal system. Located behind the forehead, the system is the last to develop in childhood and the first to decline in the final stage of our lives, Bialystok said.

Bilingualism boosts the brain at all ages – Health – CBC News.

Learning a Second Language

Nice piece by Victoria Ferauge on the challenges on becoming really fluent in a second language. Most of us who are bilingual (and not brought up that way) likely have a similar experience:

http://feedproxy.google.com/~r/blogspot/mjljN/~3/G2YxpTwiZoo/the-trials-of-learning-and-maintaining.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email

The Multiple Personalities Of Multilinguals « The Dish

Some interesting observations how language affects one’s personality, no matter how bilingual or multilingual one is. The key point is that most of us are not symmetrically bilingual, but have different levels of competency and emotional affiliations.

The Multiple Personalities Of Multilinguals « The Dish.

Des chercheurs déboulonnent des mythes sur le bilinguisme | Le Devoir

Appears that early hard wiring of the brain for language may be less important than commonly thought, and that there is little long-term difference between those who are raised bilingually and those who learn it later in life. Having seen colleagues struggle with learning French as an adult, anecdotally this seems counter-intuitive, however.

Des chercheurs déboulonnent des mythes sur le bilinguisme | Le Devoir.

Du bilinguisme au multiculturalisme – Selon qu’on est anglophone ou francophone…

Interesting poll comparing support for bilingualism, multiculturalism, biculturalism, and official languages. Fairly significant age and regional differences, but nothing too surprising:

Selon Jack Jedwab, ce sondage permet aussi de faire des recoupements fort révélateurs. « Par exemple, le sondage démontre que les répondants qui sont les plus favorables au multiculturalisme sont aussi ceux qui sont les plus favorables au biculturalisme. C’est que, dans leur perception, le multiculturalisme n’est qu’une extension du biculturalisme. À l’inverse, les répondants les moins favorables au multiculturalisme sont aussi ceux qui sont les moins favorables au biculturalisme, leur perception identitaire étant plutôt celle de la singularisation. Il est donc faux de prétendre que les tenants du multiculturalisme sont opposés au biculturalisme et au bilinguisme. Ce sont plutôt les opposants au multiculturalisme qui s’opposent aussi au biculturalisme et au bilinguisme. »

Du bilinguisme au multiculturalisme – Selon qu’on est anglophone ou francophone… | Le Devoir.

Bilingualism isn’t a sign of community decay

Bilingualism from a BC perspective by Henry Yu – English and Asian languages. Resentment by English speakers with other languages remains an issue; being able to recognize that people live in both and the opportunities for exchanges and getting to know each other remain:

One of those legacies is the odd belief that it is better that we all speak only English for the benefit of those who can only speak English, rather than allowing those who can speak both English and other languages to be respected and even rewarded for being able to speak many languages. English is extremely useful as a lingua franca, a language used in common by many people who can also speak other languages. That is fundamentally different than saying we should all speak only English all the time.

In this city, almost all those under the age of 25 who can speak Chinese can also speak English. They have the wonderful ability to speak multiple languages.

Those Cantonese-speaking youngsters on the bus likely use English most of the time at school and work. Why be angry at them for being able to also carry on a conversation in another language?

Guest column: Bilingualism isn’t a sign of community decay.